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L’écoute critique en extérieur

Le guide du mixage — 127e partie

L’environnement du home studio étant généralement bien loin des conditions idéales des structures commerciales, il est souvent conseillé de vérifier son mix en dehors de son espace de travail habituel. L’épisode du jour sera donc logiquement consacré à une façon somme toute « classique » d’aborder cette phase d’écoute critique en extérieur.

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Pourquoi ?

Commençons cet épisode en nous inter­ro­geant sur l’uti­lité de cette démarche. Je pense pouvoir suppo­ser sans trop me trom­per que si vous suivez cette série d’ar­ticles sur le mixage, votre profil ne corres­pond pas à celui d’un ingé­nieur du son profes­sion­nel. Mora­lité, que vous soyez musi­cien à plein temps ou ébéniste, votre pratique de l’écoute musi­cale a essen­tiel­le­ment lieu en dehors de votre home studio adoré. De fait, votre système d’écoute studio, aussi « parfait » soit-il, n’est pas le système que vous maîtri­sez le plus ! Il appa­raît donc oppor­tun de juger la perti­nence de votre mixage sur des écoutes que vous connais­sez sur le bout des doigts. Qu’im­porte si c’est la chaîne Hifi de votre salon, la petite enceinte Blue­tooth de la cuisine, ou le lecteur audio de votre voiture — grand clas­sique du genre devant l’éter­nel — à partir du moment où il s’agit du moyen de diffu­sion dont vous avez le plus l’ha­bi­tude, c’est exac­te­ment l’ou­til qu’il vous faut. Et ne vous souciez pas non plus des éven­tuels problèmes de diffu­sion mono­pho­nique, des bruits de moteurs et autres sons ambiants, ou bien encore de la réver­bé­ra­tion immonde de la pièce d’écoute. Encore une fois, ce qui compte, c’est votre expé­rience d’écoute dans ce lieu si fami­lier. Car, après tout, c’est là que vous dégus­tez vos chefs-d’oeuvre favo­ris à longueur de jour­née, alors pourquoi ne pas y passer au grill le fruit de votre propre travail en fin gour­met que vous êtes ? C’est certai­ne­ment de loin le meilleur moyen de véri­fier s’il ne subsiste pas encore quelques failles dans votre mix tant ces condi­tions de « consom­ma­tion musi­cale » vous sont coutu­mières.

Comment ?

Bien, main­te­nant que nous sommes d’ac­cord sur l’in­té­rêt de la manœuvre, voyons comment procé­der afin de pouvoir en tirer tous les béné­fices.

Mix in car

Qui dit écoute dans un lieu autre que votre home studio, dit forcé­ment export de votre mix en fichier stéréo, puis trans­fert sur un support compa­tible (CD, clé USB, etc.) avec le ou les systèmes de diffu­sion que vous comp­tez employer. Inutile de vous dire que les formats compres­sant les données sont à pros­crire. MP3 & co sont hors-jeu, WAV ou équi­valent Loss­less sont de mises. Si la conver­sion en fichier stéréo implique une réduc­tion de réso­lu­tion audio à cause des limi­ta­tions intrin­sèques aux moyens de diffu­sion envi­sa­gés, par exemple le passage du 24-bit/48 kHz au clas­sique 16-bit/44.1 kHz pour la gravure sur CD, veillez bien à acti­ver le dithe­ring sous peine de vous retrou­ver avec des arté­facts audio du plus mauvais effet en sortie.

Outre la ques­tion du format de fichier, cet export néces­site égale­ment la réso­lu­tion d’une autre problé­ma­tique liée comme toujours au volume sonore réel­le­ment perçu. En effet, il est quasi­ment certain que la majo­rité des morceaux que vous avez l’ha­bi­tude d’écou­ter sur votre système de prédi­lec­tion soient passés par la case maste­ring, alors que ce n’est bien évidem­ment pas encore le cas de votre mix en cours de travail…

Pour remé­dier à cela, il y a deux écoles. La première prône une méthode consis­tant à effec­tuer un « mini-maste­ring maison à la va-vite » histoire de mettre votre titre à niveau par rapport à « la compé­ti­tion ». Même s’il m’ar­rive parfois d’uti­li­ser cette tech­nique lorsque je dois envoyer un mix pour évalua­tion par un client pas très au fait de ces consi­dé­ra­tions, je ne vous la recom­mande pas dans votre cas. Pourquoi donc ? Eh bien tout d’abord parce que vous faites juste­ment partie des personnes plei­ne­ment conscientes du phéno­mène psychoa­cous­tique dont il est ici ques­tion, ce qui devrait vous prému­nir tant bien que mal de ces méfaits. Ensuite, parce que sépa­rer les problèmes prove­nant réel­le­ment de votre mixage de ceux engen­drés par un maste­ring réalisé à la sauvette n’est pas une mince affaire. Bref, cela me semble contre­pro­duc­tif au possible.

L’autre école, que je préfère de très loin car beau­coup plus fidèle au travail de mixage à mon sens, se résume ainsi :

  • Véri­fiez à quel niveau tape la plus haute crête de votre morceau ;
  • Ajus­tez alors tempo­rai­re­ment le gain de votre bus Master de façon à ce que la plus haute crête atteigne –1 dB True Peak ;
  • Faites votre export ;
  • Pensez à remettre le fader de votre bus Master à zéro ;
  • Impor­tez l’ex­port dans un nouveau projet de votre STAN et analy­sez la sensa­tion de volume perçu ;
  • Prenez un ou plusieurs de vos morceaux de réfé­rence que vous avez utili­sés lors de votre session d’écoute compa­ra­tive A/B et ajus­tez les niveaux de façon à ce que le volume perçu soit sensi­ble­ment iden­tique à celui de votre export ;
  • Expor­tez alors le ou les titres de réfé­rence ainsi modi­fié(s) et placez-le(s) sur le même support que votre mix (CD, clé USB, ou autre) afin de pouvoir faire une écoute compa­ra­tive en exté­rieur dans des condi­tions décentes.

Un dernier conseil pour finir. Mes sessions d’écoute compa­ra­tive en exté­rieur commencent systé­ma­tique­ment par ce que ma dulci­née a judi­cieu­se­ment baptisé un « lavage d’oreille », c’est-à-dire que j’écoute en premier lieu l’un des morceaux de réfé­rence histoire de « réini­tia­li­ser » mes esgourdes avec un mix dont je suis sûr, puis je passe ensuite au fruit de mon travail. Procé­der ainsi me semble la chose la plus logique à faire, mais j’ai parmi mes connais­sances proches des ingé­nieurs du son que je respecte au plus haut point et pour qui cette façon de faire ne convient abso­lu­ment pas… Allez comprendre ! Bref, je vous laisse jusqu’à la semaine prochaine pour expé­ri­men­ter tout ça, car dans le prochain épisode, nous abor­de­rons une toute autre tech­nique d’écoute critique en milieu exté­rieur dont vous me direz certai­ne­ment des nouvelles !

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