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Flux:: fait Jaget

Test du plug-in EVO Channel de Flux ::

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Flux :: EVO Channel
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Flux :: EVO Channel

Lorsqu’un éditeur français de l’envergure de Flux:: s’associe avec un ingénieur du son hexagonal de la trempe d’Yves Jaget, il y a de quoi attiser la curiosité de tout bon Geek de la MAO ! Ainsi, la rédaction d’Audiofanzine m’a logiquement mandaté pour passer sur le grill le fruit de cette première collaboration. J’ai donc l’insigne honneur de vous parler aujourd’hui de l’EVO Channel, une tranche de console virtuelle pour le moins atypique…

Quick & Flux::

C’est bien connu, l’hu­mi­lité n’est pas le prin­ci­pal trait de carac­tère qui vient à l’es­prit des gens lorsqu’il s’agit de décrire le peuple français. Pour­tant, contrai­re­ment à bon nombre de profes­sion­nels US ou British, les ingé­nieurs du son gaulois se tiennent souvent à l’écart des projec­teurs. Et c’est bien dommage si vous voulez connaitre le fond de ma pensée car nous avons la chance d’avoir par chez nous certains prati­ciens dont le parcours n’a rien à envier aux poin­tures du genre !

Flux :: EVO Channel : Night GUIPrenez Yves Jaget par exemple. Ce Monsieur avec un grand « M » offi­cie sur scène comme en studio et compte à son actif une palette d’ar­tistes fran­co­phones bigar­rés allant de Jean-Louis Aubert à Zazie en passant par Gold­man, la famille Halli­day, Hige­lin, Indo­chine, MC Solaar, Vanessa Para­dis, William Shel­ler, etc. Et si ça ne suffit pas à remplir l’al­pha­bet, vous pouvez toujours rajou­ter à ce palma­rès d’illustres incon­nus de la scène inter­na­tio­nale comme Nina Hagen, Pink Floyd, Sting ou bien encore Zappa.

Bref, l’homme possède à coup sûr un savoir-faire indé­niable alors si certains éditeurs font appel à l’ex­per­tise d’un Andrew Scheps ou d’un Tony Visconti pour conce­voir des plug-ins, pourquoi diable ne pas exploi­ter le vivier hexa­go­nal lorsqu’il est au moins tout aussi talen­tueux ? C’est peut-être ce genre de réflexion qui a motivé Gaël Marti­net, le fonda­teur de Flux::, pour solli­ci­ter les conseils d’Yves Jaget afin de créer cet EVO Chan­nel. Mais trêve de blabla, passons aux choses sérieuses.

Dispo­nible aux formats VST, AU, AAX Native, Audio­Suite et Waves WPAPI en 32 et 64 bit pour Mac OS X et Windows, l’EVO Chan­nel est donc une tranche de console virtuelle. Si l’on tient à être ronchon, nous pouvons rele­ver l’ab­sence du format VST3 ainsi que l’au­to­ri­sa­tion néces­si­tant le système iLok. Notez toute­fois qu’il n’est abso­lu­ment pas néces­saire d’avoir un dongle USB iLok, une auto­ri­sa­tion pure­ment logi­cielle liée à votre ordi­na­teur étant possible.

Pour ce qui est de l’ins­tal­la­tion du plug-in, tout se déroule pour le mieux au travers du logi­ciel maison Flux­Cen­ter qui est un modèle du genre : choix des formats à instal­ler, instal­la­tion en ligne ou hors-ligne, désins­tal­la­tion, accès à des versions anté­rieures et même à des bétas.
Finis­sons ce tour d’ho­ri­zon tech­nique par la consom­ma­tion de la bête. Niveau latence, l’EVO Chan­nel induit seule­ment 32 samples de retard, nous ne sommes donc pas sur du véri­table temps réel, mais comme il s’agit d’un trai­te­ment audio de mixage, que le premier a souf­frir de ce retard lève la main pour que nous le trai­tions tous de menteur ou de surhomme. Quant à la consom­ma­tion CPU, elle est remarqua­ble­ment basse avec seule­ment 0,2 % pour une instance sur mon Mac Pro (modèle fin 2013 Hexa­coeur Xeon 3,5 GHz – 32 Go DDR3) et 0,9 % sur mon MacBook Air (modèle 2012 Intel Core i7 2 GHz – 8 Go DDR3).

Bien, à présent voyons ce que ce joujou a dans le ventre…

Quand le Jaget, quand le Jaget là…

Plutôt que de vous décrire par le menu toutes les fonc­tion­na­li­tés de ce Chan­nel Strip en essayant d’être « funky » alors qu’un tel étalage est bien souvent pour le moins indi­geste, je vous invite à décou­vrir l’en­gin au travers des très bonnes vidéos présentes sur la chaîne YouTube de l’édi­teur. En plus, c’est monsieur Jaget en personne qui se plie à l’exer­cice et en français s’il vous plait ! Au passage, je tiens à souli­gner que ces vidéos sont vrai­ment les bien­ve­nues car malheu­reu­se­ment, le manuel (en anglais) n’est acces­sible que depuis l’in­ter­face du plug-in ce qui implique donc d’ins­tal­ler au mini­mum la version d’éva­lua­tion si l’on souhaite le consul­ter. Autre point noir selon moi, mais qui semble être un « oubli volon­taire » de la part de Flux::, ce manuel n’est pas entiè­re­ment exhaus­tif puisqu’il ne parle pas du « panneau secret » donnant accès aux réglages avan­cés pour le compres­seur ou le module Touch et qu’il fait égale­ment l’im­passe sur certains points d’er­go­no­mie d’uti­li­sa­tion comme le clic sur le nom d’un module pour le « bypass » de ce dernier ou le double-clic sur la partie minia­tu­risé d’un module afin de déve­lop­per celui-ci ; cela peut paraître bête comme chou, mais votre servi­teur n’a pas réussi à comprendre ça tout seul donc ce n’est pas forcé­ment aussi évident que cela. Bref, réjouis­sons-nous donc de l’exis­tence de ces vidéos et oublions le couac du manuel pour enchai­ner avec la partie réel­le­ment « funky » de ce banc d’es­sai : le test en situa­tion.

Flux :: EVO Channel : Secret PanelCommençons par l’une des parti­cu­la­ri­tés de cet EVO Chan­nel face à la concur­rence, à savoir sa capa­cité à pouvoir gérer la rota­tion de phase du signal de façon conti­nue de –180° à +180°. Si vous n’avez aucune idée de ce dont il s’agit, je vous conseille de lire ce petit dossier de vulga­ri­sa­tion au préa­lable. Outre le clas­sique bouton d’in­ver­sion de phase, ce plug-in propose plusieurs fonc­tions inté­res­santes. Il y a tout d’abord la possi­bi­lité de grou­per plusieurs instances entre elles (jusqu’à 8 groupes que l’on ne peut malheu­reu­se­ment pas renom­mer) afin de pouvoir rapi­de­ment compa­rer l’avant et l’après-trai­te­ment histoire de juger de la perti­nence de celui-ci. À l’usage, c’est vrai­ment pratique. Atten­tion, cette fonc­tion de grou­pe­ment ne concerne que la gestion de la phase !

Ensuite, il y a le slider qui permet la rota­tion en continu à propre­ment parler. Il faut savoir que pour corri­ger des problèmes de phase il y a grosso modo deux solu­tions non exclu­sives : l’ali­gne­ment tempo­rel des formes d’ondes et la rota­tion de phase via un système avancé de filtrage. Sur des formes d’onde complexes, la première solu­tion permet bien souvent d’ob­te­nir une certaine cohé­rence dans le bas du spectre, mais induit un filtrage en peigne dans le haut. Quant à la seconde méthode, si elle n’in­duit pas de filtrage en peigne, elle modi­fie cepen­dant les tran­si­toires. Mora­lité, aucune solu­tion n’est parfaite et tout est toujours une ques­tion de compro­mis. Ici, Flux:: a fait le choix d’of­frir la seconde solu­tion. Ne sachant pas cela, j’ai été très surpris lors de ma première utili­sa­tion car lorsque j’en­clen­chais la fonc­tion alors même que le slider était bien sage­ment à 0°, la grosse caisse sur laquelle je travaillais perdait jusqu’à –2 dB en niveau crête !? Après inves­ti­ga­tion et un rapide échange avec l’édi­teur, j’ai compris qu’il n’y avait là rien d’anor­mal vu la méthode employée et qu’en plus, ce n’était pas catas­tro­phique car le spectre et le niveau sonore perçu eux ne bougeaient pas d’un iota. Bref, j’ai donc conti­nué mon bonhomme de chemin avec mon kick et voici le résul­tat :

01 Kick Phase Off
00:0000:07
  • 01 Kick Phase Off 00:07
  • 02 Kick Phase 00:07
  • 03 Kick Phase EVO 00:07

Avant de commen­ter tout ça, notez que comme d’ha­bi­tude, pour ne pas flouer votre capa­cité de juge­ment, tous les exemples sonores ont été rame­nés au même niveau de volume perçu. De plus, sachez que tous les extraits audio utili­sés ci-après proviennent des sessions réali­sées à l’oc­ca­sion de notre guide de l’en­re­gis­tre­ment en Home Studio.

Le premier extrait se résume à une boucle de ma grosse caisse telle qu’elle a été enre­gis­trée via trois micros, à savoir un Shure 819 à l’in­té­rieur, un Audix D6 devant la peau de réso­nance et un Yamaha Subkick. Sur le deuxième sample, j’ai pris la peine d’ali­gner à la main les formes d’ondes, ce qui me semble un mini­mum syndi­cal. Résul­tat des courses, nous récu­pé­rons du bas comme nous pouvions nous y attendre. Enfin, le troi­sième extrait ajoute à cela une instance de l’EVO Chan­nel sur chacune des trois pistes. J’ai joué avec les sliders de phase jusqu’à obte­nir un rendu puis­sant dans le registre grave et plus précis dans l’at­taque. Inté­res­sant, non ? Bien que moi-même scep­tique au début, je dois bien avouer que cette fonc­tion de rota­tion de phase en continu a su me convaincre. Évidem­ment, ce genre de trai­te­ment existe déjà ailleurs, mais c’est la première fois à ma connais­sance que cela est inté­gré à un Chan­nel Strip et la fonc­tion de grou­pe­ment en rend l’usage simple et surtout effi­cace. Seul bémol, il s’agit là d’un outil réso­lu­ment profes­sion­nel indui­sant des correc­tions subtiles que le néophyte ne saura peut-être pas discer­ner ; d’au­tant que le petit graphique sinu­soï­dal à droite du slider me semble trom­peur puisqu’à 0° il affiche une seule sinu­soïde alors qu’en bascu­lant en posi­tif ou néga­tif, cette dernière se dédouble, ce qui pour­rait indiquer l’in­verse de l’ef­fet recher­ché.

Passons à présent au réglage Drive. Comme vous pouvez le voir sur le schéma repré­sen­tant le trajet du signal au travers du plug-in (image Flow.png), cet étage de satu­ra­tion se trouve en tout début de chaîne. Écou­tons l’en­gin à l’oeuvre :

04 Kick Drive Off
00:0000:07
  • 04 Kick Drive Off 00:07
  • 05 Kick Drive 50 00:07
  • 06 Kick Drive 100 00:07
  • 07 Bass Drive Off 00:22
  • 08 Bass Drive 74 00:22
  • 09 Bass Drive 100 00:22
  • 10 Vox Drive Off 00:22
  • 11 Vox Drive 50 00:22
  • 12 Vox Drive 100 00:22

Pour infor­ma­tions, le suffixe « Off » dans le nom des fichiers indique un Drive à 0 alors que les nombres repré­sentent le pour­cen­tage de Drive appliqué. Comme vous pouvez l’en­tendre, ce Drive agit tout en douceur et apporte une certaine chaleur ainsi qu’un regain d’épais­seur au son traité. Si vous cher­chez de la grosse satu­ra­tion qui tâche, passez votre chemin. En revanche, pour une colo­ra­tion déli­cate ne déna­tu­rant pas le signal source, ce qui est somme toute l’apa­nage des plus grands noms du monde hard­ware, le Drive de cet EVO Chan­nel est un pendant virtuel on ne peut plus convain­cant !

Voyons à présent l’autre grosse parti­cu­la­rité de cette tranche de console virtuelle par rapport à la concur­rence, le mysté­rieux module Touch. Tout d’abord, sachez que l’ordre de chaî­nage des diffé­rents modules est réglable via le bouton « Flow » situé en haut à droite de l’in­ter­face graphique (image Flow.png). Ainsi, Touch offre 7 modes de trai­te­ment (boost et suppres­sion des tran­si­toires, boost et suppres­sion du sustain, deux dé-esseurs et un expan­deur) que vous pour­rez placer où bon vous semble dans la chaîne de trai­te­ment. Petit plus « made in » Flux::, il est possible de restreindre l’ac­tion de ce module à une plage de fréquence défi­nis­sable par l’uti­li­sa­teur. À l’usage, Touch est diable­ment effi­cace et d’une simpli­cité enfan­tine grâce à la fonc­tion « Listen » permet­tant d’écou­ter la zone du spectre ciblée. Seul l’ex­pan­deur ne m’a pas fran­che­ment convaincu avec ses réglages simpli­fiés qui le rendent trop peu malléable à mon goût, j’au­rais de loin préféré un expan­deur/gate « à l’an­cienne ». Par contre, je réserve une mention spéciale aux dé-esseurs qui m’ont parti­cu­liè­re­ment séduit :

13 Vox DeEs­ser Off
00:0000:22
  • 13 Vox DeEs­ser Off 00:22
  • 14 Vox DeEs­ser 1 00:22
  • 15 Vox DeEs­ser 2 00:22

Au rayon des regrets, il s’agit du seul module ne dispo­sant pas d’un réglage de gain en sortie. De plus, il est impos­sible d’em­pi­ler plusieurs modules Touch… Cela aurait été pour­tant fort utile pour, par exemple, boos­ter les tran­si­toires sur une certaine plage de fréquences tout en atté­nuant le sustain sur une autre zone. Mais bon, ce genre de trai­te­ment n’est pas monnaie courante dans le monde des tranches de console alors ne boudons pas notre plai­sir.

Flux :: EVO Channel : Signal FlowUn mot à présent à propos des modules d’éga­li­sa­tion et de compres­sion. L’EQ de l’EVO Chan­nel n’est pas du genre égali­seur exhaus­tif sauce FabFil­ter. Cepen­dant, il s’avère extrê­me­ment musi­cal et simple d’uti­li­sa­tion, notam­ment grâce à la possi­bi­lité de « saisir » direc­te­ment à la souris les points de la courbe d’éga­li­sa­tion en conjonc­tion avec quelques raccour­cis clavier permet­tant de cibler la mani­pu­la­tion sur le gain, le facteur Q ou la fréquence. De plus, avec deux filtres (passe-haut/passe-bas), deux filtres en plateau (malheu­reu­se­ment à pente fixe) et quatre filtres en cloche entiè­re­ment para­mé­triques, il y a large­ment de quoi faire plus que la majo­rité des Chan­nels Strips virtuels du marché.

Dans la même veine, le compres­seur offre une large palette de compres­sion rare­ment rencon­trée sur ce type de produit tout en se payant le luxe de rester extrê­me­ment simple d’uti­li­sa­tion. En effet, ce module est issu du Pure Compres­sor de la marque et propose pas moins de 9 modes de compres­sion diffé­rents grâce à un système de mini-presets (start, kick/snare, overhead, drum buss, bass, acous­tic, piano, vocal et mix) qui ont tous clai­re­ment une person­na­lité propre. Pour chacun d’eux, nous avons accès aux para­mètres essen­tiels — seuil, ratio, attaque, relâ­che­ment (avec option adap­ta­tive au niveau du signal source), dry/wet. Seul absence qui me chagrine un peu, un filtre coupe-bas sur le circuit de side­chain… Sauf qu’en réalité, en cliquant en haut à gauche de l’in­ter­face graphique sur le nom d’Yves Jaget, un panneau de réglages « secrets » vous donne la main sur ce dernier et bien plus encore (image Secret Panel.png). Concrè­te­ment, hormis le filtrage du side­chain, ce panneau s’adresse unique­ment au plus Geek d’entre nous, mais c’est tout de même inté­res­sant de voir ce qui rend chaque mini-preset unique en son genre.

Bon, tout ça est bien joli, mais comment sonne donc ce beau monde en pratique ? C’est ce que je vous propose de décou­vrir sur-le-champ :

16 Drums dry
00:0000:22
  • 16 Drums dry 00:22
  • 17 Drums wet 00:22
  • 18 Drums Bass dry 00:22
  • 19 Drums wet Bass dry 00:22
  • 20 Drums Bass wet 00:22
  • 21 Drums Bass Gtr dry 00:22
  • 22 Drums Bass wet Gtr dry 00:22
  • 23 Drums Bass Gtr wet 00:22
  • 24 None­the­less dry 00:22
  • 25 None­the­less wet 00:22
  • 26 None­the­less wet Buss 00:22

A priori, j’ai fait en sorte de nommer chacun des fichiers audio de façon à ce que vous compre­niez qui est traité et qui ne l’est pas, j’es­père que cela sera clair pour tout le monde. Pour conce­voir ces extraits, je suis parti d’une mise à plat brute.

Sur la batte­rie, j’ai utilisé une instance de l’EVO Chan­nel sur chacune des pistes ainsi que sur le bus dans l’op­tique d’ob­te­nir un son bien « in your face » assez « rêche ». Le rendu me semble corres­pondre parfai­te­ment à mes attentes, mais j’avoue qu’ici, un Gate digne de ce nom m’au­rait faci­lité la vie.

Pour la basse, l’idée était de lui donner une certaine person­na­lité histoire que le carac­tère agres­sif de la batte­rie ne l’étouffe pas. À ce petit jeu, le Drive ainsi que le compres­seur de l’EVO Chan­nel ont été de précieux alliés.

Avec les guitares, le but était de les diffé­ren­cier l’une de l’autre tout en leur confé­rant une certaine cohé­rence vis-à-vis du couple basse/batte­rie. Ici, l’éga­li­sa­tion et le Drive ont permis cela en un tour­ne­main.

Flux :: EVO Channel : FlowSur les derniers extraits, une boucle stéréo de « fiori­tures guita­ris­tiques » ainsi que la voix Lead font leur appa­ri­tion. Pour la boucle, il fallait la faire recu­ler dans le mix sans pour autant la perdre tota­le­ment. Étant donné sa nature rela­ti­ve­ment brillante, ce n’était pas une manœuvre facile à effec­tuer sans l’aide d’une réver­bé­ra­tion ou d’un léger delay mais comme le test ne concerne que l’EVO Chan­nel, je me suis contenté de pratiquer un travail prépa­ra­toire à l’aide de l’éga­li­sa­tion. Quant à la voix, j’ai voulu pous­ser le plug-in dans ses retran­che­ments en tentant d’ob­te­nir un effet typé « vieille radio ». Très clai­re­ment, un effet dédié aurait été plus adapté car le Drive et l’EQ de l’EVO Chan­nel sont trop « gentils » pour ce genre de trai­te­ment. Ceci étant, vous remarque­rez que le compres­seur fait un superbe travail et tient bien la bride à ce signal de façon à ce qu’il rentre dans le mix tout en restant bien intel­li­gible.

Une remarque concer­nant l’exemple 26 pour lequel une instance du plug-in a été utilisé sur le bus Master afin d’uni­fier le mixage. Au début de l’ex­trait, vous pouvez entendre un petit clic audio. J’ai laissé passer ce dernier volon­tai­re­ment car il provient bel et bien du plug-in inséré sur le Master. Le hic, c’est qu’en déplaçant cette instance sur une piste quel­conque, le clic dispa­rait. De même, en repro­dui­sant exac­te­ment les mêmes réglages sur une deuxième instance placée sur le Master et en enle­vant la première, le clic s’en va… Sauf qu’en copiant une deuxième fois l’ins­tance fautive sur le bus Master et en enle­vant la première, le clic est toujours là !? J’avoue ne pas comprendre le phéno­mè­ne… Heureu­se­ment, lors de mes diffé­rents tests qui se sont étalés sur un mois entier, c’est la seule fois qu’un tel problème est survenu.

Voilà qui conclut notre session d’écoute. Avouez qu’entre la mise à plat du début et le résul­tat final il y a un monde ! Bien sûr, il ne s’agit là que d’un prémix statique et il manque encore tout un travail sur l’es­pace via des réver­bé­ra­tions et/ou delays ainsi qu’une bonne dose d’au­to­ma­tion, mais l’EVO Chan­nel m’a permis de sculp­ter ce sque­lette de mixage en lui confé­rant une ossa­ture pour le moins vigou­reuse. Il me semble que c’est exac­te­ment ce que l’on se doit d’at­tendre d’un tel outil de travail et la mission est remplie avec brio !

À ce stade du test, ceux d’entre vous qui me font l’hon­neur de lire mes bancs d’es­sai doivent se dire que j’ai fait l’im­passe sur deux de mes marottes en matière de plug-in. Que nenni ! Je m’en vais trai­ter cela illico pres­to…

EVOlu­tion

Ni allons pas par quatre chemins : aussi belle soit-elle, l’in­ter­face graphique de l’EVO Chan­nel n’est malheu­reu­se­ment pas redi­men­sion­nable et donc, comme souvent dans ces cas-là, elle est peu lisible sur un grand écran (image Tiny GUI.png). C’est vrai­ment dommage car, outre la lisi­bi­lité des divers réglages, cela dimi­nue égale­ment l’in­té­rêt de l’ana­ly­seur de spectre, au demeu­rant fort attrayant avec son para­mètre permet­tant de doser le niveau de détail d’af­fi­chage des spectres en entrée/sortie. La bonne nouvelle, c’est que Flux:: planche sur la ques­tion afin de conce­voir un nouveau frame­work qui rendra l’en­semble des GUIs de son cata­logue redi­men­sion­nable à l’en­vie.

Concer­nant mon deuxième cheval de bataille, à savoir la fonc­tion de compa­rai­son A/B, c’est en revanche un sans faute ! En effet, non seule­ment l’EVO Chan­nel dispose de cette fonc­tion­na­lité, mais il offre égale­ment la possi­bi­lité de réali­ser un morphing entre le réglage A et le réglage B ! Notez que cette fonc­tion est présente sur tous les plug-ins de trai­te­ment de la marque, ce qui ne la rend pas moins diable­ment bien vu sur ce Chan­nel Strip.

Pour finir, un mot sur les presets. L’EVO Chan­nel est livré avec 50 presets cise­lés par monsieur Jaget. Il y en a vrai­ment pour tous les goûts avec les clas­siques pour batte­rie, basse, guitare et voix, mais aussi des presets pour des instru­ments plus « exotiques » comme le violon­celle, le celesta, l’udu, etc. Habi­tuel­le­ment, je ne suis pas un grand fan de presets. Ceci étant, force est de consta­ter que monsieur Jaget connait son affaire ! Pardon­nez-moi l’ex­pres­sion, mais nous sommes bien loin des presets putas­siers four­nis par certains éditeurs… Ici, c’est le petit Jésus en culotte de velours, tout simple­ment. Certes, à titre person­nel je ne les utili­se­rai pas, mais j’ai pris un malin plai­sir à les analy­ser et rien que pour ça c’est déjà une béné­dic­tion. Cerise sur le gâteau, le gestion­naire permet de choi­sir entre le char­ge­ment du preset complet ou de seule­ment l’un des modules. Que demande le Peuple ?

Fiat Flux::

Le dernier né de Flux:: est assu­ré­ment un beau joujou. Musi­cal, intui­tif, doté de fonc­tions atypiques, peu gour­mand en ressources et plus souple que la majo­rité des produits concur­rents, c’est un outil profes­sion­nel puis­sant qui saura satis­faire toute personne à la recherche d’une tranche de console virtuelle ayant du carac­tère tout en respec­tant la nature du signal source. Pour 129 €, l’ac­qué­reur en aura vrai­ment pour son argent. Si vous voulez véri­ta­ble­ment connaitre le fond de ma pensé, le jour où Flux:: rendra l’in­ter­face redi­men­sion­nable et s’ils daignent ajou­ter un second module Touch avec un mode expan­deur/gate moins « simpliste », l’EVO Chan­nel sera alors à mes yeux le meilleur Chan­nel Strip du marché, rien de moins. Bref, messieurs Jaget et Marti­net chapeau bas pour votre première colla­bo­ra­tion !

Bien entendu, je vous invite comme d’ha­bi­tude à télé­char­ger la version d’éva­lua­tion afin de tester la bête par vous-même, vous m’en direz des nouvel­les…

8/10
Award Valeur sûre 2018
Points forts
  • Channel Strip puissant et musical
  • Intuitif
  • Souplesse d’utilisation
  • Drive chaleureux et doux à la fois
  • Module Touch
  • Compresseur polyvalent
  • EQ bien fourni pour un Channel Strip
  • Gestion de la phase
  • Comparaison A/B
  • Morphing A/B
  • Qualité des presets signés Yves Jaget
  • Gestionnaire de presets pratique
  • Peu gourmand en ressources
  • FluxCenter au top
  • Vidéos de présentation en français
Points faibles
  • Interface non redimensionnable (pour l’instant)
  • Un seul module Touch
  • Pas de réglage du gain en sortie du module Touch
  • Pas d’expandeur/gate « à l’ancienne »
  • Impossible de renommer les groupes
  • Filtres en plateau à pente fixe
  • Pas de format VST3
  • iLok physique ou logiciel obligatoire
  • Manuel perfectible

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