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Interview de George Lynch

Interview : George Lynch

Guitariste phare des années 80, George Lynch est sans conteste l’un des plus éminents spécialistes du gros son, sur scène comme en studio. Alors quand il se met à parler guitare, ampli et enregistrement, on l’écoute forcément…

La Musik­messe a été l’oc­ca­sion de rencontres aussi sympa­thiques qu’ins­truc­ti­ves… La preuve avec George Lynch, ‘gui­tar hero’ s’il en est, et grand spécia­liste du gros son. Ce qui devait être un petit quart d’heure à s’in­for­mer de l’ac­tua­lité de cette légende du rock option virtuose, s’est ainsi trans­formé en une bonne heure de discus­sion passion­née sur la guitare, les amplis et la quête du son ultime, sur scène comme en studio.

Avant toute­fois de lais­ser la parole au maître, une présen­ta­tion s’im­pose pour tous ceux qui ne le connaî­traient pas.

 

Who is George Lynch ?

« Je remer­cie mon public… j’existe encore après 30 ans de carrière ! »

 

George Lynch est l’un de ces (très) nombreux guita­ristes de la vague du hard rock cali­for­nien des années 80… avec cette parti­cu­la­rité d’avoir encore une actua­lité char­gée coté album et coté live, mais aussi avec nos construc­teurs d’am­plis et de guitares préfé­rés ou encore côté péda­go­gie avec une école en ligne pour guita­ristes en herbe.

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Tout a commencé le 28 septembre 1954, jour qui a vu naître le petit George. A l’age de 10 ans il se met à la guitare et joue durant son adoles­cence dans de nombreux groupes de la région de Sacra­mento. Le plus connu est sans doute le groupe Sergeant Rocks qui connut à l’époque un succès d’es­time. Il démé­nage alors pour Los Angeles dans les années 70 où il travaille avec les groupes The Boys et Xciter.

 

C’est Xciter qui a permis à George Lynch de se faire connaître comme un digne héri­tier de Jimi Hendrix et de Jeff Beck, option gros son. Il écume alors les scènes de LA et de sa région, au moment où Edward Van Halen et Randy Rhoads gagnent une recon­nais­sance inter­na­tio­nale. Il les rejoint en tant que « rock star » avec le groupe Dokken. Il parcourt les scènes (stades ?) du monde durant la décen­nie 80 et enre­gistre 5 albums multi­pla­tines entre 1983 et 1988. Il est alors consi­déré comme l’un des guita­ristes de rock les plus influents. Il a au passage reçu un Grammy Award dans la caté­go­rie « best rock instru­men­tal »

Son aven­ture avec Dokken s’achève en 1989. Il enchaîne immé­dia­te­ment avec un nouveau groupe : Lynch Mob, enre­gistre deux albums et assure leur promo­tion à l’oc­ca­sion d’une tour­née mondiale « sold out ». En paral­lèle de son acti­vité dans Lynch Mob, George a envie d’ex­pé­ri­men­ter des choses nouvelles, d’ap­pro­fon­dir et d’élar­gir son approche de la guitare. Il travaille alors à un album solo Sacred Grooove qui sort en 1993. Il gagne une recon­nais­sance immé­diate pour son jeu bien plus éclec­tique qu’on ne pouvait le soupçon­ner jusqu’alors.

 

George dispa­raît alors de la circu­la­tion pendant quelques années où il passe du temps dans l’Ari­zona avec sa famille et adopte un style de vie loin des excès de la vie de rock star en tour­née. Il revient fin 1994 avec le groupe Dokken pour deux nouveaux albums et trois années de tour­nées. Il relance alors son groupe Lynch Mob en 1998 avec un nouveau line up et sort dans la foulée l’al­bum Smoke This carac­té­risé par un son ENOOOORME qui contri­bue à défi­nir un genre « Heavy Techno Metal ». La tour­née qui s’en­suit lui permet de rencon­trer un public plus jeune.

 

George Lynch attaque le nouveau millé­naire avec un agenda bien chargé, côté live et coté studio. A la fin de la tour­née US de 2001, il travaille avec Jeff Pilson (basse) et Michael Frowein (Batte­rie). Ce qui devait être un projet de 3 mois est devenu une quête de 18 mois dans le « stone house studio » de George Lynch. Le résul­tat est l’al­bum Wicked Under­ground qui sort en avril 2003 sous le nom LP (Lynch / Pilson). George Lynch reste alors dans son studio et revi­site ses compo­si­tions des époques Dokken et Lynch Mob sort l’al­bum Revo­lu­tion égale­ment en 2003. Il s’en­suit une tour­née mondiale.

 

2004 voit un retour aux sources avec l’al­bum de reprises Furious George et une compi­la­tion de morceaux revi­si­tés avec quelques invi­tés de marque : Lost Lynch.


Les présen­ta­tions étant faites, place à l’in­ter­view propre­ment dite…

Are You ESPe­rien­ced ?

George Lynch est réputé pour avoir un son énoooooooooooorme tant sur scène qu’en studio… et je peux témoi­gner de la véra­cité de cette répu­ta­tion. Alors, à défaut d’un secret bien gardé dans les doigts du guita­riste, le choix du maté­riel et de la façon de travailler doit avoir son impor­tance. Voici, remis dans l’ordre les prin­ci­pales descrip­tions, recom­man­da­tions, expé­riences et astuces glanées lors de cet entre­tien.

D’où vient cette jolie guitare posée juste à côté de nous ?

Pour mes guitares, je travaille avec ESP depuis plus de 20 ans. Ils m’ont toujours fourni des instru­ments qui sonnent immé­dia­te­ment, avec une fini­tion superbe et en complète adéqua­tion avec mes goûts. En ce moment j’uti­lise cette SUPER V… elle est très confor­table, a un look d’en­fer et fran­che­ment, cette gratte a le MOJO !

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Tu peux nous la présen­ter un peu plus en détail ?

 

C’est à la base une inter­pré­ta­tion d’une Flying V avec un corps un peu plus léger et confor­table, une tête person­na­li­sée et des micros spécia­le­ment choi­sis. Moi qui jusqu’à présent n’avait joué quasi­ment que sur des guitares avec un manche vissé, ça me change de redé­cou­vrir une guitare avec un manche collé. Le sustain est diffé­rent et le son très chaleu­reux… c’est éton­nant … cette guitare est incon­tes­ta­ble­ment l’une des plus versa­tiles que je possède tout en ayant une très forte person­na­lité.

 

Côté look, le côté vieilli de l’ac­cas­tillage, des capots micros et de la plaque métal­lique rend vrai­ment bien ! Ca n’est pas que je sois fan des guitares vinta­ge… une bonne guitare élec­trique n’a pas besoin de vieillir pour bien sonner tant que les bois sont bons et que le luthier connaît son métier. Mais cette fini­tion donne un côté authen­tique à la guita­re… la pose comme un instru­ment qui mérite le respect et sur lequel tu vas impo­ser ta marque. En plus, avec les griffes et les endroits où le cuivre est visible, chaque instru­ment devient unique et on n’est pas obligé de cher­cher les pains ou le numéro de série pour recon­naître l’ins­tru­ment. C’est impor­tant d’avoir une guitare qui donne envie de jouer !


Et pour les micros ?

 

Il y a en posi­tion aiguë un micro Seymour Duncan déve­loppé exprès pour cette guitare, puis­sant et inci­sif, il marche aussi bien pour des sons clairs claquants que pour des crunchs avec de la gniak et je retrouve mon son favori pour les grosses distos, en solo comme en ryth­mique. En posi­tion grave, on trouve un simple bobi­nage au format humbu­cker, direc­te­ment inspiré des P90 mais avec un bobi­nage spécial pour éviter d’at­tra­per trop de buzz. Je suis tombé amou­reux de la façon dont il sonne sur cette guitare. En plus, il se marie bien avec le micro aigu pour donner des sono­ri­tés très équi­li­brées mais jamais plates."

 

Un conseil pour bien choi­sir son instru­ment ?

 

A part prendre une ESP et de préfé­rence une superV ? En fait, dès que l’on parle d’un instru­ment sérieux qui va devoir t’ac­com­pa­gner durant une grande partie de ta vie de guita­riste il y a un truc qui me semble vrai­ment très impor­tant. Le choix du luthier ou du vendeur est essen­tiel pour le choix de la guitare elle-même. Il va te falloir essayer beau­coup de choses pour défi­nir tes goûts et il est préfé­rable d’être guidé lors de ces essais. Il faut rester ouvert à la fois à tes coups de cœur et aux sugges­tions de ton luthier (vendeur). S’il connaît son métier, il va te propo­ser des choses sans doute surpre­nantes, mais qui colle­ront éton­nam­ment au « Graal guita­ris­tique » que tu cherches sans savoir bien le défi­nir.

 

C’est ce process que j’ai suivi avec ESP pour cette guitare. J’ai essayé plein de choses diffé­rentes, j’ai pu défi­nir le look assez vite, iden­ti­fier ce que je voulais retrou­ver de mes guitares habi­tuelles et la part de nouveau­té… Mais jamais je ne me serais orienté sur une guitare en acajou avec un manche collé et un simple bobi­nage type P90 en micro grave. Pour­tant, la sugges­tion d’ESP m’a conquis après quelques minutes d’es­sais.

Du Recti­fier au Randall MTS…

J’ai appris la sortie de ton MTS Lynch Box RM100LB, un nouvel ampli signa­ture chez Randall. Comment a-t-il été déve­loppé ?

J’ai des goûts qui se sont affirmé avec le temps pour mes amplis… mon prin­ci­pal problème est que pour avoir les sons qui me plaisent vrai­ment j’ai besoin d’au moins quatre ou cinq amplis … chacun dans un format diffé­rent (combo, tète + baffle, système en rack) et avec des puis­sances qui vont du simple au triple. En plus, ce sont quasi­ment tous des amplis qui ont plus de 10 ans et qui ont un son que je ne retrouve pas sur les modèles d’aujour­d’hui. Sans parler des soucis de fiabi­lité, c’est une situa­tion dont je peux m’ac­com­mo­der dans mon studio mais qui n’est en fait pas pratique du tout.

 

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L’idée était alors de conce­voir un ampli sans conces­sion sur ces quelques sons que je souhaite retrou­ver, qui soit solide, et vrai­ment pratique en toute circons­tance. Dans mes recherches j’ai entendu pas mal de bêti­ses… alors j’ai préféré deman­der à un vrai guru de l’am­pli­fi­ca­tion guitare. Il doit y en avoir trois ou quatre dans la région de LA… comme Bruce Egna­ter entre autres… et ce qui est bien, c’est qu’on trouve un de ces gurus chez Randall.

 

Le concept des amplis MTS m’a vite semblé très pratique et les amplis et modules exis­tants vrai­ment convain­cants même s’il ne corres­pon­daient pas à mes envies. En plus, l’équipe de Randall était très moti­vée par le projet. On a alors décidé de se lancer dans ce projet un peu fou de mettre trois ou quatre amplis radi­ca­le­ment diffé­rents dans un seul et même ampli d’un prix qui ne soit pas dérai­son­nable.


Quels sont les amplis qui t’ont servis de modèle et comment les as-tu choi­sis ?

J’ai pris quelques-unes de mes guitares favo­rites, quelques amplis de ma collec­tion, ceux dispo­nibles chez Randall et ceux de la boutique du coin, on a mis tout ça dans une grande salle et on a TOUT essayé. C’est d’ailleurs assez surpre­nant de décou­vrir autant de choses sur des amplis que je pensais connaître. Le simple fait de les mettre les uns à côté des autres en passant très rapi­de­ment d’un son à un autre nous a vrai­ment révélé à quel point ce genre de choix est subjec­tif et les diffi­cul­tés qui l’on peut rencon­trer pour carac­té­ri­ser clai­re­ment un son et des sensa­tions de jeu.

 

On a retenu au final quatre amplis qui avaient LE TRUC pour un type de son et que l’on retrouve dans les quatre modules déve­lop­pés par Randall.

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Le SUPER V produit un son clean direc­te­ment inspiré d’un vieux Vox AC30. Il sonne très acous­tique avec des aigus très chan­tants, des graves chaleu­reux et des médiums légè­re­ment creu­sés.

Le BRAHMA est direc­te­ment inspiré d’un Marshall plexi des années 60, modi­fié pour être « poussé » plus faci­le­ment et sonner un peu plus gras. Il produit un son idéal pour des parties ryth­miques très éner­giques.

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MR. SCARY est issu d’un truc impro­bable modi­fié au-delà du raison­nable. Cet ampli ne devrait pas sonner, mais il a le « mojo » et est devenu la source prin­ci­pale de mon son avec Dokken et Lynch mob. Il produit en fait un son proche du Brahma, mais avec beau­coup plus de gain et de punch. Les graves sont solides et très précis, les médiums et aiguës capables de percer n’im­porte où.

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Le GRAIL est issu d’un des premiers Mesa/Boogie Recti­fier. Il a un son très ‘épais’ et plutôt moder­ne… idéal pour gros­sir une ryth­mique en over­dub et pour les solos."



Tu dis que tu as appris beau­coup de choses lors des essais… Quels sont les points les plus marquants ?

A part le côté subjec­tif de la chose et l’im­por­tance de mettre les amplis côte à côte pour se faire une idée juste, il y a un truc éton­nant avec les vieux amplis : ils sonnent presque toujours diffé­rem­ment de leur équi­valent moder­ne… mais après pas mal de tests on s’est aperçu que ça n’est pas lié au vieillis­se­ment de l’élec­tro­nique et très rare­ment à un chan­ge­ment des sché­mas… mais tout simple­ment au chan­ge­ment de certains compo­sants.

 

C’est remarquable sur le Recti­fier que l’on a retenu. Il est plus facile à régler que le même modèle venant de la boutique du coin tout simple­ment à cause de ses trans­fos. Je ne pense pas que c’est valable pour le reste de la gamme Mesa/Boogie pour celui là c’est magique … il suffit de monter les « vieux » trans­fos « no name » dans le Recti­fier moderne pour retrou­ver le son.

 

L’équipe Randall a aussi réussi à me faire chan­ger d’avis sur les amplis câblés en point à point. Il existe un proto­type câblé ainsi avec les quatre canaux. On a fait un essai avec le modèle commer­cial et ces deux amplis sonnent exac­te­ment pareil ! Je ne suis pas en train de dire que ça ne sert à rien de câbler un ampli en point à point… simple­ment, qu’un construc­teur qui connaît son métier peut faire un autre choix et sortir un ampli qui sonne aussi bien.

 

Autre truc : tout compte dans un ampli ! Il suffit pour s’en convaincre de voir l’his­toire des « vieux » trans­fos du Recti­fier. Je suis épaté que la tête Randall propose 4 sons si diffé­rents et si fidèles à leur modèle avec une même section de puis­sance et un même baffle. C’est vrai­ment éton­nant !

 

A propos des baffles, je suis assez maniaque à ce sujet et je passe beau­coup de temps pour les sélec­tion­ner. Je ne sais pas ce que le baffle du Randall donne avec autre ampli, mais il est incroya­ble­ment versa­tile asso­cié à la Lynch Box. Il sonne bien à un volume raison­nable ET à un volume dérai­son­nable.

 

Toujours à propos des baffles juste­ment, mon modèle fétiche est un vieux Hiwatt monté avec des HP « fane » Purple Back. Il a plus de 20 ans et je suis inca­pable de trou­ver un autre baffle qui sonne pareil… Pour­tant, ils sont toujours produits à l’iden­tique aujour­d’hui. En fait, contrai­re­ment à l’élec­tro­nique des amplis, un baffle vieillit et son son évolue au fur et à mesure que l’on s’en sert. C’est gênant parce que je trouve qu’il faut une dizaine d’an­nées d’uti­li­sa­tion « normale » pour qu’un baffle se révèle.

 

J’ai deux astuces pour « vieillir » arti­fi­ciel­le­ment un baffle. La première est très effi­cace mais plutôt dange­reuse pour le porte-monnaie. Il s’agit d’as­sou­plir à la main le cône de chaque HP. Ça demande un certain doigté et on ruine le HP une fois sur deux.

 

La deuxième est contrai­gnante mais marche très bien. Il s’agit de bran­cher les baffles sur une sono qui diffuse en boucle un balayage dans les basses fréquences. Ça se fait faci­le­ment avec un synthé ou un oscillo de labo­ra­toire. Le seul souci est que pour que ça fonc­tionne il faut le faire à fort volume et pendant quelques jours d’af­fi­lée. C’est un coup à deve­nir fou et à se faire détes­ter de son voisi­nage.

Le son Lynch, de la scène au studio…

J’ai eu l’oc­ca­sion de consta­ter que tu as un son sur scène très proche de celui de tes albums… Tu as une recette magique ?

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Merci. J’ai toujours atta­ché une grande impor­tance à mon son en live. Je veux que mon public profite au mieux de ma musique et ça passe en grande partie par la qualité sonore et une espèce de « signa­ture » que je cherche à repro­duire systé­ma­tique­ment. J’ai toujours été surpris par l’at­ti­tude de beau­coup de guita­ristes connus pour la qualité de leur son… Ils sont capables de passer un temps infini à peau­fi­ner le son de leur album et ne se préoc­cupent pas plus de cinq minutes de leur son sur scène dés que le sondier fait un signe « ok ça roule »… d’ac­cord… lorsque le sondier en ques­tion assure le son est bon… mais il n’a géné­ra­le­ment plus rien de person­nel. Je ne sais pas d’où vient cette atti­tu­de… peut-être que c’est parce que le son d’un album reste et qu’une fois fini un concert est parti pour toujours.

 

Il n’y a pas de vraie recette magique de ce point de vue…juste quelques habi­tudes qui aident bien. Déjà un truc évident : bien choi­sir son maté­riel et le dispo­ser correc­te­ment sur la scène. Il est impor­tant de dispo­ser d’un maté­riel qui sonne de façon très typée, qu’il soit fiable, constant et pratique à utili­ser. Ensuite il faut apprendre à commu­niquer avec les sondiers, trou­ver les mots justes pour leur expliquer ce que l’on attend, savoir écou­ter leurs demandes et respec­ter leur boulot. Au final, c’est ce gars-là qui sera respon­sable de ton son alors lui payer une bière peut aider aussi.

 

Autre­ment, j’aime me rendre compte de la façon dont ma guitare sonne pour le public. J’ai un truc pour ça… J’ai enre­gis­tré quelques boucles repré­sen­ta­tives de mon jeu avec ma guitare en direct. Je les ai mises sur un DAT et j’at­taque mon ampli avec un boîtier de réamp… Comme ça je peux me prome­ner dans la salle tout en m’en­ten­dant jouer « en situa­tion live » et aller discu­ter la chose avec le sondier beau­coup plus effi­ca­ce­ment.


Et pour le son en studio ?

 

Je trouve qu’ob­te­nir un super son en studio est un des grands chal­lenges pour tout guita­riste. La prin­ci­pale règle que j’ai rete­nue au cours de toutes ces années est qu’il n’y en a pas vrai­ment. Il faut TOUT essayer et lorsque ça sonne vrai­ment bien on ne cherche pas plus loin et on enre­gistre un maxi­mum de choses. Il y a tout de même quelques constantes qui reviennent pour faire un bon son de guita­re…

 

En géné­ral un ampli qui sonne super bien dans la pièce est un bon point de départ… mais pas toujours sans doute parce que l’on apprend à faire des prises fidèles à la source alors ça se ressent. Le choix du préamp et du compres­seur est capi­tal et, bizar­re­ment, bien plus impor­tant que le choix du micro que l’on met devant le baffle. Je ne sais pas d’où ça vient. Mes préfé­rés en la matière sont un vieux préamp Chand­ler, de vieux modules Tele­fun­ken V72 et pour le compres­seur, je suis fan de celui de Groove Tubes.

 

Un truc pour la façon de bosser : il faut pouvoir faire de vraies compa­rai­sons et passer direc­te­ment d’une option à une autre dans les condi­tions d’écoute du mix. Ca s’ap­plique à tout type de choix en studio d’ailleurs… Pour que ça soit possible, j’ai pris l’ha­bi­tude d’ab­so­lu­ment tout enre­gis­trer et de tout noter pour chaque prise. Un petit appa­reil photo numé­rique est alors très utile et remplace avan­ta­geu­se­ment le vieux Pola­roïd. Au final, je travaille mes sons davan­tage dans la cabine que devant l’am­pli.

 

Autre aspect très impor­tant dont on parle peu : le son « direct » fait la diffé­rence vrai­ment très souvent ! Je me souviens de l’en­re­gis­tre­ment des albums de Dokken et de Lynch Mob. On dispo­sait d’une quan­tité de matos hallu­ci­nante et nos prises sonnaient la mort ! Au moment du mix on a tout essayé mais la sauce ne prenait pas. La solu­tion est venue d’un petit préamp et de son module de simu­la­tion de HP. Seules, les pistes enre­gis­trées avec ce petit machin sonnaient vrai­ment mal… mais une fois mélan­gées à nos prises de la mort c’était magique et tout se mettait en place tout seul. Depuis j’ai appro­fondi cette voie et je peux te dire qu’une très grande partie des pistes de guitare présentes sur mes albums sont en fait des prises directes mélan­gées avec le son de l’am­pli repiqué plus clas­sique­ment.

 

Enfin, un dernier point qui va sans doute en choquer quelques-uns : il faut bosser en numé­rique ! C’est plus pratique, ce que tu fais est vrai­ment repro­duc­tible et surtout, au final, ça sonne mieux. J’ai eu l’oc­ca­sion de faire tout un album dans un studio de folie avec tout le matos dont on peut rêver et un produc­teur au savoir-faire incon­tes­ta­ble… au final, c’est sans doute l’al­bum où je suis le moins satis­fait de mon son.

 

Il y a certes des albums produits tout en analo­gique qui sont de vraies réfé­rences en terme de qualité sono­re… ceux des Beatles ou de Pink Floyd par exemple. Fran­che­ment je pense que leur qualité vient bien plus du fait que ces mecs et leurs produc­teurs sont des génies et certai­ne­ment pas du matos utilisé. Pour un musi­cien qui se met à la produc­tion comme moi, ça marche vrai­ment mieux avec les solu­tions numé­riques du marché.

Un petit DOJO pour la route ?


Peux-tu nous expo­ser ta vision sur l’évo­lu­tion du monde de la musique ?

Le monde de la musique n’a plus grand-chose à voir avec celui que j’ai connu à mes débuts. Deux choses ont changé d’une façon radi­cale :le musi­cien d’aujour­d’hui doit être « aware » et les choses vont beau­coup plus vite.

 

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Lorsque je dis que le musi­cien d’aujour­d’hui doit être « aware », c’est un bête constat. Quand j’ai commencé à jouer et grosso modo jusqu’à la fin des années 80 il était possible d’être un simple guita­riste ou un chan­teur et de faire une carrière complè­te… ça n’est plus vrai aujour­d’hui ! le musi­cien qui rencontre le succès aujour­d’hui, en plus d’avoir un peu de talent musi­cal doit connaître les autres instru­ments, être un show­man, être un produc­teur (au sens audio du terme), être un busi­ness man, être un mana­ger, etc. C’est devenu un métier bien plus complet et complexe… et malheu­reu­se­ment la forma­tion n’a pas suivi. Il n’est pas forcé­ment très facile de bien s’en­tou­rer aujour­d’hui et c’est souvent dommage. La volonté artis­tique est souvent occul­tée par tout ces « à côté ».

 

Pour l’ac­cé­lé­ra­tion des choses, c’est aussi un simple constat… Il est aujour­d’hui bien plus facile de gagner 1 000 000 $ avec sa musique mais il faut le faire vite et l’op­por­tu­nité ne se présente en géné­ral qu’une fois. Regarde tous les grands groupes des années 60 ou 70… Aujour­d’hui il ne feraient pas de deuxième album…

 

Le chal­lenge est devenu double aujour­d’hui : Il faut rencon­trer le succès très vite (dés le premier album… idéa­le­ment dés le premier single) et ensuite il faut arri­ver à durer. Le musi­cien qui a tout compris aujour­d’hui est celui qui arrive à casser ces deux chal­lenges en inven­tant une façon de faire de la musique qui lui permet de vivre en dehors de ce système. Les vieux dans mon genre ne comptent pas vrai­ment… J’ai rencon­tré le succès et la recon­nais­sance il y a plus de 20 ans et j’ai eu la chance de ne pas gaspiller ce que j’ai pu y gagner et aujour­d’hui je peux bosser sans contraintes.

 

Heureu­se­ment, il est aussi devenu plus facile de diffu­ser sa musique aujour­d’hui alors il reste de la place pour les musi­ciens talen­tueux un peu plus futés qu la moyenne.


Et toi dans tout ça ?

Aujour­d’hui, j’ai la chance d’avoir une famille merveilleuse et de pouvoir faire de la musique sans contrain­tes… alors j’en profite pour varier mes acti­vi­tés selon mes envies. Au final, je n’ai jamais eu autant de projets diffé­rents en même temps !

 

NDR : On passera sous silence le récit des vacances de George à Paris et ses fantasmes de sono­ri­sa­tion des déserts de l’Ari­zona pour se concen­trer sur son actua­lité musi­ca­le…


Un nouvel album ?

Je prévois d’en­re­gis­trer un album pour cet été. Le line up n’est pas encore défi­ni­tif mais les premières sessions sont promet­teu­ses…L’idée est de s’en­fer­mer pendant quelques semaines dans mon studio, d’en­re­gis­trer tout ce qui nous passe par la tête et d’en sortir rapi­de­ment des morceaux qui se tiennent et un album cohé­rent. Enfin la dernière fois que j’ai voulu enre­gis­trer rapi­de­ment et sortir un album en trois mois, j’y ai passé un an et demi. Promis cette fois-ci on va aller à l’es­sen­tiel ! Ça sera un album prin­ci­pa­le­ment voire unique­ment instru­men­tal où chaque musi­cien pourra explo­rer son jeu et ses envies. Une espèce de très long bœuf autour d’une dizaine de thèmes que l’on retra­vaillera dans la foulée pour le rendre audible.


Tu es égale­ment sur le point de lancer le 'George Lynch Dojo’. Peux tu nous en dire plus à ce sujet ?

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C’est un tout nouveau projet qui me tient parti­cu­liè­re­ment à cœur. Je vais lancer mon DOJO : une école de musique en ligne dédiée à la guitare. Je souhaite aller bien au-delà d’une simple mise en ligne de mes parti­tions ou d’un recueil de trucs et astuces. Nous allons propo­ser une vraie démarche péda­go­gique et un suivi person­na­lisé pour mes élèves. A défaut d’in­vi­ter tout le monde dans l’Ari­zona, l’idée est de suivre à distance le travail de mes élèves, de leur propo­ser des exer­cices, des vidéos, des conseils person­na­li­sés et de leur permettre d’échan­ger leurs expé­riences. Chacun pourra alors se construire un jeu solide, révé­ler son talent et déve­lop­per un style person­nel. En plus, on pourra rendre la chose fun avec des concours en ligne et des exer­cices un peu plus rigo­los que des descentes de gamme.

 

Je compte m’y inves­tir person­nel­le­ment et y consa­crer une bonne partie de mon temps. J’ai beau­coup appris de rencontres lorsque je tour­nais dans la région de Sacra­mento ou lorsque je suis arrivé à LA. J’es­père pouvoir repro­duire la richesse de ces échanges avec mes élèves, leur appor­ter un peu de l’ex­pé­rience que j’ai glanée au cours de ma carrière et les aider à progres­ser selon leurs désirs.

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