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Reason Studios Reason 10
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Test Reason Studios Reason 10

Séquenceur électro de la marque Reason Studios appartenant à la série Reason

Prix public : 405 € TTC
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test vidéo
153 réactions
Reason tourne sa VSTe
8/10
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Après une version 9.5 apportant (enfin !) le support des plug-ins VST, Reason nous revient dans une version 10 qui met l’accent sur le contenu. Un bon plan ?

Comme d’ha­bi­tude, ceux qui aiment la vidéo n’au­ront pas à aller plus loin, quand les amou­reux de la lecture sont invi­tés à à lire la suite :

vstcompliant

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Propel­le­rhead a à cœur de répondre aux critiques adres­sées aux versions 8 et 9 de son logi­ciel. Sans même parler du support des VST apparu en 9.5 (une mise à jour gratuite pour les posses­seurs de la 9 donc, ce qui ne manque pas de géné­ro­sité), l’édi­teur semble avoir entendu les reproches qui concer­naient le manque de contenu des dernières versions, au point de nous présen­ter non pas un ou deux nouveaux modules comme à son habi­tude mais 6 instru­ments et un effet assor­tis d’un paquet de nouveaux sons et de nouvelles boucles. Vu l’orien­ta­tion vers musique élec­tro­nique qui a toujours été celle de Reason, on sera ravi en outre de décou­vrir que si deux synthés sont de la partie, les quatre autres instru­ments proposent des sono­ri­tés acous­tiques qui élar­gissent consi­dé­ra­ble­ment le terrain de jeu sonore du logi­ciel, à commen­cer par un Radi­cal Piano, un Instru­ments autre­fois vendu 100 euros comme Rack Exten­sion, et sur lequel nous allons nous attar­der.

Marteaux sur cordes

radicalpiano

Combi­nant samples et modé­li­sa­tion, le Radi­cal Piano permet enfin de dispo­ser au sein de Reason d’un nouveau piano a priori nette­ment plus sophis­tiqué que les patches ID8 qui dépan­naient jusqu’ici. Ce nouvel instru­ment se base ainsi sur trois modèles (un piano à queue Bech­stein pas complè­te­ment accordé, un Stein­way Model D et un piano droit Futura) décli­nés dans plusieurs ambiances (Vintage Mono, Ambiance, Floor, Jazz et Close). Là où ça devient inté­res­sant, c’est que vous pouvez char­ger deux pianos diffé­rents avec des ambiances diffé­rentes pour mêler les pers­pec­tives de leurs micro­phones tandis qu’un potard Charac­ter permet d’al­ler vers un son plus sombre ou plus brillant. Quelques para­mètres viennent complé­ter le tout, permet­tant de régler la courbe de vélo­cité, l’ac­cor­dage, les réso­nances, les enve­loppes, les bruits méca­niques et d’éga­li­ser sommai­re­ment tout ce petit monde.

La bonne nouvelle, c’est qu’en combi­nant tout cela, vous pouvez obte­nir un éven­tail assez vaste de pianos char­gés d’am­biance, de quoi égre­ner quelques notes pour poser un climat. La mauvaise, c’est que ce Radi­cal Piano est loin d’ar­ri­ver à la chaus­sette d’un Piano­teq ou d’un Synthogy, voire d’un Addic­tive Piano pour cause de Round Robin très limité et d’un sampling qui manque vrai­ment de détail. Même en adou­cis­sant la courbe, on a vite fait de chop­per des notes très agres­sives, de sorte que l’ins­tru­ment est raide et manque de réalisme. Pour faire une partie planquée dans le mix ou amener une ‘cou­leur’ piano, ça le fait. Pour un morceau où le piano tient le premier rôle, ça risque de coin­cer et l’on peine à comprendre ce qui a valu à cet instru­ment de se retrou­ver avec une note de 4/5 sur le store de Propel­le­rhead.

Son de bois, son de fer

En marge de ce piano en demies teintes, on a aussi droit à trois nouveaux instru­ments réali­sés en parte­na­riat avec Soun­di­ron et qui, pour le coup, sont nette­ment plus enthou­sias­mants. Klang est dédié aux percus­sions chro­ma­tiques (cloches, kalimba, glocken­spiel alto, etc.) tandis que Pangea s’in­té­resse aux instru­ments prove­nant de diffé­rents folk­lores (Zithe­rette, orgue de voyage, sitar, etc.) et Humana propose des choeurs. Ceux qui connaissent l’édi­teur qui sévit depuis long­temps sous Kontakt retrou­ve­ront là une compi­la­tion de certaines de ses banques et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fait plai­sir de voir débarquer ce genre d’ins­tru­ments dans Reason qui manquait cruel­le­ment de sons qui ne soient pas synthé­tiques. Un vaste terri­toire s’ouvre donc et, sans même qu’on cherche à faire de la chorale clas­sique ou de la musique World, on trou­vera là de quoi miton­ner des textures orga­niques parti­cu­liè­re­ment inté­res­santes.

  • pangea
  • klang
  • humana

Synthé publique

europa

Le récent succès du Serum de Xfer n’est pas passé inaperçu chez les éditeurs, bien déci­dés à redé­cou­vrir les richesses de la synthèse à table d’ondes. Si un tel instru­ment fait parti des nouveau­tés de Live 10, Propel­le­rhead se fend pour sa part d’un Europa qui devrait en inté­res­ser plus d’un. Tant mieux : ça nous change des 480 000 synthés sous­trac­tifs dont on ne sait plus quoi faire, surtout que l’édi­teur livre comme à son habi­tude un instru­ment à la fois puis­sant et simple à prendre en main. Mu par un tripe moteur de synthèse assorti d’un filtre spec­tral, d’un géné­ra­teur d’har­mo­niques, d’un filtre multi­mode et d’une belle section de modu­la­tion, Europa propose des sons qui, par leur couleur comme leur mouve­ment, valent vrai­ment leur pesant de caca­huètes. Un vrai bon ajout.

grain

Tout aussi recom­man­dable, le nouveau Grain Sample Mani­pu­la­tor est un cousin d’Eu­ropa dont il reprend la section d’ef­fets et de modu­la­tion mais qui repose pour sa part sur la synthèse granu­laire, dans une forme beau­coup plus simple (et plus compa­tible avec le live) que ce qu’on connais­sait avec le fabu­leux Mael­ström. Dans une forme beau­coup plus ouverte aussi puisqu’il est possible avec ce dernier d’im­por­ter l’échan­tillon audio sur lequel va se baser la synthèse, ce qui demeure toujours impos­sible avec Mael­ström. Il s’agit donc de jouer avec un unique échan­tillon qu’on divi­sera en grains de tailles variable et qu’on parcourra avec une tête de lecture dont le sens et la vitesse peuvent être modi­fiés. Parfait pour poser une ambiance là encore orga­nique à souhait, même s’il faudra se méfier de la justesse des sons obte­nus.

Bref, ces deux ajouts sont vrai­ment les bien­ve­nus et même si on les aurait bien vus complé­tés par le Parsec et le PX-7 vendus à part par Propel­le­rhead pour faire un tour d’ho­ri­zon complet de toutes les synthèses, on ne pourra pas dire que sur cette v10, l’édi­teur a joué les pingres. On le dira d’au­tant moins qu’il nous reste à évoquer un ultime module : le Synchro­nous Effects Modu­la­tor .

Des courbes qui font de l’ef­fet  

synchronous

Très inspiré des multief­fets qu’on trouve chez Cable­guys ou encore Sugar­bytes, Synchro­nous Effects Modu­la­tor  est un mutlief­fet à patterns combi­nant une distor­sion, une filtre multi­mode, un delay et une réverb. La program­ma­tion se fait via 3 courbes très simples à éditer et qui permettent de faire des mashups d’ef­fets rela­ti­ve­ment complexes rela­ti­ve­ment simple­ment. L’ou­til fera assu­ré­ment plai­sir aux amateurs de dubs­tep ou de glitch même si on aurait adoré qu’il intègre plus d’ef­fets (un Time Stret­cher et un panner notam­ment), et que son inter­face soit un peu mieux réali­sée, avec des courbes de Bézier et des contrôles plus gros comme chez ses glorieux inspi­ra­teurs.

C’est d’ailleurs bien le problème : à l’heure où le soft est enfin compa­tible VST, on trouve mieux sur le marché que ce petit Synchro­nous dans le domaine des multief­fets séquen­cés. Et mieux aussi que la plupart des nouveau­tés qu’on nous propose ici. Ca mérite qu’on en parle un peu…

Propel­le­rhead vs VST

Propel­le­rhead n’a pas été avare en matière de joujoux et il serait ingrat de dire que tout cela ne mérite pas les 129 euros deman­dés pour la mise à jour. Cette géné­ro­sité a toute­fois un revers car aucune nouveauté n’est à signa­ler sur le logi­ciel même, donnant à cette v10 des airs de super pack de contenu quand on atten­dait peut-être autre chose.

En effet, si l’on se réjouit que l’édi­teur ait enfin ouvert la boîte de Pandore VST en version 9.5, l’ajout de nouveaux modules, qu’il s’agisse d’ins­tru­ments ou d’ef­fets, est désor­mais beau­coup moins crucial qu’il ne l’était aupa­ra­vant. Europa est tout de suite moins attrac­tif quand on possède Serum par exemple et le Radi­cal Piano ne fera pas d’ombre à beau­coup de pianos sur le marché tandis que Grain Sample Mani­pu­la­tor souf­frira de la concur­rence d’un Mangle, d’un Granite ou de myriades d’en­sembles gratuits pour Reak­tor. Quant aux instru­ments Soun­di­ron, ils sont ni plus ni moins le portage de ce qui existe depuis long­temps sous Kontakt. Bref, pour la compa­ti­bi­lité VST prin­ci­pa­le­ment, la mise à jour vaut vrai­ment le coup lorsqu’on vient de la version 8 ou infé­rieure. Mais les posses­seurs de la 9 devront peser chacun des apports de cette v10 à l’aune de ce qui se trouve déjà dans leur réper­toire de plug-ins. Et ce faisant, il regret­te­ront peut-être le manque d’avan­cée sur le logi­ciel même qui, il faut bien l’ad­mettre, est très loin d’être irré­pro­chable, notam­ment sur le plan des inter­faces et de l’er­go­no­mie.

Les affres du skeuo­mor­phisme

À présent que la compa­ti­bi­lité VST permet d’ou­tre­pas­ser les limites de certains modules vieillots (les boites à rythmes et les samplers notam­ment) et de complé­ter la suite d’ef­fets et d’ins­tru­ments de base du logi­ciel (dont un certain nombre sont aussi bien dépas­sés), le prin­ci­pal défaut de Reason réside en effet dans une ergo­no­mie dont les parti-pris étaient déjà critiquables il y a 17 ans et qui n’a quasi­ment pas évolué depuis. Prison­nier de son mimé­tisme du maté­riel et d’une verti­ca­lité aber­rante pour un système modu­laire, le logi­ciel appa­rait sans doute très mignon au premier abord mais on s’aperçoit vite que Propel­le­rhead fait du graphisme pour le graphisme et qu’au delà des joues en bois, des vis cruci­formes aux coins des racks et des ombres portées (il n’y manque que la pous­sière et les gobe­lets de café vides), le logi­ciel manque singu­liè­re­ment d’à-propos en matière d’in­ter­faces utili­sa­teur et d’er­go­no­mie.

Reason est en effet toujours aussi bordé­lique visuel­le­ment, que ce soit en face avant où s’em­pilent les racks en toute anar­chie, ou en face arrière où l’on retrouve les chou­croutes de câbles dont on croyait s’être enfin débar­rassé depuis l’avè­ne­ment de la MAO. Dès qu’un projet devient un peu complexe, on passe son temps à cher­cher les choses (retrou­ver un petit delay rouge dans un rack de 6 mètres de haut se trans­forme ainsi en partie de « où est Char­lie ? »), sachant que, pour ne pas nous simpli­fier la vie, le logi­ciel est égale­ment truffé de réels problèmes de lisi­bi­lité : textes et boutons minus­cules, contrastes hasar­deux, polices amateurs diffi­ciles à lire parce que tentant de compen­ser leur peti­tesse par l’usage de majus­cules qui sont plus dures à déchif­frer par le cerveau…

reasonlisibility

Tout cela complique une ergo­no­mie déjà bien labo­rieuse car parfai­te­ment inadap­tée aux écrans modernes, et qui est faite de défi­le­ments en tous sens, de pliages et de dépliages de fenêtres. Avec un 27 pouces, c’est déjà pénible à utili­ser, mais avec un écran de portable 15 pouces, si Retina soit-il, ça devient un enfer. En pleine ère du vecto­riel et du respon­sive design, Reason est donc resté bloqué au Bitmap statique des années 2000 et l’on sent que son inter­face se préoc­cupe plus souvent (trop souvent) de faire joli au lieu de faire pratique. Certes, d’un point de vue marke­ting et émotion­nel, le parti-pris photo­réa­liste se comprend car il donne cette impres­sion de possé­der du vrai matos pour faire de la vraie musique et c’était une démarche d’au­tant plus justi­fiée en 2000 que le virtuel avait encore tout à prou­ver, que nombre de pros le consi­dé­rait comme un ersatz sans aucune légi­ti­mité sur le plan sonore, et que reprendre l’er­go­no­mie d’ins­tru­ments popu­laires simpli­fiait la prise en main du logi­ciel. Le monde a toute­fois évolué depuis au point qu’ins­tru­ments et effets virtuels sont bien instal­lés dans tous les studios et qu’ils servent quoti­dien­ne­ment à faire des hits.

console

Du coup, à quoi bon camper sur cette posi­tion ? À quoi bon nous faire des simili-rack 19 pouces, avec des fausses alims, de faux venti­la­teurs, des boutons respec­tant l’échelle quitte à être minus­cules et des câbles 3D qui néces­sitent l’usage d’une touche dédiée (K) pour lire les minus­cules séri­gra­phies qu’ils cachent ? Ne serait-il pas enfin temps de propo­ser une vue synop­tique de tout cela, comme on en trouve dans quasi­ment tous les systèmes modu­laires, de Max à Reak­tor en passant pas Usine, Audio­Mulch ou Pure Data ? Ne serait-il pas enfin temps de propo­ser une table de mixage qui ne néces­site pas un écran 42 pouces en mode portrait pour pouvoir être affi­chée, quitte à moins ressem­bler à une vraie ? Une table qui n’af­fiche pas par défaut 49 boutons et 34 potards minus­cules en plus du fader par tranche (SOIT 84 PARA­MÈTRES DE BASE POUR UNE SEULE TRANCHE !), sachant que la plupart ne servi­ront pas à l’uti­li­sa­teur ?

Bref, le travail à four­nir pour corri­ger tout cela est consé­quent et d’au­tant plus compliqué qu’il néces­site une vraie remise en ques­tion de la philo­so­phie de base du logi­ciel : admettre que la mime­sis est une voie sans issue et que si Kontakt ou Reak­tor ont eu un tel succès, c’est aussi parce qu’au delà des fonc­tion­na­li­tés, ils assument d’être des logi­ciel là où NN-XT semble s’ex­cu­ser de n’être qu’une pâle copie d’un Sampler Akai dont plus personne ne voudrait aujour­d’hui si ce n’est pour caler un meuble.

Or, ce ne sont pas là les seuls défauts de Reason qui souffre en outre de nombreuses lacunes.

Ces trous béants entre les racks

Pour un logi­ciel aussi tourné vers les sons, on pestera d’abord contre le navi­ga­teur de presets ultra rudi­men­taire : les patches y sont jetés pèle-mêle dans quelques dossiers, sans qu’au­cun tag, attri­but ou système de nota­tion ne vienne simpli­fier la recherche qui, évidem­ment, ne se fait pas en Instant Search. Pour ne rien arran­ger, aucune préécoute n’est dispo­nible en dehors des fichiers audio de base, ce qui peut se comprendre pour les patches de synthé mais pas pour les patches de Dr-Octo­Rex (alors qu’on a un aperçu des Rex simples). De fait, la recherche d’un son ou d’un groove consiste à passer bien labo­rieu­se­ment d’un preset à l’autre, chose à laquelle on n’est plus trop habi­tué lorsqu’on a gouté au confort d’un Komplete Kontrol.

On citera aussi toutes ces fonc­tions qui ont fleuri au cours des 17 dernières années chez la concur­rence (voire avant) et que Propel­le­rhead n’a pas encore trouvé le temps d’in­té­grer (et on se demande bien comment) : les dossiers de pistes et grou­pe­ment de tranches, les faders VCA, l’ex­port MP3/OGG/Flac/AAC (vous avez bien lu : le MP3, format qui a révo­lu­tionné la musique à la fin des années 90 et dont l’algo est aujour­d’hui libre de droits n’est toujours pas supporté !), la réor­ga­ni­sa­tion des plug-ins, la possi­bi­lité de faire des mute sur des notes MIDI, la possi­bi­lité de saisir des valeurs numé­riques pour les para­mètres, l’usage de courbes de Bézier pour les fondus et les auto­ma­tions, la possi­bi­lité d’édi­ter plusieurs pistes MIDI via le même piano roll, les raccour­cis claviers person­na­li­sés, un vrai système de marqueurs, le punch in/punch out, la quan­ti­fi­ca­tion groove pour l’au­dio, la possi­bi­lité de faire des macros, de geler les pistes, de conver­tir une piste mono en stéréo ou l’in­ver­se…. Soit des fonc­tions de base pour la plupart, mais qui ne sont pas là et on comprend bien pourquoi certains se sont lassés d’at­tendre au point d’al­ler voir en face ce qu’il s’y passait (et il s’y passait géné­ra­le­ment plus de choses).

Évidem­ment, on ne s’éton­nera pas en outre de ne pas dispo­ser de fonc­tions plus avan­cées : pas de gestion des objets audio, pas d’édi­tion audio poly­pho­nique ni d’in­té­gra­tion de Melo­dyne via ARA, pas de liste d’his­to­rique d’an­nu­la­tion, pas de piste d’ac­cords, pas de vue spec­tro­gra­phique… Et je vous passe tout ce qu’at­tendent les utili­sa­teurs depuis des lustres pour renou­ve­ler des instru­ments qui ont 17 ans d’âge pour certains mais qui se rabat­tront très certai­ne­ment sur des free­wares VST plus abou­tis…

Bref, vous l’au­rez compris, après avoir attendu 12 ans l’in­té­gra­tion de pistes audio dans le logi­ciel, 17 ans la compa­ti­bi­lité avec les plug-ins VST, c’est désor­mais sur le front de l’er­go­no­mie et des fonc­tion­na­li­tés que vont porter les reven­di­ca­tions car sous le vernis d’un graphisme léché se cache un indé­niable retard qui empêche Reason d’être le formi­dable logi­ciel qu’il devrait être.

Conclu­sion

En matière de mise à jour, ce qui nous est proposé ici vaut large­ment les 129 euros deman­dés : outre deux beaux synthés inté­res­sants et simples à appré­hen­der, les sono­ri­tés appor­tées par Soun­di­ron, le petit Radi­cal Piano et le Synchro­nous Effects Modu­la­tor soufflent un vent de fraî­cheur dans le logi­ciel en offrant la possi­bi­lité de brico­ler des sons plus orga­niques que jamais. Et à présent que Reason parle VST, inutile de dire que la mise à jour est forte­ment recom­man­dés pour ceux qui sont restés en V8 ou infé­rieure, tandis que les posses­seurs de la V9 devront juger de l’in­té­rêt de ces nouveaux conte­nus en fonc­tion de ce qu’ils possèdent déjà comme plug-ins ou Rack Exten­sion.

Il nous reste à parler de Reason plus globa­le­ment et de son inté­rêt face aux autres STAN. Avec le support des VST, le soft a indu­bi­ta­ble­ment retrouvé de sa superbe et, grâce à sa logique modu­laire, il demeure capable de faire simple­ment des choses bien diffi­cile, voire impos­sible, à obte­nir dans bien d’autres logi­ciels. Reason regorge en outre de quan­tité d’ex­cel­lents instru­ments, effets et outils qui en font une sorte d’énorme Works­ta­tion à l’in­croyable richesse. Vous n’êtes pas près de faire le tour de ce qu’il a à offrir sur le plan sonore, d’au­tant qu’il existe une foule de Refill gratuits ou payants pour ceux qui ne se sentent pas l’âme de sound desi­gners.

Préci­sons-le tout de même : que ce soit au niveau des instru­ments et effets qu’il propose (et ne propose pas) ou de sa philo­so­phie globale, le logi­ciel de Propel­le­rhead reste quand même avant tout orien­tée vers la musique élec­tro­nique. Il vaut mieux le savoir.

Comme il vaut mieux savoir qu’un paquet de modules ont pris un méchant coup de vieux en 17 ans.

Comme il vaut mieux savoir que derrière ses jolies petites inter­faces photo­réa­listes, ses câbles tous mignons et son ravis­sant skeuo­mor­phisme se cachent de surpre­nantes lacunes fonc­tion­nelles ainsi que de réels soucis d’er­go­no­mie et de lisi­bi­lité qui ne datent pas d’hier.

Le problème, c’est que l’ac­cu­mu­la­tion de tout cela finit par nuire à l’ex­pé­rience utili­sa­teur et aux bons côtés du logi­ciel, à plus forte raison si vous souhai­tez l’uti­li­ser avec un portable. Il n’y a certes rien de rédhi­bi­toire là-dedans, et ce Reason 10 est indu­bi­ta­ble­ment le meilleur Reason jamais sorti, mais au royaume des STAN orien­tée élec­tro, la concur­rence est bien rude. Entre Live et son Push, FL Studio, Bitwig, la MPC et Maschine dont on sent bien qu’elle va deve­nir sous peu une STAN à part entière, même en s’ou­vrant au monde VST, le produit phare de Propel­le­rhead aura bien du mal à tirer son épingle du jeu en l’état, lui qui était autre­fois en avance sur tout le monde.

On attend donc déjà avec impa­tience la version 11 pour voir si Propel­le­rhead va pour­suivre sur la bonne lancée amor­cée avec la 9.5, récom­pen­sant les efforts de cette version 10 par un 4 étoiles en guise d’en­cou­ra­ge­ments…

On refait le patch : les tests vidéo d'Audiofanzine Voir tous les épisodes de "On refait le patch : les tests vidéo d'Audiofanzine"
8/10
Points forts
  • Nouveaux synthés simples à utiliser et intéressants
  • Les instruments Soundiron qui apportent des couleurs différentes
  • Le Synchronous Effects Modulator, un sympathique joujou
  • Excellent rapport qualité/prix de la mise à jour
  • Le même prix pour tout le monde en mise à jour
  • Radical Piano, qui servira à l’occasion pour faire des pianos d’ambiance
  • Après 17 ans d’attente, merci d’avoir intégré les VST (depuis la 9.5)
  • Tout ce qu’on aime dans Reason : la qualité de certains instruments et effets, les câbles virtuels, la rétrocompatibilité, le côté pédagogique, le feeling workstation/studio virtuel
Points faibles
  • Des contenus mais aucune évolution du logiciel même…
  • …qui accuse toujours un gros retard par rapport à la concurrence sur nombre de fonctions de base
  • Gestion des presets très rustique
  • Samplers, boîtes à rythmes et plusieurs modules d’effets bien dépassés
  • Quand on dispose de la 9.5 et des plug-ins VST qui vont bien, il n’est pas sûr qu’on valorise les nouveautés de cette V10
  • Radical Piano, loin d’être convaincant en dehors du sound design
  • De réels problèmes d’ergonomie et de lisibilité qui rendent le logiciel pénible à utiliser, surtout sur un portable
  • Ce n’est pas vraiment un défaut, mais on reste dans une orientation électro plutôt que généraliste
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.


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