Devenir membre
Devenir Membre

ou
Connexion
Se connecter

ou
La mariée est Dexibell
8/10
Partager cet article

Savons-nous toujours ce qui nous attend lorsque nous découvrons un nouvel appareil, un nouvel outil, un nouvel instrument à tester ? Non, la réponse semble évidente. Et lorsque nous avons attendu fiévreusement telle arlésienne depuis bien trop longtemps, la réaction est d'ailleurs bien souvent la déception.

Concer­nant le Dexi­bell Vivo S7, je dois recon­naître qu’à ma grande honte je suis complè­te­ment passé à côté lors de l’an­nonce de sa sortie. C’est donc sans aucune attente parti­cu­lière que je me suis lancé dans le banc d’es­sai de ce clavier. Je dois même avouer que j’étais plutôt scep­tique : quelle pouvait être la perti­nence de lancer une nouvelle marque dans ce marché du piano numé­rique déjà passa­ble­ment encom­bré, et dans lequel de puis­sants anta­go­nistes tels que Yamaha ou Roland imposent leur loi depuis long­temps ? Il allait falloir que le chal­len­ger ait de sérieux argu­ments à défendre.

Voyons donc ensemble ce qu’il en est réel­le­ment concer­nant ce clavier, desi­gné et fabriqué inté­gra­le­ment en Italie par d’an­ciens ingé­nieurs de chez Roland Europe et dispo­nible à un tarif public tour­nant globa­le­ment autour de 1695 € TTC.

Juger sur le physique ?

Le Vivo S7 est un clavier de scène de 88 touches, ce qui est l’une des prin­ci­pales diffé­rences vis-à-vis de son frère cadet, le Vivo S3, qui n’en compte « que » 73. La bête mesure 1330×135 × 372 mm, pour un poids de 17,5 kg. Ce poids s’ex­plique par la présence d’une véri­table méca­nique de piano qui s’avère d’ailleurs parti­cu­liè­re­ment agréable à jouer, que ce soit pour du piano clas­sique ou pour des instru­ments plus élec­triques. Premier bon point !

Dexibell Vivo S-7 : général

Mais ne nous égarons pas et pour­sui­vons notre tour du proprié­taire. Le Vivo S7 dispose de deux molettes (pitch bend et modu­la­tion), de cinq enco­deurs rota­tifs cran­tés et sans fin, parfaits pour modi­fier les divers (mais point trop nombreux) para­mètres mais pouvant égale­ment être affec­tés au contrôle MIDI, ainsi que d’un enco­deur non cranté à butée pour le volume, de divers pous­soirs desti­nés à acti­ver ou désac­ti­ver les voix ou les effets : les modes « freeze » (pour conser­ver un accord en mémoire), trans­pose, split, layer, octave ou encore libre­ment assi­gnables (nous verrons dans quelle mesure). Deux autres rangées de pous­soirs toujours permettent de sélec­tion­ner les banques de sons et leurs presets. Enfin, pour en finir avec les … pous­soirs (ouf!), nous dispo­sons sur la section centrale du panneau de commande de flèches direc­tion­nelles agré­men­tées de quatre autres boutons qui permettent de navi­guer dans le menu affi­ché sur un petit écran noir et blanc et de sélec­tion­ner ou modi­fier tous les para­mètres acces­sibles.

S7 rear

La face arrière regroupe la connec­tiques suivante : prise secteur, sorties audio au format jack 6,35 mm, 3 entrées pour pédale de sustain, foots­witch et pédale d’ex­pres­sion (les deux dernières entrées pouvant être utili­sées pour des pédales de commande), prises MIDI THRU/OUT et IN, prise USB de type A pour la connexion de mémoires USB et de type B pour la connexion à un ordi­na­teur.

Voulez-vous jou-er avec moi, ce soir ?

Les vidéos de présen­ta­tion du Dexi­bell nous présentent le Vivo S7 comme une révo­lu­tion en termes de géné­ra­tion sonore et de plai­sir de jeu, vantant notam­ment une poly­pho­nie « infi­nie ». Celle-ci est rendue possible par la présence de 320 oscil­la­teurs, gérés par un proces­seur quadri­coeur de type CORTEX spécia­lisé dans le trai­te­ment de données en temps réel. Et il faut recon­naître que comparé aux 64 voix de poly­pho­nie du Keys­cape de Spec­tra­so­nics testé l’an­née dernière par votre servi­teur, on est ici dans une tout autre dimen­sion à ce niveau-là (et oui, je compare un instru­ment hard­ware avec un VST, et alors?). On dispose de ce fait d’une belle homo­gé­néité de repro­duc­tion sonore, si lyriques que soient les envo­lées que l’on se permet avec cet instru­ment. Et l’on ne craint plus de main­te­nir la pédale de sustain enfon­cée jusqu’à la bouillie sonore : ici, on est clai­re­ment à l’abri du décro­chage de voies.

La puis­sance infor­ma­tique embarquée se fait égale­ment sentir par l’ab­sence totale de latence lorsque l’on passe d’un son à l’autre : la tran­si­tion se fait auto­ma­tique­ment et de manière tota­le­ment trans­pa­rente. On peut même, pendant que l’on tient avec la main gauche un accord sur une sono­rité donnée, choi­sir une autre sono­rité pour jouer un riff de la main droite, sans néces­sité de créer un split défi­ni­tif. Excellent point !

Puisque l’on parle de split, on notera qu’il est possible de divi­ser le clavier en deux parties distinctes (4 pour le contrôle MIDI), avec un point de split libre­ment défi­nis­sable. Chacune des deux parties pourra béné­fi­cier de certains réglages indé­pen­dants, notam­ment de volume géné­ral, d’EQ (très bonne initia­tive !) et de hauteur tonale. Il est égale­ment possible de super­po­ser deux sono­ri­tés, avec toujours la même indé­pen­dance de réglages. On ne pourra toute­fois pas affec­ter de règles de déclen­che­ment de layers comme sur certaines autres machines ou instru­ments virtuels. Cette super­po­si­tion de layers pourra se faire aussi bien sur l’en­semble du clavier que sur la partie supé­rieure d’un split de clavier, ce qui nous amène à parler des sono­ri­tés.

Le son de conduite

La géné­ra­tion sonore repose sur la tech­no­lo­gie proprié­taire T2L (True 2 Life), basée sur un mélange d’échan­tillon­nage et de modé­li­sa­tion. Pour ce qui est des échan­tillons, ceux-ci ont été réali­sés en 24 bits et 48 kHz, et peuvent avoir une durée allant jusqu’à 15 secondes pour les notes les plus basses, ce qui est assez consi­dé­rable.

Dexibell Vivo S-7 : presets

Par défaut, le Vivo S7 dispose de huit banques de sons d’usine. Outre la première banque concer­nant les pianos, nous avons une banque de pianos élec­triques, une banque dédiée aux claviers à cordes pincées (clavi­net, clave­cin) ou à maillets (vibra­phone, xylo­phone, marimba), une autre pour les orgues (d’église et élec­triques), une banque pour les instru­ments à cordes frot­tées, une banque pour les pads et les choeurs, une pour les cuivres et les nappes synthé­tiques appa­ren­tées et une autre pour les instru­ments à cordes de type guitare et basse. Enfin, le Vivo S7 propose une neuvième banque « user » pouvant quant à elle recueillir 82 presets défi­nis par l’uti­li­sa­teur. Il est enfin possible de stocker autant de presets que l’on souhaite sur une mémoire USB (clé ou disque dur) que l’on pourra connec­ter au piano. Il sera toute­fois néces­saire d’im­por­ter lesdits presets dans la mémoire interne du clavier pour pouvoir les jouer.

Écou­tons d’un peu plus près les sono­ri­tés propo­sées, en commençant par celles de piano. Sur un piano numé­rique, on s’at­tend bien sûr à ce que ces dernières soient parti­cu­liè­re­ment chou­chou­tées et c’est clai­re­ment le cas ici, en commençant par la sono­rité de piano clas­sique. Le son prin­ci­pal, « Vivo Grand », présente à mon sens un parfait compro­mis entre instru­ment clas­sique de la période roman­tique et instru­ment pop. Comparé notam­ment au C7 de Spec­tra­so­nics cité plus haut, le son peut paraître un peu moins étoffé et plus brillant, mais aussi plus natu­rel.

Dexi­bell insiste sur le fait que la repro­duc­tion des diffé­rentes arti­cu­la­tions du jeu pianis­tique a été obte­nue par un sampling rigou­reux et non par modé­li­sa­tion, tout comme l’a été la créa­tion des autres sono­ri­tés pianis­tiques. Chacune d’entre elles a donc été obte­nue par l’en­re­gis­tre­ment d’un véri­table instru­ment distinct. Si l’on en croit la marque, nul trafi­co­tage à l’EQ ou re-modé­li­sa­tion du son n’ont été employés. Dexi­bell reste toute­fois rela­ti­ve­ment discret sur la nature des pianos utili­sés à l’ori­gine desdits enre­gis­tre­ments. On saura seule­ment que c’est un Pleyel de 1850 qui a été utilisé pour le « Roman­tic piano » [Note du testeur : Dans une version précé­dente de l’ar­ticle, j’avais de manière erro­née asso­cié le piano « Pleyel » au preset « Clas­sic Grand » présenté ci-dessous. N’ayant plus l’ap­pa­reil de test à ma dispo­si­tion, je ne peux malheu­reu­se­ment vous four­nir d’exemple audio de ladite sono­rité.]. Le plus simple est peut-être de se faire une idée avec ces quelques exemples audio concoc­tés par votre servi­teur :

Piano Vivo
00:0000:57
  • Piano Vivo 00:57
  • Piano Pleyel 00:55
  • Honky tonk 00:16

C’est prin­ci­pa­le­ment sur les réso­nances qu’un très gros travail a été entre­pris. La diffé­rence de réso­nance que l’on constate en fonc­tion des arti­cu­la­tions de jeu dans les notes graves et les notes aiguës est parti­cu­liè­re­ment bien rendue, avec une réso­nance longue lors du jeu piqué et courte lors du jeu normal. Les réso­nances sympa­thiques sont elles aussi parti­cu­liè­re­ment bien simu­lées, comme nous pouvons le consta­ter ci-dessous, d’abord avec la note de Sol pré-enfon­cée, puis avec la quinte Do-Sol pré-enfon­cée :

00:0000:00

Mais le plai­sir que l’on ressent à utili­ser le VIVO S7 ne se limite pas au pur jeu pianis­tique clas­sique. On a ainsi par exemple d’ex­cel­lents sons de clavi­net ou d’orgue :

clavi­net
00:0000:09
  • clavi­net 00:09
  • orgue église 00:25
  • orgue jazz 00:31

Les pads et les choeurs quant à eux s’en tirent plutôt pas mal, surtout que l’on peut utili­ser la fonc­tion « enhan­cer » pour leur faire encore « gagner du poil », essen­tiel­le­ment par l’ajout d’une basse ample et profonde très flat­teuse. Cette fonc­tion s’ap­plique égale­ment sur les instru­ments à cordes frot­tées dont nous parle­rons après.

00:0000:00

Autour du son

Mais il est une carac­té­ris­tique que les pianistes parmi vous ne manque­ront pas d’ap­pré­cier à sa juste valeur : la gestion du sustain. Contrai­re­ment à ce que l’on trouve chez la concur­rence, celui-ci est n’est ici plus géré de manière abso­lue (enfoncé/relâ­ché), mais bel et bien de manière progres­sive du moment que l’on utilise une pédale de type « expres­sion » à course progres­sive et non pas un simple inter­rup­teur maquillé, comme c’est quasi­ment toujours le cas. C’est là l’une des prin­ci­pales inno­va­tions de Dexi­bell, et l’ef­fet en est parfai­te­ment simulé. Du vrai bonheur !

On appré­ciera égale­ment le réalisme des brui­tages de la pédale, ainsi que ceux d’en­fon­ce­ment et de relâ­che­ment des touches, tous bien entendu dosables à volonté, voire tota­le­ment esca­mo­tables si on le souhaite. La qualité des brui­tages se retrouve égale­ment sur les autres instru­ments simu­lés, notam­ment en ce qui concerne les claviers élec­triques et le clave­cin, avec le son si carac­té­ris­tique du saute­reau qui revient en posi­tion au relâ­che­ment des touches.

Venus d’ailleurs

Une autre carac­té­ris­tique parti­cu­liè­re­ment inté­res­sante du Vivo S7 est de pouvoir char­ger des banques de sons supplé­men­taires au format DFX proprié­taire de Dexi­bell ou – et cela peut ouvrir des pers­pec­tives sonores parti­cu­liè­re­ment inté­res­santes – au très répandu format sound­font SF2. Au vu de ce qu’in­ter­net offre en termes de banques gratuites dans ce format et d’ou­tils permet­tant de créer aisé­ment ses banques person­nelles à partir de ses propres fichiers audio, nul doute qu’il s’agit ici d’une excel­lente idée de la part des desi­gners du Vivo. Le char­ge­ment se fera via une mémoire USB (clé ou disque) bran­chée dans la prise USB de type A de l’ap­pa­reil.

Effet tout ce qu’on lui dit

Dexibell Vivo S-7 : mixer

Dexi­bell se targue de livrer chacun de ses sons avec la confi­gu­ra­tion d’ef­fets appro­priée mais celle-ci peut être modi­fiée à loisir. En effet (haha…), toutes les sono­ri­tés aussi bien internes qu’ex­ternes peuvent béné­fi­cier de deux effets simul­ta­nés chacun, à choi­sir parmi une liste de 14 effets : trémolo et trémolo pour piano élec­trique, égali­seur (en plus de l’EQ géné­ral), vibrato, flan­ger, chorus, phaser, réverbe (en plus de la réverbe géné­rale), delay, cross delay, triple tap delay, rotary, tremolo pan et over­drive. Ceci reste valable lors d’un split de clavier ou d’une super­po­si­tion de sono­ri­tés, sachant qu’il peut y avoir jusqu’à trois sono­ri­tés actives en même temps lors d’un split de clavier (une sono­rité en partie basse et deux sono­ri­tés super­po­sées en partie haute), on peut avoir un total de six effets diffé­rents actifs simul­ta­né­ment, ce qui est plutôt pas mal pour un instru­ment dédié au jeu et non à la produc­tion ou au sound design. La machine embarque d’ailleurs 6 DSP distincts dédiés chacun au trai­te­ment d’un effet diffé­rent.

Disque d’or

Enfin pour pour couron­ner le tout, le Vivo S7 permet d’en­re­gis­trer ses inter­pré­ta­tions, d’ex­por­ter autant de fichiers audio que l’on souhaite vers l’ex­té­rieur via une mémoire USB, au format WAV 48 kHz/32 bits, ou de jouer par-dessus des morceaux exis­tants enre­gis­trés sur votre mémoire USB ou même trans­mis via Blue­tooth !

X-Mure et Vivo Editor

Dexibell Vivo S-7 : x mure

Dexi­bell propose deux appli­ca­tions exté­rieures, Vivo Editor et X-Mure. Les deux ne fonc­tionnent que sur iOS (et même que sur iPad pour Vivo Editor) et néces­sitent une connexion USB via le Camera Connexion Kit. La première appli­ca­tion, comme son nom l’in­dique, permet de retrou­ver sur son iPad l’in­té­gra­lité des para­mètres du clavier et auto­rise un accès et une modi­fi­ca­tion bien plus aisés desdits para­mètres que via le petit écran et les boutons du Vivo. La seconde est une appli­ca­tion musi­cale qui permet de jouer et de réar­ran­ger en temps réel des boucles audio exis­tantes ou bien four­nies par l’uti­li­sa­teur. Le Vivo pourra alors servir de contrô­leur, pour modi­fier par exemple le contenu harmo­nique desdites boucles en fonc­tion des accords joués au clavier. Le système se base sur une tech­no­lo­gie proprié­taire de Dexi­bell, le « Harmony Poly Frag­men­tor ».

Nul amour ne saurait être parfait…

Si les sons de claviers du S7 sont globa­le­ment très satis­fai­sants, on pourra parfois être frus­tré par le faible nombre de para­mètres modi­fiables, guère plus de 4 ou 5 par instru­ment en moyenne. J’ai dans un premier temps pensé qu’il n’y avait pas de gestion du capot concer­nant les pianos (oui, j’avais souli­gné le même manque dans mon banc d’es­sai concer­nant le Keys­cape de Spec­tra­so­nics, que voulez-vous, c’est mon dada !), aucune mention n’en étant faite dans le mode d’em­ploi. Il m’a toute­fois ensuite été indiqué que c’était la molette de modu­la­tion qui prenait en charge cette gestion. Pourquoi n’en est-il fait mention nulle part dans le mode d’em­ploi ? Mystère.

Sinon, on regret­tera que les orgues ne béné­fi­cient pas d’un réglage harmo­nique via tirettes, tout comme le fait que toutes les banques ne soient pas forcé­ment au même niveau quali­ta­tif. Ainsi certaines sono­ri­tés comme les cordes, les cuivres ou certaines guitares révèlent assez vite un côté synthé­tique.

slow strings
00:0000:24
  • slow strings 00:24
  • brass 00:18

On réser­vera donc ces sections soit au laye­ring, soit à un usage très cadré de revi­val Eigh­ties par exemple. Globa­le­ment on souli­gnera qu’en dehors des instru­ments à clavier, la diver­sité des arti­cu­la­tions de jeu des autres instru­ments est beau­coup moins bien traduite.

Enfin, je trouve un peu dommage de ne pas pouvoir effec­tuer de laye­ring sur la partie basse d’un split, même si je dois recon­naître qu’il ne s’agit que d’une tare mineure sur un instru­ment non destiné au sound design mais davan­tage au jeu.

USB qui se tend

Concer­nant la connec­tique USB, on remarquera égale­ment certaines limi­ta­tions un peu frus­trantes, surtout en 2017. Ainsi, la connexion USB à l’or­di­na­teur ne permet que la trans­mis­sion de données MIDI… et c’est tout ! Pas de trans­mis­sion de l’au­dio — adieu donc l’idée de trans­for­mer votre clavier en carte son ou de pouvoir enre­gis­trer direc­te­ment l’au­dio prove­nant du Vivo S7 dans votre STAN favo­rite. Même les updates de firm­ware ne peuvent se faire par ce biais. Il vous faudra en effet d’abord télé­char­ger les fichiers sur une clé USB ou un disque externe que vous connec­te­rez ensuite au Vivo. Cette dernière limi­ta­tion pourra en revanche éven­tuel­le­ment faire l’objet d’un … update juste­ment, en tous cas c’est ce que l’on peut souhai­ter.

On notera que la connec­tique desti­née aux mémoires USB n’ac­cepte exclu­si­ve­ment que des péri­phé­riques forma­tés en FAT32. Enfin, pour en finir avec les limi­ta­tions liées à l’USB, on regret­tera de ne pouvoir enre­gis­trer aucune perfor­mance direc­te­ment en interne, et qu’il faudra impé­ra­ti­ve­ment pour cela connec­ter une mémoire USB.

Ergo­no­mie figue mi-raisin

Si l’er­go­no­mie s’avère globa­le­ment très agréable et simple (on retrouve ici la philo­so­phie d’ac­ces­si­bi­lité de l’ins­tru­ment de scène), certains détails pour­raient être amélio­rés.

Dexibell Vivo S-7 : panneau

Ainsi, dans le menu, le fait que la flèche de navi­ga­tion droite serve à la fois de bouton d’ou­ver­ture de sous-dossier et de bouton de modi­fi­ca­tion de para­mètre peut se révé­ler dérou­tant. Ceci n’est encore rien comparé à la fonc­tion d’an­nu­la­tion, qui est repré­sen­tée à l’écran par … une flèche Return ! Combien de fois ai-je cru ainsi avoir validé un para­mètre alors que j’avais annulé mon action ! Certes, on s’y fait avec le temps, mais atten­dez-vous à piquer quelques crises dans les premiers temps.

C’est le moment de parler de la program­ma­tion des pédales de contrôle. Il est prévu que par défaut, ladite program­ma­tion se fasse par preset, ce qui en soi n’est pas forcé­ment une mauvaise idée, permet­tant d’af­fec­ter à chaque pédale de contrôle un rôle diffé­rent selon le preset choisi. Pourquoi pas. Ce qui m’agaçait dans un premier temps, c’est que je pensais qu’il était impos­sible de program­mer ces dernières de manière globale, ce qui aurait alors repré­senté un véri­table cauche­mar. Il n’en est heureu­se­ment rien, le Vivo S7 permet­tant de program­mer les pédales de manière globale. Il vous faudra toute­fois explo­rer le mode d’em­ploi en détail pour décou­vrir cette possi­bi­lité.

Conclu­sion

Il serait dommage de juger le Dexi­bell sur ce qu’il n’est pas : une station de travail. C’est un outil pensé pour le jeu, et à ce niveau, il remplit parfai­te­ment son office grâce à des sons d’ins­tru­ments à clavier très convain­cants avec un gros travail effec­tué sur les détails (bruits de pédale, de touches, etc), un clavier très agréable à jouer pour tous les types de sono­ri­tés embarquées, une poly­pho­nie illi­mi­tée, une absence totale de latence dans le passage d’un son à l’autre et cerise sur le gâteau, une véri­table gestion progres­sive de la pédale de sustain.

On ajou­tera égale­ment l’in­ter­ac­tion avec le monde exté­rieur offerte par la connec­tique USB, avec ainsi la possi­bi­lité d’ex­por­ter ses inter­pré­ta­tions au format Wav ou encore d’im­por­ter des banques de sono­ri­tés supplé­men­taires, qu’elles soient au format proprié­taire DFX ou bien au format ultra-popu­laire SF2. On appré­ciera enfin la possi­bi­lité de connec­ter le Vivo en Blue­tooth, ainsi que la qualité des appli­ca­tions externes.

On regret­tera cepen­dant que celles-ci soient limi­tées à l’en­vi­ron­ne­ment iOS, que quelques banques soient moins réus­sies que d’autres, que certains aspects de l’er­go­no­mie – par ailleurs très satis­fai­sante globa­le­ment – puissent s’avé­rer un peu irri­tants. Certaines limi­ta­tions dans l’uti­li­sa­tion de la connexion USB à l’or­di­na­teur, inter­di­sant par exemple l’uti­li­sa­tion du Vivo S7 comme carte son, peuvent égale­ment se révé­ler un peu frus­trantes. Globa­le­ment, toute­fois, il faut bien se rendre à l’évi­dence : pour le meilleur et pour le pire, cette mariée mérite qu’on lui passe la bague au doigt !

Tarif moyen constaté : 1 655 €

  • Dexibell Vivo S-7 : général
  • S7 rear
  • Dexibell Vivo S-7 : panneau
  • Dexibell Vivo S-7 : mixer
  • Dexibell Vivo S-7 : presets
  • Dexibell Vivo S-7 : x mure

 

8/10
Points forts
  • La qualité de la plupart des sons
  • Polyphonie illimitée
  • Sustain progressif
  • Aucune latence dans le passage d'une sonorité à l'autre
  • Possibilité d'importer des banques supplémentaires aux formats DFX et SF2
  • Possibilité d'exporter ses interprétations au format Wav 48 kHz/32 bits
  • Qualité des applis externes
  • Ergonomie globalement satisfaisante ...
Points faibles
  • … mais potentiellement irritante sur certains points
  • La qualité un peu décevante de certains sons
  • Limitation de la connexion USB-ordi au strict échange de données MIDI
  • Le faible nombre de paramètres modifiables
  • Applis externes réservées aux périphériques Apple

Vous souhaitez réagir à cet article ?

Se connecter
Devenir membre
cookies
Nous utilisons les cookies !

Oui, Audiofanzine utilise des cookies. Et comme la dernière chose que nous voudrions serait de perturber votre alimentation avec des choses trop grasses ou trop sucrées, sachez que ces derniers sont fait maison avec des produits frais, bio, équitables et dans des justes proportions nutritives.
Ce que cela veut dire, c’est que les infos que nous y stockons ne visent qu’à simplifier votre usage du site comme à améliorer votre expérience sur nos pages et vous afficher des publicités personnalisées (en savoir plus).

Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

Tous nos cookies
Cookies non soumis à consentement
Il s'agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).
Google Analytics
Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer.
Publicités
Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.

Nous tenons à préciser qu’Audiofanzine n’a pas attendu qu’une loi nous y oblige pour respecter la vie privée de nos membres et visiteurs. Les cookies que nous utilisons ont en commun leur unique objectif qui est d’améliorer votre expérience utilisateur.

Tous nos cookies
Cookies non soumis à consentement

Il s’agit de cookies qui garantissent le bon fonctionnement du site Audiofanzine. Le site Web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies. Exemples : cookies vous permettant de rester connecté de page en page ou de personnaliser votre utilisation du site (mode sombre ou filtres).

Google Analytics

Nous utilisons Google Analytics afin de mieux comprendre l’utilisation que nos visiteurs font de notre site pour tenter de l’améliorer. Lorsque ce paramètre est activé, aucune information personnelle n’est envoyé à Google et les adresses IP sont anonymisées.

Publicités

Ces informations nous permettent de vous afficher des publicités qui vous concernent grâce auxquelles Audiofanzine est financé. En décochant cette case vous aurez toujours des publicités mais elles risquent d’être moins intéressantes :) Nous utilisons Google Ad Manager pour diffuser une partie des publicités, des mécanismes intégrés à notre CMS pour le reste. Nous sommes susceptibles d’afficher des publicités provenant de notre propre plateforme, de Google Advertising Products ou encore de la régie Adform.


Vous pouvez trouver plus de détails sur la proctection des données dans la politique de confidentialité.
Vous trouverez également des informations sur la manière dont Google utilise les données à caractère personnel en suivant ce lien.