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Akai Professional Rhythm Wolf
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Test Akai Professional Rhythm Wolf

Boîte à rythmes de la marque Akai Professional

Prix public US : $199 incl. VAT
Dans la gueule du loup
6/10
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Présentée à la Musikmesse, la Rhythm Wolf est enfin disponible en cette fin d’année. L’un des premiers modèles arrivés en France nous a été confié… de quoi hurler de plaisir ?

On doit à Akai Pro les premiers échan­tillon­neurs abor­dables du marché, au milieu des années 80. En paral­lèle de cette série S essen­tiel­le­ment décli­née en rack, le construc­teur a égale­ment déve­loppé une tout aussi fruc­tueuse série de BAR à samples, les MPC. Passée sous pavillon améri­cain il y a plusieurs années et actuel­le­ment déte­nue par le groupe inMu­sic (Alesis, Alto, Denon, M-Audio, Marantz, Numark…), la marque déve­loppe aujour­d’hui une vaste ligne de contrô­leurs MIDI/USB, sous forme de claviers ou modules. Il était donc tout à fait inat­tendu d’aper­ce­voir cette année, à Franc­fort, une nouvelle BAR à géné­ra­tion sonore analo­gique, qui plus est annon­cée à prix plan­cher : la Rhythm Wolf. Hélas, le modèle présent sur le stand du construc­teur était déses­pé­ré­ment muet. Les quelques vidéos parues plus récem­ment sur la toile ont généré leur lot de commen­taires plus ou moins acerbes. Alors que les premiers modèles commer­ciaux arrivent sur les étagères des maga­sins, il était donc urgent pour nous d’en récu­pé­rer un pour un test en vraie gran­deur et en profon­deur. C’est chose faite, voyons donc ce que nous réserve une BAR analo à moins de 200 euros…

Peau du loup

La première surprise commence à l’ou­ver­ture du carton : la Rhythm Wolf est plus grande et plus lourde que nous nous y atten­dions, avec une taille respec­table de 32 × 22 cm et un poids supé­rieurs à 2 kg. La struc­ture prin­ci­pale est en métal épais séri­gra­phié sur fond noir, formant une boîte à 4 rabats (avant, arrière, 2 côtés). Les autres faces sont en plas­tique moulé, imita­tion bois pour les flancs et noir pour le dessous.

Akai Rhythm Wolf

Comme on peut le voir sur les photos, les potards sont à axe métal­lique, certes pas vissés en façade, mais pratique­ment sans jeu. Leur mani­pu­la­tion est un vrai plai­sir, d’au­tant qu’ils sont large­ment espa­cés. Les cartes élec­tro­niques internes sont fixées sur des entre­toises métal­liques, rien ne bouge. Bref, on se demande comment ils ont atteint ce niveau de qualité de construc­tion à ce prix !

En façade, les commandes sont nombreuses et logique­ment répar­ties : écran à 3 diodes 7 segments, enco­deur (tempo/valeur), 23 potards (para­mètres de synthèse, volume, distor­sion), 6 pads dyna­miques rétro-éclai­rés pour chaque instru­ment, rangée infé­rieure de 16 boutons avec diodes 3 couleurs (entrée des notes et fonc­tions secon­daires) et 9 boutons divers (Tap tempo, sélec­tion de Pattern, coupure/solo de parties, liai­son de notes, fonc­tion Shift, vélo­cité, varia­tion de Pattern, Fill, trans­port du séquen­ceur…).

Akai Rhythm Wolf

La connec­tique est située à l’ar­rière. On commence par la sortie audio globale (jack 6,35 TRS vissé, de niveau ligne mono ou casque) et la sortie sépa­rée pour le synthé basse (jack 6,35 TS vissé) ; y insé­rer une prise permet de récu­pé­rer le son de basse en le coupant de la sortie prin­ci­pale, pour le trai­ter sépa­ré­ment. La commu­nauté DIY pour­rait être tentée d’ajou­ter des sorties pour chaque son de percus­sion, ce qui semble possible si l’on s’en réfère au connec­teur multi­broches qui relie la carte prin­ci­pale à la petite carte des sorties audio. Il y a aussi 2 prises MIDI (entrée/sortie commu­table en Thru) et 2 prises mini-jack (entrée/sortie Gate Trig­ger). Viennent enfin la prise USB (MIDI), la borne pour alimen­ta­tion externe four­nie (12V/2 A de type bloc à l’ex­tré­mité) et l’in­ter­rup­teur secteur pous­soir. On aurait aimé une alimen­ta­tion par piles pour le côté nomade, mais ce n’est pas prévu car l’analo, ça consomme !

Loup à 5 pattes

La Rhythm Wolf est une BAR analo­gique capable de déli­vrer simul­ta­né­ment quatre sons de percus­sions (Kick, Snare, Percus­sion, Hi-hat ouvert/fermé) et un son de synthé-basse. Après allu­mage, la bête doit un peu chauf­fer pour se stabi­li­ser, circuits analo­giques obligent. Sur notre modèle de test (pré-série), le suivi de clavier du synthé-basse dérive complè­te­ment quand on modi­fie l’ac­cor­dage de l’os­cil­la­teur. Akai nous a promis que les modèles commer­cia­li­sés sorti­ront direc­te­ment avec la mise à jour correc­tive de l’OS…

Loup hurlant…

La Rhythm Wolf est équi­pée d’une distor­sion analo­gique située avant la sortie audio prin­ci­pale. Baptisé Howl, elle sature le signal tout en boos­tant les hautes fréquences ; idéal pour réveiller la Snare et satel­li­ser le Hi-hat. Quand on dépasse les 30–40 %, l’ef­fet devient agres­sif et granu­leux, dété­rio­rant profon­dé­ment le signal. Dommage qu’il n’y ait pas de compen­sa­tion de niveau comme sur le Mini­Brute. Utili­ser la sortie sépa­rée permet de récu­pé­rer la basse non trai­tée tout en conser­vant l’ef­fet sur les percus­sions, bien vu. Notons qu’il se forme un énorme bruit de fond dès qu’on pousse le Howl en conjonc­tion avec le géné­ra­teur de bruit de la Percus­sion. Bizarre car ce n’est pas le cas avec le géné­ra­teur de bruit de la Snare…

Sur le Kick, on peut régler le volume, l’ac­cor­dage, l’at­taque et le déclin de volume. La plage de fréquences étant assez basse, il faut donc un bon système d’écoute pour le révé­ler, sinon on aura tendance à le sur-mixer ; il manque un peu de patate sur l’at­taque, mais le son est bien rond ; de la compres­sion sélec­tive sur les basses fréquences ne fera pas de mal. La Snare offre les réglages de volume, d’ac­cor­dage, de niveau de bruit et de déclin de volume. Elle peut paraître un peu « plop plop », mais elle devient très pêchue dès que l’on fait inter­ve­nir le géné­ra­teur de bruit ; trop pous­ser le déclin créé un « pschh­hiiit » un peu cari­ca­tu­ral, surtout en conjonc­tion avec l’ac­cen­tua­tion ; à utili­ser avec parci­mo­nie, donc.

La Percus­sion possède un réglage de volume, un double accor­dage (haut et bas) et un géné­ra­teur de bruit séparé. Ce dernier permet de simu­ler, avec les deux clics, un bord de caisse ou de se rappro­cher d’un clap ; unique­ment se rappro­cher, hélas ; bref, une percus­sion plus claves que clap ! Pour sa part, le Hi-hat est décliné en version ouverte/fermée (temps de déclin diffé­rent) ; il offre les para­mètres de volume, accor­dage et déclin ; plutôt qu’un véri­table accor­dage, on joue sur le timbre, qui pour le coup se diffé­ren­cie des sempi­ter­nels sons de TR ; le Hit-hat coupe parfai­te­ment dans le mix, surtout quand on le pousse avec la distor­sion (voir plus tard). Enfin la basse est un petit synthé analo­gique, avec réglage de volume, accor­dage de l’unique oscil­la­teur sur 3 octaves, choix de la forme d’onde (carrée/dent-de-scie), fréquence de coupure du filtre (passe-bas 2 pôles), réso­nance, niveau d’en­ve­loppe de filtre (segments hélas non para­mé­trables) et déclin de l’am­pli­tude. Cette basse possède une belle rondeur, du bon gras, mais manque de patate ; le filtre réso­nant permet de tailler le timbre, avec une réso­nance plus colo­rante qu’os­cil­lante (pas d’auto-oscil­la­tion) ; là encore, une bonne compres­sion s’im­pose et la sortie sépa­rée prend tout son inté­rêt.

01 SW1
00:0002:12
  • 01 SW1 02:12
  • 02 SW2 01:11
  • 03 Fill1 00:24
  • 04 Fill2 00:36
  • 05 Kick 00:32
  • 06 Snare 00:34
  • 07 Hats 00:34
  • 08 Perc 00:33
  • 09 BSaw 00:35
  • 10 BSquare 00:36

Pas de loup…

Akai Rhythm Wolf

Avec sa concep­tion « une fonc­tion un bouton », la Rhythm Wolf est un véri­table plai­sir à mani­pu­ler : on lance un Pattern, on enchaîne les varia­tions en direct ou avec la fonc­tion Fill, on passe de la program­ma­tion temps réel avec les pads à la program­ma­tion pas à pas avec la rangée de 16 boutons, on change de signa­ture, on modi­fie la longueur de Pattern, on coupe un instru­ment (ou on l’isole), on tripote les potards des sons, tout ça sans inter­rompre le flux créa­tif. On n’aura pas souvent besoin de recou­rir au mode d’em­ploi papier fourni en 5 langues, dont le français. La mémoire interne renferme 16 Patterns compo­sés chacun de 4 séquences de 16 pas : varia­tion A, varia­tion B, Fill A, Fill B. On peut chaî­ner les varia­tions A et B pour obte­nir un Pattern de 32 pas. La fonc­tion Last Step permet de défi­nir à la volée la longueur du Pattern (de 1 à 16 ou de 17 à 32 pas). La touche Fill fonc­tionne comme sur un arran­geur, en restant sur la varia­tion en cours ou en bascu­lant vers la varia­tion alter­na­tive suivant le temps pendant lequel elle est main­te­nue. On mute/isole les instru­ments en temps réel avec la touche Mute/Solo et les 6 pads.

Chiens et loups

Il est possible d’in­ter­fa­cer la Rhythm Wolf de diffé­rentes manières. Au plan MIDI/USB, seules les notes, le trans­port (Start / Stop / Conti­nue, Song Posi­tion Poin­ter) et l’hor­loge peuvent être trans­mises/reçues. Donc pas de CC au programme pour les para­mètres de synthèse (comme déjà dit, on reste dans le monde analo­gique pur). Nous igno­rons si une mise à jour d’OS permet­tra un jour de dumper les mémoires. Pour s’in­ter­fa­cer avec le monde des modu­laires analo­giques, nous avons aussi les prises Gate Trig­ger (entrée et sortie) permet­tant de faire avan­cer les pas du séquen­ceur un par un, par impul­sions de tension.

La machine fonc­tionne selon 3 modes : Record Off (lecture simple + jeu sur les pads sans enre­gis­tre­ment), enre­gis­tre­ment pas à pas (avec les 16 touches de pas) ou enre­gis­tre­ment temps réel (avec les pads). La divi­sion tempo­relle des Patterns va de 1/4 à 1/32, avec les valeurs ternaires inter­mé­diaires. Chaque instru­ment peut être accen­tué suivant 3 niveaux de vélo­cité sur chaque pas ; lorsqu’on main­tient la touche Velo­city, les LED des 16 boutons de pas prennent une couleur diffé­rente suivant le niveau d’ac­cent (vert, orange, rouge), ce qui permet de visua­li­ser et chan­ger la valeur. On peut aussi entrer le niveau direc­te­ment avec les 6 pads dyna­miques, en enre­gis­tre­ment en temps réel.

L’ef­fet de l’ac­cen­tua­tion varie suivant l’ins­tru­ment, sans se limi­ter au volume : attaque du Kick, déclin du bruit du Snare, déclin du Hi-hat ou encore action de l’en­ve­loppe de filtre de la basse. Cela rend les Patterns très expres­sifs. Un facteur de Swing peut égale­ment secouer la ryth­mique. La fonc­tion Tie permet de lier les pas du synthé-basse sans redé­clen­cher les enve­loppes ou créer des notes qui durent sur plusieurs pas.

Pour entrer les notes du synthé, on utilise les 16 boutons de pas qui forment alors un mini-clavier ; ces boutons étant statiques, il faut repas­ser en mode pas-à-pas pour modi­fier les niveaux de vélo­cité. On peut alter­na­ti­ve­ment utili­ser un clavier de commande externe, les notes reçues par MIDI étant enre­gis­trées en temps réel avec leur vélo­cité reca­li­brée sur 3 niveaux. Au niveau de l’édi­tion globale, on peut copier/coller/effa­cer un Pattern. Quelques points viennent toute­fois gâcher cette belle fête : on ne peut enre­gis­trer le mouve­ment des potards (on reste dans le monde analo­gique pur), le sens de lecture se fait unique­ment à l’en­droit, il n’y a pas de fonc­tions Flam /Roll /Slide et il est impos­sible d’en­chaî­ner plusieurs Patterns (pas de mode Song). Tout cela confine la Rhythm Wolf à une utili­sa­tion temps réel si on veut rendre vivantes les séquences. Plus une machine pour perfor­meurs que pour program­meurs. 

Fin de loup

La Rhythm Wolf nous a séduits par sa qualité de fabri­ca­tion et son ergo­no­mie exem­plaires, mélan­geant percus­sions et basses synthé­tiques. Elle permet en quelques instants de créer des ryth­miques sympa­thiques et de les enchaî­ner sans inter­rup­tion. Faute d’au­to­ma­tion des commandes et de mode Song, elle conserve toute­fois une orien­ta­tion perfor­mance scénique plutôt que studio. Sa facture analo­gique limite quant à elle le nombre d’ins­tru­ments dispo­nibles. Pour ce qui est du son, il sort certes des stan­dards habi­tuels, mais il faut à notre sens lui adjoindre des trai­te­ments externes pour le rehaus­ser. Au final, une machine pour se faire plai­sir sans se ruiner, que ce soit pour débu­ter ou complé­ter sa palette sono­re…

Télé­char­ger les extraits sonores (format FLAC)

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6/10
Points forts
  • La qualité de construction
  • Les dimensions généreuses
  • Le workflow bien pensé
  • Les modes temps réel/pas-à-pas
  • Des pads dynamiques et des touches de pas
  • Présence d’un petit synthé-basse
  • Les effets variés de l’accentuation
  • La disto analogique intégrée
  • Les sorties séparées drums/basse
  • La connectique MIDI et USB
  • Le prix plancher
Points faibles
  • Seulement 4 sons pour les drums
  • Les sonorités un peu molles sans l’effet Howl
  • Manque de paramètres sur le synthé-basse
  • Pas de roulements ou Flam
  • Lecture des séquences uniquement à l’endroit
  • Pas d’automation des commandes
  • Pas de mode Song
  • Audio monophonique
  • Suivi de clavier pour le moment faux sur le synthé-basse
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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