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Test de Modartt Pianoteq 8 - 6 cordes de plus dans le piano

9/10
Award Innovation 2022
2022
Innovation
Award

Seize ans que Pianoteq existe et seize ans qu’il est le roi incontesté des pianos à modélisation, apportant toujours plus de réalisme dans son rendu, et toujours plus de possibilités aussi. La preuve avec cette version 8 qui s’aventure désormais sur le terrain de la guitare…

Test de Modartt Pianoteq 8 : 6 cordes de plus dans le piano

Comme une variante de la blague des éléphants et de la 2CV*, Piano­teq est ce petit miracle qui permet de faire tenir des dizaines de pianos acous­tiques et élec­triques, des clave­cins mais aussi des percus­sions chro­ma­tiques ou des harpes dans un logi­ciel qui pèse moins de 50 Mo sur le disque dur ! Comment est-ce possible ? C’est simple, en ne recou­rant à aucun sample comme la plupart des pianos virtuels concur­rents, mais en basant tout sur une modé­li­sa­tion physique des instru­ments : un vrai travail de mathé­ma­ti­cien qui n’est évidem­ment pas à la portée de tout le monde mais dont l’équipe de Modartt s’ac­quitte depuis seize ans main­te­nant avec une impres­sion­nante maes­tria. Il faut dire que du matheux, il y en a chez Modartt, à commen­cer par Philippe Guillaume, fonda­teur de la boîte et qui, après avoir été long­temps accor­deur et répa­ra­teur de pianos, a repris le chemin de l’école pour décro­cher un titre de docteur agrégé en mathé­ma­tiques appliquées avant de deve­nir le direc­teur du dépar­te­ment des mathé­ma­tiques de l’INSA à Toulou­se… Bref, s’il y a un Neo qui voit la Matrice quand vous plaquez un accord de Do, c’est bien lui, et ce n’est donc pas un hasard si Piano­teq rayonne aujour­d’hui dans le petit monde des instru­ments virtuels, où quan­tité de pianistes le préfèrent aux grosses Berthas du sampling…

Il faut dire qu’outre leur légè­reté, les pianos modé­li­sés ont quelques énormes avan­tages sur leurs cousins échan­tillon­nés, à commen­cer par leur expres­si­vité (nul besoin de round robin ou de couches de vélo­ci­tés pour obte­nir un instru­ment expres­sif avec une infi­nité de nuances) ou leur malléa­bi­lité : on peut éditer fine­ment chaque compor­te­ment physique de chaque touche, marteau ou corde du clavier, que ce soit à des fins de sound design ou pour adap­ter le modèle à son goût comme à son jeu… Bref, le piano parfait ? En quelque sorte, d’où le succès de l’ins­tru­ment, surtout chez les pianistes « clas­siques », même si certains lui préfèrent toujours des concur­rents samplés pour le côté « Real thing »…

Quoi qu’il en soit, c’est un bonheur de voir débarquer cette huitième version, d’au­tant qu’on n’avait plus testé de Piano­teq sur Audio­fan­zine depuis la V5 et qu’il s’en est passé des choses depuis ! Outre de nouvelles modé­li­sa­tions de pianos signés Bech­stein, Petrof, Stein­grae­ber & Söhne ou Stein­way, mais aussi la modé­li­sa­tion de pianos Felt, on souli­gnera l’ap­pa­ri­tion de nouveaux outils d’ac­cor­dage mais aussi et surtout des tech­no­lo­gies de double pola­­ri­­sa­­tion et de morphing offrant plus de réalisme pour la première et la possi­bi­lité d’ob­te­nir des instru­ments hybrides pour la seconde : ­­­Xy­lo­­Harp, Vibra­­Drum, Glocken­­Tines, etc. Tout cela en vis-à-vis de plein de petites choses fonc­tion­nelles comme du portage au format VST3 ou pour proces­seur ARM sous Linux (ouvrant la voie à l’in­té­gra­tion maté­rielle)…

Et c’est d’ailleurs sur ce terrain que nous attend la première nouveauté de cette version 8 puisque Modartt nous promet sous peu une version iOS de son instru­ment : avis aux posses­seurs d’iPad qui pour­ront mettre leur tablette au bout de n’im­porte quel clavier de contrôle lesté pour obte­nir une solu­tion dont le rapport qualité/prix devrait donner des sueurs froides à plus d’un construc­teur de piano numé­rique… L’es­sen­tiel de cette mise à jour ne tient pas toute­fois dans ce portage, même s’il n’est peut-être pas complè­te­ment étran­ger à la première grande nouveauté de cette V8 : sa nouvelle inter­face graphique.

Coup de pein­tu­re…

globalCette huitième mouture est en effet l’oc­ca­sion pour l’équipe de Modartt de faire évoluer une inter­face qui n’avait que peu bougé depuis les premières versions de Piano­teq. Notez qu’on est plus dans un rafrai­chis­se­ment que dans une refonte de fond en comble, la plus grosse nouveauté tenant dans le fait qu’un aperçu graphique de l’ins­tru­ment et de son envi­ron­ne­ment acous­tique vous est désor­mais proposé en première inten­tion dans la partie supé­rieure de la fenêtre. Et c’est une bonne chose en pratique car en dépit d’un chan­ge­ment qui avait lieu lorsqu’on passait à des pianos élec­triques ou des percus­sions chro­ma­tiques, rien ne venait jusqu’ici diffé­ren­cier dans l’in­ter­face un modèle de piano d’un autre. Dans le cas où l’on utilise plus d’une instance de Piano­teq au sein d’un même projet, il est désor­mais plus simple de savoir qui est qui au premier coup d’oeil !

microsSouli­gnons-le aussi : les sliders quittent leur aspect 3D pour un rendu « Flat Design » et les polices de carac­tères sont égale­ment plus grasses et plus sobres (fini les empat­te­ments comme les simi­li­re­flets qu’on pouvait trou­ver jusqu’en version 7). On sent une volonté d’al­ler vers un rendu plus épuré et contrasté, ce qui n’est pas pour nous déplaire vu que cela amène nette­ment plus de lisi­bi­lité : on s’en rend compte notam­ment sur l’édi­tion des partiels du panneau Voicing.

Rien dans tout cela ne devrait toute­fois perdre les habi­tués qui retrou­ve­ront vite leurs petits vu que l’or­ga­ni­sa­tion est demeu­rée la même : on retrouve les mêmes panneaux aux mêmes endroits avec les mêmes inter­faces à peu de choses près, sachant que les vraies nouveau­tés se trouvent du côté du moteur de modé­li­sa­tion, comme on s’en rend compte en décou­vrant ça et là un nouveau réglage ou une nouvelle option…

Modartt Pianoteq 8 Pro : réglages

Une guitare dans le piano

Et il y en a de nouvelles options car la plus grosse nouveauté de ce Piano­teq 8, outre sa sortie sous iOS et son inter­face remise au goût du jour, c’est l’in­té­gra­tion d’une modé­li­sa­tion de guitare clas­sique qui ouvre un tout nouveau terrain de jeu en termes de jeu… Certes, Piano­teq s’était déjà aven­turé du côté des cordes pincées avec plusieurs modèles de clave­cins ou une harpe, mais un nouveau pas est désor­mais fran­chi avec cette recréa­tion d’une guitare clas­sique : il ne s’agit plus de modé­li­ser un simple marteau ou un simple plectre action­nant la vibra­tion d’une corde, mais bien de deux mains inter­agis­sant l’une pour grat­ter, pincer ou buter, l’autre pour fret­ter, ce qui est autre­ment plus complexe que les instru­ments auxquels s’était frotté Modartt jusqu’ici…

De fait, une multi­tude de nouveaux para­mètres viennent enri­chir l’in­ter­face cepen­dant que le résul­tat est assez bluf­fant quand on songe qu’il n’y a aucun sampling derrière :

BLUES­full(2)
00:0000:16
  • BLUES­full(2)00:16
  • andy(2)01:05

Voyez qu’on est très loin du rendu ridi­cule des instru­ments Wedge Force et même fran­che­ment bien au-dessus du rendu un peu « plas­tique » typique des guitares d’Ap­plied Acous­tic System qui sonne très élec­troa­cous­tiques. Sans conteste, Modartt peut donc se targuer d’avoir réalisé la modé­li­sa­tion de guitare la plus abou­tie et crédible du marché, d’au­tant que les prin­ci­pales arti­cu­la­tions de l’ins­tru­ment ont été recréées et bien recréées…

Voyez ce qu’il en est du hammer/pull-off, d’abord en mono­pho­nique, puis en poly­pho­nique, et sur une trille :

hammer­pul­loff
00:0000:04
  • hammer­pul­loff00:04
  • hammer­pul­loff­poly00:04
  • trille00:02

Le glis­sando est aussi de la partie, en mono­pho­nique comme en poly­pho­nique, avec possi­bi­lité de déter­miné si la note finale est attaquée ou non :

glis­san­do­mono
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  • glis­san­do­mono00:04
  • glis­san­do­poly00:02

Les harmo­niques sont évidem­ment de la partie :

harmo­niques
00:0000:09

Tout comme le palm Mute qu’on gère via un contrôle continu :

blues­mu­ted(3)
00:0000:16

Sachant que l’avan­tage de la modé­li­sa­tion tient dans son infi­nité de niveaux de vélo­ci­tés :

velo­city
00:0000:52

 Et dans la possi­bi­lité de dépla­cer libre­ment la main qui gratte pour obte­nir un son plus rond vers le centre du manche ou plus aigre­let vers le cheva­let :

righ­thand
00:0000:12

 Enfin, on appré­ciera la qualité globale du vibrato :

solo­vi­brato
00:0000:16

Avouez que c’est de la belle ouvrage ! Jamais en tout cas on n’avait entendu de modé­li­sa­tion si réus­sie, au point que le petit monde de la guitare samplée à du soucis à se faire : there is a new kid in town…

Sur la corde

Est-ce pour autant la meilleure guitare virtuelle du marché si on la confronte aux guitares samplées qui font réfé­rence ? Peut-être pas non plus, car un certaines choses manquent, à commen­cer par une prise en compte plus convain­cante des diffé­rents doig­tés dans le modèle. Je m’ex­plique : sur une guitare, une même note peut être jouée sur diffé­rentes cordes à diffé­rents endroits du manche. Le Mi aigu qu’on obtient avec la sixième corde à vide en accor­dage stan­dard, on le trouve aussi à la cinquième case de la corde de Si, à la neuvième de la corde de Sol et à la quator­zième case de la corde de Ré. Et il sonnera à chaque fois diffé­rem­ment en termes de timbre vu que les cordes sont de diffé­rentes sections, de diffé­rente matières (les trois cordes aiguës sont en nylon tandis que les trois cordes graves sont en métal enroulé autour d’une âme de soie) et que leur portion vibrante ne fait pas la même taille… Or, s’il semble que la modé­li­sa­tion de Modartt gère cela en termes de script, avec la possi­bi­lité de contraindre le doigté à une corde ou à une zone du manche en parti­cu­lier, disons qu’au niveau du rendu, les diffé­rences sont bien trop timides par rapport à ce qu’on observe en jeu réel…

Voyez avec cet exemple qui propose le Mi (12e case de la corde de Mi grave, 7e de La puis 2nde de Ré), puis le Sol (15e case de la corde de Mi grave, puis 10e de La, puis 5e de Ré puis corde de Sol à vide), puis le Si (14e case de la corde de La, puis 9e case du Ré, puis 4e case du Sol puis la corde de Si à vide) puis enfin le Mi aigu (19e case de la corde de La, puis 14e case du Ré, puis 9e case du sol, puis 5e case du Si et enfin la corde de mi aigu à vide) : 

doig­tés
00:0000:21

Avouez que les diffé­rences ne sont pas hyper flagrantes tandis que les bruits de dépla­ce­ment de doigts sont un peu trop aléa­toires et un peu trop présents pour sonner réalis­tes…

En marge de la guitare qui a été très bien modé­li­sée, il semble de fait que des progrès soient aussi à faire dans la modé­li­sa­tion du guita­ris­te… En effet, malgré l’ex­cellent travail réalisé ici et la repro­duc­tion convain­cante de plusieurs tech­niques de jeu, le son est souvent trop parfait pour produire quelque chose de plei­ne­ment réaliste : des attaques trop régu­lières et franches, un sustain toujours ultra long, avec des harmo­niques qui se déploient idéa­le­ment. On a du coup parfois cette impres­sion d’un piano avec un son de guitare car tout cela sonne trop bien et il n’y a pas assez d’im­per­fec­tions dans le jeu au-delà du place­ment (on voudrait des notes mal attaquées ou mal fret­tées ce qui occa­sion­ne­rait des réso­nances plus hété­ro­gè­nes…) et on aime­rait pouvoir intro­duire plus d’aléa­toire pour compen­ser cela : que cela s’étouffe ou frise, bref, que cela respire un peu plus humain, car une main est autre­ment plus complexe et chan­geante qu’un marteau. Or, on a beau pous­ser les sliders Pro/Casual et Condi­tion pour dégra­der un peu tout cela, on sent qu’il y a encore de la marge pour que les sons produits soient plus crédibles encore. Conscient de cela, Robin Tour­ne­menne, le luthier numé­rique en charge de cette guitare, bosse d’ailleurs sur un algo qui permet­tra aux cordes de friser et devrait être proposé gratui­te­ment dans la version 8.1 du soft : on a hâte d’en­tendre ça… Mon petit doigt m’a dit qu’il travaillait aussi à parfaire les attaques et à inclure toujours plus de para­mètres dans le slider Pro/Casual…

On notera en outre l’im­pos­si­bi­lité d’uti­li­ser un capo­dastre ou de recou­rir ou non à un média­tor… On objec­tera que cette absence est bien compré­hen­sible pour une guitare clas­sique mais vu que Modartt se fend de presets « 12 cordes » ou « Jazz guitar », il n’y a pas de raison de ne pas assu­mer plus clai­re­ment cette poly­va­lence sur le plan des fonc­tion­na­li­tés. Et puisqu’on parle de Jazz guitar, on pense forcé­ment à la néces­sité d’étof­fer la section d’ef­fets du logi­ciel car contrai­re­ment aux pianistes qui demeurent très sages sur ce plan, les guita­ristes adorent les effets de toutes sortes… comme les amplis !

Sans s’en­flam­mer sur le poten­tiel de tout cela, signa­lons que les presets Bouzou­kis, 12 cordes et Jazz Guitar sont plus des varia­tions amusantes que des choses vrai­ment convain­cantes à l’usa­ge… Il n’y a pas de miracle : pour produire des équi­va­lents crédibles de ces instru­ments, il faudra les modé­li­ser un par un pour en tirer toutes les subti­li­tés (et on croise les doigts bien forts pour que le projet KIVir de l’édi­teur se penche sur les « proto­gui­tares » dont regorgent les musées et tous les autres guita­roïdes : luths, sitar, ukulele, guitare portu­gaise, manouche, etc.). Ne vous dites donc pas que vous ache­tez avec ce Piano­teq 8 de quoi couvrir tous vos besoins en guitare virtuelle : vous avez là une très bonne guitare clas­sique (à cordes nylon donc, sachant qu’il pour­rait être inté­res­sant d’ému­ler diffé­rents jeux de cordes pour passer de la Sava­rez Rouge à l’Au­gus­tine Bleue) et c’est déjà très bien !

Ceci étant dit, on pourra regret­ter le fait que Modartt ne pousse pas plus ferme­ment son inno­va­tion comme il l’a fait sur Organ­teq. Il ne fait aucun doute en effet que cette guitare gagne­rait en effet à dispo­ser de sa propre inter­face, que ce soit pour faci­li­ter la program­ma­tion (rien n’est dispo­nible ici pour séquen­cer des parties de strum­ming ou d’ar­pèges comme chez certaines concur­rents) ou adap­ter le voca­bu­laire à l’ins­tru­ment. Parler de « Key release note », de « Mallet bounce » ou encore de « dampers » n’a rien de très intui­tif dans le contexte d’une guitare, même si cela simpli­fie la donne pour les pianistes. Du coup, cette excel­lente guitare n’a sans doute pas l’écrin qu’elle méri­te… Et on le pense d’au­tant plus que la très inté­res­santes fonc­tion de morphing pour obte­nir des pianos hybrides n’est pas des plus inté­res­santes lorsqu’on essaye de croi­ser piano et guita­re… On se retrouve en effet souvent avec des instru­ments au son très faible, comme si les modèles se neutra­li­saient, comme si l’hy­bri­da­tion n’était pas féconde au sens darwi­nien du terme :

morph-guitar­vi­bra-wtf
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Même si au hasard des essais, il arrive de tomber sur des choses plus perti­nentes :

morph-guitar­vi­bra-wtf2
00:0000:16

Bref, on est face à un instru­ment déjà très inté­res­sant mais qui promet bien plus encore et on espère sincè­re­ment que Philippe Guillaume et son équipe auront à coeur d’ex­plo­rer ce nouveau monde qui s’offre à eux et dont les défis sont ô combien nombreux mais passion­nants ! On se prend à rêver de toutes sortes de guitares (folk, à réso­na­teurs, élec­triques, etc.) et peut-être même un concur­rent de poids pour Modo­bass, ses basses et ses contre­basses, qui sait… Voyez ce preset réalisé par un utili­sa­teur montrant le poten­tiel du modèle sur ce plan :

Bass­Gui­tar
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 Et puis, il s’agi­rait de ne pas l’ou­blier, Piano­teq c’est avant tout du piano…

One piano to rule them all

Et du piano, il y en a ! Et du beau et du bon, avec quan­tité de modèles décli­nés dans quan­tité de presets. Voici quelques exemples de ce qui est proposé sur la célèbre Pavane de Ravel :

ravel-petrof(2)
00:0000:59
  • ravel-petrof(2)00:59
  • ravel-bech­stein00:59
  • ravel-stein­way­mo­delD00:59

Sachant que la plupart sont décli­nés dans deux modèles Felt, convain­cants mais sans doute pas assez « ciné­ma­tiques » pour l’em­ploi qu’on fait le plus souvent de ce registre aujour­d’hui :

Felt-Stein­wayB
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  • Felt-Stein­wayB00:59
  • Felt-Blüth­ner00:59

Ça manque de pous­sière et d’am­biance dirons-nous face aux banques samplées et c’est un reproche qu’on pour­rait plus large­ment adres­ser à Modartt, de se foca­li­ser sur ses modèles de cordes quand le sound design relève d’une approche plus globale, où l’acous­tique et la nature de chaque élément de la chaîne audio jusqu’aux grin­ce­ments du tabou­ret de piano ont aussi droit de cité. La gestion de l’acous­tique et du bruit comme des trai­te­ments audio, soit la prod au-delà du seul son de l’ins­tru­ment, demeurent du coup proba­ble­ment la partie où Piano­teq a la plus grande marge de progrès s’il veut élar­gir son public de pianistes foca­li­sés sur les sensa­tions de jeu brutes à celui, plus large, de ceux qui ont besoins de sons de piano un peu plus produits… Sachant que quan­tité de choses pour­rait aussi se passer du côté de la synthèse comme on le voit sur les pianos samplés Next­Gen qui sortent en ce moment (Native Instru­ments Noire & Colors, Hammers + Waves, etc.)…

Reve­nons toute­fois à nos pianos avec un Ragtime, en sachant qu’on ne dispose hélas que d’un unique modèle de piano droit signé Yamaha :

Ragg­time-Grotrian
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  • Ragg­time-Grotrian00:19
  • Ragg­time-Stein­grae­ber00:19
  • Ragg­time-Stein­wayBhb00:19
  • Ragg­time-Stein­way­honky00:19
  • Ragg­time-Stein­way­hon­kyhb00:19

Je ne repas­se­rai pas sur les harpes, pianos élec­triques et autres percus­sions chro­ma­tiques si ce n’est pour vous faire entendre ce que tout cela peut donner lorsqu’on utilise les instru­ments en surcouches (layers) :

layers-xylo­tar
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  • layers-xylo­tar00:16
  • layers-steel­toys00:16
  • layers-rhody­harp00:16
  • layers-distort00:16

Puis en morphing : 

morph-xylo­harp
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  • morph-xylo­harp00:16
  • morph-petrof­toy00:16
  • morph-petrof­tar00:16
  • morph-mkItoy00:16
  • morph-guitar­dyna00:16

Sachant qu’on dispose dans ces deux modes d’une fonc­tion Random pour géné­rer aléa­toi­re­ment des presets, au petit bonheur la chance, qu’on pourra affi­ner ensuite : une très bonne idée !

Bref, vous le voyez : il y a de quoi faire, sachant que quelque soit le terrain de jeu, on retrouve toujours la qualité d’ex­pres­si­vité de Piano­teq, comme son excel­lente gestion des réso­nances sympa­thiques, raisons pour lesquelles certains ne jurent que par lui…

Conclu­sion

Dur de ne pas être enthou­siaste sur ce nouveau Piano­teq tant le logi­ciel est convain­cant sur les plans du son comme sur celui des fonc­tion­na­li­tés, le tout en étant léger et abor­dable avec ses trois versions aux rapports qualité/prix bien étudiés (c’est assez rare pour le souli­gner : Modartt est aussi très peu gour­mand dans le tarif de ses mises à jours). Ce galop d’es­sai dans le monde de la guitare est en outre suffi­sam­ment bluf­fant pour qu’on espère que Modartt creuse dans cette direc­tion, que ce soit en termes d’in­ter­face, de modé­li­sa­tion ou d’ef­fets : disons clai­re­ment qu’un Guitar­tec ne serait pas pour nous déplai­re…

Bref, chapeau bas aux toulou­sains, sachant qu’après une si belle surprise, on se demande déjà où Piano­teq nous emmè­nera pour sa neuvième version…

* Comment fait-on pour faire rentrer 4 éléphants dans une 2 Chevaux ?
2 devant et 2 derrière.

Notre avis : 9/10

Award Innovation 2022
2022
Innovation
Award
  • La meilleure guitare modélisée du marché : une vraie prouesse !
  • Nombreuses articulations bien reproduites
  • Coup de plumeau sur l’interface
  • Une gamme bien pensée en termes de rapport fonctionnalités/prix
  • Bientôt sur iOS en plus de Windows, Mac et Linux
  • Tout ce qu'on adore dans Pianoteq : le son, l'expressivité, la foultitude d'options pour personnaliser les instruments, la légèreté sur le disque comme du côté CPU, le projet KIVir, la polyvalence, le morphing, etc.
  • La guitare sonne souvent trop propre pour être honnête...
  • Rendus pas assez différents des différents doigtés
  • Morphing entre piano et guitare décevant pour l'heure
  • Une guitare qui mérite clairement son Guitarteq !
  • Toujours un petit côté "propre sur soi" dans le son qui fait que certains préfèreront le sample à la modélisation
Intêret de la mise à jour :
Pays de fabrication : France

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