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Test de la Charvel Super Stock SC1 Black Relic - Neuve, mais déjà usée

9/10

La pratique du relicage n’est pas nouvelle et nous avions déjà testé une superbe Maybach délicatement reliquée dans nos colonnes. C’est maintenant au tour de cette rockeuse de Charvel Super Stock SC1.

Test de la Charvel Super Stock SC1 Black Relic : Neuve, mais déjà usée

IMG_20210226_103416À nouveau, nous ne rentre­rons pas dans le débat du reli­cage des instru­ments de musique. Cette pratique desti­née à donner un « mojo » supplé­men­taire aux instru­ments neufs consiste à simu­ler les scories du temps et des tour­nées sur la fini­tion même de la guitare sans pour autant en modi­fier ses perfor­mances. Chacun appré­ciera la démarche, il n’em­pêche qu’elle est de nos jours bien ancrée dans la propo­si­tion commer­ciale avec des éditions spéciales ou limi­tées comme c’est le cas ici. Cette Char­vel est conçue sur la base d’un modèle So-Cal (pour South Cali­for­nia). Ces modèles sont pour­vus d’une plaque de protec­tion et donc d’une élec­tro­nique fixée sur cette même plaque, à l’in­verse des San Dimas qui voient l’élec­tro­nique fixée sur la caisse même avec une cavité dédiée à l’ar­rière de l’ins­tru­ment. Il s’agit là de la seule diffé­rence entre les deux déno­mi­na­tions. La confi­gu­ra­tion de micros propo­sée est HH, mais avec un micro double bobi­nage au format simple manche, ce qui visuel­le­ment rapproche la guitare d’une confi­gu­ra­tion HS. Il est inté­res­sant de noter qu’après démon­tage de la plaque, votre servi­teur a décou­vert avec bonheur des défonces HSH, ce qui vous permet­trait de modi­fier votre dota­tion micro­pho­nique de n’im­porte quelle manière en cas de volonté de custo­mi­sa­tion. Malheu­reu­se­ment, l’ab­sence de blin­dage fiable (aucune pein­ture isolante) vient ternir le tableau. En cas de démon­tage, n’ou­bliez donc pas le petit rouleau de cuivre adhé­sif !

IMG_20210226_103434Les micros sont des EVH Wolf­gang USA et Seymour Duncan Lil’ Screa­min’ Demon SLSD-1N respec­ti­ve­ment en posi­tions cheva­let et manche. Aucun split à l’ho­ri­zon, les seuls contrôles de volume et un toggle switch 3 posi­tions vous permet­tant d’in­ter­agir avec ce petit monde aimanté. Les posi­tions sont donc claires : cheva­let, les deux micros en simul­tané et manche. De toute façon, avec sa fini­tion et sa philo­so­phie, il n’est point ques­tion d’être déli­cat et d’exi­ger des posi­tions split­tées : cette pelle est faite pour le rock ! La plaque jack est située sur la table, ce qui aurait pu consti­tuer un incon­fort si le Floyd Rose 1000 avait été flot­tant. En effet, le renver­se­ment du manche induit par une incrus­ta­tion du Floyd plus profonde dans la caisse aurait engen­dré un contact gênant de la tige avec un jack droit. Ce n’est pas le cas ici, vu que le Floyd est en montage dive only. À vous donc les joies d’un éven­tuel D-Tuna, le Floyd peut se régler en butée !

La caisse en aulne accueille un manche en érable recou­vert d’une touche rappor­tée en Pau Ferro. Ce bois visuel­le­ment très proche du palis­sandre délivre des sono­ri­tés assez simi­laires avec une pointe de défi­ni­tion supplé­men­taire qui n’est pas sans rappe­ler l’érable. Les 22 frettes consti­tuent les seuls éléments non reliqués, fort heureu­se­ment d’ailleurs ! Leur fini­tion est correcte, rien ne vient bles­ser la main lors du jeu. Le réglage de truss rod se fait au talon avec un accès défoncé dans l’ex­tré­mité de la touche au moyen d’une roue trouée. Ce truss rod double action permet de rendre le manche aussi concave que convexe. Le sillet bloque cordes R2 est fixé par l’avant grâce à deux vis bien serrées (véri­fiez tout de même ce serrage tous les 2 mois pour une tenue d’ac­cord irré­pro­chable) et les méca­niques en ligne à bain d’huile sont estam­pillées Char­vel. Le radius de touche est compensé comme d’ha­bi­tude main­te­nant avec cette marque de guitare, 12 pouces dans les graves et 16 dans les aigus pour un jeu solo faci­lité.

IMG_20210226_103457Le confort géné­ral est toujours aussi bon et la sensa­tion de jouer « comme à la maison » est présente. Char­vel, c’est la marque des amou­reux des super­strats qui veulent un feeling Fender moder­nisé. Je ne peux pas m’em­pê­cher d’ajou­ter l’in­sou­ciance de la mani­pu­la­tion dans les points posi­tifs en termes de confort de jeu. La guitare étant reliquée, on ne fait juste atten­tion à rien ! Trace de doigts, rayures, qu’im­porte du moment que l’on joue. Le reli­cage, parlons-en juste­ment. Sans de nouveau juger cette pratique en bien ou en mal, force est de consta­ter que sur ce modèle le résul­tat est un peu mitigé. Les parties métal­liques et le manche sont intel­li­gem­ment reliqués, avec goût et discré­tion, mais la cais­se… On observe des usures irréa­listes qui, si elles passent de loin sans trop se rappro­cher, sont tout de suite démasquées avec une obser­va­tion atten­tive. Mention spécia­le­ment néga­tive au dos du corps, paré de simu­la­tions de boucle de cein­ture et de coupures ridi­cules.

Scream lil’ demon !

Condi­tions du test :Ampli Marshall JCM800 Studio bran­ché dans un Torpedo Captor X avec simu­la­tion d’en­ceinte 4×12 loadée en Celes­tion V30 et captée par deux micros SM57 et MD421 légè­re­ment excen­trés et situées à 3 cm de la grille. Le son clair a été obtenu en bran­chant la guitare dans l’en­trée low du Marshall.

IMG_20210226_103521En commençant par les sons clean, on constate que l’ab­sence de split n’est pas réel­le­ment un souci. Le Seymour Duncan double format simple en manche est assez subtil pour ne pas casser la baraque comme pour­rait le faire un Hot Rails beau­coup plus puis­sant et extrême dans son niveau de sortie. Le micro cheva­let EVH améri­cain s’en sort très bien aussi, sans satu­rer le son tout en gardant un beau clean. La posi­tion inter­mé­diaire est flat­teuse tout comme le micro manche en solo blues, avec un beau rebon­dit et une compres­sion très agréable. Même si ce n’est pas son postu­lat de départ, cette Char­vel délivre de belles pres­ta­tions en son clair. Le sustain est présent dès le jeu en clean et vient confir­mer une belle réso­nance acous­tique de l’ins­tru­ment consta­tée dès sa prise en main.

Les crunch sont beaux, très rock et rentre dedans. Bais­ser le potard de volume de la guitare révèle toute la dyna­mique ainsi que de belles nuances, surtout avec un micro manche que l’on n’at­ten­dait pas dans ce secteur sonore. C’est un peu clas­sique avec les instru­ments typés 80's, on peut jouer à peu près tout avec ces guitares. Les guitares modernes avec des micros actifs qui envoient des micro-ondes spatio-tempo­relles sont un peu trop droites pour le boomer de testeur que je suis. On peut donc même jouer aux doigts avec la Super Stock, et c’est heureux. Mais c’est sans comp­ter sur une sauva­ge­rie qui dort tranquille­ment, atten­dant le moment de la grosse distor­sion…

IMG_20210226_103542Et ce moment est arrivé ! Le Marshall boosté en input par une TS9 est fort bien mis en valeur par la guitare et on se prend au jeu du heavy metal. En ryth­mique, tout est là et ce micro EVH en cheva­let est déci­dé­ment excellent. Super poly­va­lent, il ouvre tous les rocks. La superbe défi­ni­tion est secon­dée par un surcroît de brillance dans l’at­taque qui perce très légè­re­ment en tremolo picking, un régal. Le micro manche quant à lui confirme l’es­sai avec des sono­ri­tés à mi-chemin entre un double bobi­nage et un simple très énervé, ce qui est logique au vu du format : un micro double format simple conti­nue de ne capter qu’une portion de cordes de micro simple ! Le swee­ping est un délice en lead, chan­ger de posi­tions est un jeu grisant qui place cette Super Stock au rayon des excel­lentes guitares. La tenue d’ac­cord est incor­rup­tible, les harmo­niques modu­lées au Floyd rappellent inévi­ta­ble­ment le grand Eddie qui n’au­rait pas renié de claquer un petit solo enflammé sur cette Char­vel…

Même si le reli­cage reste un débat subjec­tif, on est obli­gés de signa­ler un confort de manche excellent dû au ponçage du dos de ce dernier. Une patine certes simu­lée, mais qui rend les déman­chés agréables et fluides, un vrai bon point en faveur de cette fini­tion. Le vernis de la caisse rend aussi le contact confor­table, le vernis étant satiné, en cas de trans­pi­ra­tion pendant un jeu éner­gique, il n’y aura donc pas de sensa­tion collante pour l’avant-bras droit.

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Super Stock, mais limi­té…

Autant de beaux super­la­tifs pour une guitare en édition limi­tée, il n’y en aura pas pour tout le monde. Mais cet instru­ment peut tota­le­ment être une guitare « of a life­time », tant elle est fiable et musi­cale. Elle respire le heavy, le rock et le metal 80's, capable même de jouer du bon vieux thrash améri­cain à l’an­cienne. Les pres­ta­tions sont superbes et le seul point néga­tif reste un reli­cage réussi partout, sauf sur la caisse. Néan­moins cela doit vous encou­ra­ger à la jouer pour lui infli­ger votre propre reli­cage de jeu, bien plus réaliste que celui proposé. Une guitare superbe, pas simple à trou­ver, mais qui vaut sérieu­se­ment le coup. Prix : envi­ron 1250€.

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Notre avis : 9/10

  • Un esprit rock à tomber
  • Des micros excellents
  • Très bonne finition, qui rend la guitare professionnelle
  • Insouciance de manipulation totale
  • Limitée, donc dure à trouver
  • Relicage du corps raté

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