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La "Mark" des pros ?
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Award Valeur sûre 2020
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Le Launchpad de Novation est devenu depuis son apparition en 2009 un incontournable parmi les contrôleurs MIDI pour Ableton Live, acquérant un statut quasiment culte au-delà même des utilisateurs de la STAN allemande.

Nova­tion a entamé depuis la fin de l’an­née dernière le renou­vel­le­ment de sa gamme de Launch­pad, avec à mon sens plus ou moins de réus­site. C’est aujour­d’hui au tour du modèle « Pro » – le fleu­ron de l’an­cienne série, sorti en 2015 – de subir une cure de jouvence. Pour la peine et pour assu­rer sans doute une cohé­rence nomi­na­tive avec le reste de la gamme, il se voit affu­blé direc­te­ment d’un quali­fi­ca­tif « Mk 3 » qui fait tota­le­ment fi de l’ab­sence d’une quel­conque version 2 du contrô­leur. Mais passons.

Vendu au tarif conseillé de 349 €, quelle réelle évolu­tion repré­sente-t-il par rapport à son illustre ancêtre et vis-à-vis de la gamme actuelle? 

C’est ce que je vous invite à décou­vrir de ce pas!

Visite de chan­tier

general.JPGLa boîte du Launch­pad Pro Mk3 contient – outre le contrô­leur lui-même – un adap­ta­teur secteur, un câble USB A vers USB C, un câble USB C vers USB C, et trois adap­ta­teurs MIDI-DIN vers MIDI-minijack. Et c’est tout! Comme pour tous les derniers appa­reils de chez Nova­tion, c’est sur une petite mémoire interne de l’ap­pa­reil que sont stockées toutes les infor­ma­tions néces­saires pour une prise en main facile. Lors de sa connexion à votre ordi­na­teur, le Launch­pad sera consi­déré (entre autres) comme une unité de stockage externe, et vous pour­rez ainsi accé­der aux docu­ments concer­nés. Un petit graphique imprimé à-même l’in­té­rieur de la boîte vous explique la manœuvre à suivre. Le mode d’em­ploi complet est télé­char­geable sur le site de Nova­tion. Au moment de la rédac­tion de ce banc d’es­sai, il n’est dispo­nible qu’en anglais et en japo­nais. 

Mais pour le moment, inté­res­sons-nous aux aspects les plus maté­riels de l’objet.

Le Launch­pad Pro Mk3 se présente sous la forme d’un paral­lé­lé­pi­pède de 268 mm de largeur, 268 de profon­deur et 18 mm de hauteur, de fabri­ca­tion inté­gra­le­ment plas­tique mais solide et inspi­rant confiance. La quasi-inté­gra­lité de la face supé­rieure est occu­pée par une matrice qui reprend les mêmes 64 pads du Launch­pad X: RGB, sensibles à la vélo­cité et à l’af­ter­touch par canal ou poly­pho­nique. Cette matrice est entou­rée de tous les boutons-pous­soirs permet­tant d’at­teindre et d’uti­li­ser toutes les fonc­tion­na­li­tés du contrô­leur. Ils sont tous sont bien ancrés et répondent avec un « clic » franc. Au-dessus de la matrice, on a ainsi les flèches « gauche » et « droite » pour se dépla­cer hori­zon­ta­le­ment au sein de la matrice ou effec­tuer des trans­po­si­tions par note, ainsi que tous les boutons permet­tant d’ac­ti­ver les diffé­rents modes de jeu de l’ap­pa­reil. Les boutons situés sous la matrice sont réser­vés à la gestion des pistes et aux fonc­tion­na­li­tés géné­rales du projet Able­ton Live en cours. Les boutons à gauche regroupent les flèches de direc­tion « haut » et « bas » pour se dépla­cer verti­ca­le­ment dans la matrice ou effec­tuer des trans­po­si­tions par octave, les boutons de lecture et d’en­re­gis­tre­ment ainsi que ceux de gestion des clips. Enfin, la série de boutons à la droite de la matrice sert avant tout au déclen­che­ment de scènes, mais égale­ment à l’ac­cès à diffé­rents menus de para­mé­trages s’ils sont acti­vés conjoin­te­ment à la touche « shift », touche qui permet égale­ment d’ac­ti­ver toutes sortes de fonc­tion­na­li­tés secon­daires sur les autres pous­soirs.

Enfin, sur la tranche arrière de l’ap­pa­reil, on trouve à l’ex­tré­mité gauche une prise USB C pour une  connexion infor­ma­tique ou élec­trique via l’adap­ta­teur fourni avec le Launch­pad, et à l’ex­tré­mité droite trois prises MIDI au format mini-jack regrou­pant deux sorties et une entrée. Une encoche de sécu­rité Kensing­ton se trouve sur la tranche gauche du contrô­leur. 

Sur la face infé­rieure du Launch­pad Pro Mk3, une bande orange caou­tchou­tée faisant le tour de l’ap­pa­reil permet de s’as­su­rer qu’il ne glisse pas sur votre espace de travail. 

Dans le cambouis

midi.JPGLa confi­gu­ra­tion géné­rale du Launch­pad Pro Mk3 se fait via la touche « Setup ». On accède grâce à elle à diffé­rents menus qui permettent respec­ti­ve­ment le para­mé­trage géné­ral de chacun des éléments suivants: le rétro-éclai­rage des pads, leur courbe de velo­cité, leur sensi­bi­lité à l’af­ter­touch et le mode d’uti­li­sa­tion de ce dernier, le compor­te­ment des entrées et sorties MIDI physiques, les modes de synchro­ni­sa­tion de l’hor­loge MIDI, et enfin la sensi­bi­lité des faders virtuels. Un mode supplé­men­taire, le mode « Boot­loa­der », permet entre autres d’af­fec­ter une iden­tité virtuelle à chacun des Launch­pad connec­tés à un même ordi­na­teur, auto­ri­sant ainsi un cumul au sein d’un même projet Able­ton Live  de tous les contrô­leurs connec­tés.

Mais trêve de consi­dé­ra­tions tech­niques, voyons ce que le Launch­pad Pro Mk3 nous propose pour nous amuser!

Session de travail

[illus­tra­tion: session.jpg ]

Comme pour les autres modèles de Launch­pad, le coeur du fonc­tion­ne­ment du Pro Mk3 repose sur un système de modes entre lesquels on peut alter­ner de manière tempo­raire ou défi­ni­tive. Et le premier d’entre eux est le mode « Session ». C’est à travers lui que l’on accède aux fonc­tion­na­li­tés de pilo­tage d’Able­ton Live, et l’on y retrouve sans surprise les tradi­tion­nelles fonc­tions de déclen­che­ment de clips ou de scènes. On a la joie de béné­fi­cier égale­ment d’un bouton « Capture MIDI » qui permet d’ac­ti­ver dans Live la fonc­tion du même nom si pratique pour fixer instan­ta­né­ment toutes nos impro­vi­sa­tions MIDI, un bouton que l’on trouve déjà d’ailleurs sur les derniers Laun­ch­key et le Launch­pad X. De ce dernier, le Launch­pad Pro Mk3 reprend d’ailleurs la gestion du volume et du pano­ra­mique de chacune des pistes du projet  mais aussi des envois vers les pistes auxi­liaires, à la diffé­rence que leur nombre n’est ici plus de deux mais de huit.

sessionComme sur le Launch­pad X toujours, l’ému­la­tion des faders via les pads se fait avec le même confort et la même surpre­nante préci­sion grâce à la prise en compte de la vélo­cité lors de leur utili­sa­tion. Mais dans le cas du Launch­pad Pro Mk3, les faders virtuels permettent en plus de contrô­ler main­te­nant tous les para­mètres de n’im­porte quel plugin grâce au mode « Device », un mode qui n’exis­tait jusque-là sous cette forme que sur les Laun­ch­keys. Le Launch­pad Pro précé­dent propo­sait bien lui aussi une fonc­tion­na­lité appro­chante, mais cette dernière ne permet­tait de contrô­ler que huit para­mètres, là où le mode « Device » du Mk3 et des Laun­ch­key ne connaît plus cette limi­ta­tion! La version moderne du Launch­pad Pro reprend de son ancêtre la possi­bi­lité de dupliquer les clips et les scènes, de les suppri­mer, de doubler la durée d’un clip ou encore de sélec­tion­ner ce dernier sans forcé­ment le déclen­cher. Il s’ins­pire égale­ment de son aïeul par les fonc­tions d’an­nu­la­tion et de réta­blis­se­ment d’ac­tion (undo/redo), ainsi que d’ac­ti­va­tion et de désac­ti­va­tion du métro­nome, une fonc­tion enri­chie ici par la présence d’un bouton de « tap tempo ». Mais c’est surtout dans la gestion des pistes que le mode « Session » du Launch­pad Pro Mk3 se distingue de tout ce que Nova­tion a pu propo­ser jusqu’ici. En effet, l’ar­me­ment, la sélec­tion, la mise en solo et la désac­ti­va­tion des pistes sont main­te­nant dévo­lues à une série de boutons physiques et ne mobi­lisent plus la dernière ligne de la matrice, comme c’était le cas sur tous les modèles de Launch­pad précé­dents, « Pro » y compris. Une véri­table amélio­ra­tion dans l’er­go­no­mie géné­rale du concept « Launch­pad »!

Notes de frais

notes.JPGAprès le mode « Session », le Launch­pad Pro Mk3 propose diffé­rents modes de jeu, dont le premier est le mode « Note ». L’af­fi­chage de celui-ci s’adapte en fonc­tion du type de plugin que l’ap­pa­reil est censé pilo­ter. Si c’est un drum rack qui est présent sur la piste, les pads de jeu concer­nés s’al­lu­me­ront par groupes de 16 pour émuler la surface de jeu d’une MPC, avec autant de groupes qu’il sera néces­saire pour pilo­ter l’en­semble des sons du drum rack concerné. Grâce aux flèches verti­cales on pourra faire défi­ler la surface de jeu vers le haut ou le bas si le nombre de pads du drum rack dépasse 64. Pour tout autre instru­ment qu’un drum rack, les pads de jeu adop­te­ront une dispo­si­tion par gammes, avec la tonique en rose, les autres notes de la gamme en blanc et les notes étran­gères soit non-éclai­rées, soit carré­ment absentes selon le para­mé­trage de gammes que l’on aura choisi. On peut confi­gu­rer les gammes de multiples manières. Les gammes et modes propo­sés sont les mêmes que sur le Launch­pad X, à savoir qu’en plus du mode chro­ma­tique on dispose dans l’ordre: des gammes mineure natu­relle et majeure, des modes dorien, phry­gien et mixo­ly­dien, des gammes mineures mélo­dique et harmo­nique, du mode dorien « bebop », des gammes blues, penta­to­nique mineure et mineure hongroise, du mode dorien ukrai­nien, et enfin des gammes Marva, Todi, par tons et Hirajo­shi. Toujours comme sur le Launch­pad X, on peut aussi ré-arran­ger la dispo­si­tion des pads selon le nombre de doigts que l’on souhaite employer pour le jeu: c’est une atten­tion ergo­no­mique dont on ne peut qu’à nouveau se réjouir ici. Et elle n’est pas la seule! En effet, on peut béné­fi­cier dans le mode « Note » de l’ac­cès à diverses fonc­tion­na­li­tés du mode « Session » sans avoir jamais à inter­rompre son propre jeu. On peut ainsi suppri­mer un clip, doubler sa longueur ou encore le dupliquer en sélec­tion­nant auto­ma­tique­ment sa copie sans jamais s’in­ter­rompre de jouer! Un vrai bonheur lorsque l’on performe, que l’on impro­vise ou que l’on compose! Et puisque l’on parle de jeu,  c’est avec un bonheur non dissi­mulé que l’on retrouve ici les mêmes pads que sur le Launch­pad X! S’ils réagissent à l’ef­fleu­re­ment le plus déli­cat, ils répondent égale­ment parfai­te­ment à nos solli­ci­ta­tions les plus sauvages et vous ne crain­drez pas de les abîmer. 

Tout cela vous fait déjà sali­ver? Atten­dez encore un peu car vous n’avez rien vu: ce n’est qu’à partir de main­te­nant que nous commençons à explo­rer ce qui fait véri­ta­ble­ment la nouveauté du Launch­pad Pro Mk3!

Chords de métier

chords.JPGLais­sez-moi tout d’abord vous parler du mode « Chords », présent ici pour première fois sur un Launch­pad. Comme son nom l’in­dique, ce mode permet de construire des accords. La tech­nique employée ici est assez origi­nale. La première colonne de la matrice de pads présente les notes de la gamme actuel­le­ment choi­sie dispo­sées de bas en haut. Les trois colonnes suivantes reprennent cette même gamme mais à partir de diffé­rents degrés, de telle manière qu’en jouant simul­ta­né­ment les pads adja­cents des trois ou quatre premières colonnes, on obtienne respec­ti­ve­ment toutes les triades ou accords de septième de la gamme initiale. La cinquième colonne est une reprise du mode mixo­ly­dien déjà inclus dans les colonnes précé­dentes, mais une octave au-dessus. Les pads de la sixième colonne proposent chacun une triade pré-enre­gis­trée à partir de chacune des notes de la gamme initiale, dans des renver­se­ments fixes. Enfin les deux dernières colonnes proposent des empla­ce­ments de stockage vierges dans lesquels vous pouvez enre­gis­trer vos propres accords, indé­pen­dam­ment de la gamme pré-sélec­tion­née. Ces empla­ce­ments sont ensuite jouables en respect de la vélo­cité appliquée, une fonc­tion­na­lité toujours bien­ve­nue!

Mais tout cela n’est rien par rapport à la vraie grande nouveauté propo­sée par le Launch­pad Pro Mk3, j’ai nommé le séquen­ceur!

Travail à la chaîne

Jusqu’ici, Nova­tion n’avait proposé en termes de séquen­ceur pour ses anciens Launch­pad qu’un module logi­ciel Max For Live spéci­fique, unique­ment utili­sable au sein de la STAN berli­noise. J’avais d’ailleurs regretté lors des tests des nouveaux modèles de Launch­pad que ceux-ci ne soient plus compa­tibles avec cette appli­ca­tion. 

sequencer.JPGMais aujour­d’hui, c’est dans une tout autre cour que Nova­tion vient jouer en propo­sant carré­ment un séquen­ceur maté­riel! Et la marque britan­nique a vu grand! En effet, là où chacun des autres modes de jeu du Launch­pad Pro Mk3 ne mobi­lise qu’un seul voire deux affi­chages diffé­rents de la matrice de clips, ce ne sont pas moins de 11 affi­chages indi­vi­duels qui sont mis à contri­bu­tion pour le seul mode « Sequen­cer » et toutes ses diffé­rentes fonc­tion­na­li­tés! L’af­fi­chage prin­ci­pal du séquen­ceur nous propose de manière assez clas­sique une divi­sion en deux parties super­po­sées. Dans la partie supé­rieure sont repré­sen­tés les pas de séquence et dans la partie infé­rieure l’es­pace de jeu. Celui-ci pourra soit prendre la forme d’une surface de 4×4 pads pour pilo­ter des boîtes à rythme maté­rielles ou virtuelles, soit se présen­ter sous la forme de quatre octaves de notes agen­cées selon la gamme prédé­fi­nie dans le mode « Note ». Chaque pas de séquence peut conte­nir jusqu’à huit notes super­po­sées, et l’on se réjouira de pouvoir égale­ment les reti­rer chacune indi­vi­duel­le­ment si on le souhaite. Chaque note d’un même pas peut être enre­gis­trée avec sa propre valeur de vélo­cité lors du jeu en direct. Si l’on souhaite toute­fois éditer la valeur de vélo­cité manuel­le­ment par la suite, cette dernière sera la même pour toutes les notes du pas de séquence concerné. Ceci vaut égale­ment pour la durée des notes en ques­tion.

Les séquences sont limi­tées à 32 pas, qui peuvent prendre pour valeur des durées allant de la noire à la triple croche, en binaire ou en ternaire. 32 pas peuvent sembler un peu limi­ta­tifs, mais on peut chaî­ner jusqu’à 8 séquences l’une à l’autre, et cela sur 4 pistes diffé­rentes qui peuvent chacune envoyer leurs données sur le canal MIDI que l’on souhaite. Les séquences d’une même piste partagent les mêmes valeurs de para­mé­trage (durée des pas, pas de départ et pas de fin de séquence, sens de lecture) mais ces valeurs sont indé­pen­dantes d’une piste à l’autre. On peut ainsi lire simul­ta­né­ment sur 4 pistes diffé­rentes des séquences de longueurs et de pulsa­tions (binaire ou ternaire) variées – permet­tant ainsi de créer faci­le­ment des motifs poly­ryth­miques. Pour ajou­ter encore de la diver­sité dans nos séquences on peut défi­nir pour chaque pas de celles-ci la proba­bi­lité selon laquelle la note qu’il contient sera jouée ou non. Si plusieurs notes sont présentes sur un même pas, le pour­cen­tage choisi par l’uti­li­sa­teur repré­sen­tera la proba­bi­lité que toutes les notes du pas de séquence concerné soient déclen­chées simul­ta­né­ment comme prévu à l’ori­gine.

arriere.JPGLes autres possi­bi­li­tés se parta­ge­ront le pour­cen­tage restant. Par exemple, si l’on défi­nit 75% pour un pas conte­nant deux notes, il y aura 75% de chances que ces deux notes soient jouées simul­ta­né­ment. Les 25% restant se répar­ti­ront équi­ta­ble­ment entre le déclen­che­ment de la note A, de la note B ou d’au­cune d’entre elles. On peut égale­ment instau­rer pour chaque pas la proba­bi­lité d’une modi­fi­ca­tion de hauteur grâce à la fonc­tion « muta­tion » que l’on a déjà pu voir en action sur l’ar­pé­gia­teur des Laun­ch­key dernière géné­ra­tion. Ou bien encore, on peut créer un effet de type « mitraillette » grâce à la fonc­tion « micro-steps » qui permet d’af­fec­ter jusqu’à six micro-divi­sions par pas. Les séquences de chacune des 4 pistes peuvent être libre­ment asso­ciées entre elles au sein de 16 scènes. Chaque ensemble de séquences, de scènes et tous leurs para­mètres corres­pon­dants peuvent être sauve­gar­dés dans un « projet ». À l’image des séquences, les scènes et les projets entiers peuvent être chaî­nés entre eux ou déclen­chés à volonté, sans forcé­ment attendre la fin de la séquence active mais en restant toujours synchro­nisé au tempo géné­ral. Tout cela peut bien entendu être enre­gis­tré en plus de manière externe dans un séquen­ceur maté­riel ou logi­ciel. Mais dans le cadre d’une utili­sa­tion spéci­fique avec Able­ton Live, cela va même plus loin car on pourra expor­ter direc­te­ment les séquences dans les clips grâce à la fonc­tion « print to clip », bien nommée et très pratique. Dans le cas où les para­mètres de certaines séquences seraient soumis à des effets de proba­bi­lité, il suffira d’ex­por­ter plusieurs fois d’af­fi­lée les séquences concer­nées pour obte­nir des clips et des résul­tats diffé­rents en fonc­tion des règles de proba­bi­lité appliquées. Très bien vu!

Pas de pause de MIDI!

À ce stade, nous avons exploré tous les modes d’usine et nous avons pu consta­ter à quel point ils brillaient dans le cadre de leur utili­sa­tion avec Able­ton Live, une autre STAN ou bien des appa­reils MDI externes, tous les modes à l’ex­cep­tion de « Session » étant parfai­te­ment utili­sables pour contrô­ler en MIDI n’im­porte quel logi­ciel ou appa­reil audio physique compa­tible. Tout cela est bien entendu rendu possible par la présence à la fois d’une inter­face MIDI physique complète et d’un adap­ta­teur secteur qui permettent au Launch­pad Pro Mk3 d’être tota­le­ment indé­pen­dant d’un ordi­na­teur. Mais on peut aller encore plus loin.

Dans le ventre de la machine

Le Launch­pad Pro Mk3 dispose d’un « Program­mer mode » qui permet de commu­niquer avec l’ap­pa­reil via des messages MIDI externes. Les pads de la matrice envoient chacun un message de « note on » tandis que les pous­soirs situés tout autour envoient un message de « control change ». Tous les boutons et pads sont éteints par défaut mais peuvent être allu­més dès qu’ils reçoivent le même message MIDI que celui qu’ils envoient. Le logo Nova­tion, s’ils n’émet pas de message MIDI, est en revanche capable d’en rece­voir un pour s’al­lu­mer lui aussi! Enfin, si l’on s’in­té­resse vrai­ment aux aspects les plus tech­niques du Launch­pad Pro Mk3 et que l’on souhaite éven­tuel­le­ment en tirer parti au sein de ses propres scripts ou appli­ca­tions, on peut télé­char­ger le « Program­mers refe­rence guide » qui contient toutes les infor­ma­tions néces­saires. On peut d’ailleurs trou­ver des scripts très complets pour Bitwig Studio et Reaper en télé­char­ge­ment à cette adresse.

La boîte à outils

Mais dans la plupart des cas, il ne sera pas néces­saire d’al­ler aussi loin dans le para­mé­trage car en plus des modes d’usine, le Launch­pad nous offre huit modes inté­gra­le­ment person­na­li­sables, appe­lés « custom modes », là où le Launch­pad X en propose 4, le Launch­pad Mini 3, et l’an­cien Launch­pad Pro un seul et encore guère compa­rable.

Les huits modes en ques­tion nous offrent par défaut: huit faders verti­caux unipo­laires, huit faders hori­zon­taux bi-polaires, quatre groupes de 4×4 pads pour les drum-racks et boîtes à rythmes, 4 octaves chro­ma­tiques non-trans­po­sables, 64 géné­ra­teurs de messages de « program change », 64 géné­ra­teurs de messages de « note on » avec illu­mi­na­tion des pads, et enfin 2 séries de 64 géné­ra­teurs de messages de « note on » sans illu­mi­na­tion des pads. Tous ces Custom Modes sont inté­gra­le­ment para­mé­trables via l’ap­pli­ca­tion Compo­nents.

À l’ate­lier!

components.JPGLa grande force de l’ap­pli­ca­tion Compo­nents est qu’elle s’adapte à chacun des appa­reils Nova­tion concer­nés et propose des fonc­tion­na­li­tés liées direc­te­ment à chacun d’eux, comme par exemple la sauve­garde des projets de séquen­ceur dans le cas du Launch­pad Pro Mk3. Mais en-dehors de ces spéci­fi­ci­tés, elle offre égale­ment un tronc commun de fonc­tion­na­li­tés adap­tées à tous les appa­reils d’un même type. Pour les Launch­pad, on peut donc person­na­li­ser ses « custom modes » et les peupler avec les éléments virtuels suivants: des faders verti­caux ou hori­zon­taux, unipo­laires ou bipo­laires, des pré-confi­gu­ra­tions pour des gammes chro­ma­tiques ou diato­niques, des groupes de 16 pads pour le finger-drum­ming, des notes MIDI indi­vi­duelles et enfin des boutons de program – ou de control change.

Selon les cas, on pourra défi­nir le numéro du para­mètre concerné, la tonique, le numéro d’oc­tave et le type de la gamme, ou encore quelle note unique un pad doit déclen­cher et s’il agira de manière discrète ou tempo­raire. Tous ces éléments peuvent béné­fi­cier d’un canal MIDI et d’une couleur de pad dédiés, ainsi qu’être libre­ment renom­més pour davan­tage de clarté.

Acci­dents profes­sion­nels

Je n’ai fina­le­ment qu’as­sez peu de choses à repro­cher au Launch­pad Pro. Comme je l’ai déjà fait remarquer de multiples fois dans les articles précé­dents concer­nant les derniers produits Nova­tion en date, je ne suis pas forcé­ment un grand fan de l’ap­pli­ca­tion Compo­nents, dont je trouve notam­ment l’uti­li­sa­tion parfois un peu lourde (impos­si­bi­lité de trai­ter les para­mètres par lots, par exemple). Le reproche que je fais habi­tuel­le­ment à cette appli­ca­tion est de ne pas compen­ser suffi­sam­ment les manques des appa­reils hard­ware qu’elle accom­pagne. Mais ce reproche a ici moins lieu d’être que par le passé, le Launch­pad Pro Mk3 étant lui-même déjà extrê­me­ment complet.

panoCe qui ne m’em­pêche pas de rele­ver sur cet appa­reil certains points qui pour­raient être amélio­rés à mon sens. Le premier pourra vous sembler anec­do­tique, mais il a une certaine impor­tance à mes yeux: il s’agit de la dispa­ri­tion du bouton marche/arrêt qui était encore présent sur la version précé­dente du Launch­pad Pro. Alors bien entendu, ce bouton tend à dispa­raître de nos appa­reils et plus parti­cu­liè­re­ment des péri­phé­riques infor­ma­tiques, mais on peut légi­ti­me­ment se poser la ques­tion de la perti­nence d’une telle dispa­ri­tion à une époque où l’éco­no­mie d’éner­gie devrait être de mise. Et action­ner un bouton pour désac­ti­ver un appa­reil repré­sente tout de même une solu­tion plus élégante et souvent moins contrai­gnante que le débran­che­ment sauvage d’un câble USB. 

Mais ne nous appe­san­tis­sons pas sur ce sujet et inté­res­sons-nous davan­tage aux limi­ta­tions opéra­tion­nelles du Launch­pad Pro Mk3. Si l’on peut saluer l’ef­fort fourni par Nova­tion pour rendre l’in­ter­ac­tion entre les mode « Session » et « Note » la plus fluide possible, on regret­tera que les déve­lop­peurs anglais n’aient pas poussé la démarche plus loin, par exemple en auto­ri­sant le lance­ment de scène direc­te­ment à partir du mode « Note ». C’est d’au­tant plus dommage que dans ce fameux mode, les boutons de lance­ment de scène ne sont pas employés non plus à une autre fonc­tion. 

Je regrette égale­ment que dans le mode « Session », la fonc­tion « Dupli­cate » ne permette pas de copier un clip à l’em­pla­ce­ment que l’on souhaite, mais unique­ment à la ligne du dessous. On ressent ici aussi d’au­tant plus un petit goût d’in­achevé que la fonc­tion « print to clip » du séquen­ceur offre la possi­bi­lité de choi­sir via le contrô­leur l’em­pla­ce­ment vers lequel on souhai­tera expor­ter notre séquence. 

Et c’est d’ailleurs – malgré ses grandes quali­tés – par le séquen­ceur que je vais termi­ner mon tour des remon­trances que je pour­rais adres­ser au Launch­pad Pro. Je trouve tout d’abord dommage que l’on ne puisse pas éditer manuel­le­ment et de manière indi­vi­duelle la vélo­cité et la durée des notes situées sur un même pas de séquence. Mais passons, car c’est un autre élément qui me semble bien plus  problé­ma­tique. Il s’agit de l’in­ter­ac­tion du séquen­ceur avec le mode « Session », inter­ac­tion que je trouve bancale à deux niveaux. Tout d’abord, il faut savoir que la lecture d’un projet Able­ton Live entraî­nera obli­ga­toi­re­ment le démar­rage de la lecture d’une séquence. Cette dernière peut être heureu­se­ment stop­pée de manière auto­nome sans déclen­cher l’ar­rêt du projet Able­ton Live en cours. Une autre solu­tion si vous souhai­tez éviter les « inter­fé­rences » du séquen­ceur avec un projet Live en cours sera de vous assu­rer que le séquen­ceur soit réglé sur une séquence vide. Rien de gravis­sime mais l’on aurait aimé pouvoir béné­fi­cier d’un para­mé­trage qui nous aurait laissé le choix de synchro­ni­ser ou non les déclen­che­ments respec­tifs de lecture du séquen­ceur et de lecture du projet Able­ton. Mais c’est surtout le problème qui me semble le plus embê­tant. En effet la gestion du tempo des modes « Session » et « Séquen­ceur » est indé­pen­dan­te… et là aussi, il n’existe aucun para­mé­trage pour modi­fier cela. Impos­sible donc de synchro­ni­ser auto­ma­tique­ment le séquen­ceur au tempo du projet Able­ton Live en cours, il vous faudra le faire manuel­le­ment via un potard sur le contrô­leur. Parti­cu­liè­re­ment galère si vous souhai­tez faire coller vos séquences à un projet Able­ton qui intègre des auto­ma­tions de tempo! Et ne pensez pas trou­ver une parade en employant la fonc­tion de « tap tempo », celle-ci étant désac­ti­vée dans le mode « Sequen­cer ».

Alors, chef d’œuvre?

Pour termi­ner, je dirais que les quelques points néga­tifs que je viens de citer ne viennent que peu ternir les quali­tés de ce produit, qui s’avère beau­coup plus complet que son ancêtre le Launch­pad Pro premier du nom, ou que son rival le plus proche dans la gamme actuelle, le Launch­pad X. Car il ne se contente pas de reprendre de nombreuses quali­tés de ces deux produits, comme les fonc­tion­na­li­tés bien pensées du mode « Session » pour le premier ou encore l’ex­cel­lente qualité des pads pour le second, ce qui serait déjà très bien! Non, les concep­teurs de chez Nova­tion nous grati­fient en plus de modes de jeux tout nouveaux dans la gamme des Launch­pad, à savoir le mode « Chords » et surtout le très complet mode « Sequen­cer »! Et lorsque l’on sait que tout ceci nous permet de contrô­ler non seule­ment des logi­ciels, mais égale­ment des modules maté­riels grâce aux sorties MIDI physiques et à l’ali­men­ta­tion élec­trique auto­nome, on peut se dire que si ce Launch­pad Pro n’est pas un chef d’oeu­vre… il s’en approche tout de même un peu! 

Prix conseillé : 349 €

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9/10
Award Valeur sûre 2020
Points forts
  • Qualité des pads
  • Ergonomie générale, notamment du mode "Note"
  • Possibilité de piloter aussi bien des logiciels que des modules matériels
  • Séquenceur
  • Mode chords
  • Bundle logiciel
Points faibles
  • L'application Components qui reste un peu lourde sur certains aspects
  • Pas de lancement de scène en mode "Note"
  • L'interaction bancale entre les mode "Session" et "Séquenceur"...
  • ... dont l'absence de synchro automatique entre les projets Ableton et les séquences du Launchpad

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