LiveAujourd'hui à 12h30, on teste Ozone 10 et le bundle Plugin Alliance de la Komplete 14 !
Devenir membre
Devenir Membre

ou
Connexion
Se connecter

ou
comparatif
78 réactions
La semaine du mastering en ligne : Bilan

Après six épisodes passés à essayer différents prestataires de « Mastering automatique » en ligne, l’heure est venue pour votre serviteur de dresser un bilan…

Comparatif des services de Mastering automatique en ligne : Bilan : La semaine du mastering en ligne : Bilan
Accéder à un autre article de la série...

Pour quoi ? Pour qui ?

Je dois bien avouer qu’avant d’at­taquer ce compa­ra­tif, j’étais assez dubi­ta­tif quant à l’ef­fi­ca­cité de ce genre de service. Main­te­nant que j’ai pu juger sur pièces, et malgré certains rendus meilleurs que d’autres en fonc­tion des services, mais aussi des morceaux, je suis plus que jamais scep­tique…

Commençons par le ressenti en termes d’es­thé­tique musi­cale, sujet ô combien subjec­tif s’il en est. Lorsque l’on prend la peine de compa­rer tous les rendus avec les mixages origi­naux en prenant soin d’équi­li­brer la sensa­tion de volume sonore perçu, il y a d’em­blée certains « masters » qui me semblent complè­te­ment détruire les morceaux… Où est donc passée la dyna­mique ? Si So Pretty supporte légè­re­ment mieux cet outrage, les titres Call it even et The Fire­thief, avec leurs défauts, deviennent parfois carré­ment inécou­ta­bles… Ça pompe, des zones du spectre sont litté­ra­le­ment avalées par cette course au volu­me… Bref, c’est moche.

Certains résul­tats s’en tirent mieux, notam­ment ceux prove­nant des services permet­tant de jouer sur l’in­ten­sité du trai­te­ment. Mais là non plus, je ne m’y retrouve pas vrai­ment. L’es­prit des mixes origi­naux ne me semble pas vrai­ment respecté. Surtout pour The Fire­thief dont l’iro­nie folle­ment sombre tend alors vers un sabir grand-guigno­lesque passa­ble­ment hors sujet selon moi. Mais comme je le disais, tout cela est tota­le­ment subjec­tif et je conçois que l’on puisse y trou­ver son compte. Voyons alors la ques­tion de façon un peu plus objec­ti­ve…

À quoi peuvent bien servir des titres « maste­ri­sés » ainsi ? Si le but est de faire un album et de l’en­voyer au pres­sage (CD ou vinyle), je me permets d’émettre plusieurs réserves.

Tout d’abord, d’un point de vue tech­nique, aucun service ne gère les codes PQ, ISRC ou le format DDP. Il n’y a pas non plus de gestion des temps de pause entre les morceaux, ni de gestion des fade-in / fade-out. Et avec certains pres­ta­taires qui four­nissent des fichiers tapant allè­gre­ment dans le rouge au regard des valeurs True Peak, bonjour la distor­sion incon­trô­lée suivant le système de diffu­sion de l’au­di­teur final. Ajou­tez à cela certains « masters » dont le Dyna­mic Range est rikiki (je consi­dère un DR de 8 comme étant un maxi­mum absolu à ne jamais dépas­ser, et encore cela dépend des genres musi­caux) et vous retom­bez à l’époque la plus sombre de la « Loud­ness War »…

Ensuite, d’un point de vue plus artis­tique, pas un seul des services passés sur le grill ne propose une unifor­mi­sa­tion sonore entre les titres compo­sant l’al­bum, tant au niveau de la « couleur sonore » qu’au niveau du volume perçu. Et mine de rien, c’est à mon sens l’as­pect prin­ci­pal d’un maste­ring réussi.

Si l’objec­tif se limite à une distri­bu­tion numé­rique et/ou s’il s’agit unique­ment d’un single et non d’un album, certains problèmes évoqués ci-dessus dispa­raissent, certes. Mais les autres points n’en demeurent pas moins tout aussi gênants il me semble, non ?

Pour de la diffu­sion en strea­ming alors, cela pour­rait-il faire la blague ? Eh bien encore moins ! Étant donné que les ténors du strea­ming appliquent de plus en plus de normes en matière de « loud­ness », aux alen­tours de –13 LUFS pour YouTube et même –16 LUFS pour iTunes Radio, les masters que nous avons obte­nus lors de ce compa­ra­tif vont immanqua­ble­ment voir leur volume bais­ser sur ces plate­formes. Notez au passage que même les services ayant produit des valeurs LUFS proches du fameux –13 LUFS seront touchés, car les valeurs True Peak trop proches de 0 posent problème, ne serait-ce qu’au niveau de l’en­co­dage. Et je ne vous parle même pas de la façon dont ces diffu­seurs en ligne bais­se­ront le volume de ces titres, certains utili­sant un limi­teur qui ne rendra bien entendu pas justice à la musique…

Inutile de s’at­tar­der sur le cas d’une diffu­sion TV ou ciné, les normes y sont encore plus dras­tiques et les rendus obte­nus seraient forcé­ment retoqués.

Envi­sa­geons à présent le cas du MAOïste amateur qui fait de la musique chez lui juste pour le fun sans aucune velléité de diffu­sion ou distri­bu­tion grand public. Ici, l’uti­li­sa­tion de ce genre de service pour­rait être envi­sa­geable, pourquoi pas ? Mais j’ai encore une fois quelques doutes…

Le quali­fi­ca­tif « amateur » ne veut abso­lu­ment pas dire « mauvais », je connais d’ailleurs des MAOïstes amateurs qui produisent des titres de haute volée. De plus, il est vrai que le titre So Pretty, avec son mixage hono­rable, survit mieux que les autres aux divers « maste­rings » auto­ma­tiques. Cepen­dant, il me semble que les personnes capables de four­nir un travail de mix au moins équi­valent sont certai­ne­ment capables d’ef­fec­tuer un maste­ring tout aussi « valable » que le meilleur de ces services en ligne. Mais peut-être me trompé-je ?

Quant aux MAOïstes moins compé­tents dont les mixages tiennent moins la route, il ne faut pas s’at­tendre à des miracles comme en attestent les « masters » des deux autres titres. Le côté posi­tif, c’est que cela peut juste­ment révé­ler les faiblesses d’un mix. Mais là aussi, je pense qu’il existe des alter­na­tives tout aussi valables à la portée de toute personne sachant ce qu’est un plug-in et comment le glis­ser sur son bus master. Je m’ex­plique : je me suis amusé à utili­ser de façon bête et méchante deux chaînes diffé­rentes de plug-ins gratuits sur les mêmes morceaux four­nis à chacun des services. Ces chaînes n’uti­lisent que des presets pour simu­ler l’as­pect auto­ma­tique de la chose. Dans le détail, nous avons :

  • Les morceaux dont le suffixe est « M4 » qui passent unique­ment au travers du free­ware Limi­ter N°6 de vladg/sound ;
  • Les morceaux dont le suffixe est « M6 » qui tran­sitent par une chaîne plus complexe compo­sée des free­wares Molot avec le preset « Mix BUSS », SlickEQ avec le preset « Stereo width enhan­ce­ment », à nouveau SlickEQ avec le preset « German Maste­ring », un autre Molot avec le preset « premas­ter », et enfin le Limi­ter N°6 avec le preset « Master_6 ». J’ai cepen­dant joué avec le niveau de sortie de la deuxième instance de SlickEQ (-4,7 dB), ce qui pour­rait s’ap­pa­ren­ter au réglage d’in­ten­sité de trai­te­ment proposé par certains services.

Pour mémoire, voici les mixages origi­naux :

01 So Pretty
00:0002:39
  • 01 So Pretty 02:39
  • 02 Call it even 00:36
  • 03 The Fire­thief 02:20

Voici main­te­nant les fruits du “maste­ring” auto­ma­tique maison :

01 So Pretty Home M4
00:0002:39
  • 01 So Pretty Home M4 02:39
  • 01 So Pretty Home M6 02:39
  • 02 Call it even Home M4 00:36
  • 02 Call it even Home M6 00:36
  • 03 The Fire­thief Home M4 02:20
  • 03 The Fire­thief Home M6 02:20

Voici à présent tout ce beau monde ramené au même niveau d’écoute à –18 LUFS :

01 So Pretty LUFS
00:0002:39
  • 01 So Pretty LUFS 02:39
  • 01 So Pretty Home M4 LUFS 02:39
  • 01 So Pretty Home M6 LUFS 02:39
  • 02 Call it even LUFS 00:36
  • 02 Call it even Home M4 LUFS 00:36
  • 02 Call it even Home M6 LUFS 00:36
  • 03 The Fire­thief LUFS 02:20
  • 03 The Fire­thief Home M4 LUFS 02:20
  • 03 The Fire­thief Home M6 LUFS 02:20

Et pour finir, les données chif­frées avec d’abord les valeurs pour les “masters” M4, puis M6, et bien sûr entre paren­thèses les mesures rela­tives au mixage origi­nal de chacun des titres.

Wave Home

So Pretty :

  • DR : 8/9 dB (11 dB)
  • Loud­ness : –9.9 / –11,1 LUFS (-19.4 LUFS)
  • True Peak : +0.2 / –0,2 dB (-5,2 dB)

Call it even :

  • DR : 8/10 dB (11 dB)
  • Loud­ness : –10.3 / –11.5 LUFS (-18.6 LUFS)
  • True Peak : –0.2 / –0,3 dB (-6,0 dB)

The Fire­thief :

  • DR : 9/11 dB (13 dB)
  • Loud­ness : –10.7 / –12,1 LUFS (-20.6 LUFS)
  • True Peak : –0.2 / –0,3 dB (-5,2 dB)

Comme vous pouvez le consta­ter, ce “maste­ring” auto­ma­tique maison est loin d’être irré­pro­chable, mais comparé aux six services évoqués ces derniers jours, les diffé­rences en valent-elles la chan­delle ? Je n’en suis person­nel­le­ment pas vrai­ment persuadé. D’au­tant qu’au-delà des ques­tions quali­ta­tive et finan­cière, cette solu­tion maison est autre­ment plus person­na­li­sable et surtout rapide à mettre en œuvre, car il n’y a alors aucun temps de télé­char­ge­ment de fichiers, ce qui peut être parti­cu­liè­re­ment long selon les connexions inter­net…

Pour conclure cet épisode, sachez que j’ai plei­ne­ment conscience de la sévé­rité de mon point de vue. Peut-être suis-je passé complè­te­ment à côté de l’in­té­rêt que peut repré­sen­ter ce type de service pour certains d’entre vous ? Si tel est le cas, vous m’en voyez désolé. D’ailleurs, malgré les nombreux exemples sonores four­nis ici, j’in­vite bien entendu toute personne inté­res­sée par le sujet à tester chacun des services sur ses propres morceaux via les offres d’es­sais gratuites histoire de voir s’il y trouve son compte. Ce faisant, si vous souhai­tez vous forger une opinion des plus objec­tives, n’ou­bliez surtout pas de compa­rer vos mixages et les “masters” à volume perçu égal, autant que faire se peut. Comme je vous l’ai dit dès le début de ce compa­ra­tif, j’ai mis un point d’hon­neur à ne pas expri­mer mon opinion avant la fin de cette série de façon à ne pas influen­cer votre juge­ment. De même, j’ai égale­ment souhaité rédi­ger mes propres conclu­sions avant la publi­ca­tion du moindre épisode de façon à ne pas être influencé par vos avis. Du coup, je ne vous cache pas que j’ai hâte de lire vos diffé­rents points de vue sur la ques­tion !

P.-S. J’ai volon­tai­re­ment omis plusieurs éléments de compa­rai­son entre ces “maste­rings algo­rith­miques” et le véri­table travail de maste­ring “clas­sique” réalisé par un tech­ni­cien du son spécia­lisé en la matière. Ne vous en faites pas, nous abor­de­rons cela à l’oc­ca­sion d’un huitième article “surprise” qui tien­dra lieu d’épi­logue à toute cette histoi­re…

Télé­char­gez les extraits audio Mix (format FLAC)

← Article précédent dans la série :
La semaine du mastering en ligne : MasteringBOX
Article suivant dans la série :
La semaine du mastering en ligne : Studio Lakanal →

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre
cookies
Nous utilisons les cookies !

Oui, Audiofanzine utilise des cookies. Et comme la dernière chose que nous voudrions serait de perturber votre alimentation avec des choses trop grasses ou trop sucrées, sachez que ces derniers sont fait maison avec des produits frais, bio, équitables et dans des justes proportions nutritives.
Ce que cela veut dire, c’est que les infos que nous y stockons ne visent qu’à simplifier votre usage du site comme à améliorer votre expérience sur nos pages et vous afficher des publicités personnalisées (en savoir plus).

Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

Tous nos cookies
Cookies non soumis à consentement
Il s'agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).
Google Analytics
Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer.
Publicités
Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.

Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

Tous nos cookies
Cookies non soumis à consentement

Il s’agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).

Google Analytics

Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer. Lorsque ce paramètre est activé, aucune information personnelle n’est envoyé à Google et les adresses IP sont anonymisées.

Publicités

Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.


Vous pouvez trouver plus de détails sur la proctection des données dans la politique de confidentialité.
Vous trouverez également des informations sur la manière dont Google utilise les données à caractère personnel en suivant ce lien.