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Clavia Nord Wave
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Test du Nord Wave de Clavia

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La voix du Nord

Intégrant la modélisation analogique, la FM, les ondes numériques et la lecture d’échantillons, le Nord Wave se positionne comme un multi spécialiste de la synthèse. Privilégiant la programmation immédiate aux pages de menus, a-t-il tous les atouts pour s’imposer ?

Inté­grant la modé­li­sa­tion analo­gique, la FM, les ondes numé­riques et la lecture d’échan­tillons, le Nord Wave se posi­tionne comme un multi spécia­liste de la synthèse. Privi­lé­giant la program­ma­tion immé­diate aux pages de menus, a-t-il tous les atouts pour s’im­po­ser ?

En 1995, Clavia présente le Nord Lead, une petite bombe rouge modé­li­sant les synthés analo­giques poly­pho­niques d’an­tan. La machine est d’ailleurs livrée avec une banque repre­nant les sons origi­naux de Prophet-5. En 10 ans, elle va donner nais­sance à une descen­dance proli­fique, explo­rant au passage la FM, avec le Nord Lead 3 et sa géniale inter­face lumi­neuse. Le construc­teur suédois ne tarde pas à explo­rer le monde des synthés modu­laires virtuels, avec une famille tout aussi proli­fique qui lui permet de modé­li­ser de nombreux outils de trai­te­ment du signal. Il ne manque que la lecture d’échan­tillons pour être complet, ce que Clavia ne tarde pas à mettre au point pour géné­rer une partie des sons de ses claviers de scène. Le Nord Wave s’ap­pa­rente donc à une synthèse du savoir-faire de la marque. Arrivé aujour­d’hui à matu­rité avec un OS 1.06 stable et livré avec une banque addi­tion­nelle de 250 Mo de samples de Mello­tron, un test appro­fondi s’im­po­sait…

Prise en main

Clavia Nord Wave

Fidèle à la tradi­tion Clavia, le Nord Wave est un synthé à la fois soli­de­ment construit et léger. Affi­chant 6 kg sur la balance dans une carcasse rouge et noire tout en métal, la machine est faite pour la scène. Les commandes (33 potards, 3 enco­deurs cran­tés sans fin, 33 pous­soirs) sont soli­de­ment ancrées au panneau avant, rien ne se balade ! Elles sont comme toujours regrou­pées sur la moitié gauche de la machine. On aime ou on n’aime pas. En tout cas, les commandes sont trop proches et trop petites pour nos yeux fati­gués et nos mains trem­blantes. De plus, l’écran est à l’ex­trême gauche, ce qui rend la lecture peu pratique. Tous les para­mètres sauf les réglages globaux / Midi sont acces­sibles direc­te­ment depuis la façade. Certains boutons ont une seconde fonc­tion, acces­sible en appuyant sur la touche « Shift ». Les sections sont plutôt claires, avec de gauche à droite les modu­la­tions (porta­mento, LFO, enve­loppe assi­gnable), les 2 oscil­la­teurs, le filtre avec son enve­loppe, le volume avec son enve­loppe et les effets. L’er­go­no­mie et la simpli­cité d’uti­li­sa­tion sont un point fort de la machine. Le LCD 2 × 16 carac­tères vient complé­ter le tout : outre le nom des programmes, le LCD indique la valeur de tous les para­mètres en cours d’édi­tion, en parti­cu­lier le nom des multi­samples et des formes d’ondes numé­riques. À noter que la valeur de certains para­mètres est indiquée dans sa véri­table unité : fréquences en Hz, temps en secondes, inter­valles en demi-tons… clas­sieux. Un bouton dédié « Panic » permet de couper toutes les notes en cours, idéal pour la scène. Petits bémols, il manque un bouton « compare » et les rota­tifs ne fonc­tionnent qu’en mode « saut ».

Connectique dépouillée

Pour ce qui est du jeu, le Nord Wave offre un clavier léger 4 octaves (49 touches) sensible à la vélo­cité et à la pres­sion. Le toucher et la réponse à la dyna­mique sont agréables et répondent parfai­te­ment aux nuances de jeu. En revanche, le contrôle de la pres­sion est abrupt et très peu expres­sif. Dommage que Clavia ne passe pas au stan­dard à 5 octaves, surtout pour jouer les multi­samples. Pour pallier ce manque, on trouve des boutons de trans­po­si­tion rapide de plus ou moins 2 octaves, à proxi­mité du génial bâton de pitch en bois sans posi­tion centrale et de la molette de modu­la­tion, toujours granu­leuse. L’exa­men de la façade arrière apporte une décep­tion (photo ci-contre) : une seule paire de sorties audio, une prise casque, un duo Midi, 2 prises pour pédales et une prise USB (voir enca­dré sur la gestion des échan­tillons). Donc adieu sorties multiples, numé­riques, entrées audio, Midi Thru… seule l’ali­men­ta­tion interne pourra nous conso­ler sur une machine de cette gamme et de ce prix.

Pano­plie sonore

Wave Family

Le nom rappelle d’illustres vintages germa­niques, mais le son du Nord Wave n’a rien à voir avec la lignée PPG et Waldorf. Nous l’avons comparé au PPG Wave 2.3 et au Waldorf Micro­wave XT. Le PPG est beau­coup plus orga­nique, avec ses tables d’ondes 12 bits et ses filtres SSM. Même le Micro­wave XT, pour­tant 100% numé­rique, sonne très diffé­rent, avec des filtres très musclés et des modu­la­tions très pous­sées. En fait, malgré ses multiples formes de synthèse, le Nord Wave est dépourvu de tables d’ondes, c’est-à-dire des succes­sions d’ondes élémen­taires dont la durée est indé­pen­dante de la fréquence.

Doté de plusieurs moteurs de synthèse, le Nord Wave dispose d’une pano­plie sonore éten­due : imita­tion de vintage analo­giques, hybrides numé­riques / FM, mais aussi des instru­ments acous­tiques grâce à une Flash­Ram de 180 Mo prérem­plie à 90%. Les multié­chan­tillons sont propre­ment assem­blés, plutôt bien bouclés, musi­caux, mais souffrent d’une grosse lacune de la machine : l’im­pos­si­bi­lité de travailler sur plusieurs couches de dyna­mique. Résul­tat, un manque d’ex­pres­si­vité sur certains sons acous­tiques, la dyna­mique de frappe se bornant à contrô­ler le niveau et l’ou­ver­ture du filtre comme sur les lecteurs d’échan­tillons basiques ou anciens. C’est parti­cu­liè­re­ment évident sur les sons de piano, cordes (sections larges ou petites sections), basse, guitare, cuivres ou trom­bones. Les autres sons échan­tillon­nés passent mieux : basse élec­trique, orgue d’église, chœurs. Le point fort de cette banque de multié­chan­tillons est incon­tes­ta­ble­ment la banque de Mello­tron, puisque les samples sont statiques. Le Nord Wave offre pas moins de 250 Mo captu­rés à partir d’un Mello­tron flam­bant neuf construit avec des pièces d’ori­gine. Clavia a acquis les droits sur les bandes origi­nelles de Mello­tron MKI, MKII, M300 et M400. Au final, pas moins de 65 multi­samples sont livrés sur CD avec la machine, dont certains déjà inclus en Flash­Ram. Voici quelques illus­tra­tions, sans ajout d’ef­fets : 3Vio­lins, 16Vio­lins, Alto­Sax, BoysChoir et Brass.

Wave family

 

Sur les sons de synthèse, le Nord Wave tire tout parti­cu­liè­re­ment bien son épingle du jeu. En fait, il est à l’aise dans tous les domaines : basses synthé­tiques, leads doux, avec porta­mento, synchro, arpèges, sons FM / numé­riques ou nappes. Une compi­la­tion virtuelle d’une grande partie de l’his­toire de la synthèse. Véri­fi­ca­tion indis­pen­sable sur les synthés numé­riques, les tessi­tures extrêmes. Dans les aigus, le Nord Wave se comporte parfai­te­ment bien : pas le moindre effet d’alia­sing ou autres bruits numé­riques, quelle que soit la forme de synthèse utili­sée. Dans les graves, c’est tout aussi convain­cant et il faut descendre vrai­ment très bas pour obte­nir des effets métal­liques désa­gréables. Une très belle maîtrise au global !

Synthèses multiples

Le Nord Wave est un synthé numé­rique poly­pho­nique 18 voix. La mémoire renferme 8 banques de 128 programmes, dont 3 prépro­gram­mées d’usine. Heureu­se­ment, on peut faire défi­ler les programmes par numéro, caté­go­rie ou ordre alpha­bé­tique. Simple et effi­cace ! Chaque programme comporte 2 slots (A et B) que l’on peut soit empi­ler, soit pilo­ter sur 2 canaux Midi sépa­rés. Mais on ne peut ni sépa­rer les 2 slots, ni déclen­cher l’un ou l’autre par la vélo­cité, ni les éditer en même temps ! Des lacunes que l’OS actuel (1.06) n’a toujours pas comblées. Chaque slot repré­sente un synthé­ti­seur indé­pen­dant à 2 oscil­la­teurs, 2 filtres, 2 LFO, 3 enve­loppes, 1 EQ et 1 chorus. Le premier oscil­la­teur est capable de produire des ondes analo­giques virtuelles (impul­sion, triangle, dent de scie, sinus, avec synchro interne), des ondes numé­riques sur un cycle (62 ondes type orgues, cloches, spectres), de la FM et du bruit variable (filtre ajus­table dédié 12 dB/octave). Plus costaud, le second oscil­la­teur peut produire des ondes analo­giques virtuelles, des assem­blages de tran­si­toires échan­tillon­nées et d’ondes numé­riques sur un cycle (22 types), de la FM et de la lecture de multié­chan­tillons (voir enca­dré ci-dessous).

Pour chaque oscil­la­teur, la synthèse FM travaille avec 2 opéra­teurs à onde sinus (un modu­la­teur et un porteur). On peut donc réali­ser de la FM à 4 opéra­teurs, comme sur les « petits » DX Yamaha. Plutôt qu’of­frir un tas d’al­go­rithmes complexes avec accès à toutes les fréquences, Clavia a opté pour quelques algo­rithmes globaux dont les ratios de fréquence sont fixés. On dispose de 9 algo­rithmes dont les ratios de modu­la­tion vont de 1 à 9 sans feed­back et les mêmes avec feed­back. Si les 2 oscil­la­teurs FM sont utili­sés, ils peuvent s’in­ter­mo­du­ler, ce qui augmente encore les possi­bi­li­tés. Avec le plus « petit » DX, il suffi­rait de 2 algo­rithmes pour faire tout cela, le Nord Wave offre donc une version très édul­co­rée mais immé­diate de la synthèse FM. Un para­mètre « Shape » permet de faire varier le contenu harmo­nique des ondes, suivant leur type. Sur une onde analo­gique virtuelle telle que le carré, on fait varier la largeur d’im­pul­sion ; si la synchro est enclen­chée, on va jouer sur la fréquence de l’os­cil­la­teur esclave ; avec une onde FM, on fait varier le niveau de modu­la­tion et/ou feed­back selon l’al­go­rithme. Mieux, les oscil­la­teurs peuvent inter­agir, quel que soit leur type, ce qui est un point fort de la machine. Ainsi, un multié­chan­tillon va par exemple pouvoir modu­ler une onde cyclique, soit en fréquence, soit en phase. Dans le premier cas, on dilate le spectre de l’onde, ce qui donne un son à la fois plus brut et plus brillant. Dans le second cas, on décale l’en­semble du contenu harmo­nique, produi­sant des varia­tions plus fluides que la FM.

Gestion des échan­tillons

Dans les entrailles du Nord Wave réside une Flash­Ram de 189 Mo, dont 180 sont dédiés au char­ge­ment de multié­chan­tillons. Contrai­re­ment aux samplers hard­ware du marché, cette mémoire est perma­nente, c’est-à-dire sauve­gar­dée à l’ex­tinc­tion de la machine. Elle peut paraître un peu juste pour les stan­dards d’aujour­d’hui dans le monde maté­riel, mais elle utilise un algo­rithme de compres­sion qui compacte les fichiers d’un facteur 3. Le char­ge­ment de multié­chan­tillons ne peut hélas se faire qu’avec un PC (XP ou Vista) ou un Mac (OS 10.4 mini­mum) via le port USB. Le Nord Wave est livré avec une suite logi­cielle compre­nant les drivers, le logi­ciel de gestion et la banque Mello­tron, le tout en stand alone. L’in­té­gra­tion dans une appli­ca­tion hôte et l’au­dio via USB ne sont pas au programme. Heureu­se­ment, l’édi­teur est bien fichu. Très visuel, il permet d’impor­ter très rapi­de­ment des fichiers Wav mono ou stéréo jusqu’à 24 bits, avec ou sans bouclage initial. Tout aussi simple­ment, on peut boucler les samples puis les assi­gner aux touches Midi. Très visuel, le programme permet le bouclage en fondu, long ou sur un cycle. En revanche, on ne peut pas modu­ler le point de départ de lecture, juste créer un point alter­na­tif pour shun­ter les tran­si­toires à la volée.

Jusqu’à 91 zones consé­cu­tives peuvent être défi­nies dans chaque multi­sample, mais pas de couches multiples ni de fondu. Si un fichier Wav contient une succes­sion de sons sépa­rés par des blancs, un utili­taire permet de les assi­gner auto­ma­tique­ment à diffé­rentes touches, suivant un pas et un seuil audio à défi­nir. Si le nom de la note d’ori­gine est contenu dans un fichier Wav, le logi­ciel peut aussi le détec­ter et assi­gner direc­te­ment l’échan­tillon à la bonne touche. Une fois un multi­sample prêt, il suffit de lancer la procé­dure de trans­fert dans l’un des 99 empla­ce­ments de la Flash­Ram, ce qui se passe en quelques secondes. Le choix de dépor­ter tota­le­ment l’édi­tion des samples là où ils sont en géné­ral archi­vés, c’est-à-dire sur un ordi­na­teur, paraît logique, mais pose toute­fois une ques­tion cruciale : sous Vista 2020 ou OS 20, quand le Nord Wave sera devenu un vintage, pourra-t-on toujours gérer les samples ? A l’heure où nous termi­nons ce test, Clavia annonce la conver­gence de ses formats de samples (nsmp) dans la prochaine mise à jour d’OS. Le Nord Wave pourra donc lire les banques d’échan­tillons de la série Elec­tro et réci­proque­ment.

 

Filtres complexes

Le filtre est de type multi­mode réso­nant. Il offre 6 modes : passe-bas, passe-haut, passe-bande, en peigne, multi­bandes et vocal. Le filtre passe-bas est très musi­cal, très colo­rant avec une réso­nance bien ronde à basse fréquence et pas du tout sifflante, comme dans cette mini­sé­quence arpé­gée. En revanche, on note une impor­tante insta­bi­lité, avec une ampli­fi­ca­tion brutale du volume juste avant l’auto-oscil­la­tion, puis un effon­dre­ment global du volume. Diffi­cile à vrai­ment bien maîtri­ser tout cela… La fréquence de coupure varie de 14 Hz à 21 kHz, c’est un peu plus large que le spectre audible. Le filtre passe-bande permet des appa­ri­tions éthé­rées ; il est idéal sur des nappes planantes (filtrage seul, filtrage avec auto oscil­la­tion) ou en conjonc­tion avec un filtre passe-bas (empi­lage de 2 slots).

Le filtre en peigne permet des effets de Phaser. Le filtre multi­bandes travaille sur 3 pics dont la distance rela­tive est fixe, le para­mètre « Freq » servant à régler la fréquence centrale. Le filtre vocal est en réalité un double filtre passe-bande réso­nant très instable. La réso­nance permet de régler la largeur entre les 2 pics. Ce filtre permet la créa­tion de formants, voyelles et réso­nances internes, comme dans cet exemple. Au-delà de ces modes, les filtres peuvent travailler à 12 et 24 dB/octave (c’est-à-dire 2 et 4 pôles). La diffé­rence à l’oreille n’est pas flagrante sur les filtrages modé­rés, comme illus­tré ici. C’est en pous­sant cette dernière qu’on commence à diffé­ren­cier les 2 modes, comme dans cette nappe. Signa­lons enfin que le tracking clavier offre 3 posi­tions (1/2–2/3–3/3) et que la vélo­cité peut modu­ler l’en­ve­loppe de filtre, comme dans cette mini­sé­quence vocale.

Modu­la­tions simples

Arpé­gia­teur ?

Euh, non, il n’y en a pas ! Pour­tant, le NL3 avait un sympa­thique exem­plaire de l’es­pè­ce… ils ont perdu le code chez Clavia, ou quoi ?

Les 2 LFO oscil­lent de 0,03 à 523 Hz, une plage tout à fait inté­res­sante permet­tant d’at­teindre les niveaux audio. Les 5 formes d’ondes essen­tielles sont présentes : carrée, dent de scie (inver­sée sur le LFO2), triangle, aléa­toire discret et aléa­toire continu. Suivant le LFO, les desti­na­tions de modu­la­tion sont le Pitch de chaque oscil­la­teur, la quan­tité de leur inter­mo­du­la­tion, leur para­mètre « Shape », la coupure du filtre, la réso­nance et le pano­ra­mique. Le cycle peut être indé­pen­dant pour chaque voix ou synchro­nisé entre toutes les voix, mais impos­sible de synchro­ni­ser les LFO à une quel­conque horloge ni même de modu­ler le volume avec un LFO, une décep­tion. En mode « Single », le LFO ne parcourt qu’un cycle. En revanche, il n’y a pas de délai. On trouve enfin un vibrato global, qui permet de modu­ler le pitch avec un délai fixe (3 durées), la molette ou l’Af­ter­touch. C’est d’ailleurs tout ce que l’Af­ter­touch est capable de modu­ler, bof bof !

Côté enve­loppes, on dispose de 2 ADSR et 1 AD/AR commu­table. Les temps d’at­taque varient de 0,5 milli­se­conde à 45 secondes, tandis que les temps de déclin et relâ­che­ment vont de 3 milli­se­condes à 45 secondes. Les 2 ADSR sont affec­tées « dans le dur » au filtre et au volume, impos­sible de les utili­ser pour d’autres modu­la­tions, pfff ! En revanche, l’AD/AR peut être assi­gnée au pitch des oscil­la­teurs, à leur inter­mo­du­la­tion, au « Shape » de l’os­cil­la­teur 2 et à la coupure du filtre. Mis à part les 2 oscil­la­teurs, impos­sible de l’as­si­gner à plusieurs desti­na­tions en même temps. La quan­tité de modu­la­tion de cette enve­loppe est bipo­laire. En mode mono­pho­nique, on peut opter pour le redé­clen­che­ment ou non des enve­loppes. Nous avons appré­cié la rapi­dité des enve­loppes, avec un clic carac­té­ris­tique comme illus­tré sur ce son de basse.

Vive le morphing !

Nord Wave

Il va se soi que les possi­bi­li­tés de modu­la­tions sont plutôt figées. Certes l’es­sen­tiel est là, mais on est loin des matrices de modu­la­tion déve­lop­pées par certains concur­rents. Tout cela serait bien déce­vant s’il n’y avait pas la géniale section Morphing chère à la marque. Le prin­cipe est de program­mer 2 valeurs diffé­rentes pour 26 des prin­ci­paux para­mètres de synthèse et de passer progres­si­ve­ment d’une à l’autre à l’aide d’un contrô­leur physique : la vélo­cité, la posi­tion clavier ou la molette de modu­la­tion de concert avec la pédale d’ex­pres­sion.

Pour assi­gner un para­mètre, il suffit de main­te­nir une touche enfon­cée et de faire les réglages. L’écran affiche alors les valeurs extrêmes entre lesquelles le para­mètre se bala­dera. Parmi les para­mètres assi­gnables, notons les LFO (fréquence et quan­tité), les enve­loppes, les para­mètres « Shape » des oscil­la­teurs, leur inter­mo­du­la­tion, leur mixage, l’unis­son, le filtre (coupure et réso­nance), le volume et le niveau de délai. Si seule­ment on avait pu affec­ter plus de para­mètres d’ef­fets… Cette section est l’un des points forts de la machine, car elle la rend véri­ta­ble­ment expres­sive. Pour visua­li­ser les para­mètres assi­gnés, les diodes d’état vertes corres­pon­dantes s’al­lument. Pas aussi spec­ta­cu­laire que le balai lumi­neux des enco­deurs du Nord Lead 3, mais utile tout de même. Pour termi­ner, signa­lons que le Nord Wave offre un porta­mento avec simple réglage de temps et une mémoire d’ac­cords 3 notes stockées dans chaque programme.

Quelques effets

Nord Wave

Tout comme la plupart des synthés analo­giques vintage, les premiers synthés à modé­li­sa­tion ne dispo­saient pas de section effets, à part peut-être un petit chorus ou un délai. Le Nord Wave vient fort heureu­se­ment bous­cu­ler cette mauvaise habi­tude en allant un peu plus loin. À commen­cer par une section EQ et Chorus indé­pen­dante pour chaque slot. L’EQ est de type 2 bandes Shelf, avec gain réglable sur plus ou moins 15 dB agis­sant sous 100 Hz et au-dessus de 4 kHz. Le Chorus offre 3 posi­tions, corres­pon­dant à diffé­rentes inten­si­tés d’ac­tion, ce qui n’est pas sans rappe­ler l’Elka Synthex. Simpliste et dépouillé au premier abord, c’est une véri­table réus­site sonore, qui permet de donner de la profon­deur et de la rondeur. Comme sur le Synthex, couper le Chorus sur certains programmes et tout devient fade…

Les autres effets sont communs aux 2 slots, c’est bien dommage. Le délai travaille de 64 ms à 2,26 secondes. Le para­mètre de feed­back permet de régler le nombre de répé­ti­tions de façon très limi­tée. Un inter­rup­teur enclenche le mode ping-pong stéréo. La quan­tité de délai peut être dosée en continu. Si un bouton Tap tempo est présent, il est en revanche impos­sible de synchro­ni­ser le délai à une horloge globale, ce qui est encore une fois bien déce­vant. Vient ensuite une satu­ra­tion type ampli à lampe, avec un para­mètre de drive. Nous l’avons trouvé utile à faible réglage sur les programmes poly­pho­niques type piano élec­trique ; en mono, pous­ser le drive permet d’en­voyer le guita­riste dans le décor. De quoi encore regret­ter que cet effet soit global aux 2 slots ! Enfin, une petite réverbe vient termi­ner la chaîne de trai­te­ment. Elle est plutôt simpliste, avec 5 types d’am­biance (pièces et halls) et une balance. C’est trop juste en terme d’al­go­rithmes et de réglages : une simu­la­tion de plaque et de réverbe à ressort auraient fait notre bonheur, tout comme un filtre HF et un réglage de temps. Surtout qu’elle sonne plutôt bien, cette section réverbe !

Conclu­sion

Au final, Le Nord Wave est un concen­tré de synthèses d’une excel­lente musi­ca­lité. Immé­diat, robuste et léger, c’est une véri­table bête de scène, à l’ins­tar de toute la produc­tion Clavia. La pano­plie sonore est surpre­nante, avec à portée de main des grains très diffé­rents et parfai­te­ment complé­men­taires. Si nous ajou­tons à cela les inter­mo­du­la­tions d’os­cil­la­teurs, l’ex­cel­lente biblio­thèque de samples de Mello­tron, nous devrions être comblés… sauf que pour ce niveau de gamme, certains aspects sont trop justes, en parti­cu­lier le clavier, la multi­tim­bra­lité, la connec­tique, la dépen­dance pour la gestion des samples et certaines sections pas assez étof­fées. Quoi qu’il en soit, pour celui qui privi­lé­gie la qualité sonore, la variété des timbres et la spon­ta­néité d’uti­li­sa­tion, diffi­cile de battre un Nord Wave aujour­d’hui.

 

Points forts
  • Solide et léger à la fois, idéal pour le live
  • Facile d’utilisation et immédiat
  • Vaste et excellente panoplie sonore
  • Magnifique banque Mellotron de 250 Mo
  • Qualité des effets, en particulier le Chorus
  • Intermodulations des oscillateurs
  • Filtres variés, musicaux, voire débridés
  • Temps d’enveloppes très rapides
  • Morphing entre 2 profils de sons
  • FlashRam conséquente pour charger des samples
Points faibles
  • Uniquement bitimbral
  • Pas de Split ou de couche dynamique
  • Clavier limité à 4 octaves
  • Aftertouch limité au vibrato et difficile à contrôler
  • Commandes petites et serrées
  • Section effets limitée
  • Pas de synchro Midi des LFO / délais
  • Pas d’arpégiateur
  • Pas autonome pour la gestion des samples
  • Pas d’échantillons multicouches
  • Pas d’entrée audio
  • Pas de Midi Thru
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.

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