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Test du micro à condensateur USB Samson C01U - Micro nomade

7/10

Au rayon des périphériques plug & play, on connaissait l'interface audio USB, le clavier maître USB ou encore la surface de contrôle USB. Revisitant habilement son entrée de gamme, Samson va aujourd'hui plus loin en sortant son tout premier micro à condensateur USB.

En lui-même, le concept du C01U est déjà surpre­nant. Parce qu’il est tradi­tion­nel­le­ment utilisé en studio/home studio, on imagine mal ce qu’un micro à conden­sa­teur peut tirer d’une connec­tique « multi­mé­dia ». Lorsqu’on se penche plus avant sur les « incon­vé­nients » des micros statiques et sur les avan­tages de la norme USB, on comprend déjà un peu mieux ce qui nous vaut un tel OVNI.

Du XLR à l’USB

Pour être utilisé, un micro à conden­sa­teur doit être alimenté élec­trique­ment, le plus souvent par une alimen­ta­tion dite fantôme équi­pant la table de mixage ou le préam­pli dans lequel on le branche. Or, l’un des atouts de la norme USB réside juste­ment dans son apti­tude à servir de source d’ali­men­ta­tion au péri­phé­rique (lorsqu’une souris optique est bran­chée sur un PC, son câble sert à la fois à faire tran­si­ter des données de la souris vers l’or­di­na­teur, et à la fois à ache­mi­ner de l’élec­tri­cité de l’or­di­na­teur vers le mulot). De fait, avec un micro à conden­sa­teur USB, plus besoin de table de mixage ou de préam­pli dispo­sant d’une alim fantôme : on se sert juste d’un des ports USB qui équipent depuis des années déjà les PC comme les Mac.

Le Samson C01U

La chose va même plus loin si l’on consi­dère que l’en­trée USB d’un ordi­na­teur est faite pour rece­voir des données numé­riques, tandis qu’un micro à conden­sa­teur clas­sique produit un signal analo­gique. Du coup, non seule­ment le Samson C01U se passe d’alim fantôme mais il doit se débrouiller seul pour four­nir un signal audio numé­rique : il embarque ainsi son propre préam­pli­fi­ca­teur et son propre conver­tis­seur Analo­gique > Numé­rique… A moins de 100 € la bête, ça fait peur ou ça intrigue, c’est selon.

D’ailleurs, en écri­vant ces lignes, j’ima­gine déjà l’ai gogue­nard des aris­to­crates de la capsule, qui ne jurent que par Neumann, Avalon, Apogee ou RME, et qui se demandent bien quel peut être l’in­té­rêt d’un tel micro. Leurs doutes sont légi­times et, bien que l’em­bal­lage précise qu’il s’agit d’un « micro de studio » destiné à l’en­re­gis­tre­ment du chant et d’ins­tru­ments acous­tiques, le site web de Samson mentionne aussi qu’il s’adresse d’une part aux « podcas­ters, jour­na­listes, étudiants et hommes d’af­faire dési­reux d’ajou­ter des fichiers audio dans leurs sites web et présen­ta­tions multi­mé­dia » (sic), et d’autre part aux « musi­ciens sur la route ».

Au-delà des grands débu­tants qui s’in­té­res­se­ront au C01U comme poten­tiel premier micro à conden­sa­teur, le bébé de Samson est donc aussi à envi­sa­ger comme le parfait micro de voyage : facile à connec­ter sur un ordi­na­teur portable sans avoir à se trim­bal­ler une carte son externe, il devrait offrir plus de détail qu’un dyna­mique tout en permet­tant de bypas­ser l’en­trée micro du portable, de qualité souvent très médiocre.

C’est dans cette optique que ce test a été réalisé et à présent que les choses sont claires, l’heure est au débal­lage et à l’ins­tal­la­tion.

C01 ++

Le Samson C01U et ses accessoires

Vendu sous embal­lage plas­tique, le C01U est livré avec une notice succincte en anglais et quelques acces­soires : un câble USB de 3 bons mètres, un adap­ta­teur pour pied de micro et une petite housse qui, si elle semble imper­méable, est si fine qu’elle ne protè­gera en rien des chocs. Pas de mallette de trans­port, pas de suspen­sion élas­tique… Samson assure le mini­mum syndi­cal, ce qui n’étonne guère vu le prix du micro. Pas de drivers non plus : on semble être dans du 100 % Plug & Play.

Le micro­phone en lui-même ne surpren­dra pas les habi­tués de la marque : ce n’est ni plus ni moins que ce bon vieux C01 qui, pour l’oc­ca­sion, a troqué sa grille de protec­tion noire pour une grille métal­li­sée.

Recou­rant à un large diaphragme de 19 mm, il offre une direc­ti­vité cardioïde et une réponse en fréquences s’éten­dant de 40 Hz à 18 kHz (Chiffre du construc­teur). Préci­sons égale­ment qu’il ne dispose ni d’at­té­nua­teur, ni de filtre coupe-bas.

Le C01U : premier micro USB à condensateur de Samson

Dans la mesure où la conver­sion numé­rique se fait depuis le micro, il convient aussi de préci­ser que l’échan­tillon­nage se fait sur 16 bits, à une fréquence de 8 kHz, 11,025 kHz, 22,05 kHz, 44,1 kHz ou 48 kHz.

Bref, rien qui ne soit aussi surpre­nant que ce connec­teur USB trônant fière­ment en lieu et place du tradi­tion­nel XLR. Connec­teur que nous allons de ce pas connec­ter…

Plug & Record !

L'installation du C01U de Samson est un vrai régal de simplicité...

Tandis que le portable servant à faire le test démarre (un Sony Vaio mu par un Athlon XP 1 Ghz et dispo­sant de 256 Mo de RAM), j’en profite pour visser la bague sur le pied de micro et fixer le micro à la bague.

Une fois que Windows s’est mis à l’aise, je relie aussi­tôt le micro à l’or­di­na­teur via le cordon USB fourni et, miracle de tech­no­lo­gie : ça marche ! Le C01U est auto­ma­tique­ment reconnu et sans même qu’une connexion à Inter­net n’in­ter­vienne, il s’ins­talle comme un grand.

Il suffit ensuite de déclarer le Samson C01U comme source de l'enregistrement par défaut...

Dès lors, il suffit d’al­ler dans le Panneau de Confi­gu­ra­tion de Windows, de double cliquer sur 'Sons et Péri­phé­riques Audio’ et de se rendre sur l’on­glet 'Audio’ pour le décla­rer comme source d’en­re­gis­tre­ment et accé­der au réglage de son volume. Rustique mais enfan­tin !

En consul­tant la notice, on remarque toute­fois que Samson évoque un logi­ciel pour para­mé­trer le micro. Télé­char­geable depuis le site du construc­teur, ce dernier n’est hélas pas dispo­nible pour Windows à l’heure où ces lignes sont écrites.

Rien de grave toute­fois puisque le micro demeure parfai­te­ment utili­sable sans ce logi­ciel, qui, si j’en crois les screen­shots de la version Mac, consiste en un slider de gain, un bouton permet­tant d’in­ver­ser la phase et un filtre coupe-bas (logi­ciel). Pour régler le volume du micro, on passera donc pour l’heure par l’in­ter­face Window­sienne d’une part, et par l’ap­pli­ca­tion audio qu’on utilise pour l’en­re­gis­tre­ment de l’autre.

 

Comment ça sonne ?

S’il n’est pas un foudre de guerre, le C01U ne démé­rite pas en regard de son prix. Compre­nez par là qu’il offre nette­ment plus de détail dans les aigus qu’un Shure SM58 (même en dévis­sant la boule de ce dernier)… mais aussi plus de souffle, ce qui n’a rien d’éton­nant.

Offrant une défi­ni­tion suffi­sante pour prendre l’avan­tage sur un dyna­mique lorsqu’il s’agit d’en­re­gis­trer une guitare acous­tique ou une voix, il sait aussi ne pas être trop sensible, de sorte qu’à 3 mètres du portable sur lequel je l’ai testé, il ne captait pas le ronron inter­mit­tent de l’en­gin. Bon point donc, et je vous laisse juge de la qualité obte­nue avec l’en­re­gis­tre­ment ci-dessous.

A-u-d-i-o-F-a-n-z-i-n-e (5,5 Mo)

Notez que guitare et voix ont été prises ensemble avec Sound­Forge, le C01U étant orienté vers le milieu du manche d’une Garri­son G20. Notez aussi que la rédac­tion décline toute respon­sa­bi­lité concer­nant la facture artis­tique de l’ex­trait ici proposé.

Les feuilles mortes (905 Ko)

Les guitares ont été prises en over­dub, avec le micro à 50 cm envi­ron. Aucun EQ ni aucun mixage n’a ensuite été effec­tué. Merci à Chris Berton pour cet extrait.

D’autres parts, il est bon de noter que le C01U n’est pas des plus tolé­rants en terme de niveau sonore : s’il s’en sort très bien dans le registre tranquille, une prise de voix un peu trop pêchue aura vite fait de le faire satu­rer…

Termi­nons enfin avec le plus gros point noir du C01U : côté moni­to­ring, vous êtes dépen­dant de la latence de l’in­ter­face audio de votre ordi­na­teur, mais surtout de son apti­tude et de celle de l’ap­pli­ca­tion utili­sée à gérer le Samson C01U en entrée, en vous assu­rant un moni­to­ring au casque digne de ce nom. La chose est en effet problé­ma­tique lorsqu’on consi­dère que le C01U ne dispose pas de drivers ASIO… Bref, pour bosser à l’aveugle sous Sound Forge façon magnéto, pas de problème ! Pour l’uti­li­ser dans le contexte d’un Cubase, c’est une autre paire de manches puisque sous SX 2, il m’a fallu repas­ser par les Drivers MME et enre­gis­trer sans aucun retour… Du coup, on le sent bien : le C01U est inté­res­sant dans le contexte d’une inter­face audio géné­rique, comme celle d’un laptop, mais si vous dispo­sez déjà d’une véri­table inter­face audio, faite pour la musique, vous risquez de vous arra­cher les cheu­veux…

 

Conclu­sion

Le C01U : premier micro USB à condensateur de Samson

Rela­ti­ve­ment cohé­rent du point de vue audio par rapport à son posi­tion­ne­ment d’en­trée de gamme, le C01U est une tenta­tive inté­res­sante qui devrait permettre aux débu­tants de se doter d’un petit statique pour pas cher.

A ce prix, son concept tout-en-un est en outre des plus sédui­sants pour le musi­cien nomade qui veut jeter des idées vite fait bien fait dans une chambre d’hô­tel, façon bloc-note. A ce petit jeu, le gaillard est en effet bien plus perfor­mant que la combi­nai­son 'micro dyna­mique / chip­set audio géné­rique’ pour enre­gis­trer un morceau guitare / voix, tout en évitant de se trim­bal­ler une inter­face audio externe préam­pli­fiée. On regret­tera toute­fois que Samson n’ait pas plus pensé son produit en fonc­tion des musi­ciens : sans drivers ASIO et sans gestion hard­ware du moni­to­ring, il faut se conten­ter d’en­re­gis­trer ses prises en aveugle et c’est bien dommage.

D’ailleurs, on aurait aimé que Samson assume plus encore cette voca­tion nomade en four­nis­sant, quitte à dépen­ser quelques euros de plus, un étui plus rigide et un petit support de micro pliable. Pour la prochaine fois peut-être…

Notre avis : 7/10

  • Le prix.
  • La simplicité d'installation.
  • Un son qui n'a rien de scandaleux en regard du prix.
  • Un bon outil pour jeter les bases d'un morceau en ballade.
  • Pas d'atténuateur.
  • Ca sature vite...
  • Housse qui ne protège en rien le micro.
  • Pas de gestion du monitoring ni de drivers ASIO, ce qui limite forcément la pertinence du micro...
  • dijiroro8791 1 post au compteur
    dijiroro8791
    Nouvel·le AFfilié·e
    Posté le 14/03/2013 à 18:51:38
    Pour ma part mon micro n'a jamais été reconnu sous Windows 7(détecté oui)Essayé sous 5 PC différents... je ne suis pas amateur en informatique mais rien n'y fait je ne peux pas l'utiliser ailleurs que sous XP.

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