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E-MU Proteus 2000
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Test de l'E-mu Proteus 2000

test
Synthèse au sommet !

10 ans ont passé depuis le premier Proteus « pop/rock » de la société californienne E-mu et presque le double depuis le premier Emulator. Lorsqu’E-mu nous a annoncé l’arrivée du Proteus 2000, nous avons imaginé ce que signifiait une expérience de 20 ans de banques de sons et de 10 ans de lecteurs d’échantillons. En route pour les points culminants !

Le premier Proteus est né en 1989 sous le soleil de la Cali­for­nie. Avec ses 4 Mo de son en Rom réels prêts à l’em­ploi et ses 32 voix de poly­pho­nie, il fut décliné à outrance : pop/rock, orches­tral, world, percus­sions, synthés vintage et pianos. Dans un marché saturé de lecteurs d’échan­tillons, E-mu lançait ensuite le Morpheus, basé sur des filtres surpuis­sants 14 pôles à morphing de profils. Puis le construc­teur mettait de nouveau sur le marché une compi­la­tion de Proteus avec l’Ultra Proteus et son petit frère Proteus FX. Basé sur le même moteur que ses ancêtres, l’Ul­tra dispo­sait d’une Rom de 16 Mo, de filtres Z-plane et de 2 proces­seurs d’ef­fets. Certains pensaient même qu’il s’agis­sait là du chant du cygne de la lignée. Ils avaient tort puisque E-mu décli­nait à nouveau le concept avec une série de modules hiphop, techno et lati­no… Sorti il y a quelques mois, l’ex­tra­ter­restre Audity 2000 recréait la nouveauté avec un concept basé cette fois sur le temps réel et la synchro­ni­sa­tion. L’his­toire se renou­velle donc puisqu’E-mu vient juste de lancer un nouveau Proteus d’une puis­sance inéga­lée. Et là atten­tion, ça monte très haut et très fort ! 

Refuge d’al­ti­tude

E-mu Proteus 2000

La tech­no­lo­gie du Proteus 2000 est abri­tée par un rack 19 pouces 1U, emprun­tant le boîtier et le design de son congé­nère, l’Audity 2000, à la couleur près puisqu’il est noir. Le panneau arrière laisse appa­raître le connec­teur secteur à détec­tion de tension, 6 sorties au format jack 6.35mm (1 paire Main 20 bits et 2 paires Sub 18 bits avec inser­tion pour effets externes), une sortie numé­rique coaxiale S/PDIF (compa­tible AES) et un trio Midi A complété par un duo In / Out B qui préfi­gurent la bonne nouvelle : notre ami est multi­tim­bral 32 canaux.

Iden­tique à celui de L’Audity 2000, le panneau avant propose davan­tage de contrôles que les précé­dents Proteus. Sur la gauche, on retrouve la prise casque, le poten­tio­mètre de volume et 4 poten­tio­mètres rota­tifs couplés à un sélec­teur 3 posi­tions, soit 12 possi­bi­li­tés. Plusieurs rôles peuvent leur être attri­bués : modi­fi­ca­tion du son en temps réel (coupure de filtre, réso­nance, enve­loppe, LFO, effets… chaque programme ayant ses propres affec­ta­tions), édition rapide ou édition en profon­deur (avec l’écran). Les fonc­tions séri­gra­phiées ont une termi­no­lo­gie assez inha­bi­tuelle : « Tone » pour fréquence de coupure, « Presence » pour réso­nance, « Shape » pour profon­deur d’en­ve­loppe de filtre… Un choix de voca­bu­laire inat­tendu de la part du construc­teur améri­cain.

E-mu Proteus 2000

Pour­sui­vons au centre où un large LCD rétro éclairé 2 × 24 carac­tères permet un contrôle précis des sons et des réglages. A droite enfin, 8 touches de mode et un énorme alpha­dial cranté sensible à l’ac­cé­lé­ra­tion se chargent des modes (Master, Audi­tion, Edit, Multi­mode), de la navi­ga­tion (para­mètre < >) et de l’édi­tion (Save/Copy et Home/Enter). Seul regret, E-mu n’a pas recon­duit le lecteur de cartes mémoire présent sur l’Ul­tra Proteus… L’édi­tion est très convi­viale, les pages menu s’en­chaînent sans le moindre sous-menu. Lorsque le curseur est placé sur le nom de page, l’al­pha­dial fait office de navi­ga­teur entre les pages. Au sein d’une page, on utilise les touches < ou > pour navi­guer et l’al­pha­dial pour entrer les données. Une pres­sion sur la touche Home/Enter suffit alors à rame­ner le curseur sur le nom de page. Voilà une ascen­sion qui s’an­nonce bien !

Outils du grim­peur

Choi­sir sa voix

Sous le capot du Proteus 2000 réside une carte audio sur laquelle quatre empla­ce­ments permettent d’ac­cueillir des Rom option­nelles. L’un d’eux contient déjà la Rom « Compo­ser » instal­lée de base dans la machine. Les trois autres peuvent rece­voir des cartes 16 ou 32 Mo, conte­nant jusqu’à 1024 programmes (mais pas de Ram). Ainsi, on peut très vite se retrou­ver avec une machine conte­nant 128 Mo d’échan­tillons et 4096 programmes en Rom ( !). Mieux, E-mu vient d’an­non­cer une nouvelle série d’échan­tillon­neurs basés sur la tech­no­lo­gie E4, portant le suffixe « Ultra ». Entre autres, ces machines sont capables de graver des échan­tillons et des programmes sur une carte mémoire Flash que l’on pourra insé­rer dans le Proteus 2000, comme une vulgaire carte Rom. C’est la première machine qui permette ce genre de mani­pu­la­tion aussi simple­ment. On peut donc choi­sir ses meilleures voies d’as­cen­sion pour atteindre les sommets.

Les spéci­fi­ca­tions du Proteus 2000 (version 1.02 testée) frappent d’em­blée : 128 voix de poly­pho­nie et 32 canaux de multi­tim­bra­lité. La réso­lu­tion est de 16 bits linéaires avec une fréquence d’échan­tillon­nage de 44.16kHz. Pour enfon­cer le clou, la machine dispose d’une Rom impo­sante de 32Mo qui peut se voir adjoindre 3 cartes supplé­men­taires de 16 ou 32Mo, pour un total hallu­ci­nant de 128Mo. La grande nouveauté réside dans le fait que ces Rom addi­tion­nelles peuvent être soit ache­tées à E-mu, soit fabriquées soi-même (voir enca­dré). La Rom four­nie avec la machine, bapti­sée « Compo­ser », contient pas moins de 1172 instru­ments (envi­ron 50% de multié­chan­tillons et 50% d’échan­tillons simples de percus­sions indi­vi­duelles ou en kits) et de 1024 programmes (arran­gés en 8 banques de 128).

La liste d’ins­tru­ments contient 3 grands pianos, 19 pianos élec­triques, 30 orgues, 20 Sub basses, 99 basses, 41 guitares, 10 strings, 22 cuivres, 20 vents, 19 voix, 86 ondes simples, 20 synthés, 13 pads, 93 hits, 31 effets spéciaux, 23 bruits, 37 scratches, 44 percus­sions, 24 kits et 520 sons de batte­rie. Ces derniers sont consti­tués de 71 kicks, 131 snares, 6 timbales, 31 toms, 21 congas, 95 hi-hats, 29 cymbales, 29 shakers, 28 cloches, 14 blocks, 9 tambou­rins, 18 claps, 6 snaps et 32 percus­sions diverses.

Pour les ondes synthé­tiques, E-mu n’a pas hésité à faire appel à des poin­tures : OBX, Matrix, PPG, Jupi­ter, Juno, TB, TR, SE1, Arp 2600, Moog (55, Mini, Memory, Micro), Prophet (5, VS), Linn 9000, DX7 et CZ. Quand aux sons acous­tiques, E-mu n’a plus à faire ses preuves en termes d’échan­tillon­nage. Bref, voilà une belle palette d’ou­tils sonores qui nous emmè­nera, nous n’en doutons pas, au plus haut. 

Sono­ri­tés top niveau

E-mu Proteus 2000

E-mu a eu l’ex­cel­lente idée de clas­ser les 1024 programmes d’usine en 26 caté­go­ries d’ins­tru­ments. En mode de repro­duc­tion, l’écran affiche même le nom de la Rom sonore (« Compo­ser » dans notre cas), le numéro de programme (0 à 127), le numéro de banque (0 à 7) et la caté­go­rie. Rien n’em­pêche alors de faire défi­ler tous les sons d’une même caté­go­rie pour une effi­ca­cité accrue. On y trouve 40 programmes en vrac, 127 claviers (kb1 à 4), 222 basses (bs1 à 5), 52 guitares, 42 cordes, 48 cuivres, 45 vents, 24 voix, 30 leads, 54 ondes simples, 63 synthés, 42 pads, 12 boucles, 35 hits, 9 sons d’or­chestre, 30 effets spéciaux, 8 bruits, 12 scratches, 59 percus­sions, 69 kits et 1 programme vide ( ?).

Le piano acous­tique est bon, avec des points de montage et des boucles indé­ce­lables. Les pianos élec­triques sont réus­sis, notam­ment les Wurly. Les 34 sons de Hammond sont à tomber par terre, avec une présence énorme et un démar­rage de Leslie très réaliste. Ils sont clas­sés dans la banque « kb3 », clin d’œil à Kurz­weil ? Les basses sont rondes et claquantes, les guitares très réus­sies, avec Slide sur les cordes lorsqu’on relâche la pédale de tenue. Les cuivres solo ou en section sont excel­lents, fidèles à la tradi­tion E-mu. Les flûtes sont égale­ment sympa, sauf la flûte de pan qui contient trop de souffle. Les sons de synthé savent être gras, super réso­nants ou planants. Avec une attaque percus­sive et une nappe, on obtient des textures magni­fiques. Par contre, les cordes sont très moyennes, avec du souffle dans les aigus et sonnent assez synthé­tiques. Le sustain de la guitare acous­tique chute un peu trop vite à notre goût, parfait pour le Flamenco, mais diffi­ci­le­ment jouable en arpèges tenues. Enfin, certains saxes ont une attaque d’anche trop brusque pour être réaliste.

E-mu Proteus 2000

Au global, les 1024 presets sont bien program­més, même si on peut déplo­rer l’af­fec­ta­tion presque systé­ma­tique de la molette au LFO et les grandes diffé­rences de volume entre les programmes, atten­tion les oreilles ! Autre curio­sité, sur certains programmes de piano acous­tique, on obtient parfois un effet de délai invo­lon­taire lorsque le canal effet est le même que le canal programme : rien de grave, un simple bug à fixer. Enfin, un mot sur la touche « Audi­tion », qui permet de jouer un des 387 riffs en Rom dans le style du programme. Ces phrases sont de véri­tables idées pour commen­cer dans un style donné, dommage qu’elles ne soient pas program­mables. En résumé, la Rom « Compo­ser » propose un set complet et de très bonne qualité. Mais que vont-ils mettre dans les prochaines ? 

Ascen­sion en solo

E-mu Proteus 2000

Pour ceux qui ne se satis­font pas des sons d’usine (1024, c’est si peu !) et qui aiment grim­per seuls, la machine est dotée d’une profon­deur de program­ma­tion excep­tion­nelle et de 512 empla­ce­ments pour stocker ses créa­tions, orga­ni­sés en 4 banques de 128 programmes. Un programme est composé de 1 à 4 couches sonores puisées dans une des Rom d’échan­tillons. Chaque couche dispose de sa propre fenêtre de jeux (C-2 à G8) et de vélo­cité (0 à 127), avec réglages des cross­fades bas et haut (0 à 127). De plus, le cross­fade peut être modulé en temps réel par un contrô­leur Midi au choix. Viennent ensuite les réglages d’ac­cor­dage (gros­sier et fin), de volume (-96 à +10 dB) et de pano­ra­mique. La suite du parcours audio est clas­sique : pour chaque couche, le signal échan­tillonné passe dans un filtre puis dans un ampli­fi­ca­teur. Pour modu­ler le tout, la machine comporte 2 LFOs, 3 enve­loppes multi-segments, ainsi qu’une matrice de modu­la­tion surpuis­sante (nous y revien­drons).

A noter égale­ment que le signal peut être mono­pho­nique, qu’on peut régler le temps et la courbe de porta­mento et que l’on peut embrayer un chorus à profon­deur réglable sur chaque layer (atten­tion, la poly­pho­nie est alors réduite de moitié). Chaque couche est ensuite diri­gée dans deux multi-effets A et B, avec 4 bus distincts par effet corres­pon­dant à des niveaux de départ diffé­rents. Ensuite, le signal est routé vers l’une des 3 sorties stéréo, la sortie prin­ci­pale étant « mouillée » alors que les 2 autres restent « sèches ». Seul reproche dans la concep­tion de la machine, il n’existe pas de mode « Drums » permet­tant d’af­fec­ter des sons de percus­sions à diffé­rentes notes. C’est une limi­ta­tion de taille que pas mal de machines concur­rentes permettent. Dans le Proteus 2000, on se contente de choi­sir un kit de batte­rie en Rom et on le traite comme un multié­chan­tillon, c’est-à-dire globa­le­ment pour toutes les notes du kit. Supplions E-mu d’ajou­ter une fonc­tion « Drum­kit » avant de se jeter dans le vide ! Pour termi­ner, il est possible d’em­pi­ler trois programmes grâce au mode Link, avec réglage de tessi­ture et fenêtre de vélo­cité. A nous les splits ou LE son ultime à 12 oscil­la­teurs par voix. Gare aux avalanches !

Pentes raides

E-mu Proteus 2000

Avec une pente maxi­male de 36dB / octave (6 pôles), le filtre du Proteus 2000 est une version allé­gée de celui de l’Audity 2000 (jusqu’à 12 pôles). Ce filtre réso­nant dispose de 17 algo­rithmes : passe-bas (2, 4 et 6 pôles), passe-haut (2 et 4 pôles), passe-bande (2, 4 et 6 pôles), égali­seurs (bande passante de 1 octave, de 2 octaves vers le bas et 1 vers le haut, ou de 3 octaves vers le bas et 1 vers le haut), formant de voyelles (« Ah / Ay / Ee » et « Oo / Oh / Ah »), phaser (2 types de filtres en peigne), flan­ger et effet spécial (phaser « grungy » tiré de l’Emula­tor IV). En édition, la machine affiche le nom de l’al­go­rithme, le nombre de pôles utili­sés et le type du filtre choisi. La puis­sance de ces filtres réside égale­ment dans la possi­bi­lité de réali­ser un morphing en temps réel entre deux profils de filtrage (d’où le terme Z-plane, syno­nyme d’axe des Z, en complé­ment de la fréquence et de l’am­pli­tude repré­sen­tées par les axes des X et des Y). Ceci dit, E-mu a simpli­fié les choses en limi­tant l’ac­cès des para­mètres à la fréquence de coupure et à la réso­nance, le morphing étant direc­te­ment géré par la machine, comme sur le Morpheus. E-mu est le seul à propo­ser de tels filtres souples et d’ex­cel­lente qualité, capables de trans­for­mer la moindre dent de scie tantôt en nappe planante, tantôt en basse réso­nante, tantôt en son qui parle. Les amateurs de fris­sons et de glisse vont pouvoir se réga­ler.

Dépla­cer des montagnes

Fidèle à la tradi­tion E-mu, le Proteus 2000 possède une quan­tité impres­sion­nante de modu­la­teurs. Commençons par une série de 3 géné­ra­teurs d’en­ve­loppes : une pour le filtre, une pour l’am­pli­tude et une libre d’af­fec­ta­tion, sachant qu’elles sont toutes réas­si­gnables. Chacune dispose de 6 segments (2 Attacks, 2 Decays et 2 Releases), avec temps et niveaux modu­lables, et répé­ti­tion des 4 premiers segments. Les niveaux sont bipo­laires (à part l’en­ve­loppe d’am­pli­tude) et les temps peuvent être comman­dés par la fréquence de l’hor­loge globale de la machine. La vitesse d’exé­cu­tion des enve­loppes est alors parfai­te­ment synchro­ni­sée aux LFOs. Ceux-ci, au nombre de deux, sont eux aussi synchro­ni­sables et disposent de 17 formes d’onde (aléa­toire, triangle, dent de scie, sinus, carrée, 4 pulsa­tions 12, 16, 25 et 33%, 4 patterns, 3 sinu­soïdes complexes et 1 onde chao­tique). La synchro­ni­sa­tion s’ef­fec­tue sur une éten­due allant de 8 fois la note au 32e de note, en passant par les trio­lets et les valeurs poin­tées. Enfin, outre le délai, les LFOs disposent d’un para­mètre « varia­tion », amenant des fluc­tua­tions aléa­toires de la vitesse.

E-mu Proteus 2000

Passons main­te­nant à la matrice de modu­la­tion, autre morceau de choix du Proteus 2000, au même titre que le filtre. Elle permet, au moyen de 24 cordons, de relier 64 sources à plus de 64 desti­na­tions. Pour chaque cordon, la quan­tité de modu­la­tion est bipo­laire. Parmi les 64 sources, on trouve, en plus des clas­siques (enve­loppes, LFOs, vélo­cité, after­touch), le numéro de note Midi, 12 contrô­leurs Midi A à L (à affec­ter aux 4 poten­tio­mètres), du bruit blanc ou rose ainsi que des fonc­tions mathé­ma­tiques. Parmi les desti­na­tions, en plus des routages clas­siques (pitch, cutoff, ampli), on dispose de la réso­nance du filtre, des points de départ et de boucle des samples, du pano­ra­mique, des temps et niveaux des enve­loppes, des vitesses des LFOs et des mêmes fonc­tions mathé­ma­tiques. Ces dernières permettent, entre autres, de mélan­ger deux cordons (somme, inver­sion, swit­ch…) ou de défor­mer le signal entrant (gain x4, diode, valeur abso­lue…), à l’image des fonc­tions FUN des machines Kurz­weil. Tout cela, c’était pour une des quatre couches d’un programme. De quoi se perdre si on est parti sans guide !

« … » répon­dit l’écho

E-mu Proteus 2000

Le Proteus 2000 dispose de deux proces­seurs d’ef­fets 24 bits stéréo. Comme sur l’Au­dity 2000, les effets sont mémo­ri­sés soit en mode global (un seul réglage qui affecte tous les sons), soit avec chaque programme (on choi­sit en mode Master le canal Midi dont sont issus les effets). Les 32 canaux partagent les mêmes effets, avec cepen­dant la possi­bi­lité de gérer 4 niveaux d’en­voi diffé­rents grâce aux 4 bus, sauf s’ils sont routés aux sorties indi­vi­duelles toujours « sèches ». Les deux proces­seurs jouent un rôle diffé­rent : le premier (A) est dédié aux effets d’am­biance, avec 44 algo­rithmes de réver­bé­ra­tion (Room, Hall, Plate, Gate…), de délai (panning, multi­tap) et des combi­nai­sons délai + réver­bé­ra­tion ; le second (B) est dédié aux effets de modu­la­tion, avec 32 algo­rithmes de chorus (Chorus, Flan­ger, Ensem­ble…), de délai (stéréo, pano­ra­mique, dual tap…) et de distor­sion (seule ou en série avec Chorus ou Flan­ger). Les deux proces­seurs sont connec­tés en paral­lèle et on dispose en plus d’un réglage d’en­voi de l’unité B dans l’unité A.

En termes de réglages, le Proteus 2000 nous propose le strict mini­mum, à savoir déclin et absorp­tion des hautes fréquences pour le proces­seur A, et Feed­back, vitesse du LFO et temps de délai pour le proces­seur B. Seule­ment cinq para­mètres, c’est à la limite du hors piste, il existe des petits modules GM d’en­trée de gamme qui font beau­coup mieux… Nous avons vu que chaque multief­fet dispo­sait de 4 bus corres­pon­dant à des dosages diffé­rents, ce qui est moins souple qu’un Trinity mais plus qu’un K2500 sans KDFX. Contrai­re­ment à l’Au­dity 2000, les départs dans les 4 bus d’ef­fets de chaque proces­seur du Proteus 2000 disposent de 12 cordons de modu­la­tion dyna­mique. Il permettent de pilo­ter ces 8 desti­na­tions à partir de 18 sources diffé­rentes (pitch­bend, molette, pédale, volume Midi, pano­ra­mique Midi et les 12 contrô­leurs défi­nis­sables A à L). Dommage qu’on ne puisse en faire autant avec les quelques para­mètres d’ef­fets. Les plus diffi­ciles se conso­le­ront en utili­sant les 2 sorties stéréo Sub1 et Sub2 comme départs / retours pour proces­seurs d’ef­fets externes. Voilà donc un double proces­seur qui, même s’il n’at­teint pas des sommets de souplesse, n’en met pas moins à notre dispo­si­tion une excel­lente qualité sonore, fraîche et pure comme l’air de la montagne. 

Aiguille du Midi

En mode multi­tim­bral, le Proteus 2000 est capable de fonc­tion­ner sur 32 canaux avec 2 groupes de prises Midi. Progrès de taille par rapport aux précé­dents modèles E-mu, la machine possède un mode multi­tim­bral capable de mémo­ri­ser 128 Setups (127 « utili­sa­teur » et 1 dans la Rom « Compo­ser »). Un Setup contient, pour chacun des 32 canaux, le numéro de programme, son volume, son pano­ra­mique et tous les réglages du mode Master sauf la réas­si­gna­tion des numé­ros de programme (le message de chan­ge­ment de programme n°2 appelle par exemple le programme 54 de la banque 5, et ainsi de suite pour les 128 numé­ros) et les tables de tempé­ra­ments utili­sa­teur (12 en Rom et 12 en Ram). En fait, on peut mémo­ri­ser l’ac­cor­dage de la machine, la réponse du pitch­bend, la courbe de réponse en vélo­cité (14 choix), le bus de départ effet / sortie audio et les deux effets (program­més en mode Master ou défi­nis par le programme appelé), le statut de chaque canal Midi (on / off), l’as­si­gna­tion des 12 contrô­leurs Midi de A à L et des 3 contrô­leurs de pédale.

E-mu Proteus 2000

D’autres réglages concernent les numé­ros de contrô­leur de Tempo, le mode des poten­tio­mètres de la façade, le cali­brage des boutons, le format numé­rique (S/PDIF ou AES), l’angle de vision du LCD, le délai entre deux paquets de Sysex et les dumps Midi qui permettent d’en­voyer à peu près n’im­porte quelle partie de la mémoire utili­sa­teur de la machine par Midi Out. Voici donc tout ce que l’on peut mémo­ri­ser en mode Multi, c’est beau­coup, et cela explique pourquoi pour chan­ger de Setup, il faut sélec­tion­ner l’un des 128 Setups et le char­ger en mémoire. Heureu­se­ment, le char­ge­ment est instan­tané. Le Proteus 2000 impres­sionne égale­ment par la pêche impres­sion­nante dont il fait preuve, que ce soit en mode programme ou multi­tim­bral. Ceci est en partie dû à une nouvelle puce char­gée de réagir au quart de tour aux messages Midi aussi nombreux qu’ils soient. Résul­tat, un flam­ming réduit au mini­mum, diffi­cile à prendre en défaut. Voilà donc un domaine de plus où la machine culmine à haut niveau. 

Premier de cordée

Une nouvelle fois, E-mu a créé un expan­deur de grande qualité, avec des perfor­mances excep­tion­nelles dépas­sant de loin la concur­rence, pour certaines. Les points forts de la machine sont très nombreux : poly­pho­nie et multi­tim­bra­lité record, Rom exten­sible, édition convi­viale, grande musi­ca­lité, synthèse très pous­sée, temps de réac­tion très courts et OS évolu­tif. En fait, très peu de reproches peuvent lui être faits : on regrette surtout l’ab­sence d’édi­teur de kits de batte­rie, les para­mètres d’ef­fets limi­tés et le manque d’unité de sauve­garde. Mais le plus éton­nant, c’est le prix très attrac­tif auquel la machine est propo­sée. Le Proteus 2000 va deve­nir très rapi­de­ment premier de sa classe, telle une montagne jeune culmi­nant à haute alti­tude et faisant beau­coup d’ombre aux autres massifs, anciens comme récents.

Glos­saire

Flam­ming : effet de déca­lage de note dans un accord faisant appel à plusieurs voies, impu­table au temps de délai Midi

Flan­ger : ligne à retard audio de courte durée dont la sortie est mélan­gée, avec modu­la­tion cyclique, au signal origi­nal

Comb Filter : en français, filtre en peigne : type de filtrage du signal possé­dant de multiples suppres­sions de fréquences

Points forts
  • Rapport performances / prix
  • Convivialité de l’édition
  • Recherche des sons par catégorie
  • Programmation puissante
  • Qualité et quantité des sons
  • Extensibilité de la Rom
  • Filtres Z-Plane 6 pôles
  • Modulation matricielle
  • Mode multitimbral à mémoires
  • 32 canaux Midi avec 2 interfaces
  • Excellent temps de réaction Midi
  • 6 sorties séparées (3 stéréo)
  • Sortie numérique S/PDIF (compatible AES)
  • OS évolutif en mémoire Flash
Points faibles
  • Les kits ne sont pas éditables
  • Edition limitée des effets
  • Routages des effets trop restreints
  • Sauts de niveau entre programmes
  • Pas d’unité pour sauvegarde externe
  • Manuel pas traduit de l’anglais
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.

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