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Focusrite Forte
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Test de la Focusrite Forte

Interface audio USB de la marque Focusrite

Prix public : 559 € TTC
Test écrit
62 réactions
Sois Forte !

Il y a un an, Apogee sortait la Duet 2, une interface audio numérique au son et à la finition exemplaire, mais seulement compatible Mac. Focusrite a senti qu'il y avait un coup à jouer et a annoncé la sortie de la Forte qui vient se placer en frontal avec un format identique, une compatibilité Mac... et PC ! Mais est-elle vraiment au niveau ?

L’his­toire de l’in­ter­face audio numé­rique haut de gamme et nomade a débuté en 2007, lorsqu’Apo­gee annonça la sortie de la Duet, dotée de 2 entrées, 2 sorties, d’un port Fire­Wire, d’un gros enco­deur, d’une fini­tion soignée, mais compa­tible Mac seule­ment. Un nouveau style d’in­ter­faces était né et répon­dait au désir des musi­ciens exigeants et dési­reux d’avoir une bonne qualité audio dans un tout petit boitier trans­por­table. En 2009, nous avions testé la réponse de RME, la Baby­face, qui, avec sa compa­ti­bi­lité Mac/PC, son port USB et son entrée/sortie ADAT, fit des émules. Apogee répliqua un an plus tard avec la Duet 2, cette fois-ci USB et dotée d’un joli écran OLED, mais toujours pas compa­tible PC. Il y a quelques mois, nous avons aussi testé la réac­tion de MOTU à ces deux inter­faces, la Track16, propo­sant pas moins de 16 entrées et 14 sorties !

Focus­rite, construc­teur anglais à qui nous devons de jolies inter­faces audio, des consoles, des préam­plis et des plug-ins, a pensé qu’il restait encore de la place pour un quatrième larron sur ce marché et a annoncé il y a quelques mois la Forte, dont le look, le format et le prix ne laissent aucun doute sur la cible visée…

Ayant testé person­nel­le­ment les Baby­Face et Duet 2 lors de leurs sorties respec­tives, c’est avec un inté­rêt certain que je reçus le colis estam­pillé Arbi­ter, distri­bu­teur français de Focus­rite, marque créée par Rupert Neve himself. Car si ces deux inter­faces nous avaient défi­ni­ti­ve­ment convain­cus, elles ne restaient pas moins sans défauts. D’un côté la RME présen­tait une qualité de fabri­ca­tion pas forcé­ment à la hauteur de la partie soft­ware et audio et de l’autre, l’Apo­gee se voyait logique­ment privée d’une compa­ti­bi­lité Windows (la marque étant mariée à Apple) et d’en­trées/sorties numé­riques. Quant à la Track16, si le nombre d’en­trées et de sorties était consé­quent, elle demeu­rait, avec son épanoui, un peu plus impo­sante que ses rivales. Qu’en est-il de la Forte ?

Forte impres­sion

Focusrite Forte

Qui a déjà déballé un produit Apple recon­nai­tra forcé­ment la source d’ins­pi­ra­tion de Focus­rite : la boîte blanche est classe, présente simple­ment le produit et donne immé­dia­te­ment envie de débal­ler le tout. À l’in­té­rieur, ce n’est pas du niveau de la marque pommée côté range­ment et orga­ni­sa­tion, mais qu’im­por­te… La Forte nous a éblouis par son look et sa qualité de fabri­ca­tion. On est sans problème au niveau de la Duet 2, peut-être même un peu au-dessus. En tout cas, cela n’a rien à voir avec la Baby­face qui accuse le coup avec ses LEDs « old school » et son enco­deur un peu fragile. La Forte se marie très bien avec notre iMac, ce n’est d’ailleurs pas forcé­ment un hasard vu le public visé… Le format de la carte est sensi­ble­ment iden­tique à la Duet 2 et à la Baby­Face, avec des dimen­sions de 115 × 345 × 171 mm et un poids coquet de 487 grammes. Pas de souci, elle tient bien en place sur le bureau !

La confi­gu­ra­tion est quasi­ment iden­tique à la Duet 2 : un gros enco­deur cliquable (mais pas cranté et qui a tendance à frot­ter un peu sur notre modèle), un bel écran couleur OLED, quatre boutons tactiles (contre deux sur la Duet), une prise casque en bas à droite, une connexion USB 2 et un épanoui pour les 4 connec­teurs XLR et Jack 6,35 (instru­ment). On note quand même une diffé­rence : les sorties prin­ci­pales sont placées direc­te­ment sur l’in­ter­face et non pas sur l’épa­noui, ce qui nous semble être un choix judi­cieux, car il ne sera pas néces­saire de prendre l’épa­noui pour une séance de mix unique­ment. Avec la Duet 2 ou la Baby­Face, sans épanoui, on ne peut mixer qu’au casque.

Focusrite Forte

Sur ce fameux épanoui, nous retrou­vons donc les deux entrées XLR pour y bran­cher des micros et les entrées Jack TRS 6,35 mm pour les niveaux ligne et instru­ment. Les prises XLR sont un peu moins encom­brantes que celles de la Track16 et la Duet 2, un bon point aussi.

À noter que la Forte peut fonc­tion­ner sans son adap­ta­teur secteur, unique­ment alimen­tée par le bus USB 2 (l’USB 3 ne sert à rien ici, pas plus que l’USB 2 sur une souris, pas la peine d’en parler dans les forums), mais il faudra tirer une croix sur l’ali­men­ta­tion fantôme 48V et la sortie casque sera moins puis­sante. Les 4 boutons tactiles permet­tront à l’en­co­deur rota­tif de contrô­ler les niveaux d’en­trées, de sortie des enceintes, de sortie du casque et du retour du séquen­ceur.

Le tout est donc très simple à prendre en main côté maté­riel, qu’en est-il côté logi­ciel ?

Forte instal­la­tion

Focusrite Forte

Nous avons testé l’in­ter­face sur notre Mac. Pour cela, nous avons au préa­lable installé le petit driver « Forte Control ». Un redé­mar­rage et un bran­chage plus tard, la Forte était opéra­tion­nelle. L’in­ter­face graphique de Forte Control est, à l’ins­tar de la Forte elle-même, très simple et jolie. À gauche, nous avons les entrées et à droite, les sorties. Au milieu la (toute) petite table de mixage virtuelle : les deux entrées et les deux paires de retours du séquen­ceur. Pourquoi deux paires ? Nous ne savons pas trop, cela pourra éven­tuel­le­ment servir pour envoyer un mix diffé­rent au musi­cien…

Pour chaque entrée, on pourra choi­sir le niveau (ligne, instru­ment ou micro), enclen­cher l’ali­men­ta­tion fantôme 48V, le pad de –10dB, l’in­ver­seur de phase et le coupe-bas (75Hz, 12dB/octave). Il sera aussi possible de lier les deux entrées pour les sources stéréo. Concer­nant les deux sorties stéréo, la prin­ci­pale et la sortie casque, on retrouve un potard virtuel de volume, un dim (12dB), un mute et un mode mono.

Focusrite Forte

Au centre, nous avons la partie mixage, avec les deux entrées et les deux retours de DAW stéréo, chacun doté d’un mute, un solo et de pano­ra­miques. Deux onglets sont dispo­nibles, un pour la sortie prin­ci­pale dédiée aux enceintes, et un pour la sortie casque. Il sera donc possible d’avoir deux mixes diffé­rents : on pourra dédier le retour DAW 1/2 aux enceintes et le retour DAW 3/4 au casque. Il sera possible d’ac­ti­ver le retour micro unique­ment dans le casque afin d’évi­ter tout larsen. Tout cela est donc ultra simple et la prise en main est rapide.

Ergo­no­mie

Focusrite Forte

À l’uti­li­sa­tion, nous avons quelques remarques à faire : nous trou­vons dommage que l’en­co­deur rota­tif et cliquable ne puisse être assi­gné direc­te­ment à une fonc­tion comme le dim ou le mute. Lorsque vous êtes sur la page « sortie prin­ci­pale », l’en­co­deur contrô­lera le volume, mais pour accé­der aux autres réglages, il faudra faire un appui long sur le bouton tactile situé juste au-dessus. Après, on pourra faire défi­ler le curseur en tour­nant l’en­co­deur pour sélec­tion­ner mute, dim ou mono et un clic enclen­chera la fonc­tion : la manœuvre est longue et fasti­dieuse ! On aurait aimé pouvoir muter ou dimi­nuer le volume direc­te­ment en cliquant sur l’en­co­deur quand on est sur la page prin­ci­pale. D’au­tant plus que sur la page « DAW », l’en­co­deur permet d’en­voyer des commandes suivant le logi­ciel utilisé (il y a d’ailleurs le petit logo) : play/stop ou le zoom par exemple, ce qui est très pratique. Heureu­se­ment, ce genre de soucis d’er­go­no­mie peut être faci­le­ment corrigé avec un update. Il ne reste plus qu’à espé­rer !

Pour le reste, rien à signa­ler : l’écran est très agréable et les quatre boutons tactiles réagissent bien.

Focusrite Forte

Après les premiers essais, il nous parait évident que la Forte est plus une concur­rente directe de la Duet 2 que de la Baby­Face ou de la Track16. En effet, même si ces trois inter­faces sont dans la même four­chette de prix et appar­tiennent à la caté­go­rie « desk­top nomade », la philo­so­phie de la Duet 2 est un peu diffé­rente et ressemble en tout point à celle de la Forte. Le but est de propo­ser une inter­face au design et à la qualité de fabri­ca­tion impa­rable et un nombre d’en­trées / sorties limi­tées afin de la rendre plus simple d’uti­li­sa­tion. Les Baby­Face et Track16 restent plus complètes en termes de fonc­tion­na­li­tés : E/S numé­riques et MIDI, effets inté­grés, mélan­geur virtuel plus évolué… Mais elles sont fata­le­ment plus compliquées à prendre en main. Certains musi­ciens préfèrent tirer une croix sur des fonc­tion­na­li­tés dont ils n’ont pas l’usage afin d’avoir une inter­face plus acces­sible.

La Forte ressemble d’ailleurs telle­ment à la Duet 2 qu’elle a les mêmes limites : pas d’en­trées/sorties numé­riques et MIDI, pas de trai­te­ments (EQ, réverbe)… Mais, ce qui fera peut-être pencher la balance, c’est quelle est compa­tible Mac et PC, contrai­re­ment à la Duet 2 qui n’aime que les pommes. Les MAOistes frus­trés que cette dernière ne veuille pas de leur PC chéri ont peut être trouvé l’in­ter­face qu’il leur fallait.

Il ne reste plus qu’à bran­cher un micro…

Son et bench­mark

Focusrite Forte

Pour tester cette inter­face, nous avons essayé diffé­rentes choses. Tout d’abord, nous avons fait une prise de guitare acous­tique (merci Lucas !) avec un micro Oktava mk-012–01 et un câble Y alimen­tant simul­ta­né­ment la Focus­rite Forte et une Metric Halo ULN8, chacune bran­chée à un ordi­na­teur faisant tour­ner Studio One 2. La Metric Halo ULN8 ne boxe pas dans la même caté­go­rie (5000€, 8 entrées/sorties analo­giques…), mais elle permet d’avoir un point de repère quali­ta­tif. On remarque que la Forte s’en sort plutôt bien. Afin de vous faire votre propre idée, voici le résul­tat :

Télé­char­gez les exemples audio (format FLAC) 

Ensuite, nous avons mesuré le bruit propre des préam­plis grâce à un câble XLR dont les points chauds et froids sont reliés. En plus d’of­frir une plage de gain impor­tante (75dB, autant que la Duet 2, mais plus que les Baby­Face et Track16 avec leur 60dB), ils sont parti­cu­liè­re­ment silen­cieux : avec le gain à 50dB, notre vumètre module à –86,3 dB, ce qui est presque aussi bien que notre Metric Halo ULN8 (-87,3 dB) et que la Duet 2 (-93,3dB) et mieux que le Baby­Face (-82,7 dB) ou encore la Mbox Pro (-78,5 dB). Focus­rite s’est fait connaître avec des préam­plis et cela confirme leur savoir-faire évident.

Sophie Forte n’a rien à voir avec inter­face audio

Pour les conver­tis­seurs, nous avons effec­tué un « loop test », qui consiste à lire un fichier audio et à l’en­re­gis­trer en reliant les entrées aux sorties analo­giques de l’in­ter­face. En compa­rant le fichier origi­nal avec ce que l’on a enre­gis­tré, on a ainsi une idée de ce que les conver­tis­seurs (A/N et N/A) font subir au signal. Un petit logi­ciel nous permet d’en déduire le niveau de corré­la­tion entre le signal enre­gis­tré et l’ori­gi­nal, en sachant que plus il est élevé, mieux c’est. Les conver­tis­seurs de la Forte sont dans la moyenne (18,9 dB de corré­la­tion, à peu près équi­valent à la Duet 2), sans être aussi bons que ceux de la Track16 (29,9 dB) ou de l’Apollo d’Uni­ver­sal Audio et la Mbox Pro d’AVID (respec­ti­ve­ment 27,2 et 26 dB). Pour infor­ma­tion, la Metric Halo plafonne à 37 dB de corré­la­tion…

Télé­char­gez les fichiers audio conver­tis­seurs (format FLAC)

Il faut noter que les diffé­rents résul­tats obte­nus restent des chiffres qui peuvent dépendre de pas mal de facteurs, et certains écarts numé­riques ne sont pas si évidents à l’écoute. Les inter­faces audio d’aujour­d’hui offrent une qualité audio suffi­sante pour la majo­rité des home studistes et nous conseillons au lecteur de ne pas baser son choix unique­ment sur ces bench­marks.

Enfin, nous avons testé la stabi­lité des drivers avec une session de Studio One 2 64 bit inté­grant bon nombre de pistes audio et d’ins­tances du plug-in Ozone 5. On commence avec une taille de buffer de 512 samples et on regarde le nombre de pistes que l’on peut avoir avant que le son ne « craque ». Ici, la Forte est aussi dans la bonne moyenne, avec un meilleur score que les Track16 de Motu et Baby­Face de RME, même si elle reste infé­rieure à la Metric Halo ULN8 et la Mbox Pro.

Tous ces résul­tats sont dispo­nibles sous forme de tableaux et graphiques, qui seront mis à jour au fur et à mesure que de nouvelles inter­faces audio numé­riques seront testées par nos soins.

Conclu­sion

L’objec­tif de Focus­rite était clair : sortir une concur­rente directe de la Duet 2, mais compa­tible PC. Au final, on se retrouve avec une inter­face au design épuré et à la qualité de fabri­ca­tion irré­pro­chable. La ressem­blance avec l’in­ter­face d’Apo­gee est assez frap­pante, de l’écran OLED à la simpli­cité d’uti­li­sa­tion en passant par le gros enco­deur rota­tif en alumi­nium. La qualité des préam­plis comblera les home-studistes exigeants qui n’ont que faire des entrées et sorties numé­riques, des trai­te­ments et qui travaillent, même occa­sion­nel­le­ment, sous Windows.

Points forts
  • Look très sympa
  • Préamplis silencieux et offrant 75 dB de gain
  • Fabrication irréprochable
  • Sorties directement sur l'interface
  • Écran OLED
  • Peut être alimentée par USB uniquement
  • Simplicité de Forte Control
  • Compatible Mac et PC
Points faibles
  • Pas d'E/S numérique
  • Pas d'E/S MIDI
  • Pas de traitements (EQ, réverbe)
  • Ergonomie de l'encodeur perfectible
Auteur·rice de l’article Rédacteur en chef

J'ai commencé à pratiquer la musique avec des cours de piano et de violoncelle à 6 ans, mais la passion n'a vraiment débuté qu'à l'âge de 12 ans, lorsque j'ai commencé à me pencher sérieusement sur la guitare, afin de former mes premiers groupes, écrire mes premières compositions, jouer mes premiers concerts et enregistrer mes premières maquettes. Après des études scientifiques, j'ai intégré l’ISTS, une filière de l’ESRA, puis j’ai enrichi mon expérience en travaillant en studio dans les secteurs de la musique et du son à l’image, ainsi que dans le domaine du spectacle, notamment le théâtre. Ces expériences variées m’ont permis de développer une compréhension approfondie des différents aspects de la production sonore, ce qui m'a préparé idéalement pour assumer d'abord le rôle de rédacteur, puis celui de rédacteur en chef chez Audiofanzine. Je mets à profit ces compétences pour offrir un contenu écrit et vidéo précis et engageant, tout en veillant à ce que nos publications répondent aux attentes de nos lecteurs et spectateurs. Mon rôle implique également de maintenir des relations solides avec les professionnels de la musique et du son, assurant ainsi une communication fluide et efficace.


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J'ai commencé à pratiquer la musique avec des cours de piano et de violoncelle à 6 ans, mais la passion n'a vraiment débuté qu'à l'âge de 12 ans, lorsque j'ai commencé à me pencher sérieusement sur la guitare, afin de former mes premiers groupes, écrire mes premières compositions, jouer mes premiers concerts et enregistrer mes premières maquettes. Après des études scientifiques, j'ai intégré l’ISTS, une filière de l’ESRA, puis j’ai enrichi mon expérience en travaillant en studio dans les secteurs de la musique et du son à l’image, ainsi que dans le domaine du spectacle, notamment le théâtre. Ces expériences variées m’ont permis de développer une compréhension approfondie des différents aspects de la production sonore, ce qui m'a préparé idéalement pour assumer d'abord le rôle de rédacteur, puis celui de rédacteur en chef chez Audiofanzine. Je mets à profit ces compétences pour offrir un contenu écrit et vidéo précis et engageant, tout en veillant à ce que nos publications répondent aux attentes de nos lecteurs et spectateurs. Mon rôle implique également de maintenir des relations solides avec les professionnels de la musique et du son, assurant ainsi une communication fluide et efficace.