Native Instruments Flesh
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Flesh, Synthé virtuel hybride de la marque Native Instruments.

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test Long live the new Flesh !

Test du Native Instruments Flesh

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Après The Mouth, The Finger, Tim Exile et Native Instruments proposent un nouvel instrument conçu à partir de Reaktor, Flesh. Les références au corps humain sont donc toujours présentes, mais qu’en est-il de la musique et du son ? Réponses.

 En tant que producteur d’instruments pour Reaktor, on ne pourra pas dire que Tim Exile fasse dans le commun. Que ce soit avec The Finger ou The Mouth (dont on pourra lire le test ici), Tim «Exile» Shaw propose des effets qui, dans leur approche et ergonomie, sont rendus les plus simples possibles pour une utilisation immédiate et intuitive. Et, à cet égard, et même si l’on pourrait tout aussi bien reproduire les comportements de ces effets/instruments avec des combinaisons bien pensées de chaînes d’effets, traitements et d’édition dans une STAN, le temps gagné et la simplicité d’usage en découlant sont tout à fait appréciables.

Profitant de la sortie récente de Reaktor 6 (et en supposant qu’il y a certainement eu accès avant le grand public), Exile nous propose aujourd’hui Flesh, plus orienté instrument qu’effet, permettant d’utiliser des échantillons, ceux fournis ou ceux de l’utilisateur, afin de créer à partir de leur analyse des composantes musicales supplémentaires. Ce n’est pas le premier logiciel à permettre ce type de resynthèse, ou cette approche déconstructiviste (dans un sens qui n’a rien à voir avec Derrida, si je puis me permettre...), on peut penser à ce que permettent des logiciels comme iRis 2 ou même RX5 d’iZotope, le défunt Krishna de Devine Machine, ou encore l’ex-Camel Audio Alchemy passé chez Apple, les logiciels de l’IRCAM, et la liste est loin d’être exhaustive. On peut cependant s’attendre de la part d’Exile et Native Instruments à une approche extrêmement immédiate, via une interface utilisateur intuitive. C’est ce que nous allons vérifier.

Introducing Native Instruments Flesh

L’outil est vendu sur le site de l’éditeur pour la somme de 99 euros, et une version démo est disponible. Flesh nécessite la dernière version de Reaktor, la 6 donc (6.0.1 pour être précis), qu’il s’agisse de la version complète ou, bonne nouvelle car il n’était pas disponible au moment du test de cette dernière, dans la version gratuite Reaktor Player 6. Les compatibilités OS et formats de plugs sont ceux de Reaktor, nous n’y reviendrons pas. 

On dispose à l’achat d’une bibliothèque d’échantillons d’un peu plus de 300 Mo. Le logiciel profite bien entendu de l’intégration avec l’ensemble logiciel/matériel Komplete Kontrol, nous verrons de quelle manière. Aucun souci d’installation ni d’autorisation, cette dernière via l’habituel Service Center.

Le physique de Flesh

Native Instruments Flesh : Flesh6

Le principe est donc l’analyse d’un échantillon de type boucle percussive, notamment ses contenus rythmique, dynamique et «spectro-tonal», et la direction de ces éléments analysés vers plusieurs modules permettant de générer des sonorités supplémentaires, des harmonies et autres sons non-existants dans le matériau d’origine.

Cette analyse est suivie d’une découpe de la boucle en plusieurs tranches (slices) selon les éléments transitoires, afin d’en tirer la quintessence rythmique. Puis l’analyse spectrale déterminera selon le contenu spectral le type de déclenchement (low pour les Kicks, hi pour les HiHats, par exemple), et ces triggers seront ensuite routés vers les cinq modules composant Flesh, afin de produire mélodies, harmonies, modulations et commandes d’effets que l’utilisateur pourra régler et paramétrer à son goût. Ces cinq modules sont Sub Synthesizer, Mono Synthesizer, Sample Player, Poly Synthesizer et FX Engine. 

La page d’accueil du logiciel montre cinq grosses figures rondes, chacune dotée d’une couleur différente (qui sont les éléments permettant de mixer et activer/désactiver les modules de Flesh), quatre rotatifs assignés à Spectrum, Character, Length et Mod, ainsi que trois pavés représentant une octave chromatique, nommés Harmony, Samples et Sound.

Native Instruments Flesh : Flesh1

La barre d’outils permet de régler le nombre de pas par mesure, le tempo (avec Synchro possible à l’hôte), la valeur de swing (allant progressivement vers des croches ternaires), un cadenas empêchant toute modification, un réglage d’accord par demi-tons et un volume général. 

On commence donc par charger de un à 12 échantillons (personnels ou depuis la bibliothèque) dans la page Samples. Une fois analysé, le sample apparaît dans le visualiseur, avec la position des Slices en fonction du seuil déterminé pour reconnaître les transitoires d’attaque, et l’on règlera si besoin le nombre de mesures (jusqu’à 16), de pas (de quatre à 32 par mesure), de décalage du point de lecture (Offset) et le Gain. Ces 12 échantillons pourront être commandés par le clavier MIDI, et l’utilisation d’un clavier KKS et/ou du logiciel Komplete Kontrol permettra une commande facilitée par l’utilisation des couleurs du Light Guide. Flesh reconnaît les formats Wave et AIFF, et a été optimisé pour la fréquence d’échantillonnage de 44,1 kHz.

Au cœur de Flesh

Native Instruments Flesh : Flesh4

Regardons ce qui se cache parmi les différents moteurs de synthèse au cœur du logiciel. D’abord Sub (dont l’icône est un sous-marin), synthé monophonique chargé des lignes de basse. Son action peut suivre la source (l’échantillon), ou les réglages effectués dans les parties commandant mélodies ou harmonies. Les réglages dont on disposera dans tous les autres modules (au minimum, avec des variations suivant l’action de ceux-ci) sont Spectrum définissant le type de contenu harmonique, Character, qui règle la façon dont le contenu suit la hauteur et Length et Level qui parlent d’eux-mêmes. En dessous se trouvent des rotatifs avec lesquels on règlera le taux d’action des quatre rotatifs que l’on retrouve sur la première page.

Ensuite Mono utilise des tables d’ondes qui sont réaffectées suivant l’échantillon chargé, en accord avec la sélection de clés (Sol et Fa, déterminant quel contenu spectral décide de la réaction du synthé). On commence par choisir un des 16 présets disponibles, puis on détermine la fondamentale de la mélodie et la façon dont elle est produite (via respectivement Root et Melody), puis un rang d’octaves et un réglage de Glide. S’ajoutent par rapport à Sub un bouton Mod, qui régle la proportion de... modulation, eh oui. Ainsi qu’un module regroupant des contrôles spécifiques à chaque préset, comme Cutoff, Vibrato, Resonance, Pitch Speed, Chorus, Saturation, etc. (on trouvera une liste complète de tous les paramètres dans le manuel de Flesh).

Native Instruments Flesh : Flesh2

Poly fonctionne de la même façon, avec les mêmes réglages, sauf qu’il travaille sur plusieurs voix simultanément, afin de produire des harmonies/accords. Vient après Sample, qui permet de triturer un échantillon via différents réglages et l’utilisation de synthèse granulaire pour le pitch et l’expansion/compression temporelle.

On passe ensuite à FX, deux lignes de retard synchrones au tempo, avec limiting et filtrage, pouvant être modulés, et dépendant du départ d’effets des modules concernés.

La page Mod donnera accès aux réglages d’action des modulations disponibles : un LFO (trois formes d’ondes, triangle et deux dent-de-scie, et vitesse) sur les modules de destination, un générateur de forme dynamique (Env, ADSR) et l’assignation de la molette de modulation à Spectrum, Character et Length. 

Une page Macro permet de définir l’offset de l’action des quatre gros rotatifs sur chacun des réglages correspondants dans les pages respectives des synthés. Après ce petit survol, le plus simple est de faire entendre ce que Flesh peut produire...

Les exemples feront entendre le sample seul, puis les différents modules se rajoutant via automation en temps réel depuis le KKS88.

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Bilan

Faisons court, faisons efficace : Flesh, sans révolutionner la musique, sera un outil très amusant à utiliser, et qui permettra de mettre en place très rapidement, sinon un morceau entier, du moins des idées auxquelles on n’aurait pas forcément pensé à l’écoute ou à la programmation d’une boucle. Une belle réussite profitant au mieux des possibilités de Reaktor 6, tant au niveau sonore, qu’à celui de l’ergonomie, encore une fois très réussie. Son intégration dans l’environnement KKS est un plus indéniable, même si on peut l’utiliser sans (avec, c’est mieux...).

Un outil déclencheur d’idées ? Que demander de plus... 

Téléchargez l'extrait sonore (format FLAC)

  • Native Instruments Flesh : Flesh1
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  • Native Instruments Flesh : Flesh7
  • Native Instruments Flesh : Flesh8

 

Notre avis :
Points forts Points faibles
  • Concept
  • Réalisation
  • Très amusant à utiliser
  • Ergonomie très bien conçue et réalisée
  • Utilisable dans Reaktor 6 et Reaktor 6 Player
  • Parfait avec un clavier KKS
  • Il ne tient qu’à l’utilisateur d’utiliser des boucles intéressantes
  • En l’état, presque rien, sauf peut-être un risque de monotonie à la longue
  • Nécessite une surveillance constante des niveaux
À propos de nos tests
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