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Apple Logic Pro 8
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Test Apple Logic Pro 8

Séquenceur généraliste de la marque Apple appartenant à la série Logic

test
La logique du tout-en-un

Tandis que certains éditeurs de séquenceurs revoient leurs tarifs à la hausse (suivez mon regard), Apple prend le contrepied et propose désormais Logic sous la barre des 500 €. Faudrait-il être fou pour dépenser plus ?

Tandis que certains éditeurs de séquen­ceurs revoient leurs tarifs à la hausse (suivez mon regard), Apple prend le contre­pied et propose désor­mais Logic sous la barre des 500 €. Faudrait-il être fou pour dépen­ser plus ?

Dans le monde de l’au­dio­nu­mé­rique, le passage d’un numéro à l’autre implique géné­ra­le­ment une avan­cée substan­tielle du logi­ciel, voire une refonte globale. Quand on y rajoute une période de tran­si­tion assez longue, on est en droit d’at­tendre de sérieux chan­ge­ments, des correc­tions tous azimuts et de nombreuses réponses aux desi­de­rata des utili­sa­teurs. C’est dire que l’ar­ri­vée de Logic 8, trois ans après le lance­ment de la version 7, est sensée combler nombre d’at­tentes.

En termes de contenu, la suite Logic Studio a étonné tout le monde. On compren­dra que l’es­pace dédié à ce test ne suffira pas à tout détailler, et se concen­trera donc sur Logic 8, sans prétendre en faire un tour exhaus­tif, mais plutôt en suivant quelques points forts (et faibles) comme la refonte graphique, l’er­go­no­mie et les nouveau­tés.

Full package

Préci­sons que j’ai pris le parti d’uti­li­ser Logic en anglais, la loca­li­sa­tion prenant parfois des tour­nures ubuesques : sombre/clair pour Low/High, Respi­ra­tion pour Breath Control, Tempo Des Claquettes (Tap Tempo), Images par Clique avec Poids (Frame per Click with Eighths), Appliquer des Bémols (Flat­ten) et autres Bandes de Canaux (Chan­nel Strip). Les réfé­rences aux fonc­tions seront donc celles de la version anglaise. Bref.

La première surprise vient du fait, qu’à l’ins­tar de Final Cut, le logi­ciel est inclus dans une suite sensée répondre à toutes les problé­ma­tiques d’un domaine, ici l’au­dio et ses trai­te­ments, de l’en­re­gis­tre­ment à la gravure. La deuxième est le prix (499 €) qui défie l’en­ten­de­ment…

Pour ce tarif, on a droit à plusieurs appli­ca­tions, une astuce marke­ting, du contenu et des utili­taires. Côté appli­ca­tions, on dispose de Logic Pro 8 et Sound­track Pro 2, en prove­nance de la suite Final Cut, auxquels se rajouttent MainS­tage, soft dédié au live et qui fera rapi­de­ment l’objet d’un dossier tant l’ap­pli­ca­tion est réus­sie. Passé en version 1.5, le logi­ciel Wave­Bur­ner est aussi de la partie tandis que Compres­sor, un puis­sant outil d’en­co­dage pour la gestion avan­cée des formats audio et vidéo. La cerise, c’est Quick­time Pro, qui offre nombre de fonc­tions supplé­men­taires. Mais où est Sound­Di­ver ?

Machine de test

Mac PPC G5 2 × 2 GHz
OS 10.4.10
4 Go de Ram
ATI Radeon 9600 Pro
RME HDSP PCI + Multi­face
MBox2 Mini
2 DD internes SATA et 5 DD externes FW800
TC PoCo PCIm­kII et Fire­Wire
UAD-1

Côté contenu, c’est Byzance avec 39 Go de boucles, samples et autres présets ! On trou­vera des infos détaillées ici. Quant à l’as­tuce marke­ting evoquée plus haut, elle tient dans les Studio Instru­ments et Studio Effects. L’in­ti­tulé et la présen­ta­tion de ces derniers peuvent lais­ser entendre que ce sont des packages sépa­rés, alors qu’il s’agit en fait des plugs instru­ments et audio inclus d’ori­gine depuis la version 7, plus quelques nouveau­tés. Apple joue peut-être sur le fait qu’on les retrouve dans MainS­tage, Sound­track et Wave­Bur­ner…

Outre l’Uti­li­taire de Boucles qui permet de réali­ser ses propres Apple Loops, on dispose aussi d’un logi­ciel pour fabriquer des réponses d’im­pul­sion (du mono au 7.1, 22 formats…) à desti­na­tion de la Space Desi­gner, la réverbe à convo­lu­tion maison. Un MacBook, une carte son multi-entrée, le nombre de micros néces­saire, et hop, par ici les acous­tiques de toutes sortes, ou raccords d’am­biances pour la post-prod. Un clic et l’en­re­gis­tre­ment est décon­vo­lué, un autre et il est trans­formé en fichier et préset Space Desi­gner. Chapeau…

Saluons pour finir la présence de manuels en français (1132 pages, rien que pour Logic). En ces temps où la plupart des éditeurs et impor­ta­teurs se contentent d’un lapi­daire .pdf en anglais sur les disques d’ins­tal­la­tion, c’est appré­ciable.

Logic 8 d'Apple

Refonte graphique

La fenêtre principale à l'ouverture du logiciel

Si l’on a déjà des Jam Packs, on peut les rempla­cer par les versions en .caf (Core Audio Format) qui, à qualité audio presque égale (ils sont enco­dés en Apple Loss­less), occupent moins d’es­pace disque : ainsi, les boucles du Jam Pack Remix Tools pèsent 2,35 Go en .aif et 1 Go en .caf.

Il convien­dra alors d’en­le­ver, outre les Jam Packs, les fichiers Receipts les concer­nant. Ceci si vous n’avez pas effec­tué d’ins­tal­la­tion sur plusieurs disques durs. Auquel cas il faudra avoir recours à un soft comme Paci­fist, pour extraire les diffé­rents fichiers des DVD. Si vous n’avez aucune idée de ce dont je suis en train de parler, ne vous lancez surtout pas dans des instal­la­tions maison, mais suivez la procé­dure normale. Dans le doute, on s’abs­tient… Atten­tion, tous les logi­ciels n’ouvrent pas le format .caf et/ou l’Apple Loss­less. Assu­rez vous donc de la compa­ti­bi­lité des outils avant d’ef­fa­cer de l’AIFF.

Les deux versions de Logic coha­bitent fort bien, et l’on retrouve sans souci ses présets, fichiers et autres réglages. L’im­port de projets LP7 n’ap­pelle quant à lui aucun commen­taire parti­cu­lier. Le premier gros chan­ge­ment concerne en revanche l’af­fi­chage. Logic restait la dernière appli­ca­tion donc le look et les multiples fenêtres déto­nait par rapport aux chartes graphiques et fonc­tion­nelles d’Apple. Logic 8 ressemble donc enfin à une appli maison. Tout ou presque est main­te­nant dispo­nible dans une unique fenêtre : gris foncé sur gris clair, couleurs vives, trans­pa­rences, reflets, c’est très agréable. Les plugs ont aussi béné­fi­cié d’une refonte graphique très réus­sie.

Aux ou Bus ?

Dans les versions précé­dentes coha­bi­taient Aux et Bus, ce qui pouvait prêter à confu­sion. Logic 8 ne garde que les Aux, les Bus étant consi­dé­rés comme le chemin du signal. Entrées ReWire, retour d’ef­fets, tout s’ap­pelle donc Aux, et se voit créé auto­ma­tique­ment (si on ouvre un Send sur une tranche, l’Aux de retour est ajouté au Mixer). Ce qui veut aussi dire que l’on peut enfin récu­pé­rer l’au­dio d’une tranche, et l’en­re­gis­trer en interne, sans bidouillage. Quant aux sorties multiples des instru­ments virtuels, rien de plus simple : on insère l’ins­tru­ment, et aussi­tôt dans la tranche appa­raissent deux boutons + et -, qui ouvrent ou ferment les tranches Aux néces­saires.

La fenêtre prin­ci­pale se divise en 6. En haut, on trouve une barre d’ou­tils que l’on peut person­na­li­ser en rajou­tant ou reti­rant au Set par défaut des accès à des fonc­tions que l’on affiche par icône, texte ou les deux. En bas la barre de trans­port, l’écran de contrôle et quelques commandes, que l’on peut person­na­li­ser. On ne peut masquer ces deux barres, mais les réglages de la barre de trans­port s’ef­fec­tuent par projet.

Le ReWire sous Logic 8

 

Au centre prend place la fenêtre Arrange, qui se scinde en deux (mais seule­ment dans le sens hori­zon­tal, dommage) pour affi­cher tour à tour le Mixer, le Sample Editor, le Piano Roll, le Score et l’Hy­per Editor. Deux moyens d’ap­pe­ler ces sous-fenêtres : par des Tabs situés en bas à gauche ou en double-cliquant sur un des objets-Régions de l’Ar­range : sur un fichier audio, le Sample Editor ; sur un fichier Midi, le Piano Roll ; sur une tranche, le Mixer, etc.

Le ReWire sous Logic 8

Concer­nant ce dernier, un ajout appré­ciable, la possi­bi­lité de choi­sir entre visua­li­ser toutes les tranches dispo­nibles, celles de l’Ar­range ou une seule avec celles qui en dépendent (Aux, sorties, Master). Dans ce dernier cas, c’est un moyen très rapide de véri­fier les réglages et envois d’une piste donnée, sans avoir à scrol­ler d’un bout à l’autre du Mixer.


La navigation a été revue

À gauche de la fenêtre Arrange, l’Ins­pec­tor (que l’on peut cacher) qui affiche deux tranches en perma­nence : piste et Master ou l’un des Aux utili­sés par cette tranche (retour d’ef­fet, sorties multiples). À droite se posi­tionnent les navi­ga­teurs, affi­chés par les boutons Lists ou Media. Chaque navi­ga­teur dispose d’un système d’on­glet : ainsi Lists donne succes­si­ve­ment accès aux événe­ments (Midi, régions…), marqueurs, tempo et signa­ture. Chaque onglet dispose de ses menus dérou­lants avec fonc­tions propres. Enfin, saluons l’ar­ri­vée du regrou­pe­ment intel­li­gent des menus : fini la même fonc­tion répé­tée dans 15 fenêtres diffé­rentes ! Main­te­nant, ce dont on a besoin est sous les doigts, dans la “fenêtre” courante. L’on­glet Event dispose d’un filtre d’af­fi­chage, qui bascule en mode Create (rajout de notes, program changes, meta events, etc.), gain de temps encore.

Pratiques, les Channel Strip Settings de Logic 8

Côté Media, on dispose d’un vrai chutier (Bin), avec visua­li­sa­tion complète des fichiers et de leurs éditions. C’est en donc fini de l’aus­tère Audio Window. Loops est le navi­ga­teur pour les Apple Loops, qui sont norma­le­ment scan­nés à l’ins­tal­la­tion. Sinon un simple glissé-déposé des dossiers sur le navi­ga­teur les inté­grera dans la base de données. Brow­ser est un clas­sique navi­ga­teur permet­tant de cher­cher dans tous les espaces de stockage de l’or­di­na­teur, qui s’ap­puie certai­ne­ment sur Spot­light.

Mais l’on­glet le plus inté­res­sant et le plus réussi est Library. On sait que Logic propose des Chan­nel Strip Settings, c’est-à-dire des réglages de tranche complets, audio, instru­ments, bus et master. C’est là une méthode de travail très rapide, d’au­tant qu’on peut prépa­rer sa propre biblio­thèque de présets et l’ap­pe­ler par Program Change.

Vite, les raccour­cis !

Pour une utili­sa­tion opti­male de Logic, mieux vaut avoir une souris à molette et au moins deux boutons. En effet, et comme dans les autres logi­ciels Apple, le clic droit (à défaut ctrl+­clic) ouvre des menus contex­tuels. Il vaut mieux sacri­fier l’as­si­gna­tion habi­tuelle de la boîte à outils, tant ces menus sont vecteurs de rapi­dité et de simpli­cité.

Il faut aussi maîtri­ser les raccour­cis clavier, dont l’as­si­gna­tion est libre : Logic peut être presque entiè­re­ment piloté par ce biais, et il serait dommage de s’en priver. Si on y ajoute  une surface de contrôle, alors là…

 

Et là, Apple a fait très fort : si l’on sélec­tionne une tranche, un Bus, un Master dans la fenêtre Arrange ou le Mixer, les présets dispo­nibles s’af­fichent dans le navi­ga­teur. Un clic sur l’un, et il se charge à une vitesse hallu­ci­nante. Si l’on regarde la tranche, on verra que le slot Settings a pris le nom du préset et qu’il est entouré d’un halo blanc. Main­te­nant, si l’on clique sur l’un des slots occu­pés (inserts, sends, I/O, etc.), le halo  se posi­tionne dessus. Et le navi­ga­teur affiche aussi­tôt les dossiers/présets du plug chargé dans le slot, que ce soit un instru­ment ou un effet, dont on n’a plus besoin d’af­fi­cher l’in­ter­face !

Il n’est pas diffi­cile d’ima­gi­ner la vitesse de travail induite, d’au­tant que les flèches du clavier permettent de navi­guer dans les dossiers et de char­ger direc­te­ment les présets, tandis que les combi­nai­sons molette et touches clavier remplissent toutes les fonc­tions d’as­cen­seur, de zoom, de dépla­ce­ment. Même si il y a quelques bugs : la combi­nai­son molet­te+alt, par exemple, dézoo­mera toutes les pistes, sauf celles qui sont au zoom maxi­mal (Indi­vi­dual Track Zoom: 50).

Simpli­cité

Rassu­rons tout de suite les incon­di­tion­nels de l’En­vi­ron­ment (dont je suis) : il est encore là, avec toute sa puis­sance. Mais l’ama­teur ou premier utili­sa­teur de Logic n’aura plus à y faire appel. En effet, Apple a gran­de­ment simpli­fié la prise en main du séquen­ceur : d’abord Logic scanne les péri­phé­riques, puis lance diffé­rents assis­tants, dont un qui propose des Templates, projets prépro­gram­més sensés répondre à des besoins aussi variés que le Maste­ring, l’or­ches­tra­tion, la gestion du TDM, l’en­re­gis­tre­ment multi­piste, etc.
Un assistant vous prend en main au démarrage du logiciel

Quand on ouvre un projet vierge, Logic propose en outre une fenêtre à la Pro Tools (New Tracks) : on y spéci­fie le nombre de pistes, leur type (audio, instru­ment, Midi externe), leur format (mono, stéréo), les entrées/sorties (avec incré­men­ta­tion auto­ma­tique ou non), l’ac­ti­va­tion du moni­to­ring direct et l’ar­me­ment de l’en­re­gis­tre­ment (pratique si l’on doit lancer un enre­gis­tre­ment multi­piste rapi­de­ment). Mieux, le fait de glis­ser un fichier audio dans la fenêtre Arrange crée une piste Audio supplé­men­taire. Idem avec un fichier Midi qui crée lui une piste AudioIns­tru­ment, avec le Grand Piano par défaut. Si c’est un Apple Loops, il sera enfin joué comme un fichier audio si on le glisse sur une piste Audio, et il char­gera l’ins­tru­ment Midi corres­pon­dant, si on le glisse sur une piste Instru­ment. Bien évidem­ment, les tranches respec­tives appa­raissent aussi­tôt dans le Mixer.

Deux boutons ‘+’ dans la fenêtre Arrange permettent aussi de rajou­ter des pistes, l’un en appe­lant la fenêtre New Tracks, l’autre en copiant la piste sélec­tion­née dans l’Ar­range. Plus d’objets à créer, plus de câbles à tirer, tout est simpli­fié, ce qui offre un gain de temps consi­dé­rable, même pour l’uti­li­sa­teur confirmé. À l’at­ten­tion de ce dernier, tout reste modi­fiable. On peut très bien réas­si­gner les objets, en créer dans l’en­vi­ron­ne­ment, construire et impor­ter des patches et proto­coles de commande, filtrage MIDI, synthè­se… Rien n’a changé de ce côté-là.

Du côté ergo­no­mie, je dois avouer qu’après avoir douté du passage en mode ‘mono­fe­nê­tre’, j’ai complè­te­ment changé d’avis. Ayant depuis toujours appré­cié les Screen­sets pour la souplesse et la rapi­dité appor­tées, j’avais basé tout mon work­flow sur leur utili­sa­tion. Or, je dois conve­nir que c’est encore plus rapide avec une seule fenê­tre… En fait, la grande réus­site sur ces points de simpli­cité et d’er­go­no­mie est d’avoir proposé cette nouvelle inter­face, tout en gardant la puis­sance de l’en­vi­ron­ne­ment, des Screen­sets, et autres capa­ci­tés de Logic, dispo­nibles si néces­saire, mais plus indis­pen­sables. Regret­tons juste que lesdits Screen­sets ne gardent plus en mémoire les pages de Folders écla­tés : très ennuyeux quand on a l’ha­bi­tude de travailler l’or­ches­tra­tion par pupitre, de réunir les groupes (chœurs, batte­rie), etc.

Full surround

Logic 8 gère le surround mieux que jamais

Les nouveau­tés ne se limitent pas à ce renou­vel­le­ment cosmé­tique et ergo­no­mique. Ainsi, le circuit de l’au­dio est désor­mais réel­le­ment surround d’un bout à l’autre. Send, Bus, plugs, master, auto­ma­tion, Bounce, affi­chage des vumètres : tout a été repensé pour lire et produire de l’au­dio multi­ca­nal, de la quadri­pho­nie au 7.1 (SDDS), avec gravure directe sur DVD-Audio ou export pour conver­sion en AC-3, grâce à Compres­sor. Les plugs ont ainsi été revus pour travailler en Surround, que ce soit en True Surround (Space Desi­gner, Delay Desi­gner…) ou en multi­mono, en propo­sant tous les raffi­ne­ments néces­saires (gestion du LFE, prémix interne, retard, etc.). On dispose ainsi d’un compres­seur et d’ou­tils de Mete­ring très complets.  Enfin, en ce qui concerne les synthés, l’es2 et Sculp­ture offrent un réglage basique d’angle et de “balance”. Je ne m’at­tar­de­rai pas sur cette partie de Logic, ne dispo­sant pas d’un système multi­ca­nal, même si Logic intègre un plug Down Mixer, qui permet de réduire un mix 5.1 vers de la quadri­pho­nie, du LCRS ou de la simple stéréo. Préci­sons aussi que Logic four­nit un nouveau mode Binau­ral, qui présente un beau Panner graphique, avec appli­ca­tion sur deux ou trois dimen­sions. Bon. Si l’on aime faire joujou avec la phase…

Delay Designer et ses 26 lignes de retard


Plus inté­res­sant, le Delay Desi­gner, qui permet de créer des lignes de délai très sophis­tiquées, puisque chaque retard (jusqu’à 26 !) peut être traité indi­vi­duel­le­ment, et ce au niveau du pan (avec inver­sion), du volume (avec Mute), de la hauteur (par ton et cents), de la fréquence et de la réso­nance d’un filtre multi­mode (HP, LP sépa­rés ou simul­ta­nés, donc BP) et multi­pente (6 et 12 dB). Evidem­ment, on dispose égale­ment des habi­tuelles fonc­tions Tap, de la quan­ti­fi­ca­tion, de la synchro, d’un réglage du Feed­back, de deux curseurs Wet et Dry (et non une balance) : bref tout est là pour produire des délais modu­lés hallu­ci­nants, voire des mélo­dies.


Ques­tion ergo­no­mie, tout cela est bien conçu, puisque on peut zoomer, sélec­tion­ner et éditer plusieurs Taps avec des valeurs communes, dessi­ner une courbe à la souris (en main­te­nant Pomme appuyé), etc. Et quand on sait que tout peut être auto­ma­ti­sé… Voilà un plug large­ment à la hauteur de ce qui se fait chez Sound­Toys, PSP et autres éditeurs.

Mega Ultra­beat

Ultrabeat, tout pour faire des rythmes sous Logic 8

Ceux qui sont rentrés dans les profon­deurs d’Ul­tra­beat savent que c’est un outil puis­sant, qui couvre tous les aspects de la produc­tion de ryth­miques de batte­rie élec­tro­nique, et dans une moindre mesure acous­tique, avec un mapping compa­tible GM. Logic 8 en offre une version encore plus puis­sante. D’abord la produc­tion des sons : 2 oscil­la­teurs avec forme d’ondes variable (en continu ou non), FM, (osc 2 vers osc 1), lecture de samples ou modé­li­sa­tion (osc 2 seule­ment) un géné­ra­teur de bruit et, grosse nouveauté, un side­chain (sur l’osc 1 seule­ment, idéal pour trans­for­mer une ligne de basse en grosse caisse). Le tout passe avec plusieurs options de routing dans un filtre multi­mode (LP, HP, BP, BR) multi­pente (2e et 4e ordre), et/ou un géné­ra­teur de distor­sion plus un Ring Mod. On pourra encore modu­ler tout cela via deux LFO et quatre enve­loppes, direc­te­ment ou par l’in­ter­mé­diaire de quatre contrô­leurs Midi libre­ment assi­gnables, avant de passer par un EQ deux bandes et un Panner modulé. On peut répar­tir les sons en 8 groupes, pour créer les notes qui se coupent les unes les autres (hihat ouvert et fermé, etc.).

Notez que l’es­sen­tiel du proces­sus d’édi­tion est graphique, notam­ment celui des enve­loppes. Puis­sant, non ? D’au­tant que cela se fait par voix. Et comme Ultra­beat en offre 24, on tient assu­ré­ment là un des plus puis­sants synthés ryth­miques qui soit. La 25è voix est en fait un synthé poly­pho­nique 3 octaves repre­nant toutes les carac­té­ris­tiques de synthè­se…

Grande nouvelle, on peut main­te­nant impor­ter des programmes exs24, ce qui contourne la gestion du format de samples proprié­taire (.ubs). Un simple drag’n’­drop du fichier .exs sur la partie Mixer et le tour est joué, avec respect du mapping (dans la limite de 24 zones). Il m’a été en revanche impos­sible d’ob­te­nir la moindre info que le nombre de layers. Les kits impor­tés ne m’ont pas paru moins riches, sauf pour certains très détaillés, ceci dit sous toutes réserves.

La précé­dente version offrait aussi un Step Sequen­cer sur 32 pas maxi, quan­ti­fiable, avec sauve­garde de pattern, déclen­che­ment d’icelle par note Midi et drag’n’­drop vers l’Ar­range. Apple l’a consi­dé­ra­ble­ment enri­chi, d’abord en rajou­tant une vision d’en­semble façon piano roll qui permet aussi de rentrer les données, avec quelques subti­li­tés acces­sibles par menu contex­tuel. Plus inté­res­sante est la mise à dispo­si­tion du Sequen­cer pour les para­mètres de synthèse (mode Step sur le bouton Edit) : on peut ainsi auto­ma­ti­ser toutes les fonc­tions (à quelques excep­tions, de type chan­ge­ment de samples) sur la grille du séquen­ceur, et faire un drag’n’­drop du fichier Midi qui gardera toutes ces infos. On pourra, par exemple, lui appliquer les fonc­tions sophis­tiquées de Quan­tize de Logic. Bref, si l’on y ajoute de nombreux kits et sons d’ori­gine, des sorties multiples à gogo pour post-trai­te­ment (8 stéréo, 8 mono), c’est encore une réus­site. D’au­tant que comme tous les plugs de Logic, il est parti­cu­liè­re­ment bien opti­misé, ne consom­mant que très peu de ressources CPU. En termes de qualité et possi­bi­li­tés, Ultra­beat pour­rait aisé­ment se vendre à la moitié du prix de la suite entière.

Le ReWire sous Logic 8

 

Un petit mot sur l’exs24 enfin : son éditeur a été entiè­re­ment revu, avec drag’n’­drop et autres finesses d’er­go­no­mie. Mais je recom­mande d’uti­li­ser Keymap à la place, l’édi­teur déve­loppé par Redma­tica. D’abord parce que c’est un monstre de puis­sance. Et puis aussi pour ne plus voir ce type de message lors de l’im­port d’un sample (voir capture), bien­tôt 9 ans après la sortie de Mac OS X et la gestion des 255 carac­tè­res… Mais appré­cions le fait que l’exs24 béné­fi­cie main­te­nant de son propre adres­sage mémoire, ce qui permet de dépas­ser la limite précé­dente des 4 Go de Ram parta­gés avec Logic.


Mani­pu­la­tions I

L’édi­tion et la mani­pu­la­tion de l’au­dio dans Logic sont certai­ne­ment les points qui ont le plus fait couler d’encre. Cet article n’est pas l’en­droit pour rappe­ler les guerres picro­cho­lines qui ont opposé les défen­seurs de l’un ou l’autre logi­ciel, les fora sont faits pour ça.

Quelques nouveau­tés sont appa­rues concer­nant la gestion de l’au­dio, dont certaines de poids. Commençons par la compres­sion/expan­sion tempo­relle audio dans la fenêtre Arrange, par drag’n’­drop de la région en main­te­nant Alt, à la manière de ce qui exis­tait déjà pour le Midi. Ce n’est pas parfait, encore trop d’étapes à vali­der et d’at­tente de proces­sing, cela n’a  pas la souplesse de Live (en atten­dant ce que prépare Pro Tools 7.4). Les algo­rithmes sont plutôt effi­caces, mais l’on gagnera à utili­ser Radius (un plug/exten­sion qui s’in­sère dans la Time Machine) ou un plug dédié comme Melo­dyne (qui permet de faire beau­coup d’autres choses). Autre solu­tion, on trans­forme le fichier en Apple Loops grâce à l’Uti­li­taire fourni, ce qui se fait rapi­de­ment, car même si l’on n’a pas toute la puis­sance de ReCycle!, le système de recon­nais­sance de tran­si­toires est assez précis. On peut aussi procé­der à un calage très fin des marqueurs pour un résul­tat opti­mal. Ensuite on peut ralen­tir/accé­lé­rer dans une plage de ± 30%, et trans­po­ser de ± une tierce sans trop d’ar­te­facts.

Toujours dans la fenêtre Arrange, l’édi­tion est enfin au sample près. Les mani­pu­la­tions sont gran­de­ment faci­li­tées par les menus contex­tuels et icônes de la barre supé­rieure ; autre aide appré­ciable, on peut défi­nir un outil diffé­rent pour la souris, que l’on appelle en cliquant sur Pomme. Les outils se choi­sissent main­te­nant dans les deux menus dérou­lants situés à droite de Snap (divers choix de calage lors de dépla­ce­ment) et Drag (recou­vre­ment ou non des Regions exis­tantes, cross­fade auto­ma­tique, saut à la Region la plus proche, etc.).

Le Sample Editor sous Logic 8

Toutes les fonc­tions néces­saires sont présentes, de la répé­ti­tion de Regions à l’ef­fa­ce­ment d’une section complète (avec reca­lage, y compris auto­ma­tion et chan­ge­ment de tempo), en se basant sur les Loca­tors, la tête de lecture, les Markers, etc. De gros progrès ont été réali­sés concer­nant l’au­to­ma­tion, qui ne présente plus de points bizarres ou diffé­rents des origi­naux lorsqu’on coupe, copie, insère une Region. Logic place auto­ma­tique­ment des points au début et à la fin d’une Region quand elle n’en comporte pas d’ori­gine. Une stabi­lité et une préci­sion que l’on atten­dait depuis… quelques temps.

Si l’on veut une édition plus poin­tue d’un fichier audio, on l’ouvre dans le Sample Editor, dans lequel on trou­vera les fonc­tions habi­tuelles de trai­te­ment audio (norma­li­sa­tion, inver­sion, recherche de silence, coupes, etc.). C’est là aussi que l’on retrouve la Factory, incluant les fonc­tions de time stretch et de trans­po­si­tion. Et surtout les très effi­caces Audio To Midi Groove Template, Groove Machine et Quan­tize Engine. Le souci de l’er­go­no­mie se mani­feste dans un petit détail tout simple : quand on veut moni­to­rer le fichier dans l’édi­teur, le signal est auto­ma­tique­ment dirigé vers la tranche 256, dédiée à la préécoute. Ce qui évite les aléas des versions précé­dentes (piste courante mutée, effets non bypas­sés, etc.).

Mani­pu­la­tions II

Mais on peut aussi ouvrir un fichier dans Sound­track, en le défi­nis­sant comme éditeur externe dans les Préfé­rences, que l’on appel­lera d’un raccourci clavier (ST garde en mémoire le screen­set que l’on a défini). Et là, on béné­fi­cie d’à peu près les mêmes outils que dans Logic, mais aussi et enfin de l’ap­pli­ca­tion destruc­tive d’ef­fets (tous les AudioU­nits du système, plus quelques plugs proprié­taires). On peut aussi appliquer des Scripts, puisque Sound­track les accepte sans aucun problème, allant jusqu’à les sauve­gar­der direc­te­ment de son inter­face (à quand ces possi­bi­li­tés dans Logic ?). Ensuite on sauve­garde, et si l’on choi­sit d’écra­ser le précé­dent fichier, la mise à jour se fait auto­ma­tique­ment dans Logic. Bravo. Autre avan­tage non négli­geable : même si l’on a sauvé le fichier après édition, tant que Sound­track est ouvert, on peut annu­ler toutes les modi­fi­ca­tions et récu­pé­rer le fichier.

On se rend vite compte du béné­fice qu’il y a à rempla­cer l’édi­teur inté­gré par Sound­track (sauf quand on a besoin des fonc­tions de la Factory). Ce qui amène cette réflexion : Apple n’a visi­ble­ment pas trop retra­vaillé cette partie de Logic, tout simple­ment parce que Sound­track exis­tait déjà et pouvait remplir les fonc­tions atten­dues par les utili­sa­teurs. Comme l’in­té­gra­tion est réus­sie, on peut l’ac­cep­ter. D’au­tant que la navi­ga­tion d’une appli­ca­tion à l’autre est rapide, il suffit de lais­ser Sound­track en fond et de l’ap­pe­ler au moment voulu.

Soundtrack, le pendant de Logic 8

Bien sûr, certains auraient préféré une seule appli­ca­tion à la Pro Tools. Mais après avoir pratiqué inten­sé­ment depuis l’ar­ri­vée de la version 8, la déci­sion d’Apple semble perti­nente, malgré le côté un peu forcé. Donc autant évoluer en même temps que les outils… Quelques problèmes sont aussi à noter, concer­nant les raccour­cis clavier d’abord, puisqu’il est impos­sible de les para­mé­trer dans Sound­track. On se retrouve donc à jongler entre deux jeux de raccour­cis, même sur un simple zoom ou des appels de trans­port, dommage. Ensuite la non-recon­nais­sance des fichiers XML créés par Logic, alors que Final Cut les accep­te…

Une dernière chose : si l’on fait lire en oppo­si­tion de phase un bounce de LP7 et un de LP8, ils s’an­nulent. Les seules excep­tions sont quand on utilise des lois de Pan sur LP8 diffé­rentes de celle de LP7, ou certains plugs. Donc, a priori, LP8, à utili­sa­tion stric­te­ment égale, ne devrait pas sonner mieux que son prédé­ces­seur.

Comping sauvage

Passons à un autre sujet de fâche­rie : la PDC (Plug-in Delay Compen­sa­tion). Sa gestion dans Logic ne brille pas par son effa­cité. Il faut acti­ver cette compen­sa­tion sur All pour mixer, la désac­ti­ver si on veut rajou­ter une partie MIDI, la réac­ti­ver pour véri­fier, et ainsi de suite. Il faut aussi faire le ratio entre la puis­sance appor­tée par le déport des calculs sur des DSP externes, et la surcharge des proces­seurs internes qui travaillent à compen­ser la latence. Hors bécane puis­sante, il vaut donc mieux éviter.

La version 8 ne montre pas de chan­ge­ments dans la concep­tion de cette PDC, mais offre un utile mode Low Latency : on para­mètre la latence maxi­male que l’on veut accep­ter, et quand on active le mode (dans la barre de trans­port ou par raccourci clavier), Logic désac­tive momen­ta­né­ment tous les plugs qui ont une latence supé­rieure à celle para­mé­trée. C’est bien vu, ça marche très bien, mais ce n’est pas une PDC complète et trans­pa­rente ! Un conseil, surveillez la sortie géné­rale, car ce sont d’abord les réverbes et surtout les proces­seurs de dyna­mique (compres­seurs et limi­teurs) qui sont bypas­sés.

Le ReWire sous Logic 8

 

Avant de conclure, attar­dons nous sur les Takes et Comping. Que sont-ce ? Le prin­cipe des Takes n’est pas une nouveauté ou une révo­lu­tion, mais c’est bougre­ment réussi dans Logic. Lorsqu’on enre­gistre une source audio (ou plusieurs simul­ta­né­ment) en boucle, Logic “coupe” à chaque retour au début le fichier, créant une “prise” virtuelle (Take). Un triangle sur la gauche de la Region bascule sur l’af­fi­chage de toutes ces prises, dont la dernière est active. Un autre triangle à droite ouvre un menu affi­chant le nom des Takes et diverses fonc­tions. Si l’on scrolle sur le nom de l’une des pistes, elle prend le rôle de la piste active, très pratique pour réécou­ter diverses inter­pré­ta­tions.

 

Le ReWire sous Logic 8

Jusque-là, rien de neuf. La grande idée, c’est ce qu’Apple appelle le Comping : il suffit de sélec­tion­ner les parties que l’on souhaite garder sur les diffé­rentes « prises », et Logic ne lira que ces parties. On peut, à partir d’un seul enre­gis­tre­ment, créer autant de Comping que désiré. Puis, une fois le choix fait, on choi­sit Flat­ten dans le menu dérou­lant, et Logic compile la piste tout seul, en appliquant des cross­fades. Flat­ten And Merge produit un bounce de la piste, et le réim­porte en lieu et place de la Take d’ori­gine, sans la détruire. Plus rapide et effi­cace, ça va être diffi­cile.

Et pour le MIDI ? Pareil, il suffit de choi­sir Create Take Folders dans Settings>Recor­ding. Un seul mot : bravo.

Bilan, une, première

Le ReWire sous Logic 8

Il reste encore nombre de domaines non évoqués, la vidéo, les Nodes, le ReWire, le partage via Bonjour ou .Mac, l’in­té­gra­tion des inter­faces Apogee (atten­tion au bug avec les surfaces de contrôle, Apple a publié un worka­round), la gestion du TDM (possible sur Mac PPC à partir de PT 7.1.1, mais il faut attendre la 7.4 pour les Mac Intel), des imports-exports OMF, XML, etc., l’in­con­nue Leopard (les inter­faces Apogee Ensemble non compa­tibles !), mais la place manque.

Cette version était très atten­due, objet de nombreuses spécu­la­tions, telle l’idée d’un “Pro Tools killer”, rele­vant autant d’at­tentes légi­times que de visées utopiques. Au final, qu’avons-nous entre les mains ? Une suite complète, stable et perfor­mante, des appli­ca­tions et utili­taires profes­sion­nels et un contenu audio de très bonne qualité, qui vaut large­ment certaines banques de sons four­nies avec des instru­ments virtuels concur­rents. Et un prix défiant toute concur­rence (voir l’an­nonce du tarif de Nuendo 4…).

Les solu­tions sont nombreuses : la paire Logic 8-Sound­track est d’une grande puis­sance, et répond à tout ce qu’on attend d’un DAW. Cela implique certes un chan­ge­ment d’ha­bi­tude de travail pour les utili­sa­teurs de longue date. Mais il faut savoir évoluer avec ses outils. Et cela permet aussi au nouveau venu d’être direc­te­ment aux commandes d’une solu­tion rapide et extrê­me­ment puis­sante. Le cas Mains­tage (un dossier est à suivre) : on peut imagi­ner prendre un MacMini, une carte Fire­Wire et se consti­tuer un héber­geur d’ins­tru­ments virtuels à la Recep­tor, pour une frac­tion du prix et sans les problèmes de compa­ti­bi­lité et de stabi­lité. Je ne m’avance pas trop en disant que l’on va certai­ne­ment voir des confi­gu­ra­tions de ce type sur scène très rapi­de­ment.
Concer­nant Logic : l’er­go­no­mie est parti­cu­liè­re­ment réus­sie, et c’est pour­tant un ardent défen­seur des Screen­sets qui le dit. L’in­ter­face graphique est repo­sante, claire, le nouveau look des plug-ins est très réussi, on visua­lise parfai­te­ment ce qui se passe (la confi­gu­ra­tion idéale : deux écrans, un pour la fenêtre prin­ci­pale, l’autre pour les plugs ou des fenêtres flot­tantes).

Il y a bien sûr un prix à payer pour tout ça : mon bi-pro G5 est souvent à la traîne dans la gestion de l’af­fi­chage, du rafraî­chis­se­ment, des mani­pu­la­tions (redi­men­sion, vumètres, ouver­ture d’un onglet…) sur des projets qui ne posaient aucun problème sous Logic 7. À noter cepen­dant que d’autres G5 dotés de cartes plus puis­santes s’en tirent sans problèmes. Mais, même si l’in­ter­face graphique a son impor­tance dans le confort de travail, on dirait que les déve­lop­peurs oublient parfois que la fina­lité d’un DAW, c’est de trai­ter du son, ce qui n’im­plique pas d’avoir une carte graphique digne des meilleurs machines de trai­te­ment 3D ou de jeux.

Juste pour compa­rai­son : lors d’un bench­mark, 70 pistes audio mono et 144 plugs (moitié Master­verb et moitié Track­plug) tour­naient sur le G5 de test, sous OS 10.3, avec seule­ment 2,5 Go de Ram, dans Logic 6.4.2 avec un buffer de 512. Sous OS 10.4.10, avec 4 Go de Ram, dans Logic 7.2.3, si les commandes de trans­port prennent du temps, l’af­fi­chage, les zooms le défi­le­ment de la SPL et les mouve­ments d’as­cen­seur sont fluides, on peut ouvrir, dépla­cer des fenêtres, les rétré­cir/agran­dir sans aucun problème. Il a fallu rajou­ter 14 plugs avant ralen­tis­se­ment graphique (soit 158 plugs en tout !).

Et sous Logic 8, juste­ment ? Au niveau CPU et Disk I/O, il y a un tout petit mieux. En revanche ques­tion graphisme, c’est assez catas­tro­phique : si l’on redi­men­sionne à la souris la fenêtre Arrange à partir de l’angle infé­rieur droit (quand on y arrive), on passe par des fenêtres blanches, ouvrir le Mixer provoque parfois des dispa­ri­tions de graphismes (la moitié infé­rieure de toutes les tranches), les affi­chages de vumètres sont hachés, ouvrir/fermer Inspec­tor, navi­ga­teurs ou un Screen­set (même simple) prend 2 à 3 secondes, etc.

Bilan, une, dernière

Waveburner

Un mot sur Wave­Bur­ner : le passage en 1.5 améliore la stabi­lité du logi­ciel, même si certains utili­sa­teurs se plaignent. C’est un puis­sant outil de gravure au stan­dard Red Book, gérant les AU (Logic et tierce partie), qui s’est plutôt bien comporté, aussi bien avec l’au­dio interne qu’avec la RME, sans problèmes avec les plugs sur carte DSP. Il manque juste de quelques fonc­tions comme la possi­bi­lité de réali­ser un export DDP, ou SDII régio­na­lisé. Il présente aussi un bug ennuyeux : quand on quitte le soft, le tiroir du graveur s’ou­vre…

Les souhaits pour le prochain update : une amélio­ra­tion des exigences graphiques sur PPC (solu­tion dans Leopard ?), une gestion complète et simpli­fiée de la latence des cartes DSP, la possi­bi­lité d’in­clure des Scripts, un équi­valent de Beat Detec­tive, la possi­bi­lité de corri­ger les problèmes de Screen­sets, mais aussi un stretch auto­ma­tique et trans­pa­rent, le support des fichiers de noms longs (!), un Freeze pratique et permet­tant de geler les sorties multiples des instru­ments, le proces­sing d’ef­fets destruc­tif dans l’Ar­range (et par Region) et le Sample Editor, un Score mis à jour et quelques autres “bricoles”… À noter que si un certain nombre d’uti­li­sa­teurs se plaignent de messages Core Audio Over­load récur­rents, l’étude de leurs confi­gu­ra­tions ne permet pas de discer­ner un schéma type. Il semble­rait qu’il y ait une piste du côté du buffer des plugs… J’avoue en tout cas y échap­per, ayant depuis long­temps pour prin­cipe de free­zer presque systé­ma­tique­ment les instru­ments virtuels autres que ceux de Logic, à l’ex­cep­tion de quelques synthés légers, et ne pas mixer un projet de 50 pistes et leurs plugs respec­tifs avec un buffer de 64 samples.

Bref, on trouve les habi­tuelles lacunes de lance­ment de version, mais dans une propor­tion plutôt raison­nable. D’au­tant qu’on appré­cie la stabi­lité, exem­plaire pour une mouture 8.0 : on a tous en mémoire la désas­treuse 7.0, qui fut la pire version de Logic… On peut consi­dé­rer qu’Apple a effec­tué une vaste mise à plat de son logi­ciel, et que c’est la plate-forme de départ vers de nombreuses amélio­ra­tions, comme le pilo­tage par écran tactile, vu le nombre de brevets qu’a déposé Gerhard Lenge­ling, créa­teur de Logic ? Une nouvelle gamme d’écrans devraient voir le jour rapi­de­ment. Ques­tion mise à jour, on espère juste ne pas à avoir à attendre encore trois ans pour cela.

Mais on peut aussi consi­dé­rer que l’on a là une des solu­tions natives les mieux conçues et inté­grées. Si l’on accepte les quelques défauts de jeunesse et lacunes pour­tant anciennes, l’en­semble Logic Studio et portable est d’abord une oppor­tu­nité unique de se trim­ba­ler avec un studio virtuel presque complet. Et sans y rajou­ter de carte son pour faire de la prise, on dispose d’une solu­tion dédiée à la compo­si­tion avec tout ce qu’il faut en termes d’ins­tru­ments virtuels et plugs (atten­tion quand même aux solli­ci­ta­tions du disque dur). Autre solu­tion, Logic Studio et un MacPro 4 ou 8 cœurs : là, on se retrouve en posses­sion d’une station de travail surpuis­sante (qui n’a pas vu les jauges CPU à peine frémir sur un projet surchargé ne peut comprendre), sans réel équi­valent natif. Et peut-être sans réel équi­valent DSP, l’ave­nir le dira. Rapi­de­ment ? Les rumeurs de MacPro encore plus puis­sants sont persis­tan­tes…

 

[+] Suite “logi­ciels + contenu” complète
[+] Inté­gra­tion et inter­ac­tion des appli­ca­tions et utili­taires
[+] Prix
[+] Refonte graphique, d’où ergo­no­mie impa­rable
[+] Stabi­lité
[+] Takes et Comping audio et Midi
[+] Full Surround
[+] Refonte de l’Ul­tra­beat et de l’édi­teur exs24
[+] Adres­sage mémoire indé­pen­dant pour l’exs24
[+] Mode Low Latency
[+] Les Nodes ne sont plus limi­tés aux seuls plugs Logic
[+] Opti­mi­sa­tion des plugs et instru­ments
[+] Gestion des instru­ments Midi externes
[+] Hiérar­chie des menus
[+] Géné­ra­li­sa­tion des menus contex­tuels
[+] Solu­tion nomade sans rivale
[+] Surpuis­sant quand utilisé avec un MacPro 4 ou 8 cœurs

[-] Néces­site une carte graphique puis­sante sur PPC
[-] Stretch audio loin derrière la concur­rence
[-] Pas de process d’ef­fets destruc­tif
[-] PDC encore perfec­tible
[-] Freeze toujours aussi peu pratique
[-] Screen­sets moins perfor­mants
[-] Quelques pertes de fonc­tion­na­li­tés
[-] Raccour­cis clavier diffé­rents entre LP8 et STP
[-] Fichiers XML Logic non reconnu par STP
[-] Quelques bugs graphiques et de gestion de la souris
[-] Pas de Scripts
[-] Pas d’im­port des fichiers 32 bits…
[-] Une suite autour de Logic sans Sound­Di­ver ?
[-] Le “coup du tiroir” de Wave­Bur­ner
[-] quid du Core Audio Over­load ?
[-] Avenir sur PPC ?

Points forts
  • Suite “logiciels + contenu” complète
  • Intégration et interaction des applications et utilitaires
  • Prix
  • Refonte graphique, d’où ergonomie imparable
  • Stabilité
  • Takes et Comping audio et Midi
  • Full Surround
  • Refonte de l’Ultrabeat et de l’éditeur exs24
  • Adressage mémoire indépendant pour l’exs24
  • Mode Low Latency
  • Les Nodes ne sont plus limités aux seuls plugs Logic
  • Optimisation des plugs et instruments
  • Gestion des instruments Midi externes
  • Hiérarchie des menus
  • Généralisation des menus contextuels
  • Solution nomade sans rivale
  • Surpuissant quand utilisé avec un MacPro 4 ou 8 cœurs
Points faibles
  • Nécessite une carte graphique puissante sur PPC
  • Stretch audio loin derrière la concurrence
  • PDC encore perfectible
  • Freeze toujours aussi peu pratique
  • Screensets moins performants
  • Quelques pertes de fonctionnalités
  • Raccourcis clavier différents entre LP8 et STP
  • Fichiers XML Logic non reconnu par STP
  • Quelques bugs graphiques et de gestion de la souris
  • Pas de Scripts
  • Pas d’import des fichiers 32 bits...
  • Une suite autour de Logic sans SoundDiver ?
  • Le “coup du tiroir” de WaveBurner
  • Avenir sur PPC ?
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