Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
FR
EN
Test écrit
63 réactions

Test du XLN Audio Addictive Keys - Keys via piano, va sano

Rédigé par un humain

Surgissant là où on ne l’attendait pas, XLN Audio présente Addictive Keys, regroupant trois pianos, deux acoustiques et un électro-mécanique. Sur un marché déjà bien fourni, quels sont les avantages (et défauts ?) de ce nouvel instrument virtuel ?

Qu’est-ce qui peut bien parfois pous­ser certains déve­lop­pe­ments de logi­ciels, de plug-ins ou d’ins­tru­ments virtuels, autre que l’idée de faire mieux, diffé­rent, moins cher, égal, plus simple, ou n’im­porte quel mélange de ces propo­si­tions ? On peut douter en effet d‘un ques­tion­ne­ment allant vers du moins bon, ou du moins utile, car il ne faut pas l’ou­blier, tout ce travail de déve­lop­pe­ment est censé nous faci­li­ter la tâche. XLN Audio a ainsi décidé de se frot­ter aux nombreux instru­ments virtuels propo­sant des pianos acous­tiques et élec­tro-méca­nique, dont certains sont déjà des réfé­rences incon­tour­nables, de Piano­teq à Ivory II en passant par les Acous­tic­sampleS, les ex-Tone­ham­mer ou Imper­fect Samples (liste non exhaus­tive). Et ce sans craindre l’ombre écra­sante de ses prédé­ces­seurs ; il faut dire que c’est une habi­tude chez l’édi­teur, puisque son premier produit (Addic­tive Keys n’est que son deuxième instru­ment) n’a pas hésité à se glis­ser entre les deux masto­dontes du genre que sont BFD2 et Super­ior Drum­mer 2, en tirant plus qu’ha­bi­le­ment son épingle du jeu, par un concept perti­nent et une sono­rité bien parti­cu­lière, que l’on peut quasi­ment immé­dia­te­ment iden­ti­fier. C’est donc un piano à queue (un Stein­way D), un piano droit (un Yamaha U3) et un piano élec­tro-méca­nique (Fender Rhodes Mk I) qui se retrouvent au cœur d’Ad­dic­tive Keys.

Intro­du­cing XLN Audio Addic­tive Keys

XLN Audio Addictive Keys

Le logi­ciel, compa­tible Mac et PC, est fourni sous forme d’ap­pli­ca­tion auto­nome et de plug-ins VST, AU et RTAS, 32 et 64 bits. On l’achè­tera direc­te­ment sur le site de l’édi­teur, puis­qu’il est dispo­nible unique­ment en télé­char­ge­ment. On utili­sera pour ce faire le gestion­naire XLN Online Instal­ler, qui gèrera les mises à jour de tous les logi­ciels et banques de sons de l’édi­teur. Première chose à savoir : on peut télé­char­ger une version gratuite de l’ins­tru­ment, le Studio Grand Free, le moteur Addic­tive Keys étant fourni gratui­te­ment. Cette version d’éva­lua­tion n’offre que quelques-unes des prises micro (on déve­lop­pera plus loin), et seule­ment quatre octaves. On pourra upgra­der plus tard vers la version complète du piano à queue ou vers la Studio Collec­tion.

Machine de test

MacPro Xeon 3,2 GHz 
OS 10.6.8 
Logic Pro 9.1.7 
XLN Addic­tive Keys 1.0.1

En effet, les instru­ments sont dispo­nibles sépa­ré­ment (actuel­le­ment 49 € pour le Studio Grand, 79 € pour le Mark One, et 99 € pour le Modern Upright, 179 € pour la Studio Collec­tion). La biblio­thèque complète, une fois instal­lée, pèse un peu plus de 3,5 Go, ce qui est peu, en compa­rai­son avec les ténors du genre (29 Go pour le Stein­way et plus de 25 Go pour le Modern Upright de Synthogy, ou 1,4 Go pour le Mark I de Scar­bee, pour se faire une idée). Mais rappe­lons que le propre concep­teur de Ivory, Joe Ierardi, avait réussi un piano excep­tion­nel pour les Kurz­weil avec la RMB-P2/Stereo Piano Rom et ses 4 Mo (!) d’échan­tillons… Un petit coup d’œil à la fenêtre About nous permet de retrou­ver un certain nombre de noms connus, outre les déve­lop­peurs maison, comme ceux d’Arne Wallan­der, Magnus Lidström, PSP Audio­ware, Sample­tekk, etc., chacun à son poste de prédi­lec­tion.

Concep­tion

XLN Audio Addictive Keys

Dès l’ou­ver­ture, on se retrouve en terrain connu, l’in­ter­face est de la même famille que celle d’Ad­dic­tive Drums : une barre supé­rieure d’ac­cès aux fonc­tions diffé­rentes fenêtres, aux présets et aux réglages audio et Midi, la partie infé­rieure étant dévo­lue aux repré­sen­ta­tions graphiques des instru­ments et fonc­tions. Tout d’abord, on dispose d’une vue globale, Gallery, avec expli­ca­tions concer­nant l’ins­tru­ment affi­ché. Plus inté­res­sant, Explore affiche ce que l’édi­teur appelle des Explo­re­Maps, trois fenêtres présen­tant l’ins­tru­ment de diffé­rentes façons, avec une sélec­tion de plusieurs présets, issus de l’en­semble acces­sible via le menu Preset Brow­ser. Pratique, un petit bouton Preview permet d’en­tendre le piano affi­ché suivant le préset choisi. La fenêtre repré­sen­tée par une roue dentée donne accès aux réglages d’ac­cord note à note, à la courbe globale de réponse à la vélo­cité, aux para­mètres de Pitch Bend, de tempé­ra­ment, de modu­la­tion, etc., le tout pouvant être sauve­gardé et rappelé à loisir.

Du micro à gogo

L’édi­teur a convo­qué à l’en­re­gis­tre­ment les grands moyens, avec notam­ment une pano­plie de micros qui ne peut que lais­ser rêveur. Ainsi, pour le Studio Grand on dispose de prises de son effec­tuées avec des micros à ruban (une paire de Coles 4038 et RCA 6203) et à lampes (une paire de Neumann M250, deux paires de M269 et un Sela T25, micro suédois utili­sant une capsule K47). Pour le Modern Upright, on rajoute des Neumann stéréo SM69, U47 et une paire de PZM Senn­hei­ser MKE212. Et pour finir, le Mark I a lui été repris via une Avalon U5, une Roland Dimen­sion D, puis ampli­fié via un Music­Man 112 RD Fifty 1X12 et plusieurs des micros déjà utili­sés (SM69, 4038, U47, les PZM) plus un Shure SM57 et un Tele­fun­ken U47.

La page la plus inté­res­sante est bien entendu la page Edit. C’est là que l’on réglera tous les effets, les enve­loppes, la sélec­tion et le mixage des diffé­rentes prises de son dispo­nibles pour chaque instru­ment : sept pour le Mark I et le Modern Upright, et six pour le Studio Grand. C’est l’une des premières grandes diffé­rences avec la concur­rence, aucun des autres instru­ments virtuels dédiés au piano n’of­frant une telle profu­sion de micros et de prises (voir enca­dré). En revanche, on ne dispose d’au­cune infor­ma­tion concer­nant le nombre d’échan­tillons, de layers, etc. Il va falloir cher­cher…

L’or­ga­ni­sa­tion de la fenêtre reprend les mêmes prin­cipes d’un instru­ment à l’autre (et celui d’Ad­dic­tive Drums) : trois bandes, la première regrou­pant les réglages de pédale et ceux d’en­ve­loppe (Pitch, Filter et Volume, communes à toutes les prises), la deuxième un Chan­nel Strip amélioré avec choix du micro, d’un Noise (on y revien­dra), d’un EQ et deux effets entou­rant ce dernier, à choi­sir entre Chorus, Phaser, Tremolo et un ensemble compres­sion et satu­ra­tion. La dernière bande est celle du mixage, avec Mute, Solo, départs effet 1 et 2 (deux ensembles indé­pen­dants Delay et Reverb, nommés Delerb, plus EQ), avec trois voix maxi­mum à choi­sir parmi toutes les prises de son, les deux retours Delerb et le Master. Chaque tranche de mixage dispose bien entendu de son propre Chan­nel Strip, à l’ex­cep­tion des FX1 et 2.

Du son

Commen­çons par le petit test de vélo­cité sur chacun des instru­ments, de 0 à 127 (vélo­cité faisant entendre un accord pour repé­rer le point de bascule), en commen­çant par le Studio Grand, suivi du Modern Upright et du Mark I. Le préset choisi est le plus neutre possible, sans effet ni réverbe.

00:0000:00
XLN Audio Addictive Keys

Je pensais entendre clai­re­ment la présence d’échan­tillons de Round Robin, mais après discus­sion avec le Content Mana­ger de XLN Audio, c’est une tout autre tech­no­lo­gie qui est inté­grée (Sample Shift), modi­fiant subti­le­ment chaque sample à coup de filtres et de pitch (et peut-être d’uti­li­sa­tion d’un échan­tillon un demi-ton au-dessus, en-dessous, trans­posé en temps réel, mais l’édi­teur ne répond pas préci­sé­ment à la ques­tion). Même si je n’ai pas eu de retour sur ce point, mes mesures indiquent un cycle de trois modi­fi­ca­tions. La détec­tion des Layers est un peu plus diffi­cile, l’édi­teur s’étant appa­rem­ment concen­tré sur les valeurs les plus élevées. Il me semblait entendre entre huit et douze layers, même si l’on ne peut préju­ger de l’ac­tion d’un cross­fade (si c’est le cas, les sauts restent quand même audibles sur certains layers) ou d’un filtre non acces­sible à l’uti­li­sa­teur. Mais l’édi­teur m’a indi­qué le chiffre de douze layers par instru­ment. Leur répar­ti­tion est diffé­rente selon les pianos, ainsi pour le Mark I, les layers sont prin­ci­pa­le­ment dans les valeurs hautes, avec une plage assez resser­rée.

Passons ensuite aux diffé­rents morceaux habi­tuel­le­ment utili­sés pour les tests de pianos (ce qui vous permet­tra d’ef­fec­tuer des compa­rai­sons d’un logi­ciel à l’autre). Dans tous les exemples suivants, on n’uti­lise ni compres­sion ni EQ. D’abord la ballade de Rimsky-Korsa­kov, les deux impros habi­tuelles et le boogie, sur les deux acous­tiques.

02 Romance
00:0000:58
  • 02 Romance 00:58
  • 03 Impro1 01:09
  • 04 Boogie 01:38
  • 05 Impro2 02:40
XLN Audio Addictive Keys

Premier constat, il faut prendre soin, dès l’uti­li­sa­tion de plusieurs prises de son, de resser­rer la largeur stéréo, sous peine de se retrou­ver avec des passages hors phase qui pour­ront poser problème. Heureu­se­ment, le logi­ciel offre ce réglage par voix (conseillé) ou sur le Master, via un clic-glissé vers le haut dans le champ Pan. Deuxième constat, sans que l’on ait utilisé d’EQ ou de compres­sion, la diver­sité sonore est évidente, et obte­nue simple­ment, en utili­sant l’un ou l’autre mélange des prises de son. Écou­tons ensuite plusieurs réglages de la pédale de sustain, jouant sur le bruit de la pédale elle-même, ou sur le rapport entre réso­nance sympa­thique (Body) et réso­nance de toutes les autres cordes (Noise).

00:0000:00

Ensuite, passons au Mark I, d’abord avec quelques programmes plutôt softs.

00:0000:00

Puis avec des programmes utili­sant les diffé­rents effets, compres­sion, satu­ra­tion (avec un compor­te­ment assez inté­res­sant en fonc­tion de la vélo­cité), etc., voir un jeu avec du pitch bend et la molette de modu­la­tion.

00:0000:00
XLN Audio Addictive Keys

Parlons des effets, juste­ment. Si l’EQ, le compres­seur allié à la distor­sion seront fami­liers aux utili­sa­teurs d’Ad­dic­tive Drums (pour les non-utili­sa­teurs, un para­mé­trique trois bandes, un excellent compres­seur et une satu­ra­tion dont les diffé­rents types sont Crunch, Zap, Iron Tran­for­mer et Tube Pair), Noise, Phaser, Chorus et Tremolo sont nouveaux (ainsi que les Delerb). Noise propose de rajou­ter des bruits de fond ou arte­facts typiques de certains compo­sants et bandes, avec réglages de volume et de temps de chute (de 0 à 2000 secondes !). Voici sur un accord tenu les diffé­rents types propo­sés : TubeU47 & Tape, J8 White Noise, DC Noise & Hum, Muff Stomp, Vinyl, Tape 7.5 et 15 ips.

00:0000:00
XLN Audio Addictive Keys

Pour­quoi rajou­ter du bruit, me direz-vous ? Eh bien, si le vinyle, par exemple, est le bien­venu, Muff Stomp peut rajou­ter un effet sympa sur la satu­ra­tion, rappe­lant aux anciens (et pas seule­ment) la légen­daire non-discré­tion d’une pédale dont le nom commence par Big et finit par Muff, et autres sortes de salis­sures sonores (atten­tion à ne pas abuser, quand même). Ce dont on peut abuser en revanche, ce sont des Phaser, Tremolo et Chorus qui sont d’ex­cel­lente qualité, et riches en para­mètres, dont les indis­pen­sables Synchro permet­tant de caler parfai­te­ment l’ef­fet au tempo, ou la possi­bi­lité de mélan­ger Tremolo à la fois sur le volume et le Pan. Sans comp­ter toutes les combi­nai­sons possibles au sein des trois prises dispo­nibles : ainsi on peut mettre un chorus sur l’une, une distor­sion sur l’autre et un trémolo sur la dernière, les possi­bi­li­tés sont assez énormes.

00:0000:00

Bilan

Fidèle à son concept de base, XLN Audio nous propose une véri­table boîte à outils autour des trois claviers. Si la défi­ni­tion est un peu moins bonne que celle de la concur­rence (enfin, ça dépend de quels concur­rents on parle, par exemple Addic­tive Keys éclipse tota­le­ment les Native), les possi­bi­li­tés offertes sont sans commune mesure (les diffé­rentes prises de son) et le but n’est pas telle­ment de four­nir un instru­ment qui donne la sensa­tion de jouer sur un vrai, comme d’un véri­table instru­ment soliste, mais plutôt de donner au musi­cien/produc­teur le son d’un piano enre­gis­tré et couché sur bande/audio­nu­mé­rique, avec toutes les options sonores envi­sa­geables à l’in­té­rieur du logi­ciel. De ce point de vue, c’est tota­le­ment réussi.

Prenons juste un petit détail comme le Memo : vous jouez sur le Stan­da­lone, l’ins­pi­ra­tion est là, pas le temps ni l’en­vie de lancer la DAW ? Hop, un clic sur le bouton Mémo, ce que vous jouez est enre­gis­tré et sauve­gardé, classé, trié. Ne reste plus qu’à faire un glissé-déposé du fichier Midi corres­pon­dant dans sa DAW préfé­rée…

XLN Audio Addictive Keys

Quelques points faibles, bien sûr, surtout concer­nant le Mark I, dont l’at­taque n’est pas la carac­té­ris­tique première, parfois un peu (trop) mou, même si sa sono­rité globale est plutôt réus­sie. Il est souvent diffi­cile de le faire sortir d’un mix, sauf à (ab)user d’EQ et de compres­sion (en lais­sant passer les attaques d’une prise Close, et en compres­sant le reste, puis en récu­pé­rant le corps via une autre prise) ; l’ajout d’un effet jouant sur la phase lui enlè­vera encore plus de défi­ni­tion et d’at­taque, donc il faudra doser ce dernier avec précau­tion. On le réser­vera alors pour les ballades et mid-tempos, plutôt que pour les solos enle­vés ou les ryth­miques très funky.

Le problème se pose moins sur les acous­tiques, dont l’at­taque leur permet de passer au-dessus (juste ce qu’il faut, bien entendu) d’un mix sans problème. Concer­nant ces derniers, on repro­chera à la réso­nance sympa­thique de n’être pas aussi réaliste ou sophis­ti­quée que celle de ses concur­rents, et parfois des passages d’un layer à l’autre un peu secs. Et puis, pour arri­ver à un poids aussi « léger », il a fallu faire des compro­mis, malgré la douzaine de layers. C’est donc au niveau de la durée que les choix ont été effec­tués, les plus longs échan­tillons ne dépas­sant pas la ving­taine de secondes (sur Ivory II, par exemple, une même note C2 durera plus d’une minu­te…). Bien sûr, vingt secondes peuvent sembler ample­ment suffi­santes, mais si l’on a besoin de plus, on aura alors droit à une chute peu natu­relle du son.

Comme tout nouvel instru­ment, il faut s’ha­bi­tuer au toucher, à la réponse en vélo­cité (surtout vu la poli­tique de l’édi­teur d’avoir concen­tré les layers dans les hautes vélo­ci­tés). Mais une fois Addic­tive Keys dans les doigts, on y revient très souvent au moment de jouer un piano, sa rapi­dité de char­ge­ment, de chan­ge­ments de présets, de gestion des effets étant de véri­tables atouts. L’édi­teur a appa­rem­ment prévu d’autres instru­ments, on les accueillera avec plai­sir. Une solu­tion en tout cas idéale pour un portable, puisque complète et prenant très peu d’es­pace disque sans sacri­fier au son et aux possi­bi­li­tés sonores. Bien joué, XLN Audio.

Télé­char­gez les fichiers sonores.

Points forts

  • Concept maîtrisé
  • Qualité des pianos
  • Caractère sonore des prises
  • Jusqu’à sept prises différentes
  • Qualité de la programmation et du mapping
  • Trois prises simultanées
  • Très bons effets d’inserts et de Bus
  • Nombreux présets de qualité
  • Nombreuses possibilités de sound design
  • Prix plus que raisonnable
  • Bon compromis poids/durée
  • Memo sur le standalone
  • Gestion des Memos
  • Possibilité d’achat individuel des instruments

Points faibles

  • Mark I en retrait
  • Mollesse de l’attaque du Mark I
  • Résonance sympathique en-dessous des standards actuels
  • Chute manquant de naturel sur notes (très) longues
Sauvegarder l’article

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre