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Korg Korg Collection 3
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Test du Korg Collection 3

Bundle d'instruments virtuels de la marque Korg

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Prix public US : $399 incl. VAT
test
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Korg pousse à la collectionnite
6/10
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Plus de 17 ans après avoir franchi le pas du virtuel, Korg renouvelle sa Collection, un bundle de synthétiseurs plug-ins qui émulent son offre hardware, avec 3 ajouts par rapport à la version sortie l'année dernière.

Test du Korg Collection 3 : Korg pousse à la collectionnite

Le Korg Collec­tion 3 (ancien­ne­ment Legacy Collec­tion) propose aux utili­sa­teurs des émula­tions de synthé­ti­seurs analo­giques (Korg ARP Odys­sey, MS-20, Mono­Poly, Poly­six, mini­KORG 700S), de works­ta­tions phares (M1, Triton et Triton Extreme), ainsi que de synthé­ti­seurs numé­riques hard­ware de la marque (Waves­ta­tion et Prophecy). On y retrouve égale­ment le Lega­cy­Cell qui permet de jouer du MS-20 et du Poly­Six en même temps avec des présets dédiés, et quelques effets, le MS-20FX qui repro­duit l’en­trée externe du MS-20 origi­nal, ainsi que le MDE-X qui regroupe une grande partie des effets que l’on peut trou­ver dans les émula­tions précé­dentes.

La nouvelle version du bundle intro­duit trois nouveau­tés, qui sont donc l’ajout des émula­tions du Prophecy, qui apporte enfin dans le monde du soft­ware l’ac­cès à la tech­no­lo­gie MOSS (Multi-Oscil­la­tor Synthe­sis System, voir l’en­cart à ce sujet plus bas) de Korg, du Triton Extreme qui est une version aux stéroïdes et à lampe de la works­ta­tion Triton origi­nale, et du mini­KORG 700 S qui est la version 2 de la première esca­pade histo­rique dans le monde de la synthèse de Korg, avec quelques fonc­tion­na­li­tés emprun­tées à sa réédi­tion récente le mini­KORG 700 FS.

Présen­ta­tion et instal­la­tion(s)

Tous les plug-ins sont dispo­nibles dans tous les formats de plug-ins clas­siques 64 bits pour Windows et mac OS (VST2, AudioU­nit, AAX et Stan­da­lone) sauf le VST3 sans qu’on sache trop pourquoi et sans que ça puisse être impac­tant pour les utili­sa­teurs à priori pour le moment (tant que Stein­berg ne bannit pas le format VST2 de ses STANs par exemple).

On peut tous les essayer en version démo, et les ache­ter sépa­ré­ment sur la boutique en ligne de Korg (entre 49 et 249 dollars) ou bien ensemble avec le bundle à 399 dollars​ (299 dollars à sa sortie), avec des offres pour les utili­sa­teurs des versions précé­dentes ou ceux qui possèdent en partie le contenu du bundle. Celles-ci ne sont pas toujours claires, d’au­tant que Korg a par le passé fait évoluer ses sites de boutiques en ligne et que les utili­sa­teurs n’ont pas toujours toutes leurs licences ensemble sur la nouvelle mouture, sans parler des remises tempo­raires habi­tuelles main­te­nant un peu partout dans l’in­dus­trie du plug-in… Bonne nouvelle en tout cas, les nouveau­tés peuvent être ache­tées sépa­ré­ment et les utili­sa­teurs du plug-in d’ému­la­tion du Triton béné­fi­cient gratui­te­ment du nouveau plug-in Triton extrême.

L’ins­tal­la­tion se fait en télé­char­geant une appli­ca­tion, en rentrant un numéro de série, puis en télé­char­geant chaque plug-in enre­gis­tré sépa­ré­ment. Celui-ci sera alors acces­sible sous forme d’un instal­leur qu’on pourra lancer manuel­le­ment. Person­nel­le­ment, j’ai vu passer chez les concur­rents beau­coup de varia­tions du concept de l’ins­tal­leur univer­sel. Celui-ci s’avère la plupart du temps pratique quand on a plusieurs plug-ins chez l’édi­teur, mais néces­site d’avoir une connexion inter­net active, et parfois télé­charge auto­ma­tique­ment tout un tas de choses dont on n’a pas toujours besoin comme les versions démos de tous les produits que l’on ne possède pas, ce qui peut être agaçant. Dans le cas de Korg, on télé­charge un fichier zip avec le plug-in souhaité, puis on l’ins­talle manuel­le­ment, je trouve que c’est un bon compro­mis. Par contre, s’il vous plait ne refaites plus jamais des instal­leurs où chaque nouvelle page appa­raît avec une anima­tion de glis­se­ment de droite à gauche super longue, ça rallonge pas mal l’ins­tal­la­tion du bundle !

Return of the Korg

Parlons main­te­nant de ces plug-ins et de ce que l’on peut faire avec ! Dans ce test, plutôt que de faire un tour exhaus­tif du contenu du bundle, chaque plug-in pouvant faire l’objet d’un test complet séparé, nous allons parler de ce qui est impor­tant et de ce que nous avons retenu pendant la période d’écri­ture.

Korg a ainsi large­ment de quoi faire avec son cata­logue hard­ware pour piocher des candi­dats à l’ému­la­tion en plug-ins. Ce que l’édi­teur propose est d’au­tant plus inté­res­sant que ces émula­tions sont des versions « augmen­tées » des modèles origi­naux, que ce soit avec l’ajout de la poly­pho­nie et de modes unis­son pour les synthé­ti­seurs analo­giques mono­pho­niques, les présets évidem­ment, les possi­bi­li­tés de modu­la­tion supplé­men­taires, la gestion de l’af­ter­touch, les sections d’ef­fets, les amélio­ra­tions au niveau ergo­no­mie, ou encore l’ac­cès pour les works­ta­tions à la tota­lité des cartes d’ex­ten­sions exis­tantes ou presque, ce qui fait beau­coup de matière pour les Tritons et pour le M1 !

Au niveau du son et du réalisme, on pourra partir du prin­cipe qu’on est dans le très fidèle avec la moitié au moins des plug-ins du bundle, étant donné que les ingé­nieurs soft­ware ont eu accès au code des origi­naux numé­riques hard­ware. Pour les modé­li­sa­tions de synthé­ti­seurs analo­giques, leur moteur est basé sur la tech­no­lo­gie maison « CMT » pour Component Mode­ling Tech­no­logy, utili­sée depuis les débuts du Korg Legacy Collec­tion. Il nous a été diffi­cile de pouvoir appré­cier la réus­site de cette entre­prise, n’ayant pas connu tous les synthé­ti­seurs ciblés et parce que nous ne les avions pas sous la main pendant le test, sauf pour le MS-20 grâce à un MS-20 mini hard­ware présent à proxi­mité de la machine de test, qui va pouvoir nous servir de réfé­rence.

Il ne sonne pas exac­te­ment comme un MS-20 d’époque bien évidem­ment (voir le test de synth­wal­ker à ce sujet), mais les deux machines sont suffi­sam­ment proches au niveau du son pour rendre les compa­ra­tifs suivants perti­nents. L’avan­tage du MS-20 mini aussi c’est qu’il peut être contrôlé par MIDI et être connecté à un ordi­na­teur via USB pour jouer direc­te­ment du plug-in. Pour rappel, le MS-20 est un synthé­ti­seur analo­gique mono­pho­nique semi-modu­laire, avec deux VCOs, un géné­ra­teur de bruit, son fameux VCF avec un passe-haut et un passe-bas, deux géné­ra­teurs d’en­ve­loppe, un LFO etc.

Ce que l’on peut dire déjà c’est que beau­coup de choses dans ce plug-in nous éloignent d’une émula­tion parfaite. La course des poten­tio­mètres n’est pas parti­cu­liè­re­ment respec­tée dans le plug-in, ce qui a pu rendre le compa­ra­tif quelque peu compliqué à réali­ser, par exemple pour caler des vitesses de LFO ou des fréquences de coupure. Le filtre passe-bas prin­ci­pal a très clai­re­ment un compor­te­ment diffé­rent dans le plug-in que dans la réalité, que ce soit au niveau du rendu des auto-oscil­la­tions, de l’im­pact de la réso­nance sur le contenu en fréquence dans les fréquences éloi­gnées de la zone de coupure. C’est parti­cu­liè­re­ment flagrant avec en entrée une forme d’onde très simple et la valeur des deux poten­tio­mètres au maxi­mum, avec des modu­la­tions rapides, ou encore sur le terrain expé­ri­men­tal du synthé­ti­seur, lorsqu’on connecte la sortie du chemin du signal à la partie « exter­nal signal proces­sor » puis qu’on la fait reren­trer dans le VCF prin­ci­pal, ou quand on joue avec le filtre passe-haut en confi­gu­ra­tion réso­nante pour amener du gras dans les basses et que cela apla­tit le haut du spectre sur le plug-in etc.

Sur le compa­ra­tif suivant, on peut entendre succes­si­ve­ment le MS-20 mini hard­ware, et l’ému­la­tion du MS-20, d’abord les formes d’ondes de base (triangle et carré) sur le patch le plus simple possible. Ensuite, on écoute le triangle avec la fréquence de coupure du filtre passe-bas au maxi­mum, et la réso­nance qui augmente de manière progres­sive (ce qui ne fait rien sur l’ému­la­tion mais baisse le volume sur le hard­ware). Puis on baisse progres­si­ve­ment la fréquence de coupure, on remet la réso­nance à zéro, et on augmente à nouveau la fréquence de coupure.

Compa­ra­tif MS-20
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Le plug-in fait des choses étranges aussi sur l’en­ve­loppe ADHSR, avec attaque, hold et relâ­che­ment à zéro, sustain au maxi­mum, la valeur du decay agit nette­ment sur le signal de modu­la­tion, alors que sur le MS-20 mini le decay n’a aucune influence sur le signal d’en­ve­loppe puisque le niveau de sustain est au maxi­mum et que le decay n’est censé avoir de sens que lorsque ce n’est pas le cas…

MS-20-MainBien sur, on peut faci­le­ment détec­ter des problèmes de ce type partout où on regarde à un niveau plus ou moins impor­tant avec des émula­tions de synthé­ti­seurs analo­giques, et certains sont peu signi­fi­ca­tifs. On recon­naît quand même la patte de ce synthé­ti­seur, les oscil­la­teurs sonnent pratique­ment à l’iden­tique, c’est un plai­sir de pouvoir expé­ri­men­ter avec les patchs dessus comme avec l’ori­gi­nal, et de pouvoir retrou­ver ses tenta­tives de faire les drones les plus agres­sifs de la Terre sans avoir à tout repat­cher à l’iden­tique mais juste en ouvrant le préset asso­cié. On appré­cie égale­ment comme sur toutes les autres émula­tions de synthé­ti­seurs analo­giques mono­pho­niques Korg de pouvoir jouer avec les modes supplé­men­taires poly­pho­nique (sacri­lège dirons les puristes) et unis­son pour décu­pler les voix et les désac­cor­der les unes par rapport aux autres (double sacri­lège !), le réglage « Analog » qui permet d’ajou­ter un peu d’aléa­toire dans l’ac­cor­dage ou le compor­te­ment des filtres, d’avoir direc­te­ment plusieurs effets appliqués sur la sortie, des modu­la­tions supplé­men­taires pour le pitch bend, l’af­ter­touch, la custo­mi­sa­tion du tuning géné­ral, le réglage de gain des diffé­rentes sorties ce qui joue sur le rendu sonore en fonc­tion des patch appliqués etc. L’in­ter­face est « plutôt » claire (ça reste quand même un MS 20 avec la partie patch qui demande un temps d’ap­pren­tis­sage) et même si on regret­tera l’ab­sence de manuel, cela peut être compensé par le télé­char­ge­ment de celui d’une des machines origi­nales. On pourra donc conclure sur cette émula­tion spéci­fique qu’elle est de bonne facture mais qu’elle ne remplace pas du tout un MS-20 mini malheu­reu­se­ment.

Démos MS-20
00:0002:20

Korg in trai­ning

En parcou­rant les fonc­tion­na­li­tés des autres plug-ins, que ce soit les modé­li­sa­tions de synthé­ti­seurs analo­giques ou les autres, certaines fonc­tion­na­li­tés reviennent comme la possi­bi­lité de redi­men­sion­ner l’in­ter­face (sauf dans le Korg ARP Odys­sey) ou les navi­ga­teurs de présets avec caté­go­ries, et lecture auto­ma­tique de séquences MIDI de test pendant la navi­ga­tion, ce qui est une super idée (sauf dans le Korg ARP Odys­sey). On pourra parler aussi des ajouts d’ef­fets sur les synthé­ti­seurs à modé­li­sa­tion analo­giques, effets d’ailleurs de plutôt bonne facture et qu’on pourra utili­ser seuls dans un plug-in d’ef­fet spéci­fique, le MDE-X. On y trouve d’ailleurs quelques pépites, comme l’al­go­rithme de Feed­back Reverb avec ses modes Space, Subma­rine, Riser et Horror qui diront quelque chose aux posses­seurs de Mini­logues, ou le Poly­six Ensemble. Mais le tout semble parfois un peu hété­ro­gène, ce qui s’ex­plique par le fait que chacun des plug-ins n’a pas été déve­loppé au même moment, et aussi parce qu’ils font des choses qui n’ont pas toujours grand chose à voir. Tout ce qui est modé­li­sa­tion analo­gique est plutôt simple à utili­ser sans être forcé­ment simpliste, on pourra dire aussi la même chose de la version logi­cielle du Prophecy.

Il y a ensuite les émula­tions de works­ta­tions qui cumulent pas mal de fonc­tion­na­li­tés dans un petit espace qui pour­ront deman­der un temps d’adap­ta­tion. Et puis il y a l’ému­la­tion du Waves­ta­tion… Soyons clair, la créa­tion de Dave Smith et John Bowen est proba­ble­ment le synthé­ti­seur le plus complexe à program­mer de toute l’offre d’ému­la­tion propo­sée par Korg dans cette collec­tion. Tout comme les Tritons et le M1, sa partie synthèse est basée sur la lecture d’une banque d’échan­tillons. Toutes ces émula­tions sont multi timbrales, ce qui permet de char­ger dans un même préset une poignée de sous présets, qui pour­ront être assi­gnés à des zones diffé­rentes de la tessi­ture du clavier contrô­leur, ou encore à des plages de vélo­ci­tés diffé­rentes, avec contrôles de volumes dédiés. Dans les plug-ins de type works­ta­tion, on peut même choi­sir des canaux MIDI diffé­rents, ou régler les parties d’ar­pé­giat­teur par exemple pour créer un accom­pa­gne­ment de batte­rie auto­ma­tique, une plage du clavier pour des basses, et l’autre plage pour des sons lead ou de piano.

  • Wavestation-Main
  • Wavestation-Patch
  • Wavestation-WaveSeq
  • Wavestation-FX
  • Wavestation-Browser

Dans le Waves­ta­tion, on a en plus pour chaque « sous patch » quatre instances du moteur de synthèse A B C et D avec leurs réglages spéci­fiques, navi­guer entre le rendu des 4 avec un contrôle joys­tick dédié qui inter­pole les sorties des 4 et dont on peut dépla­cer la posi­tion virtuel­le­ment en interne avec des modu­la­tions (la fameuse synthèse vecto­rielle). Enfin dans chacune de ces instances, on peut au choix utili­ser une forme d’onde unique, ou la fameuse Wave Sequence qui est une séquence de 1 à 32 formes d’ondes qui vont se succé­der à une vitesse donnée avec des tran­si­tions custo­mi­sables. Et on peut ensuite jouer avec les para­mètres de synthèses plus clas­siques, les effets etc. Cette struc­ture, avec les formes d’ondes four­nies, ont fait de la machine un incon­tour­nable pour des sons évolu­tifs, ses pads et sons d’am­biance recon­nus, et aussi pour des sons synthé­tiques typés numé­riques plus clas­siques. De plus, la version plug-in propose un nouveau réglage de réso­nance de filtre dans les options de patch, et intègre toutes les banques de son ainsi que les effets qui étaient dispo­nibles sur le Waves­ta­tion, le Waves­ta­tion EX, et les versions rack A/D et SR.

Donc, devant la complexité de la bête, on aurait pu s’at­tendre à ce que ce plug-in, qui en est à sa deuxième version, fasse l’objet d’une atten­tion parti­cu­lière en matière d’er­go­no­mie. C’est l’in­verse qui s’est produit, l’édi­teur donnant l’im­pres­sion d’avoir fait le strict mini­mum à ce sujet, ce qui est d’au­tant plus dommage quand on voit le travail réalisé sur le Korg Waves­tate qui est l’évo­lu­tion hard­ware du Waves­ta­tion origi­nal… Ainsi, ce plug-in est un des seuls à ne pas avoir de manuel dans la Collec­tion. Les manuels de l’ori­gi­nal, et de la V1 du plug-in existent, mais ne répondent pas à toutes les ques­tions que l’on peut se poser devant l’in­ter­face du plug-in Waves­ta­tion, avec ses fonc­tions acces­sibles unique­ment via des zones de texte en cliquant sur un bouton puis un sous-bouton puis en faisant défi­ler une liste de pas dont seule­ment quatre instances sont affi­chées dans l’écran, et tout à gauche le tiers de l’es­pace qui est occupé par une repro­duc­tion photo réaliste d’une unique pad XY carré tourné à 45 degrés. Un certain nombre de choses rendent la program­ma­tion du synthé­ti­seur inuti­le­ment diffi­cile faute d’in­for­ma­tion, comme le fait qu’il n’est indiqué nulle part que seule­ment les premières formes d’onde de chaque liste permettent de faire des Wave Sequences, et que cela se repré­sente via une étoile présente à gauche du nom de l’onde, la caté­go­ri­sa­tion des espaces mémoire dispo­nibles pour stocker des présets par zones mémoire comme si on était sur le hard­ware, le fait que modi­fier une majo­rité des para­mètres de synthèse n’a aucun impact sur les voix en train d’être jouées mais seule­ment sur les voix qui suivront… Et il n’existe pas de préset d’ini­tia­li­sa­tion pour créer des sons de toute pièce, ni même de moyen de sauve­gar­der ses patchs dans un empla­ce­ment utili­sa­teur spéci­fique, car pour faire comme sur l’ori­gi­nal, sauve­gar­der un nouveau patch implique d’écra­ser un patch d’usine exis­tant dans un des 3 empla­ce­ments RAM virtuels. Des utili­sa­teurs recom­mandent donc d’al­ler cher­cher sur le net des fichiers de présets vides pour pouvoir les char­ger dans le plug-in et pouvoir se servir du synthé­ti­seur autre­ment qu’avec les présets, ce qui aura pour consé­quence d’écra­ser certains présets d’usine. Un tel trai­te­ment de la part de Korg de cette émula­tion d’un synthé­ti­seur de légende en virtuel nous paraît indigne, surtout qu’il sonne très bien le bougre, mais pousse à une utili­sa­tion exclu­si­ve­ment comme lecteur des présets four­nis…

Démos Waves­ta­tion
00:0003:18

Sur notre machine de test Windows, on a pu aussi consta­ter de manière géné­rale des problèmes de fini­tion, avec des polices de carac­tères qui changent selon la posi­tion du menu chargé ou selon qu’on utilise la version VST ou Stan­da­lone, qui peuvent parfois être illi­sibles (sur les Tritons) en fonc­tion de la taille ou faire sortir du texte de son cadre… Il y a aussi certains menus qui utilisent les couleurs par défaut du SDK JUCE utilisé pour le déve­lop­pe­ment des plug-ins, des problèmes récur­rents de volumes de sortie entre les présets ou de manière géné­rale par exemple sur le Mono/Poly et le Poly­six, avec un volume de sortie qui reste faible même si tous les contrôles de volumes présents sont à fond et que les filtres sont complè­te­ment ouverts. Il est le plus souvent impos­sible de rentrer la valeur d’un para­mètre au clavier, notam­ment sur les modé­li­sa­tions analo­giques. L’er­go­no­mie est parfois un peu confuse sur les works­ta­tions, parce que l’état du plug-in change selon que l’on soit en mode Combi ou Multi ou Prog sans qu’on comprenne trop pourquoi, ou parce que cliquer sur un préset dans le navi­ga­teur permet de le char­ger « tempo­rai­re­ment » et que pour vrai­ment rempla­cer les réglages en cours par ceux du préset il faut double cliquer dessus. On a été égale­ment surpris de voir que certains plug-ins ont des manuels en PDF, d’autres des manuels en ligne succincts auxquels on a accès via une entrée dans les menus du plug-in, et d’autres encore n’ont pas de manuel du tout. Les réglages choi­sis pour redi­men­sion­ner les inter­faces n’ont pas toujours été sauve­gar­dés pendant nos tests d’une séance sur l’autre dans Reaper, les plug-ins Triton sont assez longs à char­ger la première fois et après le char­ge­ment l’in­ter­face ne s’af­fichent pas une fois sur trois ce qui oblige à double cliquer sur l’en­trée asso­ciée du plug-in. J’ai passé litté­ra­le­ment une heure avec des allers-retours sur les forums et l’aide dans le Korg ARP Odys­sey à comprendre qu’une partie de l’in­ter­face était cachée (en plus de ne pas être redi­men­sion­nable comme sur les autres plug-ins) et acces­sible seule­ment avec la molette de la souris, alors qu’il n’y a rien qui l’in­dique et que c’est complè­te­ment contre intui­tif. Je trouve aussi que la charge CPU consom­mée par les plug-ins de la suite est un peu au dessus de la moyenne, notam­ment pour les works­ta­tions et pour le Prophecy. Et j’ai observé des plan­tages systé­ma­tiques de mes sessions Able­ton Live 11 sur Windows à la ferme­ture quand les projets contiennent des instances de certains plug-ins comme l’ému­la­tion du Mono/Poly…

Korg and the five armies

Tous ces problèmes sont heureu­se­ment loin d’être rédhi­bi­toires, à part pour le Waves­ta­tion je trouve, et malgré tout les plug-ins sont de bonne qualité au niveau du son et des fonc­tion­na­li­tés dispo­nibles. Tous ceux qui connaissent les origi­naux seront aux anges, car ils retrou­ve­ront faci­le­ment leurs habi­tudes avec les émula­tions, ainsi que tous les présets et les cartes d’ex­ten­sion d’ori­gine pour les synthé­ti­seurs hard­ware numé­riques (le contenu est un peu plus léger sur certains je trouve par contre). Les modé­li­sa­tions analo­giques béné­fi­cient parti­cu­liè­re­ment de ces addi­tions comme on a pu le voir sur le MS-20. Après, je dois avouer que le Poly­six et le Mono/Poly m’ont laissé un peu sur ma faim initia­le­ment, ayant un rendu un peu sombre je trouve dans les hautes fréquences par rapport à d’autres émula­tions de synthé­ti­seurs analo­giques concur­rentes. Toute­fois, ils sont vrai­ment plai­sants à utili­ser, d’au­tant qu’ils ont une archi­tec­ture singu­lière, que ce soit le Mono/Poly para­pho­nique avec ses 4 oscil­la­teurs qui peuvent se modu­ler mutuel­le­ment de multiples façons pour créer des gros sons de basse ou des textures métal­liques, ou le Poly­six pour sa simpli­cité et ses 3 chorus inté­grés à base de BBD qui excelle sur des nappes ou comme String Machine.

  • Mono Poly-Main
  • Polysix-Main
Démos Mono Poly
00:0003:46
  • Démos Mono Poly03:46
  • Démos Poly­six02:40

Dans la caté­go­rie modé­li­sa­tion de synthé­ti­seur analo­gique, il y a ensuite celle du ARP Odys­sey. Il s’agit d’une émula­tion de la réédi­tion de Korg, avec le choix parmi les 3 modèles de filtres, et même les 3 skins qui corres­pondent aux choix esthé­tiques dispo­nibles. Pour rappel, ce synthé­ti­seur est para­pho­nique deux voies avec double VCO, un géné­ra­teur de bruit, deux enve­loppes, le Sample & Hold, un LFO, un filtre passe bas et un filtre passe haut, et des possi­bi­li­tés inté­res­santes de modu­la­tion. En rempla­ce­ment des options acces­sibles via un câblage spéci­fique à l’ar­rière, on a ici accès direc­te­ment via un switch aux modes mono, legato et duo (chaque VCO est assi­gné à une note diffé­rente) et les modes poly­pho­nique et unis­son supplé­men­taires. Dans la série des ajouts, on trouve égale­ment une section d’ef­fets, et un arpé­giat­teur très inté­res­sant et unique dans la Collec­tion qui permet de jouer des notes mais aussi sur les para­mètres du synthé­ti­seur. C’est pour ces raisons que ce synthé­ti­seur est proba­ble­ment celui sur lequel j’ai passé le plus de temps pendant le test, tant il est plai­sant à utili­ser, à l’aise dans pas mal de domaines comme les basses, les leads ou les effets spéciaux (une fois qu’on a trouvé l’ar­pé­giat­teur en utili­sant la molette de la souris et qu’on a compris qu’il fait bouger les para­mètres asso­ciés dans l’in­ter­face). Je regrette par contre que son navi­ga­teur de préset soit moins avancé que sur les autres plug-ins, sans la recherche par caté­go­ries, que l’in­ter­face ne soit pas réel­le­ment redi­men­sion­nable, et que certains para­mètres soient compliqués à régler comme on ne peut pas rentrer de valeurs au clavier alpha­nu­mé­rique…

  • ARP Odyssey-Main
  • ARP Odyssey-Main-Rev1
  • ARP Odyssey-Main-Rev2
  • ARP Odyssey-Browser
  • ARP Odyssey-FX
Acid ARP
00:0005:11

Enfin, pour termi­ner le tour des modé­li­sa­tions analo­giques, on va parler de la première des nouveau­tés de la Korg Collec­tion 3, la modé­li­sa­tion du Korg 700S. Celle-ci coïn­cide avec la sortie récente du mini­KORG 700FS juste­ment, qui en est la réédi­tion avec une réverb à ressort, un joys­tick supplé­men­taire, la gestion de l’af­ter­touch et un arpé­giat­teur hard­ware supplé­men­taire. Il va de soit que ce n’est proba­ble­ment pas un hasard, le travail effec­tué sur pour ressus­ci­ter le deuxième synthé­ti­seur histo­rique de la marque ayant pu servir de base à créer une modé­li­sa­tion virtuelle fidè­le… Celui-ci était un instru­ment encore plus singu­lier que les autres avec peu de contrôles, chacun ayant un nom atypique, comme son filtre Travel­ler que l’on retrouve dans les Volcas, et beau­coup de person­na­lité. Le plug-in lui-même a quelques parti­cu­la­ri­tés par rapport aux autres de la Collec­tion, comme son navi­ga­teur de présets amélioré avec une certaine quan­tité de patterns de démons­tra­tion (mais des petits bugs et oublis avec la zone de liste), la vue prin­ci­pale qui peut être utili­sée en 2d ou en 3d, des effets présen­tés sous forme d’un pedal­board avec notam­ment une réverb qui possède un mode spring qui peut etre vu comme l’équi­valent de la réverb du 700FS, et un chorus/flan­ger/ensemble, et les clas­siques main­te­nant modes unis­son et poly­pho­nique en augmen­ta­tion des fonc­tion­na­li­tés. Ajou­tons à cela un arpé­giat­teur assez simple, des possi­bi­li­tés de modu­la­tion éten­dues, la gestion de l’af­ter­touch, et on se trouve en face d’un plug-in qui fina­le­ment est plus proche de la réédi­tion FS que de l’ori­gi­nal. Outre son filtre passe-bas et passe-haut Travel­ler, qui avaient d’ailleurs été conçus pour donner un carac­tère « vocal » à la signa­ture sonore de la bête, le synthé­ti­seur et son émula­tion sont remarquables pour leurs switchs, comme ceux qui permettent de chan­ger la réso­nance et la course des filtres, leur enve­loppe pour l’am­pli­tude à contrôles simpli­fiés, les porta­mento et vibrato, mais surtout les deux oscil­la­teurs qui ont plusieurs modes de fonc­tion­ne­ment, permet­tant de mixer des formes d’ondes clas­siques avec du bruit, du ring modu­la­tor, ou encore des modu­la­tions clas­siques de longueur de pulses sur une forme d’onde carrée. Le synthé­ti­seur excelle dans plein de domaines, que ce soit les basses, les gros leads ou façon voix / There­min, et même les pads avec le mode poly­pho­nique unique au plug-in.

  • miniKORG-Main
  • miniKORG-Main-2D
  • miniKORG-FX
  • miniKORG-VPatch
  • miniKORG-Browser
Démos mini­KORG
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The eye of the Korg

Parlons à présent de la seconde nouveauté et non des moindres de cette Korg Collec­tion 3, la version poly­pho­nique du Prophecy et donc de la tech­no­lo­gie numé­rique MOSS. Comme on l’a vu dans l’en­cart, ce terme désigne en fait la possi­bi­lité d’uti­li­ser diffé­rents modèles d’os­cil­la­teurs, avec du « virtual analog » (et oui dès les années 90), le VPM qui est l’équi­valent Korg de la FM, diffé­rentes manières de modu­ler des ondes entre elles, un oscil­la­teur unique à base de bruit blanc et de filtre en peigne, de la modé­li­sa­tion physique d’ins­tru­ments à cordes, cuivres, et vent. Le synthé­ti­seur a une struc­ture plutôt clas­sique, mise en valeur par une inter­face utili­sa­teur claire, mais quand même pas le possi­bi­li­tés sous le capot. En plus de ses deux oscil­la­teurs, d’un oscil­la­teur sub, d’une source de bruit, et de deux filtres par voix, plusieurs possi­bi­li­tés de routage sont dispo­nibles, des wave­sha­pers, avec pas mal de possi­bi­li­tés de modu­la­tion qui utilisent les 4 LFOs et les 6 géné­ra­teurs d’en­ve­loppe, des effets clas­siques mais assez moyens je trouve quand même, un arpé­giat­teur, et diffé­rents « contrôles de perfor­mance » qui sont les seuls assi­gnables via MIDI Learn à des contrô­leurs physiques, et qui peuvent jouer sur pas mal de choses. Car le maitre mot ici est l’ex­pres­si­vité, notam­ment grâce aux oscil­la­teurs de modèles physiques, qui n’ont pas forcé­ment pour objec­tif de géné­rer des sons réalistes, mais plutôt de faire dans la richesse grâce à un panel de contrôles asso­cié consé­quent, et aux inter­ac­tions avec les contrô­leurs et un petit côté impré­vi­sible assez inté­res­sant, notam­ment avec le modèle de cuivres. Ce synthé­ti­seur, avec le Waves­ta­tion, est proba­ble­ment le plus singu­lier du bundle, mais il est haute­ment plus acces­sible que ce dernier grâce au travail sur l’er­go­no­mie du plug-in et à la présence d’un manuel dédié. On regret­tera toute­fois le contenu un peu vide de la section présets, qui n’in­clut même pas de patch poly­pho­nique, ce qui pourra être compensé en partie par la compa­ti­bi­lité du plug-in avec les présets au format syx pour l’ori­gi­nal, ou l’ab­sence des modèles d’os­cil­la­teurs supplé­men­taires inclus à partir du Korg Z1… Comme on peut l’écou­ter dans les démos ci dessous, l’ému­la­tion du Korg Prophecy couvre pas mal de terri­toires sonores, y compris celui de la FM !

Démos Prophecy
00:0005:04

Ensuite, jetons un oeil à l’ému­la­tion de la works­ta­tion Korg M1. Elle possède toutes les carac­té­ris­tiques de l’ori­gi­nale, sans le séquen­ceur, et comme la Waves­ta­tion peut être vue comme un synthé­ti­seur à base de lecture d’échan­tillons, qui peuvent être piochés unique­ment dans la librai­rie du plug-in, puis trai­tés avec des filtres (et un contrôle de réso­nance exclu­sif à l’ému­la­tion), enve­loppes, modu­la­tions quoique limi­tées et effets en tout genre. La créa­tion de ces échan­tillons avait fait l’objet d’une atten­tion parti­cu­lière en termes de diver­sité tout en respec­tant la taille mémoire très limi­tée qui était dispo­nible à l’époque, et ses quali­tés ont proba­ble­ment eu beau­coup à voir avec le succès phéno­mé­nal du M1 dans les années 90. Le plug-in a deux modes de fonc­tion­ne­ment, appe­lés Prog ou Multi/Combi, ce qui permet au choix de jouer avec un seul patch, ou avec les « multis » qui sont des combi­nai­sons de patchs, assi­gnés au choix à diffé­rents canaux MIDI, vélo­ci­tés, tessi­tures du clavier, et avec réglages de panning et de volume spéci­fiques. Le navi­ga­teur de présets permet de choi­sir parmi diffé­rents patchs seuls ou multis, avec recherche par caté­go­ries ou par carte d’ex­ten­sion, ce qui est le cas aussi pour le choix des échan­tillons dans les réglages d’os­cil­la­teurs. On peut aussi comme pour les autres synthé­ti­seurs jouer des patterns de démons­tra­tion pendant la navi­ga­tion. Par contre, impos­sible ici de taper du texte pour cher­cher un patch spéci­fique. Détail inté­res­sant, la recherche par carte d’ex­ten­sion affiche aussi le nom de la carte et une image, et il existe quatre cartes « virtuelles » qui permettent de sauve­gar­der des patchs ou des multis utili­sa­teur (:tousse: Waves­ta­tion :tousse:). Au niveau du son, le M1 peut être vu comme l’an­cêtre d’un Sample­tank, avec un mélange de patchs de sons acous­tiques (pianos, voix, guitares, basses, cordes, cuivres etc.), et de sons plus synthé­tiques. Certains de ces patchs sont emblé­ma­tiques, tant on a pu les entendre dans des produc­tions house, élec­tro ou pop (on pense à Madonna par exemple). On retrouve aussi des patchs de batte­rie, qui sont plutôt « rigo­los » dans leur sono­rité, et qui ont l’air de ne suivre aucune règle précise dans l’at­tri­bu­tion des éléments du kit aux touches du clavier. Ainsi, le rendu ici est plutôt typé années 90 que réaliste, mais il respecte à 100% celui du synthé­ti­seur origi­nal. Bonne nouvelle égale­ment, l’édi­tion des para­mètres de synthèse est claire et aisée.

  • Prophecy-Main
  • Prophecy-FX
  • M1-Combi-Easy
  • M1-Prog-Browser-Search
Démo M1 song
00:0003:56

Pour termi­ner la revue des plug-ins propo­sés, parlons main­te­nant des émula­tions des works­ta­tions Triton et Triton Extreme, cette dernière étant la troi­sième nouveauté de la Korg Collec­tion 3. Pour la faire courte, ce nouveau plug-in fonc­tionne de la même façon que le Triton tout court, avec une inter­face graphique simi­laire. Les seules vraies diffé­rences sont l’ajout de la section modé­li­sa­tion de lampe, qui permet de « réchauf­fer » ou de carré­ment distordre une des sorties du moteur de synthèse, et les banques de multi et de patchs (comme sur le M1) qui diffèrent, avec certains conte­nus en commun dans les deux plug-ins mais orga­ni­sés diffé­rem­ment, et des entrées supplé­men­taires. Le moteur de synthèse fonc­tionne sur le même prin­cipe que sur le M1, avec des oscil­la­teurs qui lisent des échan­tillons, et la possi­bi­lité de cumu­ler plusieurs patchs pour faire un multi, assi­gnés à diffé­rents canaux MIDI, tessi­tures et vélo­ci­tés. Celui-ci est pour­tant d’une plus grande complexité, avec pas moins d’une cinquan­taine d’ef­fets dispo­nibles (plus que dans le MDE-X d’ailleurs) dont une iconique modé­li­sa­tion de réso­nance du corps d’un piano, qui peuvent être routés de diffé­rentes manières en insert ou en sends, beau­coup plus d’op­tions pour les enve­loppes et le LFO, l’ajout d’un arpé­giat­teur avec un certain nombre de patterns four­nis qui permettent de créer des accom­pa­gne­ments auto­ma­tiques rhyth­miques en main­te­nant appuyée une touche du clavier, le double DCO avec deux formes d’ondes par oscil­la­teur qui peuvent être jouées ensemble ou assi­gnées à des vélo­ci­tés diffé­rentes, le choix entre 3 moteurs de rendu qui tiennent compte des conver­tis­seurs analo­giques numé­riques présents sur les origi­naux, et bien évidem­ment une large librai­rie de formes d’ondes spéci­fique qui en termes de complexité est plusieurs crans au dessus de ce que produit le M1. Bien qu’on soit encore loin des stan­dards de 2021 à ce sujet, la faute au moteur de synthèse qui ne cherche pas à concur­ren­cer un Kontakt, et à l’im­pos­si­bi­lité d’im­por­ter des sons custo­mi­sés, nous sommes ici en présence de quelque chose de beau­coup plus moderne qu’un M1, et qui peut large­ment faire la travail en termes de réalisme pour une gamme donnée d’ins­tru­ments acous­tiques, et de réser­voir à matière sonore pour des sons de synthèse. L’ar­pé­giat­teur permet aussi un certain nombre de choses en termes d’ac­com­pa­gne­ment, avec des multis qui permettent avec seule­ment deux mains de jouer de deux instru­ments diffé­rents sur diffé­rentes parties du clavier, et de jouer en même temps un motif ryth­mique varié en fond sonore. Si on compare ces émula­tions des Tritons à d’autres plug-ins simi­laires, on pour­rait dire qu’ils sont plus orien­tés perfor­mance pour clavié­ristes que produc­tion home studio réaliste avec plein de post trai­te­ments. Et contrai­re­ment au M1, de par leur réalisme (rela­tif, on ne trouve pas ici de round robin ou d’ins­tru­ment basé sur des giga­oc­tets d’échan­tillons), ils ne possèdent pas exac­te­ment une sorte de patte recon­nais­sable en termes de signa­ture sonore je trouve. Il est clair que les personnes qui ont connu les origi­naux vont les adorer, mais du coup pour les autres ces Tritons ont une sorte de posi­tion­ne­ment discu­table, entre le pas assez typé vintage d’un côté et pas assez moderne pour concur­ren­cer des offres à base de Kontakt, Omni­sphere ou UVI Works­ta­tion, surtout que les deux Tritons qui peuvent être ache­tés ensemble coûtent plus de la moitié du prix du bundle Collec­tion complet. On regret­tera aussi un compor­te­ment capri­cieux dans Able­ton Live et Reaper par exemple pour contrô­ler les diffé­rents patchs assi­gnés à des canaux MIDI diffé­rents. Néan­moins, les plug-ins Triton sont plutôt plai­sants à utili­ser, sonnent bien dans les registres propo­sés, sont assez grati­fiants à l’usage des patchs multi dédiés à l’auto accom­pa­gne­ment (même si il me semble que les boucles ne peuvent pas être synchro­ni­sées avec le STAN ce qui oblige à des acro­ba­ties pour s’en­re­gis­trer), et bien four­nis en contenu et possi­bi­li­tés de custo­mi­sa­tion, notam­ment du côté du Triton tout court qui possède des packs d’usine théma­tiques, et parce que les deux ont des slots « utili­sa­teurs » spéci­fiques. On pour­rait tout à fait conce­voir des morceaux dans des styles de musique variés de A à Z en utili­sant simple­ment ces deux plug-ins…

  • Triton-Main-Combi-Easy
  • Triton-Browser
  • Triton Extreme-Main-Prog-Easy
  • Triton Extreme-Browser
Asian Forest
00:0000:35
  • Asian Forest00:35
  • Crime and Kaoss00:33
  • Dry Puffy Trance00:51
  • Horror Orches­tra00:39
  • Mad Orches­tra00:53
  • Extreme – Variable Valve Force00:42

The last Korg before the end of the world ?

Pour conclure sur ce test de la Korg Collec­tion 3, il est diffi­cile de ne pas voir les quali­tés des diffé­rents plug-ins du bundle. L’édi­teur n’a pas été avare en contenu, les appa­reils émulés ont une grande perti­nence aujour­d’hui et on se surprend à passer du temps à jouer avec certains présets parce qu’ils nous font penser à tel morceau ou tel autre. Les modé­li­sa­tions de synthé­ti­seurs analo­giques sont de très bonne facture, quoique parfois en retrait par rapport à celles des concur­rents comme pour le MS-20 (u-he, Artu­ria, Synapse Audio, Native Instru­ments etc.), même si elle valent toujours le coup en termes de fonc­tion­na­li­tés. Toute­fois, nous avons été surpris voire déçus en consta­tant des problèmes de fini­tion ça et là, notam­ment sur le Waves­ta­tion qui est diffi­cile à utili­ser autre­ment que comme un lecteur de présets, avec les soucis d’er­go­no­mie et de cohé­rence plus géné­ra­le­ment, les navi­ga­teurs de présets ou les manuels plus que satis­fai­sants sur certains plug-ins et en dessous de la moyenne sur d’autres. On aurait aimé aussi pouvoir rentrer manuel­le­ment sur certains contrôles les valeurs de para­mètres au clavier alpha­nu­mé­rique, ce qui n’est pas toujours possible, plus de présets sur le ARP Odys­sey ou sur le Prophe­cy…

Et puis, ici nous faisons le test plus spéci­fique­ment du bundle en tant que tel. Celui-ci s’adresse mani­fes­te­ment à un public averti, et l’hé­té­ro­gé­néité de l’offre ne permet pas de le mettre en concur­rence avec des bundles concur­rents plus géné­ra­listes ou plus acces­sibles. Pour moi, la Korg Collec­tion 3 se destine avant tout aux nostal­giques qui ont connu les origi­naux, ou qui s’in­té­ressent à des sons parti­cu­liers et veulent les recréer, plutôt qu’à des musi­ciens qui veulent acqué­rir un bundle de logi­ciels pour couvrir un maxi­mum de besoins en M.A.O. La note que nous mettons pour ce test reflète un peu tous ces défauts, le manque de cohé­rence, et le prix du tout mais honnê­te­ment, j’ai pris un gros plai­sir quand même à utili­ser chacun des plug-ins pour l’uti­li­ser dans le contexte de sa spécia­lité et produire les démos que vous avez enten­dues, notam­ment le Korg ARP Odys­sey, le M1 et le Triton je dirais. Je ne peux que conseiller à ceux qui sont inté­res­sés par ce produit à essayer les versions démos des instru­ments virtuels qui les inté­ressent en prio­rité, pour voir si ils peuvent se conten­ter d’une poignée ou si ils ont besoin du tout.

Enfin, la bonne nouvelle c’est qu’il y a carré­ment déjà la matière pour faire mieux, si Korg Collec­tion 4 il y a je souhai­te­rais que le Waves­ta­tion ait enfin son émula­tion digne de ce nom avant d’ajou­ter de nouveaux modèles au bundle, même si je dirais pas non à une émula­tion du Z1 pour avoir tous les modèles d’os­cil­la­teurs de la tech­no­lo­gie MOSS. Un peu de nettoyage un peu partout pour que tous les plug-ins aient le même trai­te­ment en matière d’er­go­no­mie ne serait pas un luxe égale­ment… Et quand on voit les algo­rithmes dont Korg dispose, je me dis que j’ado­re­rais les voir créer un synthé­ti­seur origi­nal cette fois-ci qui serait exclu­sif au monde du plug-in, comme on a pu le voir avec les Pigments chez Artu­ria…

 

6/10
Points forts
  • On retrouve le son des machines de légende et on pense à des morceaux connus en parcourant les présets
  • Modélisations de synthétiseurs analogiques de bonne à très bonne facture
  • Synthétiseurs analogiques augmentés avec la polyphonie, l'unisson, l'aftertouch, les modulations supplémentaires etc.
  • Interfaces redimensionnables (sauf sur le Korg ARP Odyssey)
  • Le plug-in d'émulation du Triton Extreme gratuit pour les utilisateurs du plug-in Triton original
  • L'émulation du Prophecy qui permet de jouer avec des modèles physiques qui ont un comportement intéressant
  • L'arpégiatteur qui agit sur les paramètres de synthèse dans l'émulation du Korg ARP Odyssey
  • Toutes les banques de son originales des synthétiseurs à lecture d'échantillons sont disponibles
  • Les navigateurs de présets avec catégories et patterns de démonstration
  • La polyvalence des Tritons avec les présets à accompagnement automatique
Points faibles
  • L'émulation du Wavestation, qui pousse à ne l'utiliser que comme lecteur de présets
  • Problèmes généralisés de finitions et de cohérence
  • Contenu du bundle un peu hétérogène
  • Certaines interfaces graphiques parfois carrément illisibles avec des polices de caractères toutes fines
  • L'ergonomie en général pourrait être améliorée
  • Le navigateur de présets du Korg ARP Odyssey sans les tags / catégories
  • La section arpégiatteur du Korg ARP Odyssey accessible seulement avec la molette de souris
  • Pas de versions VST3
  • Manuels insuffisants pour certains plug-ins avec simplement une page web voire pas de manuel du tout
  • Contenu en présets insuffisant sur certaines émulations, et qui exploitent parfois peu l'ajout de la polyphonie
  • Moteur de modélisation à améliorer sur le MS 20
  • Choix du Prophecy qui fait abstraction des modèles d'oscillateurs de la technologie MOSS présent sur d'autres modèles plus récents
  • Quelques crashs à répétition dans Ableton Live
  • Problèmes de gestion des niveaux de sortie entre les présets sur les émulations Mono/Poly et Polysix
  • On aurait aimé que le MDE-X soit plus fourni avec les algorithmes d'effets clé qu'on trouve dans chaque plug-in
  • Pas de synchronisation du démarrage des accompagnements dans les plug-ins Triton avec le STAN
  • C'était cool quand même ce contrôleur hardware présent sur les premières versions...
Auteur de l'article Wolfen

Développeur freelance pour de nombreuses sociétés dans le domaine de l'industrie musicale, créateur de la marque Musical Entropy, et musicien qui achète plus de matos qu'il n'en joue


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