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Test de Skybox Hammers + Waves - Si j’avais des marteaux

9/10

Navigant entre Noire, Colors d’un côté et Keyscape de l’autre, Hammers + Waves entend bien dès son premier produit se faire une place sur le marché du piano virtuel pas comme les autres. Avec de solides arguments, le bougre…

Rien qu’entre Synthogy, Galaxy et Piano­teq, sans parler des myriades d’ac­teurs qui sont sur ce marché, inutile de dire que les pianos virtuels ne manquent pas. Si certains recher­che­ront toujours le modèle rare qui n’a pas encore été samplé ou modé­lisé, d’autres tentent d’em­me­ner l’ins­tru­ment ailleurs, soit en samplant des pianos hors normes ou prépa­rés (NI The Giant, Una Corda), soit en combi­nant les samples à un moteur de synthèse ouvrant bien des hori­zons. C’est ainsi que, dans le sillage de Noire ou Colors de Native Instru­ments, la toute jeune société Skybox propose Hammers + Waves, une collec­tion de claviers à marteaux dotée de possi­bi­li­tés de trai­te­ments et de synthèse. Et vu le profil des gens de Skybox, il y a tout lieu de les prendre sérieux puisque les trois asso­ciés jouissent d’une certaine expé­rience dans l’in­dus­trie musi­cale, que ce soit comme compo­si­teurs, scrip­teur Kontakt ou ingé­nieur du son. Dana Niel­sen, qui s’est occupé de l’en­re­gis­tre­ment, a notam­ment travaillé avec Metal­lica, Rihanna, Bob Dylan, Adele, Neil Diamond, Slayer et Weezer, tandis qu’Az­rul Saleh a travaillé pour Reali­tone. Bref, de quoi nous faire lever un sour­cil et instal­ler les 53 Go de samples sur notre disque dur pour voir de quoi il retour­ne… Préci­sons d’em­blée qu’il s’agit d’une banque pour Kontakt Player : inutile de possé­der la version complète de Native Instru­ments pour utili­ser cette dernière. À ce prix-là, rien de plus normal…

Et de 10 !

Hammers + Waves propose donc à la base dix claviers à marteaux : Modern Grand et Obscura Grand, samplés à partir d’un C6 de Yamaha, UX Upright, un UX3 de Yamaha, Suit­case 73, un Fender Rhodes, EP200A, un Wurlit­zer 200A, Relic Upright et Muted Relic, réalisé à partir d’un Schaff Bros, Dulci­tone, J Celeste, enre­gis­tré à partir d’un Jenco Celeste, et J Toy Piano, enre­gis­tré à partir d’un Vintage Jaymar Toy Piano. Même s’il n’at­teint pas l’ex­shaus­ti­vité d’un Spec­tra­so­nic Keys­cape, le panel est assez varié en termes de sono­ri­tés et répond bien au cahier des charges : pas de clave­cin vu que la corde y est pincée, pas d’orgue, pas d’ins­tru­ment à mailloches, juste des instru­ments à marteaux. Tout juste regret­tera-t-on l’om­ni­pré­sence de Yamaha quand ni Stein­way ni Bosen­dor­fer ne sont de la partie par exem­ple… Cette réserve mise à part, on n’aura aucune réserve concer­nant le travail de sampling qui a été fait : en utili­sant un robot qui frappe chaque touche avec une préci­sion chirur­gi­cale et tout ce qu’il faut de scripts de qualité, Skybox est parvenu à propo­ser une recréa­tion parfai­te­ment convain­cante des instru­ments, même si les 16 niveaux de vélo­cité n’at­teignent pas les 24 niveaux d’un Synthogy, tandis qu’il n’est pas ques­tion ici non plus de propo­ser de multiples états de pédale. Si les pianos Skybox ne devien­dront donc pas la nouvelle réfé­rence du sampling 1:1 en la matière, ils ont toute­fois bien d’autres choses à propo­ser.

Le piano à la sour­ce…

sourceChaque instru­ment se voit doté de la même jolie inter­face blanche avec cinq potards au bas pour acti­ver les modules d’ef­fets, trai­te­ments et anima­tions. Mod permet sans surprise de doser les modu­la­tion de volume, pano­ra­mique ou pitch, Space permet de doser la réverb et le delay global, mais c’est avec les trois potards du centre qu’on accède aux choses les plus inté­res­santes : Source défi­nit le niveau du piano de base, tandis que Swarm et Frac­tals corres­pondent respec­ti­ve­ment à un trai­te­ment granu­laire de l’ins­tru­ment et à une version arpé­giée de ce dernier. Un clic sur l’un de ces noms permet ensuite d’ac­cé­der aux réglages avan­cés, l’oc­ca­sion de se rendre compte que sous l’ap­pa­rente simpli­cité de l’écran d’ac­cueil se cachent une multi­tude de possi­bi­li­tés…

Source vous permet donc de para­mé­trer la version de base du piano, qu’il s’agisse de la réponse à la vélo­cité de ce dernier ou du dosage des diffé­rents éléments contri­buant à son réalisme : relâ­che­ment, réso­nances sympa­thiques, marteaux, étouf­foirs, etc. En vis-à-vis de tout cela, on peut aussi accé­der à des para­mètres rassem­blés sous le nom « hyper-realism » et qui sont bien plutôt des façons de person­na­li­ser l’ins­tru­ment en rajou­tant des infra-graves comme sur Noire, des bruits avant la frappe du marteau ou en super­po­sant un son à l’at­taque de la note : on est déjà là clai­re­ment plus dans le sound design, sachant qu’on peut ajou­ter un layer diffé­rent pour Source et pour Frac­tal. Dans le même ordre d’idée, on peut aussi rajou­ter un bruit perma­nent de type vinyle qui craque ou vieux magnéto à bande… Enfin, on pourra gérer le dosage entre capta­tion proche ou loin­taine pour les claviers acous­tiques et entre ampli et DI pour les élec­triques, trans­po­ser le piano, jouer sur sa couleur en prononçant ou atté­nuant sa brillance. Bref, il y a de quoi faire rien que sur Source, alors que nous attendent deux autres moteurs.

De l’arme Frac­tal au Swarm Fatal

fractalsUn clic sur le nom de Frac­tal et nous voici face au super arpé­gia­teur qui, à partir des mêmes samples, va géné­rer des motifs rela­ti­ve­ment complexes. Préci­sons-le, cet outil ne vient pas pilo­ter Source mais agir en paral­lèle, ce qui peut expliquer la rela­tive gour­man­dise de l’ins­tru­ment en terme de RAM ou d’ac­cès disque : on a vite fait de se retrou­ver avec 90 notes jouant en même temps ! S’il n’y a pas grand chose à dire sur l’ar­pé­gia­teur en lui-même qui dispose de tout l’at­ti­rail de fonc­tions clas­siques (dont un certain nombre de presets prêts à l’em­ploi), on s’in­té­res­sera plus au panneau Anima­tion qui en liai­son avec un pad X/Y permet d’au­to­ma­ti­ser simple­ment des para­mètres sonores : on pourra ainsi obte­nir des varia­tions plus ou moins sombres ou brillantes des sons géné­rés, et déter­mi­ner la vitesse à laquelle travaille l’Ani­ma­tion et qui n’est pas forcé­ment corré­lée à la vitesse de l’ar­pé­gia­teur.

swarmCette même section d’Ani­ma­tion se retrouve d’ailleurs dans Swarm, le module de synthèse granu­laire permet­tant des géné­rer des textures à partir du même jeu de sample une fois de plus : taille du grain, zone de sélec­tion des grains, enve­loppe, on est face à un petit synthé granu­laire de base qui va enri­chir de traî­nées plus ou moins enva­his­sante et brillantes le piano Source.

Rien qu’avec tout cela, il y a déjà énor­mé­ment à faire, vous en convien­drez, surtout qu’on dispose de dix modèles de claviers diffé­rents… Sauf que nous n’avons pas encore évoqué le fait que chacun des trois modules, Source, Frac­tal et Swarm dispose de sa propre section d’ef­fets permet­tant d’in­sé­rer jusqu’à quatre effets à choi­sir parmi une douzaine. Et que pour chaque module, vous pour­rez doser l’en­voi vers la section d’ef­fet Master où vous attendent un delay très complet et une réverb à convo­lu­tion blin­dée de réponses impul­sion­nelles. Et je ne vous ai pas parlé de la section Mod qui permet de faire des varia­tions de volume, de pano­ra­mique ou de pitch avec la possi­bi­lité de doser leur impact sur chacun des trois moteurs… Bref, une belle bouche­rie au final, mais qui permet mira­cu­leu­se­ment de faire des choses toujours très musi­cales.

  • mod
  • space
  • fxsection

Musi­cal after all

On le sent en effet, tout l’équi­libre de Hammers + Waves tient dans le fait qu’on dispose d’une archi­tec­ture assez complexe sans pour autant dispo­ser de trop de réglages. Ce sont des choses que l’on pourra regret­ter parfois, notam­ment concer­nant les effets en insert qui se limitent souvent à un unique contrôle, mais cela permet à l’ins­tru­ment d’être complexe sans tour­ner à l’usine à gaz et de ne pas s ‘éga­rer dans quelque chose de trop brui­tiste.

On peut donc obte­nir des choses assez sophis­tiquées, ce qui ravira certains sound desi­gners ou compo­si­teurs de son à l’image, mais dans les faits, ce qui nous est proposé permet­tra souvent d’en­ri­chir discrè­te­ment mais sûre­ment une partie de clavier un peu terne. Les musi­ciens de base ne sont donc pas délais­sés, d’au­tant qu’on dispose de tout ce qu’il faut pour assi­gner des contrôles physiques à toutes les prin­ci­pales fonc­tions, rendant l’ins­tru­ment jouable en live… pour peu que vous ayez une bonne machine ! Le seul vrai problème au fond demeure en effet la gour­man­dise de la bête avec son triple moteur solli­ci­tant des centaines de samples à la seconde. Même sur un gros Macbook Pro avec SSD et de la RAM, ça pique parfois…

PRESETSLe plai­sir est toute­fois à ce prix. Il suffit pour s’en convaincre de jouer avec les dizaines de presets propre­ment tagués qui vous attendent dans un navi­ga­teur multi­cri­tère. Il y a en vrai­ment pour tous les goûts et de bon goût, d’au­tant que l’in­ter­face n’est pas sans rappe­ler ici celle des produits Output, une réfé­rence en la matiè­re… C’est d’ailleurs peut-être comme cela qu’on pour­rait résu­mer Hammer + Waves d’ailleurs, comme le fils caché de Spec­tra­so­nics et Output.

Conclu­sion

Hammers + Waves n’est sans doute pas parfait mais il n’en est pas moins excellent car son panel varié d’ins­tru­ments parfai­te­ment samplés le rend à la fois plus poly­va­lent qu’un Noire ou qu’un Colors qui se cantonnent aux pianos acous­tiques, tandis qu’il offre des possi­bi­li­tés qu’un Keys­cape ne saurait offrir que dans le contexte d’Om­ni­sphe­re… Compte tenu de tout cela, il trouve parfai­te­ment sa place sur le marché avec un prix rela­ti­ve­ment bien étudié même si certains seraient ravis de pouvoir acqué­rir les pianos sépa­ré­ment pour ne pas avoir à débour­ser autant en un coup. Skysoft a frappé fort en tout cas, et pour­rait bien être l’Out­put de l’ins­tru­ment réaliste qu’on atten­dait depuis long­temps. Affaire à suivre de très près donc…

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Notre avis : 9/10

  • Une collection polyvalente
  • Sampling chirurgical
  • Interface très bien pensée
  • Beaucoup de possibilités accessibles simplement
  • Séquenceur et moteur granulaire performants
  • Le son
  • Compatibilité NKS
  • Prix cohérent
  • Utilisable pour le son à l’image, le sound design ou la musique
  • Choix des instruments discutables (ni Steinway, ni Bosendorfer et beaucoup de Yamaha)
  • Seulement deux préparations plutôt sages pour les pianos
  • Réglages des effets trop sommaires
  • Filtres non résonnant
  • Pas de possibilité d’acheter les pianos séparément
  • Ça bouffe en ressources !
  • sfx 640 posts au compteur
    sfx
    Posteur·euse AFfolé·e
    Posté le 01/10/2021 à 15:43:21
    C'est "Noire" de Native Instruments. Pas Noir.

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