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test
Novation reste dans le circuit

Test du Novation Circuit

Alors, celui-là, personne ne l’attendait. Le secret était rudement bien gardé. Aucune annonce faite durant les salons, rien.

C’est tout juste si, vers le milieu du mois dernier, Nova­tion commençait à titiller notre curio­sité avec l’injonc­tion adres­sée aux musi­ciens de « commen­cer quelque chose » (« start some­thing »). Mais commen­cer quoi ? C’est préci­sé­ment à l’an­goisse de la page blanche que le dernier-né des instru­ments de Nova­tion – vendu aux alen­tours de 340 € – compte s’at­taquer, en propo­sant pas moins de deux circuits de synthèse issus des Mini­Nova de la marque, une drum machine (origi­nale, celle-là), un séquen­ceur maté­riel ainsi qu’une petite section d’ef­fets, le tout pilo­table par une série de pads sensibles à la vélo­cité et de contrô­leurs conti­nus, et embarqué dans une petite boîte faci­le­ment trans­por­table et mettable sur un coin de bureau. Mais voyons de quoi il en retourne exac­te­ment.

Présen­ta­tion exté­rieure

La boîte contient, outre l’ap­pa­reil lui-même, un câble USB, 2 adap­ta­teurs MIDI DIN/MIDI mini-jacks, un petit guide de démar­rage (le mode d’em­ploi, unique­ment en anglais, est télé­char­geable sur le site), deux petites cartes de réfé­rence pour les noms de présets, un numéro de série pour acti­ver une version Lite d’Able­ton Live, une alimen­ta­tion avec multiples adap­ta­teurs inter­na­tio­naux et un jeu de 6 piles « AA ».

Novation Circuit

Au débal­lage de l’en­gin, on constate tout d’abord que nous avons bel et bien affaire à un appa­reil promis à voya­ger, ses dimen­sions de 240×200×50 mm le rendant aussi peu encom­brant – quoiqu’un peu plus épais et carré – qu’un netbook. L’en­semble inspire confiance : plas­tique épais qui résiste à la torsion, large surface anti­dé­ra­pante sur le dessous (la norme chez Nova­tion sur tous ses derniers produits), pads et pres­soirs bien ancrés, boutons rota­tifs à la course flui­de… La fabri­ca­tion respire le sérieux.

La tranche arrière regroupe tout d’abord un bouton marche/arrêt, la prise prévue pour le trans­for­ma­teur ainsi qu’une prise USB. Notons que celle-ci ne sert qu’à la connexion MIDI avec un ordi­na­teur, et qu’elle ne peut être utili­sée ni pour le trans­fert de données audio (le Circuit n’est pas une carte son), ni pour l’ali­men­ta­tion de l’ap­pa­reil. À tout cela s’ajoutent une entrée et une sortie MIDI au format mini-jack et deux sorties audio au format jack 6,35 mm. La sortie de gauche peut faire office de sortie mono si elle est utili­sée seule.

Sur la tranche de droite du Circuit, on trouve la clas­sique fente de sécu­rité Kensing­ton, et surtout un compar­ti­ment pouvant accueillir 6 piles R6/AA. Ceci, s’ad­di­tion­nant à la petite taille de l’ap­pa­reil, suffi­rait déjà à signer le carac­tère nomade du Circuit, si ne s’ajou­tait en plus à tout cela la présence d’un petit haut-parleur inté­gré à la face infé­rieure. Enfin, une prise casque au format mini-jack orne la tranche avant de l’ap­pa­reil.

Mais passons à la face supé­rieure. Celle-ci affiche fière­ment les traits communs à la famille Nova­tion : le Circuit a clai­re­ment hérité des boutons rota­tifs de maman Nova et des pads de papa Launch­pad. Nous avons donc tout d’abord, en haut, huit boutons rota­tifs sans fin, non cran­tés, qui servi­ront à pilo­ter les macros asso­ciées aux para­mètres des diffé­rents présets (nous verrons tout cela plus bas). Une unique petite LED située en dessous de chacun d’eux permet de jauger la valeur appliquée à chaque para­mètre, cette valeur faisant varier l’in­ten­sité lumi­neuse de ladite LED. Ces rota­tifs sont enca­drés, à leur gauche et à leur droite, par deux de leurs collègues, respec­ti­ve­ment le bouton de volume et celui gérant le filtre géné­ral de l’ap­pa­reil (nous revien­drons égale­ment dessus plus bas). Contrai­re­ment aux autres, ces deux derniers boutons ne sont pas sans fin, et celui comman­dant le filtre dispose d’un cran en milieu de course permet­tant de fixer une valeur centrale. Il s’agit en effet d’une commande de filtre comme celles que l’on peut trou­ver sur les platines « DJ » : la moitié gauche de la course défi­nit un compor­te­ment de filtre passe-bas et la moitié droite un compor­te­ment de filtre passe-haut.

Novation Circuit

Sous l’en­semble des boutons rota­tifs, nous trou­vons une série de 10 pous­soirs permet­tant respec­ti­ve­ment de choi­sir des gammes pré-program­mées pour les séquences, de trans­po­ser les octaves de jeu, de régler le tempo, le degré de swing, d’ef­fa­cer ou de dupliquer des pas de séquences, des patterns, de suppri­mer des sessions (nous verrons plus bas de quoi il s’agit), mais égale­ment de sauve­gar­der ces dernières ou simple­ment d’y accé­der, le dernier bouton étant une touche « shift ». Cette dernière ne déroge pas à la sainte loi de toutes les touches « shift » de l’uni­vers et permet d’ac­cé­der à diverses fonc­tions alter­na­tives que nous décri­rons plus en détail au cours de ce test.

En dessous, une autre série de pous­soirs permet d’ac­cé­der respec­ti­ve­ment aux « écrans » de jeu et de séquençage des deux synthés ainsi que des quatre voies de batte­rie – « écrans » maté­ria­li­sés par la matrice de pads dont nous allons parler tout de suite. Deux boutons permettent égale­ment d’ac­cé­der aux réglages de side chain, sur lequel nous revien­drons plus bas. Cette série de boutons surplombe la matrice de 4 fois huit pads sensibles à la vélo­cité – mais pas à l’af­ter­touch - et rétro-éclai­rés grâce à des LEDs RVB.

Enfin, de part et d’autre de la matrice, nous trou­vons d’autres pous­soirs qui permettent respec­ti­ve­ment d’ac­cé­der au mode « note » (voir plus bas), de gérer la vélo­cité et la durée affec­tées à chaque pas de séquence, de gérer la durée desdites séquences, de dépla­cer tempo­rel­le­ment les pas de séquences, d’ac­cé­der aux banques de séquences, au mode mixer et à l’« écran » pilo­tant la section d’ef­fets de l’ap­pa­reil. Les deux derniers boutons de la liste pilotent respec­ti­ve­ment l’en­re­gis­tre­ment et la lecture des séquences.

Comment ça fonc­tionne

Mais il est temps main­te­nant de nous pencher sur le fonc­tion­ne­ment de la bête. Le carac­tère nomade du Circuit se retrouve égale­ment dès l’al­lu­mage. Nova­tion a en effet opté pour un format parti­cu­lier de bouton de mise sous tension. Celui-ci ne dépasse pas de la struc­ture, et néces­site une pres­sion d’un peu plus d’une seconde pour être activé, ce qui le rend moins sujet à une pres­sion acci­den­telle. On évite ainsi le vidage des piles dans un sac à dos surchargé, ou l’ex­tinc­tion inopi­née de la machine en plein gig. Bien vu ! La machine ne néces­site ensuite qu’à peine 2 secondes pour être opéra­tion­nelle. Selon que vous serez en mode secteur ou bien sur batte­ries, les pads de la matrice affi­che­ront un symbole diffé­rent, avec égale­ment un état de la charge concer­nant les piles. À ce sujet, il est impor­tant de noter que si Nova­tion a fait le choix de se passer d’écran dans le design du Circuit, notam­ment pour rendre son appa­reil encore plus compact, c’est entre autres parce qu’ils ont déve­loppé la possi­bi­lité d’af­fi­cher un certain nombre d’in­for­ma­tions direc­te­ment via la matrice de pads.

Novation Circuit

Outre le mode d’ali­men­ta­tion, nous avons le tempo, le degré de swing, mais égale­ment la progres­sion d’up­date du firm­ware qui s’af­fichent. Après la phase de lance­ment, la matrice de pads propose un affi­chage splitté, les deux lignes supé­rieures servant au jeu, et les deux lignes infé­rieures repré­sen­tant une séquence de 16 pas. Nous verrons plus bas les para­mètres concer­nant les séquences. Cet affi­chage, outre qu’il est celui par défaut, corres­pond à celui du mode « note ».

Les notes déclen­chées par les pads des deux lignes supé­rieures peuvent être agen­cées selon plusieurs gammes et modes, via une pres­sion sur la touche « scales ». Un petit aparté puisque nous parlons de pres­sion sur les pous­soirs du Circuit. Les fonc­tions et affi­chages déclen­chés par lesdits pous­soirs peuvent être défi­ni­tifs ou momen­ta­nés, selon la durée de la pres­sion exer­cée, tout comme sur le Launch­pad Pro testé précé­dem­ment. Et dans ce cas égale­ment, c’est une fonc­tion­na­lité que nous saluons bien bas, celle-ci s’avé­rant extrê­me­ment pratique en condi­tion de jeu live.

Mais reve­nons à nos choix de gammes et modes. Nous avons donc : gamme mineure natu­relle, gamme majeure, mode dorien, mode phry­gien, mode myxo­ly­dien, gamme mineure mélo­dique, gamme mineure harmo­nique, mode dorien « bebop », gamme blues, gamme penta­to­nique mineure, gamme mineure hongroise, mode dorien ukrai­nien, les gammes indiennes marva et todi, la gamme par tons et la gamme chro­ma­tique. À noter que celle-ci, étant la seule à propo­ser plus de huit notes, n’af­fiche pas deux octaves, mais une seule, la première ligne de pads symbo­li­sant alors les touches noires d’un clavier, et la seconde les touches blanches. Le mode déclen­ché par la touche « scales » permet égale­ment de chan­ger la tonique de la gamme, et donc de trans­po­ser le clavier virtuel du Circuit (et donc égale­ment les séquences program­mées, comme nous le verrons). Comme évoqué dans le premier para­graphe de cet article, deux petits boutons permettent la trans­po­si­tion par octaves. Ces boutons disposent d’un rétro-éclai­rage dont l’in­ten­sité lumi­neuse symbo­lise le degré de trans­po­si­tion par rapport au réglage par défaut, là encore comme sur le Launch­pad Pro. Toujours bien vu !

En enclen­chant la touche « shift » en même temps que la touche « note », on passe en mode « expand », c’est-à-dire que les deux lignes de pads infé­rieures, alors réser­vées aux pas de séquences, sont réaf­fec­tées au jeu. On obtient alors, selon les gammes ou modes employés, non plus une ou deux octaves, mais deux ou quatre.

Les pads sont plutôt agréables, mais j’ai trouvé leur sensi­bi­lité à la vélo­cité un peu trop faible à mon goût. Dans l’état actuel des choses, il n’existe pas de moyen de régler leur sensi­bi­lité ou leur courbe de réponse. Nous revien­drons plus loin d’ailleurs sur l’ab­sence de tout logi­ciel de para­mé­trage du Circuit. Comme spéci­fié plus haut, les pads sont rétro-éclai­rés en RVB, ce qui permet, entre autres, de diffé­ren­cier les pads de jeu de ceux corres­pon­dant aux pas de séquences, mais égale­ment d’iden­ti­fier faci­le­ment quelle est la source sonore que l’on est en train de mani­pu­ler, les pads de jeu prenant la couleur de la source sonore sélec­tion­née.

Novation Circuit

Dans la photo ci-contre, par exemple, nous voyons que les pads des deux lignes supé­rieures sont mauves, à l’image de la source « synth 1 ». Les pads un peu plus sombres aux extré­mi­tés des lignes symbo­lisent les toniques, le dernier pad de la 2e ligne déclen­chant la même note que le premier pad de la 1re ligne.

À noter que selon que l’on pilote un synthé ou bien la boîte à rythmes, le mode de jeu n’est pas tout à fait le même. Pour les synthés, il suffit d’ap­puyer sur le bouton corres­pon­dant pour accé­der direc­te­ment aux pads de jeu. Pour la boîte à rythmes, il faut enclen­cher n’im­porte lequel des boutons « drum » puis « shift » + « note ». On accède alors à quatre pads jouables, pilo­tant chacun l’un des quatre sons de base de la BAR. Nous verrons pourquoi dans le para­graphe consa­cré aux séquences.

Mais puisque nous avons évoqué les sources sonores, il est temps de nous pencher sur elles.

Les géné­ra­teurs de son

Comme spéci­fié plus haut, les géné­ra­teurs sonores sont donc au nombre de trois. Nous avons respec­ti­ve­ment 2 synthés « mélo­diques », basés sur le circuit sonore de la série Mini­Nova, et une boîte à rythmes pouvant gérer simul­ta­né­ment quatre types de sons, à savoir les tradi­tion­nelles grosses caisses, caisses claires, char­leys, et cymbales et diverses percus­sions pour le 4e son. Les synthés disposent chacun d’une poly­pho­nie de 6 voix, ce qui peut être parti­cu­liè­re­ment inté­res­sant pour les séquences, comme nous le verrons plus bas.

On accède aux diffé­rents instru­ments via les touches « synth 1 », « synth 2 » et les 4 touches de « drum ». Chacun des synthés, aussi bien que chacun des 4 sons de la boîte à rythmes, dispose de 64 présets. Ceux-ci sont répar­tis sur deux pages de pads, auxquelles on accède en enfonçant la touche « shift » + celle corres­pon­dant au module sonore que l’on souhaite modi­fier, les touches de trans­po­si­tion d’oc­tave servant alors à navi­guer entre les pages.

Pour vous faire une petite idée des perfor­mances sonores de la bête, voici quelques exemples :

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Les sons en ques­tion sont modi­fiables via des macros, pilo­tées par les boutons rota­tifs situés en haut de l’ap­pa­reil.

Novation Circuit

Celles-ci sont repar­ties grosso modo selon le même schéma pour chaque pattern. Les deux premières macros agissent sur des para­mètres d’os­cil­la­teur, les deux suivantes sur des para­mètres d’en­ve­loppe, la troi­sième paire de macros sur des para­mètres de filtre et la dernière paire sur des para­mètres d’autres types de modu­la­tions et d’ef­fets. Or, d’une part, lesdits para­mètres changent du tout au tout d’un préset à l’autre, et d’autre part, il n’existe aucun réca­pi­tu­la­tif des para­mètres affec­tés à chaque macro selon les présets ! Il est extrê­me­ment frus­trant de ne pas pouvoir obte­nir le son que l’on a en tête parce que messieurs les déve­lop­peurs ont pensé que c’étaient tels para­mètres (et sans réel­le­ment préci­ser lesquels !) qu’il était perti­nent de pouvoir modi­fier et non pas tels autres. Au moins, sur un appa­reil moins sophis­tiqué présen­tant d’em­blée un nombre restreint de para­mètres modi­fiables, on sait à quoi s’en tenir et ce que l’on peut attendre ou non dudit appa­reil.  Mais dans le cas du Circuit, on sait qu’on a le moteur (en double qui plus est !) d’un Mini­nova, et qu’on pour­rait faire de grandes choses ! Et au lieu de cela, on se retrouve à tâton­ner bête­ment avec des para­mètres diffé­rents d’un préset à l’autre, jamais clai­re­ment iden­ti­fiés (je souhaite bonne chance aux « noobs » pour essayer de comprendre ce qu’ils font), dans l’es­pace de liberté que les déve­lop­peurs ont bien voulu nous lais­ser. Ceux-ci se défendent d’une vidéo promo­tion­nelle à l’autre en arguant du fait qu’ils ont conçu le Circuit dans une optique de fun mettant l’uti­li­sa­teur en situa­tion d’« acci­dent heureux ». La démarche est excel­lente ! Mais, si l’on souhaite attri­buer à un autre préset les trai­te­ments décou­verts « par hasard » sur un préset donné, c’est impos­sible. C’est peut-être très subjec­tif, mais j’au­rais par exemple aimé dispo­ser au mini­mum, pour chacun des patches, des para­mètres de fréquence de coupure et de réso­nance pour le filtre, et de durée d’at­taque et de release pour l’en­ve­loppe d’am­pli­tude. Ajou­tez à cela l’im­pos­si­bi­lité d’ajou­ter ses propres sons, et vous compren­drez que, face à cette machine censée procu­rer du fun immé­diat… j’ai pu parfois me retrou­ver frus­tré ! Toute­fois, comme annoncé à demi-mot dans certaines vidéos et selon certaines sources bien placées, Nova­tion est en train de déve­lop­per un logi­ciel permet­tant d’ac­cé­der à la program­ma­tion des modules sonores. On ne peut qu’es­pé­rer qu’ils mènent leur projet à bien ! Et je me prends à rêver qu’ils produisent un soft aussi complet que celui que Korg avait réalisé pour sculp­ter les sons de son RK 100 S, que j’avais testé en début d’an­née. Un gestion­naire de biblio­thèques serait égale­ment dans les tuyaux. 

Puisqu’il était ques­tion des macros et des auto­ma­tions, il est à noter que les mouve­ments du bouton de filtre prin­ci­pal ne sont pas enre­gis­trables au sein d’une séquence dans l’ap­pa­reil lui-même, contrai­re­ment aux mouve­ments des boutons pilo­tant les macros. Toute­fois, lesdits mouve­ments peuvent être fixés dans une STAN externe, le bouton en ques­tion émet­tant du MIDI tout comme ses petits cama­rades. Et toujours comme eux, il peut égale­ment rece­voir du MIDI, et donc être piloté de l’ex­té­rieur. Je main­tiens qu’on aurait bien aimé pouvoir l’au­to­ma­ti­ser direc­te­ment dans les séquences du Circuit sans passer par une solu­tion externe. Enfin, puisque nous évoquons la commu­ni­ca­tion MIDI, sachez que l’af­fec­ta­tion des canaux est fixe : 1 et 2 respec­ti­ve­ment pour les synthés 1 et 2, 10 pour les 4 modules de batte­rie, et 16 pour les messages géné­raux. Aucun moyen de chan­ger cela, il faudra le savoir si vous souhai­tez inté­grer votre Circuit à une confi­gu­ra­tion MIDI complexe.

Mais inté­res­sons-nous main­te­nant plus en détail à l ’aspect « séquen­ceur » de la bête.

Les séquences

Novation Circuit

Comme nous l’avons vu, nous pouvons accé­der dès l’écran de démar­rage à la program­ma­tion de séquences. Chaque synthé ou son de batte­rie dispose de sa propre ligne de séquence, chacune dispo­sant à son tour égale­ment de son propre para­mé­trage. Les options offertes diffèrent toute­fois entre les lignes de synthés et celles de batte­ries. Les séquences de synthé peuvent être para­mé­trées au niveau de la vélo­cité (bouton « velo­city »), de la durée des pas de séquences (bouton « gate ») et de la longueur de ces dernières (bouton « length »). Longueur qui ne peut jamais toute­fois dépas­ser 16 pas, mais nous verrons comment contour­ner cette limi­ta­tion. Enfin, on peut égale­ment déca­ler l’en­semble de la séquence d’au­tant de pas que l’on souhaite vers la gauche ou la droite, via la touche « nudge ».

Les séquences de batte­rie se voient privées, quant à elles, des fonc­tions de durée de pas, ce qui n’est pas très éton­nant pour des sons percus­sifs, et de longueur de séquence, ce qui est beau­coup plus étrange ! Les séquences de batte­rie ne peuvent donc être infé­rieures à 16 pas. Pourquoi ? Mystère. Mais passons.

L’autre diffé­rence qui réside entre les lignes de séquences des synthés et celles des « drums » est la suivante. Nous l’avons vu plus haut, les modes de jeu ne sont pas invoqués tout à fait de la même manière selon que l’on pilote l’un des deux synthés ou bien la batte­rie virtuelle. Cela tient au fait que lors du pilo­tage des synthés, la matrice est, comme nous l’avons vu égale­ment, scin­dée en deux parties, respec­ti­ve­ment réser­vées au jeu et à la program­ma­tion de séquence. Pour les sons de batte­rie, cela se passe diffé­rem­ment. Lorsque l’on active l’un des boutons « drum », la matrice de pads propose certes elle aussi deux parties distinctes, mais il s’agit dans ce cas de deux lignes de 16 pas de séquences, sans section prévue pour le jeu (qui s’ac­tive, je le rappelle, via la combi­nai­son « shift » + « note »). En fait, chaque « écran » de program­ma­tion de séquence pour les sons de batte­rie regroupe les séquences de deux sons de batte­rie conti­gus. Ainsi, le premier écran réunit les séquences des sons de drum 1 et 2, et le second écran les séquences des sons de drum 3 et 4. On retrouve d’ailleurs, au niveau du code de couleurs du rétro-éclai­rage des boutons, la sépa­ra­tion des quatre sons de drums en deux groupes de deux. Mais que l’on séquence des sons de synthé ou bien issus de la boîte à rythmes, les séquences peuvent être soit « program­mées » en défi­nis­sant chaque pas de séquence indi­vi­duel­le­ment, soit « enre­gis­trées » pendant que l’on joue libre­ment des instru­ments dispo­nibles. La vélo­cité est conser­vée, que l’on utilise la boîte à rythmes ou l’un des deux synthés. Dans leur cas, chaque pas de séquence conserve égale­ment la durée de pres­sion sur le pad de jeu corres­pon­dant… A condi­tion que cette durée ne soit pas infé­rieure à celle d’une double-croche selon le tempo défini de la séquence. Si vous jouez des notes piquées, elles seront jouées comme des doubles-croches normales. Dommage.

Et puisque nous parlons de durées de pas et de valeurs ryth­miques, sachez égale­ment que le passage en mode ternaire peut se faire, mais de manière détour­née. Je m’ex­plique. En chaî­nant entre eux (voir plus bas) 3 patterns de 16 pas, on obtient une séquence de 48 pas, qui peuvent repré­sen­ter 3 mesures en 4/4 (un pas équi­valent à une double-croche) ou bien 4 mesures en 6/8 (par exemple). Un peu acro­ba­tique toute­fois, on aurait aimé avoir la même simpli­cité d’uti­li­sa­tion que sur le BeatS­tep Pro par exemple.

Mais reve­nons aux séquences, et à une fonc­tion évoquée plus haut qui fait à mon sens l’une des grandes forces du Circuit. Les synthés étant poly­pho­niques, on peut donc aisé­ment jouer – et séquen­cer ! – des accords ou des voix multiples. Oui, vous pouvez faire du contre­point avec le Nova­tion Circuit ! Qui plus est, un accord enre­gis­tré sur un pas de séquence donné peut être édité, chaque note indi­vi­duelle le consti­tuant pouvant être modi­fiée ou suppri­mée manuel­le­ment. Les pas de séquence eux-mêmes peuvent bien sûr être copiés ou suppri­més.

Novation Circuit

Je vous ai dit plus haut qu’il exis­tait un moyen de contour­ner la limi­ta­tion des séquences à 16 pas. C’est là qu’in­ter­vient la notion de patterns. Oui, bon, c’est un peu triché, mais tout de même. Chaque ligne de séquence possède huit patterns diffé­rents, c’est-à-dire que l’on peut program­mer pour chaque son huit séquences diffé­rentes. Les patterns ne sont nulle­ment dépen­dants entre eux, que ce soit au sein d’un même préset ou non. Ce n’est pas parce que l’on joue le pattern 1 du synthé 1 que l’on ne peut pas jouer le pattern 3 du synthé 2 simul­ta­né­ment, et ceux-ci peuvent avoir des durées diffé­rentes. Les patterns peuvent être copiés au sein d’une même série, ou vers le pattern d’un instru­ment de même caté­go­rie. On peut copier le pattern 1 du synthé 1 vers le pattern 3 (vide) du synthé 2, mais pas vers un pattern du drum 1 par exemple.

Les patterns d’un même instru­ment peuvent être chaî­nés entre eux, à condi­tion toute­fois qu’ils soient conti­gus. On peut deman­der à ce que les patterns 2 à 5 s’en­chaînent entre eux, mais on ne peut pas program­mer l’ap­pa­reil pour que les patterns 2,3 et 5 soient bouclés en omet­tant le pattern 4, par exemple.

Les séquences s’en­re­gistrent bien évidem­ment via le gros bouton rouge prévu à cet effet, et la lecture via le bouton vert, sachant qu’une combi­nai­son avec la touche « shift » permet de relan­cer la lecture à partir de l’en­droit où elle a été inter­rom­pue. Les séquences peuvent être sauve­gar­dées au sein de « sessions » (16 slots libres par défaut, plus 16 slots occu­pés par des présets d’usine éven­tuel­le­ment effaçables) qui regroupent égale­ment les présets instru­men­taux, le choix du tempo, les auto­ma­tions de macros et celles des sections de mixage et d’ef­fets sur lesquelles nous allons nous pencher tout de suite. Une autre chose à savoir sur les sessions est qu’elles peuvent être enchaî­nées manuel­le­ment. Dans ce cas, tant que le bouton de lecture est actif, et même si chacune possède théo­rique­ment son propre réglage de tempo, elles adop­te­ront toutes le tempo de la session dont la lecture a été lancée en premier. Si par contre la lecture est inter­rom­pue, et que l’on relance indi­vi­duel­le­ment n’im­porte quelle session, celle-ci retrou­vera auto­ma­tique­ment son tempo d’ori­gine. Très bien vu !

Enfin, Circuit se rallume toujours en char­geant la dernière session active. Toute­fois, si pour une quel­conque raison, il a été éteint durant l’en­re­gis­tre­ment d’une session, il est possible qu’il refuse de se lancer correc­te­ment au démar­rage suivant. Les ingé­nieurs de Nova­tion ont prévu le coup : si l’on main­tient enfon­cés les boutons « shift » et « clear » pendant l’al­lu­mage de l’ap­pa­reil, celui-ci sera forcé de char­ger une session vierge.

Globa­le­ment, pour termi­ner ce para­graphe, on peut dire que la program­ma­tion de séquences se passe très faci­le­ment, mais qu’on ne peut passer sur certaines lacunes.

Le mixer et les effets

Nous avons donc évoqué dans le para­graphe précé­dent les sections de mixage et d’ef­fets. La première est invoquée via la touche « mixer » (on s’en serait douté…). Dans ce mode, chaque ligne de séquence peut être acti­vée/désac­ti­vée indi­vi­duel­le­ment, et les boutons rota­tifs du haut font alors office de fader de volume. Il n’y a pas de gestion du pano­ra­mique. À noter que si les varia­tions de volumes sont auto­ma­ti­sables, l’ac­ti­va­tion/désac­ti­va­tion des pistes ne l’est pas.

En ce qui concerne les effets, acces­sibles en toute logique via le bouton « fx », ils ne sont pas très nombreux (8 presets de reverb, 16 presets de delay), ni d’une qualité excep­tion­nelle, qui reste toute­fois correcte. Les boutons de macros permettent alors de doser, pour chaque ligne de séquence, le degré d’en­voi du signal vers chacun des effets sépa­ré­ment. Ce dosage peut être auto­ma­tisé, tout comme pour les volumes du mode « mixer ». 

Enfin, je termi­ne­rai sur le fait que les deux circuits de synthé disposent d’une fonc­tion side­chain connec­tée au son de grosse caisse. Celle-ci permet de choi­sir, pour chacun des deux synthés, entre huit niveaux de « ducking » lorsqu’ils sont joués simul­ta­né­ment à la grosse caisse. Simple et fonc­tion­nel.

Conclu­sion

La machine de Nova­tion est sympa­thique à bien des aspects : la construc­tion est sérieuse et inspire confiance, les pads sont agréables, même si la sensi­bi­lité à la vélo­cité pour­rait être encore amélio­rée, la program­ma­tion des séquences est assez intui­tive, tout comme l’uti­li­sa­tion géné­rale d’ailleurs. On appré­cie égale­ment la présence d’une inter­face MIDI DIN (via les adap­ta­teurs livrés) en paral­lèle de l’USB. Enfin l’as­pect nomade est plei­ne­ment assumé de par la taille réduite et pour­tant confor­table de l’en­gin, la présence d’un petit haut-parleur et la possi­bi­lité d’être alimenté par piles. C’est indé­nia­ble­ment une petite machine avec laquelle on peut assez vite s’amu­ser.

Mais certains choix de la part de Nova­tion viennent un peu enta­cher cette sensa­tion.Tout d’abord, l’ab­sence de réfé­rence plus précise concer­nant les para­mètres que l’on mani­pule via les macros rend l’ex­pé­ri­men­ta­tion poten­tiel­le­ment frus­trante au lieu d’être inspi­rante, car on ne comprend pas toujours ce que l’on fait et il est impos­sible de repro­duire les réglages sur un autre préset. Surtout lorsque l’on sait qu’on a sous la main les circuits sonores d’un Mini­Nova ! L’ab­sence d’au­to­ma­tion du filtre prin­ci­pal au sein de la machine – alors qu’il est parfai­te­ment auto­ma­ti­sable via un système externe – pourra égale­ment appa­raître comme une incon­gruité. Et l’on aurait aimé avoir un accès plus direct à des valeurs ternaires, ou pouvoir descendre en-dessous de la double-croche pour les pas de séquences.

Mais un certain nombre de ces lacunes pour­raient être comblées par l’ar­ri­vée d’un logi­ciel de para­mé­trage de la machine et de pilo­tage des synthés internes digne de ce nom, comme certaines vidéos (et certaines sources dignes de confiance) semblent l’an­non­cer. Un gestion­naire de biblio­thèque serait lui aussi en cours de déve­lop­pe­ment. On ne peut que souhai­ter que ces projets se concré­tisent rapi­de­ment, car c’est tout ce qu’il manque au Circuit pour qu’il acquière la profon­deur qui pour­rait en faire réel­le­ment un produit star.

Tarif géné­ra­le­ment constaté : 339 €

  • Novation Circuit
  • Novation Circuit
  • Novation Circuit
  • Novation Circuit
  • Novation Circuit
  • Novation Circuit
  • Novation Circuit
  • Novation Circuit

 

8/10
Points forts
  • La qualité de fabrication
  • L’aspect réellement nomade
  • Les connectiques MIDI DIN en plus de l’USB pour piloter du matériel externe
  • La simplicité générale d’utilisation…
Points faibles
  • … entachée par la sensation de tâtonnement dès qu’il s’agit de modifier les macros
  • L’énorme frustration – en l'état actuel des choses - de ne pas pouvoir éditer les sons en profondeur - et en connaissance de cause - alors qu’on a quand même des circuits sonores du MiniNova
  • L’absence d’automation sur le filtre principal au sein de l'appareil, uniquement possible via un système externe
  • L'accès un peu alambiqué à des valeurs ternaires
  • L'affectation fixe des canaux MIDI
  • Les effets juste corrects

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