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Native Instruments FM8
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Test de FM8 de Native Instruments

Synthé virtuel FM de la marque Native Instruments appartenant à la série FM

test
FM des années 80

Cela fait plus de 4 ans déjà que FM7 a été lancé par Native Instruments, et pourtant cet instrument virtuel fait encore figure de référence en synthèse FM, une sorte d’émulation irréprochable du mythique Yamaha DX7. Native Instruments remet le couvert et sort une nouvelle version, renommée FM8 pour l'occasion, que nous allons découvrir ensemble avec ce test…

Cela fait plus de 4 ans déjà que FM7 a été lancé par Native Instru­ments, et pour­tant cet instru­ment virtuel fait encore figure de réfé­rence en synthèse FM, une sorte d’ému­la­tion irré­pro­chable du mythique Yamaha DX7. Native Instru­ments remet le couvert et sort une nouvelle version, renom­mée FM8 pour l’oc­ca­sion, que nous allons décou­vrir ensemble avec ce test…

FM8 amène bien entendu son lot de nouveau­tés, avec une refonte complète de l’in­ter­face graphique, l’amé­lio­ra­tion du moteur audio, une dizaine d’ef­fets, un arpé­gia­teur, une fonc­tion de morphing entre diffé­rents sons… Il conserve néan­moins tous les points forts de la version précé­dente, pouvant ainsi inté­res­ser les aficio­na­dos du DX7, comme les musi­ciens qui ne sont pas fami­liers avec la synthèse FM, en parti­cu­lier grâce à la page d’édi­tion simpli­fiée ou au tout nouveau navi­ga­teur de sons…

La synthèse FM et le Yamaha DX7

Boite

Le Yamaha DX7 fut un synthé­ti­seur numé­rique extrê­me­ment popu­laire dans les années 80, utilisé entre autres par U2, Queen, Brian Eno, Jean Michel Jarre… Il est basé sur la synthèse FM (à modu­la­tion de fréquence), qui consiste à modu­ler la fréquence d’une forme d’onde, la porteuse, par une autre forme d’onde, la modu­lante. L’am­pli­tude de la modu­lante permet de contrô­ler l’éten­due fréquen­tielle de la synthèse FM (par exemple entre 420 Hz et 460 Hz avec une porteuse à 440 Hz), tandis que la fréquence de la modu­lante joue sur la vitesse de la modu­la­tion (passe-t-on de 420 Hz à 460 Hz très vite ou plus lente­ment). Cette tech­nique de synthèse a comme prin­ci­pal avan­tage de créer beau­coup d’har­mo­niques à partir de peu d’os­cil­la­teurs, qu’on appelle aussi opéra­teurs.

Instal­la­tion

Côté présen­ta­tion, on découvre à l’ou­ver­ture de la boîte deux manuels en français : un pour l’ins­tal­la­tion et un pour l’uti­li­sa­tion du logi­ciel. Ils sont clairs et complets, en parti­cu­lier le guide utili­sa­teur qui détaille chaque fonc­tion du FM8 et propose un petit tuto­rial de prise en main bien­venu. Le logi­ciel est en anglais, sans que cela soit trop contrai­gnant.

Un CD-ROM permet d’ins­tal­ler FM8 en mode stan­da­lone et plug-in aux formats VST, DXi, Audio Unit et RTAS, pour Mac et PC. L’ac­ti­va­tion se fait sur Inter­net, mais peut se réali­ser sur un autre ordi­na­teur que celui où se trouve l’ins­tru­ment virtuel (déblo­cage hors ligne). On appré­cie la simpli­cité de la procé­dure, la possi­bi­lité d’uti­li­ser la même licence sur deux ordi­na­teurs, et le fait que tous les éditeurs n’aient pas pris le parti du dongle USB…

Rentrons à présent dans les entrailles de la bête !

Tour d’ho­ri­zon

La synthèse FM a la répu­ta­tion d’être diffi­cile d’ac­cès, et de deman­der un temps d’adap­ta­tion pour être un mini­mum contrô­lée, voire maîtri­sée, par rapport à d’autres types de synthèse comme la synthèse sous­trac­tive que l’on retrouve en grand propor­tion sur le marché des synthé­ti­seurs. Cela était parti­cu­liè­re­ment vrai au début, le Yamaha DX7 n’étant pas un modèle d’er­go­no­mie et d’ef­fi­ca­cité pour la program­ma­tion des sons. Mais heureu­se­ment, les temps ont changé, en parti­cu­lier avec FM8 qui simpli­fie la tâche de l’uti­li­sa­teur en propo­sant plusieurs modes d’édi­tion, permet­tant de rentrer progres­si­ve­ment dans les rouages du logi­ciel et du type de synthèse.

Décou­verte du FM8

Effets

Le synthé­ti­seur FM de Native Instru­ments a été repensé inté­gra­le­ment au niveau de l’in­ter­face. Le menu du plug-in est acces­sible dans la partie supé­rieure ainsi que quelques fonc­tions et indi­ca­tions : nom du preset en cours, poly­pho­nie, consom­ma­tion CPU, vumètres, spectre fréquen­tiel du signal synthé­ti­sé… Un bouton MIDI Learn permet d’as­si­gner un contrô­leur MIDI très faci­le­ment à un para­mètre du plug-in, en cliquant simple­ment dessus et en utili­sant le contrô­leur en ques­tion. La liste des para­mètres assi­gnés de cette façon avec les CC corres­pon­dants est alors visible dans l’on­glet Master.

On peut ensuite accé­der aux diffé­rentes fonc­tions du FM8 via un navi­ga­teur à gauche, permet­tant d’af­fi­cher toutes les fenêtres de para­mètres : navi­ga­teur de presets, choix des attri­buts du preset en cours, onglets d’édi­tion. La centaine de para­mètres du synthé­ti­seur a été réor­ga­ni­sée et les efforts de NI sur l’er­go­no­mie rendent la présen­ta­tion moins austère, plus attrayante, sans rentrer dans des consi­dé­ra­tions esthé­tiques subjec­tives (comme le choix des couleurs !).

Le Navi­ga­teur de Sons

Première étape pour écou­ter ce que le logi­ciel a dans le ventre, les presets, acces­sibles avec le navi­ga­teur de sons de FM8. Deux bonnes surprises nous attendent alors : d’abord le nombre de presets, plus de 200 créés pour la nouvelle mouture, ainsi que la tota­lité des presets publiés par NI sur le FM7, incluant les biblio­thèques FM7 Sounds Volume 1 & 2.

Navigateur

La deuxième surprise de taille est la possi­bi­lité de filtrer des presets, en fonc­tion du timbre, du carac­tère analo­gique/numé­rique ou chaud/froid, le type d’ins­tru­ment qui se rapproche le plus du son, le style musi­cal visé, etc. Chaque preset se voit attri­bué un certain nombre d’at­tri­buts, qui rend la recherche de sons beau­coup plus agréable que le simple défi­le­ment un à un des diffé­rents sons, dans un ordre arbi­traire comme nous en avons l’ha­bi­tude. Cette fonc­tion­na­lité semble être un futur stan­dard dans les plug-ins NI à venir, en vue d’une compa­ti­bi­lité complète avec le système Kore. Ainsi, trou­ver rapi­de­ment une liste de pads plutôt chauds et « gros son » n’est pas un problème, ou des sons typés elec­tro­nica, des brui­tages, une basse élec­tro­nique avec des arpè­ges…

Enfin, Native Instru­ments assure la rétro-compa­ti­bi­lité avec la version précé­dente et l’im­port de données en prove­nance des DX7, DX7 II et DX200, sous forme de fichiers ou en prove­nance de SysEx MIDI.

Édition simpli­fiée

Le concept de l’édi­tion simpli­fiée avait déjà été intro­duit avec FM7, comme un excellent moyen de se fami­lia­ri­ser avec la palette sonore du synthé­ti­seur, et de modi­fier rapi­de­ment un son de la biblio­thèque ou person­na­lisé en fonc­tion de ses envies. Il donne accès à des potards indé­pen­dants des para­mètres de synthèse qui agissent à diffé­rents endroits de l’ins­tru­ment virtuel.

Ces « métas-para­mètres  » permettent de modi­fier en quelques mani­pu­la­tions le contenu harmo­nique du son en cours, sa brillance, son enve­loppe globale, son timbre, l’éta­le­ment stéréo… Et si le son édité nous plaît, nous pouvons mettre à jour les valeurs des para­mètres clas­siques dans les autres pages d’édi­tion, puis enre­gis­trer le résul­tat.

L’on­glet « Easy/Morph » donne égale­ment accès à un contrôle rapide de la section d’ef­fets et des fonc­tions de morphing que nous allons voir. On regrette par contre la dispa­ri­tion de la fonc­tion « Random » du FM7 qui permet­tait des modi­fi­ca­tions aléa­toires, et qui pouvait donner quelques résul­tats inté­res­sants..

Nouvelles fonc­tion­na­li­tés

La nouvelle mouture du FM7 n’a vrai­ment plus rien d’une simple adap­ta­tion du DX7. Bien que l’es­prit du synthé­ti­seur de légende ainsi que sa signa­ture sonore aient été conser­vés, les apports du numé­rique et de l’in­for­ma­tique musi­cale ont permis d’élar­gir consi­dé­ra­ble­ment sa palette sonore. En plus des contrôles de la poly­pho­nie, du mode unis­son pour épais­sir le rendu ou de la fonc­tion de porta­mento, qui réalise des glis­san­dos entre les diffé­rentes notes qu’on joue, on trouve quelques nouveau­tés qui en font un synthé­ti­seur à part.

Les effets

FM8 propose un rack de 12 effets, qui supplante large­ment les possi­bi­li­tés de la version précé­dente, avec deux égali­seurs assez basiques, mais effi­caces, un phaser, un flan­ger, un trémolo, une réver­bé­ra­tion, deux types de délai, une « talk wah », une satu­ra­tion. Et aussi, allez savoir pourquoi, un petit simu­la­teur d’am­pli­fi­ca­teur à lampes et un simu­la­teur de haut-parleurs !

Parti­cu­la­rité utile, la fenêtre présen­tant le rack d’ef­fets donne accès à une liste de presets, pour rappe­ler diverses combi­nai­sons de ces petites boîtes. En fait, la plupart des onglets de FM8 proposent un ensemble de mémoires de confi­gu­ra­tion !

Un arpé­gia­teur en bonus

Arpégiateur

Native Instru­ments a eu la bonne idée d’ajou­ter un arpé­gia­teur à sa nouvelle sortie, qui se présente sous la forme d’un séquen­ceur 32 pas avec 6 lignes de contrôles bien pensées : place­ment des notes, acti­va­tion du legato, accen­tua­tion, trans­po­si­tion de demi-tons ou d’oc­taves par rapport à la note jouée…

Lorsque plusieurs notes sont jouées en même temps par l’uti­li­sa­teur, il est possible avec la dernière ligne de contrôle de gérer l’as­si­gna­tion de chaque note sur chaque pas, dans un ordre prédé­fini, ou bien un tirage au hasard, en accords, etc.

On trouve à nouveau des presets agis­sant sur l’en­semble des para­mètres de l’on­glet : calcul du tempo (fixé ou synchro­nisé avec l’hôte), longueur des notes, fonc­tion shuffle et fonc­tion split qui permet de désac­ti­ver l’en­voi de notes vers l’ar­pé­gia­teur en dessous ou au-dessus d’une certaine note du clavier… Un très bon point pour Native Instru­ments.

Le morphing de sons

Un autre ajout perti­nent sur les bases de FM7 est le morphing entre diffé­rents sons. On place 4 presets de la Biblio­thèque de Sons, ou 4 versions modi­fiées d’un même son, dans les 4 coins de la zone de Morphing, sur l’on­glet Easy/Morph ou sur l’in­di­ca­teur en haut du logi­ciel et un curseur, contrô­lable à la souris, par MIDI ou avec l’au­to­ma­tion du séquen­ceur hôte, permet alors de se dépla­cer libre­ment entre les 4 sons, et sur leurs inter­mé­diaires. De plus, une fonc­tion permet de rajou­ter du hasard dans l’opé­ra­tion à chaque dépla­ce­ment du curseur !

L’en­semble des nouveau­tés permet­tra aux utili­sa­teurs d’ex­plo­rer des contrées sonores plus larges, les nouveaux presets program­més pour le FM8 étant assez parlants, tout comme les démos du site Native Instru­ments. Mais les effets ne font pas tout… Main­te­nant que nous avons vu l’en­ro­bage, nous allons nous inté­res­ser à la capa­cité du synthé à géné­rer des signaux et à les faire évoluer…

Édition avan­cée

L’étape inévi­table à la décou­verte d’un synthé­ti­seur est l’édi­tion de sons person­na­li­sés, parfois en partant d’un preset exis­tant. Cette étape est souvent un brin labo­rieuse selon la complexité ou l’er­go­no­mie de la machine. Heureu­se­ment, le logi­ciel a été conçu pour être acces­sible, permet­tant un appren­tis­sage progres­sif.

FM8 s’ap­puie sur des opéra­teurs, 6 géné­ra­teurs de signaux avec 32 formes d’ondes diffé­rentes au choix (opéra­teurs A-F), un géné­ra­teur de bruit blanc (opéra­teur X) et un filtre 2 pôles multi-modes, c’est-à-dire pouvant aller du passe-bas au passe-haut avec tous les inter­mé­diaires (opéra­teur Z). Ces opéra­teurs peuvent se connec­ter ensemble via la matrice FM, qui permet de les défi­nir comme étant des signaux porteurs ou modu­lant d’autres opéra­teurs, avant d’être reliés à la sortie audio.

Opérateurs

Les chaî­nages très complexes sont monnaie courante, sans rentrer non plus dans le délire d’un Moog, en modu­lant plusieurs opéra­teurs à la suite ou en utili­sant du feed­back, la sortie d’un opéra­teur peut servir à le modu­ler lui-même. Bien que tout cela puisse être diffi­cile à appré­hen­der au début, défaut inhé­rent à la synthèse FM en géné­ral, il est aisé d’ex­pé­ri­men­ter sans trop se poser de ques­tions, l’er­go­no­mie aidant, en obser­vant le spectre du signal généré, affi­ché constam­ment en haut à droite de l’in­ter­face. On peut alors comprendre et appré­cier la richesse harmo­nique asso­ciée à ce type de synthè­se… On dit souvent que l’in­té­rêt de la synthèse à modu­la­tion de fréquence, qui peut être aussi un défaut selon le point de vue, est que la moindre petite modi­fi­ca­tion d’un para­mètre de synthèse peut avoir une impli­ca­tion sur le timbre et la richesse harmo­nique assez impor­tante.

Notons la présence de l’opé­ra­teur IN, que nous trou­vions déjà dans FM7, qui permet d’uti­li­ser un signal audio entrant dans la matrice FM. On peut ainsi se servir du logi­ciel comme d’un contrô­leur de voix, utili­ser des signaux exté­rieurs comme porteurs ou modu­lants en géné­ral, en s’ins­pi­rant de la dizaine de presets d’ef­fets dans le Navi­ga­teur de Sons. On regrette par contre de ne pas avoir plus d’exemples.

Onglets Expert

Dans un premier temps, on peut expé­ri­men­ter en utili­sant le premier des onglets « Expert », qui affiche l’en­semble des opéra­teurs avec quelques para­mètres de base (fréquences des opéra­teurs, fréquence de coupure du filtre Z…), et la matrice d’al­go­rithmes FM, présente dans la plupart des autres onglets. L’édi­tion de la matrice se fait simple­ment à la souris avec le bouton droit pour acti­ver les opéra­teurs, des glis­sés relâ­chés à l’in­ter­sec­tion de deux opéra­teurs pour créer une modu­la­tion. Le tuto­rial du manuel utili­sa­teur est d’ailleurs un moyen rapide et effi­cace de se faire la main sur l’édi­tion, ainsi que les presets d’al­go­rithmes FM qui agissent unique­ment sur le contenu de la matrice.

On rentre ensuite dans le détail avec des onglets spéci­fiques, agis­sant par exemple sur les ampli­tudes de sortie des opéra­teurs, le panning, la forme du filtre de l’opé­ra­teur Z (réso­nance des deux filtres, type de filtre…), le contenu du bruit blanc de l’opé­ra­teur X (filtrage passe-bas, satu­ra­tion…), et aussi les enve­loppes ou les modu­la­tions.

Filtres

Contrô­leurs

Pour rendre moins statique le son en sortie du FM8, une fois que le contenu de la matrice FM a été fixé, on nous donne la possi­bi­lité d’ajou­ter des varia­tions sur les para­mètres suivants : ampli­tude de sortie des opéra­teurs A-F et X, fréquence de coupure de l’opé­ra­teur Z et le pitch.

Ces varia­tions peuvent être contrô­lées par des enve­loppes sophis­tiquées sur une base valeur en fonc­tion du temps (onglet des enve­loppes) ou valeur en fonc­tion du pitch (onglet Key Scaling). On peut aussi chan­ger le tempé­ra­ment ou micro-accor­dage du synthé­ti­seur avec l’on­glet Key Scaling. L’on­glet modu­la­tion présente une matrice qui permet d’as­si­gner des contrô­leurs MIDI à ces para­mètres de varia­tion, ou à deux LFO (oscil­la­teur basse fréquence) qui font égale­ment office de contrô­leurs.

Les LFO peuvent être la base de varia­tions très inté­res­santes du contenu harmo­niques, selon leur inter­ac­tion avec les opéra­teurs. Contrô­ler l’am­pli­tude d’un signal modu­lant plusieurs opéra­teurs à la chaîne peut avoir des effets inat­ten­dus. Bien qu’il semble inin­té­res­sant au premier abord de ne s’in­té­res­ser unique­ment qu’à trois para­mètres (l’am­pli­tude, la fréquence de coupure et le pitch), la complexité des moyens de contrôle et la philo­so­phie du synthé­ti­seur FM donnent en fait des possi­bi­li­tés d’ex­plo­ra­tion vrai­ment impor­tantes. Le contenu spec­tral peut ainsi évoluer au cours du temps et en fonc­tion de la note jouée, par des procé­dés beau­coup plus complexes que le simple filtra­ge…

Enfin, Native Instru­ments nous assu­rant avoir amélioré le moteur audio de son synthé­ti­seur FM, nous nous sommes demandé quels étaient les chan­ge­ments en termes de son, et de consom­ma­tion proces­seur du logi­ciel.

Perfor­mances

En termes de perfor­mances, peu de surprises à l’ho­ri­zon… La confi­gu­ra­tion recom­man­dée pour profi­ter au mieux de FM8 est basée sur un proces­seur 1.4 GHz et 512 Mo de RAM, avec Windows XP pour les utili­sa­teurs PC et Mac OS X 10.4.x pour les utili­sa­teurs Mac. Une séance de tests est effec­tuée sur une confi­gu­ra­tion PC avec un Pentium M 1.73 GHz, 1 Go de RAM, une latence de 512 échan­tillons, et une fréquence d’échan­tillon­nage de 44.1 kHz, sur le séquen­ceur Track­tion 2. Le logi­ciel a montré une stabi­lité exem­plaire durant toute la durée du test.

En ouvrant respec­ti­ve­ment 8 instances du FM8 et du FM7 sur le son Ayuasca, en débrayant la section d’ef­fets, et en tenant une note sur 10 secondes, on obtient une consom­ma­tion CPU en dessous des 13%. La consom­ma­tion CPU n’a pas augmenté d’un logi­ciel à l’autre, et reste rela­ti­ve­ment faible malgré la complexité des algo­rithmes.

Le débrayage des effets n’est pas une précau­tion prise à la légère : bien que tous les effets de FM7 aient des équi­va­lents directs dans le FM8, ils ont été amélio­rés avec des fonc­tions supplé­men­taires, en parti­cu­lier le délai. D’ailleurs, les nouveaux effets ont l’air d’être peu gour­mands : en les acti­vant tous en même temps (soit 12 effets), la consom­ma­tion totale gagne 10 points.

Haute réso­lu­tion

Morphing

Parlons main­te­nant d’une dernière nouveauté dont nous n’avons pas encore parlé : le mode « haute réso­lu­tion ». Au prix d’une hausse de la charge CPU, FM8 se voit équipé d’un filtre anti­alia­sing…

L’alia­sing est une des bêtes noires des déve­lop­peurs de synthé­ti­seurs ou de simu­la­teurs d’am­pli­fi­ca­teurs. Le théo­rème de Shan­non/Nyquist dit qu’un signal doit être échan­tillonné à une fréquence au moins deux fois supé­rieure à celles conte­nues dans le signal. Si cette condi­tion n’est pas respec­tée, un nombre impor­tant de compo­santes inhar­mo­niques et disso­nantes se retrouvent dans les fréquences hautes du signal. Pour synthé­ti­ser des sons riches en harmo­niques, il faut impé­ra­ti­ve­ment tenir compte de ce phéno­mène, qui a tendance à influer sur la qualité sonore.

Des tests rapides avec un analy­seur de spectre nous ont montré l’ef­fi­ca­cité du filtrage anti­alia­sing. Des compo­santes inhar­mo­niques appa­raissent faci­le­ment dans le domaine des fréquences audibles quelque soit la version du logi­ciel, mais elles sont pratique­ment suppri­mées par les procé­dés haute réso­lu­tion, au prix d’une hausse de 10 à 25% de la consom­ma­tion CPU.

Cette fonc­tion­na­lité montre son inté­rêt sur les sons char­gés en hautes fréquences ou qui utilisent des procé­dés de satu­ra­tion. Les exemples en mp3 vous permet­tront de vous faire une idée sur l’ef­fet audible du filtrage. Pour plus d’in­for­ma­tions sur l’alia­sing dans les synthé­ti­seurs, je vous conseille de jeter un oeil sur le sujet suivant du forum Audio­Fan­zine : Choky Lab, l’alia­sing.

Sono­ri­tés

Master

Comment sonne un FM8 ? En géné­ral, la grande force de la synthèse FM est sa versa­ti­lité. Il suffit de voir les diffé­rents filtres du Navi­ga­teur de Sons pour s’en rendre compte : on peut faire des basses, des leads, des pads, diffé­rents types d’at­mo­sphères, des pianos élec­triques ou des orgues, des brui­tages, des percus­sions, pour de l’élec­tro en géné­ral ou pour des styles plus acous­tiques… Il est amusant de jouer des lignes de basse en appuyant sur une seule note ou d’en­tendre un semi-solo de B3 ! À première vue, on est majo­ri­tai­re­ment dans le même registre que Absynth par exemple, avec une spécia­li­sa­tion dans les sons froids et amples. Mais avec quelques expé­ri­men­ta­tions, on se rend compte qu’on peut ajou­ter un peu de couleur en utili­sant les effets, rendre le son plus vivant avec les multiples enve­loppes et modu­la­tions (voir plus loin), bref qu’on est loin d’un synthé­ti­seur typé. Les possi­bi­li­tés sont vrai­ment immenses, plus qu’avec d’autres modèles de synthèse clas­siques en moyenne.

Qu’en est-il des diffé­rences entre le FM8 et le FM7 ? Nous avons ouvert les mêmes presets dans les deux versions du logi­ciel, avec ou sans mode haute réso­lu­tion, avec ou sans effets (voir samples mp3). La conclu­sion du test pour nos maigres oreilles est qu’une diffé­rence anec­do­tique existe entre le FM7 et le FM8. Les algo­rithmes des deux logi­ciels ne répondent pas tout à fait de la même façon à un événe­ment MIDI donné, avec des para­mètres de synthèse iden­tiques. Mais il semble diffi­cile de diffé­ren­cier les deux synthé­ti­seurs en blind test sur un même preset, surtout sur des sons courts ayant peu d’évo­lu­tion au cours du temps. On ne ressent pas vrai­ment de chan­ge­ments de timbre ou de dyna­mique par exem­ple…

Le mode haute réso­lu­tion en revanche ajoute une diffé­ren­cia­tion plus évidente dans la défi­ni­tion des hautes fréquences, comme on peut l’en­tendre sur la fin des samples mp3. Le son n’est pas forcé­ment plus agréable d’ailleurs d’un point de vue objec­tif, il est juste diffé­rent, pas de quoi justi­fier une utili­sa­tion systé­ma­tique de l’an­ti­alia­sing… À vous de voir, fiez-vous à vos oreilles.

Démos mp3 : Ayuasca DRY FM7, Ayuasca DRY FM8, Ayuasca DRY FM8 HR, Ayuasca WET FM7, Ayuasca WET FM8, Ayuasca WET FM8 HR.

Conclu­sion

FM8 est un synthé­ti­seur vrai­ment agréable à bidouiller. La synthèse FM a déjà large­ment fait ses preuves par le passé, le prin­cipe de la modu­la­tion de fréquence étant extrê­me­ment inté­res­sant dans le cadre d’une utili­sa­tion musi­cale en plus de la diffu­sion radio­pho­nique. Il est évident que ce type de synthèse ne peut que ravir les mordus de sound design, ou ceux qui aiment passer du temps à program­mer leurs synthé­ti­seurs.

Enveloppes

Main­te­nant, il va nous falloir répondre à deux ques­tions impor­tantes à l’is­sue de ce test : FM8 peut-il conve­nir à ceux qui ne connaissent pas encore la synthèse FM, et à ceux qui ont déjà adopté la version précé­dente ?

Pour la première ques­tion, la réponse est un oui affir­ma­tif ! L’er­go­no­mie et l’es­prit de FM8 ont été conçus pour que l’ap­pren­tis­sage se fasse de manière progres­sive, avec la possi­bi­lité de créer de nouveaux sons inté­res­sants quelque soit le niveau de connais­sance. Prévoyez donc quelques heures si vous êtes dans ce cas-là, mais vous ne le regret­te­rez pas ! À mon avis, il n’a jamais été à ce jour aussi facile de décou­vrir la synthèse FM qu’avec ce logi­ciel. Prévoyez aussi quelques écono­mies, le prix étant rela­ti­ve­ment élevé…

Pour les autres, qui se demandent si la mise à jour de l’an­cienne version est justi­fiée, la réponse est plus diffi­cile à donner. Nous avons affaire à un FM7 dopé aux stéroïdes, plus plai­sant à utili­ser, avec plus de presets, plus d’ef­fets, un arpé­gia­teur, le morphing de sons… Mais la nouvelle version n’ap­porte rien de vrai­ment révo­lu­tion­naire non plus, et on peut toujours utili­ser des plug-ins externes pour rempla­cer certains éléments. Si vous voulez fran­chir le pas, je ne saurais vous donner un avis caté­go­rique, si ce n’est qu’on ne s’est pas moqué de nous.

Native Instru­ments avait déjà fort à la sortie du FM7, il était donc diffi­cile pour la nouvelle version d’avoir autant d’im­pact. Surtout que Absyn­th4 a l’air inté­res­sant lui aussi ! En tout cas, je suis impa­tient d’in­té­grer FM8 à mes prochaines compo­si­tions…

Points forts
  • Versatile
  • Les possibilités créatives importantes
  • Apprentissage progressif du logiciel et de la synthèse FM
  • La consommation CPU faible
  • La bibliothèque de sons conséquente avec le filtrage par attributs
  • Les nouveautés rapidement indispensables
  • Les presets de configuration sur chaque onglet
  • L'assignation des contrôleurs MIDI facile et pratique
Points faibles
  • Rien de vraiment révolutionnaire par rapport à FM7
  • Demande du temps avant de maîtriser l'étendue des paramètres
  • L'opérateur IN peu utilisé dans les presets
  • L'ordre des effets impossible à modifier
  • Le prix
Auteur de l'article Wolfen

Développeur freelance pour de nombreuses sociétés dans le domaine de l'industrie musicale, créateur de la marque Musical Entropy, et musicien qui achète plus de matos qu'il n'en joue

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