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UVI Toy Suite
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On refait le patch #88 : Test de l’UVI Toy Suite

Bundle d'instruments virtuels de la marque UVI

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Test écrit
13 réactions
Toy, Toy mon Toy
8/10
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Ce n’est pas encore Noël mais UVI nous revient avec une hotte chargée de joujoux tous méticuleusement samplés pour donner une suite à Toy Museum : Toy Suite

En matière d’art, l’évo­ca­tion de l’en­fance est souvent un moyen très simple et effi­cace pour produire des émotions fortes chez l’au­di­teur ou le spec­ta­teur, en le rame­nant à ses sensa­tions premières, les senti­ments fonda­teurs sur lesquels il s’est construit. Il n’est pas seule­ment ques­tion de nostal­gie, mais aussi des premières peurs et premiers désirs qui ont formé notre psyché, ainsi que toutes les expé­riences qui ont nourri nos sens : l’odeur de la chaus­sée humide après la pluie, le goût du choco­lat chaud, la séche­resse de la craie sur les doigts… ou le tinte­ment d’un hochet, la synthèse sonore d’une dictée magique, l’ac­cor­dage approxi­ma­tif d’un piano Vilac. Dans cette pers­pec­tive, on trouve sur le marché un certain nombre de banques de sons réali­sées à partir de jouets mais aucune qui se soit montrée aussi complète que le Toy Museum d’UVI qui nous arrive aujour­d’hui dans une version large­ment revue et augmen­tée : la Toy Suite.

Avec cette dernière, on passe ainsi de 12,5 GB de samples compres­sés à 23 GB (86 Go de samples WAV), soit 70 000 échan­tillons sonores, 1 499 boucles, 34 kits et 1 185 presets réali­sés à partir de l’en­re­gis­tre­ment de 384 jouets musi­caux. Autant dire que le travail de recherche pour rassem­bler cette collec­tion force le respect et qu’il a sans doute néces­sité des mois voire des années de brocante et de boncoi­nage pour mettre la main sur des trésors oubliés.

Toys in the attic

8bitsUtili­sable via Falcon ou le lecteur free­ware UVIworks­ta­tion, la banque s’or­ga­nise en trois grands dossiers : Acous­tic et Elec­tric, qui étaient déjà là dans le Toy Museum mais qui se sont étof­fés, et 8-bit Synth, une nouveauté de cette révi­sion qui donne à UVI l’oc­ca­sion de s’aven­tu­rer du côté des jeux vidéo au travers d’un double lecteur d’échan­tillons complété d’une section de modu­la­tion et d’une section d’ef­fets, et d’une collec­tion de sons faisant la part belle aux ordi­na­teurs et consoles des années 80, et aux sons utili­sés pour réali­ser des Chip­tunes.

Voici quelques exemples pour vous donner une idée de ce à quoi vous attendre :

8bit­Synths
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  • 8bit­Synths00:36
  • Sweet8­bit00:38

meuhEn marge de cela, c’est toute­fois plus dans le dossier Acous­tic que les choses les plus inté­res­santes se passent, avec une énorme collec­tion de pianos jouets, de métal­lo­phones en tous genres, de petites guitares (dont certaines ne sont pas forcé­ment des jouets : ukulele, guita­lele, etc.), de boîtes à musique, de mélo­di­cas et d’ins­tru­ments à percus­sion en tout genre. Surtout, on mettra la main sur des choses plus origi­nales comme des tuyaux harmo­niques ou des culbu­tos, une bien belle collec­tion de boîtes à meuh, à bêh, à mouettes et des petits auto­mates, des jouets d’éveil pour bébé. On est parfois d’ailleurs bien plus dans le brui­tage que dans l’ins­tru­ment à propre­ment parler, ce qui n’a rien d’une critique mais il vaut mieux le savoir : certains « instru­ments » ne sont en effet qu’un unique son trans­posé à coup de pitch shift sur les octaves du clavier.

toypia­nos
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  • toypia­nos00:51
  • toymu­sic­boxes00:29
  • youme­lo­di­cas01:01
  • flute­re­cor­der­blow00:38

UVI Toy Suite : violinDans le dossier Elec­tric nous attendent enfin quan­tité de jeux élec­tro­niques et d’ins­tru­ments jouets, avec pour un certain nombre d’entre eux des boucles de rythme ou d’ac­com­pa­gne­ment qu’on trou­vait prépro­gram­mées dans la machine. Là encore, il y a une masse impres­sion­nante de sons à explo­rer, et de vraies curio­sité comme un simili violon synthé­tique sorti de nulle part.

Voici quelques morceaux choi­sis :

elec­tro­nic­toy
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  • elec­tro­nic­toy01:02
  • loops­toy00:32

Range ta cham­bre…

L’am­pleur et la variété de la collec­tion force assu­ré­ment le respect et on ne se lasse pas d’ex­plo­rer ce grenier plein de jouets… ou pas. Si l’on pouvait adres­ser un premier reproche à cette Toy Suite, c’est à l’UVI Work­ta­tion et à Falcon qu’il faudrait le faire car en l’ab­sence de tags ou de moteur de recherche, le fait de devoir fonc­tion­ner par arbo­res­cence est un tanti­net fasti­dieux. On voudrait d’un coup d’un seul accé­der à toutes les percus­sions ou toutes les basses mais ce n’est pas possible, et on espère fran­che­ment que la prochaine version des samplers maison aura à coeur de les faire évoluer sur ce point…

Concer­nant le contenu, on souli­gnera égale­ment que la richesse de ce qui nous est proposé ici est parfois toute rela­tive : c’est ainsi que certaines clari­nettes sonnent comme des melo­di­cas et que les nuances entre certains instru­ments sont parfois bien fines, notam­ment en ce qui concerne les instru­ments élec­tro­niques : à voir les impro­bables machines déni­chées par UVI, on se rue souvent pour essayer un nouveau petit clavier promet­teur pour s’aper­ce­voir qu’il produit à peu près les mêmes genres de sons qu’un autre clavier ou un autre jouet. Les diffé­rences existent malgré tout, certes, mais il n’est pas certain que tous les valo­risent dans une collec­tion vendue 400 euros et n’au­raient pas préféré quelque chose de moins exhaus­tif mais de plus acces­sible sur le plan pécu­niaire. Disons qu’un Best of de cette suite pour­rait en inté­res­ser plus d’un qui ne sera peut-être pas prêt à dépen­ser autant pour un jeu de sons qui ne va pas forcé­ment servir tous les jours.

Un mot enfin sur les nouveau­tés chip­tu­nesques de cette Suite. S’il est parfai­te­ment justi­fié qu’UVI se soit penché sur le cas des jeux vidéos et s’il y a certes bien des choses inté­res­santes là-dedans, on pourra parfois regret­ter le carac­tère un peu trop produit des sons propo­sés : entre le laye­ring et l’usage des excel­lents effets UVI, on est certes dans l’es­prit 8 bits mais certai­ne­ment pas dans un facsi­milé de ce qui pouvait sortir d’un Commo­dore 64 ou d’une Game­Boy, qui n’ont d’ailleurs pas droit à leurs dossiers comme tous les autres instru­ments de la suite. Et c’est un peu dommage car c’est en contra­dic­tion avec la logique qui gouverne les sections Acous­tic et Elec­tro­nic, où chaque instru­ment samplé est clai­re­ment iden­ti­fié ; on aurait ainsi adoré avoir un réper­toire avec les sons uniques du Commo­dore 64, un autre avec ceux de la Game­Boy. Person­nel­le­ment, il me semble en outre que propo­ser des sons issus de la SidSta­tion, même si cette dernière est basée sur le circuit son du C64, frise le hors sujet vu que… ce n’est pas un jouet et que ça sonne comme un C64 dont on aurait ôté tous les arte­facts dans lesquels résident le charme de la machine. Toute inté­res­sante qu’elle soit dans l’ab­solu, cette section ne devrait donc pas faire trop d’ombre aux instru­ments réali­sés par Impact Sound­works sur le même thème (Super Audio Cart et Super Audio Cart PC) ni aux excel­lentes émula­tions propo­sées par Plogue. D’abord parce que sur ce point précis, ce que propose UVI est loin d’être exhaus­tif (Pas d’Am­strad, d’Amiga, etc.), ensuite parce qu’en utili­sant ses excel­lents effets dans les presets, l’édi­teur français a quelque peu lissé le côté cheap et cradingue qui peut plaire dans ce genre de sons : il y a évidem­ment plein de choses perti­nentes sur le plan créa­tif, et des sono­ri­tés parfai­te­ment dignes d’in­té­rêt et pleines de person­na­lité, mais à force de jolie réverb, de splen­dide delay et de chorus gargan­tuesque, tout cela sonne très 2010’s et non pas 80’s… Disons que c’est un choix édito­rial qui peut être discu­té…

Mais ne boudons pas notre plai­sir ; il y a de quoi faire de bien belles choses avec tout cela…

TOYa­gain
00:0003:01

Conclu­sion

Comme à son habi­tude, UVI a fait un remarquable travail avec cette Suite, tant sur le plan de la préser­va­tion du patri­moine sonore que sur celui de l’er­go­no­mie ou de l’au­dio : au travers de jolies inter­faces, on retrouve quan­tité de sons extrê­me­ment inté­res­sants avec suffi­sam­ment de possi­bi­li­tés côté trai­te­ments et édition pour que cette Toy Suite consti­tue un formi­dable terrain de jeu. Parce que tout le monde ne s’ap­pelle pas Pascal Come­lade et qu’on n’uti­lise pas des sons de jouets tous les jours, on regret­tera toute­fois que l’édi­teur n’ait pas songé à propo­ser un produit plus démo­cra­tique en termes de prix, quitte à être moins exhaus­tif, 400 euros demeu­rant une somme qui risque d’en faire recu­ler plus d’un. Quant à ceux qui possé­dait la Toy Museum et qui se posaient des ques­tions sur l’in­té­rêt de passer à cette nouvelle version, disons qu’il faudra que chacun voit midi à sa porte, sachant que la partie Chip­tune/8 bits, bien que tout à fait digne d’in­té­rêt, souffre de la concur­rence de produits spécia­li­sés dans ce domaine. Il n’en reste pas moins que l’en­semble est une réus­site, et que si vous cher­chez un nouveau joujou pour mettre un peu de folie et de nostal­gie dans vos produc­tions, Toy Suite est une option à sérieu­se­ment consi­dé­rer…

On refait le patch : les tests vidéo d'Audiofanzine Voir tous les épisodes de "On refait le patch : les tests vidéo d'Audiofanzine"
8/10
Points forts
  • La plus vaste collection de jouets samplés sur le marché avec quantité de raretés
  • Qualité du sampling
  • Interfaces aux petits oignons
  • L'ouverture vers les sons du jeu vidéo
Points faibles
  • Partie 8 bits sans doute pas assez roots
  • Des sons un peu redondants souvent
  • 400 euros tout de même : une version allégée serait sans doute pertinente pour les petits budgets
  • Navigation dans la collection un peu laborieuse
Auteur·rice de l’article
Arnaud Cueff(Los Teignos)
Éditorialiste et rédacteur

Si j'ai fait de la guitare et un peu d'harmonica classiques en ENM dans mon enfance, c'est en autodidacte que j'ai fait l'essentiel de ma formation en matière de musique comme d'audio. Après des études de Lettres Modernes, j'ai travaillé pour la presse spécialisée puis web, tant dans le domaine des instruments de musique que dans celui des jeux vidéo (d'où mon pseudo). Je suis monté à bord du bateau Audiofanzine en 2004 en tant que rédacteur en chef, fonction que j'ai laissé quelques années plus tard à Grégoire Nachbauer (Red Led) tout en gardant un pied dans l'éditorial, en conservant notamment la rédaction de l'édito envoyé chaque semaine via la newsletter hebdomadaire du site comme en réalisant des tests, dossiers et contenus vidéos sur mes sujets de prédilection.


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Arnaud Cueff(Los Teignos)
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Si j'ai fait de la guitare et un peu d'harmonica classiques en ENM dans mon enfance, c'est en autodidacte que j'ai fait l'essentiel de ma formation en matière de musique comme d'audio. Après des études de Lettres Modernes, j'ai travaillé pour la presse spécialisée puis web, tant dans le domaine des instruments de musique que dans celui des jeux vidéo (d'où mon pseudo). Je suis monté à bord du bateau Audiofanzine en 2004 en tant que rédacteur en chef, fonction que j'ai laissé quelques années plus tard à Grégoire Nachbauer (Red Led) tout en gardant un pied dans l'éditorial, en conservant notamment la rédaction de l'édito envoyé chaque semaine via la newsletter hebdomadaire du site comme en réalisant des tests, dossiers et contenus vidéos sur mes sujets de prédilection.