Mastering
Techniques du Son Mastering
  • Augmenter ou diminuer la taille du texte
  • Imprimer
pédago

Le Mid/side au mastering

Home Mastering — 11e partie
  • J'aime
  • Tweet
  • Pin it
  • Mail

Dans ce nouveau volet de notre série d’articles consacrée au mastering fait maison, nous vous proposons d’ouvrir une petite parenthèse pour parler d’une spécificité de traitement que nous avons pour l’instant passée sous silence : le Mid/Side.

Théorie

Vous avez certainement déjà remarqué que les modules que nous avons abordés jusqu’à présent fonctionnent en stéréo, mais offrent également pour certains la possibilité de travailler en mode mid/side (souvent appelé mode M/S). De quoi s’agit-il exactement et quels en sont les avantages ?

En situation de mastering dans le domaine musical, nous travaillons essentiellement avec des fichiers stéréo. Il serait bien évidemment possible de traiter de façon différente les canaux gauche et droit, mais la manœuvre ne présente que peu d’intérêt puisqu’elle entraînerait immanquablement un profond déséquilibre de l’image stéréophonique. En revanche, le mode mid/side décompose le signal stéréo en deux composantes, l’une centrale (mid ou M) et l’autre latérale (side ou S), afin de travailler de façon indépendante sur chacune d’elles. Ainsi, il n’y a presque plus aucun risque de déséquilibrer l’image stéréo. Nous disons « presque », car bien que le traitement mid/side préserve par essence le point central du champ stéréo, il reste tout de même possible d’altérer sérieusement la latéralisation de la composante mid, pour le meilleur comme pour le pire…

Mastering Mid/Side

Cette notion mid/side vous paraît encore un peu abstraite ? Une petite expérience devrait remédier à cela. Nous vous invitons grandement à télécharger le plug-in gratuit bx_solo de Brainworx et à l’utiliser dans votre séquenceur sur un fichier stéréo de votre choix. Le bx_solo vous permettra d’écouter tour à tour les composantes mid et side du signal en cliquant sur les boutons « M Solo » et « S Solo » respectivement. Commencez-vous à entrevoir toutes les possibilités que le travail en mode M/S peut offrir ?

En pratique

Tout cela est bien joli, mais quelles sont les applications concrètes en situation de mastering ? Eh bien elles sont multiples, à tel point qu’il serait impossible d’en faire une liste exhaustive en seulement quelques lignes. Voici cependant quelques exemples d’utilisation qui, nous l’espérons, devraient vous donner quelques pistes et vous ouvrir de nouveaux horizons.

Mastering Mid/Side

Un égaliseur en mode M/S permet, par exemple, d’atténuer le bas du spectre sur les côtés (side) sans toucher au centre. Le résultat d’un tel artifice sera un gain en précision et en punch (car la grosse caisse et la basse seront fermement ancrées au centre) ainsi qu’une sensation d’espace plus aérée (du fait d’une dissociation mid/side plus marquée).

L’intérêt d’un compresseur en mid/side sera de pouvoir mieux tenir par la bride la puissance du couple rythmique central basse/batterie tout en préservant la dynamique des guitares, claviers, ou autres se trouvant en périphérie.

En ce qui concerne la réverbération, le mid/side rendra plus aisé le recul du signal latéral sans noyer le centre. Du coup, nous obtenons le meilleur des deux mondes : gain en profondeur sur les côtés, précision et impact au milieu.

L’emploi de réglages différents pour les signaux mid et side avec un exciteur harmonique peut également être intéressant. Il devient alors possible de rajouter, par exemple, plus d’harmoniques sur la voix au centre que sur le reste. Ainsi, le chant gagnera en présence et passera devant le reste du mix.

Comme vous pouvez le constater, les possibilités sont immenses. Si vous ajoutez à cela les capacités multibandes de certains traitements, votre champ d’action devient alors quasi-infini. Tout un programme qui nécessite bien évidemment de longues heures d’apprentissage afin d’en tirer parti au mieux. L’expérimentation est la clé alors amusez-vous bien !

← Article précédent dans la série :
La réverbération au mastering
Article suivant dans la série :
L’automation au mastering →
Réagir à cet article
  • J'aime
  • Tweet
  • Pin it
  • Mail