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Spitfire Audio Symphonic Strings
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Test de Spitfire Symphonic Strings Library

test
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Spitfire rajoute des cordes à son arc
9/10
Award Valeur sûre 2017
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La réorganisation du catalogue de Spitfire se poursuit et elle passe nécessairement par les cordes symphoniques. À vos archets ! Prêts ? Jouez !

Il est devenu impos­sible de parler de banques orches­trales haut de gamme sans évoquer Spit­fire. Depuis 2007, la société anglaise d’édi­tion de banques de samples, fondée par Paul Thom­son et Chris­tian Henson, s’est taillé une des répu­ta­tions les plus solides dans le monde des compo­si­teurs, en partie grâce à une approche saine et toujours à propos dans la fabri­ca­tion de ses biblio­thèques, en impliquant des instru­men­tistes qui touchent des royal­ties, mais aussi en choi­sis­sant une salle et un rig d’en­re­gis­tre­ment les plus perti­nents possible, et tant qu’à faire… excep­tion­nels.

Spitfire Audio Symphonic Strings : Spitfire Audio Symphonic Strings (3375)

De fait, les biblio­thèques Spit­fire ont rejoint un très grand nombre de templates de compo­si­teurs à travers le monde. Mais ce n’est pas que pour leur élégante morale. Quand certains éditeurs proposent des banques où de nombreux samples n’ont pas le même niveau de bruit d’une note à l’autre, voire sont parfois d’une justesse douteuse, les gars de Spit­fire sont quant à eux irré­pro­chables. On sent qu’ils utilisent leurs banques, qu’il y a des compo­si­teurs derrière la fabri­ca­tion de leurs inter­faces et des choix judi­cieux offerts aux utili­sa­teurs. Si vous discu­tez d’ailleurs avec des ingé­nieurs du son en musique de film, vous pour­rez régu­liè­re­ment entendre : “Ah ouais, du Spit­fire, des fois, on laisse au mix final”.

Bien sûr, il n’est pas ques­tion de remettre en ques­tion la qualité, la perti­nence et la néces­sité d’un enre­gis­tre­ment en orchestre à Abbey Road avec le London Sympho­nic Orches­tra ou même plus modes­te­ment avec de nombreuses solu­tions de sessions parta­gées comme le FAME’S project ou le Scoring Orches­tra (of Paris) pour ne citer qu’eux. Force est toute­fois de consta­ter que dans une indus­trie musi­cale de plus en plus tendue, les banques de samples de très haute qualité sont néces­saires tant à l’étape de maquet­tage qu’à celle de la produc­tion parfois. Et quand la barrière du “ça sonne un peu synthé, là” tombe, c’est en toute logique que l’édi­teur se fait une place parmi les Goliaths du secteur et se retrouve adopté par les utili­sa­teurs.

Du coup, lorsque Spit­fire propose pour 799 € TTC une nouvelle collec­tion inti­tu­lée SPIT­FIRE SYMPHO­NIC STRINGS LIBRARY (SSS pour les intimes), ça mérite qu’on aille s’amu­ser avec !

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(Re)packa­ging

Comme il est toujours bien­venu, quand on raconte une histoire, de commen­cer par une grosse décep­tion, disons-le tout net : il n’y a rien de nouveau côté samples !

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En effet, tous les échan­tillons ont été enre­gis­trés il y a des années main­te­nant, et le contenu de la SSS est dispo­nible depuis 3 ans à travers les diffé­rentes banques BML. Pourquoi donc s’in­té­res­ser à un plat qui sent le réchauffé ?

En premier lieu parce que la granu­la­rité de l’offre de Spit­fire était une cala­mité. Il y a encore quelques semaines, la page qui présen­tait leur diffé­rentes solu­tions faisait cinq bras de long, avec des couleurs et des croix partout, des chiffres et des euros à faire tour­ner la tête. Rien que “Mural”, la biblio­thèque de cordes “grand ensemble” (60 instru­men­tistes) se décli­nait en 4 packs, 1, 2, 3 et… ensembles, avec pour chaque pack des tech­niques de jeu diffé­rentes. Du coup, si on voulait certaines expres­si­vi­tés, il fallait quand même ache­ter le pack entier, et l’on se retrou­vait avec une ribam­belle de keys­witchs dans tous les sens, et la néces­sité d’uti­li­ser 4 instances de Kontakt au moins si on voulait jouer avec tout le monde. Si l’on en croit les déve­lop­peurs, la main­te­nance de ces banques commençait en outre à être un sac de noeuds.

Avec SSS, Spit­fire a donc fait le ménage et le pack propose de base toutes les arti­cu­la­tions. L’édi­teur a égale­ment nettoyé ses banques de bois et de cuivres, avec la même idée, et propose depuis peu le pack SYMPHONY ORCHES­TRA (SSO), fleu­ron de leur gamme qui comprend le SSS, SSW, SSB et Masse.

Jusque dans les dossiers de la biblio­thèque de Kontakt, tout a été réor­ga­nisé et assaini, de manière à rendre SSS plus lisible, plus main­te­nable et mieux opti­misé que les anciennes banques. L’édi­teur en a en outre profité pour rafraî­chir les inter­faces et les scripts et, comme nous allons le voir, c’est assez bien fichu.

Reste main­te­nant à voir ce que vaut cette SSS face aux myriades de biblio­thèques dispo­nibles actuel­le­ment sur le marché pour faire des cordes.

Un beau bébé

Comme beau­coup d’édi­teurs, Spit­fire propose l’ac­cès à ses banques direc­te­ment en télé­char­ge­ment depuis leurs serveurs. On se crée un compte, on « checkout » et une poignée de mails plus tard, la banque est ajou­tée à notre compte de sorte qu’on peut lancer le télé­char­ge­ment.

Comme chez d’autres éditeurs, la chose passe par un gestion­naire qui fonc­tionne bien pour ce qu’on lui demande. On donne son login/pass à la petite appli­ca­tion, elle détecte les banques dispo­nibles dans notre compte et propose le télé­char­ge­ment. On peut mettre en pause le down­load et le reprendre. En fibre optique, comp­tez 8H pour rapa­trier les 95Go (Note de Los Teignos : autant dire que les serveurs de Spit­fire se traînent), sachant que l’édi­teur propose égale­ment une livrai­son sur disque dur pour 70 € TTC.

Une fois sur le disque, il ne reste plus qu’à auto­ri­ser la biblio­thèque dans Kontakt pour commen­cer le tour du proprié­taire.

En bref…

Si vous lisez toujours les intro­duc­tions des tests en diago­nale et que vous voulez direc­te­ment accé­der aux infos utiles, voici en résumé ce que cette banque propose :

Ensemble de 60 musi­ciens (16/14/12/10/8 – en dispo­si­tion phil­har­mo­nique)
Enre­gis­tre­ment avec des micros à ruban et à lampe dans du Mont­ser­rat avec une Neve 88R en 96KHz sur un Studer à bandes de 2”. (propre)
3 posi­tions de micro mixables (Decca Tree, Close mic et Ambiance)
Enre­gis­tre­ment in situ. (C’est à dire que c’est dans une vraie dispo­si­tion que chaque pupitre a été enre­gis­tré. Et petit bonus : Ils ont fait de même pour les bois et les cuivres, permet­tant aux 3 familles d’ins­tru­ments d’être placées natu­rel­le­ment les unes par rapport aux autres, direc­te­ment en sortie de banque)
NKS ready (pour les claviers Native Instru­ments, les keys­witchs et les contrô­leurs sont auto­ma­tique­ment implé­men­tés)
Et le meilleur pour la fin : 175 arti­cu­la­tions (45 en legato, 94 en notes tenues et 59 en notes courtes)… Bon… Ils disent 175 arti­cu­la­tions et c’est vrai… Mais il faut comp­ter qu’il y a 5 pupitres + des patchs d’en­sem­ble… Donc en réalité ça fait 30–40 arti­cu­la­tions en fonc­tion du pupitre, ce qui est déjà impres­sion­nant.

Comme il n’y a rien de tel qu’un beau tableau, voici à quoi ça ressem­ble…

Spitfire Audio Symphonic Strings : Spitfire Audio Symphonic Strings (87892)

En long…

La répar­ti­tion dans les dossiers de la biblio­thèque est assez bien pensée pour diffé­rentes utili­sa­tions, de l’ef­fet ponc­tuel à l’in­té­gra­tion dans un template de travail.

  • [Racine]
    Les patchs de pupitres sépa­rés et “ensemble” avec les arti­cu­la­tions les plus usuelles (Long / Con sordino / Spic­cato / Short 0.5s / Pizz / Col legno / Tremolo / Trills 2nde mineure / Trils 2nde majeure). C’est pratique et ça peut être un bon “star­ter pack” ou pour une version nomade sur un laptop (envi­ron 400Mo de Ram par patch).
  • [_Advan­ced_]
    • [Exten­ded tech­niques]
      Ici se trouvent bien orga­ni­sés les patchs “Core” et “Deco­ra­tive” qui comprennent à eux deux, toutes les arti­cu­la­tions dispo­nibles pour chacun des pupitres. C’est ici le coeur de ce que nous allons utili­ser.
    • [Perfor­mance Legato]
      Des patchs très scrip­tés qui permettent en théo­rie de passer du legato au spicc, sans contrô­leurs ou keys­witch, mais en jouant natu­rel­le­ment. (Pratique pour poser une idée très rapi­de­ment, sans aucune program­ma­tion, mais très gour­mand en RAM et les para­mètres ne sont pas suffi­sant pour écrire en legato).
    • [Legato tech­niques]
      Patchs dédiés au jeu lié. A la racine de ce dossier se trouvent les arti­cu­la­tions “Sul G”, pour les violons et “Sul C” pour les alti et violon­celles.
      • [Legacy patches]
        C’est ici que se trouvent les tech­niques legato stan­dards. (Sans avoir trop compris pourquoi ces patchs étaient dans un sous-dossier un peu planqué… )
    • [Indi­vi­dual arti­cu­la­tions]
      Clas­sés en sous-dossiers par pupitres + ensemble, des patchs avec les arti­cu­la­tions sépa­rées. (cf tableau).
    • [Other patches]
      Quand c’est super bien rangé, il y a toujours un endroit où on met le divers inclas­sa­ble… C’est ici que ça se trouve. On retrou­vera des patchs opti­mi­sés pour des confi­gu­ra­tions portables ou plus modestes “Econo­mic longs”, “Econo­mic Shorts”, “Light ressources” et “Time Machine”. Les patchs “Time machine” sont peu ou prou les patchs qu’on trouve à la racine, avec le para­mètre “Stretch” ajouté à l’in­ter­face qui permet de jouer sur la durée des notes.

Grâce à tout ce petit monde, on pourra faire le setup qu’on désire en fonc­tion de ses ressources et de ses besoins. Par ailleurs, et même s’il ne s’agit pas du sujet du test, une petite préci­sion à propos des expan­sion packs : En plus d’autres confi­gu­ra­tions de micro très prisées en mixage orches­tral, ils proposent 3 “premix” stéréos trai­tés par l’équipe de Spit­fire. Ils ont été conçus pour un rendu large, medium et serré, au choix. Si vous n’avez pas la néces­sité de travailler l’équi­libre entre le Decca, les ambiances et les micros de proxi­mité, cette solu­tion sera moins coûteuse en RAM puisqu’elle ne charge plus qu’un “micro” à la fois et permet d’uti­li­ser le rig de prémixage de très bonne qualité.

Dans le cadre de notre test, voici à quoi ressemblent les patchs de violons 1 & 2, dans Kontakt :

Spitfire Audio Symphonic Strings : Spitfire Audio Symphonic Strings (24365)
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Avec cette confi­gu­ra­tion char­gée en template, on accède donc à 38 arti­cu­la­tions en keys­witches. Vous avez bien lu, ça fait 3 octaves entières. Pour gérer tout ça, on pourra passer par MIDI Desi­gner pour iPad (il en existe d’autres, mais c’est celui que j’uti­lise person­nel­le­ment. [pour windows, il néces­site rtpMIDI qui s’oc­cu­pera de faire le serveur MIDI]). Pour éviter de mono­po­li­ser 3 octaves de clavier maître pour les keys­witchs, cet utili­taire permet de créer des faders, potards et pad et d’y assi­gner une infor­ma­tion MIDI. En l’oc­cur­rence, des note-on pour les keys­witches. Lié à cela, pour les utili­sa­teurs de Cubase, voici l’EX­PRES­SION MAP, cadeau de la maison

Plus qu’un petit tour d’ho­ri­zon du côté de l’in­ter­face et on va pouvoir commen­cer à faire de la musique !

Le bon manche qui fait le bon outil

Spitfire Audio Symphonic Strings : Spitfire Audio Symphonic Strings (99880)

L’in­ter­face de base ou simpli­fiée a été refon­due, et elle est très lisible, d’au­tant que des petites bulles d’aides sur les (i) rappellent désor­mais à quoi servent les boutons.

À côté de ça, on ne notera toute­fois rien d’ex­tra­va­gant. En bas, on trouve les boutons d’ar­ti­cu­la­tions dont le nom s’af­fiche à gauche avec les para­mètres dispo­nibles de dyna­mique (pp, mf, ff ), du vibrato (non vibrato, vibrato, molto vibrato) ou encore le type d’at­taque du son.

On dispose aussi d’une partie “Easy Mix” qui joue sur la balance entre les micros : plus on va vers le close, plus on sera sur les micros d’ap­point, plus on va vers le far, plus on aura d’am­biance. Au milieu c’est l’arbre Decca. Suivent les 4 contrô­leurs de base : la dyna­mique, le vibrato, le release des samples et l’ex­pres­sion. A noter que mes patchs “Core” ont un contrôle du “tigth­ness” permet­tant de régler le mordant des notes courtes.

Viennent s’ajou­ter à ça les contrôles de speed (vitesse du legato), de porta­mento et d’in­ten­sité de l’ef­fet de liai­son sur les patchs legato. Quand on clique sur la petite clé à molette, on ouvre un peu plus le capot pour y décou­vrir l’in­ter­face avan­cée :

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Dans cette dernière, on dispose les petites cases noires en dessous de chaque arti­cu­la­tion et chaque micro. Elles permettent de désac­ti­ver – et ainsi déchar­ger en mémoire – les samples concer­nés. Du coup, si vrai­ment vous avez une aver­sion totale pour le “sul tasto”, vous pouvez faci­le­ment le désac­ti­ver et ainsi faire souf­fler votre RAM. Il en est de même pour les micros C(lose) (decca)T(ree) et A(mbiance), qui, comble du bon goût, se désac­tivent auto­ma­tique­ment lorsque vous descen­dez le fader à 0. Petite bizar­re­rie : il y a sur le png de l’in­ter­face une grille de vumètre qui… ne sert à rien.

Spitfire Audio Symphonic Strings : Spitfire Audio Symphonic Strings (39996)

Parmi les autres petites choses qui donnent vite envie de faire des claquettes sous la lune, les para­mètres des 3 faders du “Mic Mix” peuvent être copiés dans le presse-papier et collés sur tous les patches SSS, permet­tant ainsi d’avoir le même réglage à travers toutes les instances. C’est tout bête, mais telle­ment précieux qu’on sent que le déve­lop­peur a pensé à son utili­sa­teur final.

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Outre un para­mètre qui oriente et augmente ou restreint la pano­ra­mique et la possi­bi­lité d’ajus­ter la courbe de réponse du contrôle de dyna­mique, préci­sons qu’on dispose aussi d’un bouton pour déter­mi­ner si les para­mètres de mix sont global au patch Kontakt ou unique­ment pour l’ar­ti­cu­la­tion sélec­tion­née, permet­tant par exemple d’éloi­gner ou de rappro­cher les pizz par rapport aux sour­dines. L’as­si­gna­tion des arti­cu­la­tions est égale­ment para­mé­trable à l’aide d’un cltr/pomme+­clic sur le bouton de celles-ci, à l’ins­tar de ce que propose VSL dans ses patchs Instru­ment Pro, avec la possi­bi­lité d’ac­ti­ver une expres­si­vité grâce à la note-on, vélo­cité, control change, et égale­ment la vitesse de jeu.

Spitfire Audio Symphonic Strings : Spitfire Audio Symphonic Strings (64386)

Enfin, la page Osti­na­tum, dispo­nible sur les arti­cu­la­tions courtes permet de program­mer un petit séquen­ceur sommaire pour faire… des osti­nati. Les para­mètres sont peu nombreux mais tous à propos.

Reste à écou­ter tout cela.

Le sanglot long des violons de l’au­tom­ne… et plus si affi­ni­tés !

Pour commen­cer, allons faire un rapide tour du côté des micros :

Jouée au clavier et molette de modu­la­tion, le plus simple­ment du monde, sur un patch “ensemble”, la même séquence MIDI à la fin :

ens long close
00:0000:26
  • ens long close 00:26
  • ens long deca 00:26
  • ens long amb 00:26
  • ens long mix 00:26

En ayant la main sur le mixage des 3 sources diffé­rentes, on a accès à une palette de rendu de l’in­time (avec quand même 60 zikos) au gran­di­lo­quent.

Une fois une Bricasti ou une 480 posée sur le bus des cordes et on est prêts à faire le rendu. La salle – les échan­tillons ont été enre­gis­trés aux studios AIR, fondés par Sir George Martin – répond très bien et la prise in situ rend la sortie de Kontakt prête à l’em­ploi.

D’ailleurs, c’est une chose à noter. Si on part sur les SSS, la meilleure chose à faire est certai­ne­ment de partir sur SSB et SSW. En effet, la salle étant rela­ti­ve­ment marquée, il peut être compliqué d’in­té­grer parfai­te­ment la banque avec celles d’autres éditeurs, sans perdre la cohé­rence de l’es­pace sonore. L’uti­li­sa­tion seule des micros d’ap­point est une solu­tion viable, mais l’atout de la salle présente dans les samples SSS est alors perdu…

Une chose est par ailleurs remarquable en plus des micros : c’est la rela­tive cohé­rence des patchs d’en­semble. Même si dans cet exemple, l’ar­ran­ge­ment “clavier” répar­tit les notes un peu au petit bonheur la chance, voilà en compa­rai­son la même séquence, répar­tie par pupitres en legato :

ens long deca
00:0000:26
  • ens long deca 00:26
  • ens long deca ecrit 00:26

Le son est natu­rel­le­ment plus fin par voix et plus réaliste, mais le patch d’en­semble reste hono­rable, surtout pour coucher une idée au clavier rapi­de­ment, en parti­cu­lier quand on le compare à d’autres patchs “ensemble” chez la concur­rence.

Legato au choco­lat

Comme on a pu l’en­tendre dans l’exemple précé­dent, les patchs legato sont très réus­sis et parti­cu­liè­re­ment les contre­basses qui rentrent à la fin de l’exemple et dont la rondeur et la défi­ni­tion donnent à l’ac­cord un rendu saisis­sant.

Plus en détail main­te­nant, encore une fois joué au clavier par un piètre violo-pianiste, sans aucune program­ma­tion a poste­riori :

00:0000:00

Les liés sont musi­caux et faciles à sentir sous le clavier.
Le gros point noir en revanche, c’est le vibrato qui arrive comme un “BZOING­BLRVLVLVLVL” lorsqu’on passe en mv, et sur la vitesse duquel on ne peut pas agir. Là où la plupart des banques de cordes jouent sur des filtres de modu­la­tion para­mé­trables, Spit­fire a le parti pris d’avoir enre­gis­tré en non vibrato, vibrato et molto vibrato. Le molto vibrato est inté­res­sant comme effet à un moment donné, mais il est à utili­ser avec parci­mo­nie le reste du temps. Le vibrato quant à lui semble légè­re­ment trop discret pour des jolies tenues et n’as­sure pas vrai­ment la tran­si­tion pas vrai­ment avec le mv. Dommage.

00:0000:00

Voici ce que ça donne en jouant à l’ex­trême sur la vitesse du legato et du porta­mento, avec une “inten­sité” au maxi­mum. (speed max, porta 0 / speed min, porta 0 / speed max, porta max / speed min, porta max).

Avec une palette de liants assez vaste et rela­ti­ve­ment facile à program­mer, le patch “Legato Perfor­mance Palette” passe du lié archet au lié doigté puis au porta­mento en fonc­tion de la vélo­cité de la note.

Avec un peu de program­ma­tion, voilà ce qu’on peut extraire sans trop s’ar­ra­cher les cheveux :

00:0000:00

C’est élégant et typé… Peut-être élégant “mais typé”.

Même si le legato est tout à fait exploi­table et musi­cal, d’autres banques se sont illus­trées dans ce domaine et ce n’est pas le point fort absolu de SSS. (Peut-être la raison pour laquelle les patchs legato sont dans un sous-dossier “legacy”)

A ce sujet, on pour­rait s’at­tris­ter de l’ab­sence de mode legato pour les con sord, les trem et autres expres­si­vi­tés dont on aurait pu profi­ter des notes liées. Compte tenu de la quan­tité d’ar­ti­cu­la­tions, c’est compré­hen­sible, mais regret­table. Dans le même genre, on peut noter l’ab­sence d’un vrai mode glis­sando très lent.

C’est peut-être couper les cheveux en quatre, mais on aurait bien aimé égale­ment avoir la possi­bi­lité de couper en divisi comme ce que propose LASS chez Audio­Bro ou la série Dimen­sion de VSL. Un mini­mum de 2 serait le bien­venu : plutôt que d’avoir 16 v1, avoir 2×8 v1 permet­trait d’écrire plusieurs notes par voix sans avoir l’im­pres­sion de faire jouer 64 violo­nistes et, par la même occa­sion, de jouer avec un orchestre plus petit, sans avoir à ache­ter une autre banque en petite forma­tion…

AR-TI-CU-LEZ !

C’est ici qu’on en prend plein les esgourdes. La quan­tité et la qualité des arti­cu­la­tions sont indé­nia­ble­ment le point fort de cette biblio­thèque. D’abord parce que certaines tech­niques de jeu ne sont – à ma connais­sance – dispo­nibles qu’ici, ensuite parce que si certaines biblio­thèques proposent des arti­cu­la­tions “exotiques”, il est impen­sable au sein d’une même phrase musi­cale de passer de l’une à l’autre, tant les diffé­rences sont marquées. Ici, aucun souci. Faire une mesure en Flau­tando, celle d’après en sul tasto et finir en cres­cendo sul pont, et même si le rendu aura besoin de justi­fi­ca­tion musi­cale, c’est possible !

Devant l’im­men­sité des arti­cu­la­tions dispo­nibles, on ne va passer en revue que les arti­cu­la­tions en ensembles, jouées au clavier pour montrer ce que ça donne sans program­ma­tion :

Les longues :

art con sordino
00:0000:40
  • art con sordino 00:40
  • art flau­tando 01:01
  • art long harm 00:25
  • art tremolo 00:23
  • art tremolo con sordino 00:23
  • art marcato attack 00:17
  • art sul g 00:20
  • art sul pont 00:30
  • art tremolo sul pont 00:23
  • art super sul tasto 00:39

Avec dans l’ordre :

  • Con Sordino
  • Flau­tando
  • Harmo­niques longues
  • Tremolo
  • Tremolo Con Sordino : Tremolo joué avec une sour­dine.
  • Marcato : Atten­tion, ça fait du bruit, pour la blague de l’exemple, il est en ff.
  • Sul G/C : Forcé sur la corde la plus basse (sol pour les violons et do pour les alti et violon­celles) donnant cet effet tendu et contenu.
  • Sul ponti­cello : Joué près du cheva­let.
  • Tremolo sul ponti­cello : Tremolo joué près du cheva­let. Stri­dences et tension garan­ties.
  • Super Sul tasto : A l’in­verse du Sul ponti­cello, joué sur la touche.

Dans l’en­semble on peut remarquer l’élé­gance perma­nente des arti­cu­la­tions. En program­mant des cres­cendi à la molette, certains passages de samples (mf/ff) se font entendre avec un léger accoup. Ce n’est pas bien méchant et il n’y a rien qu’une micro passe d’au­to­ma­tion maîtri­sée ne puisse corri­ger.

Les courtes :
Une petite idée ergo­no­mique sympa­thique à propos des notes courtes : Il y a une option dans les patchs pour “CC mapped velo­city” qu’on peut cocher ou déco­cher à loisir. Certains préfèrent écrire les notes courtes en vélo­cité, d’autres préfèrent utili­ser la modu­la­tion comme le reste des arti­cu­la­tions. Grâce à cette petite option, il est possible de choi­sir.

art pizzi­cato
00:0000:11
  • art pizzi­cato 00:11
  • art pizzi­cato bartok 00:08
  • art col legno 00:08
  • art spic­cato 00:45
  • art spic­cato cs 00:45
  • art short 05 00:17
  • art short harm 00:10
  • art short brushed 00:28
  • art short brushed cs 00:28
 

Avec dans l’ordre :

  • Pizzi­cato
  • Pizzi­cato “Bartok” : Effet slapé des cordes. Géné­ra­le­ment, ce n’est qu’une seule note qui est utili­sée pour un effet de pêche, mais pour l’exemple on s’amuse un peu.
  • Col Legno : Un jour, un violo­niste a tenu son archet à l’en­vers – le bois vers la corde… On a appelé ça Col Legno (avec le bois), parce qu’il était italien.
  • Spic­cato : Oui, je l’ad­mets, la parti­tion de l’exemple que je vous propose est une aber­ra­tion totale avec plus ou moins 7 voix, mais jouée au clavier en deux passes, le résul­tat reste plus que satis­fai­sant.
  • Spic­cato Con Sordino
  • Shorts 0.5 : Appa­ren­tés à des marcato / stac­cato en jouant sur le tight­ness.
  • Short Harmo­nics : Très pratique pour faire des petites appa­ri­tions et avoir une attaque plus brève. Dans l’exemple, le dernier accord est en harmo­niques longues. Il est à noter la cohé­rence des sons entre les patchs.
  • Short brushed : Une sorte de stac­cato “lent” très joli en osti­nato égale­ment.
  • Short brushed con sordino : La même chose, mais joué avec une sour­dine.

Il pleut des cordes…

Histoire d’écou­ter le rendu dans un contexte musi­cal, le moment est venu d’ou­vrir le template et de s’amu­ser avec un petit paquet d’ar­ti­cu­la­tions.

D’un point de vue de l’ex­pé­rience, les arti­cu­la­tions les plus communes ne présentent aucun défaut appa­rent, on a simple­ment à les choi­sir et commen­cer à jouer. Un bon nombre, quant à elles, ne vont servir que sur une mesure, sur une note, pour faire un effet, mais elles sont dispo­ni­bles… Et ça, c’est un plai­sir et une source d’ins­pi­ra­tion sans borne.

Seul petit point faible à rele­ver : le manque de corps des legato. C’est joli, mais ça manque un peu d’un peu de gras et le manque de para­mé­trage du vibrato fait souvent défaut.

Ceci étant, un autre aspect parti­cu­liè­re­ment plai­sant tient au fait qu’à modu­la­tion et expres­sion max, ça ne sature pas et la dyna­mique est toujours cohé­rente. Et même si on peut se permettre certaines fripouille­ries d’équi­li­brage qui ne rendraient pas avec un véri­table orchestre, on peut program­mer ses séquences le plus natu­rel­le­ment du monde. Ca peut paraître anec­do­tique, mais ça rejoint la grande quan­tité de petites atten­tions qui rendent la banque aussi plai­sante à travailler.

Conclu­sion

Vers le début du test, j’ai fait comme si de rien n’était à propos des 800 € pour une banque de samples qui ne fait que des sons de “crin­crins”… Ce n’est effec­ti­ve­ment pas donné. Pour cette banque, il faut ouvrir la case pro du porte­feuille : le prote­feuille. Si vous souhai­tez “des cordes” pour ajou­ter à un hook ou une intro de temps en temps, des alter­na­tives moins onéreuses et moins gour­mandes en ressources sont à votre dispo­si­tion, elles rentre­ront dans le mix tout aussi bien et feront office de “violons”.

Spitfire Audio Symphonic Strings : Spitfire Audio Symphonic Strings (55399)

L’im­mense force de SSS, c’est la quan­tité de tech­niques de jeu qui sont toutes cohé­rentes et avec lesquelles on peut litté­ra­le­ment jouer. Passer d’un sul tasto à un trémolo dans la même phrase musi­cale ne donnera pas l’im­pres­sion que c’est un autre instru­ment ou pire qu’il a changé de place, c’est juste une manière diffé­rente d’in­ter­pré­ter la note. Par ailleurs, lorsqu’on fait de la musique tous les jours, tout est prétexte à avoir des sources d’ins­pi­ra­tion : du cadre de travail, jusqu’aux petites banques pratiques pour “donner des idées”. Et c’est ce qu’offre SSS : un cadre immense, une grande quan­tité de tech­niques situa­tion­nelles qui donnent des idées et reposent sur une base solide pour gérer la plupart des types d’in­ter­pré­ta­tion possibles.

En tant que compo­si­teur, je suis tiraillé entre mon désir, mon respect et mon admi­ra­tion de l’or­chestre et les réali­tés de l’in­dus­trie dans laquelle j’évo­lue. D’un côté, j’ai envie de hurler qu’il faut aller enre­gis­trer “avec des vrais”, parce que c’est un autre niveau de préci­sion et de rendu, que ça fait vivre les artistes et que c’est une expé­rience abso­lu­ment magique – que vous avez peut-être connue si vous avez déjà écouté en live un grand orchestre dans une belle salle. De l’au­tre… Quand il faut faire un devis et qu’en­re­gis­trer 60 cordes coûte­rait “trop cher”, ou encore qu’il y a 2’30 de musique à rendre pour demain matin et qu’il faudrait booker l’or­chestre, la salle, l’ingé, le chef, faire les copies, prépa­rer la session, enre­gis­trer, monter et mixer, la solu­tion du virtuel est deve­nue une évidence.

Si vous êtes dans ces consi­dé­ra­tions-là… SSS est simple­ment parmi ce qui se fait de mieux aujour­d’hui en grand ensemble. Sa poly­va­lence et son effi­ca­cité “sortie d’usine” lui assurent une place de banque de cordes “prin­ci­pale” dans bien des templates. Si on l’adjoint aux SSB et SSW, Spit­fire offre là une solu­tion orches­trale complète qui, sans aucun trai­te­ment, tient vrai­ment la route.

Alors non, on ne va pas tomber amou­reux comme on a pu le faire lorsqu’on a entendu le LSO pour la première fois. Il n’y aura ni la sensi­bi­lité ni l’hu­ma­nité de l’or­ches­tre… Mais oui : on peut vrai­ment faire de la musique avec !

9/10
Award Valeur sûre 2017
Points forts
  • La quantité d’articulations
  • La cohérence sonore et musicale d’un patch à l’autre
  • La qualité de production
  • L’intégration dans un espace donné, et avec les autres banques SSO
  • L’ergonomie de l’interface et des patchs
  • Les petites attentions des développeurs
  • La modularité de la banque
Points faibles
  • Pas de legato sur tous les patchs
  • Legato un peu léger
  • Le molto vibrato un peu “on/off”
  • Pas de gestion des divisi
  • Pas de plus petites formations, pas de 1st chair.

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