Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
FR
EN
Test vidéo
167 réactions

On Refait Le Patch #68 : Test de l’Arturia V Collection 6 - Arturia sort le V6

Rédigé par un humain
9/10
Award Qualité/Prix 2017
2017
Qualité/Prix
Award

Comptant parmi les leaders de l’émulation de claviers, Arturia nous revient avec une V Collection forte de 4 nouveaux instruments et d’une refonte de son piano. Et quels instruments !

Si l’édi­teur fran­çais s’est long­temps contenté d’ému­ler des synthés analo­giques de légende, revi­si­tant les Moog, Oberheim, ARP, Prophet et autres Jupi­ters, il a opéré un virage inté­res­sant pour la cinquième version de son bundle d’ins­tru­ments, s’ou­vrant tant aux claviers acous­tiques et élec­troa­cous­tiques (orgues, pianos élec­triques et acous­tiques) qu’aux synthés numé­riques par le biais d’un enthou­sias­mant Syncla­vier virtuel. Dans le sillage de cette ouver­ture, cette version 6 enfonce le clou en propo­sant 4 nouveaux clavier de légende en plus d’une refonte du piano qui propose lui-même 3 nouveaux instru­ments. Bref, un paquet de choses que vous pouvez décou­vrir en vidéo ou dans le test qui suit :

Au programme, on a ainsi droit au Yamaha DX-7, au Fair­light CMI, au Clavi­net, au Buchla mais aussi à un piano tack, un honky-tonk et un piano droit Yamaha ajou­tés parmi les modé­li­sa­tions du V-Piano. De quoi faire, entre autres, ce genre de choses :

00:0000:00

 (où l’on entend le Prophet V et le DX7 V pour les basses, le CMI V pour le synthé Lead doublé par un Piano V, et en intro le B3 V)

Tout cela s’ins­talle depuis l’uti­li­taire maison d’Ar­tu­ria qui simpli­fie gran­de­ment la procé­dure d’ac­ti­va­tion et gère la désins­tal­la­tion, contrai­re­ment à certains gestion­naires (suivez mon regard). À tout seigneur tout honneur, c’est d’abord vers le synthé le plus vendu de l’his­toire que nous nous tour­ne­rons : le DX7.

FM, je vous aime

Arturia V Collection 6 : dx7

Tout en compre­nant l’ajout d’un DX-7 à la collec­tion parce qu’il y eut un avant et un après ce synthé révo­lu­tion­naire dans la musique, j’avoue que je n’at­ten­dais pas grand chose de cette nouvelle émula­tion, persuadé que le déjà ancien FM8 de Native Instru­ments avait déjà fait le tour de la légende en en produi­sant une parfaite émula­tion, amélio­rée sur de nombreux points. Mais outre le fait de propo­ser une inter­face plus fidèle à l’ori­gi­nal et surtout plus agréable à utili­ser que l’usine à gaz pattes de mouches de Native, quelle ne fut pas ma surprise de décou­vrir que les deux instru­ments ne sonnaient pas tout à fait pareil. Si l’on est habi­tué à ce genre de diffé­rences avec les émula­tions de synthés analo­giques car d’un exem­plaire à l’autre du même modèle, on peut obser­ver de grosses variantes en fonc­tion de la façon dont les compo­sants ont vieilli, il n’y a priori pas de raison pour que deux repro­duc­tions d’un synthé numé­rique présentent de telles diffé­rences vu qu’un 1 est un 1 et un 0 un 0.

Arturia V Collection 6 : mesures

La première expli­ca­tion à cela tient au fait qu’Ar­tu­ria, contrai­re­ment à Native, a modé­lisé le conver­tis­seur Numé­rique>Analo­gique du DX-7, de sorte que ce dernier présente un bruit de fond même lorsque aucune touche n’est enfon­cée (on s’en méfiera d’ailleurs car ce dernier aura vite fait de remon­ter pour peu que l’on compresse la piste). Toute­fois, si ce bruit de fond dispa­rait lors­qu’on débraye la fonc­tion Vintage sur le DX7 V, la diffé­rence avec le FM8 subsiste, dans le médium comme dans l’aigu.

Dur de dire lequel des deux est le plus fidèle en l’ab­sence d’une compa­rai­son avec un DX7 origi­nal. Ce qui est indé­niable toute­fois, c’est que le char­ge­ment des SysEx origi­naux de la machine passe nickel sous le DX7 V alors que le FM8 rencontre plus de problèmes : sur le char­ge­ment de la ROM3A, on ne retrouve sur le FM8 que 30 sons dans le désordre et avec des noms tron­qués alors qu’ils arrivent dans le bon ordre et au complet dans le synthé d’Ar­tu­ria.

Arturia V Collection 6 : dx7matrice

Sur ce seul détail, on serait déjà plus enclin à utili­ser le DX7 V, mais c’est sans doute plus encore sur le plan de l’er­go­no­mie qu’Ar­tu­ria l’em­porte. Comme sur le synthé de Native, les fran­çais ne se sont pas contenté d’une émula­tion stricte du DX7 origi­nal mais ont ajouté quan­tité de fonc­tions qui décuplent les possi­bi­li­tés sonores du synthé. Outre une belle section d’ef­fets (Chorus/flan­ger/phaser, reverb, delay, EQ, distor­tion, filter, etc.) avec la possi­bi­lité d’en utili­ser jusqu’à 4 simul­ta­né­ments en série ou en paral­lèle, on a aussi droit à un séquen­ceur et un arpé­gia­teur embar­qués mais aussi et surtout à des licro-contrôles libre­ment assi­gnables et une vraie matrice de modu­la­tion s’ins­pi­rant de ce qui se fait dans le monde des synthé analo­giques. Bien que l’ins­tru­ment deviennent de la sorte beau­coup plus puis­sant et complexe, la grande réus­site d’Ar­tu­ria tient dans le fait d’avoir conservé une ergo­no­mie rela­ti­ve­ment claire : compre­nez par ce rela­ti­ve­ment que la synthèse FM reste l’une des moins intui­tives à appré­hen­der et qu’on ne fait pas le tour d’un DX comme d’un Mini­moog, mais que les myriades de possi­bi­li­tés offertes par les possi­bi­lité de modu­ler tout avec tout sont assez clai­re­ment acces­sibles. Bref, une réus­site qui s’en­tend dans les presets, l’ins­tru­ments étant capable de choses nette­ment plus sophis­ti­quées qu’un DX7 de base :

DX7beat
00:0000:04
  • DX7beat 00:04
  • DX7chip 00:04
  • DX7e­volve 00:09
  • DX7Bas­sE­volve 00:11
 

Et évidem­ment, les grands clas­siques sont là :

00:0000:00

Bref, un très bon ajout au bundle, même s’il n’est pas la seule légende présente.

Artist of noise

La deuxième grosse bouchée numé­rique de cette V-Collec­tion 6, c’est le CMI de Fair­light, l’un des tous premiers échan­tillon­neurs au monde avec le Syncla­vier, célèbre pour ses sons mais aussi pour avoir proposé le premier séquen­ceur infor­ma­tique de l’his­toire : Page R.

00:0000:00

 (notez que le synthé d’in­tro de Beat it provient en fait du Syncla­vier même s’il figure étonam­ment parmi les presets de ce CMI)

C’est tout cela qu’Ar­tu­ria nous permet de retrou­ver au sein d’une inter­face nette­ment plus ergo­no­mique que l’ori­gi­nale et agré­men­tée de nombreuses fonc­tions supplé­men­taires.

Arturia V Collection 6 : cmi

Capable de char­ger des samples de 30 secondes en 44/16 tout en émulant les conver­tos d’ori­gine et en propo­sant une section d’ef­fets complètes utili­sable sur ses 16 voix (mais seule­ment un insert par piste), le CMI V repro­duit l’ori­gi­nal et sa philo­so­phie tout en les emme­nant plus loin. On peut donc s’en servir comme d’un sampleur/séquen­ceur, mais on peut surtout revi­si­ter la vaste collec­tion d’échan­tillons qui ont fait les grandes heures des années 80 : prépa­rez vous à bouf­fer de la Made­leine de Proust, avant qu’un jet de citron ne viennent trou­bler le nuage de lait dans votre thé.

Un agrume du nom d’Ea­sel. Buchla Easel.

Le petit teigneux

Arturia V Collection 6 : buchla

Conçu par Dan Buchla, le père du VCO, en 1972, l’Ea­sel est un synthé pensé à la base pour la recherche sonore, son créa­teur préfé­rant l’ap­pe­ler ‘Elec­tric Music Box’ plutôt que synthé­ti­seur dans la mesure où il n’avait pas voca­tion à imiter des instru­ments, ni même à produire de la musique tradi­tion­nelle. L’Ea­sel se distingue autant par ses modules origi­naux (Complex Oscil­la­tor, Dual Lo Pass Gate à base de vactrols, carte program­ma­teur) que par son ergo­no­mie : entre son clavier tactile, le fait que les patches n’en­combrent pas, comme sur les Moog Modu­lars, la zone des para­mètres, et les codes couleurs simpli­fiant la compré­hen­sion de ce semi-modu­laire, l’Ea­sel fut révo­lu­tion­naire sur plus d’un point.

Vraie grosse surprise de cette mise à jour et sans conteste le synthé ayant le plus gros carac­tère de toute cette V-Collec­tion. Brui­tiste, hargneux, abra­sif, ce n’est pas le genre de bête qu’on utili­sera pour faire de l’Am­bient. Mais si vous cher­chez des sensa­tions fortes, vous avez frappé à la bonne porte.

Arturia V Collection 6 : buchlaphysic

Bien conscient du parti pris extrême de son concep­teur, Artu­ria a toute­fois pris la peine, sinon d’acou­cir le monstre, du moins de le complé­ter avec des outils qui permet­tront de l’ap­pri­voi­ser. C’est ainsi qu’on dispose d’un système permet­tant de quan­ti­fier les oscil­la­teurs à la gamme chro­ma­tique (merci pour ça !), d’une poly­pho­nie de 4 voix, d’une gestion Main droite / Main gauche affec­tées à un séquen­ceur poly­pho­nique 32 pas, d’un géné­ra­teur de bruit, d’un mode auto­dé­clen­che­ment pour le géné­ra­teur d’en­ve­loppe, d’ef­fets assi­gnables et surtout d’un système Gravity Universe qui permet de géné­rer des voltages à partir de règles physiques.

Si l’Ea­sel origi­nal était déjà une usine à sons, la version d’Ar­tu­ria décuple litté­ra­le­ment ses possi­bi­li­tés et le fait sortir des instru­ments pour geek de la synthèse pour le livrer aux musi­ciens de tous genres, pour peu qu’ils cherchent un synthé à gros carac­tère qui ferait passé n’im­porte quel Mini­moog pour un papy de la synthèse. Voici un aperçu des possi­bi­li­tés du synthé :

Buchla
00:0000:11
  • Buchla 00:11
  • Buchla2 00:11
  • Buchla3 00:11
  • Buchla­Bass 00:11
  • Buchla­Lead 00:11
  • Buchla­Weird 00:11
 

Sur la corde

Arturia V Collection 6 : clavinet

Finis­sons ce passage en revue des nouveau­tés avec les claviers acous­tiques et élec­tro-acous­tique, et notam­ment le Clavi­net V, émulant un Hohner D6 et parfai­te­ment complé­men­taire des Rhodes et Wurlit­zer qui étaient appa­rus dans la V-Collec­tion 5. Il n’y a pas grand chose à dire de ce dernier qui souffre la compa­rai­son avec le Scar­bee et qui, outre un ampli et quelques pédales d’ef­fets, se voit doté de quelques possi­bi­lité de jouer avec le modèle physique de l’ins­tru­ment pour obte­nir des choses un peu plus barrées. On regret­tera juste que l’édi­teur n’en ait pas profité pour inté­grer plusieurs modèles de Clavi­net ou se soit aven­turé vers le Pianet.

Clavi­net1
00:0000:38
  • Clavi­net1 00:38
  • Clavi­net­Wah 00:38
  • Clavi­net­Pia­ne­tish 00:38
 

Piano V a lui-aussi droit à une mise à jour de taille vu qu’outre un nouvel EQ, un nouveau compres­seur, un nouveau delay et un posi­tion­ne­ment des micros amélioré, l’ins­tru­ment se dote de trois nouvelles modé­li­sa­tions : Japa­nese Grand (très proba­ble­ment un Yamaha), Plucked Grand (un piano joué aux doigts qui évolue dans des sono­ri­tés plus proches de la harpe et pizzi­cato) et Tack Upright. un piano bastringue sur les marteaux duquel on a planté des punaises : le son typique des saloons qu’on voit dans les vieux westerns holly­woo­dien même si, a priori, cette bidouille était utili­sée pour rappro­cher le son de l’ins­tru­ment d’un clave­cin.

Lais­sons parler l’au­dio pour vous faire une idée de ces derniers :

Japa­ne­se­Piano
00:0000:43
  • Japa­ne­se­Piano 00:43
  • Plucked­Piano 00:38
  • Tack­Piano 00:38

 

Arturia V Collection 6 : analoglab

On en a fini avec les nouveau­tés ? Pas tout à fait car comme à chaque nouvelle V-Collec­tion, le « petit » Analog Lab prend lui aussi du galon. Dans sa version 3, il propose désor­mais plus de 6000 presets tirés des diffé­rents instru­ments avec des possi­bi­lité d’édi­tions qui sont certes réduites par rapport aux version complètes mais qui n’en sont pas moins présentes.

Doté d’une inter­face claire et simple, cette petite boîte à sons reprend en outre le design des claviers maître Artu­ria, de sorte qu’entre ça et sa capa­cité à gérer des play­listes et des multis de deux instru­ments, on l’uti­li­sera autant en studio que sur scène. Pour 90 euros, c’est pres­qu’un must have qui fait de l’ombre au Syntro­nik d’IK Multi­me­dia près de 3 fois plus cher car tous les sons clas­siques sont là, qu’ils émanent de claviers acous­tiques, élec­troa­cous­tiques ou de synthés. Un vrai bon plan qui est désor­mais doté d’un espace de vente de presets parti­cu­liè­re­ment perti­nent. 

Abso­lu­ment pas enva­his­sant, ce dernier permet d’ache­ter pour 5 à 8 euros des packs des presets théma­tiques autour de grands noms (Pink Floyd, Jean-Michel Jarre, Vange­lis) ou de genres parti­cu­liers. Une très bonne idée.

Et le reste

Si les ajouts de cette version 6 du bundle sont enthou­sias­mant, il convien­drait de ne pas oublier les 16 autres instru­ments qui permettent d’avoir un beau pano­rama sur l’his­toire de la synthèse et des claviers. Des Moog aux Prophet en passant les ARP, les Oberheim ou encore les divers pianos et orgues élec­triques, il y a vrai­ment de quoi faire, d’au­tant qu’Ar­tu­ria s’est souvent appli­qué à rajou­ter, comme nous l’avons vu, des fonc­tion­na­li­tés décu­plant le poten­tiel des instru­ments origi­naux.

Si j’avoue avoir toujours eu un penchant pour les Oberheim, on citera notam­ment l’ex­cellent Prophet V qui combine un Prophet 5 et un Prophet VS au sein du même instru­ment avec la possi­bi­lité d’uti­li­ser l’un, l’autre ou les deux conjoin­te­ment.

Dans le lot des 21 plug-ins, tout n’est pas bien sûr de qualité égale et certains instru­ments, notam­ment les orgues et pianos, ne sont pas forcé­ment au niveau de ce qu’on trouve chez des concur­rents spécia­li­sés, mais la qualité de l’en­semble n’en est pas moins rela­ti­ve­ment homo­gène, de sorte que nanti du bundle ou du petit Analog Lab 3, on a ce senti­ment d’être armé pour four­nir l’es­sen­tiel des sons qui ont fait la musique ces 40 dernières années, voire plus.

Et si Artu­ria n’égale pas toujours les émula­tions de certains concur­rents, l’ar­gu­ment massue se trouve dans le prix. À 500 euros les 21 instru­ments, ça nous met l’ins­tru­ment à moins de 24 euros. Et si l’on consi­dère les 12 claviers qui se cachent dans le V-Piano et les 2 Prophet, on arrive même à 15 balles l’ins­tru­ment… Dur de faire mieux en termes de rapport qualité/prix, au point d’ailleurs que le prix des plug-ins acheté sépa­ré­ment semble vrai­ment très peu concur­ren­tiel.

Chaque plug est en effet vendu entre 150 et 200 euros l’unité et il faudrait être bien zozo pour les ache­ter à ce prix là. Ache­ter un B-3 V à 200 euros quand le B-5 II qui le surpasse large­ment est deux fois mois cher ? Certai­ne­ment pas. Ache­ter un Mini V à 150 euros quand les excel­lents Monark ou The Legend sont à 100 euros ? Comme on dit dans la pub pour les chaus­sures, il faudrait être fou. Et c’est sans parler des pianos élec­triques qui se heurtent aux prix comme aux perfor­mances de ce qu’on trouve chez Piano­teq ou chez les éditeurs de produits à base de samples : Scar­bee, Acous­tic­Samples, UVI, Gospel Musi­cians pour ne citer qu’eux, voire Waves qui passe son temps à tout vendre à 29 $ (même s’il faut le souli­gner, la licence d’uti­li­sa­tion est frap­pée d’une limi­ta­tion d’un an concer­nant les mises à jour et que ses instru­ments ne boxent pas forcé­ment dans la même caté­go­rie que ceux cités précé­dem­ment)…

Bref, ce prix unitaire nous pousse vrai­ment à ache­ter le bundle sinon rien, et même si ce dernier repré­sente l’une des meilleures affaires du petit monde de la MAO, on regrette presque qu’Ar­tu­ria ne propose pas d’offre médiane.

Avis aux marke­tistes artu­riens

On sent en effet qu’il manque des bundles inter­mé­diaires dans l’offre d’Ar­tu­ria qui pour­rait atti­rer ceux qui serait prêts â lâcher 200 ou 300 euros dans des collec­tions théma­tiques sans pour autant aller jusqu’à 500.

Quan­tité de choses sont imagi­nables : un bundle synthé, orgue ou piano unique­ment, un bundle consa­cré aux analos, aux numé­riques ou aux modu­laires, ou encore des bundles par marque et même pour­quoi pas des bundle à la carte : 4 ou 5 synthés pour 300 euros par exemple, quitte à propo­ser ensuite un système de cross­grade. Il est très éton­nant de voir un tel poten­tiel marke­ting sous-exploité, tout comme on s’étonne que l’ex­cellent Spark reste toujours en dehors de la V-Collec­tion alors qu’on y manque cruel­le­ment d’une boîte à rythmes

Tant qu’on est au rang des gentilles critiques, souli­gnons aussi que le parti pris de propo­ser des inter­faces photo­réa­listes des instru­ments se heurte souvent à l’er­go­no­mie de ces derniers, remplis­sant parfois l’écran d’un jolie repré­sen­ta­tion 3D où l’on peine à savoir quels sont exac­te­ment les contrôles avec lesquels on peut inter­agir (CMI-V par exemple) et surtout à quoi ils servent vu qu’à 100% sur un MacBook Pro Retina, les séri­gra­phies des boutons sont illi­sibles et qu’il faut atteindre les 140% au mini­mum pour qu’elles le soient (et même 160% sur le SEM). Artu­ria a beau propo­ser un système de zoom permet­tant de s’adap­ter à la réso­lu­tion de l’uti­li­sa­teur, on se dit qu’on aime­rait que les instru­ments ressemblent parfois un peu moins aux vrais pour propo­ser une inter­face plus pratique d’em­blée. Le DX7 a parfai­te­ment réussi cela mais tous ne peuvent pas en dire autant.

Liste au Père Noël

Termi­nons enfin sur ces choses qu’on aime­rait voir amélio­rée dans la V-Collec­tion 7 en parlant de ce qui nous manque, ce qui est moins une critique en soit qu’une supplique de complé­tiste. En effet, même si l’offre de cette V-Collec­tion demeure impres­sion­nante pour son prix, on ne pourra s’em­pê­cher de faire la liste des gloires manquant à l’ap­pel pour complé­ter ce panthéon de la synthèse. Outre un Roland sous-repré­senté (pas de Juno, TB, SH ou D-50), Korg et Waldorf sont pour l’heure les deux très grands absents du bundle, mais il y a bien d’autres machines qu’on aime­rait voir gros­sir l’ar­se­nal. Pour l’ana­lo­gique, on citera notam­ment l’EMS VCS-3, l’ARP Odys­sey, l’OSC OSCar, l’Elka Synthex, l’Obe­rheim OB-Xa ou le RSF Kobol, mais comme on trouve déjà ça et là quelques excel­lentes émula­tions de ces synthés, on espère surtout que les greno­blois auront à coeur de pous­ser vers l’ému­la­tion de machines numé­riques signées Casio, E-Mu, Kawai ou encore Enso­niq, etc. On adore­rait voir aussi avoir droit à une mise à jour du moteur des plus anciens synthés comme cela avait été le cas pour le Mini V (et ça avait changé beau­coup de choses en termes de qualité).

Et puis surtout, l’ému­la­tion qu’on attend le plus et ce, depuis des années, c’est celle de l’Ori­gin d’Ar­tu­ria qui ne semble plus commer­cia­lisé mais dont le prin­cipe de mélan­ger les oscil­la­teurs et filtres de tous les synthés modé­li­sés par l’édi­teur était si excellent qu’il a fait le succès du Diva de U-he. Alors les amis, c’est pour quand ?

Conclu­sion

Artu­ria fait très fort avec cette sixième version de son bundle, complé­tant son cata­logue avec un Clavi­net, et trois monstres sacrés de la synthèse numé­rique joli­ment revi­si­tés pour conci­lier le grain et les sons d’au­tre­fois avec les possi­bi­li­tés d’au­jour­d’hui. Que dire si ce n’est qu’à 500 euros pour 21 instru­ments (et même 33 suivant la façon dont on compte), l’af­faire est excel­lente et qu’elle ravira n’im­porte quel amateur de clavier ?

Bien sûr, on en voudrait toujours plus. On aime­rait ainsi qu’Ar­tu­ria incor­pore l’ex­cellent Spark et envi­sage de donner suite à l’ex­cellent concept de l’Ori­gin. On aime­rait encore qu’entre l’achat à l’unité pas forcé­ment moti­vant et le gros bundle se déploie des offres attrac­tives, mais ce sont là des souhaits plus que des critiques pour cette V-Collec­tion qui s’avère de plus en plus incon­tour­nable dans le monde la MAO et qui béné­fi­cie même d’un rabais consé­quent pour son lance­ment.

Chapeau bas ! 

Notre avis : 9/10

Award Qualité/Prix 2017
2017
Qualité/Prix
Award

Points forts

  • Le DX7 sous stéroïdes…
  • …qui lit correctement les SysEx
  • Convertos modélisés pour le CMI et le DX7
  • Le CMI : une bien belle bête mise au goût du jour
  • La grosse personnalité du Buchla et tous les ajouts qui le transfigurent
  • Deux nouveaux pianos : on prend
  • Le Clavinet : ça manquait
  • Analog Factory 3 : une bien belle boîte à sons pour pas cher
  • Beaucoup de presets dans un beau gestionnaire
  • La qualité de certains manuels
  • Le rapport qualité/prix de l’ensemble

Points faibles

  • Spark manque au bundle
  • Manque de souplesse des offres
  • Les limites du parti-pris fac simile dans les interfaces
  • Korg et Waldorf, grands absents, et Roland sous représenté
  • À quand un Origin logiciel ?
Sauvegarder l’article

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre