Trois ans après le MS2000, Korg propose un lifting de son synthétiseur à modélisation analogique : banque de sons et style revisités, voyons les atouts de cette simple réédition pour concurrencer les machines de conception plus récente.

(Test initialement paru en décembre 2003)
En quarante ans, Korg est devenue une marque de référence dans le domaine des synthétiseurs. Il faut dire que le constructeur nippon a touché à la plupart des aspects de la synthèse : analogiques monodiques – puis polyphoniques – puis programmables, synthés numériques, échantillonneurs, stations de travail lecteurs d’échantillons, synthés à modélisation physique… D’après nos informations, le constructeur ne devrait pas en rester là puisqu’en 2004, un gros synthétiseur d’un genre nouveau pourrait voir le jour. D’ici là, Korg nous propose une réédition de la série MS2000 / MS2000R, synthétiseurs à modélisation analogique. Bien peu de choses ont changé : pour le MS2000B, il s’agit d’une entrée micro XLR et d’un micro col de cygne livrés de série et pour les MS2000B / MS2000BR, une nouvelle banque de sons et une nouvelle couleur… L’occasion de refaire un panorama complet pour ceux qui ont manqué le premier épisode.
Prise en main
La plupart des commandes de la façade sont d’ailleurs transmises via Midi (contrôleurs et Sysex), une excellente nouvelle pour les adeptes des séquences évolutives millimétrées. Côté connectique, le panneau arrière est un rien rigoriste : borne pour alimentation externe, trio Midi, 2 prises pédales, 2 entrées audio (l’une dispose d’un sélecteur de sensibilité micro / ligne) et une paire de sorties audio stéréo. Enfin, la prise casque ferme la marche, placée sous les molettes (MS2000B) ou sur le panneau avant (MS2000BR).
Ergonomie
Comme le MS2000B est à la fois un synthé et un vocodeur, la plupart des commandes a une double fonction, ce qui complique parfois la compréhension. Le petit LCD 2 × 16 caractères est secondé par une rangée de 16 touches qui permettent la sélection des programmes et l’accès direct à certaines pages menu. 2 grosses déceptions : d’abord, les rotatifs ne fonctionnent qu’en mode saut, ce qui limite l’utilisation live et ensuite, l’édition directe d’un paramètre n’est jamais répercutée sur le LCD. Seul l’allumage d’une diode indique que l’on passe par la valeur d’origine d’un paramètre.
Programmes soignés
Le vocodeur est à l’honneur sur la dernière banque. Les programmes font appel aux différentes formes d’ondes internes, en particulier la dent de scie, l’impulsion ou l’onde à formant de voix. Nous avons apprécié « Voice Changer », un programme qui utilise à merveille le suivi automatique de la fréquence fondamentale du signal d’analyse (la voix). Inutile de jouer des notes de la mélodie, on peut garder ses 2 mains pour faire autre chose tout en trafiquant sa voix. On trouve également les habituelles voix de robot, les ensembles de chœurs synthétiques (utilisant l’onde à formant comme source de synthèse) et quelques effets spéciaux adaptés au traitement des voix.
Paramètres de synthèse
La troisième source sonore est un générateur de bruit séparé à couleur variable (bruit blanc avec filtre passe-bas). Une fois leurs niveaux ajustés, les 3 signaux mélangés passent dans un filtre multimode résonant. Il offre les modes passe-bas 4 pôles, passe-bas 2 pôles, passe-haut 2 pôles et passe-bande 2 pôles. Lorsque l’on fait varier la fréquence de coupure, on obtient une réponse fluide sans effet exagéré de saut. La résonance et très puissante et permet au filtre d’entrer en auto-oscillation, une bonne nouvelle. La fréquence de coupure peut être modulée par une enveloppe, un LFO, la vélocité et le tracking clavier. En sortie, on passe par la section DCA avec son enveloppe, agrémentée d’un panoramique programmable et d’un effet distorsion.
Modulations multiples
Dernière section de modulation et pas des moindres, le séquenceur. Il s’agit d’une réplique virtuelle d’un séquenceur analogique 3 pistes / 16 pas. Tous les paramètres de la face avant peuvent être affectés à l’une des pistes. Là encore, la programmation est exemplaire et simplissime : pour affecter un paramètre, il suffit de choisir la piste, de manipuler le rotatif correspondant au paramètre et hop, c’est prêt ! Reste alors à modifier la valeur des 16 pas de la piste en cours à l’aide des 16 rotatifs alignés, en temps réel, alors que la séquence tourne. On peut spécifier le nombre de pas, le sens de lecture (endroit, envers, aléatoire), le mode de jeu (one-shot ou en boucle), le mode de déclenchement et la résolution. Mieux, le passage d’un pas à l’autre peut se faire en fondu intégral, ce qui permet des effets de morphing très intéressants. Signalons comme possibilité d’affectation aux pistes les ondes DWGS du DO1, qui permet de créer des tables de 16 ondes avec morphing plus ou moins intense. Bien vu !
Effets et vocodeur
Il s’agit d’un modèle 16 bandes stéréo dont les niveaux sont entièrement accessibles. Les signaux d’analyse et de synthèse peuvent être internes et externes, ce qui fait du MS2000B un vocodeur numérique à part entière pouvant être utilisé tel quel. 2 diodes de saturation permettent de contrôler et d’ajuster les niveaux d’entrée, avec une réserve dynamique suffisante. Un Noise Gate permet d’annihiler le larsen, en jouant sur la sensibilité, le seuil, le niveau des hautes fréquences et la sensibilité des hautes fréquences sur le Noise Gate. Outre l’accès aux niveaux et panoramiques des 16 bandes, on retrouve pratiquement tous les paramètres de synthèse du mode programme, tels que la fréquence de coupure ou la résonance. On peut également agir sur le décalage des formants des filtres. Les sons obtenus sont très intelligibles et très « propres ». Bravo !
Autres sections
Conclusion
Le MS2000B n’est qu’une réédition du MS2000. C’est à la fois un avantage et un inconvénient. Un inconvénient, parce qu’il ne profite pas des trois années écoulées pour améliorer ses performances initiales, en particulier la polyphonie et quelques détails ergonomiques comme le mode saut unique des potentiomètres bien peu pratique pour le jeu live. Un avantage, car le MS2000 d’origine était pourvu de fonctions avancées tout à fait intéressantes : une belle ergonomie, un son varié et à la hauteur, un vocodeur très puissant et un séquenceur analogique virtuel génial. A qui s’adresse la machine ? A tous les musiciens qui recherchent un synthé d’entrée de gamme solide, stable, polyvalent et complet, pour qui les priorités diffèrent des grosses textures ou arrangements denses.