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Behringer B-Control Fader BCF2000
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Test de la BCF 2000 de Behringer

Test écrit
5 réactions
Behringer prend le contrôle

En créant une surface de contrôle motorisée à prix plancher, le pari de Behringer était clair : apporter à tout home-studiste un contrôle interactif et convivial de son studio virtuel. Mission accomplie ? Verdict après plusieurs mois d'utilisation.


Alors que nos studios se sont virtua­li­sés et complexi­fiés, est appa­rue une demande de plus en plus pres­sante : comment s’af­fran­chir de la souris et retrou­ver des sensa­tions tactiles plus proches de nos bonnes vieilles tables de mixage ou de nos synthés hard­ware ? Mani­pu­ler du virtuel pour en sortir le son qui tue s’avère rapi­de­ment impos­sible avec une souris puisqu’il faut souvent tritu­rer plusieurs para­mètres en même temps. De même, il est diffi­cile de faire un fade-in en mani­pu­lant un fader virtuel à la souris.

Behringer BCF2000

On voit donc appa­raître depuis plusieurs années une myriade de surfaces de contrôle capables de pilo­ter à distance nos logi­ciels en trans­met­tant des messages MIDI déclen­chés par de véri­tables commandes physiques. Le problème prin­ci­pal de ces appa­reils demeure le manque de retour visuel. Même si elles permettent effec­ti­ve­ment de pilo­ter faders et potards virtuels, si vous rejouez votre morceau avec des auto­ma­tions, les organes de votre télé­com­mande restent déses­pé­ré­ment immo­biles.

Ce type de produit offre géné­ra­le­ment 8 faders qui vont pilo­ter les voies de votre mixeur virtuel par groupes de 8. Une fois les volumes d’un groupe modi­fiés, si vous passez au groupe suivant, la posi­tion des faders maté­riels ne corres­pond plus à celle des faders virtuels ! Même souci avec les rota­tifs quand ils sont à butée : vous réglez un pano­ra­mique complè­te­ment à droite en tour­nant un poten­tio­mètre au maxi­mum ; vous chan­gez de banque pour apliquer le même réglage à un autre rota­tif virtuel ; vous ne pouvez plus tour­ner le poten­tio­mètre puisqu’il est déjà en fin de course !

Certains fabri­cants ont résolu ces problèmes en propo­sant des télé­com­mandes équi­pées de faders moto­ri­sés qui se replacent auto­ma­tique­ment en fonc­tion des faders virtuels à l’écran, et d’en­co­deurs sans fin qui offrent une couronne de LED affi­chant la posi­tion virtuelle du rota­tif. Cette fois, le problème est d’ordre finan­cier. Ce type de contrô­leur reste hors de portée du home-studiste qui recherche un peu de confort sans vouloir y lais­ser sa paie.

C’est là que Behrin­ger entre en jeu en propo­sant cette BCF 2000. Faders moto­ri­sés et V-Pots pour moins de 300 euros. On peut alors se deman­der comment la marque a pu faire pour divi­ser par 5 le prix d’une Mackie Control. Qualité ? Fiabi­lité ? Résis­tance dans le temps ? C’est ce que nous allons voir.

Prise de contact

Bien embal­lée, la BCF est livrée avec tous ses câbles et un manuel papier. Moitié métal, moitié plas­tique, 30 cm de côté et 10 de haut, poids total 2,6 kilos : elle restera discrète et tien­dra bien en place.
La BCF2000 de Behringer : une surface de contrôle motorisée à moins de 300 euros

J’es­saie aussi­tôt à vide les faders, les enco­deurs et les boutons et je tapotte genti­ment le boitier : rien à signa­ler, aucun jeu, frot­te­ment de fader, ni bruit parti­cu­lier, tout est très bien aligné, c’est du costaud.

A l’ar­rière le bouton de mise sous tension est bien placé et d’ex­cel­lente qualité. Si l’on compare à d’autres appa­reils dans cette gamme de prix, la BCF ne fait défi­ni­ti­ve­ment pas jouet. Elle est très bien assem­blée et l’agen­ce­ment des diffé­rents organes est opti­mal : même les gros doigts seront à l’aise. Seule la couleur, bleu et anthra­cite, pourra en rebu­ter certains. Person­nel­le­ment je trouve l’ap­pa­reil plutôt sobre et élégant, la séri­gra­phie blanche restant lisible même si l’on travaille dans l’obs­cu­rité. Bref, à la sortie de la boîte, cette télé­com­mande fait bonne impres­sion et donne envie de la bran­cher. Voyons donc les commandes dispo­nibles.

La BCF présente, à la manière d’une console de mixage, huit tranches avec chacune un fader moto­risé, deux boutons et un enco­deur sans fin avec sa couronne de 15 LED. On peut de plus appuyer dessus comme sur des boutons. Ils ont donc deux fonc­tions. Dans la partie droite on trouve 14 boutons, tous équi­pés d’un témoin lumi­neux. Tout en haut, un affi­cheur LED (4 carac­tères) et les clas­siques diodes d’ac­ti­vité/contrôle MIDI/USB. Derrière, une prise USB, trois prises MIDI (in, outA et outB/thru), une prise d’ali­men­ta­tion et deux connec­teurs pour foots­witch et pédale d’ex­pres­sion. Il ne manque qu’une seule chose : un affi­cheur LCD pour renvoyer les infor­ma­tions en prove­nance de ce que vous pilo­tez, comme on en trouve sur les Mackie Control ou Command 8.

On branche, on upda­te…

La BCF peut être utili­sée via une connexion USB ou MIDI clas­sique. On utili­sera en prin­cipe l’USB pour une utili­sa­tion infor­ma­tique et le MIDI pour une utili­sa­tion avec des appa­reils hard­ware (synthé­ti­seurs, racks d’ef­fets). Rien n’est obli­ga­toire mais, avec ses faders, la BCF se destine plutôt à une utili­sa­tion infor­ma­tique pour pilo­ter un séquen­ceur virtuel type Cubase. Pour pilo­ter du hard­ware, sa cousine BCR 2000 (une BCF dont on a remplacé les faders par 24 enco­deurs sans fin) sera plus adap­tée, avec une connexion MIDI.
Vue arrière de la BCF2000 de Behringer

De plus, l’USB permet d’uti­li­ser les ports MIDI de la BCF comme une inter­face clas­sique (une entrée, deux sorties). Enfin, l’USB permet de chaî­ner plusieurs BCF en n’oc­cu­pant qu’un port USB, afin de béné­fi­cier de 16, 24 ou même 32 faders moto­ri­sés. L’ap­pa­reil dispose de 7 modes de fonc­tion­ne­ment sélec­tion­nables et para­mé­trables qui devraient répondre à tous les contextes d’uti­li­sa­tion : 4 modes USB et 3 modes stand-alone (MIDI).

L’ins­tal­la­tion est enfan­tine. En USB, on branche puis on allume la BCF qui est alors détec­tée et instal­lée. Sur Mac, cette opéra­tion est suffi­sante pour permettre une utili­sa­tion normale. Sur PC sous Windows XP/2000, il est recom­mandé d’ins­tal­ler le driver Behrin­ger qui a la parti­cu­la­rité d’être multi­client, pour permettre d’en­voyer/rece­voir des données MIDI entre la BCF et plusieurs logi­ciels à la fois ou d’uti­li­ser plusieurs BCF qui seront ensuite diffé­ren­ciées maté­riel­le­ment par le système.

Utilitaire permettant de mettre à jour le firmware de la Behringer BCF2000

A l’al­lu­mage, la version du firm­ware (système d’ex­ploi­ta­tion) de la BCF appa­raît quelques secondes dans l’af­fi­cheur LED. Il est souhai­table de le mettre à jour afin de béné­fi­cier d’amé­lio­ra­tions et de réso­lu­tions de bugs. Cet update n’est en fait ni plus ni moins qu’un fichier SysEx que l’on va envoyer dans la machine. Il suffit de télé­char­ger la dernière version dispo­nible et de suivre la procé­dure expliquée dans le PDF l’ac­com­pa­gnant. Un petit soft utili­taire est même proposé. Je lui préfère person­nel­le­ment le logi­ciel SendSX (gratuit), plus fiable et para­mé­trable à loisir.

Même si ces procé­dures fonc­tionnent bien et que l’ins­tal­la­tion et la mise à jour prennent tout au plus 10 minutes, il faut nuan­cer. En effet, la docu­men­ta­tion papier ne parle pas de l’ins­tal­la­tion de l’ap­pa­reil. L’uti­li­sa­teur débu­tant (qui reste la cible privi­lé­giée de ce type de produit) n’est pas supposé savoir que la BCF contient un micro­con­trô­leur et un système d’ex­ploi­ta­tion. Il risque d’être complè­te­ment perdu. Et s’il ne possède pas de connexion inter­net et ne parle pas anglais, il lui sera impos­sible de s’en sortir. Les docu­ments dispo­nibles sur le site Behrin­ger sont très complets et très bien faits, tout comme la page dédiée à la BCF, mais le construc­teur devrait les inclure dans la docu­men­ta­tion papier multi­langue à desti­na­tion des débu­tants non-connec­tés.

Télé­com­mande MIDI géné­rique

Le mode par défaut est un mode télé­com­mande MIDI « de base ». Les organes de l’ap­pa­reil sont para­mé­trés pour envoyer des messages stan­dards qui seront ensuite inter­pré­tés par l’es­clave. Le para­mé­trage côté BCF peut se faire de plusieurs façons : soit en utili­sant les enco­deurs en mode Edit pour para­mé­trer indi­vi­duel­le­ment chaque commande, soit en utili­sant le mode Learn qui permet à l’ap­pa­reil d’ap­prendre auto­ma­tique­ment un message MIDI prove­nant de l’es­clave puis de le conser­ver. Cette fonc­tion permet­tra de gagner du temps.

On peut égale­ment travailler dans l’autre sens une fois la BCF program­mée, en utili­sant la fonc­tion Learn de l’es­clave quand il la propose. Pour pilo­ter un séquen­ceur virtuel, une fois la BCF para­mé­trée, il faudra créer un script de télé­com­mande géné­rique qui permet­tra au séquen­ceur de commu­niquer avec la BCF. Ce para­mé­trage dépend évidem­ment du logi­ciel qu’il faudra tout de même bien maîtri­ser. La BCF peut trans­mettre 94 messages pour chacune des 32 mémoires que l’on peut sauve­gar­der puis choi­sir grâce aux boutons PRESETS. On arrive donc à envi­ron 3000 messages MIDI.

Bien sûr, l’in­té­rêt des mémoires va au-delà. Elles permet­tront en parti­cu­lier de créer des patchs dédiés à un logi­ciel unique ou à une section donnée du séquen­ceur. Les messages MIDI trans­mis vont du simple message CC/PC au NRPN (permet­tant 16 384 valeurs en 14 bits) en passant par les messages MMC, Note et SysEx. Tout est possible.

On peut aussi modi­fier le compor­te­ment des commandes physiques. Pour n’en citer que quelques-unes : mode d’af­fi­chage des couronnes de LED, fonc­tion­ne­ment des faders (auto­ma­ti­sés ou non), accé­lé­ra­tion des enco­deurs, fonc­tion­ne­ment des boutons (toggle, swit­ch…). A chaque fois l’écran LED affiche assez clai­re­ment les réglages en cours. S’il serait labo­rieux de tout vous présen­ter, les possi­bi­li­tés, vous l’au­rez compris, sont énormes. J’ai même décou­vert des fonc­tions complè­te­ment incon­nues de toute docu­men­ta­tion !

L'éditeur graphique de la BCF2000 de Behringer

Le stan­dard MIDI étant rela­ti­ve­ment complexe, la program­ma­tion de la BCF peut prendre beau­coup de temps. Heureu­se­ment de ce côté-là, la docu­men­ta­tion est rela­ti­ve­ment complète et surtout, Behrin­ger a mis à dispo­si­tion un éditeur graphique (malheu­reu­se­ment en version beta depuis sa sortie et certains para­mètres ne sont pas program­mables en l’état) permet­tant une program­ma­tion plus convi­viale.

La BCF permet égale­ment de sauve­gar­der et char­ger les presets sous forme de fichiers SysEx. On peut alors se conten­ter des presets précon­fi­gu­rés (pour les logi­ciels les plus courants) que Behrin­ger et certains utili­sa­teurs ont genti­ment mis à dispo­si­tion sur le net. Une comm­nu­nauté d’uti­li­sa­teurs s’est d’ailleurs créée et il y a fort à parier que l’on trou­vera des dizaines de presets sur Inter­net d’ici quelques temps.

Enfin, si vous vous sentez l’âme d’un infor­ma­ti­cien, vous pour­rez ouvrir l’un de ces fichiers presets dans un éditeur hexa­dé­ci­mal pour le modi­fier plus en profon­deur. C’est d’ailleurs dans ce contexte que les capa­ci­tés cachées de la machine vous saute­ront aux yeux. Vive­ment un éditeur graphique plus à jour !

Ouh, la copieuse !

Depuis la version 1.06 de l’OS, la BCF est capable de causer le HUI, proto­cole MIDI spécia­lisé mis au point par Mackie et implanté dans presque tous les séquen­ceurs du marché afin qu’ils puissent être pilo­tés direc­te­ment par une télé­com­mande de la marque. L’in­ter­ac­tion logi­ciel/appa­reil est alors totale car le support est natif (la télé­com­mande tient compte des fonc­tions du logi­ciel et inver­se­ment). Vous me voyez venir ? La BCF est capable d’ému­ler une télé­com­mande Mackie et fera croire à votre séquen­ceur qu’il parle à la vraie ! L’avan­tage ? La télé­com­mande et l’es­clave parlent exac­te­ment la même langue. Donc, pas de para­mé­trage ni de program­ma­tion quelle qu’elle soit !

De plus, dès que le séquen­ceur lance une nouvelle infor­ma­tion (créa­tion d’un nouvelle piste virtuelle, ouver­ture d’un plugin, d’un VST-i…), la BCF se met à jour et s’adapte auto­ma­tique­ment et en temps réel sans que vous ayez besoin d’édi­ter un script de télé­com­mande dans votre séquen­ceur. Cette amélio­ra­tion de l’OS de la BCF est une véri­table aubaine puisqu’elle permet d’être opéra­tion­nel en quelques minutes. Les émula­tions propo­sées concernent la Mackie Control pour Cubase/Nuendo et Sonar, la Logic Control pour Logic (logique !) et la Baby HUI pour Pro-Tools et d’autres logi­ciels. Pour y accé­der, on allume la machine en appuyant sur un bouton précis et la BCF passe dans le mode choisi. Dans ce contexte, rien ne peut être édité. En revanche, tous les boutons sont assi­gnés à des fonc­tions et un système de double « shift » permet d’ac­cé­der à trois fonc­tions par commande.

L'absence d'écran sur la BCF2000 de Behringer a été compensée par un émulateur de LCD logiciel.

Là, j’en vois deux au fond qui ricanent et me disent « oui, mais sur les vrais modèles il y a un affi­cheur LCD, alors que sur la BCF y en a pas ». C’est vrai. Mais Behrin­ger a pensé à tout et nous four­nit un émula­teur de LCD logi­ciel à la manière de Tascam pour sa FW 1884 qui en est aussi dépour­vue. Ce dernier se place sur votre écran d’or­di­na­teur et se comporte exac­te­ment comme le LCD de l’ap­pa­reil émulé. Merci qui ?

Là encore, malheu­reu­se­ment, rien à ce propos dans la docu­men­ta­tion.. Impres­sion­nés par l’ap­pa­rente complexité de l’ap­pa­reil, ne sachant pas que ces émula­tions existent, beau­coup d’uti­li­sa­teurs aban­donnent. On aurait aimé être prévenu de cette possi­bi­lité. Dommage.

A l’usage

Commençons par parler de ce qui consti­tue l’in­ter­ro­ga­tion majeure face à un produit de cette classe pour une si petite somme : sa qualité géné­rale. En cela, le présent banc d’es­sai est un peu spécial car après avoir testé la BCF pendant trois mois cet été, je me la suis offerte. Il y a donc un an (bien tassé) que j’uti­lise cet appa­reil quasi quoti­dien­ne­ment.

Jusqu’à main­te­nant, aucun compo­sant n’a montré de signe de faiblesse, pas même les enco­deurs qui pour­raient sembler fragiles. Les faders moto­ri­sés n’ont rien à envier à ceux présents sur des machines 3 ou 4 fois plus chères. De type ALPS, ils sont rela­ti­ve­ment silen­cieux dans un contexte de home-studio (et peuvent être désac­ti­vés si besoin), excep­tion faite du petit clac qu’ils produisent lorsqu’ils atteignent leur butée. Leur temps de réponse et leur cali­brage sont excel­lents. Ils n’ont toujours pas montré le moindre signe de fatigue, eux non plus.

Comment utili­ser la BCF 2000 en mode Mackie Control dans Cubase

Tout est dans le titre ! Si vous voulez béné­fi­cier des avan­tages du Mackie Control implé­menté dans Cubase SX 1/2/3, voici plusieurs docu­ments PDF qui détaillent le para­mé­trage complet de la BCF 2000 et du célèbre séquen­ceur de Stein­berg.

Télé­char­ger le fichier ZIP

(A décom­pac­ter avec Winzip ou équi­valent
et à consul­ter avec Adobe Acro­bat Reader)

Pour discu­ter de tout cela, vous pouvez aussi vous rendre sur ce forum.

Bref, cet appa­reil est fiable dans le cadre d’une utili­sa­tion normale. Et à ce prix, une fois passée la garan­tie, il sera plus écono­mique de le chan­ger que de le répa­rer car il sera large­ment amorti ! Reste à savoir comment il se compor­tera dans un contexte live (où on lui préfè­rera la BCR 2000) mais à moins d’être une brute et de marty­ri­ser l’ap­pa­reil, il ne devrait y avoir aucun souci.

J’uti­lise la BCF avec cubase SX 3 (version 3.1, mais aussi avec la verion 2, avant, et sans aucun problème) en mode d’ému­la­tion Mackie Control, et mixer avec cette machine est un vrai bonheur.

J’ai pu égale­ment l’es­sayer avec Logic Audio 5.5 sur PC et avec Sonar 4. L’ému­la­tion la plus abou­tie est sans conteste la Logic Control mais la machine origi­nale a été conçue pour Logic spéci­fique­ment et par des gens de chez Emagic (à l’époque) en parte­na­riat avec Mackie. Etant donné que les émula­tions suivent scru­pu­leu­se­ment le proto­cole Mackie et l’im­plé­men­ta­tion dans chaque appli­ca­tion, les quelques problèmes que l’on peut trou­ver viennent en fait de l’ap­pli­ca­tion et pas du tout de la BCF.

Je regret­te­rai simple­ment qu’en mode MC pour Cubase la fonc­tion push des enco­deurs n’en­voie aucun message MIDI. Toujours est-il que, quel que soit le logi­ciel utilisé, on se surprend presque à lacher la souris puisque toutes les fonc­tions liées au mixage sont prises en charge depuis la machine : commandes de trans­port, para­mètres EQ, sends, inserts, bref, tout ! Avec en prime les fonc­tions propres à la machine origi­nale : flip de faders, désac­ti­va­tion des moteurs, affi­chage des pages, commandes libre­ment assi­gnables. Les couronnes de LED et autres diodes s’avèrent très pratiques et surtout pas gadget, malgré le fait que sur les 15 LED, seules 11 sont utili­sées dans les émula­tions (mais la Mackie origi­nale n’a que 11 LED !). En tous cas, sur mon bureau le soir, ça fait toujours son petit effet. Pour finir, l’ému­la­teur de LCD apporte la touche finale à l’en­semble pour appro­cher le sans faute.

Petit adden­dum

Après quelques tests dans Cubase SX 3, il appa­raît qu’en fait tous les boutons de la BCF 2000, ainsi que le push des enco­deurs, envoient des messages MIDI Note ON tout simples. En utili­sant le péri­phé­rique géné­rique, programmé en fonc­tion de cette carac­té­ris­tique, en paral­lèle du péri­phé­rique Mackie Control, on peut pilo­ter des fonc­tions qui ne le sont norma­le­ment pas (ouver­ture/ferme­ture des fenêtres de plugins d’ef­fet, bypass….). Stein­berg vient égala­ment de rendre dispo­nible un SDK (kit de déve­lop­pe­ment logi­ciel) : ce dernier permet aux fabri­cants de contrô­leurs de créer de toutes pièces un script pour que Cubase/Nuendo puisse gérer n’im­porte quel contrô­leur en natif. or, j’ai appris récem­ment que Behrin­ger est en train de travailler sur un tel plugin. Pas plus d’info, mais c’est une bonne nouvelle.

En mode natif BCF, la program­ma­tion et le para­mé­trage sont d’une faci­lité enfan­tine. On appuie sur un bouton, on tourne les enco­deurs, on enre­gistre les chan­ge­ments et c’est terminé. Le seul problème que l’on peut rencon­trer est lié à la quan­tité d’in­for­ma­tions à ingur­gi­ter, digé­rer et rete­nir. Mais, de ce côté-ci, le manuel est irré­pro­chable, nous propo­sant des tableaux multiples, accom­pa­gnés d’ex­pli­ca­tions détaillées et très claires. On peut aussi fabriquer des gaba­rits que l’on posera sur l’ap­pa­reil.

Je n’ai eu aucun souci de décro­chage MIDI. Le temps de réac­tion de la machine depuis le séquen­ceur ou le VST-i est presque imper­cep­tible. Lors des chan­ge­ments de groupes de tranches ou de presets, le place­ment des fadeurs est instan­tané (à peine 1/10 de seconde). On peut donc mixer dans de très bonnes condi­tions. En revanche, la BCF 2000 ne semble pas vrai­ment destiné à un travail d’édi­tion poussé, et on devra utili­ser la souris pour les opéra­tions de base (encore qu’avec de l’or­ga­ni­sa­tion, il est tout-à-fait possible de tout gérer). Signa­lons pour termi­ner qu’en cas de problème le support en ligne Behrin­ger est à l’écoute.

Mission accom­plie !

Behrin­ger ne s’était jusqu’alors jamais attaqué au monde de la MAO et de l’in­for­ma­tique. Et c’est par la grande porte qu’ils entrent chez le home-studiste amateur en propo­sant cet outil vrai­ment atta­chant. Dans cette gamme de prix, la BCF 2000 est sans aucun doute la meilleure surface de commande moto­ri­sée puisque c’est aussi la seule.

Contrai­re­ment à ce que l’on pour­rait penser, hormis un manuel qui passe trop d’élé­ments sous silence, il s’agit d’une machine de qualité qui offre un rapport prix/possi­bi­li­tés vrai­ment attrayant. Les « flying faders » et les V-Pots sont un vrai plus par rapport à la concur­rence qui devrait sérieu­se­ment se réveiller, car cette BCF 2000, comme diraient les anglais, va « s’en­vo­ler des rayons ». Les mauvaises langues peuvent donc se taire. Ce produit est un bon produit qui remplit parfai­te­ment son rôle et qui sait même faire un peu plus ;o)

 

[+] Qualité de fabri­ca­tion plus qu’ho­no­rable en regard du tarif pratiqué.
[+] Simpli­ci­cité de program­ma­tion.
[+] Emula­tion Mackie. Emula­teur LCD.
[+] Prix.

[-] le manuel un peu léger.
[-] Pas de LCD ni de «  touch sensor  » (mais à ce prix-là…).
[-] Obli­ga­tion d’être connecté au net pour avoir accès à toutes les ressources.
[-] Pour le reste, ben je cherche encore.

 

Points forts
  • Qualité de fabrication plus qu'honorable en regard du tarif pratiqué.
  • Simplicicité de programmation.
  • Emulation Mackie. Emulateur LCD.
  • Prix.
Points faibles
  • le manuel un peu léger.
  • Pas de LCD ni de " touch sensor " (mais à ce prix-là…).
  • Obligation d'être connecté au net pour avoir accès à toutes les ressources.
  • Pour le reste, ben je cherche encore.

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