De la guitare bricolée par Les Paul au début des années 1940 aux très recherchées Sunburst de 1958 à 1960, la Les Paul a connu une histoire pour le moins mouvementée. Retour sur la naissance d’un modèle qui n’a pas immédiatement rencontré le succès qu’on lui connaît aujourd’hui.
Aujourd’hui, avec la Stratocaster, la Les Paul fait partie des formes les plus reconnaissables de la guitare électrique. Pourtant, lorsqu’elle apparaît au début des années 1950, rien ne permet de prévoir qu’elle deviendra un jour une référence. Gibson cherche alors sa place dans un univers où la guitare à corps plein commence tout juste à émerger tandis que Les Paul expérimente depuis plusieurs années avec ses propres instruments. La rencontre entre le guitariste et le fabricant va donner naissance à l’une des guitares les plus importantes de l’histoire.
Une rencontre sous la pluie
C’est à la fin de l’année 1951 que commence ce conte pour les grands enfants que nous sommes. Dans un pavillon de chasse campé en Pennsylvanie, loin des tumultes de la scène et à des kilomètres du moindre atelier de lutherie. Ted McCarty, élu fraichement président de Gibson, se présente sous une pluie battante devant le perron de la bâtisse : il va jouer gros sur ce coup-là. Car depuis un an, lui et son équipe se courbent l’échine pour rattraper Fender et son succès électrique, remporté avec la Broadcaster. Et depuis des mois, ils tentent de mettre au point la première solid body de la marque. C’est justement ce prototype qu’il vient présenter, accompagné de son assistant. À l’intérieur, ils retrouvent deux vedettes incontournables de l’époque : Les Paul et sa femme Mary Ford, qui utilisent les lieux pour enregistrer. Ted est justement là pour les rencontrer et conquérir le cœur du guitariste renommé qu’est déjà Lester, avec ce nouveau modèle de guitare censé relancer Gibson. Une création qui portera le nom de l’artiste pour la postérité.
Mais avant cette rencontre historique, il faut revenir sur les expériences de Les Paul.
L’homme derrière le nom

En parallèle de cette carrière précoce, Lester s’intéresse de très près à l’envers du décor et, comme beaucoup de ses contemporains des années 30, il se passionne pour le fonctionnement de son instrument. Il entrevoit les possibilités de son avenir électrique. À l’instar de Paul Tutmarc ou de George Beauchamp, Lester se livre à de nombreuses expériences, d’abord avec un micro de gramophone, puis avec celui d’un téléphone. Il s’entête et apprend vite. Mais il est loin d’avoir les moyens de Rickenbacker et de ses « spanish guitars » ou de Gibson, dont l’ES-150 sort en 1936. Il ne peut alors se résoudre à vivre loin de cette idée qui l’entête et poursuit une carrière musicale prolifique sous le nom de Les Paul, mais sans abandonner ses expérimentations.
Il démonte, modifie et expérimente avec les équipements qu’il utilise, cherchant entre autres à améliorer les possibilités de la guitare électrique. Une de ses préoccupations concerne le comportement des guitares à caisse creuse. À fort volume, les vibrations de la caisse peuvent être reprises par les micros et amplifiées, jusqu’à entretenir une boucle de rétroaction et provoquer un larsen. En supprimant la caisse de résonance, Les Paul espère pouvoir jouer plus fort tout en conservant un signal plus stable.
Au départ, il y a The Log
En 1941, il troque sa Gibson L5 pour une Epiphone et par la même occasion, il obtient de la société l’autorisation d’utiliser ses ateliers le dimanche pour poursuivre ses expérimentations. Il profite du congé hebdomadaire des employés de la compagnie pour se débarrasser de son costume de musicien et revêtir celui d’un véritable Docteur Frankenstein.
Le principe est simple : plutôt que de partir d’une caisse de guitare traditionnelle, Les Paul utilise un bloc de pin d’environ 10 × 10 cm. Sur ce dernier, il fixe le manche d’une Gibson L-5, deux micros magnétiques, un chevalet métallique et un Vibrola Kauffman, un système de vibrato actionné par un levier. L’ensemble ressemble alors un peu à une expérience bricolée. Pour lui donner malgré tout une apparence plus familière, Les Paul découpe ensuite la caisse d’une Epiphone en deux et fixe les deux parties de chaque côté du bloc central. Vu de face, l’instrument ressemble ainsi davantage à une guitare traditionnelle, mais sa structure est bien celle d’un instrument à corps plein.

En dépit de ce refus, Lester poursuit sa carrière de musicien et ses recherches sur l’enregistrement. Car l’innovateur qu’il est a bien plus d’une corde à son chevalet. Il joue avec Nat King Cole, puis Bing Crosby, qui le laissera officier dans son studio à LA en tant qu’ingénieur et qui finira même par financer ses expériences. Les Paul veut faire avancer les techniques de prises de son, qui se limitaient alors à la capture de l’ensemble de l’orchestre par micros d’ambiance. On peut imaginer les limites de ce procédé rudimentaire, Lester se mit en tête de les faire voler en éclat.
De 1945 à 1950, il reste terré dans le studio pour peaufiner ses expériences. Il fabrique sa propre machine à graver des disques avec des pièces de récupération, dont un volant moteur de Cadillac. En réenregistrant une partie déjà gravée tout en en jouant une nouvelle, il crée plusieurs couches de guitares. Il joue également sur la vitesse pour produire des effets jusque-là inhabituels. Ce travail devient sa signature sonore : le « new sound of Les Paul ».

Le magnétophone Ampex obtenu grâce à Bing Crosby ouvre une nouvelle étape dans ses recherches. Les premières superpositions commerciales sur disques laissent place à des expériences sur bande magnétique. Les Paul modifie la machine en ajoutant une tête de lecture avant la tête d’effacement. L’idée est simple, mais bougrement efficace : il suffit d’enregistrer une première partie, puis de rembobiner la bande. Lors de la prise suivante, la tête de lecture récupère ce qui va être effacé, le mélange avec une partie supplémentaire jouée à la volée, et le tout est réinscrit sur la bande.

Avec Mary Ford, Les Paul impose alors son « new sound » à un public ébahi, se servant de machines sur scène pour remplacer tout un orchestre. La fortune et la gloire attendent donc le couple, qui gagnera jusqu’à un million de dollars par an. De quoi intéresser les huiles de chez Gibson et surtout son nouveau leader visionnaire…
Pendant ce temps, chez Gibson…

Et c’est la concurrence qui va mettre un gros coup de pied dans la fourmilière. Car incontestablement, le contexte a changé depuis le refus opposé à la Bûche. D’autres constructeurs ont poursuivi leurs recherches sur les guitares solid body, dont Paul Bigsby. Puis, en 1950, Leo Fender, un petit réparateur d’amplis californien, commercialise l’Esquire, bientôt suivie par la Broadcaster, qui prendra finalement le nom de Telecaster. Le succès de cette nouvelle génération de guitares montre qu’un instrument à corps plein peut trouver son public.
Chez Gibson, l’ensemble des modèles électriques sont des acoustiques amplifiées qui n’intéressent déjà plus grand monde, Ted McCarty sent le vent tourner et comprend qu’il va falloir se résoudre à produire un instrument à caisse pleine. Ils se mettront alors à quatre pour concevoir le premier prototype de ce qui deviendra la Les Paul
Gibson reconsidère alors sa position. Cette fois, il ne s’agit plus de fabriquer une guitare autour de la Bûche, mais de concevoir un véritable modèle de série. Cette guitare présentait déjà un corps en acajou sur lequel était collée une table en érable bombée. Il reprenait de nombreux éléments de modèles antérieurs : les micros P90 à simple bobinage et leurs quatre potards (V,V,T, T) sont directement inspirés de la L5 CES et de la Super 400 CES. La forme de la caisse est un rappel d’une vieille tradition chez la marque, comme le manche collé en Acajou. Et les repères de touche en trapèze avaient déjà été posés sur un modèle d’ES 150 de 1950. Au bout d’un an de travail, le projet est à peu près abouti : la première solid body de Gibson présente déjà la forme, le timbre et la résonance de ce qui allait devenir un standard. Il ne lui reste plus qu’à être lancée. Et pour ce faire, McCarty trouve vite le meilleur représentant qui soit… Gibson reprend contact avec Les Paul au début des années 1950, et Ted McCarty se rend jusqu’au pavillon de Pennsylvanie pour lui présenter le prototype. La rencontre aboutit à un accord et le résultat portera le nom du guitariste : la Gibson Les Paul.
1952 : naissance de la Goldtop

Si la forme générale est déjà là, avec son corps épais et sa table rapportée, plusieurs détails vont rapidement évoluer. En effet, la première Les Paul n’est pas exempte de défauts. Le manche des tout premiers exemplaires présente un angle assez faible, ce qui impose un chevalet-cordier trapèze particulier. Les cordes doivent passer sous la barre du chevalet avant de rejoindre le cordier, une disposition peu pratique pour étouffer les cordes avec la paume et qui complique aussi certains réglages. Même Lester ne cautionnera pas cette première mouture pour ses problèmes d’intonation, de sustain et d’ergonomie.
La compagnie rectifie vite le tir et sort, un an après, une seconde version de la Goldtop, équipée d’un chevalet-cordier posé en biais sur deux vis réglables et d’une inclinaison de manche plus prononcée. Puis, en 1955, le Tune-o-matic fait son apparition, chaque corde dispose désormais d’un réglage individuel de longueur. Le système sera associé à un cordier stopbar séparé. En seulement quelques années, la première Les Paul aura donc déjà connu plusieurs systèmes de chevalet.
La Junior, la Les Paul sans le superflu

Si la Junior est donc la petite Les Paul, dans les faits, son caractère va rapidement lui permettre de dépasser ce rôle. Son P-90, placé près du chevalet, et son électronique très simple en font un instrument assez différent d’une Standard avec ses deux micros. Gibson découvre surtout qu’il n’est pas nécessaire de multiplier les équipements pour proposer une guitare intéressante.
En 1955, la gamme s’élargit encore avec la Les Paul TV, qui reprend l’essentiel de la Junior mais adopte une finition jaune appelée TV Yellow. Le nom et la couleur ont donné lieu à de nombreuses explications au fil des années, mais l’hypothèse généralement retenue et assez étonnante est que cette finition était destinée à mieux apparaître sur les téléviseurs en noir et blanc, où un blanc pur pouvait produire des effets indésirables à l’image.
La Junior va ensuite connaître sa propre évolution. En 1956, Gibson modifie notamment la fixation du chevalet et déplace légèrement le P-90 vers le manche. Puis, à partir de 1957, le modèle reçoit des aimants Alnico 5 dans son P-90. Surtout, la seconde moitié de 1958 marque un changement beaucoup plus visible : la Junior adopte un corps à double pan coupé et une finition Cherry. En 1961, elle suit à son tour la grande évolution de la gamme vers la nouvelle forme, qui deviendra celle de la SG. Le nom Les Paul restera encore inscrit sur la tête jusqu’en 1963.
La Custom black beauty

La première Custom possède un corps entièrement en acajou, sans la table en érable de la Goldtop. Sa touche est en ébène et son électronique associe alors un P-90 en position chevalet à un micro Alnico de type Staple dans le manche. Le modèle est également le premier de la gamme à recevoir le nouveau chevalet Tune-o-matic ABR-1.

Cette version, avec son corps tout en acajou et sa touche en ébène, est aujourd’hui l’une des Les Paul les plus reconnaissables de cette période. Comme le reste de la gamme, nous le verrons plus tard, la Black Beauty disparaît avec la transformation de la gamme au début des années 1960. Lorsque la Les Paul revient en 1968, la Custom réapparaît, avec une table en érable. La Custom va ensuite suivre sa propre évolution au cours des années 1970, avec des changements de construction et de fabrication qui la distingueront encore davantage des modèles des années 1950.
Les humbuckers changent la donne, une histoire de Lover
Si la marque doit encore beaucoup à l’influence de Lloyd Loar, c’est un autre nom qui fera sonner la Les Paul pour des décennies : l’incontournable Seth Lover. Employé au besoin par la compagnie comme consultant, l’expert en radio et en électronique rejoint définitivement ses équipes en 1952. La spécialité de Lover, ce sont les micros et il a un regard bien particulier sur le sujet. Quand Gibson lui demande de concevoir un micro plus puissant que le P-90 et concurrent potentiel du Dynasonic de DeArmond, il propose des plots rectangulaires composés d’Alnico 5 : le 480 ou « Staple » équipera la Les Paul Custom, la L-5 et la Super 400 sur une courte durée.
Mais c’est son deuxième concept qui laissera une empreinte durable sur le marché de la guitare électrique : le micro PAF, le humbucker Gibson devenu une référence. Le P-90 est un simple bobinage et peut capter des parasites électriques. L’idée du humbucker est justement de réduire ce phénomène grâce à deux bobinages fonctionnant ensemble. Lover n’est pas le premier à explorer ce principe : des brevets antérieurs décrivent déjà une construction antibruit à deux bobines, et Gretsch commercialise également le Filter’Tron de Ray Butts en 1957. Développé en 1955 et équipant dès 1957 la Goldtop et la Custom, le PAF restera associé aux guitares Gibson pour la postérité.
Cette évolution va devenir indissociable de l’image sonore et visuelle des Les Paul. La Goldtop de 1957 constitue ainsi une sorte de point d’aboutissement de la première période. Tous les classiques de la Les Paul sont là : on retrouve le corps en acajou surmonté d’une table en érable, le manche collé, le Tune-o-matic, le stopbar et désormais les humbuckers.
Et pourtant, les ventes ne suivent toujours pas vraiment. La guitare est lourde, son prix est élevé et le marché évolue. Le succès grandissant du rock modifie également les attentes des guitaristes. La Les Paul n’est pas forcément l’instrument le plus évident pour cette nouvelle génération. Elle paraît un peu démodée. Gibson va alors modifier son apparence.
1958 : la Goldtop devient Sunburst

Il ne s’agit pourtant pas d’une révolution. Une bonne partie de la conception de la guitare reste héritée de la Goldtop de 1957 : même architecture générale, même principe de construction, mêmes humbuckers, même type de chevalet. C’est surtout la finition qui change, accompagnée de différentes évolutions de détail au fil de la production.
Comme souvent avec Gibson, les premières Standard de cette période ne sont pas toutes identiques. Les manches évoluent. Celui des premières 1958 est généralement assez épais et les frettes sont relativement petites. Au cours de 1959 puis en 1960, Gibson modifie progressivement le profil du manche et les frettes. Les instruments de 1960 présentent ainsi généralement un manche plus fin.
Une guitare qui ne rencontre pas son public

Certains guitaristes se plaignant de ne pas pouvoir user de leur pouce sur la corde de Mi, en haut du manche, il fut décidé en 1958 de modifier la forme de la Junior et de la TV. Le single cut fut abandonné et on dessina une double échancrure pour certains modèles. En 1959, les ventes de la Junior explosèrent et la Special ne s’en sortait pas si mal, au regard des faibles résultats de la Sunburst et de la Custom. Le couperet allait bientôt tomber pour ces deux guitares… du moins un bon coup de ciseaux à bois !
Gibson décide alors de modifier beaucoup plus profondément le modèle. Le résultat est la guitare que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de SG. La nouvelle silhouette est très éloignée de celle de la Les Paul originale. Plus fine, dotée d’une double échancrure et beaucoup plus radicale dans son dessin, elle marque une rupture avec la forme de la Goldtop et de la Sunburst.
Le modèle sera d’ailleurs encore associé au nom de Les Paul pendant une période, avant que cette association ne disparaisse. Il se dit d’ailleurs que Les Paul n’aimait pas la SG. Quoiqu’il en soit, la Les Paul telle qu’elle existe depuis 1952 quitte donc la scène au début des années 1960. Et c’est à ce moment qu’elle commence à devenir une guitare mythique.
La revanche des vieilles Les Paul

La guitare change alors complètement de statut. Ce qui avait été un modèle commercialement discret devient un instrument recherché par des guitaristes de rock et de blues. Les Sunburst de 1958 à 1960, en particulier, commencent à acquérir une réputation qui n’a plus grand-chose à voir avec leur carrière commerciale initiale. La Les Paul n’est plus seulement une guitare portant le nom d’un musicien célèbre, elle devient bien plus que cela, une référence.
Gibson fait revenir la Les Paul

Ça frise !
De la Goldtop à l’icône
D’abord une idée dans l’esprit de Les Paul, puis un modèle Gibson destiné à répondre à une évolution du marché, la Les Paul est devenue l’un des instruments les plus reconnaissables de la musique populaire. La Sunburst de 1958 à 1960 en constitue le chapitre le plus mythique, mais elle n’est finalement qu’une partie de cette histoire. Avant elle, il y a les expérimentations de Les Paul, la Goldtop, les premières évolutions du chevalet, les Junior, Special et Custom, puis les humbuckers. Après elle, il y a la disparition du modèle, sa redécouverte par les guitaristes et son retour chez Gibson.
À travers son histoire, c’est tout un pan de la musique moderne qui se dessine, avec son lot d’images qui traversent les époques. Cet instrument qui a eu du mal à trouver sa place est devenu, en plus d’un mythe, un indémodable.
De quoi briller en société
Voici quelques anecdotes glanées ici et là pour rédiger cet article :
- Gibson a inventé le truss rod (la tige de réglage), conçu par Thaddeus McHugh.
- Epiphone se compose du surnom du fondateur grec de la société Epaminonda Stathopoulos (surnomé “épi”) et du suffixe “phone”.
- Lorsque Lester William a eu son accident de voiture en 1948, les médecins durent poser des broches sur son bras droit pour le sauver, il leur demanda alors de fixer son bras avec un angle de 90° pour qu’il puisse continuer à jouer de la guitare.
- La couleur rouge des Sunburst d’époque est sensible aux UV, un véritable connaisseur est capable de dire combien de temps une Les Paul est restée en vitrine, avant d’avoir été vendue.
- Le micro PAF (Patent Applied For) a gardé l’étiquette caractéristique (visible sur sa plaque de base), même après l’obtention du brevet en 1959.
- On a volé la première Les Paul d’Eric Clapton, pendant les premières répétitions de Cream. Plusieurs propriétaires de Sunburst revendiquent aujourd’hui la possession de cette guitare.
- La Les Paul qui servit à enregistrer le solo de While my Guitar Gently Weeps, fut offerte par Eric Clapton à George Harrison. Juste avant qu’il ne lui pique sa femme ! (Bon, en 1974, en, fait ;) )
- Une Sunburst de 1959, d’origine, se vend aujourd’hui autour du demi-million de dollars.
Et pour conclure cette belle histoire, je vous propose une citation de l’homme qui a donné sa voix définitive à la Les Paul. Je citerai donc, bien humblement, le grand Seth Lover :
« Si vous voulez améliorer quelque chose, faites-le différemment ».
Un grand merci à Grosnoeil Vert pour ses relectures et ses conseils et David Lo-Pat.







