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M P(as) C(hère)
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La gamme MPC n'a jamais cessé de s'étoffer ces dernières années, et aujourd'hui nous allons regarder de plus près la nouvelle fournée 2021 de Akai Professional, à savoir la MPC Studio mk2 qui remplace la vénérable Studio première du nom de 2012.

Test du Akai MPC Studio mk2 : M P(as) C(hère)

Quand on entend Akai MPC (pour Music Produc­tion Soft­ware), on pense instan­ta­né­ment aux mythiques samplers des années 90 et 2000 qui ont façonné les musiques urbaines mais pas que, de la MPC 60 de Roger Linn qui fut une tenta­tive de refaire en mieux la Linn 9000, aux modèles 3000, 2000 (sans Roger Linn à partir de là) ou 4000 que l’on pouvait voir trôner fière­ment dans les studios de l’époque à côté de tables de mixage. Ces machines étaient parmi celles qui ont le plus contri­bué à démo­cra­ti­ser la créa­tion musi­cale auprès d’un public qui ne connais­sait pas forcé­ment le solfège à l’époque, inti­midé pas des claviers à touches blanches et noires mais beau­coup moins par la grille iconique de 4×4 grands pads de la marque, avec l’écran, les gros potards ronds, et les multiples boutons colo­rés qui allaient avec.

Ensuite, beau­coup de choses se sont produites autour de notre acti­vité préfé­rée, l’avè­ne­ment des DAW (Digi­tal Audio Works­ta­tion) ou STANs, l’uti­li­sa­tion de l’or­di­na­teur quasi systé­ma­tique, et toutes sortes d’évo­lu­tions côté hard­ware, niveau works­ta­tions avec leurs claviers, groo­ve­boxes dédiées au sampling ou pas (chez Roland ou Elek­tron par exemple). Et puis les socié­tés Able­ton, Nova­tion et Native Instru­ments ont fait leur petit bonhomme de chemin – spéci­fique­ment sur la manière d’in­ter­agir avec un système de créa­tion musi­cale. Ainsi Able­ton Live premier du nom sortait en 2001 avec son approche non linéaire et son lanceur de clips, qui n’ont presque pas eu besoin d’évo­luer niveau design et philo­so­phie en 20 ans d’exis­tence. Tout une palanquée de contrô­leurs hard­ware à base de potards rota­tifs ou linéaires et pads ont suivi, dont certains dédiés à Live notam­ment chez Nova­tion avec sa série de Launch­pads qui a débuté en 2009, faisant suite au Akai MPC40 de la même année. Toujours en 2009, voilà que sortait le non moins iconique Maschine de Native Instru­ments, et acces­soi­re­ment la version 8 de Able­ton Live (mais qu’est-ce qu’ils ont pris comme substances dopantes les déve­lop­peurs cette année dans l’au­dio bon dieu).

En 2012, Akai fabriquait le Push premier du nom, en parte­na­riat avec Able­ton et contrô­leur offi­ciel de la STAN Live, ainsi qu’un produit qui ne fit pas du tout l’una­ni­mité, qui était censé relan­cer la série des MPCs dans une nouvelle direc­tion : la MPC Renais­sance. C’est un contrô­leur dédié à une STAN maison inti­tu­lée sobre­ment « MPC » ou MPC Soft­ware que j’ap­pel­le­rai MPCS. Ce fut égale­ment l’an­née de la sortie d’une version light de ce contrô­leur pour MPCS, la première MPC Studio. Cette propo­si­tion, qui clai­re­ment cher­chait à marcher sur les plates bandes du succès gran­dis­sant de la plate­forme Maschine, sortait pas mal du cadre des MPC clas­siques, peut être un peu trop : au revoir le côté auto­nome et bonjour la connexion à l’or­di­na­teur, MPCS était à l’époque à son stade embryon­naire et encore aujour­d’hui ça reste une STAN plutôt simpli­fiée, l’orien­ta­tion un peu plus géné­ra­liste et un peu moins sampling, et le contrô­leur dédié était malgré tout d’une certaine complexité.

Depuis, les utili­sa­teurs de produits MAO ont pris l’ha­bi­tude d’uti­li­ser de plus en plus de contrô­leurs externes avec leurs STANs, mais sont toujours deman­deurs de produits hard­wares inspi­rants et complé­men­taires, et Akai a affiné ses propo­si­tions. La MPC Touch (2015) avec son écran tactile bien­venu a été très bien accueillie, elle a arrangé certains des écueils et a été régu­liè­re­ment mise à jour. MPCS en est à sa version 2, on a vu aussi le retour marqué des MPC auto­nomes (Live et X en 2016, One et Live 2 en 2020) avec une connec­ti­vité exem­plaire à l’or­di­na­teur grâce à la compa­ti­bi­lité avec MPCS voire même avec Able­ton Live, et un certain succès. On peut parler aussi de la tenta­tive plutôt réus­sie de s’aven­tu­rer ailleurs avec la groo­ve­box auto­nome Akai Force qui emprunte beau­coup au work­flow typique­ment Nova­tion Launch­pad et délais­sait les gros 4 × 4 pads, ou de la réédi­tion de la MPC Studio mk1 en noir en 2016. De nouveaux noms se firent entendre dans le domaine du sampling et de la groo­ve­box comme ceux qu’on a décrit dans notre précé­dent test du Nova­tion Circuit Tracks. Côté concur­rents, il est impos­sible d’être passé à côté du succès de Nova­tion avec sa gamme de Launch­pads et de Circuits, contrô­leurs et groo­ve­boxes auto­nomes, qui partagent une grosse partie de leur work­flow et de leur affi­nité avec Able­ton Live. Chez Native Instru­ments, les Maschines et leur logi­ciel dédié conti­nuent aussi d’évo­luer, notam­ment avec la Maschi­ne+ qui en 2020 est deve­nue leur première groo­ve­box auto­nome, et qui là aussi partagent un certain nombre de choses sur l’er­go­no­mie, la philo­so­phie et les fonc­tion­na­li­tés. Du coup, ça parais­sait évident qu’on allait être très curieux de voir ce que propose Akai avec cette nouvelle Studio mk2 pour l’an­née 2021 dans tout cet écosys­tème de pads, de potards, d’écrans (ou pas !) tactiles (ou pas !), et de recherche sans fin du meilleur work­flow pour la créa­tion musi­ca­le…

En ce moment ça caille dans le studio

La MPC Studio mk2 est donc un contrô­leur physique, dispo­nible à un tarif autour de 260 euros, autoa­li­menté que l’on branche en USB sur nos ordi­na­teurs, qui peut envoyer des notes et des données MIDI à vos STANs, mais aussi à d’autres appa­reils hard­ware puisqu’il possède égale­ment une entrée et une sortie MIDI aux formats mini jack. Il est d’ailleurs livré avec deux conver­tis­seurs mini jack vers MIDI Din femelle, un câble USB et une notice succincte mais bien­ve­nue. Evidem­ment, le contrô­leur n’est pas très à l’aise dans ces contextes-là par rapport à d’autres solu­tions dédiées, et on l’uti­li­sera prin­ci­pa­le­ment voir exclu­si­ve­ment avec le MPC Soft­ware (version 2.10.1 au moment du test). Après avoir créé son compte sur le site de Akai, on pourra le télé­char­ger et l’ins­tal­ler via une appli­ca­tion dédiée (comme c’est souvent le cas main­te­nant chez les éditeurs pour les gros télé­char­ge­ments), ainsi qu’un driver, les dernières versions du firm­ware du contrô­leur, et une ving­taine de giga-octets de sons, de templates, d’ef­fets et de synthé­ti­seurs réali­sés par Akai et ses parte­naires comme AIR. MPCS peut être utilisé comme appli­ca­tion auto­nome mais aussi comme un plug-in, aux formats VST, Audio Unit, et AAX, pour Windows et mac OS, avec ce qu’il faut en entrées/sorties virtuelles, ce qui peut être inté­res­sant si on ne souhaite pas arrê­ter d’uti­li­ser sa STAN préfé­rée. Le contrô­leur marchera de la même façon dans tous les cas. Préci­sons égale­ment que le site inter­net du produit propose à l’achat d’autres banques de sons et exten­sions, et que le schéma de protec­tion utilisé est celui de PACE, avec une iLok physique ou un compte et un accès inter­net.

Studio mk2La machine (sans le s) est de construc­tion solide, avec en dimen­sions 305 × 171 × 37 mm, un petit écran couleur, les 4 × 4 pads qui prennent une place certaine qui sont sensibles à la vélo­cité et peuvent s’éclai­rer de diffé­rentes couleurs, une rangée de 11 boutons à la toute gauche, le nouveau « Touch Strip » qui est une surface de contrôle rectan­gu­laire tactile qui fait toute la hauteur à côté des pads, avec des indi­ca­teurs LEDs sur le côté, un énorme potard rota­tif infini à crans sous l’écran qui peut aussi être appuyé (prin­ci­pa­le­ment utile pour la navi­ga­tion), et encore 28 (!) boutons sur le côté droit du Studio mk2. Chaque bouton peut s’éclai­rer de diffé­rentes couleurs égale­ment, pour indiquer par exemple la vue en cours sur le MPCS, se présente avec du texte à l’in­té­rieur pour indiquer sa fonc­tion prin­ci­pale, et aussi autour sur la machine pour montrer parfois quelles sont les autres fonc­tions acces­sibles avec, par exemple en main­te­nant appuyé les bouton « shift », ou « mode » ou encore « locate ».

Par rapport à la Studio mk1, la nouvelle itéra­tion du concept a de quoi intri­guer. En plus de l’ajout évident du « Touch Strip », on remarque en effet sur la nouvelle version la dispa­ri­tion des 4 potards Q-Link ainsi que potard Scroll du dessus, le nouvel écran apporte la couleur mais est plus petit et affiche moins d’in­for­ma­tions, et surtout l’agen­ce­ment des fonc­tions ou la manière de navi­guer dans le logi­ciel changent du tout au tout, certaines fonc­tions dispa­rais­sant pure­ment et simple­ment, et d’autres faisant leur appa­ri­tion. Cela est en partie lié aux multiples évolu­tions succes­sives qui ont eu lieu dans le MPCS, qui n’a pas cessé d’évo­luer depuis la sortie de la première Studio Mk1… L’auto alimen­ta­tion de la nouvelle version par contre est clai­re­ment un autre de ses gros points forts.

Pour apprendre à se servir de tout ça, on pourra se réfé­rer à la docu­men­ta­tion en anglais seule­ment, à savoir le manuel dédié à tous les contrô­leurs et groo­ve­boxes de la gamme récente MPC, le manuel du MPCS, ou encore la série de vidéos tuto­riel propo­sées sur les chaines Youtube de la marque. Bien que les vidéos soient de très bonne facture, je dois avouer que je trouve les manuels parfois confus, se voulant géné­ra­listes pour parler à la fois de tous les contrô­leurs et groo­ve­boxes d’un côté, et du MPCS ainsi que du logi­ciel interne des groo­ve­boxes auto­nomes de l’autre.

MPC Soft­ware

Parlons main­te­nant un peu du logi­ciel MPC Soft­ware, qui est dispo­nible aussi en version gratuite plus limi­tée sous le nom de MPC Beats. Dès que celui ci est actif quelque part, le contrô­leur s’al­lume ce qui permet d’in­ter­agir avec… C’est une STAN avec une repré­sen­ta­tion hori­zon­tale des données musi­cales on ne peut plus clas­sique, avec des pistes audio d’un côté et des pistes conte­nant des données de type MIDI de l’autre, qui peut char­ger des plug-ins tiers en plus de ceux propo­sés par l’édi­teur, la barre de trans­port tout en haut, les fonc­tion­na­li­tés d’ex­port et de mixage clas­siques, des algo­rithmes de time stret­ching et de pitch shif­ting pour les échan­tillons sono­res…

MainPlusieurs choses le rendent origi­nal toute­fois. A droite, on a un accès à un navi­ga­teur de contenu présent dans les exten­sions instal­lées avec le bundle, dans lequel on peut navi­guer aussi avec la MPC Studio. Le reste de l’in­ter­face est orga­nisé en « modes », acces­sibles aussi avec la MPC Studio d’un Shift + pad, pour au choix visua­li­ser les musiques, mixer, éditer le compor­te­ment des pads, faire du sampling à partir des entrées audio que l’on a sur notre inter­face audio, utili­ser une fonc­tion looper, éditer des samples etc. Sur ces derniers points on peut évidem­ment ressen­tir l’hé­ri­tage MPC…

Autres origi­na­li­tés, l’or­ga­ni­sa­tion du contenu musi­cal et des projets en cours d’édi­tion. Dans MPC Soft­ware, les pistes MIDI ne sont pas direc­te­ment asso­ciées à des effets et instru­ments virtuels, on ne peut pas les « mixer ». A chaque piste MIDI, on asso­cie un « programme » qui peut être de diffé­rents types (plug-in tiers, sampler avec un son diffé­rent par pad, notes MIDI faites pour tran­si­ter vers un autre endroit etc.). Chaque fois qu’on veut ajou­ter une instance d’ins­tru­ment virtuel, on doit créer un nouveau programme, sélec­tion­ner le type de programme que l’on veut, et y mettre ce qui nous inté­resse. On comprend l’ori­gine de ce mode de fonc­tion­ne­ment, proba­ble­ment l’es­pace mémoire si précieux d’une groo­ve­box hard­ware, mais fait quand même peu sens sur un ordi­na­teur quand on est habi­tué à rajou­ter des effets et instru­ments à la volée en drag and drop, et que la STAN gère sa mémoire dans son coin sans embê­ter l’uti­li­sa­teur avec son orga­ni­sa­tion inter­ne…

A certains moments, on doit créer le nouveau programme, puis le person­na­li­ser pour exécu­ter une tâche, à d’autres moments le programme se créé auto­ma­tique­ment – par exemple quand on double clique sur une entrée du navi­ga­teur – puis on peut s’en servir unique­ment en sélec­tion­nant le programme dans la vue asso­ciée, ou une piste puis en lui assi­gnant le dit programme. Piste que l’on ne peut créer que d’une manière alam­biquée en allant cher­cher la liste des pistes exis­tantes puis en cliquant sur « (unused) » à la fin ou en navi­guant vers la fin de la liste avec la MPC Studio et le bouton « Track Select ». Le manuel indique la procé­dure sur la version groo­ve­box hard­ware avec un écran tactile mais ne précise pas quoi faire dans la STAN… Enfin, on rajou­tera les effets pour le mix sur les bus masters et returns/sends, sur les programmes, voire par pad, mais pas sur les pistes !

De même, la manière de stocker les notes fonc­tionne avec un prin­cipe alam­biqué simi­laire. Au lieu de mettre du contenu musi­cal sur la time­line à la volée, on est invi­tés à créer des « Séquences », qui contiennent toutes les notes de toutes les pistes MIDI, et on peut ensuite les séquen­cer de manière fixe avec le mode « Song » en faisant des drag and drops, ou bien à la volée dans le mode « Next Sequence » qui permet de faire dans le tempo­raire, avec les pads qui permettent de lancer les dites séquences, à la manière d’un Able­ton Live. Bon, comme le MPC Soft­ware est conçu pour être consis­tant avec les groo­ve­boxes MPC, on peut se faire à tout ça avec un temps d’adap­ta­tion.

Mother Ducker

Mother DuckerUn mot à propos du bundle fourni avec MPCS : les « exten­sions » proposent des packs de samples, et aussi des morceaux de démons­tra­tion, avec des versions « templates » asso­ciées qui permettent de créer des morceaux origi­naux en utili­sant la même confi­gu­ra­tion d’ins­tru­ments et de mixage. MPCS est aussi fourni en instru­ments virtuels de plutôt bonne facture, réali­sés en parte­na­riat avec d’autres déve­lop­peurs comme AIR, avec des choses qui détonnent par rapport à la concur­rence, comme un Mello­tron, un émula­tion des ARP Odys­sey et de Solina String Ensemble, un synthé­ti­seur de sons de batte­rie, un Mello­tron, ou le synthé­ti­seur Hype basé sur la lecture de tables d’ondes ! Côté effets, on n’est pas en reste non plus avec des chan­nels strips, des émula­tions de compres­seurs analo­giques Opto ou VCA, un tran­sient shaper, une suite d’ef­fets dédiée aux voix, toutes sortes de délais, réverbs, algo­rithmes de distor­sion, modu­la­tions… On notera aussi des émula­tions des défauts de la MPC 3000, de la MPC 60, de la E-mu SP-1200, et un compres­seur « side­chain » appelé Mother Ducker avec un énorme canard dans l’in­ter­face qui bouge avec la quan­tité de compres­sion appliquée au signal !

Sample EditEnfin quelques mots rapides sur MPCS sans vouloir faire tout le tour complet du proprié­taire qui pour­rait faire l’objet d’un test à part. L’éco­sys­tème MPC étant tradi­tion­nel­le­ment asso­cié au sampling, il va de soi que MPCS se doit de propo­ser quelques fonc­tion­na­li­tés dédiées. Ainsi parmi les modes / onglets dispo­nibles dans l’in­ter­face, il y a des accès à plusieurs choses inté­res­santes : un mode looper qui permet d’en­re­gis­trer puis de jouer à la volée de l’au­dio avec le reste du morceau, un mode sampler et des fonc­tion­na­li­tés d’édi­tion des échan­tillons sonores incor­po­rés qui permettent en résumé de créer un programme de « sampler » avec chaque pad asso­cié à un son, avec des options sur le mode de lecture, le time stretch, et tout un tas d’ou­tils non destruc­tifs ou destruc­tifs pour réali­ser le « slicing » qui permet d’as­si­gner à chaque pad un échan­tillon diffé­rent. Notons égale­ment la présence de « l’auto sampling » qui permet, en bran­chant un instru­ment hard­ware externe en audio et en MIDI, de prendre en charge auto­ma­tique­ment le sampling de l’ins­tru­ment en y envoyant plusieurs notes avec plusieurs vélo­ci­tés et en créant le programme de jeu asso­cié, malin !

Manger Plan­teur Coco

A l’usage du MPCS, on va bien évidem­ment se servir du contrô­leur et voir un peu comment ça impacte sur le work­flow. Certaines tâches de base se font très bien avec la MPC Studio mk2, comme tout ce qui a trait à la barre de trans­port, l’en­re­gis­te­ment, le dépla­ce­ment dans la time­li­ne… On peut aussi acti­ver ou désac­ti­ver un métro­nome avec un Shift + « Play Start », ce qui fait partie des nombreux raccour­cis très utiles mais malheu­reu­se­ment non indiqués sur la coque de l’ap­pa­reil, peut-être dans l’idée que certains raccour­cis pour­raient être amenés à chan­ger pendant la vie du produit. Un autre exemple est celui des Pad Modes, acces­sibles avec Shift + « 16 levels », qui permet d’as­si­gner des gammes aux pads de jeu, mais aussi des accords dans une gamme donnée, voire de sélec­tion­ner diffé­rentes progres­sions d’ac­cords, une fonc­tion­na­lité très inté­res­sante je trouve.

  • Pad Edit
  • Pad Mixer

Car ce contrô­leur permet surtout de jouer avec ses pads emblé­ma­tiques. La première fois que j’ai posé mes doigts dessus, j’ai été un peu surpris par la taille et le répon­dant, heureu­se­ment person­na­li­sable avec des para­mètres de MPCS, étant habi­tué aux pads façon Nova­tion et surtout à en avoir au moins 32 voire 64 devant moi. Je dois avouer que je ne compre­nais pas trop l’in­té­rêt d’avoir fait si gros la première fois que j’ai vu une MPC et d’en mettre seule­ment 16. Et puis j’ai vu des gens faire du « finger drum­ming » avec, et j’ai vite compris le pourquoi, notam­ment quand on joue avec plusieurs doigts sur le même pad. Ceux de la MPC Studio mk2 ne dérogent pas à la règle, ils sont très agréables à utili­ser et consti­tuent clai­re­ment un des points forts du contrô­leur, d’au­tant qu’ils sont rétro éclai­rés avec plusieurs couleurs possibles, ce qui permet d’af­fi­cher des données inté­res­santes pour le jeu avec une gamme, clas­ser les types de sons de chaque pad etc. Et le work­flow MPC clas­sique propose égale­ment la touche Note Repeat avec le choix via le « Touch Strip » de la vitesse de répé­ti­tion par rapport au tempo courant, les 4 boutons Pad Bank qui permettent de choi­sir l’oc­tave ou la bande de son en cours de jeu, avec en fait 8 banques dont les 4 dernières sont acces­sibles via la touche « Shift », la fonc­tion 16 levels qui permet pour le pad en cours de chan­ger ses para­mètres comme le volume ou le pitch en les étalant sur 16 pads etc.

Et puis il y a les autres boutons. Et c’est là que les choses commencent à se gâter un petit peu… Pour navi­guer dans MPCS, les fonc­tion­na­li­tés dispo­nibles sur la MPC Studio mk2 sont très insuf­fi­santes. On peut chan­ger de mode / onglet avec le bouton « mode » et en appuyant sur un pad, mais il est impos­sible de faire la plupart des tâches de navi­ga­tion et d’édi­tion sans faire sans arrêt des allers retours entre le contrô­leur et le clavier + souris + écran. Tout au plus certaines fonc­tions deviennent auto­ma­tique­ment acces­sibles avec un raccourci ou une combi­nai­son de touches bien senties, ce qui permet d’al­ler un peu plus vite que d’al­ler cher­cher la fonc­tion dans MPCS, ou alors peuvent deve­nir assi­gnables manuel­le­ment à une combi­nai­son de boutons + pads + Touch Strip, qui est un moyen bien sympa­thique de chan­ger un para­mètre, mais qui peut vite deve­nir cauche­mar­dèsque quand on cherche à y assi­gner un para­mètre parti­cu­lier qui n’y est pas encore asso­cié…

D’ailleurs, la dispa­ri­tion des poten­tio­mètres Q-Links fait partie égale­ment des gros soucis de la version 2 de la MPC Studio. La fonc­tion­na­lité dite « Q-Links » existe toujours dans le MPCS et il est possible comme je le disais dans diffé­rents contextes de pouvoir assi­gner des contrôles à chaque pad et d’en­suite pouvoir chan­ger leur valeur avec le Touch Strip. Mais comme l’in­té­gra­tion est moins réus­sie et que la navi­ga­tion ne peut pas se faire direc­te­ment avec le contrô­leur, les tâches d’édi­tion qui se faisaient unique­ment via le contrô­leur en quelques dépla­ce­ments se font main­te­nant avec contrô­leur + clavier + souris + permu­ta­tion de pads, et ça rend la tâche d’édi­tion beau­coup plus lour­de…

De manière géné­rale, la MPC Studio mk2 présente aussi des soucis d’er­go­no­mie, avec des fonc­tion­na­li­tés qu’on aurait aimé sur le contrô­leur qui n’y sont pas, la multi­pli­ca­tion des raccour­cis et boutons sur lesquels rester appuyé pour déclen­cher une fonc­tion, et quelques bizar­re­ries comme par exemple des soucis que j’ai rencon­trés avec le mode « Step Sequen­cer ». Ainsi, je n’ai pas trouvé comment faire défi­ler la mesure affi­chée en cours via le contrô­leur, ou comment éditer des pads des banques B et D car le choix de la banque se fait avec shift + Pad, et shift permet juste­ment de sélec­tion­ner les banques E/F/G/H sur les boutons pad banks, donc empêche de sélec­tion­ner A/B/C/D à cause d’un souci d’ex­pé­rience utili­sa­teur.

Cela ne m’a pas empê­ché de créer de la musique avec le tout, en utili­sant un des kits et un des instru­ments virtuels four­nis, pour tester les fonc­tion­na­li­tés d’édi­tion et me fami­lia­ri­ser avec le work­flow, mais j’avoue qu’entre la docu­men­ta­tion parfois diffi­cile à lire, l’er­go­no­mie parti­cu­lière mais à laquelle on peut se faire de la STAN, l’er­go­no­mie parti­cu­lière du contrô­leur qui détonne par rapport aux autres produits de la gamme d’ailleurs, les boutons n’étant pas placés au même endroit et n’étant pas exac­te­ment les mêmes d’un produit à l’autre, plus les non dits sur l’in­té­gra­tion du work­flow MPCS sur le contrô­leur, la courbe de diffi­culté était un peu rude…

80s MPC Studio mk2
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Conclu­sion

Cette MPC Studio mk2 est ainsi un étrange produit de la part de Akai. C’est un contrô­leur solide et complet, plutôt acces­sible au niveau du prix, avec ses pads vrai­ment agréables et perti­nents encore en 2021, qui permettent de faire des choses en « finger drum­ming » qui sont impos­sibles avec des pads plus petits. Le « Touch Strip » est une addi­tion inté­res­sante. Le bundle qui inclut la version complète de MPC Soft­ware justi­fie égale­ment l’achat de la nouvelle MPC. Je dirais même que cette STAN présente peu d’in­té­rêt sans un des contrô­leurs dédiés, et que je ne conseille pas vrai­ment à des nouveaux venus dans l’éco­sys­tème d’ache­ter le logi­ciel seul mais plutôt d’ache­ter direc­te­ment un des contrô­leurs.

On pardon­nera à la STAN son ergo­no­mie perfec­tible car il reste plutôt aisé à prendre en main une fois qu’on a compris son mode de fonc­tion­ne­ment, qu’il est beau­coup moins complexe que d’autres plus clas­siques. De plus, son utili­sa­tion dans des envi­ron­ne­ments de créa­tion exis­tants se veut simpli­fiée, grâce à ses fonc­tion­na­li­tés d’ex­port de projets au format Able­ton Live, ou encore la présence de versions plug-ins, et il béné­fi­cie d’un suivi remarquable, avec des mises à jour conti­nuelles.

Mais voilà, le gros souci ici est qu’il est impos­sible d’uti­li­ser la MPC Studio mk2 en gardant le nez sur le contrô­leur. Une grosse partie des tâches inhé­rentes à la créa­tion musi­cale sur MPCS demandent d’uti­li­ser le clavier et la souris sans arrêt. Du coup l’écran du contrô­leur présente peu d’in­té­rêt à mes yeux, puisque de toutes façons on est obli­gés de regar­der celui de l’or­di­na­teur tout le temps, et parce qu’il affiche beau­coup moins d’in­for­ma­tions que sur une MPC Touch évidem­ment mais égale­ment que sur la MPC Studio mk1. D’ailleurs, à chaque fois qu’on allait dans un mode du MPCS avec la précé­dente version, on gagnait un accès grâce aux poten­tio­mètres Q-links et au reste de l’er­go­no­mie géné­rale à tout un tas de fonc­tion­na­li­tés asso­ciées. Ici, si on veut assi­gner à un contrôle un accès direct à un des éléments visibles, il faut d’abord asso­cier cet élément à la main au touch strip et à un pad de sélec­tion, confi­gu­rer le mode voulu de Q-links, sélec­tion­ner le bon pad et l’as­si­gna­tion au touch strip, et fina­le­ment on a plus vite fait d’aban­don­ner et de faire à nouveau les choses avec la souris et le clavier…

De plus, le contrô­leur présente tout un tas de petits et de gros problèmes d’er­go­no­mie, sans parler des bugs ou bizar­re­ries que nous avons consta­tés précé­dem­ment, qui peuvent deve­nir encore plus problé­ma­tiques à cause du mode de fonc­tion­ne­ment parfois contre intui­tif du STAN asso­cié. On peut excu­ser les défaillances en ergo­no­mie sur l’un ou sur l’autre, mais sur les deux en même temps c’est plus compliqué… Et on ne comprend pas non plus pourquoi Akai change à chaque nouveau produit l’or­ga­ni­sa­tion des boutons et des raccour­cis sur ses contrô­leurs et groo­ve­boxes, voire ici supprime carré­ment les poten­tio­mètres Q-Link, ce qui va à l’en­contre du prin­cipe de consis­tance sur une gamme auquel on s’at­tend.

Bref on ne sait pas trop ce que Akai a voulu faire avec cette MPC Studio mk2, qui ne remplace pas exac­te­ment la mk1 en chan­geant beau­coup trop la propo­si­tion, et dont l’in­té­gra­tion avec MPCS est vrai­ment très loin d’être aussi effi­cace que sur une MPC Touch et sur la MPC Studio mk1. Ce produit inté­res­sera proba­ble­ment des gens qui sont déjà dans l’éco­sys­tème et qui veulent un contrô­leur Akai pas cher supplé­men­taire, ou des personnes qui veulent rentrer dedans et qui ont un budget serré. Sur l’as­pect contrôle pur, on pourra s’in­té­res­ser aussi à la gamme Akai MPD ou MPK qui permet de faire moins de choses évidem­ment mais qui pourra aussi se manier faci­le­ment avec d’autres STANs que MPC Soft­wa­re…

Un mot égale­ment à propos de la concur­rence, à savoir le compé­ti­teur direct qu’est la Maschine Mikro mk3. Je ne saurais conseiller l’un ou l’autre de manière ferme avec la sortie du nouveau produit, ce qui compte prin­ci­pa­le­ment c’est de savoir quel envi­ron­ne­ment soft­ware vous convient le mieux entre les deux en essayant les STANs asso­ciées – sachant que j’au­rais beau­coup de réserves à faire égale­ment sur l’er­go­no­mie côté Native Instru­ments – et quels sont les exten­sions ou logi­ciels dispo­nibles en bundle qui vous inté­ressent le plus… De même Able­ton Push 2 (en beau­coup plus cher) ou un Nova­tion Launch­pad Pro consti­tuent des alter­na­tives inté­res­santes, mais seule­ment pour les personnes qui réalisent tout avec Live, avec une approche du work­flow encore diffé­rente.

Donc honnê­te­ment on aurait appré­cié peut être un tarif plus abor­dable sur ce produit, ou alors un plus gros écran, le retour des potards Q-Links, et une inté­gra­tion de MPCS au top. Mais si l’in­té­gra­tion limi­tée ne vous embête pas, et que vous voulez abso­lu­ment vous mettre à l’éco­sys­tème de Akai en connais­sance de cause, on tient là un nouveau contrô­leur sympa pour le MPCS. 

6/10
Points forts
  • Les pads qui sont géniaux
  • Le contrôleur qui est auto alimenté contrairement à la version 1 et de très bonne facture
  • Le Touch Strip avec ses LEDs qui est très agréable à utiliser
  • Le bundle avec MPC Software, les banques de sons et de templates, les effets et synthétiseurs Akai et AIR
  • La possibilité d'utiliser le contrôleur dans votre STAN préférée en chargeant le MPC Software au format plug-in
  • Le tarif qui est doux pour tout ce à quoi l'achat donne accès
  • Les vidéos de documentation sur la chaine Youtube de Akai
Points faibles
  • L'intégration des fonctionnalités du MPC Software très insuffisante et en deçà de ce que propose l'offre existante, on est tout le temps obligés d'utiliser la souris, le clavier et l'écran de l'ordinateur en même temps que le contrôleur
  • Écran plus petit sur la mk2 que sur la mk1 et disparition des potards Q-links
  • Organisation physique des fonctions et des raccourcis qui change entre chaque produit de la gamme
  • Documentation en anglais et un peu confuse qui mélange les fonctions du MPC Software et du logiciel incorporé dans les grooveboxes autonomes MPC
  • Courbe d'apprentissage un peu rude
  • Certaines fonctions accessibles assignées sur le hardware sans que ce soit labellisé correctement
  • Fonctions organisées de manière pas toujours évidente, dans la STAN ou sur la machine
Auteur de l'article Wolfen

Développeur freelance pour de nombreuses sociétés dans le domaine de l'industrie musicale, créateur de la marque Musical Entropy, et musicien qui achète plus de matos qu'il n'en joue


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