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Test de l'ATH-ANC3 d'Audio-Technica - Double isolation?

Pour les voyageurs désireux d’écouter leur musique favorite sans déranger ou être dérangé, l'utilisation d’un casque ordinaire n’offre pas toujours une isolation suffisante. C’est alors qu’apparut dans un premier temps les in-ears, des écouteurs s’introduisant directement dans l’orifice auditif, et isolant ainsi l’auditeur du reste du monde. Apparurent quelque temps plus tard les casques à annulation de bruits, munis d’un système électronique permettant de réduire les nuisances provenant de l’extérieur. Le casque proposé par Audio-Technica combine ces deux caractéristiques, mais cela est-il suffisant pour offrir l’isolation ultime ?

Pour les voya­geurs dési­reux d’écou­ter leur musique favo­rite sans déran­ger ou être dérangé, l’uti­li­sa­tion d’un casque ordi­naire n’offre pas toujours une isola­tion suffi­sante. C’est alors qu’ap­pa­rut dans un premier temps les in-ears, des écou­teurs s’in­tro­dui­sant direc­te­ment dans l’ori­fice audi­tif, et isolant ainsi l’au­di­teur du reste du monde. Appa­rurent quelque temps plus tard les casques à annu­la­tion de bruits, munis d’un système élec­tro­nique permet­tant de réduire les nuisances prove­nant de l’ex­té­rieur. Le casque proposé par Audio-Tech­nica combine ces deux carac­té­ris­tiques, mais cela est-il suffi­sant pour offrir l’iso­la­tion ultime ?

 

ANC3

Beau­coup de personnes cherchent une solu­tion pour écou­ter de la musique tout en s’iso­lant du bruit ambiant, que ce soit dans la rue, en avion ou à moto. Cela permet d’ap­pré­cier au mieux sa musique et de l’écou­ter à faible niveau, même dans un envi­ron­ne­ment bruyant. La tech­no­lo­gie anti­bruit œuvre­rait donc dans le sens de la santé audi­tive ? Quand on voit à quel volume certains écoutent au casque dans le métro pour couvrir les cris­se­ments insup­por­tables des roues sur les rails, c’est certain.

Tech­no­lo­gie utili­sée

Le prin­cipe de fonc­tion­ne­ment des casques à réduc­tion de bruit est simple. La réali­sa­tion d’un tel système était complexe jusqu’à récem­ment, notam­ment à cause du temps de calcul des proces­seurs qui ne permet­tait pas, à prix raison­nable, le trai­te­ment en temps réel du signal dans un tout petit casque. A l’ex­té­rieur de chaque écou­teur se trouve un tout petit micro­phone qui capte le signal exté­rieur (bruit ambiant). Le proces­seur retrans­crit ce signal dans l’écou­teur, mais en oppo­si­tion de phase, ce qui est censé annu­ler le bruit. En théo­rie, la réduc­tion de bruit est de 20 dB au maxi­mum, en pratique je vais me conten­ter de vous donner mon ressenti. Si le prin­cipe tech­nique vous inté­resse parti­cu­liè­re­ment, veuillez vous réfé­rer à l’ar­ticle de Will Zégal sur l’ANC7.

 

Prise en main et fonc­tion­na­li­tés

Isola­tion acous­tique et sécu­rité

L’ANC3 réduit le bruit sans pour autant tota­le­ment isoler l’au­di­teur (par exemple : un klaxon ou une sirène d’am­bu­lance demeurent audibles, ce qui est plutôt bien pour la sécu­rité). Étant motard, je rêvais de pouvoir écou­ter de la musique en roulant. L’ANC3 est assez effi­cace dans ce dernier cas. Atten­tion cepen­dant si vous utili­sez un tel casque en moto, c’est dange­reux en ville et (à mon avis) rela­ti­ve­ment sûr sur auto­route étant donné que de toute manière le bruit du casque empêche d’en­tendre quoi que ce soit.

Le casque est fourni avec 3 types d’em­bouts en caou­tchouc, afin de conve­nir à la plupart des morpho­lo­gies. Une fois insé­rés, ils restent bien accro­chés.

Après avoir inséré la pile, demandé à un ami de parler et enclen­ché le système anti­bruit (sans musique) dans un envi­ron­ne­ment très calme, il y avait certes une réduc­tion du niveau de la voix, mais j’ar­ri­vais encore à comprendre ce que mon ami me disait. Nous verrons qu’au final le procédé est parti­cu­liè­re­ment effi­cace pour réduire le bruit ambiant, mais qu’il ne faut pas s’at­tende à se couper tota­le­ment du monde exté­rieur ou encore de suppri­mer un son isolé (une voix par exemple). En cas d’ur­gence, un bouton ‘moni­tor’ coupe la musique et l’an­ti­bruit instan­ta­né­ment – à condi­tion d’avoir le petit boîtier à portée de main – pratique si tout à coup vous avez besoin d’écou­ter ce qui se dit autour de vous.

La pile dure théo­rique­ment 50 heures, et je n’ai pas encore réussi à l’épui­ser au bout d’un mois d’uti­li­sa­tion régu­lière.

Quali­tés sonores et d’iso­la­tion

ANC3Un casque à ache­ter les yeux fermés

Le casque a été testé pendant plus d’un mois, avec tous types de musique (du clas­sique à l’élec­tro­nique surcom­pres­sée), et dans la plupart des envi­ron­ne­ments (calmes à bruyants).

Côté qualité sonore, le résul­tat est très satis­fai­sant, au niveau de la dyna­mique, des basses ou des aiguës. Cela reste un avis du point de vue mélo­mane, les casques étant pros­crits pour le mixage. Si vrai­ment vous souhai­tez vous enre­gis­trer avec de tels écou­teurs, sachez qu’ils s’avèrent moyen­ne­ment étanches : avec un fort niveau, un audi­teur exté­rieur arrive à entendre la musique, ce qui veut dire que vous risquez d’avoir de la repisse si vous vous enre­gis­trez en train de chan­ter dans un micro­phone avec ce casque sur les oreilles.

Comme l’ANC3 est orienté ‘pro­su­mer’ plutôt que musi­cien ou ingé­nieur du son, nous allons nous concen­trer sur l’ef­fi­ca­cité de l’iso­la­tion. Avec de la musique de type rock compressé, l’in-ear moni­tor en mode passif (sans utili­ser le réduc­teur de bruit élec­tro­nique) a déjà tendance à isoler partiel­le­ment l’au­di­teur. Du coup, en acti­vant l’an­ti­bruit, on n’en­tend plus grand-chose de l’ex­té­rieur, à part certains sons parti­cu­liè­re­ment perçants comme un klaxon de voiture. Un résul­tat dont on pouvait se douter.

La bonne surprise, en revanche, c’est qu’avec une musique aérée pleine de breaks, de silences, et de varia­tions fortes de dyna­mique comme c’est le cas en jazz ou en musique clas­sique, le son est perçu préci­sé­ment, même en plein vol dans un avion. Pour finir, nous avons poussé le vice jusqu’à utili­ser le casque tel quel (Audio-Tech­nica l’en­vi­sage dans son manuel), sans aucune source sonore, comme un simple dispo­si­tif anti­bruit. Dans ce cas le résul­tat est une fois de plus probant, la vie semble plus douce, que ce soit dans la rue, dans le métro ou dans l’avion… Le seul bémol concerne le léger souffle généré par l’an­ti­bruit, très faible, mais d’au­tant plus audible que l’on est vrai­ment isolé phonique­ment.

Kit ANC3

A contra­rio d’un bouchon d’oreille en mousse qui fait office de filtre passe-bas, le circuit élec­tro­nique filtrera effi­ca­ce­ment entre le bas et le haut médium et lais­sera passer les sons très aigus. À l’oreille, le filtre du circuit n’a plus l’air de fonc­tion­ner pour les fréquences au-delà de 15–16 kHz, le proces­seur serait limité par sa puis­sance de calcul ? Malgré ma demande, aucun ingé­nieur de chez Audio-Tech­nica n’a répondu à cette ques­tion. Reste que cela est suffi­sant pour une utili­sa­tion nomade. Pour finir, chers musi­ciens, sachez que la plupart d’entre vous n’en­tendent plus au-delà de 16 kHz à force de jouer plein pot. Une partie de la popu­la­tion sera donc insen­sible à l’ab­sence de filtrage au-delà de cette fréquence.

L’ANC3 filtre donc bien, et en parti­cu­lier les basses et médiums des sources exté­rieures. Bien sûr, les in-ears ont tous le même défaut : du fait que l’oreille est bouchée, les sons internes s’en­tendent davan­tage (respi­ra­tion, bruit des pieds au sol, déglu­ti­tions et masti­ca­tions…). Ces bruits restent mineurs et ne s’en­tendent pas lorsqu’on écoute de la musique. Ils ressortent unique­ment dans le cas de l’uti­li­sa­tion sans source sonore, lorsque l’on marche par exemple.

Pour conclure, l’ac­ti­va­tion de l’an­ti­bruit est redou­table : dans la rue, les scoo­ters et autres engins bruyants restent à peine audibles (tout est ‘doux’), dans une salle d’aé­ro­port avec pas mal de monde qui parle, le brou­haha est large­ment filtré (mais pas tota­le­ment supprimé), une fois dans l’avion, le ‘bruit rose’ des réac­teurs et de la clima­ti­sa­tion est large­ment réduit.

Le seul cas de figure où le filtre est inef­fi­cace est à l’ex­té­rieur dans un envi­ron­ne­ment très venteux. Une expli­ca­tion probable est que le vent agit sur les micro­phones inté­grés au casque ‘en fron­tal’, à la manière de quelqu’un qui souf­fle­rait dans un micro­phone. Comme l’oreille est bouchée par l’écou­teur, elle ne perçoit pas le bruit du vent ; hélas, comme les micro­phones le reçoivent, l’an­ti­bruit émet le bruit du vent en oppo­si­tion de phase dans les écou­teurs… Dans ce cas, le mieux à faire est de désac­ti­ver l’an­ti­bruit et de se conten­ter de l’iso­la­tion des in-ears.

Conclu­sion

Je suis telle­ment convaincu par ce casque que je vais le garder ! À vrai dire, en un mois, je ne m’en suis jamais séparé. Tout voyage, tout dépla­ce­ment, était prétexte à son utili­sa­tion. Et son absence me fait replon­ger dans le cauche­mar du bruit pari­sien.

Bien sûr, j’au­rais souhaité que l’iso­la­tion phonique soit totale, mais l’ANC3 est déjà fran­che­ment effi­cace. D’autre part, le côté pratique et quali­ta­tif de son package (prise double pour avion, boîte de range­ment de qualité qui augmente la durée de vie du produit, rallonge de câble, connec­tique plaquée or) le rend très fonc­tion­nel. Au final, j’ai vrai­ment l’im­pres­sion que les ingé­nieurs de chez Audio-Tech­nica se sont posé les bonnes ques­tions avant de propo­ser ce casque et n’ont pas lésiné sur la qualité de l’en­semble. À 99 € TTC (prix public), l’ANC3 est vrai­ment un achat rapi­de­ment amorti !

  • Qualité d’isolation
  • Finition et accessoires
  • Qualité sonore
  • Prix raisonnable
  • Léger souffle généré lorsque le système antibruit est enclenché
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