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2 MIN POUR... comprendre la Loudness War

Qu'est ce que la course au volume ?

  • 62

Los Teignos a deux minutes pour vous expliquer ce qu'est la Loudness War ou course au volume en français. C'est parti !

Alors on va pas trainer sitôt que vous vous serez abonnés au Chanel Youtube d’Audiofanzine ! Traduisible en guerre du volume ou plutôt course au volume, la « loudness war » est un phénomène dont les origines remontent aux années 40 américaines. À l’époque des premiers jukeboxes, on se rend compte que les disques qui sonnent plus fort sont les plus écoutés et génèrent donc plus de profits.

C’est un fait : ce qui sonne plus fort nous semble toujours sonner mieux et l’industrie du disque n’aura de cesse d’exploiter cela dans les décennies suivantes.

Le problème, c’est qu’elle ne peut pas avoir la main sur le bouton de volume au moment où l’auditeur écoute et elle va donc se débrouiller pour que l’enregistrement semble sonner plus fort. Comment ? En compressant le titre dans son ensemble.

En remontant le niveau du son les plus faibles pour les amener au niveau des plus forts, on donne l’impression que le volume global est plus fort. On parle alors de volume perçu, qu’on mesure en LUFS, et si vous voulez vous faire une idée de ce à quoi ça ressemble, il vous suffit d’écouter un titre sur CD et le même diffusé par une radio FM car dans leur grande majorité, ces dernières surcompressent le son des titres qu’elles diffusent.

Le problème, c’est qu’en faisant cela, on réduit la plage dynamique, ce qui est d’une part plus fatiguant à l’écoute mais gomme aussi les nuances. Voyez ce que ça donne.

Plus de notion de pianissimo ou de fortissimo, tout est ramené au même niveau, un peu comme si on désaturait complètement les couleurs d’une image.

Alors bien sûr, on peut tout à fait vouloir réduire au minimum la dynamique pour des raisons esthétiques comme dans certains genres de musique électronique. En revanche, on verra d’un plus mauvais oeil le fait que cette surcompression ait été appliquée à quantité d’anciens albums sous couvert de les « remasteriser ».

Lorsque vous écoutez un disque ainsi réédité des Beatles, il sonne plus fort et semble donc sonner mieux, ce qui permet à la maison de disque de vous vendre ou de vous revendre une version dégradée de l’oeuvre originale.

Si je vous parle de cela, c’est que c’est à vous qu’il revient de garder un oeil sur cet aspect : il existe quantité d’outils aujourd’hui vous permettant suivre cette course au volume mais est-ce vraiment ce que vous souhaitez pour votre musique ? Je vous laisse réfléchir à cela sachant que nous reparlerons prochainement du niveau sonore de vos titres au moment de les diffuser.

D’ici là, commentez, likez, partagez cette vidéo et abonnez vous au Chanel Youtube d’Audiofanzine. Ciao !

2 minutes pour : 120 secondes pour découvrir l'audio et la musique Voir tous les épisodes de "2 minutes pour : 120 secondes pour découvrir l'audio et la musique"
Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.

  • JohnnyG
    JohnnyG
    Je poste, donc je suis
    6776 posts au compteur
    Citation de iktomi :
    Je vais pas me faire l'avocat du diable, même si j'aime bien certains morceaux compressés de manière esthétique, globalement ça m'insupporte (et mon hyperacousie me le rappelle malgré moi), mais : est-ce que cette compression rehaussant le volume perçu pourrait participer à limiter des dommages auditifs à cause d'une écoute trop forte ?

    J'aurai tendance a dire que si on compresse le signal, comme il y a moins d'ecart de dynamique, les passage plus calmes sont plus proches des passages plus chargés. Donc en definitive ton oreille ne se "reposera pas" sur les passages plus calmes. Donc contribue a t'envoyer peu ou prou toujours le meme volume dans les oreilles tant que ca joue. Et ca aurai ,comme effet pervers, tendance a plus abimer ton audition qu'en ecoutant des musiques avec des vrai temps calmes.

    Citation de iktomi :
    Question corollaire : Dans quelle mesure un titre compressé aura tendance à être écouté à un volume plus faible, et si ça a un réel impact sur l'oreille.
    Si tu bases ton reglage de volume pour entendre confortablement les passages plus calmes effectivement ca peu jouer dans la mesure ou tu aura moins besoin de mettre fort pour les entendre.
    Et par exemple en voiture avoir un son avec une dynamqieu contenue c'est pas mal pour bien entendre tout malgres le bruit du moteur...
  • tanabarbier
    tanabarbier
    Posteur AFfranchi
    78 posts au compteur
    Citation de Jean-Marc Boulier :
    Citation de rroland :
    J’apprécie assez la norme-cible actuelle (même si elle va évoluer), parce que la compression n’est plus envisagée en termes de niveau sonore, mais de choix artistique. Si le style implique une forte compression, comme l’électro où la compression fait souvent partie du design sonore, la baisse du niveau LUFS ne changera pas le niveau de compression.


    Entièrement d'accord. C'était d'ailleurs l'un des objectifs des recommandations techniques initiales à ce sujet, malheureusement il a été mal compris par de nombreuses personnes.


    100% avec vous deux, ce changement pour la diffusion n'oblige personne à compresser moins, il aide juste ceux qui ne veulent pas le faire à ne pas s'y sentir obligés.

    Par rapport aux commentaires sur la normalisation capitaliste, j'ai trouvé ça étrange, j'ai peut-être mal compris ce qui était dit, mais pour moi c'est plutôt le contraire, on a poussé les dB pour pousser les ventes, par peur de passer derrière les autres, je pense pas que ce soit uniquement les artistes qui veulent ce "plus", je suis peut-être naïf (c'est souvent le cas), mais je me dis que la "guerre" est due à l'idée qu'il y a une compétition, AMHA cette généralisation est bien plus courante et évidente si on accepte comme cadre général que l'expression artistique entre dans un même cadre de recherche d'optimisation, compétitivité, etc, que le reste de la "production".

    Je me dis que ce serait un peu équivalent à une proposition qui essaierai de défendre la variété des saveurs gustatives en limitant l'utilisation du sel et du sucre dans les produits transformés. Ces trucs là c'est des drogues, si on oblige pas les fabricants à le limiter ils auront recours à cette "astuce" pour nous faire manger des trucs qui n'ont plus de gout, mais si on le limite, on pourra à nouveau se rendre compte de ce qui se passe et choisir en fonction de nos envies "réelles".
  • Jean-Marc Boulier
    Jean-Marc Boulier
    Posteur AFfranchi
    61 posts au compteur
    Citation de rroland :
    J’apprécie assez la norme-cible actuelle (même si elle va évoluer), parce que la compression n’est plus envisagée en termes de niveau sonore, mais de choix artistique. Si le style implique une forte compression, comme l’électro où la compression fait souvent partie du design sonore, la baisse du niveau LUFS ne changera pas le niveau de compression.


    Entièrement d'accord. C'était d'ailleurs l'un des objectifs des recommandations techniques initiales à ce sujet, malheureusement il a été mal compris par de nombreuses personnes.
  • rroland
    rroland
    Modérateur thématique
    25297 posts au compteur
    Pour bosser également dans le mastering (numerique et vinyle avec cutting des lacquers), j’ai régulièrement des demandes pour des versions « bis » de mastering : l’une pour le CD, l’autre pour le streaming. Je ne parle pas du vinyle, parce que les contraintes sont physiques, le volume dépendant essentiellement de la durée de chaque face.
    Par contre, pour le streaming, il existe une dégradation due au format (on n’est pas sur du Wav ou de l’Aiff 24 bit). Et il est possible de réaliser un mastering adapté, à la fois sur le plan de la dynamique, et aussi au niveau de l’égalisation.
    Un mastering « streaming » sonnera très bien sur un CD, sauf si le client cherche un niveau sonore plus élevé. L’inverse n’est pas toujours vrai.
    Il faut aussi penser aux autres aspects que le LUFS, par exemple le PLR (le rapport niveau moyen/niveau crête). La normalisation pourra ajuster le volume LUFS, mais ne pourra rien faire concernant le PLR.
    J’apprécie assez la norme-cible actuelle (même si elle va évoluer), parce que la compression n’est plus envisagée en termes de niveau sonore, mais de choix artistique. Si le style implique une forte compression, comme l’électro où la compression fait souvent partie du design sonore, la baisse du niveau LUFS ne changera pas le niveau de compression.
    Par contre, il n’y a aucun intérêt à surcompresser de la musique acoustique, puisque le niveau LUFS sera normalisé à la baisse, et qu’à niveau égal, il est très probable qu’un mastering moins compressé sonnera mieux.
  • kosmix
    kosmix
    Vie après AF ?
    24168 posts au compteur
    Citation de iktomi :
    Oh bin ça alors, une norme pondue par et pour des entreprises capitalistes qui veulent uniformiser """leurs""" produits pour maximiser leurs profits au mépris (sinon au dépend) de tout le reste.


    Rhôôô mais quelle mauvaise langue celui-là, puisqu'on te dit que c'est pour ton bien ! :mrg:
  • Nounoutt'
    Nounoutt'
    AFicionado
    1834 posts au compteur
    Yes ! toutafé clair..! :mrg: Il est vrai que je voyais ça par le petit côté de ma minuscule lorgnette qui consiste à bricoler un titre après l'autre, et à le partager avec un entourage proche histoire de faire rigoler les coupains... :facepalm: dont acte !

    Merci de ces précisions
  • Jean-Marc Boulier
    Jean-Marc Boulier
    Posteur AFfranchi
    61 posts au compteur
    Citation de Nounoutt' :
    En quoi la recherche du -14 ( qui permet justement d'éviter une correction) te parait "fallacieuse"... " qui sévit" ...? cette formulation laisse penser que ce n'est pas une bonne idée, ou du moins pas nécessaire de chercher à se caler sur cette valeur de -14 :?!:


    Le fait que les plateformes de streaming normalisent le volume et que les algorithmes soient de plus en plus performants est une excellente chose, mais on a tendance à confondre normalisation et mastering.

    Le mastering, entre autres, a pour but d'amener un morceau ou un album à un niveau idéal en termes de dynamique et intensité, balance tonale et spatialisation pour la reproduction sur une multitude de supports. D'un point de vue artistique, chaque chanson doit être abordée au cas par cas. On ne va pas poursuivre les mêmes objectifs et atteindre les mêmes valeur dynamiques et la même densité sur une balade piano voix que sur un titre de techno hardcore. Donc dans la recherche du son idéal pour une chanson, on atteint fatalement des valeurs LUFS différentes au final.

    Par ailleurs au sein d'un album, dans la plupart des cas il y a des chansons plus douces et d'autres plus intenses, donc là aussi artistiquement on recherche le contraste, dans une certaine mesure.

    Imposer une norme de loudness au mastering serait contre-productif. D'ailleurs, aucun ingénieur de mastering professionnel et compétent ne vise une valeur unique pour tous les morceaux sur lesquels il travaille.

    Encore une fois, les publications de l'EBU et de l'AES sur la normalisation pour le streaming s'adressent aux plateformes de streaming, pas aux techniciens du son ou aux artistes.

    Est-ce plus clair ?...
  • Nounoutt'
    Nounoutt'
    AFicionado
    1834 posts au compteur
    Jean-Marc Boulier.

    désolé je reviens à la charge... :mrg: En fait j'ai bien compris le principe du -14 LUFS, rien ne sert de chercher à taper plus fort, le niveau sera diminué d'autant... mais c'est cette phase qui m'a interpellé...
    Citation :
    l'idée fallacieuse selon laquelle nous devrions tous cibler -14LUFS au mastering, qui sévit depuis un moment déjà.

    En quoi la recherche du -14 ( qui permet justement d'éviter une correction) te parait "fallacieuse"... " qui sévit" ...? cette formulation laisse penser que ce n'est pas une bonne idée, ou du moins pas nécessaire de chercher à se caler sur cette valeur de -14 :?!:

    Alors que ça me parait plutôt salvateur d'avoir une référence, une norme sur laquelle s'appuyer..

    je rappelle que je ne suis qu'un humble amateur (comme beaucoup ici) mais passionné ( idem) et donc j'essaye de comprendre, d'avancer...

    x
    Hors sujet :

    ( Ce qui ne m'empêche d'ailleurs pas de faire appel à un studio pro pour de vrais masters pour les quelques modestes titres que je pond de temps en temps... RR si tu lis ces lignes... :coucou:)
  • laurend
    laurend
    Squatteur d'AF
    3039 posts au compteur
    Citation de Maxxou32 :
    j'ai essayé de rentrer chaque instrument par tranche à 18db octave !


    ????
  • Jean-Marc Boulier
    Jean-Marc Boulier
    Posteur AFfranchi
    61 posts au compteur
    Citation de Danbei :
    Le niveau d'écoute est calibré en mastering, mais les auditeurs écoutent potentiellement à pleins de volume différents : est ce qu'il y une méthode pour s'assurer que les différences (ou absence de différences) sur les volumes ressentie sont transportables ?


    Oui : quand j'étais jeune, sur les autoradios ou les chaines HiFi il y avait une touche "loudness", qui servait exactement à cela (avec plus ou moins d'efficacité...). Aujourd'hui la plupart des lecteurs possèdent des EQ mais de toutes façons la différence étant assez subtile, l'auditeur moyen n'y est pas vraiment sensible. Il est en revanche sensible aux variations de volume ou de balance tonale d'une chanson à l'autre.
  • Jean-Marc Boulier
    Jean-Marc Boulier
    Posteur AFfranchi
    61 posts au compteur
    Citation de Nounoutt' :
    je ne comprend pas en quoi cette idée de viser le -14 LUFS ne serait ( après lecture de cette phrase) plus le but à atteindre pour diffuser sa musique sans risque de surprise à la mise en ligne..?


    Ca ne l'a jamais été, en tous cas pour les gens qui font du mastering. Cette valeur cible n'est destinée qu'aux plateformes de streaming.

    Il n'y a pas de surprise lors de la mise en ligne puisque les pratiques de normalisation sont connues. Par exemple, pour Spotify (actuellement, et avec les réglages laissé par défaut) :
    - un morceau uploadé à -14LUFS sera restitué à -14LUFS
    - un morceau uploadé à -6LUFS sera baissé de 8dB et restitué à -14LUFS
    - un morceau uploadé à -16LUFS sera restitué à -16LUFS

    Dans les trois cas ci-dessus ni la dynamique interne du morceau ni la qualité audio ne sera dégradée. Pas de surprise, c'est au contraire très prévisible.
  • Danbei
    Danbei
    AFicionado
    1320 posts au compteur
    Citation de Jean-Marc Boulier :
    Il n'y rien en cours à ce sujet à ma connaissance, mais je ne suis pas non plus tous les jours dans les couloirs du siège de l'AES hein... :clin: Dans le milieu je n'ai entendu personne se plaindre de la capacité du concept LUFS à représenter le volume ressenti. C'est déjà un beau progrès par rapport à ce qu'on faisait avant.
    Merci pour ta réponse. Effectivement c'est déjà très bien comme mesure.
    J'ai bien conscience que c'est anecdotique et qu'il faudrait se référer à des tests d'écoutes bien fait, mais j'ai l'impression qu'il y a une faiblesse sur ce point là. En gros les morceaux avec le haut du spectre en avant et un creux dans le bas medium ressortent plus fort après normalisation.

    Comme tu le fait remarquer la non linéarité de notre audition à probablement un rôle à jouer : les différences de volumes ressentis ne sont pas les mêmes selon le niveau d'écoute.
    Le niveau d'écoute est calibré en mastering, mais les auditeurs écoutent potentiellement à pleins de volume différents : est ce qu'il y une méthode pour s'assurer que les différences (ou absence de différences) sur les volumes ressentie sont transportables ?
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