Devenir membre
Devenir Membre

ou
Connexion
Se connecter

ou
Agrandir
Ajouter ce produit à
  • Mon ancien matos
  • Mon matos actuel
  • Mon futur matos
Arturia Moog Modular V
Photos
1/15

Test du synthétiseur virtuel modulaire Moog Modular V

Synthé Modulaire Virtuel de la marque Arturia

Prix public : 99 € TTC
test
Test Arturia Moog Modular V
8/10
Partager cet article

Le Moog Modular V ("V" pour virtuel) est la réplique des synthétiseurs analogiques modulaires Moog Modular 3c et Moog 55, produits par une firme dont le son est particulièrement à la mode en ce moment (s'agit-il vraiment d'une mode, ou bien le son Moog est-il immortel ?). Voyons donc si ce synthétiseur virtuel est à la hauteur de ses homologues analogiques.

Le MMV (c’est son dimi­nu­tif) se compose de trois grandes parties :

  • Le synthé­ti­seur
  • Le mini séquen­ceur et effets
  • Le clavier maître

Prise en main

Le manuel en français de près de 150 pages ne se contente pas d’ex­pliquer le fonc­tion­ne­ment du synthé­ti­seur virtuel, mais reprend égale­ment les bases de la synthèse sous­trac­tive. On peut égale­ment trou­ver des exemples concrets de créa­tion de patches pour se fami­lia­ri­ser avec la philo­so­phie de l’ins­tru­ment. Artu­ria conti­nue donc la démarche péda­go­gique que l’on trou­vait déjà dans leur premier logi­ciel, Storm.

Les 15 premières pages du manuel sont dédiées à la compa­rai­son entre la tech­no­lo­gie TAE (True Analog Emula­tion) et celles des concur­rents… On peut s’éton­ner que cette rubrique soit présente sur le manuel, car si manuel il y a, c’est que le musi­cien a déjà fait l’acte d’achat, il ne s’agit plus de le convain­cre… Je ne rentre­rai pas dans des consi­dé­ra­tions marke­ting et fais réso­lu­ment le choix de ne pas vous parler des argu­ments «  offi­ciels  » (TAE, absence d’alia­sing etc.) pour savoir si oui ou non le Moog Modu­lar sonne. Je préfère écou­ter par moi-même ce qu’il en est réel­le­ment, tech­no­lo­gie nova­trice ou pas, et vous en donner le résul­tat «  prag­ma­tique  ».

Je vous l’avoue, lorsque je découvre un logi­ciel, je suis d’un natu­rel bidouilleur… Alors plutôt que de lire immé­dia­te­ment le tuto­riel sur le patching dispo­nible dans le manuel, j’ai tout de suite pris un preset que j’ai trafiqué de manière empi­rique, au niveau des connexions et des para­mètres, jusqu’à trou­ver un son complè­te­ment nouveau. L’édi­tion s’avère très intui­tive (à condi­tion bien sûr de connaître les bases de la synthèse sous­trac­tive) et on retrouve en grande partie le plai­sir que l’on peut avoir avec un vrai synthé­ti­seur modu­laire (les nœuds dans les câbles en moins, puisque les fils sont virtuels). Très bon point pour Artu­ria !

Faci­lité d’uti­li­sa­tion

L’en­semble est plutôt bien pensé. Par exemple lorsque l’on clique sur une entrée ou sortie jack, toutes les prises jack suscep­tibles d’ac­cep­ter une connexion avec cette entrée ou sortie sont mises en valeur par un cadre. Cela rend le patching encore plus intui­tif, notam­ment si on va un peu « au hasard » au sein des modules.

Notons un détail esthé­tique assez remarquable: les fils bougent lorsqu’on les survole avec la souris. Cette fonc­tion­na­lité peut paraître super­flue, mais en fait elle sert égale­ment à pous­ser un fil lorsque l’on veut lire les inscrip­tions qui se trouvent derrière. Bien vu ! Pour ne pas s’ar­rê­ter là, il est égale­ment possible de régler la « tension » des fils, si bien qu’ils pendent plus ou moins…

Ces détails ont pour consé­quence une faci­lité d’uti­li­sa­tion du logi­ciel, même pour l’ama­teur. Et la simpli­cité d’uti­li­sa­tion est un point plus impor­tant qu’il n’y paraît. Car si l’on ne maîtrise pas son instru­ment, on ne peut rien en faire sinon écou­ter les presets. Ici, c’est tout le contraire, on rentre rapi­de­ment dans l’uni­vers du sound design.

On s’éton­nera à première vue que les deux LFOs soient à des endroits diffé­rents du module. Les raisons en sont simples. Réponse de l’er­go­nome de chez Artu­ria : «  premiè­re­ment, le graphisme déjà chargé de boutons néces­si­tait de placer le second LFO là où il restait de la place [NDLR : raison suffi­sante !]. C’est aussi pour faire comme dans l’ori­gi­nal. Enfin, cela suit la logique d’uti­li­ser a priori un LFO sur les oscil­la­teurs et l’autre sur les filtres. La posi­tion actuelle des LFO permet donc d’évi­ter que les fils traversent tout l’écran.  ». Comme quoi, les choses ne sont pas faites au hasard.

Passons donc au plus impor­tant : le son !

Qualité sonore

Au niveau du son, ce que l’on peut dire en tous les cas c’est que les graves ne manquent pas, notam­ment dans le spectre aux alen­tours de 20–100 Hz. Les sons de basses sont effec­ti­ve­ment « pleins » et les membranes des enceintes en font les frais (elles vibrent d’une lente oscil­la­tion à vue d’oeil). Ce ne sont que des petites Tannoy Reveal, qui descendent peu dans les graves, et pour­tant, elles ont du encais­ser des basses mons­trueuses avec le Moog Modu­lar V ! A ce propos, veillez à utili­ser un filtre passe haut à 20–30 Hz sur votre sortie géné­rale pour éviter d’abî­mer vos enceintes à trop fort volume.

La qualité des presets est miti­gée (certains sont excel­lents et d’autres très basiques). C’est assez éton­nant que les auteurs de ces patches – souvent des sound desi­gners et musi­ciens renom­més – aient parfois fait se côtoyer des sons de qualité et d’ori­gi­na­lité si diffé­rentes. Doit-on en déduire que le Moog Modu­lar n’est pas capable de créer de gros sons ? Certai­ne­ment pas ! Certains patches sont d’ex­cel­lente facture, comme vous pour­rez l’en­tendre dans notre rubrique «  démos en MP3  ». Et là où vous allez certai­ne­ment vous réga­ler, c’est lors de la créa­tion de vos propres patches (c’était mon cas, j’ai passé une jour­née entière à en program­mer) !

Pour résu­mer les domaines de prédi­lec­tion du Moog Modu­lar V, on peut raison­na­ble­ment dire que les basses ont une très bonne attaque et un grain dans le grave extrême digne du Moog origi­nal, chose que l’on trouve rare­ment dans les plug-ins qui sonnent géné­ra­le­ment plus brillants que «  gras  ». Il semble­rait en revanche plus diffi­cile de faire des nappes convain­cantes avec ce synthé virtuel.

Les 9 (!) oscil­la­teurs, grou­pés par 3 (à l’image du Moog origi­nal) peuvent servir soit à géné­rer du son, soit à contrô­ler d’autres para­mètres (à la manière de LFOs). Ils peuvent être synchro­ni­sés entre eux. En pratique, cela donne des gros sons, évolu­tifs et très convain­cants.

On trouve les filtres inspi­rés par le synthé origi­nal de chez Moog (passe-bas 24 dB, passe-haut 24 dB, passe-bande, coupe-bande), plus un filtre multi­mode compor­tant 7 types de filtres (voir fiche tech­nique). La pléthore d’en­ve­loppes (8 au total) permet une multi­tude d’évo­lu­tions du signal.


Effets

On notera de bonnes possi­bi­li­tés de routing des effets. Par exemple, il est possible de ne mettre le chorus (assez gros, mais «  ramo­lis­sant  » pas mal le son) que sur le [def]VCA[/def] 1 et aucun effet sur le [def]VCA[/def] 2, pour créer des sons spatia­le­ment inté­res­sants… Dans ce cas, en effet, le [def]VCA[/def] 2 donne un son précis, mono­pho­nique et dont l’at­taque est très rapide et le [def]VCA[/def] 1 ajoute un grand espace sonore. Pour vous en convaincre, écou­tez les deux sons de notre rubrique « MP3 ».

Les effets de base sont un peu légers (délai, chorus, égali­seur multi­bandes etc.) ce qui explique en partie que les presets sonnent souvent «  dry  ». A vrai dire, ce n’est pas ce que l’on recherche sur ce type d’ap­pa­reil. En effet, les synthé­ti­seurs modu­laires sont avant tout faits pour créer un son « dry » (sans effet), auquel on peut ensuite ajou­ter des effets via des proces­seurs ou plug-in externes.

 


Perfor­mances

Parlons à présent des ressources prises par le Moog Modu­lar V d’Ar­tu­ria : en tant qu’ins­tru­ment VST sous Cubase SX, il semble que notre confi­gu­ra­tion maté­riel­le* ne plaise pas trop au Moog Modu­lar V car il prend des ressources énormes (de l’ordre de 25 % du CPU par voix de poly­pho­nie instru­ment).

* Machine de test : PÏII 933, 512 Mo de RAM, disques durs UW SCSI.

Au passage, ne vous fiez pas à l’in­di­ca­teur en mode stand alone des ressources CPU. Sous Windows 2000, les ressources prises peuvent être visua­li­sées en temps réel en faisant un Control + Alt + Suppr… On découvre alors que, lorsque le Moog Modu­lar V indique 4 % de CPU utilisé, le système indique 12 %. Par consé­quent, si le Moog Modu­lar indique 70 %, méfiez-vous, le son risque de craquer.

Le point noir du Moog Modu­lar est donc la consom­ma­tion de CPU… Ceci s’ex­plique par le fait que les algo­rithmes utili­sés se veulent réalistes avant tout, par rapport à l’ori­gi­nal analo­gique. Un compro­mis, si vous avez un PC ou Mac peu puis­sant, est de bais­ser la valeur de notes en release. Ainsi vous ne dépas­se­rez jamais le nombre de notes simul­ta­nées provoquant des craque­ments par manque de ressources proces­seur. Dans tous les cas, on aurait aimé deux modes, dont l’un serait moins gour­mand en CPU. Cela permet­trait de compo­ser dans Cubase SX sans avoir les problèmes de ressources, puis d’ex­por­ter en audio le son généré par le MMV en haute qualité.

Conclu­sion

Astuces

Si vous avez une carte graphique Matrox G550, passez en 24 bits (en 32 bits, l’in­ter­face graphique du Moog Modu­lar V semble plan­ter très dange­reu­se­ment – vidage mémoire et reboot sous Windows 2000).

Comment régler le niveau d’en­trée lorsque l’on câble deux modules ?

Plutôt que de mettre un poten­tio­mètre devant chaque entrée « jack », ce qui aurait impliqué une tripo­tée de nouveaux éléments graphiques, l’équipe d’Ar­tu­ria a rusé en incluant le poten­tio­mètre sur le jack. Il est ainsi possible de régler le niveau d’en­trée, en posi­tif ou néga­tif.

Comment utili­ser les 9 oscil­la­teurs en même temps alors que l’on a seule­ment 2 VCA en sortie ?

En utili­sant la série de VCA en bas de l’écran et en les mixant grâce aux boutons « link ».

Le mixage des oscil­la­teurs se fait…
- Via une mixette de grande taille sur l’ori­gi­nal
- Via les 16 VCA sur le MMV, non présents sur l’ori­gi­nal

Après un premier logi­ciel «  tout en un  » (Storm) davan­tage grand public, Artu­ria cible désor­mais un éche­lon véri­ta­ble­ment profes­sion­nel avec un synthé­ti­seur virtuel qui n’a pas à rougir devant le modu­laire origi­nal produit par Moog. Quant à la faci­lité d’uti­li­sa­tion d’un modu­laire virtuel, il n’y a pas photo : les câbles virtuels, c’est quand même bien plus pratique que les nœuds !

A mon avis, le Moog Modu­lar, comme l’ori­gi­nal (le Moog 3c et une partie du Moog 55), excelle avant toute chose dans les sons de basses, grâce au fait que les harmo­niques du signal qu’il génère descendent très bas dans le spectre. Les sons médiums dans l’es­prit trance sont égale­ment au rendez-vous grâce aux 9 oscil­la­teurs qui, détu­nés, donnent un très gros son. Pour les sons de nappes, on pourra lui préfé­rer des plug-ins plus brillants (mais qui ont souvent moins de chaleur) en complé­ment. Person­nel­le­ment, je compte bien l’uti­li­ser pour ses sons de basses et les sons «  agres­sifs  » en complé­ment de mes autres plug-ins. Un régal de créa­tion sonore. 

 

 

8/10
Points forts
  • Intuitif
  • Côté pédagogique du modulaire
  • Flexibilité des modules
  • Qualité sonore, chaleur du son
  • Possibilités de patching
Points faibles
  • Beaucoup trop gourmand en temps de calcul
Soyez le premier à réagir à cet article

    Vous souhaitez réagir à cet article ?

    Se connecter
    Devenir membre
    cookies
    Nous utilisons les cookies !

    Oui, Audiofanzine utilise des cookies. Et comme la dernière chose que nous voudrions serait de perturber votre alimentation avec des choses trop grasses ou trop sucrées, sachez que ces derniers sont fait maison avec des produits frais, bio, équitables et dans des justes proportions nutritives.
    Ce que cela veut dire, c’est que les infos que nous y stockons ne visent qu’à simplifier votre usage du site comme à améliorer votre expérience sur nos pages et vous afficher des publicités personnalisées (en savoir plus).

    Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

    Tous nos cookies
    Cookies non soumis à consentement
    Il s'agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).
    Google Analytics
    Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer.
    Publicités
    Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.

    Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

    Tous nos cookies
    Cookies non soumis à consentement

    Il s’agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).

    Google Analytics

    Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer. Lorsque ce paramètre est activé, aucune information personnelle n’est envoyé à Google et les adresses IP sont anonymisées.

    Publicités

    Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.


    Vous pouvez trouver plus de détails sur la proctection des données dans la politique de confidentialité.
    Vous trouverez également des informations sur la manière dont Google utilise les données à caractère personnel en suivant ce lien.