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Trilogy est mort : vive Trilian!
8/10
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Près de 8 ans après Trilogy, Spectrasonics revient à la basse virtuelle avec Trilian. La nouvelle référence en la matière ?

Spec­tra­so­nics et la basse, c’est une histoire d’amour vieille de 16 ans. Bien avant Omni­sphere, Stylus ou même le fameux Distor­ded Reality, l’un des premiers produits réali­sés par Eric Persing et ses hommes n’était autre que Bass Legends, un CD de samples dédié à trois des plus pres­ti­gieux bassistes de la planète : Marcus Miller, John Pati­tucci et Abra­ham Labo­riel.

Mais en matière de basse virtuelle, c’est surtout avec Trilogy, en 2002, que l’édi­teur a frappé un énorme coup : basé sur l’UVI Engine d’Ul­ti­mate Sound Bank (le même moteur audio utilisé alors par les Plug Sounds  et le Mach­Five de MOTU) et repo­sant sur une banque, énorme à l’époque, de plus de 3 Go, Trilogy s’est vite imposé comme la réfé­rence de sa caté­go­rie, et ce pour plusieurs raisons : un sampling soigné et détaillé au son énorme, véri­table marque de fabrique de l’édi­teur, mais surtout une poly­va­lence qui faisait défaut à la concur­rence. Basse moderne, vintage, acous­tique, élec­trique ou encore synthé­tique, jouée au doigt, au média­tor ou slap­pée : rien ne semblait manquer cepen­dant qu’une splen­dide contre­basse couron­nait le tout. Certes, d’au­cuns pouvaient préfé­rer le grain d’un Quan­tum Leap Hard­core Bass (allant du grain vintage  au fran­che­ment distordu, très orienté rock, indus et big beat) ou le détail et la flui­dité des basses Scar­bee, mais force était de consta­ter qu’au­cun compé­ti­teur ne propo­sait un rapport diver­sité/qualité à la hauteur de Trilogy. Très bien foutu et rela­ti­ve­ment effi­cace pour program­mer des parties de basses natu­relles (notam­ment grâce aux programmes True Stac­cato qui permet­tait de dispo­ser au sein d’un même patch de notes tenues sur les 4 octaves graves et de notes en stac­cato sur les 4 octaves aiguës), Trilogy n’était toute­fois pas sans reproche : certains regret­taient un certain manque de carac­tère quand d’autres remet­taient juste­ment en ques­tion le son « énorme » des instru­ments propo­sés, bluf­fant sur une partie solo mais enva­his­sant au sein d’un mix plus touf­fu…

Et puis, il faut l’ad­mettre, en vis-à-vis des derniers modèles en prove­nance de Scar­bee ou de Pettin­house, il faut dire que Trilogy accuse son grand âge du point de vue tech­nique. Tout ça pour dire qu’on est plutôt content de voir débarquer Trilian dans sa belle boîte, au dos de laquelle se trouve une première surprise.

 

Grosse Bertha

La bonne nouvelle, c’est que la banque de sons de Trilian est plus de 10 fois plus grosse que celle de son prédé­ces­seur. (plus de 21000 samples rien que pour la contre­basse). Outre l’in­té­gra­lité des sons conte­nus dans Trilogy, ce qui assu­rera une compa­ti­bi­lité avec vos anciens projets, vous dispo­sez ainsi d’une foule de nouveaux instru­ments pour un total de 1290 patches ! Et tout est là, de Fender à Music Man en passant par Yamaha, Epiphone, Lakland ou Fodera pour les basses élec­triques. La partie synthé s’est aussi singu­liè­re­ment étof­fée puisqu’elle propose désor­mais 333 sons de basses, issus de la crème des synthés des 50 dernières années : Nova­tion Bass Station, Yamaha CS-80, Cwej­man Modu­lar, Moog Mini­moog, Little Phatty, Voya­ger & Taurus, Korg MS-20, Oberheim, ARP 2600, Roland Juno 60/106, Waldorf Pulse, DSI Mopho & Tetra, Roland TB-303, SH-101, Meta­so­nix KV-100 Assblas­ter, SE-1, Omega, ATC-1, etc. C’est tout ? Même pas ! Spec­tra­so­nics nous grati­fie égale­ment d’un stick Chap­man et ajoute tous les instru­ments conte­nus dans ce bon vieux Bass Legends… ainsi que – gardons le meilleur pour la fin – 2 nouvelles contre­basses, soit l’ins­tru­ment qui, à lui seul, valait l’ac­qui­si­tion de Trilogy et qui a béné­fi­cié ici d’un petit trai­te­ment de faveur avec des patches énormes propo­sant jusqu’à 12 couches de vélo­ci­tés, un round robin allant jusqu’à x12 (pour un programme de Ghost Note)… et un son abso­lu­ment stupé­fiant.

 

Petites configs s’abs­te­nir…

And then there was Lite

Bien que gérant la lecture d’échan­tillons en strea­ming depuis le disque dur, Trilian est un gros consom­ma­teur en terme de mémoire vive. Bien conscient du problème, Spec­tra­so­nics propose divers moyens pour allé­ger les patches et même des versions Lite de ces derniers.  Entre les panneaux ‘Sys­tem’ et ‘Lite Version Options’, vous pouvez ainsi défi­nir la RAM maxi­mum allouée au logi­ciel, défi­nir le niveau de Round Robin ou le désac­ti­ver, et faire de même avec le legato. Plus inté­res­sant encore, vous pouvez jouer sur les samples liés aux diffé­rentes vélo­ci­tés, avec notam­ment la possi­bi­lité de ne pas utili­ser les samples au-delà ou en deça de telle vélo­cité. Vu que la basse est un instru­ment dont on écrase très souvent la dyna­mique à grand coup de compres­seur, la chose ne manque pas de perti­nence. Souli­gnons toute­fois que, quelques soient les options que vous désac­ti­viez, vous appau­vri­rez le réalisme de l’ins­tru­ment : ça n’a rien de gênant pour une basse élec­trique au sein d’un mix rock, mais ça l’est plus pour un solo de contre­basse. Et comme les patches de contre­basse sont les plus gour­mands, on en revient au constat de base : pour profi­ter plei­ne­ment de Trilian, il vous faut 4 Go de RAM, voire plus en fonc­tion des autres instru­ments virtuels que vous comp­tez utili­ser à côté.
Point de médaille sans son revers. L’ad­di­tion à payer pour tout cela est en effet lourde au niveau de la confi­gu­ra­tion recom­man­dée, soit un ordi­na­teur avec 4 Go de RAM. C’est beau­coup si l’on consi­dère qu’Om­ni­sphere, le vais­seau amiral de l’édi­teur, ne réclame lui que 2 Go de mémoire mini­mum. Certes, avec des patches pesant entre 1 et 2,3 Go  pour le cas des contre­basses et des multis allant jusqu’à 3,3 Go, la chose peut se comprendre, mais on reste tout de même étonné par tant de gour­man­dise, et effrayé à l’idée de devoir utili­ser Trilian au sein d’un mix avec d’autres masto­dontes comme BFD, la East West Sympho­nic Orches­tra ou encore l’Ivory Grand Piano… Par ailleurs, on s’éton­nera que la boîte du logi­ciel évoque ces 4 Go de mémoire dans le contexte de Windows XP/Vista/Seven 32 ou 64 bits, les systèmes 32 bits de Micro­soft ne pouvant gérer, de ce que j’en sais, que 3 Go de mémoire vive.

Dans les faits, j’ai d’abord tenté l’ins­tal­la­tion sur un Windows XP 32 bits avec 3 Go de mémoire vive et, s’il était possible de char­ger de nombreux patches, d’autres demeu­raient inac­ces­sibles : les contre­basses notam­ment (le char­ge­ment de la banque démar­rait sans jamais s’ache­ver). Direc­tion donc la boutique infor­ma­tique du coin pour passer mon PC à 6 Go de RAM ; j’en profite pour mettre à jour mon Windows vers Seven 64 bits, puis réins­talle Cubase 5.1 et les drivers de mon Echo Gina3G. Me voici ‘Tri­lian Compliant’…

Bien qu’un peu longuette, l’ins­tal­la­tion des 5 DVD se déroule sans problème. Après la procé­dure d’au­to­ri­sa­tion en ligne du logi­ciel, la mise à jour du soft en version beta 1.2 se fait quant à elle en 3 fois : un patch pour le logi­ciel, un autre pour les presets, et un dernier pour la banque de samples. Tout fonc­tionne même si c’est un peu labo­rieux : un patch unique serait vrai­ment plus 'user friend­ly’…

Finis­sons la partie instal­la­tion en préci­sant que Trilian ne fait l’objet d’au­cune version Stan­da­lone et ne peut donc être utilisé qu’en tant que plug-in VSTi, AU ou RTAS dans une appli­ca­tion hôte. Un mot sur la doc ? Pour sa partie papier, elle se résume à un guide d’ins­tal­la­tion, le vrai manuel n’étant pas livré au format PDF mais sous forme HTML via Trilian lui-même. C’est donc votre navi­ga­teur Inter­net qui servira à le consul­ter… en anglais. Rela­ti­ve­ment complet, ce dernier décrit une à une toutes les fonc­tions du logi­ciel, mais ne comp­tez pas trop sur lui pour vous apprendre à program­mer des parties de basse. Sur ce point, ne doutons pas toute­fois que Spec­tra­so­nics publiera sous peu quelques vidéos bien senties comme à son habi­tude.

 

L’Om­ni­sphere de la basse

Il ne fait aucun doute que les habi­tués des instru­ments Spec­tra­so­nics, et surtout d’Om­ni­sphere, retrou­ve­ront ici leurs petits. En dépit de sa jolie fini­tion boisée évoquant une contre­basse, l’in­ter­face reprend en effet l’er­go­no­mie d’Om­ni­sphere, à commen­cer par son gestion­naire de presets multi­cri­tères. Doté d’un moteur de recherche et d’un jeu de filtres effi­caces (on peut trier les presets par types d’ins­tru­ment, instru­ments, types de jeu, arti­cu­la­tions, etc.), ce dernier permet d’uti­li­ser ses propres tags ou de visua­li­ser les notes des concep­teurs au sujet d’un patch. Bref, c’est rela­ti­ve­ment bien fichu et c’est tant mieux car, comme dans Omni­sphere, la banque de sons de Trilian repose sur une archi­tec­ture complexe.

Au sommet de cette dernière se trouve le Multi, une sorte de super patch pouvant conte­nir jusqu’à 8 parts et dispo­sant de 4 racks d’ef­fets auxi­liaires et d’un rack d’ef­fets Master. 4 pages permettent d’édi­ter un Multi : Mixer pour mixer les diffé­rentes Parts de ce dernier, FX pour gérer les racks d’ef­fets susmen­tion­nés, Live permet­tant via un système de Keys­witches de passer d’une Part à l’autre, et Stack qui permet de gérer les splits de claviers ou de volumes entre les parts, les recou­vre­ments progres­sifs étant possibles. Descen­dons d’un niveau dans l’ar­chi­tec­ture pour nous inté­res­ser à la couche Part, qui n’est ni plus ni moins qu’un patch instru­ment 'simple’ (exemple : Stac­cato, Sustain Vibrato) à char­ger dans l’un des 8 slots d’un multi et asso­cié à 4 fenêtres : Arp, un arpé­gia­teur/séquen­ceur 32 pas, FX, une section permet­tant de gérer 4 effets en Insert et surtout Edit, qui comme dans Omni­sphere, consiste en une version amélio­rée de l’an­cienne inter­face de l’UVI Engine, et vous met à la tête d’une matrice de modu­la­tion, d’un filtre multi­mode, de 6 LFO et de 4 enve­loppes. J’avais dit 4 fenêtres et il en manque une : Main.

 

C’est une nouveauté de Trilian, qui permet, comme dans les instru­ments pour Kontakt ou les Combi­na­tor de Reason, de rassem­bler les prin­ci­paux para­mètres d’un patch sur une même page. Tota­le­ment confi­gu­rable, cette dernière est vrai­ment une aubaine qui simpli­fie la vie de l’uti­li­sa­teur. Via un simple clic droit, on peut ainsi ajou­ter ou reti­rer un bouton, un potard 'unipo­lai­re’ ou un potard 'bipo­lai­re’ (compre­nez avec une valeur médiane de zéro) et l’as­si­gner à n’im­porte quel para­mètre du logi­ciel tout en person­na­li­sant sa dési­gna­tion. De fait, on peut vrai­ment adap­ter l’in­ter­face à l’uti­li­sa­tion précise qu’on a à faire et garder sous le coude, par exemple, l’ac­ti­va­tion/désac­ti­va­tion d’un effet qu’on appel­lera « Toto » ou encore le para­mé­trage de la fréquence de coupure d’un filtre qu’on appel­lera « Pouet »…

 

Fermons cette paren­thèse ergo­no­mique pour évoquer les deux derniers maillons de l’ar­chi­tec­ture du soft : les layers, soit deux couches qui composent chaque Part, avec pour chacune la même fenêtre Edit et encore une section d’ef­fets, et pour finir les Sound­sources, soit les banques de samples conte­nant les infor­ma­tions de mapping MIDI des sons (pitchs, vélo­ci­tés, etc.) mais aussi les tags et autres infos sur les samples. Bref, tout ce qui concerne un instru­ment en dehors des effets et modu­la­tions que vous pouvez lui appliquer aux niveaux supé­rieurs. Complexe donc, voire compliquée pour certain qui veulent juste une basse basique, cette archi­tec­ture permet d’al­ler très loin en matière d’édi­tion et de sound design : sans même parler des imbri­ca­tions de section d’ef­fets ou des myriades de modu­la­tions possibles, la possi­bi­lité de chan­ger la Sound­source d’un Patch sans affec­ter ses autres réglages promet déjà des heures d’ex­plo­ra­tion : que donne­rait le patch Hard­core Bass avec sa wah et sa fuzz avec des sons de contre­basse? Un clic et vous savez. Et le pire, c’est que le résul­tat est plutôt inté­res­sant…

 

Bon d’ac­cord, mais ça sonne?

Oui. Ca sonne grave. Super grave même. On n’en atten­dait certes pas moins d’une des meilleures équipes de sound desi­gners au monde, mais tout de même : les premières minutes avec l’ins­tru­ment sont bluf­fantes et renvoient Trilogy au rang d’an­tiquité. Il y a plusieurs raisons à cela, lesquelles ne sont évidem­ment pas étran­gères à la multi­pli­ca­tion par 10 de la taille de la banque de samples, et des patches en géné­ral.

Le premier chan­ge­ment très percep­tible, c’est l’ap­pa­ri­tion du Round Robin. Qu’est ce que c’est? C’est le pote en collants de Round Batman, mais c’est surtout une tech­nique qui consiste à alter­ner plusieurs samples d’une même note et d’une même vélo­cité pour éviter un effet de répé­ti­tion trop méca­nique lors du redou­ble­ment d’une note. En la matière, Trilian propose jusqu’à 16 samples pour une note iden­tique (sur le programme X-Ghost de la basse Bisson­nette, la plupart des patches propo­sant un Round Robin x2, x4 ou x6), le Round Robin pouvant se faire de manière séquen­tielle (toujours le même ordre de lecture), aléa­toire (le sample suivant est défini de manière aléa­toire) ou sur un cycle aléa­toire (l’ordre des samples est redé­fini aléa­toi­re­ment à chaque cycle). Rien qu’avec ça, Trilogy qui au mieux n’of­frait que son mode True Stac­cato pour bidouiller tant bien que mal un Round Robin x2, est aux fraises. Voyez ce que ça donne sur le patch Rock P-Bass, d’abord sans Round Robin, puis avec, et enfin sur le patch de contre­basse béné­fi­ciant de 6 samples de Round Robin :

 

noroun­dro­bin pbass dry
00:0000:11
  • noroun­dro­bin pbass dry00:11
  • roun­dro­bin pbass dry00:11
  • roun­dro­bin upright dry00:11

Autre nouveauté, le Dyna­mic Legato permet de faire des trilles et des hammers/pull-off très simple­ment, sachant que lorsque vous tenez une note, les demi-tons et tons supé­rieurs et infé­rieurs permettent de faire des hammers/pull-off. C’est très intui­tif et ça apporte tant au jeu que l’on en vient à regret­ter que la chose se limite à 2 tons. Pour aller au-delà, il faudra toujours, comme avec Trilogy, recou­rir au mode Solo voire au Glide pour obte­nir un résul­tat passable mais pas plei­ne­ment satis­fai­sant.
Voici une trille réali­sée avec le modèle Rock P-Bass :

 

00:0000:00


Et une descente, la première utili­sant le Dyna­mic Legato, et la seconde attaquant toutes les notes :

00:0000:00


A titre de compa­rai­son, voici la même séquence jouée avec le patch Rock Picked Bass de Trilo­gy…

00:0000:00


Dur de ne pas préfé­rer le premier exemple, non?

Evidem­ment, les coyotes de Spec­tra­so­nics en ont aussi profité pour propo­ser plus de vélo­ci­tés diffé­rentes au niveau des samples. Là encore, on est en net progrès face au prédé­ces­seur de Trilian, même si sur nombre d’ins­tru­ments, les sauts de vélo­ci­tés sont encore audibles :

vloci­troun­dro­bin pbass dry
00:0000:08
  • vloci­troun­dro­bin pbass dry00:08
  • vloci­troun­dro­bin upright dry00:08


Rien de grave toute­fois, vu que la basse est géné­ra­le­ment un instru­ment qu’on n’hé­site pas à compres­ser à bloc au moment du mix…
Parmi les petites choses qui semblent acces­soires mais qui font tout le réalisme d’une basse program­mée, on notera aussi l’ap­pa­ri­tion de bruits de relâ­che­ment sur toutes les notes, tandis que les effets de slides ascen­dants ou descen­dants disposent désor­mais de leurs propres programmes : ils ne sont donc plus canton­nés au rang d’ef­fets spéciaux et sont dispos pour toutes les notes de la gamme, tout comme les glis­sés. Un vrai bonheur à utili­ser au sein d’un Multi pour jouer Live des lignes crédibles et pour program­mer des petites choses dans ce goût-là :

 

00:0000:00


Poly­va­lence extrême

Je le disais en début de ce test, rien ne semble manquer dans la banque de sons : au-delà des palanquées de synthés dispo­nibles et tous très bien samplés, on dispose d’une palette bien plus large en terme de sono­ri­tés que celle de Trilogy. Cela tient aux instru­ments samplés évidem­ment, de la basse Vintage au stick Chap­man en passant par la Preci­son Bass, la Jazz Bass ou la contre­basse, mais cela tient surtout au fait que chaque basse a été enre­gis­trée simul­ta­né­ment via une DI et via un ampli (lequel? Mystè­re…). Du coup, ceux qui regret­taient le côté trop clean des basses de Trilogy seront ici à leur affaire, le dosage entre les deux signaux permet­tant d’ob­te­nir une belle variété de sons, du plus sale au plus propre sur lui… Voyez d’ailleurs cette basse avec le son d’am­pli à 100 % et le son Pickup à 0 :

 

00:0000:00


Puis la même avec les réglages oppo­sés (Ampli à 0 et Pickup à 100 %) :

00:0000:00


Pour les contre­basses, c’est la même chose sauf qu’on dispose d’un son Pickup au rendu très 'élec­tro’ et d’un U-147 plus éloi­gné, qui fait respi­rer l’ins­tru­ment, lui donne de l’air.

Si en plus les diverses sections d’ef­fets s’en mêlent, vous imagi­nez les possi­bi­li­tés…

Les effets dans les faits

Les effets, puisqu’on en parle, sont de très bonne facture dans l’en­semble, même si on sent bien qu’ils proviennent d’Om­ni­sphere et n’ont pas, à ce titre, été spécia­le­ment pensés pour la basse. De fait, en marge flan­gers/phasers/chorus et des distos, compres­seurs et EQ bien utiles, on dispose d’un paquet de delays et de réverbs, ou même d’un effet à formants sans que Spec­tra­so­nics ait jugé utile de placer un Octa­ver dans le lot. Bien sûr, on pourra pallier cette absence en char­geant le même patch dans deux layers et en jouant sur leur accor­dage mais cela se fera au prix d’une consom­ma­tion RAM/CPU supé­rieure à ce qu’elle aurait été avec un simple Harmo­ni­zer en insert.


Ce détail mis à part, force est de recon­naître que tous ces effets sont effi­caces et permettent de travailler les sons pour obte­nir les choses les plus diverses :

good­times jbass wah
00:0000:09
  • good­times jbass wah00:09
  • good­times jbass sfx100:09
  • good­times jbass delay00:09
  • good­times jbass fuzz00:09



Et c’est sans parler des immenses possi­bi­li­tés offertes par la matrice de Modu­la­tion, le filtre Multi­mode, les enve­loppes et les LFO acces­sibles depuis le panneau Edit.

Disons qu’à ce stade, on est clai­re­ment en face d’une usine à Sound Design plus que d’une simple basse virtuelle, ce qui en ravira certains, mais en rebu­tera d’autres. Les certains en ques­tion seront en outre ravis de savoir que Trilian fonc­tionne à merveille en tandem avec Omni­sphere et Stylus RMX.

Tous les patches de la basse virtuelle de Spec­tra­so­nics sont en effet suscep­tibles d’être direc­te­ment char­gés dans Omni­sphere où l’uti­li­sa­teur pourra les combi­ner aux divers sons du logi­ciel au gré de Multis au mapping plus ou moins sophis­tiqué.

Voyez dans les exemples ci-dessous comme le patch de Trilian seul, puis le patch d’Om­ni­sphere seul fonc­tionnent à merveille lorsqu’ils sont réunis au sein de ce dernier (c’est lamen­table, je sais, mais un seul doigt a été utilisé pour produire cet exemple).

 

mixom­ni­sphere trilia­na­lone
00:0000:52
  • mixom­ni­sphere trilia­na­lone00:52
  • mixom­ni­sphere omnia­lone00:52
  • mixom­ni­sphere00:52





Quant à Stylus, il s’en­tend à merveille avec l’ar­pé­gia­teur de Trilian vu qu’il est possible, par simple cliqué-glissé, d’as­sujet­tir un motif de l’ar­pé­gia­teur de Trilian au groove d’une boucle de Stylus, comme dans ce cas :


Groove et arpé­gia­teur sans synchro :

00:0000:00



Arpé­gia­teur calé sur le groove de Stylus :

00:0000:00


Plutôt puis­sante et extrê­me­ment simple, cette fonc­tion ravira ceux qui doivent produire de la musique dans l’ur­gence, comme les compo­si­teurs  de musique au mètre pour l’au­dio­vi­suel par exemple. Et vu que tout cela s’in­sère à merveille dans le tita­nesque Omni­sphere, gageons qu’en trois instru­ments virtuels, vous pouvez tout à fait pondre un truc qui sonne la mort en pres­sant deux touches…

 

Conclu­sion

Béné­fi­ciant de l’ex­pé­rience acquise avec Omni­sphere et Trilogy, Trilian est bien la tuerie qu’on atten­dait. Outre son sampling au-delà de tous soupçons et ses possi­bi­li­tés d’édi­tion ou de trai­te­ment gargan­tuesques, c’est surtout l’ex­trême poly­va­lence de l’ins­tru­ment et son petit prix qui sont ses points forts. Certes, Native Instru­ments propose à 89 € l’unité des basses Scar­bee qui n’ont rien à envier, en terme de qualité, au logi­ciel de Spec­tra­so­nics. Mais pour ce prix, vous n’avez qu’un modèle de basse, soit en son DI, soit ampli­fié. Alors qu’ici, c’est la complète Oeuf-Jambon-Fromage et supplé­ment chan­tilly qui vous attend, soit un grand nombre de basses, ampli­fiées et en DI, plus une  biblio­thèque complète de sons synthé­tiques, un stick Chap­man et une contre­basse, une fret­less, etc. De fait, le logi­ciel n’a aucun vrai concur­rent sur le marché…

Si l’on ajoute à cela qu’il s’en­tend à la perfec­tion avec Stylus RMX et Omni­sphere, nul doute qu’il devient encore plus incon­tour­nable pour certains musi­ciens. Et en tant qu’an­cien utili­sa­teur de Trilogy que j’ado­rais, je peux vous dire que les deux softs ne jouent plus du tout dans la même caté­go­rie (8 ans les séparent, il est vrai…)

Seul vrai point faible de la bête : son exigence maté­rielle. On pourra certes dégra­der les patches ou jouer du Freeze dans son séquen­ceur pour passer outre, mais on est tout de même un peu hallu­ciné de voir une basse se montrer si gour­man­de…

Quoi qu’il en soit, Mr Persing et ses hommes ont une nouvelle fois fait très fort, et à ce prix là, il va être très dur de venir les cher­cher…


8/10
Points forts
  • Une collection de sons de basse très complète
  • Son DI & ampli
  • Toutes les articulations qui manquaient à Trilogy pour faire des parties de basse réaliste (Hammer, glissés, etc)
  • Le Round Robin
  • Qualité global des sons
  • Possibilité de traitement et d'édition
  • Intégration avec Omnisphere et Stylus
  • La contrebasse, plus belle que jamais
  • Le stick Chapman, une rareté
  • Le prix réclamé pour tout ça
Points faibles
  • Côté 'Usine à gaz' pour qui ne cherche qu'un bête son de basse
  • Très (trop?) gourmant
  • Manuel HTML et n'évoquant pas la programmation de la bête
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.

  • guitarou 1247 posts au compteur
    guitarou
    AFicionado
    Posté le 11/02/2010 à 22:19:18
  • chicruss 244 posts au compteur
    chicruss
    Posteur AFfiné
    Posté le 14/02/2010 à 14:38:38
    Bravo pour le test qui correspond bien à ce que j'ai pu ressentir en découvrant le successeur de Trilogy. Contrairement à tout ce qui a pu être dit, Trilian vaut vraiment le détour.
  • ortax-creations 444 posts au compteur
    ortax-creations
    Posteur AFfamé
    Posté le 08/07/2010 à 13:23:00

    Petite question. J'ai trilogy et réfléchit forcément à passer à trilian maintenant je m'inquiète de l'espace disque. Si je vire Trilogy et met Trilian à la place. Est ce que mon séquenceur en chargeant un projet qui utilisait Trilogy va t il bien lancer Trilian en chargeant le son correct de la banque Trilogy ?

    Merci pour cette infor car sur spectrasonics je n'ai tjs pas eu le retour à ce sujet.

  • bessinnox 5550 posts au compteur
    bessinnox
    Je poste, donc je suis
    Posté le 08/07/2010 à 13:53:16
    pas à ma connaissance, il te faudra rechercher les sons ( et pour ça c'est super car il y a une fonction recherche ) et comme il y a les sons de trilogy dans trilian ça devrait le faire

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Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.

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