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A la vitesse du sample

Motu nous présente la troisième version de son échantillonneur logiciel, MachFive. Au menu : le plein de nouveaux sons et fonctionnalités. Revue de détail.

S’il est un genre d’ins­tru­ments qui a vrai­ment béné­fi­cié de l’in­for­ma­tique, et ce en toute logique, c’est bien celui de l’échan­tillon­neur. Des versions hard­ware souvent très onéreuses, très puis­santes, mais limi­tées d’un point de vue du stockage et de la RAM et dotées de banques d’usine pas toujours très convain­cantes, on est passé aux versions logi­cielles beau­coup moins chères, très puis­santes, et dispo­sant en termes de stockage et de RAM des possi­bi­li­tés de leur hôte, à savoir l’or­di­na­teur de leur utili­sa­teur. Les systèmes 64 bits ont de plus permis de dépas­ser la limite de 4 Go de RAM du 32 bits, ouvrant la voie aux banques gigan­tesques.

En revanche, la plupart des versions logi­cielles des sampleurs ont perdu ce qui est quand même à l’ori­gine de leur nom, c’est-à-dire la possi­bi­lité d’échan­tillon­ner direc­te­ment de l’au­dio, ce qui est quand même un comble… Seuls Morgana de 112dB, les modules audio de Reason ou l’E-Mu X3 reprennent cette fonc­tion (sous réserve d’ou­bli indé­pen­dant de ma volon­té…). D’au­cuns diront qu’avec les possi­bi­li­tés d’en­re­gis­tre­ment offertes par toutes les appli­ca­tions dispo­nibles actuel­le­ment, et les procé­dures simpli­fiées par glissé-déposé direc­te­ment dans l’in­ter­face de l’échan­tillon­neur ou les routines de décou­page et mapping auto­ma­tique (par exemple dans Logic avec la fonc­tion Convert Regions To New Sampler Track pour l’exs24), on n’y perd pas tant que ça. Bref.

De tous les échan­tillon­neurs logi­ciels ouverts (c’est-à-dire permet­tant d’im­por­ter et d’édi­ter des échan­tillons, liste non exhaus­tive, et je vais me rete­nir d’uti­li­ser Rompler…) lançés par divers éditeurs, ne survivent que quelques réfé­rences bien connues, comme HALion de Stein­berg, Inde­pen­dence Pro de Yellow Tools, Kontakt de Native Instru­ments, Mach­Five de Motu ou Sample­Tank d’IK Multi­me­dia et plus restreints car réser­vés à une seule DAW, Struc­ture d’Avid pour Pro Tools et l’exs24m­kII d’Apple pour Logic. Tous sont régu­liè­re­ment mis à jour, avec cepen­dant des arlé­siennes comme Sample­Tank 3, annoncé depuis… ouh, long­temps, ou des incer­ti­tudes quant à leur deve­nir, par exemple l’exs24 au sein d’un hypo­thé­tique Logic X. La mode des moteurs licen­ciés à des éditeurs tierce partie a singu­liè­re­ment baissé, les Intakt et Kompakt de Native ayant explo­sés en vol, tout comme les instru­ments basés sur HALion, avec cepen­dant deux excep­tions, Engine dérivé d’In­de­pen­dence prin­ci­pa­le­ment utilisé par Best Service, et les banques créées pour Kontakt Player par divers éditeurs.

Et voilà que Motu présente Mach­Five troi­sième du nom, inté­grant de nombreuses nouvelles fonc­tions et fourni avec une banque de son de 45 Go.

Intro­du­cing Mach­Five 3

MOTU MachFive 3

Le logi­ciel est livré dans une belle boîte conte­nant un manuel papier et sept DVD, il faut bien que les 45 Go de sons soient stockés quelque part. Cinq DVD contiennent Mach­Five 3 et sa banque à propre­ment parler, les autres consistent en la biblio­thèque X-tremeFX, autre­fois exis­tante en tant qu’ins­tru­ment virtuel du même nom, signé Univer­sal Sound­Bank. Le parte­na­riat entre Motu et l’en­tité USB/Univers Sons/UMD est très ancien, et gage d’un suivi tech­no­lo­gique cohé­rent. On retrouve ainsi au cœur du logi­ciel la troi­sième version de l’UVI Engine (on y revien­dra). Mach­Five 3 est compa­tible Mac et PC, 32 et 64 bits (cette dernière gestion à partir de Mac OS 10.6 et Windows 7 ou Vista), et est auto­risé via iLok.

Machine de test

MacPro Xeon 3,2 GHz
OS 10.6.8
Logic Pro 9.1.5
Mach­Five 3.0.1 AU et stan­da­lone, puis Mach­Five 3.0.2

Après l’ins­tal­la­tion qui prend quand même quelques « minutes », on dispose d’une appli­ca­tion auto­nome et des plugs VST, AU et RTAS. Le plug s’adapte aux spéci­fi­ca­tions de la DAW hôte, en revanche le stan­da­lone devra être para­mé­tré, d’au­tant que Mach­Five gère jusqu’à quatre ports Midi simul­ta­nés et offre 17 paires de sorties et peut être confi­guré en Stereo, Quad, 5.1, 6.1, 7.1 et 10.2.

L’ar­chi­tec­ture du logi­ciel peut se résu­mer ainsi, en partant du plus gros vers le plus petit : le Program est ce qui pour­rait corres­pondre à un instru­ment complet, qui est consti­tué d’un ou plusieurs Layers, eux-mêmes consti­tués d’un ou plusieurs Keygroups, eux-mêmes consti­tués d’un ou plusieurs Oscil­la­tors. Ces Programs se chargent dans des Parts, et peuvent être sauve­gar­dés sous leur forme de Program, ou sous celle de Multis (qui comprennent toutes les infor­ma­tions de Mach­Five). Détaillons chaque élément.

See you later, Oscil­la­tor

MOTU MachFive 3

Le moteur audio UVI Engine a été entiè­re­ment revu, proposé main­te­nant dans sa version 3. Rappe­lons que ce moteur 32 bits était au cœur des premières versions d’At­mos­phere, Stylus et Trilogy de Spec­tra­so­nics, par exemple, des produits en colla­bo­ra­tion avec Motu, ou des Char­lie et autres X-treme FX d’USB.

En créant un Keygroup (seul ou avec un Layer), un Oscil­la­tor est immé­dia­te­ment affi­ché, dans sa version Analog. Mach­Five 3 propose en effet deux prin­cipes simul­ta­nés au sein d’un seul et même instru­ment, dans la grande tradi­tion des works­ta­tions. D’un côté, on dispose d’une géné­ra­tion sonore à base d’échan­tillons, de l’autre d’une géné­ra­tion à base de synthèse.

Côté échan­tillon, on profite d’abord d’un mode Sample. Toutes les possi­bi­li­tés de bouclage sont offertes, avec cross­fade, sens de lecture, etc. Un menu dérou­lant via clic droit offre un certain nombre d’ou­tils, dont un Apply FX destruc­tif qui peut s’avé­rer très utile en sound design. Ce menu est commun à tous les modes basés sur l’échan­tillon, et s’en­ri­chit en fonc­tion du type d’édi­tion effec­tué.

MOTU MachFive 3

Offrant plus de para­mètres, le mode Stretch permet les tradi­tion­nelles varia­tions autour de la vitesse/hauteur. On peut choi­sir la taille des grains de la resyn­thèse, la sensi­bi­lité de recon­nais­sance de tran­si­toires, la synchro au tempo, ce dernier pouvant être para­mé­tré depuis l’édi­teur (avec réglage fin et multi­pli­ca­teur) ainsi que le départ de lecture (réglage en pour­cen­tage, que l’on aurait préféré en valeurs tempo­relles). L’al­go­rithme est de qualité correcte, le même que celui de l’UVI Works­ta­tion (voir plus bas). Une fonc­tion très utile, absente de l’UVIW, le bouton Solo, qui donne de bien meilleurs résul­tats sur des fichiers mono (-diques ou -phoniques, cela dépend du maté­riau d’ori­gine), comme le montre l’exemple suivant (échan­tillon de départ, joué une octave en dessous sans Solo, puis avec Solo).

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Autre mode, Slice, qui ne devrait pas dépay­ser les amateurs de Recycle!, des Apple Loops ou de tout logi­ciel gérant la compres­sion/expan­sion tempo­relle via gestion de marqueurs sur les tran­si­toires et calcul plus ou moins effi­cace d’in­ter/extra­po­la­tion des « trous » dans l’au­dio créés par les chan­ge­ments de tempo. On retrouve le type de réglages habi­tuels rela­tifs aux marqueurs (ceux d’ori­gine ou ceux créés via curseur Sensi­ti­vity ou double clic dans la zone dédiée), avec une enve­loppe ADSR, la gestion de l’ex­port ainsi qu’une fonc­tion de créa­tion auto­ma­tique de layer avec slices placées chro­ma­tique­ment, etc. Rien de spécial à signa­ler, l’ou­til remplit son office. L’exemple suivant fait entendre un des loops de la banque d’usine, puis ce même loop ralenti à 40 BPM (origi­nal à 119 BPM) et la même action avec Recycle!

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Ces trois modes sont les mêmes que ceux de l’UVI Works­ta­tion, avec parfois quelques fonc­tions supplé­men­taires. Les posses­seurs du logi­ciel gratuit signé USB ne seront donc pas dépay­sés, à la fois au niveau des fonc­tions comme au niveau des résul­tats sonores. Deux modes supplé­men­taires complètent la partie dédiée à l’uti­li­sa­tion d’échan­tillons, tous les deux licen­ciés auprès de l’Ir­cam.

Le premier, nommé Ircam Granu­lar, utilise bien entendu la synthèse granu­laire. Les para­mètres sont plus nombreux et diffé­rents de ceux utili­sés par Stretch. La qualité est aussi diffé­rente. Direc­tion, Speed permettent de défi­nir sens et vitesse de lecture, Grain et Density sur la taille et le nombre de grains, Jitter, Posi­tion et Pitch Var permettent d’in­fluer sur le compor­te­ment aléa­toire de la resyn­thèse afin d’ap­por­ter un compor­te­ment « vivant » au son. Enfin Loop Mode déter­mine le type de lecture en boucle et Pitch Correc­tion influe sur la trans­po­si­tion des grains.

L’exemple suivant reprend l’échan­tillon du premier exemple, et le fait entendre à diffé­rentes hauteurs, avec diffé­rentes correc­tions.

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On peut aussi partir dans des direc­tions plus créa­tives, ou à tout le moins diffé­rentes d’une simple gestion de compres­sion tempo­relle, comme dans cet exemple.

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MOTU MachFive 3

L’autre mode est l’Ir­cam Stretch, qui offre selon les spéci­fi­ca­tions éditeur compres­sion/expan­sion tempo­relle et trans­po­si­tion haut de gamme. Phase verrouillée, réglages pour la préser­va­tion des tran­si­toires, de l’en­ve­loppe et de la forme d’onde sont censés être garants d’un trai­te­ment de qualité. On retrouve les fonc­tions de départ de lecture, de vitesse, tempo déjà rencon­trées, auxquelles s’ajoutent un para­mètre Window (taille du grain utilisé), censé, pour les meilleurs résul­tats possible, être au mini­mum de deux fois la plus petite divi­sion ryth­mique du fichier. Pourquoi donc, alors que Mach­Five intègre de nombreuses fonc­tions basées sur le tempo, ne pas l’avoir implé­menté avec des valeurs de notes plutôt qu’une durée en milli­se­condes ? Padding para­mètre l’over­sam­pling spec­tral, avec comme coro­laire une plus grande consom­ma­tion CPU (tout comme Window, d’ailleurs). Notons que la jauge CPU se révèle parfois fantai­siste quant à ses indi­ca­tions. Quatre touches permettent d’en­clen­cher la préser­va­tion des Tran­sients, Shape, Enve­loppe et Stereo (verrouillage de phase). Voici un exemple de groove sans la préser­va­tion des diffé­rents para­mètres du son, puis avec. À noter les très beaux arte­facts quasi vocaux inter­ve­nants. On serait presque tenté de les isoler et de les utili­ser pour eux-mêmes…

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Plus parlant, sur une voix mono (le résul­tat est stéréo, ques­tion de routing, mais l’ori­gi­nal est bien mono). On enten­dra les diffé­rents réglages sur une seule voix, ainsi que plusieurs accords quatre et cinq sons.

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On l’en­tend, suivant le réglage, la qualité va de correcte à très bonne. Le seul problème est que sur un accord quatre sons à 512 échan­tillons de buffer, le Padding réglé sur x2 met le Mac 8 cœurs de test à genoux, et qu’il faut donc s’en passer. De même, pour pouvoir jouer du cinq/six sons, il faut passer à 2048 échan­tillons de buffer. Le jeu en vaut-il la chan­delle ? Par rapport au Stretch d’ori­gine, oui, mais dans un contexte d’uti­li­sa­tion, de compo­si­tion, pas sûr. Quel inté­rêt d’avoir une certaine qualité sans possi­bi­lité de jouer plus de six notes ?

La mise à jour 3.0.2 apporte, entre autres (voir le site de l’édi­teur), une amélio­ra­tion au niveau des algos de l’Ir­cam, notam­ment en ce qui concerne la gestion des tran­si­toires. Ainsi, en repre­nant notre boucle de batte­rie, en ralen­tis­sant son tempo (réglage sur 0,65) et en jouant la root note sans le mode Tran­sients on arrive à ce résul­tat :

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Une fois le mode Tran­sients enclen­ché, cela donne :

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On peut suppo­ser qu’il s’agit là d’un déca­lage de l’en­trée en action de l’al­go­rithme, n’in­ter­ve­nant qu’après le passage des tran­si­toires (à la façon dont un compres­seur peut lui aussi les igno­rer), mais n’ayant pas plus d’in­for­ma­tions que ça, on restera au niveau de la suppu­ta­tion…

Les problèmes de conso CPU ne sont en revanche pas réglés.

Synth you very much

MOTU MachFive 3

Autre prin­cipe de fonc­tion­ne­ment, la synthèse. Là aussi, Motu nous gâte. Pas moins de sept modes diffé­rents sont propo­sés, Analog, Analog Stack, Noise, FM, Wave­Table, Drum et Organ. Rappe­lons qu’on peut en mettre autant que l’on veut par Keygroup/Layer, les mélan­ger avec des Oscil­la­tors à base d’échan­tillons.

Analog propose un choix de formes d’onde (Saw, Sine, Square, Noise, Triangle, Sine et Pulse), un réglage PWM et un offset de phase, avec inver­sion de pola­rité. Un mode Hard­Sync est dispo avec réglage de déca­lage de l’os­cil­la­teur esclave (Shift) ainsi qu’un Unison (jusqu’à huit notes), avec Detune et largeur stéréo.

Analog Stack offre huit oscil­los, avec les mêmes formes d’onde, et réglages de PWM, Phase, Gain, Pan, Oct, Semi, Fine et Pitch indé­pen­dants par module, plus boutons d’ac­ti­va­tion et de pola­rité et bouton de synchro (unique­ment à l’os­cil­la­teur 1). De quoi produire de la grosse Super­Saw ou toute forme d’onde un peu complexe…

MOTU MachFive 3

Noise est un clas­sique géné­ra­teur de bruit, à ceci près qu’il propose 11 sons diffé­rents et un unique rota­tif multi­fonc­tion (selon le bruit choisi).

FM offre quant à lui un clas­sique synthé quatre opéra­teurs, avec Ratio et Level par opéra­teurs, ainsi qu’un niveau de Feed­back et le choix parmi 11 algo­rithmes (confi­gu­ra­tions des opéra­teurs).

Wave­table propose les para­mètres Start Phase, Unison, Spread, Stereo et Symme­try (ainsi qu’un Smooth Octaves). Et surtout sept menus de sélec­tion, offrant ainsi plus de 140 formes d’onde ! Sachant que l’on peut impor­ter les siennes, les possi­bi­li­tés se révèlent être très nombreu­ses…

MOTU MachFive 3

Drum est quant à lui un synthé dédié aux sons percus­sifs (vous l’au­rez devi­né…), compor­tant un oscillo à quatre formes d’onde couplé à un géné­ra­teur de bruit doté d’un filtre, chacun dispo­sant d’une enve­loppe AD, le tout finis­sant dans un Master avec EQ, disto, volume et réponse des trois sections à la vélo­cité.

On finit avec un synthé Organ, offrant l’équi­valent des neuf tirettes, chacune avec un potard Pan, deux touches dédiées à la percus­sion (dont une pour l’en­ve­loppe rapide) et un rota­tif Harmo­nic permet­tant de choi­sit la hauteur de la percus­sion.

On le voit, entre les oscil­la­teurs à base de sample et ceux de pure synthèse, la puis­sance de Mach­Five 3 ne peut qu’in­ci­ter à la créa­tion sonore. D’au­tant que nous ne sommes qu’à la base des choses, la géné­ra­tion simple de son, et que tout ça va béné­fi­cier d’un routing assez sérieux, dans une approche quasi semi-modu­laire.

Going back to my routing

MOTU MachFive 3

Il faut en effet filtrer, modu­ler, mixer, trai­ter tout ce beau son qui sort des Keygroups et Layers construits. Ainsi, dans la partie basse (signa­lons que la fenêtre peut être libre­ment redi­men­sion­née, ce qui hélas remet aussi à zéro le zoom de la forme d’onde que l’on édite), sont regrou­pés plusieurs modules, Osc(s), Keygroup(s), Layer(s), Program, Modu­la­tion et Modu­la­tion Source.

Prenons le premier, Osc(s). Un symbole « chaîne » permet d’as­si­gner l’édi­tion effec­tuée à tous les Oscil­la­tors utili­sés, ou non. Chaque Oscil­la­tor va pouvoir béné­fi­cier de ses propres réglages de volume, de suivi de clavier, de hauteur (avec accord gros­sier et fin).

MOTU MachFive 3

Ensuite le signal ainsi traité part dans le module Keygroup(s), où là encore, chaque Keygroup sera para­mé­tré de façon indé­pen­dante, avec volume, pan, satu­ra­tion (quatre modes, Off, Analog, Mild, Strong avec possi­bi­lité sd’over­sam­pling) et jusqu’à deux filtres simul­ta­nés, à choi­sir parmi six menus, UVI Filters, Analog, Rez, Comb, Xpan­der et Vowel, soit plus de 70 modes de filtrage diffé­rents ! Notons le nouvel Xpan­der, repre­nant et prolon­geant le design de celui d’Obe­rheim, lui-même basé sur l’ar­chi­tec­ture 4 pôles Moog. Un clic sur l’icône du coin supé­rieur droit ouvre le rack d’ef­fets propre au Keygroup, corres­pon­dant aux filtres et à la disto utili­sée, pour des réglages plus avan­cés (auto­ma­tion, Midi Learn, on y revien­dra).

Bien évidem­ment, ce signal part ensuite dans la section Layer(s), où chaque Layer sera traité indé­pen­dam­ment, via volume, Pan, choix de la courbe de vélo­cité, type de réponse au jeu (Poly, porta­mento poly­pho­nique, Mono avec enve­loppe forcée et Mono Porta­mento), avec réglage du temps de Glide…

Effets exprès

Que ce soit au niveau des Programs ou du Mixer, on dispose de nombreux effets, à choi­sir entre Delay, Reverb, Modu­la­tion, Filter, EQ, Amp/Stereo, Drive/Distor­sion, Dyna­mic, Multi­band, Misc (divers) jusqu’à des outils d’ana­lyse (accor­deur et analy­seur de spectre). Chaque famille propose de nombreuses varia­tions, elles-mêmes souvent dotées de présets variés.
On connait l’im­por­tance des effets dans la construc­tion d’un son, notam­ment quand il est à base d’échan­tillons. L’offre propo­sée par Motu est plétho­rique, de bonne qualité, et si certains modules ne riva­lisent pas avec des plug-ins externes dédiés, c’est ici leur inté­gra­tion à diffé­rentes étapes et la souplesse avec laquelle on peut les para­mé­trer et les modu­ler qui en font des outils idéaux.
Et l’on appré­ciera aussi la possi­bi­lité au sein de la réverbe à convo­lu­tion de pouvoir expor­ter direc­te­ment les IR d’usine.

Pour (pas tout à fait) finir, le tout finit dans la section Program, offrant volume, choix du strea­ming ou non, réglage de poly­pho­nie (1 à 256 notes) et huit slots pour sélec­tion d’ef­fets (voir enca­dré) et huit slots pour sélec­tion d’ou­tils Midi ou de script… Énorme.

Le tout ne serait pas complet sans des possi­bi­li­tés de modu­la­tion et d’au­to­ma­tion à la hauteur (voir aussi enca­dré). Qu’on se rassure, il y a tout ce qu’il faut. Dans la partie modules, il suffit d’ef­fec­tuer un clic droit sur un para­mètre (volume, Cut Off, Amount, etc.) pour ouvrir un menu permet­tant une assi­gna­tion d’une modu­la­tion interne et/ou externe via Midi Learn, menu direct (la fenêtre Midi CC, complète, avec nom de chaque contrô­leur…), selon l’un des outils de modu­la­tion internes.

Ceux-ci sont très nombreux, et encore une fois, dispo­nibles à tous les niveaux, Program, Layer ou Keygroup. Par défaut sont insé­rés une enve­loppe pour l’Am­pli­tude, une pour le Filtre, une pour le Pitch et deux LFO (très complets, neuf formes d’onde, plusieurs formes de déclen­che­ment, etc.). On peut de plus créer autant d’élé­ments de modu­la­tion que l’on souhaite, et les assi­gner en véri­fiant dans la partie Modu­la­tion son niveau, son acti­va­tion, son inver­sion ou son assi­gna­tion à un Mapper, tota­le­ment réglable manuel­le­ment. De plus cet outil de modu­la­tion peut aussi dépendre d’une Subsource, qui peut être un contrô­leur Midi, l’af­ter­touch (Poly ou Chan­nel), le suivi de clavier, la hauteur de note, etc.

Modu­la­tion ou auto­ma­tion ? Les deux !

Mach­Five 3 offre à tous les étages des possi­bi­li­tés éten­dues de modu­la­tion et d’au­to­ma­tion, selon plusieurs méthodes. En géné­ral, le clic droit sur un réglage ouvre un menu stipu­lant le type de para­mètres d’au­to­ma­tion ou de modu­la­tion assi­gnables, ainsi qu’une commande de nettoyage, et une autre d’édi­tion qui ouvre une fenêtre flot­tante quelque soit la fenêtre d’édi­tion en cours. Là encore, bravo.

Les enve­loppes peuvent être de type DADHDSR, AHD, Multi ou Step. Les Multis permettent de créer autant de points que dési­rés (on dispose à cet effet d’une fenêtre d’édi­tion de grande taille), pour des modu­la­tions extrê­me­ment puis­santes et subtiles, d’au­tant qu’elles peuvent être lues en boucle (points de bouclage maté­ria­li­sés par des points orange).

Autres moyens de faire vivre et modu­ler tous les sons de Mach­Five, les Arpeg­gia­tors et les Script Proces­sors. Si les premiers, tout en remplis­sant parfai­te­ment leur rôle, ne boule­versent pas l’ar­chi­tec­ture et l’es­prit du logi­ciel. Les seconds en revanche font leur entrée dans cette version 3, rattra­pant ainsi le retard pris face à la concur­rence. Des Scripts d’usine sont four­nis, on peut aussi écrire les siens (la doc est four­nie). Voici donc la possi­bi­lité d’in­clure Legato, Porta­mento, Chord Recog­ni­tion, Unison, Tremolo, etc. au sein des programmes.

MOTU MachFive 3

De nombreux sons de la banque d’usine en font usage (voir plus bas), et nul doute que de nombreux déve­lop­peurs se penche­ront sur le sujet quand on sait la réus­site que sont les banques pour Kontakt de type de celles de Scar­bee (test ici) ou d’Ilya Efimov (tests ici) pour n’en citer que quelques-unes.

La place manque pour tout détailler, même chose pour les Layer Rules, qui permettent d’as­si­gner des KeyS­witches, des cycles aléa­toires, etc. à un ou plusieurs Layers, ou encore la fenêtre Perf, qui permet de para­mé­trer Mach­Five dans une optique de live, avec zones, plages de vélo­cité, volume, choix de sorties, etc., ou la recon­nais­sance directe (sans conver­sion offline) d’une ving­taine de formats de fichiers audio (avec quelques limites quand même, même dans ceux consi­dé­rés comme compa­tibles).

Sounds and sounds

MOTU MachFive 3

45 Go de sons, Motu n’a pas fait les choses à moitié. Si l’on retrouve dans les diffé­rents menus des sono­ri­tés fami­lières en prove­nance de la série Sound­scan de Univer­sal Sound­bank, notam­ment dans Univer­sal Loops & Instru­ments, on trouve aussi une biblio­thèque inti­tu­lée Mach­Five Bios­phere consa­crée à des sons synthé­tiques, produits via les moteurs de synthèse ou d’échan­tillon­nage du logi­ciel, voire un mélange des deux, puisque tout est possible (rappe­lons-le…). L’exemple suivant fait entendre diverses sono­ri­tés prises au hasard dans cette biblio­thèque.

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On a déjà parlé de la banque X-treme FX, qui a eu les honneurs de la presse en son temps. On constate que la colla­bo­ra­tion avec VSL s’est arrê­tée, pour lais­ser la place à un autre éditeur de contenu, Acou­tic­Samples, dont certains produits ont déjà été testés sur Audio­Fan­zine, que vous trou­ve­rez ici (test ici).

Chaque instru­ment fourni par l’édi­teur dispose de son propre dossier. Ainsi d’un beau Fazzioli, nommé ici F Grand 278, offrant huit layers de vélo­cité, la réso­nance sympa­thique, utili­sant un script maison (inac­ces­sible pour l’uti­li­sa­teur à fin d’études, hélas), etc., bien dans l’es­prit des précé­dentes réali­sa­tions de l’édi­teur, comme le montre l’exemple suivant.

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Mix à gogo

Mach­Five 3 intègre un mixeur très perfor­mant. Au-delà du nombre de Parts quasi illi­mité (sauf en termes de canaux Midi…), on dispose pour chaque Part/Program d’un fader de volume, d’un Pan, de boutons Mute et Solo et de quatre départs Aux Pre ou Post. Là encore on peut accé­der aux effets, à la fois à ceux des Programs à fin d’édi­tion, ou à ceux que l’on rajou­tera si besoin à la Part, au sein même de ce Mixer. Bien entendu, là aussi auto­ma­tion et Midi Learn sont entiè­re­ment réglables en deux clics de souris. Bravo.

Autre réus­site, le Mark79, propo­sant plus de 2500 samples, 10 layers de vélo­cité, une gestion intel­li­gente des échan­tillons de relâ­che­ment, des effets inté­grés  de bonne facture (auto­pan, tremolo, simu­la­tion d’am­pli, etc.) mais pas à la hauteur des effets dédiés type VKFX par exemple. Néan­moins, l’ins­tru­ment sonne très bien, pouvant riva­li­ser avec la version réfé­rence qui est celle de Scar­bee. À noter, l’in­té­gra­tion d’un rota­tif Acous­tic, qui permet de doser le bruit des touches et des éléments méca­niques du Rhodes d’ori­gine, rappe­lant le prin­cipe mis en place par Velvet de Air-Digi­de­sign (test ici). Une belle réus­site.

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MOTU MachFive 3

On trouve aussi un kit de batte­rie, Star­Drums, béné­fi­ciant d’une triple prise de sons, dont les volumes sont ajus­tables par élément via une inter­face dédiée. Le son, très acous­tique, brut est très plai­sant, même si l’on a un peu de mal au départ avec le mapping des échan­tillons, assez pertur­bant pour le jeu en direct. Ce kit béné­fi­cie bien entendu des possi­bi­li­tés de sorties multiples de Mach­Five, permet­tant de trai­ter chaque élément de façon indé­pen­dante vie des plugs externes si besoin. L’exemple suivant fait entendre quelques grooves, l’un deux proposé deux fois, l’un avec le son brut, l’autre avec le préset Star­Drums Proces­sed.

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Il faudrait encore de la place pour parler de la Jbass, belle approche scrip­tée d’une Jazz Bass, de The Upright, une contre­basse béné­fi­ciant de trois prises de son et de scripts (hammer, legato, etc.), ou de Tele­ma­tic, biblio­thèque propo­sant une Tele pouvant être jouée en solo, ou en strum grâce à une recon­nais­sance d’ac­cords effi­ciente et des scripts bien conçus, même si parfois pas complè­te­ment abou­tis : des problèmes de volume et d’at­taque sur les scripts legato, des accords que l’on n’en­tend pas même s’ils sont joués, etc.

Voici un exemple d’une suite d’ac­cord jouée en temps réel (donc sans problème de calage du jeu sur une grille tempo­relle), le troi­sième accord, pour­tant analysé par le logi­ciel (A#M7b5/E) n’a jamais voulu se faire entendre.

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Vous trou­ve­rez aussi des vidéos de présen­ta­tion de ces divers instru­ments sur le site de Motu, à cette adresse.

Bilan

Cette nouvelle version pète le feu ! D’abord, d’un point de vue des possi­bi­li­tés de synthèse et de gestion de l’échan­tillon­nage, Mach­Five 3 est extrê­me­ment complet, voire l’un des plus complets du marché actuel­le­ment. De plus son ergo­no­mie extrê­me­ment bien conçue lui donne un avan­tage signi­fi­ca­tif par rapport à ses concur­rents. Quelques petits défauts sont cepen­dant à noter, comme l’ir­ré­gu­la­rité de fonc­tion­ne­ment des touches/raccour­cis de trans­port en mode stan­da­lone, ainsi qu’une certaine into­lé­rance vis-à-vis d’autres appli­ca­tions audio ouvertes simul­ta­né­ment, toujours en mode stan­da­lone. Un truc vrai­ment ennuyeux est la remise à zéro du zoom sur la forme d’onde en édition, quand on modi­fie la taille de l’in­ter­face. Deux, trois autres petits détails sont aussi à revoir lors d’un prochain update (voir plus bas).

La qualité de la banque, notam­ment Bios­phere et les biblio­thèques Acous­tic­Samples, est aussi un atout de poids. Concer­nant les instru­ments four­nis par Acous­tic­Samples, aucune banque d’usine d’un sampleur logi­ciel actuel ne peut riva­li­ser. Bien sûr, les choses peuvent chan­ger quand on achète des banques option­nelles, mais là n’est pas le sujet. Et l’in­té­gra­tion des scripts est une excel­lente chose, qui va permettre à d’autres éditeurs (si aucune histoire d’ex­clu­si­vité n’in­ter­vient) de propo­ser des banques au format Mach­Five. Bien sûr, ces divers scripts peuvent être amélio­rés, il est rare que tout soit parfait dès la première version d’une telle nouveauté au sein d’un logi­ciel. Certains sont très perfor­mants, d’autres un peu moins convain­cants, surtout quand ils émulent un compor­te­ment de jeu (de type porta­mento) au lieu d’ap­pe­ler un échan­tillon réel (prin­cipe de la VSL par exemple).

Mais dans l’en­semble, pour un montant de 455 euros prix public conseillé, Mach­Five 3 est une très bonne solu­tion complète.

Points forts
  • Peut-être le plus complet des sampleurs logiciels actuels
  • Nombreux moteurs de synthèse et d’échantillonnage
  • Puissance de programmation
  • Possibilités de modulation quasi infinies
  • Superbes enveloppes multipoints
  • Drag’n’drop omniprésent
  • Très nombreux effets de qualité
  • Nombreux effets synchrones
  • Intégration des scripts
  • Arppegiators
  • Réverbe à convolution
  • Possibilité d’exporter les IR directement
  • Qualité de l’échantillonnage made in AcousticSamples
  • Excellente ergonomie
  • Mixeur très complet
  • Navigateur
  • Page Tree, très utile
Points faibles
  • Scripts pas assez nombreux
  • Certains scripts peu crédibles
  • Valeurs de calage en ms plutôt qu’en notes
  • Ircam Stretch trop gourmand
  • Import d'autres formats parfois impossible (principalement Kontakt)
  • Protection par iLok qui peut en gêner certains
  • En attente d’autres éditeurs de bibliothèques
  • Temps de chargement trop longs
  • Boutons/raccourcis de lecture intermittents...
  • Quitte parfois lors de navigation dans le Browser
  • Correspondance jauge CPU/consommation réelle parfois fantaisiste
  • Redimensionnement de la fenêtre d’édition lors du redimensionnement de la fenêtre du plug
  • Cohabite parfois difficilement avec d'autres applications audio en mode standalone
  • Problèmes avec la Magic Mouse d'Apple (zooms, etc.)

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