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Test de la pédale d’overdrive Klon KTR

Test Quand on est Klon, on est Klon
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Award Valeur sûre 2016

Comptant parmi les pédales d’overdrive cultes, la Centaur de Klon n’a été produite qu’à 8 000 exemplaires en 15 ans, pour le plus grand plaisir d’un certain Jeff Beck, entre autres. Alors, quand son concepteur lui assure une descendance au travers de la KTR, on tend forcément le pied, la pile et le jack !

Déçu par le rendu des TS808 et TS9, Bill Finnegan a travaillé des centaines d’heures aux côtés de deux ingénieurs du prestigieux MIT (Massachussets Institute of Technology) pour reproduire la son d’un Fender Twin Reverb poussé à fond : c’est ainsi que naquit la Centaur dont la production s’est arrêtée en 2009, au grand dam de ceux qui avaient pu l’essayer et rêvaient de se la payer.  

Quelques années plus tard, Klon faisait son grand retour avec la KTR, et la ferme ambition de combler le vide laissé par la Centaur. Cette pédale plus compacte reprend pour l’essentiel le fonctionnement de sa grande sœur (un écrêtage à diodes à semi-conducteurs au germanium) tout en étant plus simple à produire vu que ses composants sont montés en surface. La marque a également profité de l’occasion pour ajouter un switch permettant de choisir entre deux types de connexion : celui de la Centaur d’origine avec buffer, ou un True Bypass. 

En dehors de cette originalité, la pédale fait dans le minimalisme au niveau des contrôles : Gain, Volume et Tone. Aucune sérigraphie n’indique d’ailleurs la fonction de ces boutons. Il faudra donc y aller à tâton. Le look s’inscrit dans la même veine, puisque le boîtier est un simple rectangle rouge. Ce n’est pas très joli, et le potard de gain dépasse même légèrement du châssis. L’on retrouve néanmoins un petit texte en guise de décoration : « Kindly remember the ridiculous hype that offends so many is not of my making » (Rappelez-vous, s’il vous plaît, que je ne suis pas responsable du phénomène ridicule qui irrite tant de personnes). À travers ce message, Finnegan évoque le culte insensé autour de la Centaur originale. Le tarif de certains modèles d’époque atteint par exemple plus de 2 000 dollars sur eBay. La KTR peut-elle assumer un héritage si lourd ?

How does it sound ?

Le spectre sonore de la KTR est relativement ample, mais ce n’est pas une pédale pleine de basses. Pour évoquer son caractère, l’on pourrait penser à une TS808 moins nasale, un peu plus ouverte, et préservant de manière plus importante les aigus. Elle retranscrit à merveille la dynamique — elle fait mieux dans ce domaine que la plupart des pédales testées dans le cadre de notre comparatif How does it sound ? – mais c’est surtout sa précision qui marque. Jamais elle ne bafouille, quelle que soit la saturation.

La réserve de gain n’est pas énorme, mais ce n’est pas forcément ce que l’on attend d’une overdrive. Le gain est très progressif, et permet de régler l’effet de façon subtile. De plus, augmenter le gain ou les aigus n’ajoute pas du volume outre mesure. Les sons crunchy sont un vrai plaisir, et elle garde une clarté impressionnante même avec le gain à fond.

Le bouton de tonalité, quant à lui, est efficace, et même lorsqu’on le pousse vers les graves, le son n’est pas trop sourd.

Conclusion

Côté son, la Klon KTR fait carton plein. Nous n’avons malheureusement pas eu la chance de mettre la main sur une Centaur originale, et nous ne pourrons donc pas juger la qualité de la reproduction. Mais nous pouvons assurer qu’il s’agit d’une excellente pédale qui n’usurpe pas sa réputation. Attention toutefois, les amateurs de sons gras et graves seront un peu déçus, mais son équilibre sonore global est excellent. Elle peut apporter une pointe de chaleur, ou plus de brillance suivant les réglages choisis. Ce n’est pas pour autant une machine polyvalente, et sa réserve de gain est limitée. Mais elle est d’une finesse rare, notamment grâce à sa précision. Malgré tout, la KTR laisse un goût amer dans la bouche… 

Tout d’abord, la pédale est laide, et les matériaux sont quelconques. Mais, surtout, c’est son prix qui interroge. On la trouve en effet à 334 € dans plusieurs magasins. Ce prix est exorbitant, et même si l’effet a de grandes qualités, on se demande bien ce qui peut justifier un tel tarif. De nombreux clones de Klon Centaur existent sur le marché, et il est certainement possible de trouver un bien meilleur rapport qualité/prix. Nous avons donc pris cela en compte dans notre note finale. Pour autant, si vous êtes prêt à mettre la main au portefeuille, c’est indéniablement une valeur sûre.

  • Klon KTR : Klon KTR 1
  • Klon KTR : Klon KTR 2
  • Klon KTR : Klon KTR 3
  • Klon KTR : Klon KTR 4
  • Klon KTR : Klon KTR 5

 

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Notre avis :
Award Valeur sûre 2016
Points forts Points faibles
  • Une Centaur plus accessible conçue par son créateur
  • Clarté et précision exceptionnelles
  • Beau respect de la dynamique
  • S’adapte au matériel utilisé
  • Réglages subtils
  • Les modes buffer et TrueBypass
  • Prix exorbitant malgré tout
  • Peu polyvalente (si vous cherchez beaucoup de bas, passez votre chemin)
  • Esthétique et fabrication décevantes
À propos de nos tests
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