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Steinberg WaveLab Pro 9.5
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Test Steinberg WaveLab Pro 9.5

Editeur audionumérique de la marque Steinberg appartenant à la série Wavelab

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Prix public : 579 € TTC
9 versions et demie
7/10
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Après le support du Mid/Side et la belle refonte ergonomique de la v9, Wavelab nous revient dans une version qui, si elle est intermédiaire, n’en propose pas moins des nouveautés intéressantes.

Avant de nous jeter sur cette mise à jour, et parce que les éditeurs audio vivent dans l’ombre des stars de la MAO que sont les Stations de Travail Audio­Nu­mé­rique (STAN ou encore DAW en anglais), un petit rappel ne fera pas de mal à ceux qui saisissent mal à quoi ils peuvent bien servir. Une analo­gie simple consis­te­rait à dire qu’un éditeur audio comme Wave­lab est à une STAN comme Cubase ce qu’un logi­ciel de retouche comme Photo­shop est à un logi­ciel de PAO comme InDe­sign. En d’autres termes, bien qu’on trouve dans les STAN quelques fonc­tions de base pour éditer l’au­dio, c’est vers un éditeur dédié qu’on se tourne lorsque l’édi­tion tombe dans le gros oeuvre ou réclame un maxi­mum de préci­sion. En effet, s’il n’est pas ques­tion de compo­ser de la musique dans ces éditeurs (on n’y trouve par exemple ni instru­ments virtuels ni pistes MIDI), on y trouve a priori tous les outils pour brico­ler les fichiers audio et qui ne sont pas néces­sai­re­ment présents dans nos STAN, ou tout du moins, pas aussi abou­tis. Cela va des trai­te­ments divers et variés à la conver­sion ou l’en­co­dage, en passant par les tâches de montage et d’ana­lyse, mais aussi quan­tité d’opé­ra­tions néces­si­tant des modules dédiés : la gravure d’un CD ou d’un DVD en obser­vant la norme Red Book (et la créa­tion d’images DDP), l’ap­pli­ca­tion de divers trai­te­ments par lots, la restau­ra­tion audio, etc.

Quel sont donc, du coup, les plus grands utili­sa­teurs des éditeurs audio de nos jours ? Les ingés son en maste­ring et les spécia­listes de la restau­ra­tion audio comme nous venons de le dire, mais aussi ceux qui font du son à l’image, de la radio ou assi­milé (les jour­na­listes et autres podcas­ters) et les sound desi­gners au nombre desquels on trou­vera les concep­teurs de banques de samples : vous imagi­nez bien que lorsqu’il s’agit de trai­ter les 72697 samples que comptent la banque Cham­ber Strings de Spit­fire, ce ne sont pas Cubase ou Pro Tools qui sont utili­sés…

Ce petit rappel effec­tué, il convient à présent de se tour­ner vers Wave­lab, l’édi­teur audio proposé par Stein­berg depuis 1995, et qui nous est arrivé il y a quelques semaines dans sa version 9.5. Le logi­ciel est proposé en deux décli­nai­sons : Wave­lab Elements qui se destine ‘aux produc­teurs en deve­nir et aux musi­ciens’ pour 100 euros envi­ron, et Wave­lab Pro qui cible quant à la lui les produc­teurs audio en devenu, ainsi que les profes­sion­nels du maste­ring, de la restau­ra­tion et du montage audio pour 560 euros envi­ron en version télé­char­ge­ment et 570 euros envi­ron en version boîte, sachant que cette dernière inclut le dongle USB eLicen­cer sans lequel vous ne pour­rez pas utili­ser le logi­ciel (un dongle vendu seul 23 euros).

Qui peut le plus peut le moins : c’est donc la version pro que nous teste­rons ici, sachant qu’un réca­pil­tua­li­tif des diffé­rences entre les deux versions vous attend sur le site de l’édi­teur. 

Un air de 9

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : visual

Sitôt le logi­ciel lancé, on retrouve l’in­ter­face de Wave­lab dans l’état où on l’avait lais­sée en version 9, avec notam­ment ce ruban à onglets qui concentre toutes les fonc­tions du logi­ciel et qui n’est pas sans rappe­ler l’er­go­no­mie imagi­née par Micro­soft pour la version 2007 de la suite bureau­tique Office. Le libellé des 9 onglets est rela­ti­ve­ment clair (Fichier, Vue, Éditer, Insé­rer, Trai­ter, Correc­tion, Spectre, Analy­ser, Rendre) et la façon dont les contrôles sont agen­cés sur chaque ruban répond la plupart du temps à une logique de produc­tion. Vu que Wave­lab 9 n’avait pas fait l’objet d’un test sur Audio­fan­zine, rappe­lons que chaque fenêtre est suscep­tible d’être déso­li­da­ri­sée de l’in­ter­face (pour l’af­fi­cher sur un autre écran par exemple) ou placée ou bon vous semble dans cette dernière par simple cliquer-glis­ser : une modu­la­rité qui sera utile au quoti­dien vu que le logi­ciel regorge de visua­li­seurs et d’ou­tils de toutes sortes dont l’uti­lité variera en fonc­tion des tâches.

C’est d’ailleurs la grande force de Wave­lab et son plus grand atout sur nombre de ses concur­rents : il propose une gamme réel­le­ment complète d’ou­tils de mesure et de visua­li­sa­tion. Niveau­mètre (vu-mètre), sono­mètre, phases­cope, bitmètre, oscil­lo­scope, ondo­scope, spec­tro­scope, spec­tro­mètre et spec­tro­gramme. Bref pleins de truc­mètres et de machin­scopes qui ne vous diront pas forcé­ment quelque chose à l’écoute de leur nom, mais qui s’avèrent indis­pen­sables pour exami­ner un signal sous toutes ses coutures, d’au­tant que chaque outil propose diffé­rents para­mètres pour défi­nir son appa­rence comme son cali­brage. Et c’est d’ailleurs sur l’un de ces outils en parti­cu­lier qu’il s’agit de s’at­tar­der puisque la nouveauté majeure de cette version 9.5 tient dans la refonte complète du spec­tro­gramme et des outils qui lui sont liés.

« Entre le spectre. » (Hamlet, Acte I, sc 4–5)

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : spectrogramme

Si depuis les débuts de la MAO, la plupart des logi­ciels ont privi­lé­gié l’af­fi­chage de la forme d’onde du signal qui nous renseigne sur son ampli­tude (le volume du son donc), le spec­tro­gramme nous propose quant à lui d’af­fi­cher son contenu spec­tral. En vue spec­tro­gra­phique, on peut en effet affi­cher les diffé­rentes fréquences compo­sant les sons et qui forment autant de traî­nées plus ou moins contras­tées suivant leur volume, sachant qu’en bas se trouvent les graves et en haut les aigus. De la sorte, on peut voir très nette­ment des choses qui nous échap­pe­raient complè­te­ment sur une tradi­tion­nelle forme d’onde : la sonne­rie d’un télé­phone portable lors d’une allo­cu­tion, le bruit de fond d’un venti­la­teur ou d’une boucle de masse. L’ou­til est si pratique pour ces cas parti­cu­liers qu’il est au cœur de la plupart des logi­ciels de restau­ra­tion audio, à commen­cer par le popu­laire Izotope RX, mais aussi d’édi­teurs audio concur­rents comme Audi­tion d’Adobe et plus récem­ment l’Acous­tica d’Acon Audio, ou de logi­ciels spécia­li­sés dans le démixage (Audio­na­mix ADX-Trax).

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : Inpainting

Ce qu’il y a en outre d’in­té­res­sant avec l’édi­tion spec­tro­gra­phique, c’est qu’on y inter­vient comme on inter­vien­drait sur une image dans un logi­ciel de retouche photo : un bruit para­site à reti­rer appa­raît ainsi comme une forme bien nette qu’il suffit de sélec­tion­ner au lasso et de suppri­mer pour régler le problème. Un vrai jeu d’en­fant ? Rela­ti­vi­sons tout de même : il ne s’agit pas de char­cu­ter impu­né­ment le spectre d’un signal sans que ne se produise des arte­facts audibles et c’est préci­sé­ment pour cette raison que Wave­lab nous propose la nouvelle fonc­tion Inpain­ting.

S’ins­pi­rant des logi­ciels de retouche photo qui permettent d’ef­fa­cer des person­nages ou des objets des photos en recons­ti­tuant l’ar­rière-plan via l’ana­lyse de l’en­vi­ron­ne­ment, Inpain­ting analyse le contexte de la portion que vous suppri­mez et comble le trou spec­tral par un signal cohé­rent. L’idée est bonne et permet dans bien des cas de faire des trai­te­ments rela­ti­ve­ment trans­pa­rents. Voyez ce que ça donne sur cette voix para­si­tée par la sonne­rie d’un télé­phone, d’abord trai­tée avec un atté­nua­tion de 140dB sur la zone problé­ma­tique, ensuite traité avec les réglages de base d’In­Pai­ting (ce qui donne une sorte de violo­ning sur la sonne­rie), puis enfin avec des réglages plus appro­priés :

nerval origi­nal
00:0000:04
  • nerval origi­nal 00:04
  • Nerval 140db 00:04
  • nerval inpaint 00:04
  • Nerval inpaint2 00:04

Il y a sans doute encore mieux à faire en travaillant sur le résidu, mais l’at­té­nua­tion propo­sée par InPain­ting est inté­res­sante dans la mesure où elle se diffé­ren­cie de la simple atte­nua­tion en termes de résul­tats : il faudra donc voir, au cas par cas, la solu­tion à privi­lé­gier lors des trai­te­ments. Souli­gnons que le violo­ning invo­lon­taire obtenu avec des mauvais réglages laisse entre­voir des choses inté­res­santes en termes de Sound Design.

Évidem­ment, en vis-à-vis de cette fonc­tion origi­nale, tous les outils clas­siques d’un éditeur spec­tro­gra­phique sont de la partie, à commen­cer par la confi­gu­ra­tion du visua­li­seur (couleurs, contraste, réso­lu­tion, etc.) ou les tradi­tion­nels outils de sélec­tion, du lasso à la baguette magique en passant par un système permet­tant de sélec­tion­ner les diffé­rentes harmo­niques corres­pon­dant à une fonda­men­tale. Il ne manque réel­le­ment qu’un mode de visua­li­sa­tion animée en 3D pour que l’ou­til soit complet. Stein­berg se rattrape toute­fois en nous propo­sant une vision en Onde­lettes, des fonc­tions inven­tées par le géophy­si­cien Jean Morlet alors qu’il travaillait sur les problèmes de pros­pec­tion de pétrole pour Elf (c’est donc la deuxième inven­tion que l’au­dio doit à l’in­dus­trie pétro­lière pour laquelle Andy Hilde­brand avait déve­loppé l’al­go­rithme à la base d’Auto-tune). De quoi s’agit-il ? D’un spec­tro­gramme mettant mieux en valeur les notes via un jeu de contraintes chro­ma­tiques : c’est bien vu et permet de se concen­trer sur ces dernières en cas d’édi­tion d’en­re­gis­tre­ment musi­cal, pour reve­nir à la vue clas­sique lorsqu’il s’agit de travailler sur du bruit. Bref, Wave­lab fait un beau pas avec cet éditeur qui, si ils ne disposent pas déjà d’un outil aussi évolué, justi­fie sans doute à lui seul la mise à jour pour les aficio­na­dos du soft… Or, ce n’est pas le seul apport de cette nouvelle mouture.

Resto sur le pouce

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : restorerig

Toujours au rayon restau­ra­tion audio, Wave­lab nous propose désor­mais un plug-in nommé Resto­re­Rig qui réunit trois outils au sein d’une même inter­face. Un de-clicker (pour enle­ver les clics et autres craque­ments), un denoi­ser (pour reti­rer les souffles conti­nus) et un de-buzzer (pour reti­rer les boucles de masse et autres ronflettes). Même si ce sont là trois outils clas­siques qui ne vous permet­tront pas de gérer tous les cas de figure se présen­tant dans le cadre d’une restau­ra­tion audio, souli­gnons que ces outils jouissent d’un très bon rapport simpli­cité/effi­ca­cité : en deux ou trois boutons, on vient ainsi à bout des problèmes ciblés et, comme il s’agit d’un plug-in VST3 et non d’une fonc­tion, on peut affi­ner ses réglages en temps réel, à l’oreille. Voyez ce que donne le denoi­ser doté d’un système de profi­lage du bruit à élimi­ner :

Prof origi­nal
00:0000:14
  • Prof origi­nal 00:14
  • prof denoise 00:14

Dans le sillage de ce plug-in, saluons aussi l’ar­ri­vée d’une nouvelle barre d’ou­tils acces­sible via l’on­glet Correc­tion au sein du ruban, et qui vous permet d’au­to­ma­ti­ser en partie la détec­tion de problèmes et leur réso­lu­tion. L’or­ga­ni­sa­tion du ruban est bien pensée puisque le flux de produc­tion (work­flow) s’y déroule de gauche à droite : on para­mètre la sélec­tion à inspec­ter, la sensi­bi­lité de la détec­tion et, une fois cette dernière effec­tuée, on peut choi­sir entre diffé­rentes méthodes pour corri­ger les problèmes un à un (sachant que ces derniers ont tous été asso­ciés à un marqueur) ou bien tout régler d’un seul coup.

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : correction

Même si l’ou­til est inté­res­sant, on notera deux limi­ta­tions. La première, c’est que les problèmes détec­tés ne concernent visi­ble­ment que le cliping : j’ai intro­duit un glitch bien cracra dans un fichier et il est passé inaperçu parce qu’il ne conte­nait aucune satu­ra­tion, et il m’éton­ne­rait gran­de­ment que Wave­lab remonte quelque problème de phase que ce soit. Bref, Correc­tion concerne le clip­ping et c’est déjà pas mal. La deuxième limi­ta­tion est à mon sens plus ennuyante : pour chaque erreur, le logi­ciel vous suggère 8 méthodes de correc­tion (inter­po­la­tion, rempla­ce­ment de forme d’onde, Inpain­ting, etc.) sachant qu’au­cune pré-écoute n’est possible. Pour juger de la perti­nence des solu­tions propo­sées, il faudrait donc pour chaque problème appliquer une solu­tion, écou­ter, annu­ler le trai­te­ment, puis appliquer la seconde. Bref, en l’ab­sence d’un préaperçu, on restera dubi­ta­tif sur le gain de produc­ti­vité que permet cet outil qui aurait pu être excellent. Nous aurons à repar­ler d’ailleurs un peu plus bas de cette absence de pré-écoute.

Et puis aussi…

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : masterrig

Préci­sons-le, cette version 9.5 propose plusieurs autres nouveau­tés de plus ou moins grande impor­tance : on citera ainsi le passage du moteur audio en 64 bits à virgule flot­tante, ce qui n’a rien d’un détail pour ce qui concerne les trai­te­ments, mais aussi l’amé­lio­ra­tion de plusieurs plug-ins, qu’ils s’agisse du Master­Rig ou encore des outils de dyna­mique qui, selon les cas, béné­fi­cient d’une refonte d’in­ter­face ou de nouvelles fonc­tion­na­li­tés (réglages Dry/Wet sur les compres­seurs, ajout d’un maxi­mi­seur dans Master­Rig).

Côté trai­te­ment par lots, on notera l’ar­ri­vée de 2 nouveaux modules : l’un permet­tant de diffé­rer n’im­porte quel trai­te­ment pour un temps défini et l’autre permet­tant d’au­to­ma­ti­ser le mixage d’un fichier avec un autre fichier, ce qui sera très pratique pour insé­rer un copy­right dans un fichier de démo. D’ailleurs, Stein­berg a bien fait les choses de ce côté puisque, depuis la vue spec­tro­gra­phique, on peut même ajou­ter une image dans l’aperçu d’un fichier.

Les posses­seurs des derniers MacBook Pro seront aussi ravis d’ap­prendre que Wave­lab gère désor­mais la Touch Bar de leur portable, offrant des commandes contex­tuelles qui vous feront gagner en effi­ca­cité. Last but not least, l’édi­teur audio de Stein­berg est désor­mais livré avec l’ap­pli­ca­tion DDP player qui, comme son nom l’in­dique, permet d’ou­vrir une image DDP pour en véri­fier tous les détails. Et comme ce logi­ciel est gratuit, les ingé­nieurs du son en maste­ring pour­ront tout à fait l’uti­li­ser comme outil pour faire vali­der leur travail auprès de leurs clients : une excel­lente idée.

Bref, cette 9.5 propose pas mal de bonnes choses, grandes ou petites, qui devraient inci­ter les fidèles utili­sa­teurs du soft à s’of­frir la mise à jour (de 60 à 250 € selon que vous mettez à jour depuis Wave­lab Pro 9 ou 7, et à 480 euros depuis Wave­lab Elements).

Reste que pour juger de la perti­nence du logi­ciel pour tout un chacun, il convient main­te­nant d’évoquer ses faiblesses.

Loin d’être parfait

Il y a donc de très bonnes choses dans ce Wave­lab Pro 9.5 même si, il faut l’avouer, le logi­ciel est encore très loin d’être parfait, que ce soit sur le plan des fonc­tion­na­li­tés propo­sées ou plus simple­ment de l’er­go­no­mie. Commençons par énumé­rer tout ce qui manque, en attaquant la liste par les effets et trai­te­ments four­nis.

La plupart des plug-ins propo­sés avec le logi­ciel sont les mêmes que l’on retrouve dans Cuba­se… sachant qu’un certain nombre d’entre eux ont été oubliés et on se demande bien pourquoi : pas de REVe­rence, pas de Quadra­fuzz et pas de Multi­band Enve­lope Shaper, entre autres absents. Et c’est bien dommage, car un proces­seur à convo­lu­tion aurait parfai­te­ment sa place dans un outil pour sound desi­gner, tout comme nombres d’ef­fets multi­bandes. Il faut d’ailleurs le souli­gner : si Wave­lab gère le M/S depuis sa version 9, il ne propose toujours pas de split­ter fréquen­tiel qui permet­trait de faire n’im­porte quel trai­te­ment en multi­bande (et pas seule­ment de la compres­sion ou de la spatia­li­sa­tion). Loin de ce qui se trouve dans quan­tité de STAN qui ont une approche modu­laire de la chaîne d’ef­fet (Track­tion, Reaper, Reason, Studio One), avec la possi­bi­lité de faire des splits stéréo du signal (en stéréo clas­sique ou en mid-side) ou encore de le divi­ser en plusieurs bandes de fréquences, Wave­lab nous propose une bonne vieille tranche avec ses inserts et ses envois. Or, si ce côté clas­sique ne gênera proba­ble­ment pas un ingé son en maste­ring, il pourra s’avé­rer un tanti­net frus­trant pour le sound desi­gner à la recherche d’un bac à sable pour faire ses expé­ri­men­ta­tions. Certes, toutes ces lacunes peuvent être comblées en recou­rant à des plug-ins de tierce partie, mais au prix réclamé par Wave­lab, c’est un brin agaçant… Et ça l’est d’au­tant plus qu’en dehors du dosage des effets, on ne dispose d’au­cun moyen d’au­to­ma­ti­ser des para­mètres des plug-ins : augmen­ter le gain d’un distor­sion sur toute la longueur d’un fichier ou jouer avec le temps de retard d’un delay est ainsi impos­sible.

Mais on regret­tera aussi que nombre de trai­te­ments doivent se faire à l’aveugle (ou plutôt à la sourde), le logi­ciel ne dispo­sant pas de pré-écoute audio dans la fenêtre de para­mé­trage : nous en avons parlé pour ce qui est de la partie Correc­teur, mais c’est aussi le cas pour tout ce qui concerne les enve­loppes de volume, de pitch, de fondu ou vous devrez régler votre courbe et appliquer le trai­te­ment pour voir s’il vous convient, sachant que si ce n’est pas le cas, il vous faudra reve­nir en arrière pour annu­ler votre trai­te­ment, refaire le réglage de la courbe, etc. L’as­tuce pour contour­ner cette limi­ta­tion consiste à lire la portion du fichier à trai­ter en boucle et à appliquer le trai­te­ment puis l’an­nu­ler jusqu’à parve­nir au réglage désiré : avouons tout de même que c’est assez bizarre du point de vue ergo­no­mique.

Pour­sui­vons avec les outils dédiés au son à l’image qui brillent par leur absence : pas de moni­teur vidéo donc tandis que le logi­ciel ne gère que 8 canaux maxi­mum. Ce sera donc du 7.1 au mieux, ce qui est diffi­ci­le­ment compré­hen­sible lorsqu’on sait que Nuendo gère jusqu’au 10.2…

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : decoupe2

Enfin, malgré sa refonte graphique plutôt réus­sie qui rend le logi­ciel beau­coup agréable à utili­ser depuis sa version 9, Wave­lab souffre toujours d’une ergo­no­mie très perfec­tible, au point que son cahier des charges semble parfois se résu­mer à « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ». Tronçon­ner une boucle de batte­rie en slices avec des marqueurs en vue d’iso­ler des samples passe par exemple par un assis­tant de 6 pages sans aucune possi­bi­lité de régler la sensi­bi­lité du décou­page à même la fenêtre et en temps réel, comme cela se fait très natu­rel­le­ment dans ReCycle depuis plus de 20 ans, dans Sound Forge depuis presque aussi long­temps et dans… Cubase depuis près de 12 ans ! Certes, on peut zapper certaines étapes et l’on peut enre­gis­trer des préré­glages de cet assis­tant, mais il est assez incroyable de voir qu’un outil aussi simple partout ailleurs se trans­forme en usine à gaz.

Steinberg WaveLab Pro 9.5 : pluginsmess

On fera la même remarque à propos du système qui permet d’or­ga­ni­ser les plug-ins de tierce partie et qui, s’il a le mérite d’exis­ter, est très loin d’être convain­cant en regard de ce qu’on connait sur des logi­ciels comme Studio One ou Reaper. Non seule­ment, il est labo­rieux à utili­ser, mais il est frappé de limites vrai­ment agaçantes : impos­sible de faire une arbo­res­cence de sous-caté­go­ries pour clas­ser ses plugs, d’au­tant que le clas­se­ment proposé par défaut est vrai­ment bordé­lique : entre les caté­go­ries doublons (Spatial, Spatial+­Pan­ner, Stereo, Surround), les attri­bu­tions hasar­deuses (la réverbe à ressort Spring­box de PSP se retrouve dans Delay, le bx-subsynth de Brain­worx et les exci­ters de l’Izo­tope Neutron se retrouvent dans… Distor­tion !) et la plupart des plug-ins qui sont rangés dans le gros fourre-tout ‘Autre caté­go­rie’, on comprend que Wave­lab nous incite à clas­ser nos effets par marque, même si cela est un non-sens en termes d’uti­li­sa­tion. Bref, c’est assez mal conçu et, en fonc­tion du nombre de plug-ins dont vous dispo­sez (songez que le bundle Mercury de Waves en propose plus de 400…), ça aura vite fait de tour­ner au caphar­naüm à moins de passer de longues heures à ranger tout cela.

Wave­lab Pro a donc des défauts comme des lacunes. Le problème, c’est que l’ac­cu­mu­la­tion et la nature de ces derniers fait un peu tache en regard d’un prix rela­ti­ve­ment élevé, et qu’on voit mal quel profil d’uti­li­sa­teur pour­rait s’en satis­faire plei­ne­ment : pas équipé pour le son à l’image, pas pratique pour le sound design, le logi­ciel n’est pas non plus ce qu’on peut trou­ver de mieux pour faire de la restau­ra­tion audio (il ne riva­lise pas sur ce terrain avec la version Stan­dard de RX moins chère). Et même dans le cas des ingé­nieurs du son en maste­ring, il n’est pas certain que les manques côté auto­ma­tion ou pré-écoute des trai­te­ments parviennent à équi­li­brer les grandes quali­tés du logi­ciel sur le plan de l’ana­lyse, de la visua­li­sa­tion et du trai­te­ment par lot. Si cette mise à jour est donc une bonne mise à jour en regard du seul réfé­rent Wave­lab, le prix du logi­ciel semble un tanti­net élevé en regard des défauts et lacunes qu’on explique mal chez un leader de marché. On sera forcé­ment moins exigent avec Wave­lab Elements dont le rapport perfor­mances/prix s’avère cohé­rent, mais pour ce qui est de Wave­lab Pro, on attend mieux.

Conclu­sion

Wave­lab Pro 9.5 est assu­ré­ment l’un des meilleurs éditeurs audio du marché si ce n’est le meilleur, grâce à ses indé­niables quali­tés comme au fait que la concur­rence manque singu­liè­re­ment d’agres­si­vité, sur Mac comme sur PC. Compre­nez par là que le logi­ciel de Stein­berg propose quan­tité de choses enthou­sias­mantes, mais qu’il est loin d’être sans défaut : on a ainsi d’un côté d’ex­cel­lents outils d’ana­lyse et de visua­li­sa­tion, un mode batch aux petits oignons, d’ex­cel­lents trai­te­ments et effets ainsi qu’un spec­tro­gramme nouvelle formule offrant une fonc­tion Inpain­ting inté­res­sante. Mais de l’autre côté, force est de consta­ter que quasi­ment tous les défauts rele­vés lors du test de la version 8 il y a 5 ans sont toujours de mise et que Wave­lab est du coup loin d’être le premier de la classe dont on rêve­rait.

Ceux qui travaillent le son à l’image peste­ront sur la gestion limi­tée du multi­ca­nal ou l’ab­sence de support de la vidéo tandis que les autres râle­ront sur l’ab­sence de fonc­tions de base et la persis­tance de défauts ergo­no­miques qui ne datent pas d’hier : comment se peut-il qu’un tel logi­ciel soit dépourvu de pré-écoute audio sur la plupart des trai­te­ments ? Comment se fait-il qu’il ne propose pas de proces­seur à convo­lu­tion alors qu’on en trouve un dans Cubase et Nuendo ? Qu’il soit dépourvu de tout système d’au­to­ma­tion pour les para­mètres des plug-ins ? Que des choses si aisées à réali­ser sous le vieux Cubase 4, comme le place­ment auto­ma­tique de marqueurs aux tran­si­toires, soient aussi compliquées, douze ans plus tard, dans un éditeur où cela devrait être a priori plus simple ? On peine réel­le­ment à comprendre la façon dont Wave­lab évolue (ou n’évo­lue pas) sur quan­tité de points et l’on se dit qu’à force de lambi­ner, il pour­rait bien de nouveau subir la réelle concur­rence d’un Sound Forge dont l’im­mi­nente version 12 pour­rait bien lui permettre de refaire son retard (notam­ment sur les outils de visua­li­sa­tion), ou se faire surprendre par des chal­len­gers plus récents, tels le petit Acous­tica d’Acon Digi­tal, toujours plus complet pour moins de la moitié du tarif pratiqué par Stein­berg, ou encore Sound It.

Bref, si les utili­sa­teurs quoti­diens du logi­ciel ont tout inté­rêt à passer à cette version 9.5, car nous sommes proba­ble­ment en présence du meilleur Wave­lab jamais sorti, on espère que Stein­berg enclen­chera le turbo pour la dixième mouture de son éditeur, histoire que son leader­ship soit réel­le­ment incon­tes­table et que le prix de 560 euros paraisse plei­ne­ment justi­fié.

7/10
Points forts
  • Refonte de l’interface convaincante (Wavelab 9)
  • Moteur audio 64 bits
  • Belle refonte du spectrogramme
  • Outil Inpaint intéressant pour la correction comme le sound design
  • Le système de correction automatique
  • Tout ce qu’on aime dans Wavelab : un excellent ensemble d’outils pour l’analyse et la visualisation, le traitement par lot, etc.
  • Gestion de la Touch Bar des nouveaux Mac Book Pro…
Points faibles
  • …mais vu que ces derniers ne sont plus dotés de port USB, le dongle eLicencer est encore plus lourdingue désormais
  • Pas de préaperçu des traitements
  • Pas de possibilité de faire des automations des paramètres des plug-ins
  • Pas de support de la vidéo (alors que Cubase et Nuendo le peuvent)
  • Surround limité au 7.1 (Nuendo peut travailler en 10.2)
  • Pas de processeur à convolution (alors qu’on en trouve dans Cubase et Nuendo)
  • A quand un splitteur de fréquence pour que tous les traitements soient multibandes ?
  • Des lourdeurs ergonomiques (gestion des plug-ins, découpage automatique)
  • Beaucoup de défauts et de lacunes pour le prix réclamé par la version Pro
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.


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