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Ableton Live 9 Suite
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Test de l'Ableton Live 9

Séquenceur généraliste de la marque Ableton appartenant à la série Live 9

test
83 réactions
Tout frais tout 9 !
9/10
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Avril 2009 : date de sortie de la précédente version du célèbre séquenceur. Quatre ans que l’on attendait la prochaine évolution, au point que l’inquiétude commençait à poindre. Et si les développeurs berlinois avaient décidé de s’arrêter là ? Et si les doléances des fans, dont certaines exprimées depuis de multiples années, n’allaient jamais trouver écho ? Et si…

Et puis, enfin, en ce premier trimestre 2013, le soula­ge­ment pour les aficio­na­dos de ce logi­ciel à l’iden­tité si parti­cu­lière. Ces quatre années d’at­tente n’au­ront pas été vaines : refonte de l’er­go­no­mie, auto­ma­tions de clips (enfin !), outils amélio­rés, inté­gra­tion de Max for Live dans la version la plus complète du séquen­ceur, la version « Suite »… C’est d’ailleurs sur cette dernière que nous allons nous pencher dans ce test !

Intro­duc­tion à Live

Pour ceux qui ne connaî­traient pas Live et le fonc­tion­ne­ment un peu parti­cu­lier de ce séquen­ceur, une rapide intro­duc­tion peut être utile afin de mieux profi­ter de ce test.

Live fonc­tionne selon deux modes : le mode « arran­ge­ment » et le mode « session », repré­sen­tés chacun par un écran de travail dédié, entre lesquels on peut bascu­ler. En mode « arran­ge­ment », Live adopte un fonc­tion­ne­ment de séquen­ceur clas­sique, avec une ligne tempo­relle et une repré­sen­ta­tion hori­zon­tale des pistes et de l’ar­ran­ge­ment géné­ral. Le mode « session » – la véri­table parti­cu­la­rité de Live – se présente sous la forme d’une matrice – un tableau, si vous préfé­rez – dans laquelle on dispose des éléments sonores audio ou MIDI dénom­més « clips ». Les pistes sont cette fois-ci repré­sen­tées verti­ca­le­ment et forment donc les colonnes du tableau. Les lignes hori­zon­tales sont quant à elles appe­lées « scènes ». Plusieurs clips de pistes diffé­rentes peuvent être rangés sur une même scène/ligne, et en consé­quence être déclen­chés simul­ta­né­ment. Mais chaque clip peut égale­ment être lu indi­vi­duel­le­ment ou en combi­nai­son avec des clips d’autres scènes, auto­ri­sant ainsi toutes les combi­nai­sons sonores possibles et le remixage à la volée. Les clips peuvent ensuite être dépla­cés vers l’écran d’ar­ran­ge­ment, et vice-versa, ou être direc­te­ment enre­gis­trés dans celui-ci.

Photo de famille

Tout d’abord, rappe­lons que Live 9 se décline en trois versions : « Live Intro », la version d’en­trée de gamme, est limi­tée à 16 pistes audio/MIDI, 8 scènes, 2 pistes retour et 2 entrées/sorties audio, et ne dispose pas de fonc­tions évoluées de time-stretch (warp en dialecte able­to­nien), ni de slice, ni d’im­port vidéo, ni d’ex­trac­tion de groove, et ne contient bien entendu ni instru­ment virtuel ni Max for Live.

La version « Live Stan­dard », quant à elle, propose un nombre illi­mité de pistes audio/MIDI ainsi que de scènes, 12 pistes retour et 128 entrées-sorties audio, ainsi que l’ac­cès à toutes les fonc­tions de trai­te­ment audio et MIDI. Mais elle non plus n’in­clut pas les instru­ments virtuels d’Able­ton, ni Max for Live.

Ceux- ci se retrouvent exclu­si­ve­ment dans la version « Live Suite » – qui en-dehors de cela ne se diffé­ren­cie pas de la version « Stan­dard ». C’est cette version « Suite » que nous allons décor­tiquer aujour­d’hui.

Terrain connu

En dehors du brow­ser, entiè­re­ment revu et sur lequel nous revien­drons un peu plus loin dans ce test, l’in­ter­face change rela­ti­ve­ment peu. Un cadre gris clair remplace le cadre noir des versions précé­dentes et donne un aspect plus épuré à l’en­semble.

Ableton Live 9

De nouveaux boutons font leur appa­ri­tion, notam­ment pour le pilo­tage des nouvelles fonc­tions d’en­re­gis­tre­ment en mode session (voir plus loin), et d’autres changent de place, comme le bouton de retour à l’ar­ran­ge­ment qui quitte la barre de commandes du haut pour se retrou­ver à côté du bouton d’ar­rêt géné­ral des clips. Mais globa­le­ment, les habi­tués de Live auront vite fait de retrou­ver leurs marques.

Et c’est presque là le prin­ci­pal reproche que l’on pour­rait adres­ser à cette nouvelle mouture du séquen­ceur d’Able­ton, par ailleurs extrê­me­ment inté­res­sante. En effet, les utili­sa­teurs réclament depuis des années, sur les diffé­rents forums, la possi­bi­lité de visua­li­ser simul­ta­né­ment le mode « session » et le mode « arran­ge­ment » sur deux écrans sépa­rés. Et ce n’est malheu­reu­se­ment pas encore avec cette version-là du logi­ciel que cette attente sera comblée.

À noter que certaines solu­tions peuvent partiel­le­ment compen­ser cet incon­vé­nient, notam­ment via des modules program­més sous Max for Live (voir enca­dré plus bas) par les déve­lop­peurs indé­pen­dants et la commu­nauté des utili­sa­teurs. Mais ce ne sont que des pis-aller.

On peut aussi regret­ter que l’in­di­ca­teur de posi­tion du curseur de lecture, en haut de l’écran à gauche des commandes de trans­port, conti­nue de n’af­fi­cher qu’un décompte des mesures et des temps, et ne soit toujours pas permu­table en un comp­teur tempo­rel (heures:minutes:secondes), comme l’on peut le voir chez de nombreux concur­rents. D’au­tant que Live est de plus en plus utilisé pour la sono­ri­sa­tion d’évè­ne­ments artis­tiques pas obli­ga­toi­re­ment musi­caux (théâtre, perfor­mances, etc.), pour lesquels le comp­tage solfé­gique tradi­tion­nel n’a pas forcé­ment beau­coup de sens. Le mode arran­ge­ment dispose certes toujours d’une règle tempo­relle fixe égale­ment confi­gu­rable pour le montage audio/vidéo. Mais un comp­teur dyna­mique serait un bon complé­ment. À bon enten­deur !

Enfin, pour en finir avec les boutons, par défaut, une pres­sion sur le bouton géné­ral d’en­re­gis­tre­ment déclenche ledit enre­gis­tre­ment immé­dia­te­ment, sans pré-arme­ment ! Pour pré-armer, il faudra doré­na­vant opérer la combi­nai­son SHIFT+­bou­ton d’en­re­gis­tre­ment… combi­nai­son impos­sible à effec­tuer avec un contrô­leur APC 20 ou APC 40 !  On choi­sira dans ce cas-là de déco­cher, dans les préfé­rences, l’op­tion « Démar­rer le trans­port à l’en­re­gis­tre­ment ».

Je plug et je play

En revanche, et puisque nous parlons de contrô­leurs, la version 9 de Live permet enfin le bran­che­ment et débran­che­ment à chaud des péri­phé­riques USB, là où les versions précé­dentes néces­si­taient un relan­ce­ment du logi­ciel à la moindre décon­nexion acci­den­telle (l’hor­reur en live…). Le séquen­ceur d’Able­ton recon­naît désor­mais immé­dia­te­ment tout nouveau contrô­leur/instru­ment MIDI connecté via USB, sans aucune mani­pu­la­tion néces­saire de l’uti­li­sa­teur. Le plug’n play absolu.

Finie égale­ment l’époque où chaque appa­reil était dénommé « péri­phé­rique audio USB », entraî­nant des risques de conflits et bugs. Désor­mais, Live iden­ti­fie clai­re­ment et auto­ma­tique­ment vos appa­reils par leur nom, et ce, même sous Windows XP.

En ce qui concerne les cartes-son USB, il reste conseillé de sécu­ri­ser leur connexion, un débran­che­ment intem­pes­tif pouvant encore parfois causer un crash du séquen­ceur (en plus de la coupure du son, bien sûr, détail non négli­gea­ble…).

O’brow­ser

Ableton Live 9

L’une des grandes nouveau­tés de la neuvième version du séquen­ceur d’Able­ton est le tout nouveau brow­ser. Celui-ci, toujours situé dans la partie gauche de l’écran de travail, est divisé en deux fenêtres contigües. La première contient les « Caté­go­ries » selon lesquelles Live trie les éléments (instru­ments ou effets virtuels, samples, clips) dont l’uti­li­sa­teur aura besoin pour faire de la musique, et les « Places » pour les dossiers person­nels. La seconde fenêtre affiche les sous-réper­toires et les fichiers. On peut réduire la première fenêtre de telle façon à n’ob­te­nir plus qu’une colonne d’icônes, rappe­lant un peu celle de l’an­cien brow­ser.

À noter que lorsque l’on décide de replier le brow­ser en entier, celui-ci dispa­raît inté­gra­le­ment, contrai­re­ment à celui de Live 8, affir­mant encore la sensa­tion visuelle épurée de cette nouvelle mouture de Live. Mais reve­nons-en à la nouvelle orga­ni­sa­tion dudit brow­ser.

Nous avons tout d’abord les « Caté­go­ries ». La première, « Sounds », contient les presets triés par type (Ambient & Evol­ving, Bass, Brass, etc.), tous instru­ments virtuels Able­ton confon­dus, à l’ex­cep­tion des kits de batte­ries, qui forment une caté­go­rie à eux seuls. Ensuite, nous avons « Drums ». Comme son nom l’in­dique, c’est là que nous retrou­vons d’une part les kits de batte­ries (de Live toujours !) clas­sés unique­ment par ordre alpha­bé­tique – on aurait préféré par banques ou genre – et d’autre part les « Drum Hits », qui regroupent par type (kick, snare et autres) les diffé­rents éléments des kits précé­dents. Cette sous-caté­go­rie est bien évidem­ment parti­cu­liè­re­ment inté­res­sante pour se créer ses propres kits via les « Drum Racks ». La caté­go­rie « Instru­ments » est le pendant de la caté­go­rie « Sounds », les presets étant cette fois-ci clas­sés d’abord par instru­ment de Live (Analog, Colli­sion, etc.) puis par type. Dans « Audio effects » – là encore le nom est expli­cite – nous retrou­vons tous les presets d’ef­fets audio de Live, clas­sés eux aussi par type (Auto Pan, Auto Filter, Beat Repeat…). « Midi effects » regrou­pe… les effets MIDI (si, si, je vous assure !).

La caté­go­rie suivante, « Max for Live », englobe 3 sous-dossiers : Max Audio Effect, Max Instru­ments et Max Midi Effect, conte­nant chacun les presets corres­pon­dants aux diffé­rents modules Max4­Live que vous aurez instal­lés. Vous trou­ve­rez dans la caté­go­rie « Plug-ins » tous vos plug-ins instru­ments et effets tiers. Un regret : bien que Live soit en mesure de diffé­ren­cier ces deux types de plugs, comme l’at­teste la petite icône – instru­ment ou effet – qui figure devant chaque nom, ils sont tous regrou­pés dans un seul et même dossier, ce qui ralen­tit la recherche quand on a des dizaines et des dizaines de VSTs. Enfin, les deux dernières caté­go­ries – Clips et Samples –réu­nissent les clips et samples indi­vi­duels de chaque instru­ment/banque de Live.

Ableton Live 9

Les « Places », situées sous les « Caté­go­ries », regroupent les dossiers créés par l’uti­li­sa­teur lui-même. Dans ces derniers, nous pouvons sauve­gar­der nos propres clips, samples et chaînes d’ins­tru­ments et d’ef­fets (les fameux « racks » de Live, qui permettent le chaî­nage complexe d’ins­tru­ments et d’ef­fets au sein d’un seul « méta-instru­ment »).

Et là, bonheur pour les gens comme moi qui ont des banques et des sons plein leurs disques durs : on peut enfin ajou­ter autant de dossiers person­nels que l’on souhaite, halle­lujah ! Ça nous change agréa­ble­ment des trois malheu­reux empla­ce­ments person­nels auxquels nous étions limi­tés dans les versions précé­dentes du logi­ciel.

À cela s’ajoute une fonc­tion de recherche simple, mais effi­cace, avec un affi­chage soit par caté­go­rie soit géné­ral des résul­tats. Malheu­reu­se­ment, là encore, seuls les clips, samples et presets natifs de Live sont réper­to­riés selon leur type. Impos­sible de taguer vos propres presets ou bien ceux de VSTs tiers. Songez donc bien, quand vous sauve­gar­dez vos propres presets, à préci­ser leur nature dans leur nom (genre « ultra groovy BASS » ou « LEAD qui déchire sa grand-mère »), de telle manière que le moteur de recherche remonte égale­ment vos propres créa­tions dans les résul­tats quand vous êtes en quête d’un type de son parti­cu­lier.

Là où Live 8 permet­tait unique­ment la pré-écoute des samples – via un mini-lecteur audio au bas du brow­ser – son succes­seur auto­rise égale­ment la pré-écoute des presets des plugs Able­ton (mais pas des VSTs tiers, ce qui dans le fond est assez logique). Bien vu !

Enfin, le mode rempla­ce­ment à chaud permet non seule­ment le rempla­ce­ment d’un instru­ment, mais égale­ment celui d’un son. La pres­sion de la la touche « D » dans un drum rack permet non seule­ment d’al­ter­ner entre le drum rack en lui-même et son dernier pad sélec­tionné, mais égale­ment d’ac­cé­der dans le brow­ser soit à la liste des drum racks, soit à la liste des sons corres­pon­dants au dernier pad sélec­tionné. Exemple, si celui-ci était un « Tom », la touche « D » nous permet­tra d’ac­cé­der à la liste des « Toms ».

Chaaaaar­gez !

Pour finir ce premier tour géné­ral de Live 9, je ne peux m’em­pê­cher de char­ger quelques anciens projets réali­sés sous l’an­cienne version du logi­ciel, afin de compa­rer les ressources CPU mobi­li­sées. Verdict excellent : Live 9 ne se montre pas plus gour­mand que son prédé­ces­seur, les perfor­mances des deux softs étant équi­va­lentes sur des projets iden­tiques.

Cette première approche du séquen­ceur effec­tuée, inté­res­sons-nous main­te­nant de manière plus appro­fon­die à son fonc­tion­ne­ment. Ce faisant, il appa­raît assez vite qu’Able­ton a choisi, dans cette nouvelle mouture de son logi­ciel, de reve­nir aux fonda­men­taux et d’ac­cor­der toute son atten­tion à ce qui fait la parti­cu­la­rité de ce séquen­ceur : le clip.

Jésus-Clip, super­star

Ableton Live 9
Auto­ma­tion dans un clip : ici, la courbe tracée par les modi­fi­ca­tions de la réson­nance du filtre d’un VST tiers, Ohmboyz d’Ohm Force

Et s’il y a UNE fonc­tion que les utili­sa­teurs de Live atten­daient depuis toujours, c’est bien la possi­bi­lité d’au­to­ma­ti­ser les chan­ge­ments de para­mètres midi au sein même des clips ! Ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent comprendre : on est en plein set, on lance ses clips à la volée, on tourne les potards de son contrô­leur préféré, on a trouvé LA progres­sion de filtre qui nous procure des sensa­tions qu’il serait indé­cent de décrire ici plus avant, et… jusqu’ici, il était impos­sible de conser­ver les précieux réglages au sein d’un clip. Rage, déses­poir, et capillo-arra­chage assuré ! Eh bien, c’est aujour­d’hui terminé, ceux à qui il reste encore des cheveux ne devien­dront pas tota­le­ment chauve, et les chauves ne commen­ce­ront pas à s’ar­ra­cher les sour­cils: on peut enfin conser­ver n’im­porte quelle auto­ma­tion dans un clip, qu’elle soit liée aux para­mètres midi de base (volume, pan, mod wheel, pitch, etc.) ou bien aux para­mètres spéci­fiques de chaque plug !

Ce petit miracle (comme je le disais, ceux qui n’ont pas vécu, etc.) est possible grâce à la toute nouvelle gestion de l’en­re­gis­tre­ment de clips, spéci­fique au mode session. Cette gestion se fait grâce à quatre nouveaux boutons situés à la droite des commandes de trans­port, en haut de l’écran : le premier, « arme­ment d’au­to­ma­tion », permet l’en­re­gis­tre­ment d’au­to­ma­tions. Il est enclen­ché par défaut. Le second, « ré-acti­ver l’au­to­ma­tion » permet, comme son nom l’in­dique, de relan­cer une auto­ma­tion provi­soi­re­ment mise en veille ou manuel­le­ment modi­fiée, un peu sur le même prin­cipe que le bouton « retour à l’ar­ran­ge­ment », bien connu des habi­tués de Live. Ensuite nous avons le bouton « enre­gis­tre­ment de session » qui active globa­le­ment l’en­re­gis­tre­ment des clips et de tous les para­mètres affé­rents dans le mode session. Il permet notam­ment de lancer l’en­re­gis­tre­ment de plusieurs clips simul­ta­né­ment, d’une seule pres­sion, à condi­tion bien sûr que plusieurs pistes soient armées. Il s’ac­tive égale­ment auto­ma­tique­ment à chaque pres­sion sur un bouton indi­vi­duel d’en­re­gis­tre­ment de clip. Enfin, le dernier des quatre, « new », coupe, sur les pistes armées, les clips actuel­le­ment en lecture et prépare l’en­re­gis­tre­ment de nouveaux clips sur une scène vide – quitte à en créer une si besoin est. Concrè­te­ment, l’en­re­gis­tre­ment de clips atteint, grâce à ces nouvelles fonc­tions, un niveau de liberté tota­le­ment inédit. Mais reve­nons plus parti­cu­liè­re­ment à l’au­to­ma­tion des clips.

Ableton Live 9
Sur la courbe précé­dente, nous traçons une ligne droite entre deux points grâce à la souris et à la touche SHIFT enfon­cée…

Il est impor­tant de noter la chose suivante : un para­mètre auto­ma­tisé dans un clip donné revien­dra auto­ma­tique­ment à sa valeur initiale lors du déclen­che­ment du clip suivant dans la même piste. Exemple : admet­tons que nous ayons sur une même piste deux clips (A et B), ainsi qu’un filtre. Pendant la lecture du clip A, nous jouons avec le Cutoff du filtre tout en enre­gis­trant les modi­fi­ca­tions et obte­nons ainsi une auto­ma­tion. Le déclen­che­ment du clip B fera reve­nir instan­ta­né­ment le Cutoff à sa posi­tion initiale, quelle que soit la posi­tion de l’au­to­ma­tion avant le déclen­che­ment du clip B. Ainsi, dans notre exemple, si le Cutoff était réglé à 2 kHz avant l’au­to­ma­tion du clip A, et que celle-ci le fait descendre à 300 Hz, il revien­dra auto­ma­tique­ment à 2kHz au déclen­che­ment du clip B.

L’avan­tage de ce fonc­tion­ne­ment: cela permet de reve­nir immé­dia­te­ment à une valeur de para­mètre par défaut défi­nie éven­tuel­le­ment pour l’en­semble du morceau. L’in­con­vé­nient : si l’on veut enchaî­ner le second clip en conser­vant la dernière valeur de para­mètre défi­nie par l’au­to­ma­tion du clip précé­dent, il faut impé­ra­ti­ve­ment prendre manuel­le­ment le contrôle dudit para­mètre au moment du passage d’un clip à l’autre, si possible au moyen d’un enco­deur sans fin pour éviter les sauts de valeurs.

À chacun de juger dans quelle mesure cela repré­sen­tera un défaut ou non. Person­nel­le­ment j’avoue que cela ne m’a pas gêné plus que ça dans les expé­ri­men­ta­tions que j’ai menées durant ce test. Enfin il faut savoir que les clips conservent leurs courbes d’au­to­ma­tion quand ils sont trans­fé­rés de l’écran session à l’écran arran­ge­ment, ce qui est très appré­ciable. Ce qui l’est moins, c’est qu’une fois en écran arran­ge­ment, la dupli­ca­tion des clips par simple étire­ment ne prend pas en compte l’au­to­ma­tion, qui n’est active que sur le premier clip de la série. Si vous souhai­tez répé­ter l’au­to­ma­tion sur l’en­semble des clips dupliqués, il vous faudra effec­tuer des « copier/coller » de clips plutôt qu’un étire­ment, ce qui peut vite deve­nir fasti­dieux.

Courbes et droites

Ableton Live 9

…avant de nous ravi­ser et de reve­nir en arrière, touche SHIFT toujours enfon­cée, afin de stop­per en amont la modi­fi­ca­tion de la courbe.

D’au­tant que main­te­nant, les courbes sont éditables de manière plus riche qu’elles ne l’étaient jusqu’à présent. En effet, de nouvelles fonc­tions ont fait leur appa­ri­tion.

Vous souhai­tez trans­for­mer une courbe d’au­to­ma­tion façon montagne russe en une belle ligne droite ascen­dante? Pas de problème, choi­sis­sez le point dont vous souhai­tez faire partir votre ligne, et tracez tranquille­ment celle-ci en tirant simple­ment votre souris vers la droite avec la touche SHIFT enfon­cée. Tant que vous ne la relâ­chez pas, vous pouvez auto­ma­tique­ment redes­si­ner la courbe précé­dente et vous arrê­ter à n’im­porte quel point de celle-ci en redé­plaçant votre souris vers la gauche.

Cette dernière est trop sensible, vous souhai­tez placer un point d’au­to­ma­tion très préci­sé­ment à la valeur 65 et vous n’y parve­nez pas ? Qu’à cela ne tienne, main­te­nez la touche CTRL enfon­cée. Votre souris se trans­for­mera instan­ta­né­ment en escar­got… oui, mais l’es­car­got le plus précis du monde !

Enfin, la touche ALT vous permet quant à elle de tracer auto­ma­tique­ment des courbes convexes ou concaves entre deux points d’une auto­ma­tion, le degré de cour­bure étant ajus­table à la souris.

Nota bene

À l’ins­tar des courbes d’au­to­ma­tion, l’édi­tion de notes a elle aussi été repen­sée. La modi­fi­ca­tion la plus visible se traduit par l’ap­pa­ri­tion de nouveaux para­mètres dans l’on­glet « notes » de la fenêtre de clips. « Trans­pose » permet la trans­po­si­tion par glis­se­ment de curseur vers le haut ou le bas, ou par la saisie directe de valeurs (ex : « +7 » ou « –15 » demi-tons). Les para­mètres « *2 » et « :2 » modi­fient le tempo de lecture du clip sélec­tionné, respec­ti­ve­ment en multi­pliant ou en divi­sant par 2 la durée des notes présentes dans le clip, et en ajus­tant leur nombre. « Rev » inverse l’ordre de lecture des notes, tandis que « Inv » permute leur hauteur.« Legato » rallonge chaque note de telle manière qu’elle « touche » la suivante. Enfin « dupl. loop » double toutes les données entre les marqueurs de boucle du clip.

Ableton Live 9

Ces outils sont très pratiques, fonc­tionnent très bien… mais ne sont abso­lu­ment pas affec­tables ni à un contrô­leur externe, ou à des raccour­cis clavier. Ceci est très regret­table, compte tenu du poten­tiel en live de ces fonc­tions. Et comme chacun sait, la souris sur scène, bof…

En revanche, on appré­ciera plei­ne­ment les trois amélio­ra­tions majeures appor­tées au dessin de notes. La première simpli­fie gran­de­ment le passage du dessin d’une note à son repla­ce­ment dans la grille. En effet, une pres­sion simple sur la touche « b » permet de permu­ter défi­ni­ti­ve­ment entre les deux modes, et une pres­sion main­te­nue de cette même touche permet le passage tempo­raire d’un mode à l’autre, le temps de la pres­sion. Le redi­men­sion­ne­ment indi­vi­duel des notes est quant à lui désor­mais dispo­nible dans les deux modes, sans plus néces­si­ter de swit­cher entre les deux, comme c’était le cas dans les précé­dentes éditions de Live.

La seconde avan­cée concerne l’ap­pa­ri­tion de « marqueurs d’éti­re­ment », qui auto­risent le redi­men­sion­ne­ment de plusieurs notes simul­ta­né­ment. On sélec­tionne simple­ment une zone tempo­relle, et on fait ensuite glis­ser lesdits marqueurs pour allon­ger ou réduire les notes conte­nues dans la zone sélec­tion­née.

Ableton Live 9

Enfin, la troi­sième amélio­ra­tion, à mes yeux la plus impor­tante, provient du nouveau magné­tisme de grille. Aupa­ra­vant, nous avions le choix entre une grille active, sur laquelle on ne pouvait placer les notes qu’aux inter­valles tempo­rels (1/8, ou 1/4 de temps par exemple) selon lesquels elle était confi­gu­rée, et une grille inac­tive, qui auto­ri­sait le place­ment libre des notes, mais avec une préci­sion ryth­mique moins impor­tante. De plus, le passage d’un mode à l’autre néces­si­tait l’ou­ver­ture d’un menu contex­tuel ou l’em­ploi de raccour­cis clavier, ce qui multi­pliait les mani­pu­la­tions. La dernière version de Live réunit le meilleur des deux mo(n)des : même quand la grille est active, on peut désor­mais placer une note entre deux subdi­vi­sions tempo­relles, sans que la note en ques­tion aille auto­ma­tique­ment se coller à la subdi­vi­sion la plus proche. La note ne subit un léger magné­tisme qu’à l’em­pla­ce­ment exact d’une subdi­vi­sion. Cette nouvelle méthode alliant liberté et préci­sion se révèle extrê­me­ment agréable à l’usage.

Dictée musi­cale

Mais Live 9 propose aussi main­te­nant une nouvelle manière de géné­rer des notes. En effet, le séquen­ceur d’Able­ton dispose aujour­d’hui de la tech­no­lo­gie Audio2­Midi déve­lop­pée par l’Ir­cam, qui permet de retrans­crire en notes MIDI n’im­porte quel élément audio. Ainsi, théo­rique­ment, toute musique enre­gis­trée peut se voir trans­for­mer en fichier MIDI. De plus, Live ne se contente pas d’écrire des notes, mais s’ef­force égale­ment de propo­ser l’ins­tru­ment virtuel capable de repro­duire le plus fidè­le­ment la sono­rité origi­nale de l’échan­tillon.

Enfin, cette fonc­tion offre trois modes de trans­po­si­tion : mélo­die, harmo­nie et batte­rie, chacun de ces modes étant adapté, comme l’on peut s’en douter, au trai­te­ment d’un type d’évè­ne­ment musi­cal parti­cu­lier.

Mais trêve de discus­sion ! J’ai voulu véri­fier l’ef­fi­ca­cité du système grâce à quelques petits échan­tillons créés exprès pour l’oc­ca­sion. Toute­fois, deux choses sont à noter avant de pour­suivre. D’une part, le mode « batte­rie » étant vrai­ment très spéci­fique, il n’y avait pas de sens de l’uti­li­ser pour autre chose que des parties ryth­miques. D’autre part, afin de préser­ver la perti­nence du test, je n’ai bien entendu retou­ché aucun des clips MIDI créés par cette fonc­tion.

Voici donc tout d’abord une petite mélo­die, jouée à partir de mon KORG SV-1 connecté aux entrées audio de ma carte son :

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Et là, la trans­po­si­tion MIDI réali­sée par Live tout d’abord en mode mélo­die :

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Comme on peut l’en­tendre, à part une très brève note grave en tout début et de très rares notes doublées, le résul­tat est quasi-parfait quant à la recon­nais­sance des notes, et l’ins­tru­ment choisi par Live pour la repro­duc­tion sonore a un timbre assez proche de l’ori­gi­nal. Premier essai globa­le­ment réussi.

Puis, par curio­sité, j’ai voulu voir ce que cela donnait en mode harmo­nie :

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Le résul­tat est sensi­ble­ment iden­tique au mode mélo­die, avec toute­fois l’ap­pa­ri­tion de quelques très brèves notes para­sites.

Seconde étape, écou­tons les accords d’ac­com­pa­gne­ment de la première mélo­die, d’abord dans leur version origi­nale :

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Puis, dans la trans­po­si­tion MIDI qu’en a fait Live, d’abord en mode « harmo­nie » :

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Et en mode mélo­die, toujours par curio­sité :

00:0000:00

Sans surprise, le mode « mélo­die » est complè­te­ment largué. Mais la repro­duc­tion en mode « harmo­nie » s’avère encore assez fidèle, malgré l’ap­pa­ri­tion de quelques harmo­niques.

Et que se passe-t-il si on mêle les deux signaux ?

Encore une fois, voici l’ori­gi­nal :

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Et le trai­te­ment effec­tué par le séquen­ceur, en mode harmo­nie:

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Comme nous pouvons le consta­ter, le résul­tat de cette conver­sion à partir d’un maté­riau compre­nant une mélo­die et des harmo­nies est moins fidèle que ceux des premiers essais, basés sur des évène­ments pure­ment mélo­diques ou harmo­niques.

Enfin, voyons ce que donne la trans­po­si­tion d’un fichier audio de batte­rie.

Le fichier origi­nal :

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Et la version « traduite », en mode « batte­rie » bien évidem­ment:

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Malgré la rela­tive simpli­cité du rythme d’ori­gine, le mode « batte­rie » ne s’avère ici pas en mesure de le repro­duire correc­te­ment.

C’est le résul­tat le moins probant de cette petite série d’es­sais.

Mais globa­le­ment, on peut dire que cette fonc­tion s’en tire tout de même avec les honneurs dans les modes « mélo­die » et « harmo­nie », tant qu’on ne mélange pas trop les genres.

« Session »-« Arran­ge­ment », aller-retour

Pour termi­ner l’ex­plo­ra­tion des nouveau­tés appor­tées dans la gestion des clips et des notes, notons l’ap­pa­ri­tion, dans le mode « arran­ge­ment », d’une fonc­tion extrê­me­ment pratique: « Conso­li­der Zone tempo­relle dans nouvelle scène ». Celle-ci permet, comme son nom l’in­dique, de conso­li­der plusieurs clips d’une zone tempo­relle et de les trans­fé­rer sur une nouvelle scène du mode « session », le tout en un seul clic. Indis­pen­sable pour retrou­ver instan­ta­né­ment en mode « session » une confi­gu­ra­tion de clips précise du mode « arran­ge­ment ».

On se prend à rêver de la possi­bi­lité de conso­li­der en un seul plusieurs clips d’une même colonne du mode « session »…

Mais main­te­nant que nous nous sommes inté­res­sés aux amélio­ra­tions qui ont été appor­tées à la gestion et à l’édi­tion des clips, voyons ce qu’il en est des effets et instru­ments inté­grés.

Des effets…

Ableton Live 9

L’équipe d’Able­ton a amélioré un certain nombre d’ef­fets internes, et nous propose désor­mais des modi­fi­ca­tions inté­res­santes sur les éléments suivants. « EQ Eight », l’équa­li­seur de Live, dispose main­te­nant de deux pentes diffé­rentes pour ses filtres passe-haut et passe-bas : 12 et 48 dB, contre 12 dB unique­ment dans les versions précé­dentes de Live. En main­te­nant la touche CTRL enfon­cée, on peut doré­na­vant sélec­tion­ner plusieurs points du filtre et les modi­fier simul­ta­né­ment. Mais surtout, il affiche le spectre du signal entrant, ce qui s’avère extrê­me­ment pratique.

« Compres­sor » béné­fi­cie lui aussi d’un affi­chage de spectre. Il hérite égale­ment d’un release auto­ma­tique qui adapte instan­ta­né­ment le temps de réta­blis­se­ment du compres­seur au signal audio entrant. « Gate » dispose entre autres d’une nouvelle fonc­tion « return » pour apla­nir les effets des chan­ge­ments de niveau près du seuil, et « Multi­band Dyna­mics » se voit doté doré­na­vant d’un circuit side­chain.

Enfin, signa­lons l’ap­pa­ri­tion du « Glue Compres­sor ». Contrai­re­ment au « Compres­sor », plutôt pensé pour des sources indi­vi­duelles, le Glue a été déve­loppé selon Able­ton pour être placé sur le bus master, et assu­rer l’ho­mo­gé­néité de l’en­semble du mix. Toujours d’après l’édi­teur, le Glue serait basé « sur le clas­sique compres­seur de bus d’une célèbre console de mixage des années 80 ». Le nom rappelle évidem­ment le Blue Compres­sor de DBX, lui-même inspiré du 160S. Une piste ? Nous n’en saurons pas plus. En tous cas, il s’avère effi­cace et simple à utili­ser grâce à des fonc­tions limi­tées à l’es­sen­tiel : attack, release, ratio, treshold, makeup, range et dry/wet.

Concer­nant l’amé­lio­ra­tion des plug-ins de Live, on peut regret­ter que l’ef­fort se soit arrêté là. D’autres effets auraient pu être révi­sés (par exemple l’Ar­peg­gia­tor, qui se retrouve distancé par de nombreuses appli­ca­tions actuelles, alors que l’on peut légi­ti­me­ment consi­dé­rer qu’il s’agit d’une fonc­tion centrale dans un logi­ciel orienté vers la perfor­mance scénique).

Des instru­ments…

Live 9 Suite arrive égale­ment avec une collec­tion complète de samples et d’ins­tru­ments, parmi lesquels nous retrou­vons les clas­siques : « Analog », le synthé­ti­seur analo­gique virtuel, « Colli­sion », le synthé­ti­seur d’ins­tru­ments percus­sifs à mailloches, « Elec­tric », le piano élec­trique virtuel, « Impulse », la « petite » boîte à rythmes à 8 pads de Live, certes pour­vue de nombreuses capa­ci­tés de modu­la­tion, mais à laquelle on pourra préfé­rer des « Drum Racks » au nombre de pads pouvant atteindre 128, « Opera­tor », le synthé­ti­seur « amiral » de la gamme d’ins­tru­ments de Live, à synthèse FM addi­tive et sous­trac­tive, « Sampler », le … sampler inté­gré, lui aussi pourvu de multiples capa­ci­tés de modu­la­tion et d’édi­tion de samples, capable de gérer le multi-sampling, et sa version allé­gée « Simpler », égale­ment présente, moins riche en fonc­tion­na­li­tés, mais moins gour­mande en CPU, et enfin « Tension », modé­li­sant le compor­te­ment sonore d’ins­tru­ments à cordes.

Tous ces instru­ments étaient déjà présents dans la précé­dente édition de Live Suite. La grande nouveauté provient de la présence de plusieurs dizaines de giga-octets de samples dont des guitares et basses élec­triques, des batte­ries, et, plus surpre­nant au premier abord, mais démon­trant bien la grande poly­va­lence stylis­tique de ce séquen­ceur, des sons d’or­chestre sympho­nique.

Cette dernière banque est consti­tuée dans les faits de quatre banques distinctes : Orches­tral Strings, Orches­tral Brass, Orches­tral Wood­winds et Orches­tral Mallets. Si elle ne riva­lise pas avec les ténors du marché en termes d’ar­ti­cu­la­tions, elle se révèle toute­fois assez convain­cante, et surtout, très agréable à jouer en live, les samples choi­sis dans le multi-échan­tillon­nage se révé­lant perti­nents dans leur réponse à la vélo­cité. Cette petite compo­si­tion vous permet­tra de vous faire une idée :

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…un Max d’ef­fets et d’ins­tru­ments !

Max for Live

Max for Live est issu du logi­ciel Max/MSP édité par Cycling’74, lui-même issu de Max, élaboré dans les années 80 par Miller Puckette à l’Ir­cam. Max est un langage de program­ma­tion imaginé pour permettre tous les routages possibles de signal et de commandes entre contrô­leurs, instru­ments MIDI hard­ware ou virtuels, modules audio, effets, et j’en passe. Des programmes tels que Pure Data ou Usine sont direc­te­ment inspi­rés de ce langage.

Max for Live, copro­duit par Able­ton et Cycling’74 est, comme son nom l’in­dique, la version de Max dédiée à Live. Outre la créa­tion de nouveaux outils de trai­te­ment audio ou MIDI, elle permet l’ajout de nouvelles fonc­tion­na­li­tés au séquen­ceur lui-même. Méfiez-vous toute­fois, messieurs d’Able­ton, de ne pas faire repo­ser trop de futures amélio­ra­tions de votre logi­ciel sur les épaules des déve­lop­peurs indé­pen­dants d’ap­pli­ca­tions Max for Live !

Mais ce que l’on retien­dra surtout au niveau des nouveaux péri­phé­riques virtuels, c’est l’in­té­gra­tion dans Live 9 Suite du langage Max for Live (voir enca­dré).

Celui-ci arrive avec de nombreux packs d’ou­tils et de presets télé­char­geables gratui­te­ment sur le site d’Able­ton. Parmi ces packs, on peut en rete­nir prin­ci­pa­le­ment les suivants. « Max for Live Buil­ding Tools », déve­loppé par Cycling ’74, contient tous les éléments de base (LFO’s, filtres, chorus, etc., mais aussi mappings de para­mètres) qui, combi­nés entre eux, permettent de se construire ses propres chaînes de géné­ra­tion et de trai­te­ment sonores, de manière tota­le­ment modu­laire.

« Max for Live Essen­tials », déve­loppé par Able­ton, contient divers effets et instru­ments « tous prêts », dont… une reverb à convo­lu­tion ! Les empreintes impul­sion­nelles de « real places », issues de lieux de type hangars ou réser­voirs désaf­fec­tés, sont un peu déli­cates à utili­ser, mais les presets de type « small rooms » sont très effi­caces et s’in­tègrent parfai­te­ment dans n’im­porte quel mix.

Enfin, mon petit coup de cœur va à « Granu­la­tor 2 ». Déve­loppé par Robert Henke, ce plug qui déstruc­ture instan­ta­né­ment tout fichier audio est sans doute le plus fun à utili­ser, avis person­nel. Mais je ne résiste pas à l’en­vie de joindre ce petit exemple audio pour clôtu­rer ce test :

Fichier origi­nal :

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Fichier traité :

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Conclu­sion

Cette nouvelle mouture du séquen­ceur vedette d’Able­ton, dans sa version la plus complète, se révèle globa­le­ment une réus­site. Certes, on peut regret­ter la persis­tante inca­pa­cité de Live à gérer l’af­fi­chage simul­tané des écrans « session » et « arran­ge­ment ». On pour­rait égale­ment souhai­ter la refonte d’un nombre plus impor­tant d’ou­tils inté­grés de Live, certains d’entre eux commençant sérieu­se­ment à dater. Toute­fois, ces deux points néga­tifs se voient déjà en partie compen­sés dans la version Suite par la présence de Max for Live et de son impor­tante banque d’ef­fets et de presets, sans cesse alimen­tée notam­ment par la commu­nauté des fans.

Mais ce qu’il faut rete­nir prin­ci­pa­le­ment, c’est le gros effort fourni par l’édi­teur berli­nois pour amélio­rer l’er­go­no­mie de son logi­ciel, qui, si elle reste perfec­tible sur certains points, a subi ici un véri­table rema­nie­ment. Refonte des fonc­tions d’édi­tion de clips, recon­nais­sance auto­ma­tique des péri­phé­riques USB accom­pa­gnée de la possi­bi­lité de les bran­cher et débran­cher à chaud, capa­cité d’en­re­gis­trer enfin les auto­ma­tions de para­mètres au sein d’un clip – tout cela sont des progrès non négli­geables.

D’au­tant que ce travail sur l’er­go­no­mie ne s’ar­rête pas là, mais pour­suit son déve­lop­pe­ment selon deux axes. Tout d’abord, l’uti­li­sa­teur se voit offrir, par l’in­té­gra­tion de l’al­go­rithme Audio2­Midi de l’Ir­cam au sein du séquen­ceur, la possi­bi­lité d’user direc­te­ment de sources audio pour créer des évène­ments midi. Ensuite, Able­ton a conçu et fait fabriquer par Akaï un contrô­leur hard­ware dédié à Live 9, le Push, dont nous repar­le­rons plus en détail dans un prochain test.

9/10
Points forts
  • Amélioration générale de l’ergonomie du séquenceur
  • Automation des clips
  • Nouvelle grille et sa gestion du magnétisme
  • Nouvelles fonctions de dessin et de gestion des notes
  • Nouvelles fonctions de dessin et de gestion des courbes d’automation
  • Pas d’augmentation de consommation CPU observée chez moi par rapport à la version précédente du logiciel
  • Consolidation instantanée des clips du mode « arrangement » en une nouvelle scène du mode « session »
  • Refonte de certains effets, avec notamment l’affichage du spectre du signal entrant
  • Conversion audio vers MIDI en mode « mélodie » et « harmonie »
  • Nouvelle banque de son Orchestral (version Suite) pas ridicule
  • Possibilité d’ajouter autant de dossiers personnels que l’on souhaite dans le browser
  • Gestion améliorée des périphériques USB autorisant leur branchement et débranchement à chaud
  • Intégration de Max for Live (version Suite)
  • Reverb à convolution (Max for Live)
  • Granulator 2 (Max for Live)
Points faibles
  • Toujours pas d’affichage simultané des écrans « Session » et « Arrangement »
  • Toujours pas de compteur temporel (heure :minutes :secondes) dynamique
  • Un nombre plus important d’outils de Live mériterait d’être révisé
  • On aimerait pouvoir exporter des clips audio d’un simple clic droit, tout comme les clips MIDI...
  • …ainsi que consolider en un nouveau clip plusieurs clips (MIDI ou audio) d’une même piste du mode « session »
  • Nouveaux boutons de commande de l’onglet « Notes » de la fenêtre de clip pas assignables à un contrôleur externe
  • Conversion audio vers MIDI en mode batterie
  • Pas de classement automatique des plug-ins d’éditeurs tiers

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