Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
Test écrit
18 réactions

Test de la tête d’ampli compacte pour guitare Vox MV50 AC - On n’en a jamais AC

7/10

À son tour, Vox cède à la mode des mini-têtes d’ampli analogiques. Avec les trois modèles MV50, la marque mythique propose des têtes minuscules reposant sur une technologie proche des lampes conçue par Noritake. Peut-on avoir le son des amplis à lampes Vox dans un format compact et pour moins de 200 € ? C’est en tout cas le pari du fabricant. Audiofanzine a testé le modèle MV50 AC.

Test de la tête d’ampli compacte pour guitare Vox MV50 AC : On n’en a jamais AC

Peavey, Orange, Joyo, Hotone, Quil­ter, on ne compte plus le nombre de spécia­listes — ou non — de l’am­pli­fi­ca­tion propo­sant des têtes d’am­pli aux dimen­sions extrê­me­ment réduites. Vox, de son côté, a bien sûr déjà tenté l’ex­pé­rience de la minia­tu­ri­sa­tion avec ses amPlug, ou encore le Night Train, mais les nouveaux MV50 et leur puis­sance de 50 watts marquent une nouvelle approche.

Trois modèles sont dispo­nibles : la version Clean, la version AC, et la version Rock. Chacune reprend le même concept, mais se distingue dans un style précis. Ainsi, le MV50 Clean se destine exclu­si­ve­ment aux sons clairs, l’AC à la repro­duc­tion des sono­ri­tés de l’AC30, et le Rock aux satu­ra­tions high-gain des amplis « British ».

Tous les modèles reposent sur une tech­no­lo­gie déve­lop­pée par Korg et les Japo­nais de Nori­take : Nutube. Il s’agit d’af­fi­cheurs fluo­res­cents semblables à des lampes clas­siques. Tout comme ces dernières, ils sont compo­sés d’une anode, d’une grille et d’un fila­ment. Vox assure donc que Nutube produit la même réponse et  les mêmes harmo­niques que des triodes conven­tion­nelles. Enfin, un ampli de puis­sance en classe D complète le préam­pli Nutube.

Micro­cos­mos

Vox MV50 AC : 6

Une fois déballé, le MV50 surprend par sa taille et son poids. Les mini-têtes d’am­pli sont courantes, mais le MV50 est tout simple­ment minus­cule avec ses dimen­sions de 135 × 100 × 75 milli­mètres, et très léger avec ses 540 grammes ! Côté look, ce n’est pas complè­te­ment raté, mais Vox tombe encore une fois dans ses travers… En effet, la marque souhaite à tout prix propo­ser une esthé­tique vintage, même sur ses produits d’en­trée de gamme. Or, l’uti­li­sa­tion du plas­tique dans ce cadre — notam­ment pour le logo doré ou argenté — donne un résul­tat qui respire la produc­tion bon marché. Pour autant, les lignes de la bête sont plutôt réus­sies, et une plaque trans­pa­rente permet de béné­fi­cier de la lumière bleu­tée produite par la lampe Nutube. Une poignée en métal est même là pour trans­por­ter faci­le­ment le MV50, même si l’on aurait aimé qu’elle soit amovible pour gagner un peu de place lorsqu’on range l’am­pli.

Vox MV50 AC : 4

Au regard des dimen­sions de la tête, la façade avant est évidem­ment mini­ma­liste. L’on trouve ainsi trois petits potards pour modi­fier le gain, la tona­lité et le volume, une entrée instru­ment, et un petit VU-mètre tota­le­ment inutile indiquant le niveau de sortie. L’ar­rière du châs­sis dispose d’une sortie Spea­ker avec un sélec­teur d’im­pé­dance de 4/8/16 Ohms. Notons que si le MV50 dispose d’une puis­sance de 50 watts sous 4 Ohms, elle passe à 25 W sous 8 Ohms, et à 12,5 W sous 16 Ohms. Un autre sélec­teur modi­fie l’EQ avec deux para­mètres diffé­rents : Flat et Deep. Vox indique que le premier réglage délivre un son neutre adapté aux grandes enceintes, et le second un son riche et chaleu­reux plutôt pensé pour les petites enceintes. Deux derniers sélec­teurs permettent d’al­lu­mer l’am­pli et d’ac­ti­ver un mode Eco dans lequel le MV50 s’étein­dra auto­ma­tique­ment après 15 minutes sans avoir reçu de signal. Enfin, une sortie ligne/casque avec simu­la­tion de baffle inté­grée vous offrira la possi­bi­lité de jouer silen­cieu­se­ment ou de vous enre­gis­trer par l’in­ter­mé­diaire d’une inter­face audio.

MVP ?

Un ampli, ça s’écoute ! C’est pourquoi nous avons ressorti notre bon vieux baffle Ampeg GVT112E équipé d’un HP Celes­tion Vintage 30 de 12" sous 16 Ohms. Le son de l’am­pli est capté par un Senn­hei­ser E906, bran­ché dans une carte son UR22 de Stein­berg. Quant à la guitare, il s’agit de notre Ibanez RG1570 Pres­tige dotée de deux humbu­ckers et d’un micro simple.

 

1 Volume à fond, gain quasi mini­mum, Tone à 12h
00:0001:30
  • 1 Volume à fond, gain quasi mini­mum, Tone à 12h 01:30
  • 2 Volume à fond, gain quasi mini­mum, Tone à 12h puis de gauche à droite 02:30
  • 3 Gain faible puis augmen­ta­tion, volume en fonc­tion, tone à 12h 03:40
  • 4 Gain 12h puis vers la droite, volume en fonc­tion, tone à 12h 03:08
  • 5 Gain mini­mum puis vers la droite, volume en fonc­tion, Tone 1 3, effets 03:02
  • 6 Gain variable, volume en fonc­tion, Tone à 12h, EQ Flat puis Deep et varia­tion 02:04

 

Dès les premières minutes de jeu, l’on remarque de belles harmo­niques qui évoquent effec­ti­ve­ment les lampes. Le crunch natu­rel de l’am­pli est assez convain­cant et réagit bien à l’at­taque, bien qu’il soit certai­ne­ment moins subtil qu’avec un bon ampli à lampes. La tête réagit aussi très bien au volume de la guitare, puisque la satu­ra­tion s’éclair­cit jusqu’à deve­nir quasi clean. Comme le promet­tait Vox, l’on retrouve les harmo­niques dans les aigus et le tran­chant propre au son de l’AC30. On est indé­nia­ble­ment dans l’es­prit de l’ori­gi­nal, mais nous avons trouvé que les plus grosses satu­ra­tions étaient toute­fois un peu trop compres­sées. Quoi qu’il en soit, le MV50 s’avère plus convain­cant que la plupart des solu­tions numé­riques d’en­trée de gamme en termes de sensa­tions de jeu.

Vox MV50 AC : 8

Le bouton de tona­lité agit avant tout sur les aigus. Il est utili­sable sur pratique­ment toute la course, et permet de calmer l’as­pect tran­chant de l’AC. Le sélec­teur d’EQ Flat/Deep apporte aussi un peu de poly­va­lence, puisqu’en mode Deep le son est moins claquant et plus dans les bas-médiums. Le chan­ge­ment n’est pas non plus radi­cal, et tout cela ne remplace pas un EQ plus complet, ce qui peut être un problème lorsqu’on cherche à s’adap­ter à un baffle. Par exemple, notre Ampeg GVT112E a pas mal de graves, et nous aurions aimé pouvoir les réduire dans certains cas.

Comme sa puis­sance le laisse imagi­ner, le MV50 AC en a sous le pied. Avec le gain et le volume pous­sés à fond, même avec un HP sous 16 Ohms, et donc une puis­sance de 12,5 W, le niveau de sortie est très impor­tant. Néan­moins, si l’on souhaite un son parfai­te­ment clair à fort volume, les 12,5 watts montre­ront leurs limites puisqu’il faudra bais­ser le gain quasi­ment au mini­mum sous peine de se retrou­ver avec un léger crunch, et par là même perdre beau­coup de volume. Si les 25 et 50 watts avec des baffles de 8 et 4 Ohms devaient large­ment suffire pour répé­ter et faire des concerts, les 12,5 watts d’un baffle 16 Ohms pour­ront être un handi­cap.

Mais notre plus grand regret au niveau sonore est l’ab­sence d’une boucle d’ef­fets, ou à défaut, d’une réverbe inté­grée. Le MV50 prend admi­ra­ble­ment bien les pédales, mais il faudra forcé­ment les placer en amont de la satu­ra­tion, ce qui sera problé­ma­tique si vous voulez à la fois béné­fi­cier d’une réverbe claire et de la distor­sion natu­relle de la tête d’am­pli. C’est vrai­ment regret­table, et il s’agit du plus grand défaut de ce produit.

Pour termi­ner notre décou­verte sonore, écou­tons ce que donne le MV50 AC direc­te­ment bran­ché dans notre inter­face via la sortie ligne.

 

7 Line out Dry, Tone à 12h, mode Flat
00:0004:09
  • 7 Line out Dry, Tone à 12h, mode Flat 04:09
  • 8 Line out et pédale de reverbe, Tone à 12h, mode Flat 02:41

 

Le niveau du signal produit par le MV50 n’est pas énorme, et il ne faut pas hési­ter à pous­ser le gain de la carte son, ce qui peut provoquer un léger souffle en fonc­tion de la qualité de vos préam­plis. Le son est défini et les nuances du jeu de guitare sont bien retrans­crites, mais la satu­ra­tion est moins flat­teuse qu’avec un vrai HP. La simu­la­tion de baffle inté­gré est certai­ne­ment en cause, et il est dommage de ne pas pouvoir la désac­ti­ver pour profi­ter de ses propres solu­tions de simu­la­tion. La prise casque est dans la même lignée, avec un son toute­fois assez étriqué. C’est donc très bien pour s’en­trai­ner discrè­te­ment et pour réali­ser une petite maquette, mais ne vous atten­dez pas à être trans­porté par ce que vous enten­drez.

Conclu­sion

Le MV50 a deux atouts majeurs : il est minus­cule, et la tech­no­lo­gie Nutube lui permet d’of­frir des sensa­tions très proches des lampes. De plus, on retrouve vrai­ment l’iden­tité sonore de l’AC30, et la bête est puis­sante. La tête ravira donc les musi­ciens souhai­tant s’en­trai­ner à la maison ou répé­ter en inté­grant direc­te­ment la machine à un pedal­board. Nous esti­mons même que le MV50 aurait tout à fait sa place dans un contexte live, parti­cu­liè­re­ment en backup.

Toute­fois, les solu­tions compactes, qu’elles soient numé­riques ou analo­giques, sont nombreuses aujour­d’hui, et le son ne fait pas tout. La concur­rence est telle que des fonc­tions supplé­men­taires peuvent faire la diffé­rence, et le MV50 ne sort pas du lot à ce niveau. On aurait aimé une boucle d’ef­fets ou au moins une réverbe inté­grée, ainsi qu’une section d’EQ plus complète. L’on pour­rait aussi être un peu plus fantasque et imagi­ner un appa­reil fonc­tion­nant avec une batte­rie ou des piles, et même doté d’une sortie ligne sans simu­la­tion de baffle inté­grée. Il faut toute­fois rela­ti­vi­ser toutes ces critiques, puisque le prix reste assez contenu en étant sous la barre des 200 €. Enfin, on notera tout de même que certaines marques concur­rentes comme Quil­ter intègrent une boucle d’ef­fets à leur mini ampli…

Au final, Vox sort un produit au poten­tiel certain et aux quali­tés sonores indé­niables. Ce n’est pas un jouet, mais bien un véri­table ampli qui sonne ! Mais le MV-50 aurait pu s’im­po­ser comme l’un des amplis compacts de réfé­rence avec un peu plus d’am­bi­tion. Frus­trant !

  • Vox MV50 AC : 1
  • Vox MV50 AC : 2
  • Vox MV50 AC : 3
  • Vox MV50 AC : 4
  • Vox MV50 AC : 5
  • Vox MV50 AC : 6
  • Vox MV50 AC : 7
  • Vox MV50 AC : 8

 

Notre avis : 7/10

  • Format minuscule très portatif
  • Ça sonne étonnamment bien ! Merci la technologie Nutube ?
  • On retrouve l’identité sonore du Vox AC30
  • Prend bien les pédales
  • Mode Eco malin
  • Sortie casque pratique
  • Rapport qualité/prix correct au vu des sonorités convaincantes
  • Adapté à différentes impédances
  • Très puissant sous 4 ohms, suffisant sous 8 ohms, mais…
  • …un peu limite sous 16 ohms si l’on veut un son clair et cristallin à fort volume
  • Pas de boucle d’effets ni d’effets intégrés (impossible d’avoir une réverbe claire avec la saturation naturelle de l’ampli !)
  • EQ sommaire malgré la présence du sélecteur Flat/Deep
  • Impossible de désactiver la simulation de baffle intégrée sur la sortie ligne

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre