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Le guide de l'enregistrement en Home Studio - Conclusion

Le guide de l’enregistrement - 161e partie
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Hallelujah mes amis ! En vérité je vous le dis, l'heure de conclure cette série d'articles consacrée à l'art de l'enregistrement en situation Home Studio est bel et bien venue. Moi-même je n'y croyais plus et pourtant, nous voici arrivés à terme. Pour cet ultime épisode, je vous ai bien entendu concocté quelque chose de spécial : une réflexion sur la production musicale dans son ensemble dressée sur son lit de métaphores culinaires…

Accéder à un autre article de la série...

Un titre presque parfait…

Quels sont les secrets des plats d’ex­cep­tions à même de subju­guer les papilles des plus fins gour­mets comme celles du quidam ? Je suis bien loin d’être un expert en la matière – quelqu’un m’a d’ailleurs un jour quali­fié de « most useless thing you can find in a kitchen » – cepen­dant, il me semble que la réponse à cette ques­tion doit ressem­bler à quelque chose comme ceci :

  • Avoir une bonne recette ; 
  • Dispo­ser d’in­gré­dients de quali­tés ;
  • Possé­der l’en­semble des usten­siles néces­saires à la réali­sa­tion de ladite recette ;
  • Avoir à portée de main les condi­ments adéquats ;
  • Prépa­rer avec soin les diffé­rents éléments (découpe, mari­nade, précuis­son, et caetera) ;
  • Faire mijo­ter tout ce beau monde en ajus­tant l’as­sai­son­ne­ment ;
  • Prendre la peine d’exé­cu­ter un dres­sage digne de ce nom ;
  • Veiller à ce que le service soit impec­cable dans un cadre agréable.

Évidem­ment, une bonne dose de savoir-faire est néces­saire tout au long du proces­sus. Du concep­teur de la recette au serveur, en passant par les éleveurs et les agri­cul­teurs four­nis­sant les ingré­dients, le chef cuisi­nier ou bien encore les diffé­rents commis de cuisine, tous se doivent d’être « au top de leur game ». S’il s’agit en plus d’une seule et même personne, bonjour le niveau néces­saire pour riva­li­ser avec les ténors du métier et leurs équipes de spécia­listes ! Main­te­nant, il est bien sûr large­ment possible de se faire extrê­me­ment plai­sir sans avoir la préten­tion de nager dans les mêmes eaux qu’un chef étoilé. Les diffé­rents points rele­vés ci-dessus restent cepen­dant de mises. Il en découle donc plusieurs constats selon moi.

Tout d’abord, je crois pouvoir dire sans trop me trom­per qu’au­cun cuisi­nier digne de ce nom n’a un jour déclaré être dans l’in­ca­pa­cité de concoc­ter telle ou telle recette parce qu’il n’avait pas la bonne marque de couteau. Certes, il convient d’avoir à dispo­si­tion des lames bien affu­tées et taper dans le haut du panier peut être un gage de qualité, mais il n’est abso­lu­ment pas néces­saire de possé­der un canif de luxe Wusaki pour arri­ver à ses fins. A contra­rio, diffi­cile de faire une omelette sans avoir d’oeufs ou de miton­ner un saumon teriyaki sans réali­ser une mari­nade au préa­lable.

Dans le même ordre d’idée, il ne me semble pas qu’un chef puisse décem­ment se rabattre sur le dres­sage ou bien encore le service pour faire oublier une mauvaise recette, des ingré­dients avariés ou une cuis­son ratée. Cela ne veut certai­ne­ment pas dire qu’il faille négli­ger ces points. Le meilleur des plats sera assu­ré­ment moins appré­cié servi par un lépreux dans une assiette sale de la veille, mais avant d’en arri­ver là, il y a tout de même de la marge et mieux vaut privi­lé­gier en premier lieu le coeur de l’ex­pé­rience, à savoir le plat à propre­ment parler.

Enregistrement 161Toujours dans cet esprit, possé­der une large gamme d’épices plus ou moins « exotiques » comme du poivre du Sichuan ou du sel rose de l’Hi­ma­laya doit être fort agréable. Toute­fois, il y a déjà large­ment de quoi faire avec les condi­ments usuels et il est beau­coup plus impor­tant de savoir bien les doser plutôt que d’avoir le choix de l’em­bar­ras. Il en va de même pour les ingré­dients à la base de la recette. Faut-il forcé­ment avoir du boeuf de Kobe pour commen­cer à se faire plai­sir ? Une belle pièce de boeuf « ordi­naire » me paraît déjà bien suffi­sante la plupart du temps. Quant à la recette, la qualité de cette dernière est bien entendu primor­diale. En effet, même le tour de main du meilleur cuis­tot au monde ne saurait rendre digeste une blanquette d’huitres au maroilles… En revanche, nul besoin de verser dans l’hy­per­com­plexité façon oeuf en meurette sur lit mous­seux de cham­pi­gnons et croquant au roma­rin pour ravir vos convives. Le plus simple des plats réalisé d’une main de maître sera toujours à même de faire surgir des étin­celles au coeur des pupilles de tout un chacun à mon humble avis.

Bref, tout ça pour dire que même si toutes les étapes décrites sont néces­saires à l’ob­ten­tion d’une expé­rience gusta­tive magique, elles n’ont pas toutes la même impor­tance, il ne faut pas réel­le­ment comp­ter sur l’une pour rattra­per la faiblesse d’une autre et il serait par consé­quent dommage d’en sacri­fier une au soi-disant profit d’une autre, puisqu’en défi­ni­tive, le tout en pâti­rait.

Comme vous devez vous en douter, toute cette histoire est très faci­le­ment trans­po­sable dans le domaine de la musique enre­gis­trée. La recette repré­sente la compo­si­tion et l’ar­ran­ge­ment de votre titre. Les ingré­dients se résument à l’in­ter­pré­ta­tion des musi­ciens, eux-mêmes n’étant rien de moins que les éleveurs / agri­cul­teurs culti­vant jour après jour leur(s) instru­ment(s) afin de pouvoir déli­vrer des perfor­mances de qualité. Les usten­siles de cuisine corres­pondent natu­rel­le­ment aux outils du cuis­tot / tech­ni­cien-son, les condi­ments étant pour leur part un équi­valent des machines colo­rant le signal. Les prépa­ra­tions préa­lables – découpe et autre mari­nade – peuvent être consi­dé­rées comme l’étape d’en­re­gis­tre­ment. La cuis­son et l’ajus­te­ment de l’as­sai­son­ne­ment tiennent lieu de mixage. Le dres­sage, quant à lui, pour­rait être assi­milé à l’épate de maste­ring. Enfin, le service corres­pond à bien des égards aux moyens de diffu­sion de votre musique. À ce titre, il néces­site une cuis­son et un dres­sage adap­tés tant il semble évident qu’un plat n’est pas présenté de la même façon suivant s’il est consommé « sur place » (diffu­sion live / disco­thèque), à empor­ter (vinyle / K7 / CD) ou en livrai­son (strea­ming). Avec ces analo­gies en tête, une relec­ture des para­graphes précé­dents devrait pouvoir éclai­rer mon raison­ne­ment sous un nouveau jour. Mais il y a encore moyen de filer plus avant la méta­pho­re…

Cauche­mar en cuisine

Imagi­nez-vous qu’il soit possible, même pour un grand chef, de travailler conve­na­ble­ment dans une cuisine complè­te­ment insa­lubre où le moindre contact avec l’une des surfaces risque de rendre le plus exquis des mets impropre à la consom­ma­tion ? Qu’im­porte alors la qualité des ingré­dients, la finesse des condi­ments ou bien encore le niveau du service, tout plat conçu au sein d’un lieu à ce point délé­tère sera assu­ré­ment ruiné avant même d’avoir eu le loisir d’ar­ri­ver jusqu’aux lèvres du premier chaland. Si l’état de salu­brité du lieu de travail d’un cuis­tot a un tel poten­tiel de nuisance sur la qualité finale de ce qu’il est capable de servir, il en va de même pour la salu­brité acous­tique du studio de l’in­gé­nieur du son et la finesse des titres qu’il sera suscep­tible de produire. Or, l’acous­tique est malheu­reu­se­ment le maillon le plus faible dans la majo­rité des Home Studio. Je vous laisse réflé­chir à cela un instant…

Le mot de la faim

Comme l’a chanté un illustre musi­cien français : « Voilà, c’est fini. On a tant ressassé les mêmes théo­ries… » Il me semble que nous avons à présent suffi­sam­ment fait le tour de la ques­tion pour que vous puis­siez commen­cer à voler de vos propres ailes.

J’es­père sincè­re­ment que vous aurez trouvé quelques conseils utiles à la réali­sa­tion de vos projets musi­caux au détour de l’un de ces 161 articles, soit tout de même l’équi­valent d’un bouquin de plus de 450 pages ! Il m’aura fallu quatre années pour venir à bout de la rédac­tion de ce guide, donc une de plus que pour l’écri­ture de mon guide du mixage… Moi qui croyais ne pas pouvoir faire plus long, je me rends compte à présent à quel point j’avais tort. Aussi, je ne m’avan­ce­rai pas aujour­d’hui quant à la suite des évène­ments, qui vivra verra !

En atten­dant, je souhaite remer­cier chaleu­reu­se­ment toutes les personnes sans qui cette nouvelle aven­ture aurait été tout bonne­ment impos­sible, à commen­cer par made­moi­selle Géral­dine D., l’in­dé­fec­tible et ô combien lumi­neux phare dans mon éter­nelle tempête.

Merci égale­ment à l’en­semble de mes proches qui, même s’ils sont complè­te­ment exté­rieurs au petit monde de l’au­dio, ont toujours su être là pour me soute­nir quels que soient mes projets, et croyez-moi sur parole, ce n’est clai­re­ment pas une mince affaire.

Évidem­ment, rien de tout cela n’au­rait pu voir le jour sans toute la clique d’Au­dio­fan­zine : des déve­lop­peurs aux membres du dépar­te­ment marke­ting, en passant par l’ad­mi­nis­tra­tion, les divers mana­ge­ments, les traduc­teurs et bien sûr l’équipe édito­riale dont la confiance m’ho­nore chaque jour un peu plus.

Dernier point, mais pas des moindres, mille mercis à vous tous chers AFiens pour votre fidé­lité ! J’es­père avoir encore long­temps le plai­sir de vous distraire en essayant de vous trans­mettre humble­ment le peu de « savoirs » que d’autres ont eu la géné­ro­sité de m’in­culquer.

Sur ces bonnes paroles, mes multiples cata­chrèses culi­naires ayant su aigui­ser ma gour­man­dise musi­cale natu­relle, c’est avec délec­ta­tion que je m’en vais faire un boeuf sur le chant.

Et bon appé­tit bien sûr ! 

The End

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L'enregistrement de la guitare acoustique

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