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Love on the BeatStep
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Depuis quelques années déjà, on observe dans le monde des moyens de production musicaux « modernes » trois tendances majeures.

Tout d’abord, le perfec­tion­ne­ment constant des outils virtuels, instru­ments et effets, dont les quali­tés sonores et ergo­no­miques ne sont aujour­d’hui plus contes­tées par personne. Ensuite – et en consé­quence – l’af­fir­ma­tion très nette des appa­reils nomades de type tablette tactile comme outils de plus en plus crédibles. Et enfin, le regain d’in­té­rêt en paral­lèle pour les machines analo­giques ou tout du moins hard­ware.

Avec ses trois types de connec­tiques – MIDI USB, MIDI OUT clas­sique et CV/Gate – le BeatS­tep d’Ar­tu­ria se propose d’être le trait d’union entre ces trois tendances, en offrant la possi­bi­lité de contrô­ler simul­ta­né­ment tous les types d’ou­tils réels ou virtuels dispo­nibles actuel­le­ment, le tout dans un format « nomade ».

Équipé en outre d’en­co­deurs et de pads pouvant servir à la fois au jeu et à la program­ma­tion de séquences, ainsi que toutes sortes de fonc­tion­na­li­tés que nous allons explo­rer, le BeatS­tep a sacré­ment titillé notre curio­si­té… d’au­tant plus qu’il est vendu à un peu moins de 100 euros !

Allez, on plon­ge…

Plas­tique parfaite

L’Ar­tu­ria BeatS­tep se présente sous la forme d’un boîtier rectan­gu­laire de 32,5 cm de large, 12,8 cm de profon­deur et envi­ron 3,5 cm de haut potards compris. La base est en métal, recou­verte d’une robe de plas­tique blanche du plus bel effet.

Arturia BeatStep

Sur le panneau fron­tal, 16 boutons rota­tifs surplombent 16 pads rétroé­clai­rés sensibles à la vélo­cité et à l’af­ter­touch. Les déno­mi­na­tions « set 1 », « set 2 », etc. présentes autour des potards n’ont pas de réelle impor­tance et servent surtout de repères visuels afin de mieux appré­hen­der les contrôles auxquels les boutons sont affec­tés. 

À gauche des potards rota­tifs, nous trou­vons leur cousin plus volu­mi­neux qui permet, selon le cas, d’en­voyer par défaut un message MIDI CC7 (contrôle de volume) ou d’agir sur le tempo ou le pitch géné­ral d’une séquence. 

Au-dessous à côté des pads, nous avons deux colonnes de quatre boutons pous­soir chacune. Les deux boutons du haut permettent de déclen­cher, de mettre en pause, de relan­cer ou de stop­per une séquence. Au-dessous, le bouton « cntrl/seq » auto­rise la bascule entre le mode de contrôle MIDI stan­dard et celui du séquen­ceur. « Ext sync » active ou désac­tive la soumis­sion du BeatS­tep à une horloge MIDI externe. Les boutons « recall » et « store » permettent de rappe­ler et sauve­gar­der des confi­gu­ra­tions. Le bouton « shift » appelle des fonc­tions alter­na­tives. Enfin, le bouton « chan », asso­cié à chacun des pads, auto­rise le chan­ge­ment instan­tané de canal MIDI.

C’est encore à gauche, sur la tranche de l’ap­pa­reil cette fois-ci, que nous trou­vons toute la connec­tique. D’une part, celle-ci comporte une prise MIDI USB qui assure égale­ment l’ali­men­ta­tion de l’ap­pa­reil via un ordi­na­teur, un appa­reil mobile ou bien un char­geur USB indé­pen­dant (non fourni). D’autre part, nous avons trois prises mini-jack : une gate out, une CV out et une MIDI OUT à laquelle on pourra connec­ter un câble-conver­tis­seur vers MIDI OUT DIN femelle (fourni, lui).

Enfin, sur la tranche arrière du boîtier, à côté d’une élégante séri­gra­phie repre­nant la marque et le nom de l’ap­pa­reil, nous décou­vrons une sécu­rité Kensing­ton, ainsi qu’il est main­te­nant courant d’en trou­ver sur toute machine pouvant être aisé­ment englou­tie dans un sac à dos.

Fron­tal control

Le BeatS­tep fonc­tionne selon deux modes. Le mode « Control » permet d’en­voyer des messages MIDI via les pads et les enco­deurs pour pilo­ter un instru­ment ou un effet par exemple. Le mode « Sequence » permet quant à lui de créer et contrô­ler le mode de repro­duc­tion d’une séquence. Les deux modes sont utili­sables simul­ta­né­ment, c’est-à-dire qu’on pourra faire tour­ner une séquence tout en pilo­tant des para­mètres MIDI en mode « Control » via les enco­deurs ou en jouant des notes via les pads. 

Tel quel, sans le moindre para­mé­trage préa­lable néces­saire, le BeatS­tep est déjà parfai­te­ment utili­sable pour contrô­ler, au choix, un instru­ment virtuel ou un module hard­ware via les commandes du panneau fron­tal et les prises MIDI USB, MIDI OUT et/ou CV/Gate.

En mode « control », les 17 enco­deurs (les 16 « petits » plus le « gros ») envoient par défaut des messages CC (Control Change), les boutons de trans­port des messages … de trans­port au format MMC (MIDI Machine Control) et les 16 pads des messages de « note on / note off ». Nous verrons plus bas dans le para­graphe « Master Mind » comment modi­fier les types de messages. Si les pads se montrent parti­cu­liè­re­ment réac­tifs et agréables  – on n’est pas encore tout à fait au niveau d’une Maschine , mais tout de même – il est un peu rageant de ne pouvoir agir direc­te­ment sur leur tessi­ture via des boutons physiques de trans­po­si­tion. Il y a bien une jolie séri­gra­phie « Trans­pose » à côté du gros enco­deur, mais cette fonc­tion n’est utili­sable que dans le cadre du mode « Sequence ».

Cela semble être la dernière mode (voir les tests de Maschine Studio ou celui des Laun­ch­key et Launch­pad Mini) de suppri­mer ces fameux boutons qui simpli­fient pour­tant énor­mé­ment la vie en live, dès lors qu’il s’agit d’un contrô­leur à pads. Sachez, messieurs les fabri­cants, que cela commence à bien faire !

Arturia BeatStep

Dans le cas présent, il faudra passer par le logi­ciel de contrôle MIDI Control Center (voir plus bas) pour affec­ter des tessi­tures diffé­rentes à chacun des 16 slots mémoire de l’ap­pa­reil si l’on souhaite pouvoir ensuite trans­po­ser rapi­de­ment les messages de notes, en rappe­lant les mémoires via la touche « recall » du panneau fron­tal.

Ou, alors, si l’on ne veut pas passer par le MIDI Control Center, il sera possible de recou­rir à la fonc­tion de modi­fi­ca­tion de pitch des messages MIDI entrants, dispo­nible sur certains modules hard­ware ou STANs. Bref, pas ultra-pratique.

À noter égale­ment que les messages MMC envoyés par les boutons de trans­port de l’ap­pa­reil ne sont pas recon­nus par toutes les STANs, ce qui néces­si­tera là aussi un passage par le MIDI Control Center pour modi­fier leur format avant de pouvoir les utili­ser pour contrô­ler des para­mètres.

La seule action de para­mé­trage que l’on puisse réel­le­ment effec­tuer direc­te­ment à partir du panneau fron­tal de l’ap­pa­reil quand on est en mode « Control », sans aucun réglage anté­rieur via le MIDI Control Center, c’est la modi­fi­ca­tion de canal MIDI via la pres­sion simul­ta­née de la touche « chan » et du pad corres­pon­dant au canal que l’on souhaite acti­ver, de 1 à 16. Cela s’avère extrê­me­ment pratique pour passer rapi­de­ment du contrôle d’un instru­ment à l’autre.

Il faut toute­fois consi­dé­rer que le chan­ge­ment de canal affec­tera tous les appa­reils connec­tés au BeatS­tep, et concer­nera aussi bien le contrôle MIDI via MIDI USB ou MIDI Out que l’en­voi de notes via CV/Gate, ou encore la lecture de séquence. Si vous souhai­tez affec­ter des canaux MIDI diffé­rents à toutes ces fonc­tion­na­li­tés, il faudra là aussi passer par… le MIDI Control Center.

En ce qui concerne les tablettes et smart­phones, le BeatS­tep est Class Compliant, donc aucun souci pour pilo­ter des applis compa­tibles MIDI. Je me suis person­nel­le­ment beau­coup amusé avec le BeatS­tep connecté à l’Animoog de Moog Music, via l’adap­ta­teur de l’Apple Camera Connec­tion Kit.

Enfin, souli­gnons qu’en cas de surcharge dans le trai­te­ment des infor­ma­tions MIDI entraî­nant le blocage de note (surtout valable pour certains synthés un peu anciens), il est possible d’en­voyer une commande « All notes off » direc­te­ment via le BeatS­tep en appuyant 3 fois de suite sur la touche « stop ».

Fron­tal sequence

Autant le mode « Control » ne permet pas un grand nombre de para­mé­trages via le panneau fron­tal, autant le mode « Sequence » s’avère bien plus riche de fonc­tion­na­li­tés direc­te­ment acces­sibles et modi­fiables.

Dès que l’on active ce mode, tous les contrô­leurs du BeatS­tep perdent momen­ta­né­ment leurs fonc­tions de contrôle MIDI pour être affec­tés aux para­mètres de lecture de la séquence. Les pads symbo­lisent les pas de la séquence et s’illu­minent d’un beau bleu pour signi­fier qu’ils sont actifs. Une simple pres­sion suffit à désac­ti­ver ceux que l’on souhaite. Les 16 petits poten­tio­mètres agissent chacun sur le pitch de leur pas de séquence respec­tif. Le gros bouton rota­tif agit de manière globale sur le tempo ou, via la touche « shift » sur la trans­po­si­tion tonale de la séquence. Les touches de trans­port contrôlent la lecture, la mise en pause ou l’ar­rêt de la séquence. Le bouton « ext sync » permet de bascu­ler instan­ta­né­ment le BeatS­tep d’un statut de « maître » à celui d’es­clave, le synchro­ni­sant auto­ma­tique­ment aux tempo et fonc­tions de lecture d’une STAN par exemple. Mais ce n’est pas tout.

Arturia BeatStep

En main­te­nant la touche « shift » enfon­cée, l’on peut accé­der via les pads à toutes sortes de para­mètres de lecture.

Nous avons d’abord, via les pads 1 à 8, accès aux gammes selon lesquelles sera modi­fié le pitch des pas de séquence : chro­ma­tique, majeure, mineure, dorienne, myxo­ly­dienne, mineure harmo­nique, blues, et enfin une gamme « user » défi­nis­sable via le MIDI Control Center. À noter que chaque gamme est valable pour l’en­semble des poten­tio­mètres : impos­sible d’af­fec­ter une gamme diffé­rente par potard. Ensuite, via les pads 9 à 12, l’on peut défi­nir le sens de lecture de la séquence : vers l’avant, vers l’ar­rière, aller-retour et aléa­toire.

Les derniers pads, 13 à 16, permettent de choi­sir entre quatre durées de pas : ¼ (noire), 1/8 (croche), 1/16 (double-croche) ou 1/32 (triple croche). Si ces divi­sions tempo­relles s’avèrent suffi­santes pour la plupart des produc­tions actuelles, on peut toute­fois regret­ter de ne pas pouvoir accé­der à un mode ternaire, ni à certaines autres durées plus longues (blanche, ronde) ou plus courtes (quadruple croche). À noter que cela n’est pas possible non plus via le MIDI Control Center. Enfin, en main­te­nant simul­ta­né­ment enfon­cées les touches « shift » et « chan », l’on peut défi­nir le pas de fin de la séquence en appuyant dessus. Le pas de début sera par contre toujours le pad supé­rieur gauche.

Arturia BeatStep

Chaque confi­gu­ra­tion (état, durée, pitch et gamme de chaque pas de séquence ainsi que le mode de lecture) peut être sauve­gar­dée direc­te­ment dans un slot mémoire dédié, en main­te­nant la touche « store » enfon­cée et en appuyant sur l’un des 16 pads. Le slot mémoire actuel­le­ment actif s’illu­mine en rouge. Il n’eût pas été inutile de faire s’éclai­rer tous les pads repré­sen­tant des slots déjà occu­pés, à mon sens.

Sachant que l’on peut rappe­ler chacune des 16 mémoires instan­ta­né­ment via la touche « recall » et le pad corres­pon­dant, on peut donc jongler en temps réel avec 16 séquences tota­le­ment diffé­rentes en live. Un vrai bonheur. 

Dans la pratique, le mode séquen­ceur est donc très perfor­mant et amusant à utili­ser.

Toute­fois, le réglage du pitch via les potards n’est pas très aisé et réclame un certain entraî­ne­ment si l’on veut obte­nir des résul­tats précis. Il me semble plus adapté pour quiconque recherche plutôt la surprise sonore que la préci­sion.

Mais voyons main­te­nant comment nous pouvons para­mé­trer notre appa­reil plus en profon­deur.

Master Mind 

Arturia BeatStep

Le logi­ciel MIDI Control Center est véri­ta­ble­ment le centre névral­gique du système. S’il est commun à tous les appa­reils d’Ar­tu­ria connec­tables en MIDI USB (à l’ex­cep­tion de l’Origin), il permet toute­fois le para­mé­trage de chaque appa­reil selon ses spéci­fi­ci­tés respec­tives. Le panneau de contrôle virtuel d’un BeatS­tep ne sera ainsi pas le même que celui d’une Spark, par exemple, alors que chacun d’entre eux peut être appelé à partir de la même instance du logi­ciel. À noter qu’il n’est pas néces­saire qu’un appa­reil soit connecté pour que l’on puisse prépa­rer des présets et templates. On pourra en effet les sauve­gar­der loca­le­ment sur le disque dur de l’or­di­na­teur avant de les trans­mettre à la mémoire interne de l’ap­pa­reil, une fois celui-ci connecté. 

L’in­ter­face utili­sa­teur du soft se divise visuel­le­ment en cinq parties distinctes.

En haut à gauche, la section « device » permet de choi­sir l’ap­pa­reil que l’on souhaite para­mé­trer. Dans les sections « memory » et « templates » situées au-dessous, on défi­nit le numéro de la mémoire interne du contrô­leur ou bien le nom du fichier-preset que l’on souhaite sauve­gar­der ou rappe­ler.

La partie centrale est compo­sée tout d’abord d’une image détaillée du contrô­leur, où chaque élément para­mé­trable est cliquable, provoquant ainsi l’ap­pa­ri­tion des détails dans la partie infé­rieure de l’écran. À noter que lorsque le contrô­leur est connecté et synchro­nisé au soft via la fonc­tion « sync », la mani­pu­la­tion de chaque élément physique sur le panneau fron­tal de l’ap­pa­reil entraîne sa sélec­tion auto­ma­tique dans le logi­ciel. Les para­mètres sont alors modi­fiables selon des menus ou des valeurs à entrer via un potard virtuel ou direc­te­ment au clavier d’or­di­na­teur. Toujours avec la fonc­tion « sync » enclen­chée, chaque réglage effec­tué dans le logi­ciel est auto­ma­tique­ment trans­mis au BeatS­tep.

De plus, à chaque acti­va­tion de cette fonc­tion, un fichier de sauve­garde est auto­ma­tique­ment créé, repre­nant le numéro du slot mémoire concerné (de 1 à 16), ainsi que la date et l’heure de la synchro­ni­sa­tion, ceci afin de pouvoir reve­nir à tout moment à une config anté­rieure. Grâce à cela, aucun risque de bousiller la précieuse confi­gu­ra­tion du live que vous allez devoir assu­rer dans une 1/2 heure !

Nous ne passe­rons pas en revue tous les réglages dispo­nibles, mais sachez que les potards peuvent envoyer des messages de type « CC » ou « NRPN/RPN », les pads des messages de « MIDI Note », « MMC », « Swit­ched Control » (par exemple pour faire passer la fréquence de coupure d’un filtre instan­ta­né­ment d’une valeur à une autre, toutes deux program­mables), ou encore « Patch Change » pour agir sur les presets d’un plug-in.

Sous la repré­sen­ta­tion visuelle du contrô­leur appa­raît, dans le cas du Beats­tep, le « sequence editor », qui comme son nom l’in­dique permet de para­mé­trer la séquence. On peut ainsi défi­nir manuel­le­ment la hauteur de chaque note, soit en faisant glis­ser cette dernière sur une portée, soit en entrant direc­te­ment sa valeur dans la case « pitch » située en-dessous. La ligne « step » permet quand à elle d’ac­ti­ver ou désac­ti­ver chacun des pas de la séquence. Dans la partie « User scale », l’on peut défi­nir une gamme person­na­li­sée pour la modu­la­tion du pitch via les potards.

Enfin, dans la partie droite du logi­ciel appa­raissent les para­mètres globaux de l’ap­pa­reil. Dans le cas du BeatS­tep, il s’agit des éléments suivants. Tout d’abord, nous avons la défi­ni­tion des diffé­rents canaux MIDI pour le contrôle MIDI via USB ou MIDI OUT, la lecture de séquence et la sortie CV/Gate. Oui, chacun de ces modes peut béné­fi­cier d’un canal indé­pen­dant, auto­ri­sant par exemple simul­ta­né­ment le contrôle MIDI d’un VST sur l’or­di­na­teur grâce aux pads et enco­deurs, la lecture d’une séquence BeatS­tep pilo­tant un module hard­ware bran­ché en MIDI, et l’en­voi vers un autre module hard­ware d’une piste MIDI pré-program­mée dans la STAN via le CV/Gate du contrô­leur.

Vous suivez ? Non parce que vous pouvez faire complè­te­ment l’in­verse, aussi…

Ensuite, nous avons le para­mètre d’ac­cé­lé­ra­tion des boutons rota­tifs, qui permet de choi­sir entre trois compor­te­ments .

 « Slow(OFF) » n’ap­plique aucune démul­ti­pli­ca­tion d’ac­cé­lé­ra­tion aux boutons, chaque cran de rota­tion corres­pond à une augmen­ta­tion de valeur d’un degré, quelle que soit la vitesse de rota­tion d’ori­gine appliquée au potard.

 « Medium » entraîne une légère démul­ti­pli­ca­tion, et « Fast » permet en théo­rie d’at­teindre très rapi­de­ment les valeurs extrêmes de chaque para­mètre. Il semble­rait que cette fonc­tion n’af­fecte pas toutes les STANs de la même manière.

Puis nous avons le para­mètre de courbe de réponse des pads, avec quatre choix possibles.

« Linear » propose une sensi­bi­lité équi­va­lente à tous les types de frappe, et la réponse appro­priée.

« Loga­rith­mic » rend les pads plus sensibles aux frappes légères, alors que « Expo­nen­tial » les rend plus récep­tives aux inten­si­tés bûche­ron­nesques.

Enfin « Full » entraîne une réponse des pads égale à tous les types de frappe : l’en­voi d’un beau 127 en valeur de vélo­cité.

En-dessous, après la fenêtre permet­tant de défi­nir le canal MIDI utilisé pour la lecture de séquence, nous trou­vons les para­mètres propres à cette dernière.

« Overall Trans­pose » permet la trans­po­si­tion géné­rale de la séquence de –12 à +12 demi-tons.

« Pattern Mode » défi­nit le sens de lecture et reprend les para­mètres dispo­nibles sur le panneau fron­tal et décrits plus hauts (voire para­graphe « Fron­tal control ») : forward, reverse, alter­nate et random.

« Legato » défi­nit la manière dont les notes d’une séquence vont s’en­chaî­ner. S’il est désac­tivé, un message de « note off » est envoyé entre chaque note, de sorte qu’elle soit bien distincte des autres. S’il est activé, chaque note va « débor­der » légè­re­ment sur la suivante, effet souvent inté­res­sant avec des synthés mono­pho­niques. Enfin, un mode « reset » acti­vera le legato au sein des notes d’une même séquence, mais le désac­ti­vera pour la dernière. Ce ne seront alors plus les notes entre elles, mais bien les séquences de notes qui seront alors déli­mi­tées.

« Scale Type » permet de défi­nir, comme via le panneau fron­tal, le type de gamme utili­sée.

« Swing » et « Gate Time » défi­nissent respec­ti­ve­ment le taux de swing (on l’au­rait devi­né…) et la durée de chaque note. Pour ce dernier para­mètre, cela ne change rien au rapport ryth­mique entre elles : une note « rallon­gée » se termi­nera plus tard, mais la séquence aura déjà pour­suivi sa course entre temps. 

Enfin, nous trou­vons les para­mètres « Step size » et « Pattern Length » qui permettent, là aussi comme sur le panneau fron­tal de l’ap­pa­reil, de choi­sir la longueur globale des pas de séquence, ainsi que de défi­nir leur nombre. 

Une fois tout para­mé­tré comme il nous convient, il ne reste plus qu’à choi­sir le slot-mémoire (16 en tout, pour rappel) dans lequel on souhaite sauve­gar­der ces modi­fi­ca­tions, et le tour est joué.

Rappe­lons que chacune de ces mémoires pourra être rappe­lée instan­ta­né­ment en live via la combi­nai­son de touches « recall + pad corres­pon­dant ».

Le prin­ci­pal défaut que je vois à ce soft est que lorsque vous sauve­gar­dez un preset dans le MIDI Control Center, celui-ci ne diffé­ren­cie pas les slots mémoire du mode contrôle et du mode séquence, alors que l’ap­pa­reil permet de sépa­rer par exemple le slot mémoire 1 des contrôles MIDI du slot mémoire 1 du mode séquen­ceur. Il semble­rait que le MIDI Control Center ait été programmé à la base pour du hard­ware n’uti­li­sant qu’une seule banque de sauve­gardes de para­mètres, et qu’il n’ait pas pu être modi­fié en consé­quence pour le BeatS­tep.

Mais globa­le­ment, et pour résu­mer, l’on peut dire que ce logi­ciel est plutôt réussi. Les para­mètres sont clai­re­ment iden­ti­fiés, faci­le­ment acces­sibles à la souris ou en action­nant les contrô­leurs physiques de l’ap­pa­reil, et aisé­ment modi­fiables via des menus, des boutons rota­tifs ou en entrant les valeurs direc­te­ment au clavier. Main­te­nant, l’on aime­rait bien pouvoir en béné­fi­cier d’une version nomade sur tablette et/ou smart­phone, afin d’al­lé­ger encore la confi­gu­ra­tion. 

Conclu­sion

Avec son excel­lente qualité de fabri­ca­tion, ses multiples types de connexions et la richesse et la simpli­cité de son para­mé­trage prin­ci­pa­le­ment via le MIDI Control Center, le BeatS­tep est incon­tes­ta­ble­ment une réus­site. 

Mais on aurait appré­cié pouvoir agir sur un plus grand nombre de para­mètres en mode « control » direc­te­ment à partir du panneau fron­tal de l’ap­pa­reil sans devoir passer par l’in­ter­face logi­ciel­le… au moins sur la tessi­ture des pads grâce à des boutons de trans­po­si­tion inex­pli­ca­ble­ment absents ! En l’état actuel des choses, il reste diffi­cile de se passer d’un ordi­na­teur pour dépas­ser une utili­sa­tion basique du BeatS­tep en mode « Control ».

En ce qui concerne le mode « Sequence », je regrette l’ab­sence de valeurs tempo­relles ternaires pour la durée des pas, partiel­le­ment comblée par le mode Swing acces­sible via le MIDI Control Center. Et je reste égale­ment un peu dubi­ta­tif sur le réglage de pitch via les potards rota­tifs en mode séquen­ceur qui réclame un certain entraî­ne­ment avant d’être maîtrisé.

Certains regrettent l’ab­sence d’une prise MIDI In, ce qui néces­site l’em­ploi d’un hub MIDI-USB si l’on souhaite soumettre le BeatS­tep à l’hor­loge d’un appa­reil ne dispo­sant que d’une sortie MIDI tradi­tion­nelle.

Enfin, même si l’ap­pa­reil se comporte très bien avec les tablettes et autres appa­reils nomades, on regrette l’ab­sence d’une version du MIDI Control Center dédiée à ce type de plate­forme, ce qui aurait permis là aussi l’éco­no­mie d’un ordi­na­teur dans la confi­gu­ra­tion géné­rale.

Mais ne soyons pas trop durs, car pouvoir à la fois jouer, séquen­cer et contrô­ler tout type de maté­riel réel et/ou virtuel simul­ta­né­ment est un vrai plai­sir. Les dimen­sions réduites du BeatS­tep et la non-néces­sité d’une alimen­ta­tion externe lorsqu’il est connecté à un ordi­na­teur ou un appa­reil mobile le rendent parti­cu­liè­re­ment nomade. Ajou­tons à cela un tarif très compé­ti­tif, et Artu­ria devrait tenir là un beau succès commer­cial.

  • Arturia BeatStep
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8/10
Points forts
  • Le prix
  • La qualité de fabrication
  • L'aspect nomade de l’appareil
  • La qualité des pads, leur sensibilité à la vélocité et L’aftertouch
  • La richesse des connectiques
  • La richesse et la simplicité de programmation offertes par le MIDI Control Center
  • La possibilité de préparer des templates via le MIDI Control Center pour tous les contrôleurs Arturia sans nécessiter qu’ils soient connectés
  • La possibilité de piloter simultanément plusieurs modules réels ou virtuels...
  • … tout en programment et contrôlant la lecture d’une séquence !
  • Le réglage du pitch via les potards en mode « Sequence » parfait pour l’expérimentation sonore...
Points faibles
  • … mais compliqué à utiliser pour un résultat précis
  • L’absence de boutons de réglage de tessiture des pads sur l’appareil
  • L’obligation de passer quasi exclusivement par le MIDI Control Center pour le paramétrage du mode « Control »
  • Pas d’appli MIDI Control Center pour tablettes ou smartphones pour l’instant
  • L’impossibilité d’affecter directement via le panneau frontal des canaux différents pour le contrôle MIDI et la lecture de séquence
  • L’impossibilité d’accéder à des valeurs temporelles supérieures à la noire ou inférieures à la triple croche pour la programmation de séquence
  • L’impossibilité d’accéder à des valeurs temporelles ternaires

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