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La cadence parfaite… et quelques autres

Les bases de l’harmonie - 7e partie

Si l'on a coutume de dire que la musique est un langage, l'on peut considérer qu'elle est constituée de phrases, et que les cadences en représentent en quelque sorte les ponctuations.

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Dans cet article, nous allons reve­nir d’abord sur la cadence parfaite que nous avons évoquée précé­dem­ment, puis nous allons étudier les autres prin­ci­pales formes de cadences qui existent.

La cadence parfaite

Comme nous avons commencé à le voir dans les articles précé­dents, non seule­ment chaque degré d’une gamme possède une fonc­tion précise, mais le degré V suivi du degré I forment une cadence parfaite qui sert bien souvent à clore un morceau, ou du moins une phrase musi­cale.

Petit aparté, pour illus­trer l’im­por­tance histo­rique­ment parti­cu­lière de ces degrés de la gamme. Entre le 5e et le 6e siècle de notre ère, le philo­sophe Boëce prône l’uti­li­sa­tion de rapports mathé­ma­tiques simples 2:1 ou 3:2 dans l’ar­chi­tec­ture et la musique. La musique est consi­dé­rée à cette époque comme la science qui modèle le monde, affec­tant d’ailleurs posi­ti­ve­ment ou néga­ti­ve­ment jusqu’à la santé même de l’être humain. Or, les rapports 2:1 et 3:2 corres­pondent aux rapports entre la note fonda­men­tale et ses premières harmo­niques supé­rieures, l’oc­tave (2:1) et la quinte (3:2), donc le Ier degré et le Ve (sur les harmo­niques, voir l’ar­ticle 3 du dossier sur la synthèse sonore : Les fréquences).

La cadence parfaite servant souvent, je le répète, à clore une phrase musi­cale ou bien un morceau entier, on peut alors consi­dé­rer que, rappor­tée au langage écrit tradi­tion­nel, celle-ci corres­pon­drait à un point. La cadence parfaite repré­sente donc — comme son nom le laisse devi­ner — la forme de cadence la plus impor­tante. 

Petite préci­sion : dans le cas d’une cadence parfaite, on dit aussi que l’ac­cord de domi­nante fait une approche pour atteindre l’ac­cord de tonique de la gamme. Et pour renfor­cer l’ef­fet de cette « approche », on emploie souvent l’ac­cord de septième de domi­nante à quatre notes plutôt que l’ac­cord majeur à trois notes (voir article 4). Nous verrons dans un futur article la raison de ce « renfor­ce­ment ».

Dans les exemples qui vont suivre, et pour vous habi­tuer petit à petit aux renver­se­ments d’ac­cords, tous les exemples suivants seront consti­tués d’une ligne mélo­dique dans la partie supé­rieure, harmo­ni­sée par des accords au second renver­se­ment, sauf l’ac­cord final de chaque phrase musi­cale qui sera dans sa posi­tion fonda­men­tale. La seule forme de cadence qui déro­gera à cette « règle » sera l’« anatole », afin de conser­ver sa signa­ture sonore carac­té­ris­tique. Je vous lais­se­rai d’ailleurs repé­rer par vous-même les accords renver­sés !

Mais revoyons déjà ici l’exemple d’une cadence parfaite majeure :

Les cadences et l'harmonie musicale
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La demi-cadence

Une forme parti­cu­lière de la cadence parfaite est la demi-cadence. On pour­rait la défi­nir non plus comme un point, mais plutôt comme une virgule, car elle ne marque pas la fin d’une phrase musi­cale, mais sert plutôt à relan­cer le discours. On l’ap­pelle égale­ment « cadence à la domi­nante » car elle ne mène pas à la tonique, mais… à la domi­nante. On la trouve aussi souvent précé­dent une cadence parfaite.

Dans l’exemple suivant, on a d’abord la demi-cadence seule, puis la demi-cadence suivie d’une cadence parfaite. À noter que concer­nant la demi-cadence, le degré qui mène vers le V n’est pas obli­ga­toi­re­ment le IV. Mais c’est tout de même ce dernier que j’ai gardé dans l’exemple suivant pour conser­ver une cohé­rence avec l’en­semble des exemples de l’ar­ticle.

Les cadences et l'harmonie musicale
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La cadence plagale

Nous avons ensuite la cadence dite « plagale », qui se défi­nit par un passage du IVe au premier degré de la gamme. Celle-ci porte en elle un carac­tère beau­coup moins fort que la cadence parfaite, et n’est que très peu usitée seule pour termi­ner un morceau. Par contre, elle peut servir pour accen­tuer encore la fin cadence parfaite finale d’un morceau.

Les cadences et l'harmonie musicale
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L’ana­tole

L’une des plus célèbres formes de cadences est l’« anatole ». Elle est compo­sée d’un enchaî­ne­ment des degrés VI, II, V et I sous la forme… VI-II-V-I ou bien sous la forme I-VI-II-V (qui réabou­tit au I la plupart du temps).

Les cadences et l'harmonie musicale
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À noter que l’on peut égale­ment consi­dé­rer l’ana­tole comme une chute (une cadence !) de quinte juste infé­rieure en quinte juste infé­rieure à partir du degré VI de la tona­lité du morceau, et jusqu’à la tonique. 

La cadence rompue

Enfin, nous avons la cadence dite « rompue » ou « évitée », qui se diffé­ren­cie de la cadence parfaite en ce qu’elle ne mène pas au premier degré, mais au VIe. On a donc dans ce cas-là une progres­sion V-VI. Elle n’achève pas le morceau (d’où son nom de cadence rompue), mais permet de l’orien­ter sur une couleur harmo­nique diffé­rente, souvent bien­ve­nue avant d’ache­ver réel­le­ment la pièce musi­cale. Et, dans le cas d’une tona­lité majeure, cette couleur harmo­nique n’est d’ailleurs rien d’autre que… celle de la rela­tive de la tona­lité du morceau, puisque le VIe degré d’une gamme donnée corres­pond au Ier degré de la rela­tive mineure de cette même gamme ! 

Les cadences et l'harmonie musicale
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À noter que la cadence rompue de l’exemple précé­dent, en menant le morceau vers le degré VI de la tona­lité, peut faire bascu­ler ce dernier dernier dans la tona­lité de sa rela­tive mineure, ici La mineur. Ceci est un exemple typique de « modu­la­tion », ce qui en jargon harmo­nique signi­fie l’uti­li­sa­tion d’un degré issu d’une gamme donnée pour passer à l’uti­li­sa­tion d’une autre tona­lité. Nous étudie­rons les modu­la­tions de manière plus appro­fon­die dans un futur article.

La semaine prochaine, pour pour­suivre notre quête de la juste harmo­ni­sa­tion, je vous propose de comprendre ensemble comment défi­nir quelles notes appar­tiennent à quels accords et à quelles tona­li­tés, à travers l’étude des notes « réelles » et des notes « étran­gères ».

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Les autres degrés de la gamme majeure et le mode mineur
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Les notes réelles et les notes étrangères →

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