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Test de l'Universal Audio Apollo 8 - L’Apollo sur orbite ?

8/10

Il y a trois ans déjà, nous testions la toute première interface audio d’Universal Audio, l’Apollo. Cette dernière, intégrant les fameux DSP UAD-2 chers à la marque, permettait d’utiliser le catalogue de plug-ins UAD avec une latence minime, tout en offrant des préamplis et convertisseurs de qualité. Plus tard, les Apollo 16 et Twin ont suivi, et la partie logicielle a continué d’évoluer avec notamment l’arrivée des plug-ins Unison, permettant de simuler des préamplis vintage. Universal Audio a profité du Musikmesse pour mettre à jour sa gamme d’interfaces Apollo, et notamment l’Apollo originale dotée de quatre préamplis appelée dorénavant Apollo 8. Quoi de neuf docteur ? C’est ce que nous allons voir.

Avant de commen­cer, préci­sons qu’en plus des mises à jour des Apollo 8 (l’ori­gi­nale) et 16 (la Twin n’a pas changé), un nouveau modèle a aussi vu le jour, répon­dant au doux nom d’Apollo 8p, inté­grant 8 préam­plis micro. Cela complète la gamme de belle manière pour ceux ayant besoin de ce type de confi­gu­ra­tion.

Mais c’est bien l’Apollo 8 qui nous inté­resse aujour­d’hui, dotée de « seule­ment » 4 préam­plis.

Noir c’est noir

En ce qui concerne le look de l’Apollo 8, le premier chan­ge­ment qui saute aux yeux par rapport à son ancêtre, c’est le chan­ge­ment de couleur. On passe du gris métal­lisé au noir. Est-ce mieux ou moins bien, à vous de voir. Ce qui est sûr, c’est qu’elle passera un peu plus inaperçue dans votre home-studio tandis que les témoins lumi­neux profi­te­ront d’un meilleur contraste avec la fini­tion.

Universal Audio Apollo 8

Mis à part ça, la face avant reste assez semblable avec à gauche les deux entrées instru­ments (qui sont désor­mais Unison et adaptent l’im­pé­dance et le gain d’en­trée au plug-in utilisé), l’en­co­deur permet­tant de régler les entrées et les 6 boutons acti­vant diffé­rentes fonc­tions liées à ces dernières (mic/line, coupe-bas, 48V, PAD, inver­seur de phase et link). Univer­sal Audio a gagné un peu de place en incor­po­rant les LEDs à ces boutons (aupa­ra­vant, elles étaient placées à côté), et cela leur a permis de caler trois boutons supplé­men­taires sur la partie droite. Ces derniers permet­tront d’avoir un meilleur contrôle de la partie moni­to­ring, avec les boutons METER, ALT (pour passer sur votre 2e paire d’en­ceintes) et FCN (que l’on assi­gnera à la troi­sième paire d’en­ceintes, au mono ou au dim). Situés juste à gauche du 2e enco­deur permet­tant de régler le niveau de sortie, ils s’avèrent très pratiques à l’uti­li­sa­tion. Avec l’en­co­deur cliquable qui permet de muter les sorties enceintes, nous avons accès aux commandes prin­ci­pales liées au moni­to­ring en quelques centi­mètres carrés.

Enfin, on retrouve comme sur l’an­cien modèle, les deux sorties casques tota­le­ment indé­pen­dantes et le switch de mise sous tension.

À l’ar­rière, c’est un peu moins surchargé qu’avant, et pour cause, les 4 premières entrées sont au format combo XLR/Jack TRS et gèrent à la fois les niveaux micro et ligne. Avant, nous avions des connec­teurs sépa­rés pour les 4 premières entrées ligne et les entrées micro. C’est un peu moins bien qu’avant, surtout pour ceux qui ont plein d’ins­tru­ments/outboards et qui veulent tout lais­ser bran­ché sur leur inter­face, les autres s’en moque­ront sans doute un peu.

Universal Audio Apollo 8

Côté Fire­Wire, les connec­teurs ont disparu et ont laissé place aux deux connec­teurs Thun­der­bolt qui ne sont donc plus option­nels. Le fait qu’il y ait deux connec­teurs permet de chaî­ner n’im­porte quel péri­phé­rique à votre Apollo, ce qui est très pratique. Votre servi­teur a donc bran­ché sur son MacBook un dock Thun­der­bolt, lui-même relié à un disque dur RAID 1, qui est lui-même relié à l’Apollo, qui est elle-même reliée à un écran. Ce qui fait 4 péri­phé­riques reliés au MacBook via un seul et unique connec­teur. C’est très pratique et surtout très stable : nous n’avons eu aucun problème pendant la période de test. La seule chose à noter, c’est que le chaî­nage n’est possible que lorsque l’Apollo est allu­mée. Sur notre confi­gu­ra­tion, le fait d’éteindre l’Apollo coupe l’écran. Ce n’est pas très grave, mais bon à savoir. D’ailleurs, l’Apollo gère enfin le bran­che­ment/débran­che­ment à chaud et la mise en veille de votre ordi­na­teur. Ouf !

Une dernière chose : l’ali­men­ta­tion est externe, ce qui fera un bloc secteur en plus qui trai­nera derrière votre bureau… Dommage.

On se console comme on peut

La partie logi­cielle de l’Apollo a elle aussi été mise à jour peu de temps avant la sortie de la nouvelle gamme. Même si ces nouveau­tés concernent aussi les anciens modèles, il nous parait impor­tant d’en parler ici.

Des plug-ins toujours plus gour­mands, mais les mêmes DSP

Fina­le­ment, le seul gros reproche que l’on pour­rait faire à cette nouvelle série d’Apollo, c’est de propo­ser encore et toujours les mêmes DSP UAD-2 sortis il y a main­te­nant… 7 ans ! Une éter­nité dans le monde infor­ma­tique. Certes, une version Satel­lite Octo existe désor­mais et il est possible de la chaî­ner avec une Apollo, mais la note finale sera exces­si­ve­ment salée… Il est temps pour Univer­sal Audio de trou­ver une solu­tion (UAD-3 ? Passer en natif avec un autre système de protec­tion ?) car leur cata­logue de plug-ins en vaut défi­ni­ti­ve­ment la peine. Pour infor­ma­tion, voici les consom­ma­tions DSP des diffé­rents plug-ins UAD.

La première chose impor­tante est l’Apollo Expan­ded permet­tant aux déten­teurs d’Apollo de combi­ner jusqu’à 4 inter­faces audio et 6 UAD-2 afin de multi­plier les DSP. Cela ne concerne que les confi­gu­ra­tions Thun­der­bolt, mais c’est une nouveauté que l’on atten­dait depuis long­temps.

La console, qui avait déjà reçu une mise à jour inté­res­sante lors de la sortie de la Twin, est donc passée en version 2.0. Au rayon des nouveau­tés, on peut noter que l’ap­pli­ca­tion est désor­mais Retina et qu’elle propose des présets de types « Chan­nel Strip » réali­sés par des gens a priori compé­tents et incluant des réglages pour plusieurs plug-ins. Ces derniers sont regrou­pés par instru­ments (Bass, Drums, Guitar, Keyboard et Vocal) et permettent d’avoir un bon point de départ, en utili­sant à la fois des plug-ins de compres­sion, d’éga­li­sa­tion, etc. On pourra aussi choi­sir si l’on veut enre­gis­trer les trai­te­ments pour chaque canal (avant, c’était global) et la fenêtre devient redi­men­sion­nable à conve­nance. Il sera aussi possible de cacher n’im­porte quelle entrée ou plug-in, de renom­mer les entrées, de tout router comme on le souhaite et d’avoir jusqu’à 4 bus Cue (youpi !).

Autant dire que cette mise à jour règle la plupart des manques de la console. Une très bonne chose !

Bench­marks

Universal Audio Apollo 8

Univer­sal Audio, avec la sortie de cette nouvelle gamme d’Apollo, a annoncé qu’elles inté­graient une nouvelle géné­ra­tion de conver­tis­seurs. Ceux équi­pant les précé­dentes Apol­los étaient déjà excel­lents, nous avons donc hâte de voir ce que donnent les nouveaux.

Nous avons réglé la mémoire tampon au mini­mum (32 échan­tillons) afin d’ob­te­nir la meilleure latence : 1,63 ms en entrée et 0,54 ms en sortie (en 96 kHz). Ces résul­tats sont excel­lents et vous permet­tront d’uti­li­ser vos plug-ins favo­ris, même natifs, lors des enre­gis­tre­ments sans ressen­tir le moindre déca­lage.

Afin de tester l’in­ter­face, nous avons fait des bench­marks avec notre APx515 d’Au­dio Preci­sion, et nous allons pouvoir compa­rer les résul­tats à ceux obte­nus avec les inter­faces que nous avons précé­dem­ment testées.

Voici les résul­tats obte­nus avec les niveaux lignes, en 96 kHz :

Universal Audio Apollo 8

Les anciennes Apollo étaient déjà les inter­faces ayant la meilleure dévia­tion, et Univer­sal Audio a encore réussi à amélio­rer légè­re­ment le résul­tat avec ±0,019 dB. C’est le meilleur score que nous ayons obtenu jusqu’à présent, tout simple­ment. (pour rappel, la dévia­tion de la Fire­face 802 est de ±0,063 dB, la Metric Halo ULN-8 ±0,06 dB, l’Apollo Twin ±0,023 dB, l’Apo­gee Ensemble ±0,087 dB et la Crim­son de SPL ±0,073 dB). Il est tout de même à noter qu’en 44,1 kHz, le score est légè­re­ment moins bon, ± 0,046 dB, mais toujours supé­rieur à la concur­rence.

Universal Audio Apollo 8

En ce qui concerne la distor­sion, l’Apollo fait jeu égal avec l’En­semble d’Apo­gee, et reste ainsi au top de notre compa­ra­tif.

Avec un gain allant jusqu’à 65 dB, les préam­plis contrô­lés numé­rique­ment offrent une marge confor­table aux utili­sa­teurs. Reste à savoir s’ils sont trans­pa­rents et silen­cieux.

Universal Audio Apollo 8
Universal Audio Apollo 8

Avec le gain réglé sur 34 dB, la dévia­tion est de ±0,025 dB, ce qui démontre que les préam­plis sont très trans­pa­rents, et la distor­sion reste toujours sous les 0,002 %, ce qui est aussi un très bon résul­tat.

Universal Audio Apollo 8

Côté bruit de fond, l’Apollo 8 est encore au top, avec un rapport signal/bruit de 108 dB lorsque les préam­plis sont réglés sur 34 dB de gain. C’est mieux que les dernières inter­faces que nous avons testées (Apogee Ensemble – 105 dB, Zen Studio — 101 dB, Fire­face 802 — 102 dB, SPL Crim­son — 101 dB, Metric Halo ULN-8 — 100 dB).

Les résul­tats des bench­marks sont donc sans appel, nous avons affaire à la meilleure inter­face que nous ayons testée. Le seul petit reproche qu’on pour­rait faire, concerne la réserve de gain (65 dB) qui est meilleure chez certaines concur­rentes. Mais c’est vrai­ment histoire de chipo­ter…

Une mise à jour mineure ?

Cette nouvelle série d’Apollo apporte, certes, peu de nouveau­tés, mais elles sont toujours inté­res­santes, avec notam­ment les boutons ALT et FCN en façade et la tech­no­lo­gie Unison trans­po­sée aux entrées instru­ments. Pas de quoi revendre son ancienne Apollo pour ache­ter une nouvelle, mais des vrais plus pour les nouveaux entrants. La console virtuelle évolue aussi dans le bon sens et le cata­logue de plug-ins conti­nue de s’étof­fer. L’Apollo 8 (2 199 € pour la version Duo et 2 699 € pour la version Quad) garde évidem­ment toutes les quali­tés de son ancêtre, avec des préam­plis et des conver­tis­seurs au top, une latence minime et une construc­tion sérieuse. On regret­tera juste le fait qu’elle ne soit compa­tible qu’avec les Macs ayant un port Thun­der­bolt, et surtout que les DSP UAD-2, même en version Quad, commencent sérieu­se­ment à s’es­souf­fler. La faute à leur âge avancé et aux plug-ins toujours plus réalistes, mais toujours plus gour­mands.

Télé­char­gez les bench­marks pour les niveaux ligne et micro (format PDF)

  • Universal Audio Apollo 8
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Notre avis : 8/10

  • Joli rack à la construction sérieuse
  • Préamplis silencieux et transparents
  • Convertisseurs au top
  • Technologie Unison aussi sur les entrées instruments
  • Latence minime
  • Gestion du monitoring en façade
  • Console qui évolue, mais qui reste accessible
  • Accès au catalogue des plugs UAD
  • Deux connecteurs Thunderbolt
  • Mac Only
  • Thunderbolt only
  • Des plugs toujours plus gourmands en ressources et des DSP vieillissants
  • Une mise à jour finalement assez mineure

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