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Raw Material Tracktion
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Test Raw Material Tracktion

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Le petit séquenceur qui monte
9/10
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Objet d'un réel engouement à l'étranger, le séquenceur Tracktion est plutôt méconnu en France. Les choses devraient toutefois changer puisque Mackie s'occupe désormais de le distribuer dans nos contrées. Une bonne occasion de revenir sur un logiciel aussi pertinent que novateur...

Il est loin le temps où Cubase, Cake­walk et Logic régnaient sans partage sur le petit monde des séquen­ceurs. Même si les dino­saures font toujours figure de réfé­rences et de partagent l’es­sen­tiel du marché, de nombreuse alter­na­tives ont vu le jour qui, par leurs aspects nova­teurs ou par leur rapport qualité/prix, ont su gagné les faveurs de nombres de musi­ciens. C’est le cas de Massiva, devenu depui­sE­nergy XT, mais c’est aussi celui de Muzys ou encore de Track­tion, qui nous occupe aujour­d’hui.

Track­tion en VO sous-titrée

Le logi­ciel n’a pour l’ins­tant fait l’objet d’au­cune loca­li­sa­tion en langue française. Si l’an­glais tech­nique qu’uti­lise son inter­face n’a rien de diable­ment compliqué, les aller­giques à la langue de Shakes­peare pour­ront toujours récu­pé­rer une traduc­tion offi­cieuse de l’aide en ligne du logi­ciel, réali­sée par des utili­sa­teurs dévoués. Un simple copier/coller du fichier 'popu­phelp.dat’ vous permet­tra ainsi de dispo­ser de toutes les bulles d’aide en français, ce qui devrait gran­de­ment faci­li­ter la vie des néophy­tes… La chose est à récu­pé­rer sur le forum audio.pady.net.

Déve­loppé par Raw Mate­rial Soft­ware et distri­bué depuis peu par Mackie, ce séquen­ceur MIDI/Audio a en effet su, en quelques mois, fédé­rer une large commu­nauté d’uti­li­sa­teurs, susci­tant l’in­té­rêt des uns, éveillant l’en­thou­siasme des autres et provoquant, chez certains, des passions telles qu’on n’en avait plus vues depuis la glorieuse époque où Nota­tor et Pro 24 se crêpaient le Piano Roll par releases inter­po­sées…

A l’évi­dence, un mauvais logi­ciel ne ferait pas autant de bruit. Reste à voir toute­fois ce que ce petit jeune a dans le ventre et s’il a de quoi en remon­trer aux vieux bris­cards de la séquence ques­tion fonc­tion­na­li­tés et ergo­no­mie.

Après une instal­la­tion rela­ti­ve­ment courte (le soft pèse moins de 5 Mo avec ses morceaux de démons­tra­tion, et moins de 2 Mo sans ces derniers) et un double-clic sur le raccour­cis déposé sur le bureau, on se retrouve face à l’in­ter­face du logi­ciel. Avec ses grands aplats de couleurs pastelles, cette dernière joue la carte d’une sobriété qui n’est pas sans rappe­ler le design épuré d’Able­ton Live ou de Massiva / Ener­gyXT. Mais ce qui frappe avant tout dans cette inter­face, c’est son mini­ma­lisme quand une seule fenêtre à trois onglets suffit à loger toutes les commandes et les éditeurs du logi­ciel, ce qui, conve­nons-en, consti­tue un véri­table tour de force en terme d’er­go­no­mie.

 

Tirez les premiers, messieurs les onglets

Onglet Projects dans Tracktion de Raw Material

Projects, le premier onglet, est dévolu à la gestion des projets (!), chacun dispo­sant de son propre dossier où sont rassem­blés le fichier de séquence (au format *.trke­dit) et les fichiers audio auxquels il recourt. Un explo­ra­teur permet bien évidem­ment de navi­guer dans l’ar­bo­res­cence du disque dur mais on dispose aussi d’un moteur de recherche pour retrou­ver un sample sans avoir à fouiller un à un les réper­toires : c’est plutôt bien vu. C’est aussi dans cette onglet que se trouve tout ce qui touche à l’im­port ou à l’ex­port de données, du rip de CD Audio à l’ar­chi­vage d’un projet avec ou sans compres­sion…

Dans la partie infé­rieure de l’in­ter­face, un cadre vous donne des infor­ma­tions rela­tives à l’objet sélec­tionné au dessus. En cliquant sur un fichier audio, vous avez ainsi accès à tout son pedi­gree : son nom bien sûr (avec possi­bi­lité d’in­té­grer un commen­taire), sa forme d’onde que vous pouvez éditer sommai­re­ment, mais aussi son histo­rique qui vous rappelle les «  grandes étapes de sa vie  » (Pour l’es­sen­tiel, les diffé­rentes compres­sions dont il a fait l’objet)… Si l’on ajoute à cela la possi­bi­lité d’ef­fec­tuer une recherche sur les fichiers orphe­lins (fichiers n’étant ratta­chés à aucun projet), il devrait être très diffi­cile, même pour les plus bordé­liques d’entre nous, de ne pas bosser avec un mini­mum d’or­ga­ni­sa­tion.

Onglet Settings dans Tracktion de Raw Material

Settings, le second onglet, est dédié aux options diverses (Chemin des réper­toires de plug-ins, raccour­cis claviers, cache du logi­ciel, nombre d’an­nu­la­tions dispo­nibles, etc.) et à la confi­gu­ra­tion maté­rielle de votre ordi­na­teur. C’est ici qu’on spéci­fiera quelles entrées/sorties MIDI et Audio utili­ser et qu’on réglera dans le détail le pilote ASIO de sa carte son. C’est aussi à cet endroit qu’on défi­nira la réso­lu­tion audio du projet en cours…

A priori donc, un onglet que vous ne visi­te­rez pas souvent une fois le logi­ciel réglé selon vos goûts, surtout qu’il est possible d’en­re­gis­trer et d’im­por­ter ses réglages person­nels dans le cas d’une réins­tal­la­tion.

L'onglet Arrangement de Tracktion

Le troi­sième et dernier onglet n’est dispo­nible que lorsqu’un projet est ouvert, projet dont il prend d’ailleurs le nom.

C’est sans conteste l’on­glet le plus impor­tant et celui dans lequel vous passe­rez l’es­sen­tiel de votre temps puisque c’est ici que vous pour­rez enre­gis­trer/lire, arran­ger et mixer vos séquences MIDI & Audio. Dans la mesure où il repré­sente près de 80% du logi­ciel à lui tout seul, une visite guidée s’im­po­se…


Track­tion avant

Couvrant la majeure partie de l’in­ter­face, la fenêtre d’ar­ran­ge­ment reprend les conven­tions habi­tuelles : Les diffé­rentes pistes sont empi­lées sur l’axe verti­cal, cepen­dant que l’axe hori­zon­tal permet d’agen­cer les éléments dans le temps, comme c’est le cas dans Cubase et compa­gnie. Bien entendu, on peut défi­nir le zoom verti­cal accordé à chaque piste, histoire d’avoir l’œil sur l’es­sen­tiel…

Le piano roll de Tracktion

Sur les pistes, les données MIDI ou Audio sont repré­sen­tées dans des rectangles appe­lés Clips qui sont l’équi­valent des Parts ou des Contai­ners qu’on trouve chez les concur­rents. Un doucle-clic sur un clip lance sa lecture s’il contient des données audio, ou fait bascu­ler l’af­fi­chage en mode Piano Roll s’il abrite des données MIDI. Le Piano Roll, puisqu’on en parle, est sans histoire : bien qu’un peu trop mini­ma­liste à mon goût, il permet une édition simple et rapide des notes et des diffé­rents contrô­leurs.

Track­tion arrière

Panneau de Propriétés dans Tracktion

Juste sous la fenêtre d’ar­ran­ge­ment, on trouve une autre fenêtre, moins haute mais toute aussi large, qui sert à affi­cher une multi­tude d’in­for­ma­tions et de commandes selon l’objet sélec­tionné : Nommée Panneau de proprié­tés, cette dernière servira à para­mé­trer les plug-ins ne dispo­sant pas d’in­ter­face graphique, elle affi­chera les options de quan­ti­sa­tion lors d’un clic sur un clip MIDI, les options de Pitch Shift, fondu et bouclage pour un clip audio, etc. Bref, c’est la fenêtre à tout faire, dont la géomé­trie variable permet d’éco­no­mi­ser pas mal de place au niveau de l’in­ter­face.

Commandes généralistes de Tracktion

A gauche de cette fenêtre, un cadre rassemble l’es­sen­tiel des «  commandes géné­ra­listes  » : Import/Export, Presse-papier, Sauve­garde, Undo/Redo, Aide, Options mais aussi les fonc­tion­na­li­tés d’au­to­ma­tion, d’af­fi­chage (Expan­sion/Réduc­tion des pistes), de Time­code ou le métro­nome.

Bloc de commande et piste Master de Tracktion

Toujours dans la partie infé­rieure mais à l’ex­trême opposé, on trouve le bloc de commande avec ses habi­tuelles touches de magné­to­phone permet­tant de déclen­cher la lecture ou l’en­re­gis­tre­ment, d’uti­li­ser l’avance ou le retour rapide, de boucler une portion, d’ac­ti­ver le mode punch-in, etc…C’est aussi à cet endroit qu’on accède à la piste Master, si encas­trée qu’on aurait pu la louper… Bizarre, bizarre, mais dans la mesure où elle sert à défi­nir le volume global, on peut comprendre que les déve­lop­peurs l’ait placée aux côté du bloc de commande.

Vous l’au­rez compris, l’in­ter­face du logi­ciel est peu commune mais c’est au niveau des deux colonnes flanquées à gauche et à droite de la fenêtre d’ar­ran­ge­ment que Track­tion se montre le plus anti-confor­mis­te… et le plus nova­teur. La première de ces colonnes est en effet dévo­lue à l’af­fec­ta­tion des entrées tandis que la seconde n’est ni plus ni moins que la table de mixage du logi­ciel.

 

2 Colonnes à la une

Gestion des entrées dans Tracktion

Dans la colonne de gauche, des blocs rectan­gu­laires aux noms évoca­teurs repré­sentent donc les entrées de la carte son que vous avez préa­la­ble­ment décla­rées dans Settings. Un simple cliqué-glissé de ces blocs suffit à affec­ter telle entrée à telle ou telle piste.

Même topo pour la colonne de droite, à ceci prêt qu’il s’agit cette fois de gérer tout ce qui se passe entre les Clips présents sur la piste, et la sortie audio dans le panneau de proprié­tés lorsque la piste est sélec­tion­née. Là encore, tout se passe avec des blocs placés en chaîne, et dont la couleur varie selon leur fonc­tion :

  • Les blocs verts sont les plus géné­ra­listes. Ils sont au nombre de trois et sont présents par défaut sur chaque piste. Le premier sert à régler le volume & le pano­ra­mique, le second est un vu-mètre et le dernier sert à rendre la piste muette ou au contraire à l’écou­ter en solo.
  • Les blocs kaki corres­pondent aux effets inté­grés au logi­ciel.
  • Les blocs bleu turquoise corres­pondent aux plug-ins d’ef­fets VST.
  • Les blocs bleus corres­pondent aux instru­ments virtuels.
  • Les blocs mauves corres­pondent enfin aux racks virtuels sur lesquels nous revien­drons.
Le mixage selon Tracktion de Raw Material

Avec cette archi­tec­ture, utili­ser un instru­ment virtuel et lui assi­gner un ou plusieurs effets s’ap­pa­rente à un petit jeu de lego. Le seul hic de l’af­faire réside dans la déno­mi­na­tion desdits blocs qui sont appe­lés 'Filters’ ('filtres’ en bon français). Toute­fois, comme on se fait rela­ti­ve­ment vite à cette termi­no­lo­gie maladroite, force est de consta­ter que le système est diable­ment intui­tif.

Insertion d'un nouveau plug-in dans Tracktion

Dès qu’on veut ajou­ter un instru­ment virtuel ou un effet, on « e;drag and drop »e; l’icône New Filter à l’en­droit même où l’on veut le placer. On choi­sit ensuite le plug-in dans un menu dérou­lant et l’af­faire est jouée.

Extrê­me­ment simple, ce fonc­tion­ne­ment offre aussi une grande souplesse : un simple cliqué-glissé suffit à chan­ger l’ordre des plug-ins placés en insert sur une piste, ce qui rend l’opé­ra­tion autre­ment moins fasti­dieuse qu’avec un séquen­ceur clas­sique (Sur Cubase, pour inver­ser l’ordre de deux plug-ins, il faut ainsi les déchar­ger et le rechar­ger, en perdant de ce fait tous les réglages).

Assignation de plug-in à un clip audio dans Tracktion

Et l’as­si­gna­tion d’ef­fet ne se joue pas qu’on niveau de la piste puisqu’on peut aussi affec­ter un ou plusieurs effets à un clip audio de manière non destruc­tive.

Une fonc­tion­na­lité qui n’est pas sans évoquer le concept d’ « objets audio » cher à Sampli­tude.

 

Track­tion­rack, Go !

Les plus sagaces l’au­ront toute­fois remarqué : si génial soit-il, ce système ne gère que l’in­ser­tion d’ef­fets. Et comment fait-t-on pour faire un bon vieux Send FX, alors ? Ben, on rack !

Via le bouton 'racks’ situé à droite de 'new filter’, on a en effet la possi­bi­lité de créer… un rack virtuel qui pourra accueillir autant de plug-ins qu’on le désire. Là où cela devient inté­res­sant, c’est qu’une fois créé, le rack est dispo­nible comme n’im­porte quel autre plug-in depuis 'new filter’, ce qui permet de l’uti­li­ser pour plusieurs pistes en même temps.

Exemle de rack virtuel dans Tracktion

Je m’ex­plique avec un exemple concret : pour envoyer deux pistes dans une réverb, on crée un rack conte­nant la réverb (suivie, pourquoi pas, d’un petit filtre et d’un compres­seur…) qu’on pren­dra bien soin de nommer Rack­Verb par exemple. Pour affec­ter ce dernier aux deux pistes, il suffit ensuite de l’in­sé­rer comme n’im­porte quelle autre plug-in sur chacune des pistes, en sélec­tion­nant Rack­Verb via la commande 'new filter’. En-fan-tin !

La chose est d’au­tant plus pratique qu’on peut créer une multi­tude de racks et qu’on peut sauve­gar­der des 'presets de rack’ pour dispo­ser de chaî­nages prêts à l’em­ploi. Sur ce point, Track­tion évoque la puis­sance d’un Ener­gyXT ou d’un Plogue Bidu­le… Finis­sons enfin par le préci­ser : les racks, comme tous les autres plug-in d’ef­fets, peuvent être affec­tés à une piste comme nous l’avons vu, mais aussi à un clip ou à la section Master. Seule limi­ta­tion : un rack ne peut conte­nir un autre rack mais cela n’a rien de bien gênant.

 

 

Play… and Plug ?

Bundles aTrack­tifs

Livrer Track­tion en bundle avec certains produits Mackie, telle est la prin­ci­pale raison qui a poussé le construc­teur améri­cain à distri­buer le bébé de Raw Mate­rial. En ache­tant une console de la gamme Onyx ou l’in­ter­face MIDI/Audio USB Spike qui devrait sortir sous peu, vous aurez ainsi droit à une version complète du séquen­ceur.

Une fois assi­mi­lés ces concepts, la construc­tion d’un morceau s’avère être une vraie partie de plai­sir, jalonné de bonne surpri­ses… mais aussi de quelques décep­tions.

Côté plug-ins, on regret­tera ainsi le peu d’ef­fets four­nis par rapport aux autres séquen­ceurs (8 seule­ment), et la qualité approxi­ma­tive de certains d’entre eux : la réverb, notam­ment, est à oublier à moins que vous ne soyez un aficio­na­dos de l’ar­ti­fi­ciel et du métal­lique. Cela n’a toute­fois rien de préju­di­ciable dans la mesure où la compa­ti­bi­lité VST du logi­ciel lui permet d’ac­cueillir les nombreux et excel­lents free­wares qu’on peut trou­ver sur le Net. La chose semble d’ailleurs suggé­rée par les déve­lop­peurs puisque dans le réper­toire '3rd Party’, on trouve une petite dizaine de plug-ins de la collec­tion MDA, l’une des plus anciennes réfé­rences en la matière.

On a d’au­tant moins de mal à pardon­ner la qualité moyenne des effets que le seul instru­ment virtuel fourni est pour sa part très réussi. Il s’agit d’un petit sampler utili­sant des fichiers Ogg Vorbis (un algo­rithme de compres­sion destruc­tive simi­laire au MP3 mais offrant de meilleurs résul­tats et déve­loppé en Open Source) en guise de banque de son. Certes, ce dernier est à cent lieues des Kontakt, HALion et autres Mach­Five, mais il est aussi extrê­me­ment simple à utili­ser et, on s’en rend compte avec les morceaux four­nis en démos, d’une effi­ca­cité redou­table. L’usage de fichiers compres­sés lui permet en outre d’être très économe en terme de ressources, ce qui s’avère vital car à jouer avec les plugs sur piste, sur clip ou en rack, on a vite fait de satu­rer le proces­seur…

Le sampler virtuel fourni par Raw Material avec Tracktion

A ce propos, notez que Track­tion dispose d’une fonc­tion Freeze qui permet d’ef­fec­tuer un rendu audio tempo­raire d’une piste, ce qui soulage la machine des calcul en temps réel liés aux effets et aux instru­ments virtuels. Or, la chose marche bougre­ment bien ! Mieux même que chez certains concur­rents : suivez mon regard…

 

Track­tion le rebelle

Puisqu’on parle d’Ogg Vorbis, autant évoquer une autre carence qui m’a surpris : le logi­ciel ne gère pas le format MP3. Or, si je n’ai rien contre ce bon vieux OGG, force est de consta­ter que le codec qui fait cauche­mar­der Pascal Nègre est devenu, au fil des années, un stan­dard sur lequel il est dur de faire l’im­passe. Vous vous en doutez d’ailleurs : Real Audio, Windows Media Audio et le format Quick­time Audio sont aux abon­nés absents, cepen­dant qu’au­cun support de la vidéo ou du 5.1 n’est prévu. Vu l’as­pect intru­sif de certains formats qui polluent nos machines avec des players lour­dingues bour­rés de spywares, ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre. Mais, d’un autre côté, les utili­sa­teurs qui cherchent un séquen­ceur plus orienté multi­mé­dia/broad­cast passe­ront leur chemin… Que les choses soient claires : Track­tion est un logi­ciel pour musi­ciens, et pour musi­ciens seule­ment. A ce titre, il ne boxe défi­ni­ti­ve­ment pas dans la même caté­go­rie que Cubase, Sonar ou Logic qui ont bien plus le souci de répondre aux besoin de l’in­dus­trie et des profes­sion­nels, tout en satis­fai­sant les musi­ciens.

La quantisation Groove selon Tracktion

Pour reve­nir au strict domaine de la musique d’ailleurs, on trouve des choses perfec­tibles dans Track­tion : la quan­ti­sa­tion MIDI, notam­ment, est un peu basique avec sa préci­sion de 1/64 de beat au max, en dépit de la possi­bi­lité d’uti­li­ser des 'Groove Templa­tes’.

De surcroît, en ces temps où les boucles sont deve­nues les matières premières de bien des genre musi­caux, il est regret­table que le calage de plusieurs clips audio ne soit pas plus auto­ma­ti­sé…

Dur de devoir Time Stret­cher à l’an­cienne quand on a goûté à la simpli­cité du Live d’Able­ton. Enfin, à de rares occa­sions, on pourra regret­ter l’ab­sence d’un éditeur d’évé­ne­ments, si pratique lorsqu’il s’agit d’édi­ter au milli­mètre un pitch bend mal contrô­lé…

Ache­ter Track­tion ?

Track­tion, à l’heure où sont écrites ses lignes, n’est pas encore dispo­nible dans les maga­sins français. Pour se le procu­rer, il faudra donc passer par le site de Mackie où le soft est actuel­le­ment en promo­tion à 80 $ au lieu de 149 $. Une occaz’ à ne pas rater ! Quant à ceux qui préfèrent acqué­rir une version traduite en bon français et un manuel au fond d’une boîte, ils devront patien­ter jusqu’à la version 2 logi­ciel qui ne saurait tarder. Si l’on sait pour l’heure peu de choses sur les nouveau­tés appor­tées par cette mise à jour, Mackie France nous a confirmé que le support de la Mackie Control était au menu des réjouis­sances.

Idem pour l’édi­teur de parti­tion qui brille ici par son absence. Certes cela n’a rien de très grave dans la mesure où les solfé­geux sont une espèce rare mais cela aurait tout de même été un plus appré­ciable. Qui sait ? La chose sera peut-être présente dans Track­tion 2, dans un quatrième onglet…

Il me faut cepen­dant l’ad­mettre, il est facile de trou­ver des défauts à Track­tion en le compa­rant à des logi­ciels qui, pour certains, sont vendus dix fois plus chers. Car c’est un fait, si je n’au­rais pas été choqué de voir le logi­ciel de Raw Mate­rial vendu aux alen­tours des 300 €, ce dernier se situe sous la barre des 150 € ! A ce prix là, il peut sans conteste se targuer d’of­frir l’un des meilleurs rapports qualité/prix du marché, aux côtés du surpre­nant Music Studio Deluxe 2004 de Magix.

 

Le séquen­ceur qui lave plus blanc ?

Il me reste à répondre à la fati­dique ques­tion : est-ce qu’un Cuba­sien indé­crot­table comme je le suis serait prêt à échan­ger son baril de Char­lie Stein­berg contre deux barils de Raw Mate­rial ? Et la réponse, si brutale qu’elle puisse paraître après tant d’éloges, est non… pour l’ins­tant.

Pourquoi ? Parce qu’en dépit de sa remarquable ergo­no­mie, de son prix, de sa stabi­lité et de ses aspects nova­teurs, Track­tion est encore un jeune séquen­ceur qui, en terme de fonc­tion­na­li­tés ou de versa­ti­lité, n’est pas en mesure de riva­li­ser avec les usines à gaz de Stein­berg, Cake­walk ou Emagic. En outre, il y a le problème des habi­tudes qui sont dures à perdre : on ne met pas dix ans à apprendre tous les raccour­cis clavier de son séquen­ceur fétiche pour s’en sépa­rer du jour au lende­main, au profit d’un logi­ciel si diffé­rent qu’il faudra revoir un à un tous ses réflexes de travail.

Logo de Tracktion

Reste que si j’étais un piou piou sorti de l’oeuf et faisait mes premiers pas dans la MAO, je crois que je ne pour­rais rêver meilleur logi­ciel pour débu­ter. Super abor­dable, perfor­mant, doté d’une vraie person­na­lité, Track­tion est taillé sur mesure pour les créa­teurs qui veulent au plus vite passer de l’idée à l’au­dio. C’est un vrai séquen­ceur Audio/MIDI pour musi­cien, à mille lieues de l’ap­proche 'ingé son’ de logi­ciels comme Sampli­tude. Et c’est ce qui fait sa force ! D’ailleurs, il se pour­rait bien que nombre d’adeptes de logi­ciels plus renom­més l’uti­lisent en second séquen­ceur, comme bloc-note musi­cal de luxe… D’ailleurs, il se pour­rait bien que je le fasse… D’ailleurs, je vais le faire de ce pas…

Une future réfé­rence donc, sans l’ombre d’un doute.

 

9/10
Points forts
  • Un séquenceur vraiment novateur doté d'une forte personnalité
  • Une ergonomie très bien pensée et intuitive
  • La stabilité du logiciel
  • L'insertion des plug-ins par Drag and Drop
  • Les racks virtuels
  • Le sampler virtuel avec des vrais morceaux d'Ogg dedans
  • Le rapport qualité/prix ébouriffant
Points faibles
  • La dénomination 'Filter' pour les plug-ins
  • Les plug-ins fournis, assez moyens
  • Attention aux ressources !
  • Gestion des boucles audio et de la quantisation perfectibles
  • Pas assez d'ouverture en import comme en export
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.

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