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Petite histoire du delay

FX Story : le Delay
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Utilisé pour réaliser des rythmiques complexes, pour redonner du naturel à une prise de son sans ambiance ou pour grossir le son d'un instrument, le delay est l'effet de base par excellence. Un incontournable qui mérite bien qu'on s'attarde sur son histoire…

Utilisé pour réali­ser des ryth­miques complexes, pour redon­ner du natu­rel à une prise de son sans ambiance ou pour gros­sir le son d’un instru­ment, le delay est l’ef­fet de base par excel­lence. Un incon­tour­nable qui mérite bien qu’on s’at­tarde sur son histoi­re…

montagneLe delay est un effet qui repro­duit un phéno­mène acous­tique natu­rel que tout le monde a déjà expé­ri­menté : l’écho. Si vous beuglez « Audio­Fan­zine » face aux Alpes, vous enten­drez les montagnes vous répondre « Audio­Fan­zi­ne… Audio­Fan­zi­ne… Audio­Fan­zi­ne… dioFan­zi­ne… FanZi­ne… Zine… ».

D’où vient cette répé­ti­tion ? Des multiples rebonds de l’onde sonore que vous produi­sez et qui vous reviennent aux oreilles, à chaque fois un peu plus atté­nués et filtrés (lorsqu’elle rentre en contact avec de la matière, une onde est en partie absor­bée par cette dernière et perd en inten­si­té…).

Sans aller jusqu’au Mont-blanc, ces phéno­mènes sont systé­ma­tique­ment liés à la diffu­sion d’un son : dans votre salon, dans votre salle de bain ou dans une cathé­drale, l’émis­sion d’un son provoquera ainsi de multiples réflexions qui, lorsqu’elles sont distinctes, sont appe­lées Echos et qui, lorsqu’elles le sont moins, sont appe­lées Réver­bé­ra­tions.

Du coup, on pour­rait dire, pour faire simple, qu’écho et réverb, dans la nature, parti­cipent du même phéno­mène. Une réverb ne serait fina­le­ment qu’un écho plus complexe et on les désigne souvent d’ailleurs sous le nom d’ef­fets de spatia­li­sa­tion.

Pourquoi spatia­li­sa­tion ? Simple­ment parce qu’entre autres stimuli, ce sont les réflexions que produit un son dans un envi­ron­ne­ment qui permettent à notre cerveau de se faire une idée du volume du lieu. Sachant cela et sachant que ces phéno­mènes de réver­bé­ra­tion/écho sont omni­pré­sents dans la nature (à moins de vous trou­ver dans une chambre anéchoïque, juste­ment conçue pour produire le moins de réflexions possibles), on compren­dra faci­le­ment qu’un instru­ment ou une voix, pour sonner « natu­rel », se doivent d’être enre­gis­trés avec les multiples réflexions qu’ils ont engen­drées dans le lieu où ils ont été enre­gis­trés.

On s’est d’ailleurs aperçu très tôt que des enre­gis­tre­ments ne compor­tant pas d’am­biance natu­relle parais­saient étranges, sans vie. Et pour y remé­dier, on s’est mis en quête d’un moyen de repro­duire les réflexions produites par le son lors de sa diffu­sion. Si les proces­seurs de réverb, bien plus complexes à réali­ser, ne vien­dront que beau­coup plus tard, l’écho fait ainsi son appa­ri­tion sous une forme « élec­tro­nique » dans les enre­gis­tre­ments disco­gra­phiques des années 50.

samphilipsAvant cela, les grands studios d’en­re­gis­tre­ment compor­taient une chambre d’écho, au sens propre du terme. En effet, d’un côté d’une pièce vide dédiée à cette utili­sa­tion, était disposé un haut-parleur et de l’autre un micro ce qui permet­tait d’ajou­ter l’am­biance de la pièce à un enre­gis­tre­ment ! Au début des 50's, on attri­bue à Sam Philipps, PDG et produc­teur de Sun Records, l’in­ven­tion de l’écho slap­back, c’est à dire un écho très court à une seule répé­ti­tion, indis­so­ciable de beau­coup d’en­re­gis­tre­ments d’El­vis Pres­ley, et à jamais atta­ché aux genres Rock’n’­roll et Rocka­billy.

Sam Philipps créait cet écho en utili­sant deux magné­to­phones à bandes. L’as­tuce pour créer un écho simple avec des magné­to­phones à bande est de faire fonc­tion­ner en même temps et sur la même bande une tête d’en­re­gis­tre­ment et une tête de lecture. Ainsi, la tête de lecture lit avec un retard court (« delay » en Anglais) le signal qui vient d’être enre­gis­tré.

Le deuxième magné­to­phone est utilisé pour enre­gis­trer le signal « sec » et le signal retardé, le tout passant par une table de mixage. Pour la petite histoire, le guita­riste d’El­vis, Scotty Moore, s’est ensuite fait construire un ampli avec un écho slap­back à bande inté­gré, ampli construit par un élec­tro­ni­cien de génie de l’époque, Ray Butts.

Prin­cipes et réglages

Il existe trois types de recréa­tion élec­tro­nique du delay : les échos à bande, les delays analo­gique et les delays numé­riques. Notez que la prin­ci­pale diffé­rence entre l’écho et le delay réside dans la nature infi­nie du delay là où l’écho a un nombre fini de répé­ti­tions. Recon­nais­sons tout de même que les deux mots s’em­ploient de nos jours de façon inter­chan­geable.

Les delays à bandes

Ainsi qu’il était évoqué en intro­duc­tion de ce dossier, la première recréa­tion élec­tro­nique d’un écho a été rendu possible en détour­nant l’uti­li­sa­tion d’un magné­to­phone à bande. Les premiers delay à bandes utilisent donc le même procédé, de façon amélio­rée : une bande tourne de façon infi­nie, une tête d’en­re­gis­tre­ment capte le signal et une ou plusieurs têtes de lecture resti­tuent le signal entrant avec un retard. Le nombre de têtes déter­mine le nombre de répé­ti­tion et on peut faire varier le temps entre les répé­ti­tions en modi­fiant la vitesse de défi­le­ment de la bande.

S’ajoute souvent à ce réglage de vitesse un réglage de régé­né­ra­tion (ou feed­back) qui contrôle le taux de réinjec­tion du signal traité dans le système. Avec le feed­back au maxi­mum, on obtient une espèce de Larsen (je dis bien « une espèce ») ou plutôt un embal­le­ment : ceux qui ont eu l’oc­ca­sion de jouer avec ce type d’ef­fet compren­dront de quoi je parle.

frippLes delays à bandes sont carac­té­ri­sés par une fidé­lité rela­tive, les répé­ti­tions subis­sant une dégra­da­tion liée à la qualité d’en­re­gis­tre­ment sur bandes. Cette dégra­da­tion qu’on a pu critiqué pendant des années est reve­nue en grâce car elle apporte une chaleur indé­niable.

On doit l’uti­li­sa­tion la plus extrême de ce prin­cipe à Robert Fripp qui, au début des années 70, a inventé un procédé nommé Frip­per­tro­nics (on doit le nom à sa petite amie de l’époque). Le système consis­tait en deux magné­to­phones analo­giques sépa­rés de plusieurs mètres, la bande se dérou­lant d’un magné­to­phone à l’autre (enre­gis­tre­ment sur le premier, lecture sur le deuxième).

Avec cette longueur de bande, une des premières machines à boucles était née. Le delay de 8 à 10 secondes permet­tait à Robert Fripp de créer des accom­pa­gne­ments complexes 30 ans avant le JamMan !

Les delays analo­giques

Les delay à bande, c’est bien mais c’est encom­brant et parce qu’elles s’abîment, il faut chan­ger les bandes rela­ti­ve­ment souvent. Dans les années 70, les progrès de l’élec­tro­nique aidant, on a pu créer des delays tenant dans des pédales d’ef­fets et utili­sant des compo­sants élec­tro­niques en lieu et place des bandes anté­di­lu­viennes.

Géné­ra­le­ment, le temps de retard maxi­mum sur ce type de delay est de 300/350ms et, tout comme sur les échos à bandes, les répé­ti­tions sont de qualité variable : là où les bandes dégradent plutôt les aigus, les compo­sants analo­giques intro­duisent une légère dose de distor­sion dans les répé­ti­tions… ce qui fait aussi leur charme aux yeux et aux oreilles de certains !

De manière géné­rale, les réglages concernent le temps entre les échos, le feed­back qui condi­tionne le nombre de répé­ti­tions et le de mixage entre son traité et son « sec ».

Les delays numé­riques

Les années 80 arri­vèrent et avec elles les coif­fures casques, les vestes à épau­lettes et les delays numé­riques ! Dispo­nibles en racks ou en pédales, ces derniers sont en quelques sortes des « mini-samplers » qui échan­tillonnent le signal entrant et le rejouent avec un retard.

Les répé­ti­tions sont assez, voire très fidèles à l’ori­gi­nal, avec un son « cris­tal­lin » et très dyna­mique, mais comme toujours dès qu’on parle de numé­rique, certains déplorent un manque de chaleur, ce qui explique que les delays analo­giques ou même les échos à bandes n’aient pas disparu.

Les réglages sont les mêmes que sur les delays analo­giques : temps entre les répé­ti­tions, feed­back (nombre de répé­ti­tions) et mixage (mixage entre le son traité et le son « sec »). Les retards géné­rés par les delays numé­riques montent aujour­d’hui à plusieurs secondes (plus de cinq secondes pour la dernière pédale Boss !).

Autres réglages

Notez pour finir que, suivant leur degré de sophis­ti­ca­tion, les delays peuvent inté­grer divers para­mètres et fonc­tion­na­li­tés :

  • Un filtre passe-bas (souvent appelé 'High Damping’) permet­tant d’at­té­nuer les aigus à mesure des répé­ti­tions, ce qui est indis­pen­sable lorsqu’on veut se servir de l’ef­fet pour rendre une spatia­li­sa­tion réaliste.
  • Un LFO qui permet de modu­ler les répé­ti­tions et dont on peut régler la vitesse et la profon­deur de modu­la­tion.
  • Une fonc­tion 'Sample’ ou 'Hold’ qui permet de mettre une répé­ti­tion en mémoire, à la manière d’un sampler, comme sur le JamMan…
  • Un bouton Tap qui sert à défi­nir manuel­le­ment l’écart entre les répé­ti­tions (on parle alors de Delay Tap-Tempo), ce qui peut être autre­ment plus intui­tifs qu’un potar gradué en milli­se­condes.
  • Un panner qui permet de renvoyer les répé­ti­tions alter­na­ti­ve­ment à droite ou à gauche dans le champ stéréo. On parle alors de Ping-Pong Delay.

Place­ment

Comme tout effet de spatia­li­sa­tion, l’usage veut que le delay soit placé après la compres­sion, la satu­ra­tion ou distor­sion et souvent en dernier ou en avant-dernier, juste avant la réverb dans une chaîne d’ef­fet.

Les effets de modu­la­tion (chorus flan­ger) peuvent être situés avant ou après le delay. Le place­ment avant une distor­sion ou un ampli à lampes saturé est à pros­crire car il a tendance à géné­rer de la distor­sion d’in­ter­mo­du­la­tion qui brouille sensi­ble­ment le message musi­cal.

Dans le contexte de la guitare, notez que ce type d’ef­fet se place idéa­le­ment dans la boucle d’ef­fet de l’am­pli, si celui-ci en possède une. Ceux dont l’am­pli en est dépourvu pour­ront toujours faire comme Brian May, le guita­riste de Queen, qui utilise un delay modi­fié pour pouvoir attaquer son Vox AC-30 saturé sans géné­rer la distor­sion d’in­ter­mo­du­la­tion préci­tée. Celui-ci envoie chaque répé­ti­tion dans un ampli diffé­rent ! (Pour 3 répé­ti­tions, 4 amplis sont utili­sés, un pour le son sec, le deuxième pour la première répé­ti­tion, le troi­sième pour la deuxième, etc.). Etant donné le résul­tat, on peut dire que cela fonc­tionne plutôt bien… même si le mur d’am­pli n’est pas ce qu’il y a de plus pratique en appar­te­ment…

Exemples d’uti­li­sa­tion

Delay slap­back : dans cet exemple, l’ef­fet de slap­back (écho court) sur la guitare est un peu exagéré mais on se rend compte à quel point il fait réfé­rence aux années 50.

Delay long : le clas­sique parmi les clas­siques, un delay à 350ms permet de gros­sir une guitare solo. Effi­cace aussi sur un synthé lead, un sax, etc.

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Delay multi­tap : l’uti­li­sa­tion de plusieurs delays en série s’est popu­la­risé dans les années 80. Dans cet exemple la guitare lead est trai­tée par trois delays : un à 350ms, un 500ms et un à 800ms. Cette confi­gu­ra­tion, utili­sée depuis des années par Satriani favo­rise le gros son. Notez comme le son se rapproche d’une réverb alors qu’au­cun proces­seur de ce type n’est utilisé.

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Delay ryth­mique (+ exemple 2) : en son clair comme en saturé, le delay peut être utilisé sur une guitare pour faire un « tapis ryth­mique ». Grand maître en la matière, The Edge de U2 utilise souvent un delay à la troi­sième de double croche (3/16) comme dans l’exemple audio­fan­zine_u2_delay.mp3.

audio­fan­zine delay rhyt­mique
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  • audio­fan­zine delay rhyt­mique 00:26
  • audio­fan­zine delay sonclair 00:20

Delay ping pong : le delay ping pong permet d’al­ter­ner les répé­ti­tion entre la gauche et la droite de la stéréo. Ici, sur un son de basse qui n’est joué que chaque temps, le delay fait le reste :

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Delay/échos maté­riels de réfé­rence

echoplexMaes­tro Echo­plex : l’Echo­plex est «  THE  » delay à bandes au son chaud et précis. Apparu au début des années 60, il fût utilisé par à peu près tout le monde. On a pu le voir réuti­lisé assez récem­ment par Page/Plant à l’époque de No Quar­ter. Il est utilisé encore aujour­d’hui par des artistes comme Eric John­son et preuve qu’il n’est pas mort, la marque Jim Dunlop vend encore des bandes de rechange qui lui sont desti­nées ! Moins connu, le concur­rent anglais de l’Echo­plex s’ap­pe­lait Copi­cat et était construit par la société Watkins. Pour finir, notez que Gibson vends un delay haut de gamme en rack nommé Echo­plex. Il est tota­le­ment numé­rique et n’a donc rien à voir avec l’Echo­plex des années soixante.

Dyna­cord Echo­cord Super S62 ou S65 : LA chambre d’écho des 60's avec une préam­pli­fi­ca­tion à lampes : côté préci­sion, on repas­sera mais ques­tion chaleur, on est dedans. Une véri­table machine à remon­ter le temps…

roland-space-echoRoland Space Echo : la série Space Echo est compo­sée de plusieurs modèles (RE-101, RE-201, RE-301, RE-501) sortis entre la fin des années 70 et le début des années 80. Ces delays à bandes sont très recher­chés (regar­dez l’ar­gus sur Audio­fan­zine) et quand on en a entendu un, on comprend pourquoi ! Les diffé­rents modèles ont des carac­té­ris­tiques diffé­rentes (le RE-301 comporte un chorus par exemple).

 

Lexi­con PCM 42 : Un grand clas­sique du numé­rique qui a depuis été virtua­lisé avec succès par PSP Audio­ware.

Ibanez AD-9 : cette pédale analo­gique compacte est réédi­tée depuis peu. Le temps de delay maxi­mum est de 350ms, comme à l’époque.

Boss DM-3

 

Boss DM-2 et DM-3 : avant les delay numé­riques, BOSS a produit plusieurs pédale de delay analo­giques qui sont actuel­le­ment assez recher­chée (la DM-2 comme la DM-3). La DM-3 est la dernière pédale de delay analo­gique du construc­teur japo­nais. Elles ne sont malheu­reu­se­ment pas réédi­tées, il faut se tour­ner vers le marché de l’oc­ca­sion. 

memorymanElec­tro Harmo­nix Deluxe Memory Man : pédale légen­daire toujours fabriquée par Elec­tro Harmo­nix, elle propose en plus d’un delay analo­gique, une modu­la­tion de type chorus/flan­ger sur les répé­ti­tions. On l’en­tend dans les tout premiers enre­gis­tre­ments de U2.

Korg SDD 1000/2000/3000 : les racks Korg de la série SDD font partie des premiers delay numé­riques. Leur son un peu sale et leurs possi­bi­li­tés de modu­la­tion en ont fait des compo­santes indis­pen­sables du son de guita­riste tels que Yngwie Malm­steen ou The Edge de U2 (encore lui).

Korg SDD 1000

 

dd3_galBoss DD-3 : cette pédale Boss est certai­ne­ment le delay numé­rique le plus répandu. D’une réso­lu­tion de seule­ment 12 bits, elle sonne très bien et propose un temps de delay dépas­sant la seconde. Une fonc­tion Hold permet de faire du looping rudi­men­taire. 

Boss DD-6 : dernier avatar en date de la série, elle comporte les derniers raffi­ne­ments : 5,2 secondes de delay, enre­gis­tre­ment de phrase (5,2 secondes égale­ment), un mode inversé pour des effets psyché­dé­liques et une fonc­tion de Tap Tempo.

line-6-dl4-521Line 6 DL4 : fidèle à sa tech­no­lo­gie de modé­li­sa­tion, le DL4 recrée les sons produits par l’Echo­plex, le Memory Man, le Space Echo…, et propose ainsi une version allé­gée du rack Echo Pro.

 

[Mooger­foo­ger] MF-104 Analog Delay : Back to the 70's avec ce 'petit’ Delay analo­gique au gros son signé Moog et qui propose un retard de 0,8 secondes.

Plug-ins de réfé­rence (payants)

La plupart des STAN proposent un ou plusieurs delays dans leur bundle d’ef­fet (le Logic d’Apple est notam­ment très bien fourni de ce point de vue), ce qui n’em­pêche pas nombre d’édi­teurs d’y aller de leur version de l’ef­fet, souvent beau­coup plus abou­tie que les outils de base qu’on trouve dans les séquen­ceurs.

echoboyEcho­Boy de Sound­Toys est proba­ble­ment l’un des plus popu­lai­res… et l’un des plus complets car il combine la modé­li­sa­tion de plusieurs delays hard­ware de légende au sein d’une inter­face simple, mais dans laquelle on peut s’en­fon­cer pour jouer avec des para­mètres plus avan­cés… jusqu’à ne plus en sortir tant on s’amuse ! Simu­la­tion de bande, distor­sion, modu­la­tion, EQ, rien n’y manque pour réali­ser les choses les plus simples comme les plus complexes, bien au delà des machines émulée à la base, le tout sonnant toujours merveilleu­se­ment bien.

Relayer_UI_editor-01_TIMEArrivé plus récem­ment sur le marche, le Relayer d’UVI est égale­ment incroya­ble­ment poly­va­lent et puis­sant, ce que ne lais­se­rait pas présa­ger sa simpli­cité d’uti­li­sa­tion. Il ne s’agit pas ici de propo­ser d’ému­la­tion mais de maîtri­ser au mieux les diffé­rentes répé­ti­tions du son et de les coupler avec un proces­seur à convo­lu­tion et de nombreuses possi­bi­lité de modu­la­tion. De la sorte, en plus des diffé­rents effets à retard, le logi­ciel s’aven­ture même sur le terrain des sons granu­laires. Splen­dide !

Dans le genre complet, on pourra aussi aller reni­fler du côté du Bloom de FXpan­sion où les modu­la­tions sont à l’hon­neur, couplée avec des modé­li­sa­tion des 3 grands types de delay : Bucket brigade, bande et numé­rique.Le tout dans une inter­face très claire, ce qui ne gache rien.

Peut-être êtes-vous toute­fois à la recherche d’ou­tils plus simples que ces usines à gaz. Du coup, vous feriez bien de vous adres­ser au Waves H-Delay dont l’in­ter­face simplis­sime n’en cache pas moins un outil très complet, au petit DubS­ta­tion d’Au­dio­Da­mage, un petit Bucket Brigade à la grosse person­na­lité, ou encore au Tube Delay de Softube.

Au rayon des clas­siques, on ne manquera pas le Lexi­con PSP 42 de PSP Audio­ware, une recréa­tion du célèbre Lexi­con PCM42, qui s’avère rela­ti­ve­ment simple à utili­ser et sonne du feu de dieu en offrant pas mal de possi­bi­lité (9,6 secondes de retard, simu­la­tion de la satu­ra­tion produite par les bandes, filtre passe-base, etc.). Notez que PSP Audio­ware a aussi publié une version gonflée aux hormones de cette émula­tion sous le nom de PSP 85 (10 secondes de retard, section de modu­la­tion et filtre multi­mode).

Tant qu’on y est, on en profi­tera aussi pour jeter un oeil au PSP Echo, une excel­lente émula­tion d’écho à bande à mettre en face de la parfaite inter­face du Massey TD5, dont le son n’est pas en reste mais qui est, hélas, unique­ment dispo­nible pour Pro Tools.

 PSP 608 Multi­de­lay, un plug-in propo­sant 8 lignes de delay offrant chacune 8 secondes de retards, un filtre, une section modu­la­tion, une simu­la­tion de satu­ra­tion et une réverb… Une belle arme fatale !

Si le delay program­mable à la façon d’une séquen­ceur à pas vous inté­resse, vous feriez bien aussi d’al­ler voir du côté de l’ex­cellent EARe­bound des français d’EA­Re­ckon.

Autres compé­ti­teurs inté­res­sant, le Sigmund de D16 Audio ou encore le Time­less 2 de Fabfil­ter qui, comme d’ha­bi­tude avec l’édi­teur suédois, offre une inter­face origi­nale pour un outil très poly­va­lent. 

Dans le registre du sound design, on ne se privera pas enfin d’al­ler visi­ter le site d’Ohm­force pour récu­pé­rer Ohmboyz, leur premier plug-in, un double delay dans la plus pure tradi­tion du déve­lop­peur français : à l’image des deux inter­faces dispo­nibles, le plug pourra produire le plus sage slap­back comme servir à faire le sound design le plus barré. Le tout pour un prix très raison­nable et une consom­ma­tion CPU réduite.

Plus récent et tout aussi recom­man­dable, l’Echo­bode de Sonic Charge combine delay avec un Frequency Shif­ter pour donner un outil clai­re­ment orienté Sound Design.

Toujours au rayon des bizar­re­ries, le Spec­tron d’Izo­tope permet de réali­ser divers jeux de delay en fonc­tion des fréquences du signal. On le rapro­chera du MMul­ti­band­De­lay de Melda, combi­nant comme toujours un effet avec des possi­bi­li­tés de trai­te­ment multi­bande, MS et une section de modu­la­tions dantesque.

Plug-ins de réfé­rences (gratuits)

Dans les gratuits, les Window­siens iront voir du côté du Clas­sic Delay de Kjae­rhus Audio : gratuit et ne consom­mant pas grand-chose côté CPU, ce plug VST propose les trois grains de son typiques (bandes, analo­gique, numé­rique) et sonne de surcroît. Que demande le peuple ?

Quelque chose de plus vintage encore ? Alors jettez vous Elot­tro­nix et Elot­tro­nix XL d’Elogoxa, deux récréa­tions sous SynthE­dit du célèbre Frip­per­Tro­nic (sous PC donc), offrant pour la seconde version 80 secondes de retard ! Atten­tion toute­fois : les bestiaux ne sont pas commodes à maîtri­ser et le feed­back a vite fait de prendre le dessus.

Toujours sous PC, on ne manquera pas non plus les quelques plugs dési­gné sous SynthE­dit par Inter­rup­tor et les delays multiples de Klan­glabs. Enfin, toujours et encore sous SynthE­dit mais distri­bué en Dona­tion­ware, on ne passera pas à côté de l’ex­cellent Retro­de­lay d’e-Phonic.

Sous mac, l’offre est moins éten­due mais on sera bien avisé d’al­ler visi­ter le collec­tif Expert Slee­pers pour goûter à leur meringue et les incon­tour­nables coyotes de Smar­te­lec­tro­nix qui proposent un chouette Analog­De­lay en Dona­tion­ware.

Enfin, on passera par http://arne.knup.de/plog/ pour récu­pé­rer un Multi­De­lay des plus sympa­thiques.

Disco­gra­phie sélec­tive

elvispresleyElvis Pres­ley : Sur « Blues Suede Shoes », le solo de guitare présente un écho slap­back du plus bel effet, écho qui sera présent aussi sur la voix du king dans la plupart de ses enre­gis­tre­ments et qui sera la marque du Rock’n’­Roll des 50's puis du Rocka­billy. Dans un registre plus pop’n’­roll, on ne manquera pas non plus d’écou­ter la voix de Chris Isaak qui privi­lé­gie cette effet rétro sur la plupart de ses titres.

ledzepIILed Zeppe­lin : Le break au milieu de Whole Lotta Love illustre l’uti­li­sa­tion d’un Echo­plex dans un registre plutôt psyché­dé­lique. Sur le char­ley de Bonham, le delay démul­ti­plie dans l’es­pace stéréo les râles, cris et feule­ments de Robert Plant comme les phra­sés brui­tistes de Page, juste avant l’ar­ri­vée d’une caisse claire qui préci­pite la chan­son sur un solo d’an­tho­lo­gie… 

mamasaidLenny Kravitz : Un delay plombe une batte­rie simpliste pour étof­fer l’as­sise ryth­mique (une simple guitare sèche) de « Just Be a Woman » sur Are You Gonna go my Way ?. Sur le « What the fuck are we saying ? » de Mama Said en revanche, c’est le piano et la voix qui béné­fi­cient d’un delay plus ou moins impor­tant pour flot­ter autour d’une batte­rie bien carrée. 

enofrippRobert Fripp et Brian Eno : enre­gis­tré en 1970, No Pussy­foo­ting est certai­ne­ment le premier album pop où des boucles sont utili­sées. Le système mis au point par Brian Eno a conduit Robert Fripp à inven­ter le Frip­per­tro­nics quelques années plus tard.

thewallPink Floyd : Dans « Time » sur l’al­bum Dark Side of the moon, un delay long est utilisé sur le solo de Gilmour pour lui donner de l’es­pace et de l’épais­seur. Vrai­sem­bla­ble­ment traité avec un delay à bandes magné­tiques, le son du guita­riste se trouve ainsi au premier plan, malgré un envi­ron­ne­ment rela­ti­ve­ment riche (basse, batte­rie, clavier, chœurs). Dans l’al­bum The Wall, on appré­ciera aussi la façon dont le delay décom­pose la guitare ryth­mique en ouver­ture « Run Like Hell » pour prépa­rer l’ar­ri­ver de la basse, de la batte­rie et de la deuxième guitare ryth­mique. Enfin, sur le même album, on ne manquera pas d’ob­ser­ver l’usage qui est fait du delay sur les cocottes et petits phra­sés ryth­miques de « Another Brick on the Wall (Part I) » et qui tisse des entre­lacs de guitare en sons clairs à partir de trois fois rien.

u2boyU2 : « I will follow » sur Boy, le premier album du groupe, comporte déjà le son de guitare ryth­mique carac­té­ris­tique de The Edge, lequel doit beau­coup au delay. En guise de réfé­rence, on ne manquera pas non plus de jeter une oreille à l’ex­tra­or­di­naire intro de « Where the Streets have no Name » sur The Joshua Tree, ou comment l’usage de multiples pistes avec des delays diffé­rents (certaines sous-mixée, comme l’ex­plique le guita­riste dans le DVD Clas­sic Album consa­cré au making of du disque) peuvent produire une texture sonore des plus passion­nantes.

  • ganoderma 8 posts au compteur
    ganoderma
    Nouvel AFfilié
    Posté le 14/12/2019 à 22:31:48
    cet article nécessiterait d'être réactualisé tant les progrès en matière de delay, ces dix dernieres années, furent considérables.
  • PolP0sition 1123 posts au compteur
    PolP0sition
    AFicionado
    Posté le 26/05/2021 à 13:28:48
    Effectivement, une petite réactualisation de ce très bon article serait appropriée... Tout comme d'autres... C'est dommage d'avoir des contenus de qualité et de les laisser faner de la sorte. :clin:
  • chilly jay 1 post au compteur
    chilly jay
    Nouvel AFfilié
    Posté le 09/08/2021 à 12:53:18
    selection discographique très orientée rock! ;)

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