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FabFilter Pro-Q
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Test FabFilter Pro-Q

FabThree
9/10
Award Valeur sûre 2011
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Et si 3 plugs suffisaient à remplacer les 6 EQ, les 8 compresseurs et les 5 limiteurs qui encombrent le répertoire 'Effets' de votre séquenceur ? Et si ces trois plug-ins étaient vendus en bundle ? Et si ce bundle était en test sur AudioFanzine ? Vous le liriez le test, hein ? Ne vous fatiguez pas à répondre : vous êtes déjà en train de le lire…

Si FabFil­ter n’a pas encore la renom­mée d’un Wave ou d’un Sonnox, la petite compa­gnie hollan­daise n’est pas à propre­ment parler une nouvelle venue sur le marché puisqu’elle est née en 2002. Le but de ses fonda­teurs était alors extrê­me­ment clair : faire des plug-ins, instru­ments ou effets, qui permettent de retrou­ver les quali­tés des appa­reils analo­giques en terme de son, à commen­cer par l’ab­sence d’alia­sing. Enten­dons-nous bien sur ce point : analo­gique ne veut pas dire vintage et encore moins émula­tion. En vis-à-vis d’un URS, d’un Univer­sal Audio, d’un Nomad Factory ou d’un IK Multi­me­dia, les effets réali­sés par Fabfil­ter ne cherchent ni à recréer le son de machines mythiques, ni à ajou­ter quelque harmo­nique que ce soit à votre son pour sonner plus beau ou plus gros. Si vous cher­chez à retrou­ver le 'mojo’ d’un LA-2A, d’un 1176 ou d’un Pultec, vous feriez mieux de passer votre chemin. En revanche, si vous cher­chez des outils de concep­tion moderne pour le mixage et/ou le maste­ring, vous avez frappé à la bonne porte.

En marge des synthés et des effets (Time­less, Volcano), le compres­seur Pro-C fut le premier plug de la marque orienté vers le mixage, suivi de l’éga­li­seur Pro-Q et aujour­d’hui, du limi­teur Pro-L. Certes, on aurait pu se canton­ner au test de ce dernier, mais son inté­gra­tion au bundle Maste­ring Pack aux côtés de Pro-C et Pro-Q était la parfaite occa­sion pour reve­nir sur ses deux aînés…

Dispo­nibles aux formats AU, VST, VST 3 & RTAS sous Windows ou OS X, en version 32 ou 64 bits, les plug-ins s’ins­tallent un par un, en quelques secondes à peine. Pas d’iLok ni de clé Synchro­soft : l’ac­ti­va­tion se fait par un simple système de numéro de série, sachant qu’il suffira d’au­then­ti­fier un des plugs pour que les sept autres se mettent à jour auto­ma­tique­ment. Les sept autres? Oui, car même si le bundle ne propose bien que trois effets, Fabfil­ter a pris la peine de les décli­ner en versions Mono et Stéréo, voire, dans le cas du compres­seur, en version avec ou sans Side Chain. Pourquoi ? Pour parer aux limites de certaines appli­ca­tions hôtes ne gérant pas le Side Chain (Cubase 3 et anté­rieurs par exemple) ou pour permettre d’éco­no­mi­ser des ressour­ces… Un souci du détail qui fait plai­sir à voir, tout comme le portage en versions 64 bits, à l’heure où beau­coup de déve­lop­peurs (et non des moindres) sont en retard du ce sujet, ou encore la doc accom­pa­gnant chaque plug, claire et péda­go­gique bien qu’en anglais unique­ment.

Passons main­te­nant à la revue en détail de nos trois plug-ins.

Pro-Q

FabFilter ProQ

Pro-Q est un égali­seur para­mé­trique pouvant gérer jusqu’à 24 bandes ( ! ), soit bien plus qu’on en utili­sera la plupart du temps. Côté filtres, on dispose d’un coupe-haut et d’un coupe-bas dont les pentes peuvent être para­mé­trées à 6, 12, 24 ou 48 dB par octave, ainsi que des tradi­tion­nels filtres en plateau (High Shelf ou Low Shelf), en cloche (Bell) et depuis la dernière mise à jour, Notch.

Le para­mé­trage de la courbe d’éga­li­sa­tion, repré­sen­tée en jaune, est extrê­me­ment simple et se fait par l’ajout de nœuds en double cliquant sur cette dernière. En déplaçant le nœud sur l’axe hori­zon­tal, on déter­mine la fréquence médiane de la bande corri­gée. En le déplaçant sur l’axe verti­cal, on boos­tera ou atté­nuera la bande en ques­tion. La largeur de bande se para­mètre quant à elle avec la molette de la souris et le type de filtre est défi­nis­sable soit via un clic droit sur le nœud, soit en utili­sant le bouton prévu à cet effet dans le bas de l’in­ter­face, juste à côté des trois poten­tio­mètres vous permet­tant eux aussi de régler la fréquence médiane de la bande, son gain et sa largeur.

À la faveur d’un double clic sur ces derniers, vous pour­rez d’ailleurs saisir une valeur numé­rique, et même une abré­via­tion de celle-ci : '2k’ se trans­for­mera ainsi en 2000 Hz, 50% mettra le potard sur une valeur médiane, etc. En gardant la touche Shift enfon­cée, vous passez en mode réglage de préci­sion, ce qui vaut pour les potards comme pour l’édi­tion à main levée sur la courbe, et en combi­nant les touches Alt ou Control, vous pour­rez contraindre les mouve­ments de la souris pour éditer une valeur sans en compro­mettre une autre. Last but not least, on peut même sélec­tion­ner plusieurs nœuds à la fois via un lasso ou Control + clic pour les éditer tous d’un coup. De fait, il y a toujours plusieurs possi­bi­li­tés pour faire une action, ce qui laisse à chacun le soin de prendre ses petites habi­tudes comme il le souhai­te…

FabFilter ProQ

Outre l’es­thé­tique du plug qui, de mon point de vue, est une franche réus­site dans son parti pris mini­ma­liste et élégant, on dispose égale­ment de sympa­thiques options en termes de visua­li­sa­tion. Vous pouvez affi­cher votre courbe sur trois échelles (30 dB et 12 dB, qu’on utili­sera pour le mixage et deux zooms sur 6dB et 3dB qui s’avè­re­ront utiles pour le maste­ring), le passage de l’une à l’autre se faisant dyna­mique­ment ou à la mano, tandis qu’un excellent analy­seur de spectre en temps réel vient complé­ter le tout. D’au­cuns diront que c’est une héré­sie, qu’on doit mixer avec ses oreilles et non avec ses yeux, mais puisqu’il est désac­ti­vable, on aurait tort de râler. Surtout qu’en offrant la possi­bi­lité de voir le signal avant ou après EQ, ce dernier permet­tra à nombre de débu­tants de bien comprendre ce qu’ils font, voire ce qu’ils ont à faire. Préci­sons égale­ment que chaque bande est asso­ciée à une couleur, de sorte que par un subtil jeu de trans­pa­rence, on voit parfai­te­ment leur zone d’ac­tion. C’est clair, net, précis : on ne se bat pas avec des potards de 4 pixels, et on n’est jamais paumé au milieu des cour­bes… Autre détail qui tue : depuis la dernière mise à jour du plug-in, un petit casque s’af­fiche en surim­pres­sion de chaque nœud lorsqu’on le survole. Un clic dessus et on n’en­tend plus que la bande de fréquences corri­gée : c’est juste génial, notam­ment quand on fait une EQ pour chas­ser une réson­nance ou un bruit indé­si­rable et qu’on veut être sûr de l’avoir bien chopé. Mais pourquoi diable n’y a-t-il pas cette fonc­tion dans tous les EQ ?

FabFilter ProQ

En allant un peu plus loin dans les possi­bi­li­tés du bestiau, on se rend compte que le trai­te­ment peut s’avé­rer plus sophis­tiqué, et donc plus complexe. Dans sa version stéréo, Pro-Q peut en effet travailler en mode stéréo (une courbe d’éga­li­sa­tion sembla­ble­ment appliquée aux deux canaux gauche et droite), en mode gauche/droite (où chaque canal dispose de sa propre courbe) et en mode Mid/Side (une courbe pour égali­ser le centre, et une autre pour les côtés). Et Pro-Q de prendre des allures de couteau suisse spec­tral. Avec le mode gauche/droite, sur une piste de batte­rie en stéréo, on pourra ainsi boos­ter le char­ley à gauche, tout en atté­nuant la ride à droite. Avec le mode Mid/Side, on pourra, sans risquer le moindre problème côté phase et compa­ti­bi­lité mono, bosser la prise stéréo d’une guitare. On pourra même, en détour­nant ces fonc­tions, en profi­ter pour élar­gir l’image stéréo d’un instru­ment en déca­lant légè­re­ment les courbes d’éga­li­sa­tion gauche et droite sur le spec­tre…

Enfin, tant qu’on en est à parler de phase, préci­sons que Pro-Q peut se muer en EQ à phase linéaire, mais comme toute­fois cette option implique une plus grande latence dans le trai­te­ment, FabFil­ter propose 4 modes pour lais­ser l’uti­li­sa­teur choi­sir celui qui présente le meilleur compro­mis, suivant qu’il utilise le plug en mixage ou en maste­ring, où la latence sera moins gênan­te…

Côté son, le Pro-Q n’offre rien de très surpre­nant en ce sens où il ne sonne pas très diffé­rem­ment des autres plug-ins d’éga­li­sa­tion para­mé­trique du marché (excepté ceux qui misent sur le côté émula­tion vintage ou l’en­han­ce­ment à la Cryso­nic et qui, de ce fait, ajoutent des harmo­niques au signal traité). S’il est parfois dur de compa­rer, car les réglages ne sont pas équi­va­lents d’un plug-in à l’autre, je n’ai pas trouvé de grande diffé­rence à l’oreille, entre une EQ faite sur le Pro-Q et la même courbe répliquée sur un PSP Neon ou sur l’EQ de Sonnox. En revanche, le plug de Fabfil­ter met vrai­ment tout le monde d’ac­cord en terme d’er­go­no­mie et de possi­bi­li­tés de trai­te­ment : une fois qu’on y a goûté, il est d’ailleurs très dur de reve­nir à la concur­rence qui accuse, côté User Expe­rience et poly­va­lence, un certain retard. Bref, ce n’est pas forcé­ment pour son son unique que je vous recom­man­de­rais le Pro-Q, mais surtout parce qu’il vous permet de travailler autre­ment plus vite et plus préci­sé­ment que nombre d’EQ concur­rents…

 

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Pro-C

Fabfilter ProC

Sans trop de surprise, on retrouve dans Pro-C toute les quali­tés de Pro-Q : même esthé­tique vecto­rielle d’une grande clarté, et même parti pris pour la visua­li­sa­tion du trai­te­ment. Tout le bas de l’in­ter­face est ainsi occupé par deux fenêtres, l’une pour voir la courbe de compres­sion, l’autre pour voir, via un vumètre à segments et 3 graphes, l’ac­tion en temps réel du compres­seur : le signal entrant est repré­senté en gris, le signal sortant en beige, et l’ac­tion du compres­seur est indiquée par une courbe rouge. Évidem­ment, cette visua­li­sa­tion est débrayable, mais elle est aussi rela­ti­ve­ment para­mé­trable puisqu’en plus de l’échelle des graphes, on peut défi­nir l’opa­cité de chaque donnée pour se concen­trer sur ce qui importe le plus.

En vis-à-vis de cela, on retrouve tous les réglages clas­siques d’un compres­seur : seuil (alias Thre­shold, soit le niveau du signal à partir duquel le compres­seur rentre en action) et coude (alias Knee, soit la manière dont le compres­seur inter­prète le seuil plus ou moins stric­te­ment), ratio (soit le taux de compres­sion appliqué, ce dernier pouvant aller jusqu’à 10:1 et l’in­fini, en limi­teur donc), attaque (la vitesse avec laquelle le compres­seur commence son travail) et relâ­che­ment (alias Release, soit la vitesse à laquelle il l’ar­rête, para­mètre qui peut être posi­tionné en mode auto) et même le style du compres­seur, à choi­sir entre Clean, Clas­sic et Opto qui recouvrent à eux trois un très large éven­tail d’uti­li­sa­tions : de l’écrê­tage discret à l’écra­se­ment litté­ral du signal en passant par le leve­ling, vous avez de quoi affron­ter toutes les situa­tions. C’est tout? Que nenni. Car on peut égale­ment déter­mi­ner le niveau d’en­trée du signal, son niveau de sortie et même le pano­ra­mique et le dosage du signal origi­nel dans le signal traité. De la sorte, on pourra faire de la compres­sion paral­lèle sans avoir à se prendre la tête avec des bus d’ef­fets. Les amateurs de gros son appré­cie­ront…

Fabfilter ProC

Reste à présent à vous parler du mode Expert, qui se dévoile en cliquant sur le bouton éponyme et permet d’ac­cé­der à un panneau recou­vrant en partie la fenêtre de visua­li­sa­tion. Vous ne serez pas surpris d’ap­prendre que sur ce panneau, on dispose d’un sélec­teur permet­tant de passer en mode Left/Right ou Mid//Side, ainsi que des options avan­cées du mode Side Chain. Parmi les choses inté­res­santes, on notera la présence d’un filtre passe-bande qui vous permet­tra de ne déclen­cher le compres­seur que sur une gamme de fréquences données. Imagi­nons que vous ayez une boucle de batte­rie et une ligne de basse qui bouffe litté­ra­le­ment votre kick : grâce au filtre, vous pour­rez n’ac­tion­ner le compres­seur que lorsqu’il se passe quelque chose dans le bas du spectre de la boucle de batte­rie et éviter ainsi que les cymbales ne viennent para­si­ter le déclen­che­ment. Et comme les choses sont bien faites, on dispose même d’un bouton Audi­tion pour entendre la source du ducking et régler au mieux le filtre… Préci­sons pour finir que nombre de potards disposent d’une double bague qui la plupart du temps, permet­tra de doser le mixage entre les canaux gauche/droite ou mid/side, que ce soit en entrée, en sortie ou même sur le son Dry. Un réglage qui, là encore, permet de faire pas mal de choses, comme sur cet exemple où le Pro-C m’a permis de noyer exagé­ré­ment le son de la guitare centrale dans la réverb des côtés…

 

guitar­verbm­sdry
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  • guitar­verbm­swet00:07

À l’usage, on se rend compte que le champ des possi­bi­li­tés est vaste et que le Pro-C, plus que son cousin égali­seur, deman­dera un mini­mum d’ex­pé­rience avant de livrer tous ses secrets. Certes, il n’offre pas les possi­bi­li­tés exotiques du mPres­sor d’Ely­sia dont la courbe anti­lo­ga­rith­mique et les ratios néga­tifs offrent encore d’autres hori­zons, mais pour ce qui est de la compres­sion tradi­tion­nelle, il a tout du plug-in ultime.

Voici quelques exemples audio qui devraient vous en convaincre :

 

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  • dance­si­de­chainno00:08
  • dance­si­de­chai­nyes00:08
  • proc­drums00:44

Pro-L

Fabfilter ProL

Dernier plug-in du pack, le Pro-L est un limi­teur pensé pour le (pré)maste­ring et qui, plus encore que les autres, fait dans le design épuré. À son lance­ment, l’es­sen­tiel de l’in­ter­face est occupé par la fenêtre de visua­li­sa­tion flanquée d’un vumètre, de quoi moni­to­rer le signal entrant (bleu clair), le signal sortant (bleu foncé), l’ac­tion du limi­teur (rouge) et le niveau RMS moyen en sortie (une courbe blanche sur le graphe). Le tout peut s’af­fi­cher sur diffé­rentes échelles : 16, 32 ou 48 dB, mais aussi les échelles défi­nies par Bob Katz, pape du maste­ring s’il en est, en fonc­tion de la fina­lité du morceau à maste­ri­ser : K-12, K-14 et K-20 …

À gauche, un simple slider permet de monter le gain jusqu’à + 30 dB tandis qu’en bas à droite, on accède au niveau de sortie du plug. Deux réglages et la messe est presque dite, d’au­tant qu’en pres­sant la touche Alt, l’ac­tion sur l’un des deux para­mètres se réper­cute sur l’autre : monter le gain baisse alors auto­ma­tique­ment le niveau de sortie pour ne pas dépas­ser un volume qu’on aura défini à l’avance. Bref, diffi­cile de faire plus simple et c’est tant mieux, car, pour qui ne se sent pas l’âme d’un Master du Maste­ring, l’usage d’un limi­teur consiste le plus souvent à placer un garde fou en sortie du séquen­ceur pour être sûr de ne pas cliper, sans cher­cher beau­coup plus loin.

Look-ahead

En acti­vant cette fonc­tion, le limi­teur jette un œil aux tran­si­toires à venir pour adap­ter au mieux son trai­te­ment. Réglé sur une valeur basse, il va avoir tendance à se faire surprendre et les tran­si­toires seront mieux préser­vées, ce qui aura pour effet de garder un niveau rela­ti­ve­ment élevé mais aussi de produire des distor­sions. Réglé sur une valeur haute, le trai­te­ment sera plus cadré, mais au détri­ment du niveau.

Mais, comme vous vous en doutez, le Pro-L sait faire bien plus de choses que cela. Dans le coin infé­rieur gauche de la fenêtre, on peut ainsi déplier un panneau donnant accès aux réglages avan­cés, à commen­cer par l’algo utilisé par le plug-in, à choi­sir parmi 4 : Trans­pa­rent, qui se veut le plus respec­tueux du signal d’ori­gine, Allround qui entend présen­ter le meilleur rapport loud­ness / distor­sion, Punchy qui produira le trai­te­ment le plus coloré au point qu’on pourra l’uti­li­ser en insert de piste pour donner du grain à une voix, une guitare ou une basse, et enfin Dyna­mic qui procède à un enhan­ce­ment des tran­si­toires avant de les passer au limi­teur, ce qui aura pour effet de conser­ver au mieux la dyna­mique du signal d’ori­gine tout en augmen­tant le loud­ness… 4 algos complé­men­taires donc, et qu’on règle via 3 à 5 potards consi­gnés sur le même panneau. Look-ahead déter­mine le temps d’an­ti­ci­pa­tion du trai­te­ment, compris entre 0 et 5 ms avec une préci­sion au centième de ms. Viennent ensuite les potards d’at­taque et de relâ­che­ment, réglable de 0 à 10 s avec une préci­sion au dixième de seconde, et deux potards réunis sous le nom de Chan­nel Linking : grâce à ces derniers, on déter­mi­nera l’ap­ti­tude du limi­teur à travailler diffé­rem­ment pour chaque canal, que ce soit au niveau de la détec­tion des tran­si­toires ou encore au niveau de son relâ­che­ment. À utili­ser avec précau­tion, car s’il peut être inté­res­sant de vouloir mater un défaut qui n’ap­pa­raî­trait que sur un seul canal, la chose peut faire bien des dégâts au niveau de l’image stéréo…

Fabfilter ProL

En marge des réglages du limi­teur, on trouve aussi un certain nombre de para­mètres et de fonc­tions annexes bien utile, à commen­cer par un Dithe­ring débrayable et rela­ti­ve­ment évolué (on peut choi­sir la nature du bruit généré), qui aidera à préser­ver le détail de vos pistes en cas de requan­ti­fi­ca­tion (la plupart du temps, on passera des 24 bits dans lesquels travaillent la plupart des inter­faces audio récentes vers les 16 bits qui sont toujours la norme de quan­ti­fi­ca­tion des CD audio).

On découvre aussi une fonc­tion d’Over­sam­pling pouvant quadru­pler la fréquence d’échan­tillon­nage du signal afin de préve­nir tout alia­sing lors du trai­te­ment et mini­mi­ser les pics de distor­sion inter-sample qui ne manquent pas d’ap­pa­raître lorsqu’on demande au limi­teur de travailler sur des temps de réac­tion très courts tout en limi­tant comme un bour­rin. Notez à ce sujet qu’un bouton ISP permet d’in­té­grer le relevé de ces fameux pics sur le vumètre de droite. En fonc­tion des indi­ca­tions recueillies, vous pour­rez ainsi bais­ser le niveau de sortie pour vous assu­rer de la qualité du résul­tat.

À l’usage, le Pro-L fait montre des mêmes quali­tés que ses parte­naires de bundle : ergo­no­mie et poly­va­lence. Sans qu’il y ait 3000 réglages abscons à para­mé­trer, les 4 algo­rithmes permettent en effet d’en­vi­sa­ger toutes les situa­tions et bien que Fabfil­ter précise dans la notice qu’il n’en­cou­rage personne à déter­rer la hache de la Loud­ness War, force est de consta­ter que son plug-in parvient assez incroya­ble­ment à monter le volume perçu d’un mixage sans qu’on grille le trai­te­ment au premier coup d’oreille, tant qu’il reste dans la limite du raison­nable bien sûr. Selon l’am­pleur de la limi­ta­tion à appor­ter, le détail à préser­ver et le genre musi­cal du morceau, on se rendra compte que tel ou tel algo s’avère plus à son aise : Trans­pa­rent se débrouille mieux avec les aigus que les autres, mais commence à distordre au-dessus d’un certain niveau là le Allround tient mécham­ment la route… Du coup, ce sera à l’uti­li­sa­teur d’être sage : utili­ser le Pro-L pour ne pas cliper en sortie est une chose, s’en servir pour fabriquer du caram­bar amateur en est une autre. À moins que vous ne soyez vous-même ingé­nieur en maste­ring, auquel cas vous savez ce que vous faîtes, n’ou­bliez pas que pour offrir un vrai master à votre titre, l’ingé qui bossera dessus aura besoin de marge de manœuvre et donc d’une plage de dyna­mique consé­quente.

Conclu­sion

Cela va presque de soi de nos jours, mais préci­sons-le tout de même : chaque plug-in est livré avec une petite collec­tion de presets, une doc bien écrite, et tout ce qu’il faut pour bosser dans des condi­tions opti­males :  Undo, Redo, compa­rai­son A/B et MIDI Learn ultra simple à utili­ser. Bref, on voit vrai­ment mal ce qu’on pour­rait repro­cher à Fabfil­ter de ce côté, si ce n’est une doc et une inter­face multi­lingue, chose qui n’a rien de très commun chez les petits éditeurs.

Et puisqu’il faut bien repro­cher quelque chose à ce maste­ring pack, ce serait plutôt du côté du futur de Fabfil­ter qu’il faudrait se tour­ner : alors que la petite compa­gnie vient tout juste de sortir le Pro-G, un gate/expan­deur dont nous aurons sans doute l’oc­ca­sion de repar­ler, on se dit que leur suite de maste­ring aurait encore un peu plus d’al­lure en incor­po­rant un compres­seur multi­bande, et surtout un outil de trai­te­ment/visua­li­sa­tion du champ stéréo. Sans vouloir abuser, j’avoue que je serais même curieux de voir ce qu’ils pour­raient faire du côté des réverbs. À bon enten­deur…

9/10
Award Valeur sûre 2011
Points forts
  • Une ergonomie hallucinante pour chacun des plug-ins
  • Egaliseur relativement exhaustif : 24 bandes, L/R ou M/S, etc.
  • Fonction d'écoute de bande sur le Pro-Q
  • Des outils de visualisation très pédagogique.
  • La gestion du M/S sur Pro-Q et Pro-C
  • La gestion du panoramique et du Side Chain sur Pro-C
  • Les algos complémentaires sur Pro-C et Pro-L
  • Dispo en 32 ou 64 bit, en VST 2 ou VST 3, AU et RTAS
  • Doc bien foutue
  • Rapport qualité/prix du pack
Points faibles
  • Un bundle estampillé Mastering sans outil de visualisation/traitement stéréo et sans compresseur multibande ? Au boulot les gars !
  • Pro-Q ne sonne pas moins bien que la concurrence. Mais pas mieux non plus.
Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.


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