Fxpansion BFD Eco
+
Fxpansion BFD Eco

BFD Eco, Batterie virtuelle de la marque Fxpansion appartenant à la série BFD.

  • Augmenter ou diminuer la taille du texte
  • Imprimer

Test du Fxpansion BFD Eco

Test OK pour Eco
  • J'aime
  • Tweet
  • +1
  • Pin it
  • Mail

Afin de contrer Toontrack et leur EZdrummer sur le marché des batteries virtuelles d’entrée de gamme, FXpansion lance une version «Eco» de leur fameux BFD.

Lorsque EZdrummer fut annoncé début 2006, beaucoup de home studistes se jetèrent dessus pour diverses raisons : le logiciel proposait pour une somme modique une batterie virtuelle aux possibilités certes limitées mais d’une efficacité redoutable et facile d’utilisation. Les plus grosses batteries virtuelles comme BFD ou DFH Superior étant souvent des usines à gaz requérant quelques connaissances dans le domaine du mixage, les logiciels plus simples furent un bol d’air pour tous les musiciens désireux d’avoir une batterie virtuelle «plug and play».

 

FXpansion se devait donc de réagir, avec un peu de retard certes, et sortir une version allégée et moins onéreuse de BFD. Le logiciel présenté ici reprend le moteur de BFD 2 (testé sur AudioFanzine) ainsi qu’une partie de ses samples, des effets et traitements, le tout encapsulé dans une interface se voulant conviviale et accessible.

 

Pour 109€HT, BFD Eco tient-il ses promesses ?

 

Installation et interface

 

L’installation du logiciel se fait sans encombre, pour occuper au final 4,3 Go d’espace sur votre disque dur pour la version complète comprenant tous les échantillons sonores et tous les grooves MIDI, BFD Eco s’activera ensuite via le net en quelques secondes. Le logiciel existe en deux versions : une stand alone afin de l’utiliser seul, et une version plugin (compatible VST/AU/RTAS) afin de lancer BFD Eco directement dans votre séquenceur. Alors on clique sur la petite icône, et au bout de quelques secondes, l’interface de BFD Eco pointe le bout de ses pixels...

 

L’interface est scindée en deux, avec en bas le mixeur et en haut trois pages : une pour choisir son kit de batterie, une pour régler les effets et d’autres réglages, et enfin une troisième pour choisir les grooves.

 

Le mixeur présente 17 voies : 12 pour chaque élément du kit de batterie (grosse caisse, caisse claire, charley, les trois toms, les trois cymbales et les trois éléments de percussion.), les voies stéréo d’overhead et de room, les deux voies d'auxiliaire et enfin le master. Chaque tranche virtuelle possède les classiques boutons solo et mute, un réglage de panoramique et la possibilité de rediriger le signal sortant vers les voies master ou auxiliaire. Lorsque la page «channel» est activée, on accède à des réglages supplémentaires pour chaque tranche : «tune» pour pitcher l’élément, «dyn» pour régler sa dynamique, «damp» pour étouffer le son, les deux envois auxiliaires et le dosage de l’élément dans les Overheads et la Room. Certains éléments possèdent même un réglage spécifique : la caisse claire a un potard bottom/top pour avoir plus ou moins de peau/timbre grâce aux micros situés au-dessus et en dessous, la grosse claire a un réglage in/out pour mixer les micros situés dans la grosse caisse près de la batte et hors de la grosse caisse à la sortie de l’évent. Il sera même possible de resserrer le charley ! On a donc accès à pas mal de réglages, ce qui permettra de peaufiner les sons à son goût, et l’interface reste tout de même lisible et accessible, un très bon point.

 

Chaque voie possède un égaliseur 4 bandes paramétriques doté d’un potard de mix et d’une série de presets. Il sera bien évidemment possible de sauver et charger ses propres réglages. Le logiciel met aussi à disposition deux inserts afin de placer l’un des 15 traitements disponibles : un gain, un égaliseur, deux compresseurs à modélisation DCAM, un délai, un filtre, un flanger, un filtre résonnant avec modulation et drive, une saturation, un bitcrusher, un ring modulator, deux réverbes, un noise gate et enfin une enveloppe. Tout comme l’égaliseur, on pourra sauver, charger des presets et doser le traitement via le potard de mix.

 

Au niveau des contrôles généraux, on dispose de 6 potards tout en bas de l’interface : un volume, un bleed pour ajuster la repisse des éléments dans les micros Kick in de la grosse caisse et le micro situé sous la caisse claire, un autre pour régler la dynamique générale de la batterie, un humanizer afin de rendre le jeu moins robotique, un tune pour pitcher les éléments et enfin un potard dénommé V2A permettant de régler l’amplitude des sons en fonction de la vélocité des notes MIDI entrantes. Un réglage à 0% permet d’avoir la véritable dynamique de l’instrument tandis qu’un réglage à 100% permet d’avoir une amplitude plus linéaire.

 

Pour finir, on retrouve un bouton pour le MIDI Learn, un play/stop/retour au début, un réglage du tempo et de la signature rythmique ainsi qu’un indicateur d’occupation mémoire.

 

Passons maintenant au kit de batterie.

 

Kit

Lorsque l’on clique sur la page «kit», on se retrouve face à un visuel représentant le kit de batterie, à la manière d’un EZdrummer. On peut cliquer directement sur les éléments afin de lancer les sons. À part ça, la page ne sert pas à grand-chose, vu qu’il faudra double cliquer sur les petites icônes représentant les éléments dans le mixeur pour choisir ses pièces. Ainsi, on pourra sélectionner l’une des cinq grosses caisses disponibles (DW, Gretsch, Ludwig, Pearl et Pork Pie), les 6 caisses claires (Bleifuss, DW Maple Shell Collector Series, Ludwig 400 Supraphonic, Ludwig Black Beauty, Pearl Masterworks picollo et Slingerland Snare), les trois charleys (Paiste Sound Edge, Zildjian 15K Custom Dark et Zildjian 15 Z Custom Mastersound), les cinq toms basse (DW, Ludwig Black Oyster, Ludwig Vistalite 1 et 2 et Pearl Masterwork), les trois mediums (deux DW, un Ludwig Vistalite et un Pearl Masterwork) et les trois toms aigus (DW, Ludwig et Pearl). Parmi les cymbales, on retrouve quatre crash (Paiste et Zildjian), quatre rides (Zildjian), une Splash Sabian HH et une Chinese Wuhan 12. Côté percussions, on a deux Jam Blocks (un bleu et un rouge), une cabasa, une cloche, des clappements de main, et un tambourin. Un kit de batterie permettra de charger simultanément : une grosse caisse, une caisse claire, un charley, trois toms, trois cymbales et trois percussions.

 

Le kit est donc assez complet, surtout pour une batterie virtuelle d’entrée de gamme. Si malgré tout il vous manque des choses, vous pourrez toujours piocher parmi les banques additionnelles de FXpansion qui restent compatibles avec BFD Eco.

 

Le gros point fort de l’interface permettant de choisir ses éléments est le classement par attribut. Il sera ainsi possible de filtrer et classer les éléments par genre (tom, cymbale...), par nombre d’articulations, par note (nombre d’étoiles que vous pourrez attribuer, un peu à la manière d’iTunes), par nom, par constructeur ou par taille (en Mo). On pourra aussi visualiser les éléments par liste ou par icônes (plus ou moins grosses).

En faisant un tour vers les options générales, on pourra changer de place le répertoire comprenant les sons (pratique pour les mettre sur un disque dur plus gros), changer la keymap avec des presets adaptés à pas mal de batteries électroniques et de contrôleurs MIDI (Yamaha DTXtreme, Roland TD-20 et 6, Korg Nanopad, Alesis DM5, AKai MPD24...) ou carrément faire une keymap totalement personnalisée, activer l’option «antimitraillette» pour que les coups répétés sonnent plus naturels, ou encore changer la panoramique de la batterie (du point du batteur ou de l’auditeur).

 

En haut à droite de l’interface graphique, on retrouve le navigateur de presets, regroupant les presets de kits, de mixeur (les effets, le routing...), de grooves et de key maps. On pourra bien évidemment sauver ses propres réglages afin de les charger plus tard. BFD Eco intègre pas mal de presets d’usine intéressants (40), et couvrant bon nombre de styles musicaux.

 

Passons maintenant à la page grooves...

 

Let’s groove tonight !

La page grooves dispose de cinq fenêtres pouvant chacune devenir un filtre par attribut. On peut ainsi assigner à la première fenêtre l’attribut genre, bibliothèque (celle d’origine ou une additionnelle), BPM, auteur, signature rythmique ou encore fill (faisant la distinction entre les grooves et les breaks). Si avec tout ça, vous ne trouvez toujours pas votre bonheur, vous pourrez toujours utiliser le moteur de recherche intégré qui fouille dans les noms de fichiers très évocateurs (Shuffle 4 Ride 2 Crash...). Apparait alors dans la grande fenêtre de droite la liste des grooves correspondant à votre recherche. On pourra les classer par BPM, signature rythmique ou nombre de mesures et les pré-écouter d’un clic de souris. Tout cela nous semble vraiment très complet, et l’on retrouve rapidement ses petits parmi la grosse banque de grooves (1500 patterns, tout de même).

 

 

En ce qui concerne la lecture des grooves, trois modes s’opposent : le mode single permettant de lancer un groove en synchro avec le séquenceur hôte et le mode track. Ce dernier fait apparaître une piste de batterie où vous pourrez disposer les différents grooves composant votre morceau, à la manière de ce qu’on peut faire dans un séquenceur. Vous pourrez aussi glisser déposer les grooves (qui sont en fait des fichiers MIDI) directement sur une piste MIDI de votre séquenceur, ce qui est notre méthode préférée. Si vous décidez malgré tout de composer votre piste de batterie directement dans BFD Eco, vous pourrez exporter le tout en fichier .wav stéréo pour ensuite l’importer dans votre séquenceur préféré.

 

 

On termine avec les quatre réglages permettant d’humaniser, ou pas, les grooves : le potard Quantize force les événements MIDI à se caler plus ou moins drastiquement sur les doubles croches, le potard Humanize Time permet d’ajouter un décalage temporel et aléatoire plus ou moins important à chaque note, le potard Simplify permet de simplifier les grooves en supprimant certains coups de baguette, par exemple certaines «ghost notes». Enfin, un potentiomètre «swing» permet de plus ou moins décaler les notes par rapport au temps, afin de jouer légèrement en arrière ou en avant du temps.

 

Nous avons donc un outil très complet, rien à redire du côté des grooves !

 

Voyons maintenant ce que donne BFD Eco à l’utilisation.

 

Sons et à l’utilisation

 

Nous avons utilisé BFD Eco conjointement à notre séquenceur Cubase en chargeant le plug-in VST. Dans le logiciel hôte, nous avons dû activer toutes les sorties pour avoir chaque élément directement dans le mixeur de Cubase, afin de mélanger les voies dans le séquenceur. Ainsi, nous disposons de trois voies mono (une pour la grosse caisse, une pour la caisse claire et une pour le charley) et sept voies stéréo (une pour les toms, les cymbales, les percussions, les overheads, la room et les deux auxiliaires).

 

Le logiciel se montre assez peu gourmand en mémoire vive, un kit entièrement chargé occupant environ 160 Mo et la consommation de ressource processeur engendrée par les effets est assez négligeable. Nous avons donc un logiciel plutôt «old computer friendly», ce qui est une très bonne nouvelle. Fxpansion recommande tout de même à l’utilisateur d’avoir au moins 1 Go de RAM, un Pentium 4 et un disque dur de 7200 tours/minute avec 5 Go de libre.

 

Niveau articulations, c’est assez complet avec pas moins de cinq coups différents pour la caisse claire (hit, sidestick, half-edge, rim et drag), onze pour le charley (fermé, quart ouvert, demi ouvert, trois quart ouvert, ouvert, avec le bout ou le manche de la baguette et le coup de pédale). Les cymbales ont trois articulations (normal, cloche et bord) et les percussions ont un coup alternatif. Certains pourront rechigner en disant qu’il manque certaines articulations, mais n’oublions pas que nous avons affaire ici à un logiciel coûtant une centaine d’euros. BFD Eco assure l’essentiel.

 

Concernant les couches de vélocité, certains éléments en proposent jusqu’à 24 (contre 96 pour BFD 2) pour chaque articulation, ce qui est assez raisonnable et ne nous a pas trop gênés. Pensez tout de même à activer le mode «antimitraillette» dans certains cas ! La résolution des fichiers audio est de 16 bit (contre 24 pour BFD 2), mais ils sont tous issus de la banque de BFD 2, ce qui assure une certaine qualité sonore que nous avons retrouvée à l’utilisation. Notons qu’aucun balai, mailloche ou fagot n’est disponible dans la banque originale, il faudra acquérir une banque additionnelle les proposant, et il en existe chez FXpansion. À noter que BFD Eco ne chargera au maximum que 24 couches de vélocité par élément en 16 bit, même si la banque additionnelle en propose plus.

 

Côté sons, la collection est assez coquette pour un logiciel de ce prix, et les kits couvrent déjà pas mal de styles musicaux, difficile de demander mieux à BFD Eco. Le fait de pouvoir utiliser les banques additionnelles de FXpansion comble les manques. La seule chose qui nous a vraiment gênée est le manque de couches de vélocité sur certains éléments, pouvant déclencher un effet mitraillette assez facilement si l’on ne fait pas attention. Il faudra alors faire un peu plus varier les vélocités des notes MIDI, et ajuster le potard «Humanize Velocity» pour plus de réalisme.

 

Il est aussi important de signaler que les grooves livrés avec le logiciel couvrent un large panel de styles musicaux : Blues (Slow Blues, Shuffle...), Country (Cowboy Cha Cha, Country Waltz...), Drum & Bass, Funk, Hip-Hop, Jazz (Post Bop, Mambo, Samba, Jump Swing, Bossa, Bongo, Ballad, Jazz Waltz...), Latin (Merengue, Cumbia, Calypso, Baion, Soca, Songo...), Metal, Pop, R&B, Reggae (Steppers, Dance Hall...), Rock (Punk, Hard Rock, Alternative...). De quoi ravir la majorité des musiciens !

 

Voici quelques exemples sonores réalisés avec les grooves, les samples et les effets de BFD Eco :

 

 

Funk
00:0000:17
  • Funk00:17
  • Dancehall00:17
  • Smokey Jazz00:38
  • Rnb00:17
  • Freeway00:34
  • Room Kit 100:34
  • Trash Metal00:30
  • Hip-hop00:19
  • Pork Pie00:18
  • Old Break00:18
  • DW00:20

 

Conclusion

 

Fxpansion réagit tardivement, mais qualitativement, à l’attaque donnée par son plus grand rival Toontrack sur le champ de bataille des batteries virtuelles d’entrée de gamme. BFD Eco est un logiciel plus complet que EZDrummer, avec ses effets intégrés, sa banque de sons plus touffue issue de BFD2, ses nombreux grooves MIDI et une compatibilité avec toutes les banques de sons additionnelles signés FXpansion. Pour un prix public de 109€HT, FXpansion frappe fort.

 

Points forts Points faibles
  • Banque de sons issue de BFD 2
  • 1500 grooves de qualité
  • 15 effets et un mixeur complet
  • 40 presets
  • Prix
  • Banque intégrée importante
  • Compatible avec les extensions FXpansion
  • Nombre de couches de vélocité parfois limité, pouvant engendrer un effet mitraillette
À propos de nos tests
Réagir à cet article
  • J'aime
  • Tweet
  • +1
  • Pin it
  • Mail