Prise de Son & Mixage
Techniques du Son Prise de Son & Mixage
  • Augmenter ou diminuer la taille du texte
  • Imprimer
pédago

Comment apprendre à maîtriser les préamplis micro (2e partie)

Le guide de l’enregistrement - 132e partie
  • J'aime
  • Tweet
  • Pin it
  • Mail

La semaine dernière, nous avons vu les prémisses de l'éducation de votre oreille au travers de la notion de "contraste fort" lors du travail avec un préampli micro externe. Aujourd'hui, je vous propose d'aborder une nouvelle étape grâce à la méthode que j'appelle le "double contraste".

Double mixte

Comme son nom le laisse supposer, le "double contraste" consiste à appliquer la méthode du "contraste fort" sur deux instruments du morceau en cours de production tout en vous efforçant de capter l'ensemble du reste de l'instrumentation de façon la plus neutre possible. Toute la subtilité de la manoeuvre réside dans le choix de ces deux instruments. En effet, pour obtenir un résultat probant, il convient d'effectuer ce choix avec discernement afin d'éviter le piège du surplus de coloration que nous avons déjà largement évoqué lors d'un épisode précédent. Il y a selon moi trois cas de figure que nous allons décortiquer ci-après.

Le premier cas est le plus simple : il suffit de prendre deux instruments qui ne jouent jamais en même temps. Cela peut être par exemple la voix principale et la guitare qui n'intervient qu'à l'occasion du solo, ou bien deux instruments qui s'articulent autour de phrases musicales en mode question / réponse, ou encore deux éléments rythmiques n'évoluant pas sur les mêmes temps. En procédant de la sorte, leurs colorations respectives n'interféreront pas entre elles et vous éviterez donc la surenchère.

Tout ça c'est bien joli, mais comment faire lorsque votre morceau ne dispose pas de tels éléments ? Après tout, la présence de ces derniers est avant tout une question de composition et / ou d'arrangement, ce n'est donc pas automatique. Dans ce cas-là, je vous invite à considérer la chose autrement en travaillant sur la dichotomie provenant du rôle de chacun des instruments au sein de votre composition. Pour être plus clair, si vous choisissez comme premier élément vecteur de "contraste fort" un instrument mélodique, il convient de choisir comme second élément un instrument rythmique et versa vice. Concrètement, vos choix pourraient donc être par exemple des couples constitués comme ceux-ci :

  • Voix lead mélodique et batterie
  • Voix sauce "rap", donc très rythmée, et piano mélodique
  • Basse slappée et nappe de synthé
  • Percussions mélodiques et cordes staccatos

Enregistrement-132En choisissant de tels couples, vous devriez réussir à obtenir ce que je nomme le "double contraste" assez facilement. Résultat des courses, votre production gagnera en relief sans excès de coloration d'une part, et d'autre part, vous continuerez l'éducation de votre oreille puisque vous apprendrez petit à petit à distinguer la coloration spectrale de votre préampli de sa coloration "dynamique". 

Le dernier cas est somme toute un dérivé du cas précédent. Au lieu d'effectuer votre choix en fonction de la dichotomie instrument mélodique / instrument rythmique, vous pouvez plutôt tabler sur deux éléments n'évoluant pas pour l'essentiel dans les mêmes zones du spectre audible. Cela peut être par exemple une des cordes planantes oeuvrant dans le haut du spectre avec des cuivres occupant le bas, une voix haut perchée avec une basse, une guitare assise dans les médiums avec des cymbales bien cinglantes, etc. Notez qu'ici, vous apprenez à distinguer les différentes nuances de coloration de votre préampli en fonction de la couleur tonale propre à l'instrument enregistré.

À l'instar de ce que je préconisais la semaine dernière pour le "contraste fort", je vous conseille de mettre en pratique cette méthode sur un nombre conséquent de vos oeuvres afin de bien la maîtriser avant de passer à l'étape suivante. D'autant qu'il ne s'agit pas là de pratiques au rabais. En effet, ce n'est pas parce que nous allons voir par la suite des techniques plus avancées que celles vues jusqu'à présent ne sont plus valables. Toutes les méthodes que nous abordons actuellement sont de nouvelles cordes à votre arc, pas des cordes de remplacement. La beauté de la chose, c'est qu'en procédant de la sorte vous éduquez petit à petit à votre oreille à reconnaitre le "caractère" de votre préampli tant sur le plan spectral que sur le plan de la dynamique. Que demande le Peuple ?

Sur ce, à vos enregistrements et rendez-vous la semaine prochaine !

← Article précédent dans la série :
Comment apprendre à maîtriser les préamplis micro (1re partie) ?
Article suivant dans la série :
Comment apprendre à maîtriser les préamplis micro (3e partie) →
Réagir à cet article
  • J'aime
  • Tweet
  • Pin it
  • Mail