Behringer Guitar Link UCG102
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Behringer Guitar Link UCG102
test Guitare assistée par ordinateur

Test du Guitar Link de Behringer

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Qui peut le plus peut le moins. Après nous avoir sorti les guitares USB iAXE, Behringer propose un petit boîtier permettant d’informatiser n’importe qu’elle gratte électrique standard.

Qui peut le plus peut le moins. Après nous avoir sorti les guitares USB iAXE, Behringer propose un petit boîtier permettant d’informatiser n’importe qu’elle gratte électrique standard.

Guitar Link

Moins gros qu’un paquet de cigarette, le Guitar Link est une petite poire dont le blanc paraffine évoque irrémédiablement l’esthétique Apple, un parti pris marketing qui devrait ravir Monsieur Dupont, qui pourra assortir l’objet à son baladeur MP3, son grille pain et son lave vaisselle. Y a pas à dire : la pensée unique en matière de design a du bon.

L’interface se veut simple : à son extrémité, un câble USB d’1,50 m permet de la connecter à l’ordinateur, tandis qu’à la base, on retrouve deux prises au format jack 6,35 pour brancher guitare et casque. Sur les flancs de l’appareil, une molette règle le volume de la sortie casque, tandis qu’un switch permet de spécifier le niveau du signal : voilà qui sera bien utile pour s’adapter à l’électronique active ou passive des guitares susceptibles d’être branchées dans l’UGC102.

Deux LEDS complètent le tout, l’une attestant de la mise sous tension de l’appareil (lorsqu’il est branché à l’ordinateur), l’autre indiquant si le signal sature l’entrée. Explicite, la sérigraphie permet sans problème de se passer du manuel, ce qui ne sera pas un mal puisque, comme à son habitude, Behringer nous gratifie dans ce dernier d’un tutoiement toujours aussi regrettable, digne des émissions pour la jeunesse passant le mercredi après-midi. Paradoxalement, des schémas nous détaillent l’anatomie d’un cordon jack (non fourni) ou de la sortie casque, à grands coup de vocabulaire technique. Le "jeune" qu’on tutoie allègrement apprend ainsi que "pour une liaison asymétrique, il faut ponter la bague et le corps", en amont de la "décharge de traction". Qu’est ce que ça vient faire dans ce manuel ? Rien si ce n’est donner très artificiellement une image de sérieux au produit, et raser quelques kilomètres de forêts en plus pour alimenter les usines à papier.

Un bundle (presque) bien

Softs


Fort heureusement, l’essentiel n’est pas là et outre l’interface audio proprement dite, il tient aussi dans le bundle logiciel qui est exactement le même que celui fourni avec la guitare iAXE du constructeur : en plus des freewares que sont Audacity ou Krystal Audio, on se retrouve donc avec une version spéciale du Guitar Combos de Native Instruments, lequel propose trois simulations d’amplis basées sur les algorithmes de Guitar Rig 2 : un Vox AC30, un Marshall JCM et un Fender Twin. Utilisables en stand alone uniquement, ces trois logiciels intègrent tous un magnétophone virtuel bien conçu, permettant de jouer sur un playback ou d’enregistrer... le son non traité uniquement. Voilà qui cantonne leur usage à la répétition sur un ordinateur portable et limite grandement leur utilité en matière d’enregistrement, mais on ne va pas cracher sur ce qui nous est si gentiment offert.

Sachez en outre qu’au-delà d’une période d’essai de 30 jours, il faudra vous décider à ne garder qu’un seul de ces 3 amplis… Vu qu’on trouve en freeware d’excellentes émulation du JCM 800 et du Fender Twin, vous seriez bien inspirés de garder le Vox. Mais c’est à vous de voir, et c’est à moi maintenant de brancher le boîtier magique sur mon PC, et une 6-cordes sur l’entrée Jack.

Let’s Rock (ou presque) !

Jacks

Comme d’habitude avec un périphérique USB, l’installation est une formalité : on installe les drivers, on branche et on peut de suite commencer à se servir du nouveau matériel. Développé par un tiers, le pilote de l’interface audio est relativement simple et s’articule en deux onglets. Le premier permet de définir les canaux en entrée/sorties (stéréo ou mono ici) ainsi que la fréquence d’échantillonnage (de 32 à 48 kHz), la résolution étant quant à elle fixée à 16 bits. Le second donne quant à lui accès au paramétrage du pilote ASIO, sa priorité en tant que processus, mais aussi et surtout la taille du buffer via 5 presets jouant sur la latence (comme toujours, plus la latence est courte, plus vous vous exposez à des clics, des "décrochages" de l’interface).

Sans trop de surprise : ça marche, et bien même, puisqu’on peut tout à fait jouer sans latence gênante et sans que l’interface ne produise d’artefacts ou de plantage... Du coup, on s’amuse bien à faire défiler les presets des Guitar Combos et l’on en vient souvent à oublier qu’on manipule du virtuel. Pour 59 €, disons que le deal est honnête.

Il n’y a toutefois pas de quoi crier au miracle non plus car, à bien y réfléchir, on se rend compte que le Guitar Link et ses logiciels ont un champ d’application assez limité : dépourvu d’entrée Micro, le petit module de Behringer ne satisfera que les guitaristes cherchant une solution compacte pour travailler leur instrument via un ordinateur. S’il est certes plus simple de se trimballer un portable qu’un ampli (encore qu’à l’heure des Roland Cube et des Fender Champion 600, il semble que qualité et encombrement ne soient pas forcément des vases communicants), nombre de guitaristes pourrait bien lui préférer un Vox amPlug AC30 pour 20 € de moins, ou un PocketPOD pour 40 € de plus, et qui permettent, pour leur part, de se passer d’un ordinateur. Evidemment, on peut être sensible au fait que le Guitar Link ouvre des perspectives en terme d’enregistrement, mais en l’absence d’entrée micro et d’entrée ligne, il est très loin d’offrir la souplesse d’une vraie carte son, pas beaucoup plus encombrante, et comme les seuls logiciels d’enregistrement fournis par Behringer sont des freewares que l’on peut télécharger librement…

Conclusion

Fonctionnant sans problème et proposé à un prix tout à fait raisonnable, le Guitar Link de Behringer n’a pas de véritable défaut, mais il n’a pas non plus un énorme intérêt en raison d’une connectique exclusivement dédiée guitare et de logiciels un peu trop bridés, par rapport au JamLab de M-Audio dont son concept est largement inspiré (chez M-Audio, les amplis virtuels fournis sont utilisables dans un séquenceur en ReWire ou en plug-ins VST). Si l’on pouvait pardonner ses défauts à l’iAxe qui s’avérait être un instrument jouet plutôt réussi, clairement destiné à ouvrir les horizons des non-musiciens, il faut bien admettre qu’on en attendait un peu plus avec cette interface, quitte à payer un peu plus cher… Pour l’heure, il y a donc, à mon humble avis, de meilleurs investissements à faire avec 59 €, y compris dans la gamme du constructeur allemand.

[+] L’interface fonctionne bien.
[+] Simplicité de mise en oeuvre.
[+] Qualité des sons délivrés par les Guitar Combos.

[-] Le manuel qui prend clairement le lecteur pour un attardé.
[-] Pas de possibilité d’enregistrer le son traîté avec les Guitar Combos.
[-] Un seul Guitar Combos à choisir, et qui n’est utilisable qu’en stand alone.
[-] Connectique guitare uniquement, ce qui cantonne l’outil à la répétition sur ordinateur.
[-] Sensiblement trop cher pour ce que ça fait.

Notre avis :
Points forts Points faibles
  • L’interface fonctionne bien.
  • Simplicité de mise en oeuvre.
  • Qualité des sons délivrés par les Guitar Combos.
  • Le manuel qui prend clairement le lecteur pour un attardé.
  • Pas de possibilité d’enregistrer le son traîté avec les Guitar Combos.
  • Un seul Guitar Combos à choisir, et qui n’est utilisable qu’en stand alone.
  • Connectique guitare uniquement, ce qui cantonne l’outil à la répétition sur ordinateur.
  • Sensiblement trop cher pour ce que ça fait.
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