Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
Test écrit
18 réactions

Test de Oeksound Bloom - Quand notre cœur fait Bloom

9/10
Award Innovation 2024
2024
Innovation
Award

Troisième plug-in des Finlandais d’Oeksound, Bloom n’est ni un égaliseur au sens traditionnel du terme, ni un compresseur multibande auquel il ressemble pourtant, mais serait conçu pour jouer sur l'équilbre tonal. De la part de pas mal d’éditeurs, la promesse sentirait bon le mauvais marketing, mais de la part des auteurs de l’excellent Soothe, on la prend forcément très au sérieux…

Test de Oeksound Bloom : Quand notre cœur fait Bloom

Peu d’édi­teurs peuvent se vanter d’avoir sorti des logi­ciels qui sont deve­nus de véri­tables clas­siques dès leur sortie. C’est pour­tant le cas d’Oek­sound dont le Soothe a immé­dia­te­ment séduit l’in­té­gra­lité de ceux qui l’ont essayé parmi les profes­sion­nels, parce qu’au petit jeu de la chasse aux fréquences qui tournent et du dehar­shing, il permet­tait de réali­ser en quelques secondes ce qui prenait parfois des heures à faire avec un EQ tradi­tion­nel. Dans un métier où le temps se facture, chacun a en effet vu le grand inté­rêt de s’équi­per d’un outil aussi simple et perfor­mant, cepen­dant qu’Oek­sound, en un seul plug-in, s’est taillé une répu­ta­tion d’édi­teur à suivre de près. Et force est de consta­ter que nous n’avons pas été déçus par la suite des événe­ments, qu’il s’agisse des belles amélio­ra­tions appor­tées par Soothe 2 comme par la sortie de Soothe Live ou encore de Spiff tourné quant à lui vers le trai­te­ment des tran­si­toires. Dans ce contexte, inutile de dire que l’ar­ri­vée de Bloom, quatrième plug-in des Finlan­dais, a de quoi faire lever plus d’un sour­cil, d’au­tant que le concept du logi­ciel est, une nouvelle fois, un brin énig­ma­tique…

Ce que Bloom n’est pas et ce qu’il est

bloomSelon Oeksound, Bloom serait « ce que nous souhai­te­rions qu’un égali­seur fasse ». Voici un programme simple donc, même si l’exa­men de l’in­ter­face permet de vite comprendre que nous ne sommes pas face à un simple EQ. Dans un beau rose chamal­low, le logi­ciel reprend les partis-pris ergo­no­miques des autres plug-ins de l’édi­teur, avec un design vecto­riel épuré et des contrôles qui n’ont rien de dépay­sant. C’est ainsi qu’on se retrouve avec quatre bandes para­mé­triques dont on peut choi­sir la fréquence centrale : lows, low-mids, hi-mids, highs.

Vu comme cela, cela pour­rait ressem­bler à un compres­seur multi­bande, d’au­tant qu’en vis-à-vis du gros potard permet­tant de doser la quan­tité de trai­te­ment, on dispose de para­mètres d’at­taque et de relâ­che­ment. Il n’est en rien toute­fois, et bien qu’un mystère entoure la tech­no­lo­gie exacte sur laquelle repose Bloom, c’est bien plus à un EQ que nous avons à faire dans les faits. En effet, bien qu’en pous­sant Amount dans ses retran­che­ments, on puisse amener Bloom à écra­ser la dyna­mique du signal, ce dernier se conten­tera la plupart du temps de travailler sur l’équi­libre du timbre, sans qu’on perçoive quelque compres­sion ou expan­sion que ce soit.

Il y a fort à parier que nous soyons face à une espèce d’EQ dyna­mique composé de dizaines de bandes et se calant sur une courbe de réfé­rence, comme peut le faire l’ex­cellent Gulfoss par exemple. Toute­fois, on dispose ici de nette­ment plus d’op­tions que dans le plug de Sound­theory et sa logique Tilt, grâce à l’orien­ta­tion par bande de l’in­ter­face, mais aussi la possi­bi­lité de travailler en M/S par exem­ple… En plus de cela, on dispose de bornes permet­tant de limi­ter le trai­te­ment à une partie du spectre comme de filtres coupe-haut/coupe-bas en sortie, d’un dry/wet, de la possi­bi­lité de compen­ser le gain du trai­te­ment et d’un aperçu très clair de ce que le plug-in ajoute ou retire comme matière sonore. Attaque et relâ­che­ment défi­nissent quant à eux la vitesse à laquelle l’algo travaille… Bref, c’est simple et même si l’on est surpris de ne pas trou­ver un bouton Delta comme habi­tuel­le­ment avec Oeksound, on notera la possi­bi­lité d’écou­ter chaque bande indé­pen­dam­ment.

Voyons ce que tout cela donne à l’usa­ge…

Sound good maker

Bloom s’uti­lise d’une certaine façon comme on voudrait utili­ser un EQ : l’idée, c’est de pronon­cer ou d’in­hi­ber telle ou telle partie du spectre du signal pour modi­fier son équi­libre tonal. Là où il fait très fort toute­fois, c’est qu’il s’avère extrê­me­ment musi­cal dans les résul­tats qu’il produit : tout semble plus clair, plus poli, plus rond. Et c’est là une première grosse diffé­rence avec un EQ tradi­tion­nel : avec un boost dans les haut-médiums ou dans les aigus, un égali­seur tradi­tion­nel a vite fait de sonner agres­sif, de donner un côté harshy au signal ou d’exa­cer­ber les sibi­lances, là où Bloom parvient toujours à conser­ver un équi­libre, comme si un Soothe s’at­ta­chait en arrière plan à ce que rien ne tourne mal.

Voyez ce que ça donne sur une batte­rie lorsqu’on calme un peu le bas proémi­nent de la grosse caisse et redonne de la brillance à la caisse claire et à la char­ley, ce qui se traduit forcé­ment par une pièce qui remonte :

DRUM­Sdry(2)
00:0000:16
  • DRUM­Sdry(2)00:16
  • DRUM­Swet(2)00:16

Bloom peut aussi s’avè­rer utile pour redon­ner un peu de corps à une prise guitare jouée à l’évi­dence trop près du cheva­let :

GUITAR­dry(2)
00:0000:10
  • GUITAR­dry(2)00:10
  • GUITAR­wet(2)00:10

Notez que sur une prise terne, le simple fait d’in­sé­rer le plug-in sans plus de réglage équi­libre un peu les choses. La posi­tion médiane sur les bandes n’im­plique pas en effet qu’au­cun trai­te­ment ne se produit, juste que le logi­ciel produit un son qu’il estime équi­li­bré. Rien n’em­pêche toute­fois d’al­ler cher­cher encore plus de brillance ensuite :

PIANO­dry
00:0000:15
  • PIANO­dry00:15
  • PIANO­de­fault00:15
  • PIANO­bright00:15

Et ça marche égale­ment très bien sur un mix un peu fermé comme ici, où tout semble mieux défini ensuite, plus clair, même si du coup, il me semble devoir reve­nir au mix pour calmer les attaques de guitares qui remontent un peu trop du coup :

MIXdry(2)
00:0000:22
  • MIXdry(2)00:22
  • MIXwet(2)00:22

Préci­sions-le : dans la dernière partie de sa course, le mode Amount permet de rentrer un peu plus dans le plug et d’avoir alors un signal qui s’écrase sur le plan dyna­mique, sachant que le para­mètre Squash Cal semble plus ou moins se compor­ter comme un seuil à parti duquel cet écra­se­ment a lieu. J’avoue ne pas avoir été forcé­ment convaincu par l’in­té­rêt de la chose de prime abord, avant de la combi­ner avec le Dry/Wet pour faire du trai­te­ment paral­lèle, comme on le ferait avec un 1176 en mode All-buttons. Et forcé­ment, cela permet des choses inté­res­santes, comme d’al­ler cher­cher plus de son de pièce sur une batte­rie :

DRUM­S2­dry
00:0000:12
  • DRUM­S2­dry00:12
  • DRUM­S2­wet00:12

Tandis que la possi­bi­lité de travailler en Mid/Side permet de subti­le­ment renfor­cer la spacia­li­sa­tion d’un son, en boos­tant les côtés sans toucher au centre, ce qui profite ici à la réver­be… 

VERB­dry
00:0000:05
  • VERB­dry00:05
  • VERB­wet00:05

Et si l’on croise tous ces para­mètres avec la possi­bi­lité de pilo­ter le trai­te­ment en side-chain, on comprend vite à quel point Bloom sera en mesure de se montrer utile, sur une prise comme sur un bus ou un master où il parvient à rame­ner un semblant d’équi­libre à un signal récal­ci­trant à tout EQ ou compres­seur multi­bande tradi­tion­nel (qui n’a jamais perdu des heures de son temps avec une prise pour­rie où toute réso­lu­tion d’un problème à l’EQ se solde par l’ap­pa­ri­tion d’un autre problème ?)…. Bref, il est dur de ne pas admettre l’ef­fi­cience de l’ou­til, même s’il ne sera pas forcé­ment aussi incon­tour­nable que l’est Soothe pour certains.

En effet, si Soothe permet de raccour­cir un proces­sus obli­ga­toire dans tout mixage en propo­sant un work­flow très supé­rieur à celui d’un EQ tradi­tion­nel pour cette tâche, lorsqu’il s’agit de modi­fier le timbre d’un instru­ment, bien des mixeurs préfèrent s’en remettre à la pâte sonore produite par du bon vieux matos analo­gique et à toutes les jolies harmo­niques qu’il est capable d’ajou­ter au signal, sachant qu’on dispose aujour­d’hui de plug-ins assez doués pour repro­duire ces machines de légende. Il n’y a donc rien d’évident à ce que ces derniers changent leurs habi­tudes pour un plug-in qui ne met pas en avant un carac­tère parti­cu­lier, même si ce serait passer à côté d’un fameux couteau suisse capable de en certaines occa­sions de rattra­per des situa­tions déses­pé­rées, comme son concur­rent Gulfoss. D’ailleurs, il n’est pas certain non plus que les posses­seurs de ce dernier ne voient pas Bloom comme un doublon de l’EQ de Sound­theory, même si là encore, l’er­go­no­mie comme les nombreux para­mètres du plug d’Oek­sound en font un outil qui me semble plus poly­va­lent, ou du moins plus malléable à l’usage grâce à l’ap­proche par bandes plutôt que par Tilt. Bref, le mieux est encore que chacun télé­charge la version d’éva­lua­tion pour se faire son idée et voir ce que Bloom peut lui appor­ter dans diffé­rents contex­tes…

Conclu­sion

Une nouvelle fois, Oeksound propose un outil à la fois simple et effi­cient. Mixage, maste­ring, voire restau­ra­tion : le panel d’uti­li­sa­tion de Bloom est large, au point qu’il pour­rait vite deve­nir le couteau suisse de beau­coup, qu’ils soient pros ou amateurs… Certes, le tarif est rela­ti­ve­ment élevé en regard de la moyenne des plug-ins mais on souli­gnera qu’Oak­sound compte parmi ceux qui se creusent la tête pour propo­ser du neuf là où quan­tité d’édi­teurs n’en finissent plus de modé­li­ser des LA-2A, des Pultecs et des 1176 qui ne font pas gran­de­ment avan­cer les choses. Le mieux sera donc de télé­char­ger la démo du logi­ciel pour se faire son propre avis sur le rapport qualité/prix de la bête !

Notre avis : 9/10

Award Innovation 2024
2024
Innovation
Award
  • Simplicité d’usage : on est loin d’un plug-in élitiste
  • Interface claire et bien pensée
  • Grande musicalité
  • De vastes champs d’application : mixage, mastering, restauration…
  • Pas mal de paramètres garantissant et contrôle et polyvalence
  • Pourquoi pas de fonction Delta sur celui-ci ?
  • Le mode Squash pas forcément convaincant en première intention mais intéressant dans le contexte d’un traitement parallèle
Pays de fabrication : Finlande

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre