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pédago
16 gestes pour musicien·ne écolo

Comment être plus respectueux·euse de l'environnement dans sa pratique musicale

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Le Pub
le Pub politique et sociétal

Si bien des problèmes écologiques auxquels nous sommes confrontés ne relèvent pas de la responsabilité individuelle, il n’empêche qu’aussi vrai que les petits ruisseaux font les grandes rivières, les musicien·nes peuvent aussi contribuer à leur petite échelle à faire un geste pour la Planète.

sablierDérè­gle­ment clima­tique, épui­se­ment de la biodi­ver­sité et des ressources, pollu­tion par les plas­tiques et les métaux lourds : les problèmes écolo­giques auxquels nous faisons face aujour­d’hui sont légion et comme dans tous les secteurs d’ac­ti­vité humaine, il y a moyen de limi­ter la casse verte dans la pratique musi­cale. Et puisque le GIEC comme l’ONU tirent la sonnette d’alarme sur le sujet (pour en savoir plus, consul­tez les vidéos en annexe à la fin de cet article), voici quelques pistes à suivre pour être un·e musi­cien·ne plus écolo, sachant que :

  • Nombre de bonnes pratiques écolo­giques reposent sur l’éco­no­mie de ressources comme d’éner­gie, ce qui sera égale­ment vecteur d’éco­no­mies pour vos finances.
  • Le plus petit geste dans le sens du respect de l’en­vi­ron­ne­ment sera toujours un gain pour les colo­ca­taires, humains et autres animaux, mais aussi végé­taux, de cette bonne vieille planète Terre.

Notez par ailleurs que les diffé­rents points abor­dés ici visent moins à stig­ma­ti­ser ou culpa­bi­li­ser les un·e·s ou les autres (j’avoue avoir moi-même été concerné et l’être encore par certains des compor­te­ments ci-dessous) qu’à faire réflé­chir et voir comment l’on peut, simple­ment et à sa petite échelle, aller dans le bon sens. L’idée, ce n’est donc pas d’être parfait, mais de faire de son mieux pour deve­nir un·e musi­cien·ne plus conscient des impacts écolo­giques de sa pratique, ce qui implique pour l’es­sen­tiel de faire la chasse au gaspillage et à la surcon­som­ma­tion de ressources ou d’éner­gie.

Et concrè­te­ment, cela passe par des gestes ou compor­te­ments simples, comme à quelques renon­ce­ments qui n’en­tra­ve­ront en rien votre bonheur musi­cal.

Résis­ter au GAS (à effet de serre)

tropdematosRéduit à l’acro­nyme GAS, le Gear Acqui­si­tion Syndrom est le terme anglo-saxon défi­nis­sant l’achat compul­sif de maté­riel et c’est un mal qui frappe de nombreux·euses musi­cien·­ne·s. Parce que le marke­ting comme la publi­cité nous encou­ragent à penser que tel nouvel instru­ment, plug-in ou maté­riel va révo­lu­tion­ner notre façon de faire de la musique, notre créa­ti­vité ou la qualité audio de nos produc­tions, nous sommes tous·tes pous­sé·e·s à ache­ter toujours plus, à entas­ser des kilos et des kilos de maté­riel ou de logi­ciels qui, bien souvent, prennent la pous­sière sur une étagère, ou dorment sur un coin de notre disque dur… Et pour­tant, outre le fait que cette surcon­som­ma­tion est mauvaise pour l’en­vi­ron­ne­ment, que ce fatras d’objets vous encombre, cette accu­mu­la­tion est aussi néfaste à la créa­ti­vité : quand on a peu de maté­riels ou de logi­ciels, on est obligé de faire avec ce que l’on a, et c’est la créa­ti­vité qui nous permet de compen­ser cette écono­mie de moyens. Nombre de musi­cien·­ne·s vous racon­te­ront d’ailleurs qu’après avoir passé des années à entas­ser des équi­pe­ments, ils ou elles ont fini par tout revendre, non par besoin finan­cier, mais parce que le trop de matos ou de plug-ins nuit à la créa­ti­vité : à avoir trop d’op­tions, on finit par hési­ter entre mille voies sans progres­ser réel­le­ment dans sa pratique. Il est par ailleurs un peu navrant de voir certain·e·s ache­teur·eu­se·s compul­sif·i­ve·s se ruer sur la nouvelle version de tel effet, tel contrô­leur ou tel synthé telle­ment plus puis­sante que la précé­dente alors qu’ils n’ont jamais exploité plus de 20% de cette derniè­re…

pedalboardNe nous le cachons pas : il y a aussi souvent une affaire de paresse cachée derrière cette débauche d’achat. Il est en effet plus facile de se leur­rer en se disant qu’on jouera comme Slash en ache­tant sa guitare, son ampli et ses effets, plutôt qu’en travaillant ses plans sur la première guitare venue. Il est aussi plus facile de s’ima­gi­ner qu’on va avoir mira­cu­leu­se­ment un son « profes­sion­nel » grâce à tel ou tel plug-in plutôt que de s’en­traî­ner des milliers d’heures à mixer des morceaux et ainsi progres­ser à partir des plug-ins de base qu’on trouve dans sa STAN et qui sont souvent excel­lents… Dans le sillage de cette paresse, on trouve égale­ment des achats qui manquent complè­te­ment de ratio­na­lité : mettre 2000 euros dans une paire d’en­ceintes quand on a une pièce non trai­tée acous­tique­ment qu’on pour­rait amélio­rer avec quelques centaines d’eu­ros de travaux est ridi­cule ! Ache­ter un Vox AC-30 quand on est guita­riste d’ap­par­te­ment est ridi­cule ! Ache­ter une inter­face audio avec 8 préamps et 16 sorties quand on fait juste du beat­ma­king et des prises voix est ridi­cule ! Ache­ter un câble de 12 mètres quand on fait de la musique dans une pièce de 4 mètres de long est ridi­cule !

Bref, le GAS est l’en­nemi du musi­cien et de la musi­cienne : non content de ruiner, il rend moins créa­tif, pousse à ne pas progres­ser et, acces­soi­re­ment, bousille l’en­vi­ron­ne­ment (eh oui, car on coupe des arbres pour fabriquer des guitares comme on utilise des métaux lourds diffi­ci­le­ment recy­clables pour les inter­faces audio). Tant de bonnes raisons de ne pas y céder.

Ça ne veut pas dire pour autant ne pas s’in­té­res­ser à ce qui sort et qui pour­rait vous appor­ter des choses ni refu­ser de se faire plai­sir. Cela passe par de simples ques­tions avant tout achat : est-ce que j’en ai vrai­ment besoin ? Est-ce que c’est adapté à mon niveau de pratique comme à mon envi­ron­ne­ment ou mon projet ? Est-ce qu’au delà de satis­faire mon envie du moment, je pense que je serais content·e dans six mois d’avoir succombé à mon désir de possé­der tel objet ou logi­ciel ? Et surtout : qu’est-ce que je vais en faire concrè­te­ment ? L’idée d’ache­ter une chose sans avoir de projet préa­lable la concer­nant est le meilleur moyen de tomber dans les travers du GAS. Impo­sez-vous par exemple d’avoir une idée de compo ou d’usage d’un maté­riel ou d’un logi­ciel avant de l’ache­ter, et vous verrez que vous mettrez moins souvent la main au porte­feuille…

Prendre soin de son maté­riel

Plus vous prenez soin de vos équi­pe­ments, plus ils dure­ront et moins vous aurez à en rache­ter, et donc moins on en fabriquera de nouveaux en puisant dans les ressources de la planète. En géné­ral, tous les produits sont livrés avec un manuel dont une partie vous détaille les précau­tions d’usage pour une utili­sa­tion opti­male : ce n’est pas la lecture la plus passion­nante qui soit, mais ça peut valoir le coup d’y jeter un œil.

De manière globale, outre le fait de ne pas jeter violem­ment votre maté­riel par terre, on trou­vera la plupart du temps les mêmes recom­man­da­tions concer­nant la tempé­ra­ture ou l’hu­mi­dité, ce qui peut impliquer de ne pas mettre votre guitare sur un mur froid parce qu’il donne sur l’ex­té­rieur ou près d’un chauf­fage, tout comme d’uti­li­ser si néces­saire des petits sacs de sels absor­bant l’hu­mi­dité pour ranger les maté­riels sensibles (micros, etc.).

microphonecaseÉvidem­ment, votre maté­riel durera d’au­tant plus long­temps qu’il est à l’abri de la pous­sière. Faites le ménage donc, en pros­cri­vant tout produit dépous­sié­rant ou toute lingette jetable : un simple chif­fon humide fait très bien la blague, et si vous devez venir à bout d’une tâche récal­ci­trante, le vinaigre ména­ger sera votre ami…

Notez-le enfin : certains maté­riels se rangent, comme les micros donc, mais aussi les câbles. Et un câble, ça ne se roule pas comme une corde d’es­ca­lade ou un cordon de service à raclette. Appre­nez à rouler correc­te­ment un câble : outre la grande satis­fac­tion que cela procure lorsqu’on le fait et l’aura de profes­sion­nel que cela vous donnera, vous ne le garde­rez que plus long­temps.

Répa­rer son maté­riel

soudurediyÉvidem­ment, tout s’use et tout se casse au bout d’un moment et il y a quan­tité d’équi­pe­ments qui sont diffi­ci­le­ment répa­rables, notam­ment les plus tech­no­lo­giques et les moins chers. Ceci étant dit, il y a quand même quan­tité de maté­riels qu’on peut répa­rer soi-même ou faire répa­rer : casques dont une seule oreillette ne fonc­tionne parce qu’on a marché sur le fil, câble présen­tant un faux contact, alim de synthé défec­tueuse, poten­tio­mètres qui font appa­raître des cracho­te­ments à l’usage, guitare qui frise ou manque de justesse, PC qui ne démarre plus.

Selon les cas, vous pour­rez au prix de quelques recherches sur Inter­net, dont Audio­fan­zine, trou­ver des solu­tions simples pour diag­nos­tiquer les problèmes simples, et trou­ve­rez même des tutos pour vous expliquer comment faire ceci ou cela… Un PC qui ne démarre plus, ça peut être simple­ment lié à un encras­se­ment du venti­la­teur qu’un coup d’as­pi­ra­teur réglera. Un casque hémi­plé­gique, c’est parfois juste l’af­faire d’une petite soudure sachant qu’il n’est pas sorcier d’ap­prendre à se servir d’un fer à souder…

Les gestes sont souvent très simples dans la plupart des pannes et il vaut mieux s’as­su­rer qu’on ne peut rien faire avant de tout mettre à la poubelle et de rache­ter. Si toute­fois vous ne vous sentez vrai­ment pas l’amê d’un·e brico­leur·euse, n’hé­si­tez pas à consul­ter un répa­ra­teur ou une répa­ra­trice qui vous établira un devis. Si c’est moins cher que l’ap­pa­reil neuf, ça vaut le coup. Et si ça coûte le prix de l’ap­pa­reil neuf ? Eh bien c’est à vous de voir ce que vous privi­lé­giez entre votre conscience écolo­gique et l’en­vie d’en avoir pour votre argent…

S’in­té­res­ser aux compo­sants, maté­riaux et à la concep­tion d’un maté­riel

hd25piecesUn casque comme le HD-25 de Senn­hei­ser est un modèle de dura­bi­lité dans la mesure où tous ses compo­sants (câbles, arceaux, mousses, HP, etc.) peuvent être ache­tés en pièces déta­chées, mais ce n’est pas la cas de quan­tité de casques qui, une fois abîmés, devront être rache­tés… Voici un détail qui peut avoir son impor­tance à l’heure du choix… Parmi les bons élèves, on pourra citer RME aussi qui conti­nue de mettre à jour les drivers pour ses plus vieux produits, ou encore Metric Halo qui, par le biais d’in­ter­faces modu­laires, permet d’adap­ter ses vieux produits aux connec­tiques modernes.

Au-delà de ça, cela va sans dire : en termes de « recy­cla­bi­lité », comme souvent de soli­dité, le bois et le métal sont souvent plus écolo­giques que le plas­tique cheap…

Bien évidem­ment, pour ce qui est de la luthe­rie, on pourra aussi se rensei­gner sur les bonnes pratiques en matière de choix des bois, sachant que certains luthiers font montre d’un réel enga­ge­ment pour produire des instru­ments vertueux sur le plan écolo­gique.

microneweerEt encore une fois, il s’agit d’être réaliste et honnête avec vous-même : quand vous ache­tez 35 euros un kit compre­nant un bras arti­culé, un micro à conden­sa­teur à large membrane, un filtre anti-pop, un câble et une inter­face USB, que pensez-vous faire ?

Une super bonne affaire en étant plus futé·e que ceux qui achètent des micros trois fois plus cher ? Ou juste ache­ter du maté­riel dont le prix déri­soire ne s’ex­plique que par une qualité exécrable et une éthique de fabri­ca­tion à vomir ?

Les choses, lorsqu’elles sont correc­te­ment fabriquées sur les plans quali­ta­tifs et éthiques, ont un prix. Si vous ne pouvez pas vous permettre de dépen­ser ce dernier, envi­sa­gez de renon­cer à leur posses­sion en atten­dant de pouvoir vous le permet­tre…

Ache­ter de la qualité quitte à mettre sensi­ble­ment plus cher

Oui, les produits de qualité sont souvent les plus chers, mais ils sont aussi les plus durables, ce qui est impor­tant pour l’en­vi­ron­ne­ment sachant qu’en 2017, on esti­mait que chaque Français·e produi­sait 513 kg de déchets par an, soit 1,4 kg de déchets par jour.

Inves­tir dans du maté­riel ou des instru­ments cheap dont on sait qu’on va les jeter à court ou moyen terme parce que, comme tous les produits de mauvaise qualité, ils ne sont pas conçus pour durer ni pour être répa­rables est donc parfai­te­ment contre-produc­tif.

Plutôt que de s’ache­ter tel produit ou instru­ment bas de gamme à 100 balles, mieux vaut donc conti­nuer d’éco­no­mi­ser pour s’ache­ter quelque chose de plus quali­ta­tif et qui durera plus long­temps, parce qu’il est mieux construit, avec de meilleurs maté­riaux ou qu’il est plus répa­ra­ble…

Vous me direz que tout le monde ne peut pas se permettre cela ? Sans doute, encore que ce qu’on observe le plus souvent même chez des reve­nus moyens, c’est la tenta­tion de privi­lé­gier la quan­tité à la qualité : ache­ter cinq pédales de guitare cheap plutôt qu’une de qualité, par exemple, pour assou­vir le besoin d’amas­ser.

Mais à consi­dé­rer le seul point de vue écono­mique, conve­nons qu’ache­ter tous les deux ans un produit dont la durée de vie est de deux ans aura vite fait de coûter plus cher que d’ache­ter un produit capable de durer 20 ans.

Ache­ter d’oc­ca­sion

Vous avez besoin de tel instru­ment ou tel maté­riel. Soit ! Il y a 50 ans, on ne se posait pas la ques­tion : on allait ache­ter ce dont on avait besoin au maga­sin du coin, neuf. Mais sachant que le neuf implique toujours plus de produc­tion, que la produc­tion consomme toujours plus de ressources et d’éner­gie, pourquoi ne pas consi­dé­rer le marché de l’oc­ca­sion ? Certes, vous n’au­rez pas de garan­tie la plupart du temps et peut-être une durée de vie du produit moindre (et encore, ce n’est pas le cas sur quan­tité de produits), mais vous l’achè­te­rez moins cher d’une part, et ne ferez aucun dommage à l’en­vi­ron­ne­ment de l’autre.

looper-@2xOr, nous vivons pour le marché de l’oc­ca­sion une époque formi­dable puisqu’outre les vide-greniers et brocantes qu’on trouve ça et là aux beaux jours, outre les enseignes spécia­li­sées dans ce commerce (Cash conver­ters, etc.), Inter­net regorge de sites permet­tant de trou­ver du maté­riel ou des instru­ments de seconde main : eBay, Le bon coin, Reverb, et Audio­fan­zine bien sûr, sachant que la plupart proposent des services de tiers de confiance pour sécu­ri­ser la tran­sac­tion, tel que Looper : l’ache­teur·euse paye au tiers de confiance le prix réclamé par le·la vendeur·euse et ce n’est qu’une fois qu’il·elle a accusé récep­tion du maté­riel en état conforme à la vente que le·la vendeur·euse est rétri­buée par le tiers de confiance qui se prend sa petite com’ au passage. Voilà qui évite quan­tité d’ar­naques et offre en outre d’autres services : paie­ment en plusieurs fois, etc. Mention­nons enfin l’exis­tence d’en­seignes spécia­li­sés dans le recon­di­tion­ne­ment comme Back­mar­ket, et qui proposent du coup une garan­tie sur les produits vendus.

Bref, l’oc­ca­sion ne présente que des avan­tages ou presque, et ce bien au-delà du seul maté­riel musi­cal ou audio. Et c’est surtout un moyen de recy­cler. Et recy­cler, c’est bien.

Vendez d’oc­ca­sion, échan­gez ou donnez !

Il n’y a rien de plus stupide que de garder un maté­riel qu’on n’uti­lise plus en sachant que dans le même temps, quelqu’un qui en a besoin va l’ache­ter neuf, avec tout ce que cela a d’im­pact en termes de ressources et d’éner­gie.

Faites donc le tri et mettez en vente ce dont vous ne vous servez plus : vous récu­pé­re­rez et de l’ar­gent et de l’es­pace, en ayant le plai­sir d’avoir fait une bonne action et le bonheur de quelqu’un. Vous pouvez égale­ment faire des échanges, sachant que la personne qui est inté­res­sée par ce qui vous encombre, est peut-être aussi en posses­sion de quelque chose qui vous inté­resse et l’en­combre. Si vous vous sentez philan­thrope, songez par ailleurs à donner les choses, que ce soit à vos ami·e·s, voisin·e·s ou une asso­cia­tion…

recyclerieEnfin, vous pouvez vous rendre dans une ressour­ce­rie (un lieu où sont collec­tés tous les objets et maté­riaux dont leurs proprié­taires n’ont plus besoin pour valo­ri­ser et les revendre ou les donner) ou, en dernier recours, dans une déchet­te­rie, soit un lieu où l’on collecte les éléments recy­clables (ce qui n’a rien d’une décharge, souli­gnons-le).

Deux sites pour vous aider à trou­ver cela : https://ressour­ce­ries.info/ et https://ma-dechet­te­rie.fr/

Quel que soit ce que vous choi­sis­siez, dites-vous qu’il n’y a rien de plus bête que de garder une chose dont on sait très bien au fond qu’on ne l’uti­li­sera jamais, contrai­gnant celui qui en a besoin à l’ache­ter neuve au détri­ment de la Planète : c’est aussi cela le gaspillage.

Louer ou emprun­ter

L’usage d’un maté­riel, et même d’un logi­ciel, n’im­plique par forcé­ment sa posses­sion, à plus forte raison quand on parle d’un usage qui sera anec­do­tique et non récur­rent. Si pour réali­ser votre album, vous souhai­tez faire vos prises voix avec un Neumann U87, envi­sa­gez donc d’en louer un quelques jours plutôt que de l’ache­ter : cela vous coutera une cinquan­taine d’eu­ros pour une jour­née, en sachant que les tarifs sont dégres­sifs… Et cela vaut aussi pour les instru­ments de musique comme pour les équi­pe­ments de studio ou de sono­ri­sa­tion.

Évidem­ment, si vous avez dans vos fréquen­ta­tions un·e bon·ne pote suscep­tible de vous prêter cela, c’est encore mieux pour vous !

Ne pas abuser des Condi­tions Géné­rales de Vente

livraisonthomannDans la plupart des cas, la légis­la­tion comme les condi­tions géné­rales de vente des enseignes physiques ou en ligne vous permettent de reve­nir sur un achat et de vous faire rembour­ser. C’est une excel­lente chose lorsqu’on se rend compte qu’un produit ne corres­pond pas à l’usage qu’on pensait en avoir (se rendre compte par exemple que telle inter­face audio est incom­pa­tible avec son ordi­na­teur), mais cela ne doit pas être détourné en plate­forme d’es­sai.

Prenons l’exemple d’une guitare ou d’une boîte à rythmes qui vous fait de l’œil : vous l’ache­tez en ligne, la rece­vez chez vous et vous dites que, fina­le­ment, elle n’est pas si bien que ça, de sorte que vous la renvoyez pour en ache­ter une autre. De la sorte, vous aurez généré au moins trois trans­ports, avec ce que cela implique comme coût éner­gé­tique (de l’es­sence, voire du kéro­sène en cas d’im­port par avion) et comme maté­riaux d’em­bal­lage (cartons, poly­sty­rènes, plas­tiques divers), et vous aurez en outre déva­lo­risé un objet neuf : au retour de l’ins­tru­ment, l’en­seigne ne pourra en effet la vendre que comme Stock-B moins cher.

Que faire pour essayer un instru­ment ? Vous rendre dans une boutique, pardi. Et s’il n’est pas importé en France ? Eh bien, vous pour­riez envi­sa­ger dans ce cas de ne pas l’ache­ter. Ce n’est pas parce que tout existe que vous devez accé­der à tout. C’est là remettre en ques­tion la sacro-sainte liberté de consom­mer, qui semble aujour­d’hui un droit plus fonda­men­tal que bien d’autres, mais compre­nez que cette dernière va à l’en­contre des inté­rêts de la planète, et donc de nos propres inté­rêts. Si vous faites venir un objet de l’autre côté du monde, ou même du conti­nent, ou même du pays, pesez bien en tout cas la dette que vous contrac­tez vis-à-vis de la planète dans votre consom­ma­tion.

Grou­per les commandes en ligne

Même si certains gros faiseurs de la vente en ligne vous permettent via un abon­ne­ment de ne pas payer de frais de livrai­son à chaque commande sans montant mini­mum, tâchez de ne pas abuser de la chose et grou­pez au maxi­mum vos achats qui seront remi­sés dans le même carton et feront l’objet d’un seul et unique trans­port. N’ache­tez donc pas trois câbles et deux adap­ta­teurs en cinq fois !

Privi­lé­gier les reven­deurs locaux

vendeurmusiqueDe nombreuses boutiques s’en plaignent : certains vont essayer les instru­ments ou du maté­riel en boutique pour ensuite les ache­ter en ligne et gagner quelques dizaines d’eu­ros de la sorte. Faire cela n’est non seule­ment pas respec­tueux de l’en­seigne qui vous permet de tester le maté­riel, mais s’avère domma­geable pour l’en­vi­ron­ne­ment au seul profit d’une petite écono­mie : si vous tenez entre les mains la guitare qui vous plaît, qu’avez besoin qu’un camion vous amène un modèle simi­laire jusque chez vous de l’autre bout de la France, de l’Eu­rope ou du monde, si ce n’est d’avoir la satis­fac­tion de cramer de prétrole pour quelques dizaines d’eu­ros de vos écono­mies ? Encore une fois, c’est la planète qui paye pour votre seul béné­fice à vous.

Et si évidem­ment dans les coins recu­lés où certains habitent, il est compliqué d’ac­cé­der à des reven­deurs spécia­li­sés, souli­gnons que sur ce point, les cita­dins des grandes villes n’ont aucune excuse : il n’y a aucune raison valable à comman­der sur Amazon un livre sur l’au­dio qu’on peut ache­ter dans la librai­rie en bas de chez soi sachant que ce dernier aura à coeur de vous le comman­der pour le rendre dispo­nible sous quelques jours. Et vous n’êtes pas à la minute près, non ?

Privi­lé­gier la construc­tion locale

usinefocalBien évidem­ment, en ayant confié toute une partie de son indus­trie à des pays du tiers monde pour faire chuter les coûts, l’Oc­ci­dent dont la France n’est plus en mesure de fabriquer sur son propre sol quan­tité de produits, et notam­ment des produits élec­tro­niques. Ce n’est pas toute­fois le cas de tous les maté­riels, et notam­ment des instru­ments qui, pour certains, sont non seule­ment complè­te­ment fabriqués en France, mais sont même parfois réali­sés avec des maté­riaux français. Certains luthiers ne travaillent ainsi qu’avec des essences de bois hexa­go­nales, ce qui s’avère non seule­ment une bonne chose du point de vue de la préser­va­tion des essences de bois exotiques (et donc des forêts et donc des popu­la­tions animales), mais s’avère bien moins coûteux sur le plan éner­gé­tique du trans­port. Devoir impor­ter du bois de l’autre côté du monde est parfai­te­ment irres­pon­sable de ce point de vue, quels que soient les enga­ge­ments pris pour préser­ver les forêts où le bois est prélevé. On rela­ti­vi­sera toute­fois cet impact dans la mesure où la facture d’ins­tru­ments de musique est une goutte d’eau dans le phéno­mène de la défo­res­ta­tion, loin derrière l’in­dus­trie du meuble, les besoins en bois de chauffe et l’uti­li­sa­tion des sols pour l’ha­bi­tat, l’agri­cul­ture ou l’éle­vage.

Quant aux produits élec­tro­niques, il est aujour­d’hui impos­sible de trou­ver du 100% français, l’es­sen­tiel des compo­sants étant fabriqués en Asie. On pourra toute­fois valo­ri­ser un assem­blage réalisé en Europe, voire en France, dans la mesure où, au-delà de l’éthique écono­mique, cela impliquera moins de trans­ports aériens malgré tout…

Et soyez sûr que la France regorge de construc­teurs, comme de déve­lop­peurs d’ailleurs, de premier plan, grâce notam­ment à l’ex­cel­lence des forma­tions dispen­sées sur le terri­toire, que ce soit en matière de facture d’ins­tru­ments, ou encore en matière de R&D grâce à l’in­fluence de l’IR­CAM notam­ment…

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Limi­ter l’usage des piles

Très utili­sées pour les pédales d’ef­fets, certains micros, les guitares ou basses actives ou encore certains instru­ments et acces­soires élec­tro­niques (accor­deurs, etc.), les piles sont pratiques pour un usage nomade, mais elles sont aussi très problé­ma­tiques sur le plan de la pollu­tion, car elles comportent des métaux lourds qui sont diffi­ci­le­ment recy­clables et qui sont de véri­tables poisons pour l’en­vi­ron­ne­ment (lithium, cadmium, etc.)

pilesrechargeablesLa première règle, c’est donc de ne jamais les jeter à la poubelle lorsqu’elles sont mortes, mais de les appor­ter dans les collec­teurs qu’on trouve dans de nombreux super­mar­chés.

À choi­sir d’ailleurs, mieux vaut utili­ser des piles rechar­geables qui ont sans doute une auto­no­mie un peu moins bonne que les piles jetables, mais présentent le béné­fice d’être long­temps réuti­li­sa­bles…

Le mieux sera toute­fois de se passer de piles dès qu’on peut le faire en utili­sant des alimen­ta­tions sur secteur. À moins de jouer dans la rue ou dans un parc, il est rare en effet de ne pas avoir à dispo une alimen­ta­tion élec­trique.

ordinateurenveilleÉcono­mi­ser l’élec­tri­cité

On ne s’en rend pas forcé­ment compte, mais la plupart des appa­reils élec­triques que nous utili­sons restent en veille lorsque nous ne les utili­sons pas à moins de couper leur alimen­ta­tion. Et la chose n’a rien d’un détail puisque selon l’ADEME, cette consom­ma­tion passive repré­sen­te­rait 10% de la facture d’élec­tri­cité annuelle d’un foyer, soit deux milliards d’eu­ros par an pour les Français…

multiprisePremier respon­sable de cette consom­ma­tion, l’or­di­na­teur et son écran sont juste­ment au cœur du home studio et il n’y a rien de bien compliqué à les éteindre complè­te­ment en mettant un amont une multi­prise munie d’un inter­rup­teur…

Évidem­ment, cette même logique est à répliquer pour tous vos équi­pe­ments élec­triques, et notam­ment les multiples char­geurs… Cela allé­gera non seule­ment vos dépenses, mais le gaspillage de l’éner­gie élec­trique…

Utili­ser la bande passante de manière raison­née

spotifyofflineSi le passage dans le cloud de la musique laisse à penser que ce dernier serait plus écolo­gique que les bons vieux supports physiques polluants, il faut prendre conscience des énormes besoins éner­gé­tiques qui sont ceux d’In­ter­net et des plate­formes de strea­ming.

Les milliers de serveurs utili­ser pour stocker et ache­mi­ner la musique vers les utili­sa­teurs consomment une quan­tité colos­sale d’élec­tri­cité (les ordi­na­teurs et data center repré­sentent 10% de la consom­ma­tion mondiale en élec­tri­cité), laquelle peut tout aussi bien prove­nir de centrales nucléaires, à gaz ou à char­bon. Green­peace tient sur ce point un clas­se­ment des compa­gnies les plus vertueuses en la matière, sachant que les concep­teurs infor­ma­tiques comme les archi­tectes réseau travaillent à réduire toujours plus la consom­ma­tion d’éner­gie…

De votre côté, vous pouvez égale­ment appor­ter votre petite contri­bu­tion en télé­char­geant sur votre smart­phone, votre ordi­na­teur ou votre bala­deur MP3 les musiques que vous écou­tez régu­liè­re­ment : ça ne chan­gera rien à votre confort, mais évitera de solli­ci­ter le réseau inuti­le­ment à chaque fois que vous souhai­tez écou­ter vos disques de chevet… Vous pouvez égale­ment envi­sa­ger pour certains usages de passer en qualité normale et pas HD. Songez enfin à ne pas utili­ser Youtube comme juke­box : se servir de vidéos pour écou­ter de la musique, c’est consom­mer inuti­le­ment de la bande passante, tout comme ne pas désac­ti­ver les options de lecture auto­ma­tique.

Évoquons pour conclure le cas des télé­char­ge­ments, sachant que les grosses banques de son peuvent consom­mer beau­coup de bande passante : veillez donc à conser­ver les instal­leurs sur un disque dur plutôt que de tout re-télé­char­ger à chaque fois.

Le poids des chambres de serveur sur la dépense éner­gé­tique natio­nale est de l’ordre de 10%, c’est impor­tant qu’on le garde tous en tête aussi, la pollu­tion prend parfois des formes très imma­té­rielles …

Les musi­cien·­ne·s sont des citoyen·­ne·s comme les autres

Bien sûr, au-delà de la musique, il y a quan­tité de petites choses à faire pour amélio­rer son compor­te­ment d’éco­ci­toyen·ne ou comprendre les enjeux des problèmes d’en­vi­ron­ne­ment qui sont plané­taires : c’est-à-dire qu’ils impactent l’autre bout du monde comme notre voisi­nage le plus proche.

C’est là où s’ar­rête le domaine de prédi­lec­tion d’Au­dio­fan­zine et où commence celui de médias plus ou moins spécia­li­sés dans ces ques­tions (www.bonpote.com, www.natura-sciences.com), sachant que les médias géné­ra­listes semblent enfin s’in­té­res­ser au sujet, comme en atteste cet excellent condensé de Julie Tezkratt, éton­nam­ment publié sur GQ.

Ne manquez pas non plus d’al­ler visi­ter le site de l’ADEME (Agence De l’En­vi­ron­ne­ment et de la Maîtrise de l’Éner­gie) qui propose de nombreuses infor­ma­tions pratiques sur les écono­mies d’éner­gie et les conduites éco-respon­sables.

Conclu­sion

Cet article enfonce bien sûr bien des portes ouvertes, sachant que l’es­sen­tiel tient dans la prise de conscience que nos habi­tudes de consom­ma­tion pèsent sur l’en­vi­ron­ne­ment et que ce dernier pèse à son tour sur notre avenir proche. Faites donc au mieux pour prendre la chose en compte dans votre pratique musi­cale comme dans vos choix en matière d’équi­pe­ment et n’hé­si­tez pas, en commen­taire de cet article, à parta­ger vos bons plans et réflexions sur le sujet…

Annexe

Rassem­blant 278 scien­ti­fiques de tous pays et de toutes spécia­li­tés, le Groupe d’ex­perts Inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’Évo­lu­tion du Climat (GIEC) a été créé en 1988 par les Nations Unies en vue de four­nir des évalua­tions détaillées de l’état des connais­sances scien­ti­fiques, tech­niques et socio-écono­miques sur les chan­ge­ments clima­tiques, leurs causes, leurs réper­cus­sions poten­tielles et les stra­té­gies de parade.

Vous trou­ve­rez leurs diffé­rents rapports, ainsi que des infor­ma­tions sur le GIEC à cette adresse.

À titre d’in­for­ma­tion, voici deux vidéos réali­sées par la jour­na­liste Paloma Moritz sur le sujet du rapport du GIEC, la première tentant de résu­mer le deuxième volet du sixième rapport…

, …tan­dis que la seconde est l’in­ter­view de Céline Guivarch, écono­miste et co-autrice du dernier rapport en date.

Auteur de l'article Los Teignos

Si j'avais eu le physique, nul doute que j'aurais fait un grand Sumo, mais vu que je ne pèse que 80 kg, j'occupe mon temps comme je peux entre musique et littérature.


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